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Submitted on 1 Jan 1950
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Détermination du coefficient d’autodiffusion du mercure
par la méthode des échanges isotopiques
M. Haïssinsky, M. Cottin
To cite this version:
DÉTERMINATION
DU COEFFICIENT D’AUTODIFFUSION DU MERCURE PAR LA MÉTHODE DESÉCHANGES
ISOTOPIQUES
Par M.
HAÏSSINSKY
et M. COTTIN. Institut du Radium, Paris.Sommaire.
2014 Le coefficient d’autodiffusiondu mercure liquide à 20° C est voisin de 7.10-8 cm2 : s.
L’énergie
d’activitation du processus est 3 100 cal: atome-g. Ces valeurs s’écartent notablement desprévisions théoriques.
11,
1950,
Nous avons montré
précédemment [1]
que lavitesse
globale
del’échange Hg/Hg++
aq. est trèsprobablement
déterminée par l’auto diffusion dans laphase métallique,
mercureliquide.
Nous avonsrepris
cesexpériences
sur lesystème Hg/Hg, (NO3)2
afin de déterminer le coefficient de cette autodif-fusion à diversestempératures,
déterminationqui
nous a
permis
en mêmetemps
de confirmer la conclusionqui
vient d’êtreindiquée.
Le marquage du métal ou des solutions par
Rd-Hg
(1),
laséparation
desphases
et latech-nique
des mesures ont été les mêmes que dans le travailprécédent.
Pour la déterminationquanti-tative,
il a étécependant
nécessaire de considérer deplus près
le rôle de certains facteurs.Wagner
dans un travail nonpublié
et Zimens ont montré[2] que les
équations
de diffusionqui
ont été données par Duenwald etWagner [3]
peuvent
êtreappliquées
aux études deséchanges
isotopiques
en vue de la détermination éventuelle du coefflcient d’auto-diffusion D dans laphase
solide. Si celle-ci seprésente
sous la forme d’une lame dont une seule face est au contact de lasolution,
D est lié à la constante de vitesse del’échange k par la relation
où h est
l’épaisseur
de la lame. Pour desgrains
sphériques
de rayon r :Il est facile de voir que pour une
sphère
dont la moitié seulement est au contact de lasolution,
l’équation (2)
devient(1) Le radio-mercure de masse 203 nous a été fourni par
le Service des Isotopes du Commissariat à
l’Énergie
atomique,Fort de Châtillon.
La valeur de k est obtenue par les mesures des
quantités
échangées x
pour diverstemps
à l’aide de la relationoù x,,
correspond
àl’échange
total,
c’est-à-dire àl’égalité
des activitésspécifiques
dans les deuxphases (en supposant que l’échange
est totalaprès
un
temps
suffisammentlong);
z -
x
représente
donc la fraction non encoreéchangée
autemps
t. Suivant les auteurs cités la relation linéairequ’on
doit obtenir entre cette fraction et letemps
est d’autantplus
nettement réalisée que lerapport s
entre lamasse de
l’espèce atomique
considérée dans lesolide et la masse totale de la même
espèce
(2)
estplus
faible. Avecl’augmentation
de cerapport
les
points figuratifs correspondant
àlog
z - 2013 )
Xx en fonction de t nes’alignent
sur une droitequ’à
partir
de durées de contact deplus
enplus
longues
et la détermination de k devient deplus
enplus
incertaine.Wagner
a donné pour ces cas desabaques
calculées à
partir
d’équations plus générales
etqui
permettent
de déterminer k parinterpolation.
Pourpouvoir appliquer
les relationsqui
viennent d’êtreindiquées
àl’échange
entre le mercureliquide
et ses ions ensolution,
les deux conditions suivantes doivent être réalisées :10 la réaction
d’échange
elle-même doit êtrebeaucoup
plus
rapide
quel’autodiffusion,
condi-tion nécessaireégalement
dans le cas dessystèmes
solide-solution ;
(2) Si l’on désigne par n’ le nombre d’atomes de l’espèce
diffusant dans le solide (ou une quantité qui lui est
propor-tionnelle) et par n, le nombre d’atomes (ou d’ions) de la même espèce dans la solution
612
2°
l’apport
des ions à la surfacemétallique
doit êtrebeaucoup plus rapide
que l’autodiffusion(ceci
estpratiquement
toujours
réalisé avec lessolides).
Afin d’établir les conditionsexpérimentales
satisfaisant à cette dernière
exigence,
nous avonsexaminé l’influence de
l’agitation
effectuée à l’aide d’une hélice de verre et unpetit
moteurélectrique.
Comme on
pouvait
s’y
attendre,
l’agitation
peut
affecter la diffusion non seulement dans la
solution,
mais aussi dans le mercure. Nous avons notamment
distingué
’trois cas :a. Le métal est ramassé en une seule
goutte
immobile et l’hélice se trouve 2 ou 3 mm au-dessus.La vitesse
d’échange
croît continuellement avecla vitesse de
l’agitation jusqu’à
30o t : mn environ. Au delà de cettevitesse,
lagoutte métallique
ne reste pasimmobile