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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Rappels sur les complexes

mercredi 5 et lundi 10 septembre 2012

Table des matières

1 Complexes et couples de réels 1

2 Distances & angles 2

3 Trigonométrie (bonjour exponentielle) 3

1 Complexes et couples de réels

Un (nombre)complexe est un objet de la formea+iboù aet bsont des (nombres) réels iest une racine carrée de 1. . L’ensemble des complexes1 est notéC.

Quand on écrit un complexec sous la forme ci-dessus, le réela(resp.b) est appelé sapartie réelle (resp.

partie imaginaire) et est notéeRec(resp.Imc). Tout complexe cs’écrit donc c= Rec+iImc.

Exemple Tout réel est un complexe :a=a+ 0i.

Réciproque. Un complexe est réel ssi sa partie réelle imaginaire est nulle ou ssi il égale sa partie réelle, ce que l’on pourra écrire

8c2C; [(c2R)()(Imc= 0)()(c= Rec)].

Le symbole "8" (appelé quanti…cateur universel) se lit "pour tout2" ou "quel que soit".

Le symbole "2" (dit d’appartenance3) se lit "appartient à" ou "est (un) élément de".

Le symbole "()" (dit d’équivalence).se lit "est équivalent à" ou "équivaut à".

Remarque Il est fondamental d’arriver à lire ce formalisme en français, ainsi que de pouvoir traduire un problème exprimé en français dans ce formalisme. Cela vient avec la pratique.

On peut additionner

multiplier les complexes "comme d’habitude" en remplaçant partouri2par 1.

Exemple On développe (1 +i) (2 7i) = 2 7i+ 2i 7i2= 9 5i.

Étant donné un repère du plan, un complexe a+ib s’identi…era au point de coordonnées ab . Lorsqu’on représente un complexe par un point dans le plan, ce dernier est appelé diagramme d’Argand4.

[dessin : deux axes NON orthogonaux, une ‡èche vers un pointa+ib, une autre versa ib, les projetésaetibsur les axesRetiR]

1Un complexe est donné pardeux nombres réels, ce qui est plus compliqué que d’en n’avoir qu’un seul. Les nombres complexe sont donc bienplus complexes queles nombres réels.

2Ce symbole, introduit par Gentzen en 1935, est unAretourné, initiale deAllen allemand (et en anglais) qui signi…e « tout » . (Si un français y avait pensé avant, on aurait un un T à l’envers, et on serait bien embêtés pour l’orthogonalité !)

3Le symbole d’appartenance est issu de la lettre grecqueepsilon ( ou"), qui est l’initiale de" (esti) signi…ant « (il) est » . Il a été créé par Peano en 1890.

4Jean-Robert Argand a présenté son digramme dans un petit livre publié en 1806 : Essai sur une manière de représenter les quantités imaginaires dans les constructions géométriques. Le terme "diagramme d’Argand" apparaît en 1893 dansA Treatise on the Theory of Functions par James Harkness et Frank Morley.

(2)

Leconjugué c ouc d’un complexe est son symétrique par rapport à la droite réelleRparallèlement à la droite iRdesimaginaires purs :

c:= Rec iImc=:c . Exemples(représentation de complexes)

[dessin : deux axes NON orthogonaux et d’unité DISTINCTES, le point1 + 2i, la droiteR i]

2 Distances & angles

Lorsque le repère est de plus orthonormé (ce qui permet de représenter convenablement angles et distances), un complexec sera déterminé/caractérisé/dé…ni/donné/…xé5 par

[dessin : deux axes, le point1, une ‡èche vers un complexec, son modulejcjet son argumentargc] 1. sonmodule6 jcj, distance à l’origine ;

jcj:=Oc;

2. sonargument7 argc, angle entre la demi-droiteR+ et la demi-droite[Oc]: argc=1Oc.y

Remarque L’argument de0n’est pas bien dé…ni (il pourrait prendre n’importe quel valeur).

[dessin : deux axes, un complexec, son projeté réel pour dessiner un triangle rectangle, le segmentOcde longueurr, l’argument dec, la longueurade sa partie réelle, la longueurbde sa partie imaginaire]

On a les relations a=rcos

b=rsin , r=p a2+b2

tan = ba et tan2 =a+rb

[dessin : demi-cercle, un segment de l’origine vers un pointcd’argument '50 , sa projection réelle, la longueura, un segment de ràc, l’angle

2 issu du point r, la longueurrentre ret0.]

Remarque être de module1()appartenir au cercle unité.

Propriété pour tous complexescet d, on a jcdj=jcj jdj

1

c = j1cj (sic6= 0)

c

d = jjdcjj (sid6= 0)

jcj=jcj cc=jcj2

jc+dj jcj+jdj

argcd= argc+ argd arg1c = argc(sic6= 0) argcd = argc argd(sid6= 0) argc= argc

.

Remarque L’inégalitéjc+dj jcj+jdjse lit géométriquement : en notants:=c+d, dans le triangle 0cs, la longueurjc+djdu côté[0s]est inférieure à la sommejcj+jdjdes longueurs des deux autres côtés ([0c]et [cs]). C’est pourquoi on l’appelleinégalité triangulaire. On a égalité ssi le sommetcappartient au segment [0s], autrement dit ssic etdsont colinéaires8 et de même sens (ou dit aussipositivement colinéaires) :

jc+dj=jcj+jdj ()cet dpositivement colinéaires.

Remarque En pratique, une forme très utile de l’inégalité triangulaire est la suivante : pour tous complexesu; v; w, on a

ju wj ju vj+jv wj

(souvent on souhaite majorerju wjet on doit introduire le pointv judicieusement).

5Ces mot sont interchangeables et devraient cibler le sens souhaité : ne laisseraucune ambiguitésur l’ob jet dont on parle.

6Le terme date de Jean Robert Argand (première apparition en 1814) et a été adopté par Cauchy dans sonCours d’Analysede 1821. La polysémie demodule en allemand a cependant poussé certains auteurs germanophones à parler plutôt denorme ou de valeur absolue.

7Le termeargument, dans le sens d’un angle en astronomie, apparaît …n XIVesous la plume de Geo¤rey Chaucer, en particulier dans A Treatise on the Astrolabe daté de 1391. Sa première apparition française semble avoir lieu dans la Théorie des fonctions (1859) de Charles Briot et Claude Bouquet. Mais l’histoire aurait pu retenir d’autres synonymes : amplitude, anomalie, arc, déclinaison,phase (signalés en 1913 par Heinrich Burkhardt dans la traduction anglaise de son ouvrage Theory of functions of a complex variable).

8Des complexes sont ditscolinéaires si l’un au moins d’entre eux est nul ou si les droites joingnant l’origine0à chacun de ces complexes sont parallèles. On reverra ce terme dans le cours sur les rappels vectoriels.

(3)

Remarque La relation cc=jcj2 permet de transformer un complexe en un réel en le multipliant par son conjugué. On en déduit que tout complexec non nul admet un inverse

1 c = c

jcj2.

[dessin : deux axes, un complexec, son inverse 1c, les modulesr:=jcjet 1r, les arguments := argc et .]

Exemple 1+2i1 = (1+2i)(1 2i)1 2i = 11 2i2+22 =15 25i

3 Trigonométrie (bonjour exponentielle)

Remarque Pour tout réel , le complexecos +isin est de modulep

cos2 + sin2 = 1; il appartient donc au cercle unité. On le note ei oue i ouexp (i )ouexp ( i).

[dessin : deux axes, un cercle, le complexeei avec '110 ) Ainsi, tout complexec s’écrit

c=jcjeiargc (formepolaire,trigonométrique ouexponentielle)

Remarque La formec= Rec+iImc est appelé forme rectangulaire (car les quatre points0,Rec, c etiImcforment un rectangle lorsque le repère est orthogonal). Elle est à utiliseren dernier recours et il faut lui préférer la forme polaire.

Exemple La forme polaire exprime très simplement9 l’inverse d’un complexecnon nul : 1

c = 1

jcje iargc.

Exemplesde complexes ei (avec dessins) e0=e2 i = 1, e i= 1, e i2 = i, e i4 =

1pi

2, ei23 = 12+ip23 (cette racine cubique de l’unité est souvent notéej).

Application Calculer 1+i1+ip3 42. Il est pertinent de tout mettre sous une forme compatible avec le produit –>la forme polaire nous tend les bras. Pour calculer les arguments, on commence par factoriser par les modules :

1 +ip 3 =

q 12+p

32= 2, d’où1 +ip

3 = 2 1 2+i

p3 2

! .

La parenthèse étant de module 1, elle s’écritei pour un réel à déterminer ; ici, cette détermination est facile vu les lignes usuelles –> = 3. On obtiendrait de même1 +i=p

2ei4. On en déduit le quotient 1 +ip

3

1 +i = 2ei3 p2ei4 = 2

p2ei3 i12 =p 2ei12, d’où la puissance recherchée

1 +ip 3 1 +i

!42

= p

2ei12

42

= 212

42

ei12 42= 221ei72 = 221i.

On a utilisé dans le calcul ci-desus (une fois en simpli…antei3

ei4 =ei3 i12 et une autre en écrivant ei12 42= ei12 42) une propriété fondamentale de l’exponentielle :

ei ei =ei( + ) pour tous réels et .

9comparer avec l’expression rectangulaire 1c =p Rec iImc

(Rec)2+(Imc)2

(4)

Corollaire10 Lesformules d’addition (dans ce qui suit aetbsont des réels) cos (a b) = cosacosb sinasinb

sin (a b) = sinacosb cosasinb tan (a b) = tana tanb

1 tanatanb

Démonstration Soient a et b des réels. Les réels cos (a b) (resp. sin (a b)) sont les parties réelle (resp. imaginaire) de

ei(a b) = eiae ib

= (cosa+isina) (cosb isinb)

= (cosacosb sinasinb) +i(sinacosb sinbcosa), d’où les formules d’addition pour sinet cos. On en déduit celle pour la tangente :

tan (a b) = sin (a b)

cos (a b)

= sinacosb sinbcosa cosacosb sinasinb

diviser en haut et en bas par=cosacosb

sinacosb cosacosb

sinbcosa cosacosb cosacosb

cosacosb

sinasinb cosacosb

= tana tanb

1 tanatanb.

En prenantb=adans les formules d’addition, on obtient les formules de duplication cos 2a =

8<

:

cos2a sin2a 2 cos2a 1 1 2 sin2a

(on utilise cos2+ sin2= 1pour passer d’une ligne à une autre), sin 2a = 2 sinacosa,

tan 2a = 2 tana 1 tan2a.

Question Comment simpli…er une somme acos +bsin ? (problème récurrent en physique) On exprime tout sous forme d’une partie réelle en écrivant

cos = Reei et sin = cos +

2 = Reei( +2) = Re ei ei2 = Re iei ,

d’où l’on tireacos +bsin =aReei bReiei = Re ei (a ib) . En écrivant le complexea+ib=rei' sous forme polaire, il vient Re ei (a ib) = Re ei re i' =rcos ( ').

On retiendra donc

acos +bsin =rcos ( ') oùa+ib=:rei' ('est parfois appeléphase et on dit alors que l’argument est déphasé de').

Question Comment simpli…er une somme ei + 1?

Première chose :dessiner. En appelantAle complexeei et S la sommeei + 1, on voit que le quadrilatère 01SA a tous ses côtés de même longueur (1), donc est un losange. La diagonale (0S) en est donc un axe de symétrie, donc bissecte l’angle A0S, ce qui permet de lire l’argumentd args = 2. Pour le module, l’autre diagonale[1A]rencontre[0S]orthogonalement ; notonsH leur intersection. Dans le triangle rectangle0AH, on litcosA0H[ = 0H0A,i. e.cos2 = 0H =0S2 , d’où le modulejsj= 2 cos2.

Deuxième chose : véri…er par le calcul. Vu l’intuition géométrique qui précède, il est naturel de factoriser parei2 (on appelle souvent 2 l’arc moitié), ce qui donne

ei + 1 =ei2 ei2 +e i2 =ei2 2 cos

2 = 2 cos 2ei2.

1 0Les mots "corollaire" et corolle" viennent du latincorolla qui signi…ait « petite couronne » ; l’on donnait en e¤et une petite couronne de lauriers aux acteurs comme grati…cation. Un corollaire est donc un cadeau donné en plus par le théorème !

(5)

(F ce n’est peut-être pas la forme polaire de ei + 1car rien n’assure que le soit-disant "module" 2 cos2 soit positif).

À RETENIR :

faire apparaître l’arc moitié peut permettre d’avancer dans les calculs.

Uen autre chose à retenir de cet exemple est que l’exponentielle permet de reconstituer les sinus et cosinus via lesformules ditesd’Euler :

ei +e i

2 = cos et ei e i

2i = sin (Fne pas oublier lei au dénominateur du sinus, ni le signe à son numérateur).

Exercice Soitcun complexe non nul. Montrer l’inégalité jc 1j jjcj 1j+jcargcj.

Première chose : dessiner pour tenter d’interpréter géométriquement. Notons r := jcj et := argc pour alléger.

[dessin : le triangle1rc, le segment0c, l’arc de cerclerc]

On demande de montrerc1 1r+ lg arcrc. Or on a d’une part l’inégalité triangulairec1 cr+r1, d’autre part la majorationcr lg arcrc(le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite), ce qui conclut.

Montrons cela par le calcul, à svoir que la longueur de l’arc cr est en e¤et plus grande11 que celle du segment [cr]. Cela s’écrit rj j ? jr cj. En divisant parr, cette inégalité devient j j ? 1 ei . Pour obtenir ce dernier module, on fait apparaître l’arc moitité1 ei =ei2 e i2 ei2 =ei2 2isin2 , d’où le module 1 ei = iei2 2 sin2 = 2 sin 2 . L’inégalité désirée se réécrit alorsj j ? 2 sin 2 , ou encore 2 ? sin 2 , ce qui est un cas particulier de l’inégalité généralesinp pvalable pour tout réelppositif.

1 1l’inégalité triangulaire peut aussi se montrer directement sans géométrie, par exemple en comparant les carrés :

ja+bj2 = (a+b) (a+b) = (a+b) a+b

= aa+ab+ba+bb=aa+bb+ ab+ab

c+c=2 Rec

= jaj2+jbj2+ 2 Reab

Rec jcj

jaj2+jbj2+ 2 ab

= jaj2+ 2jaj jbj+jbj2= (jaj+jbj)2

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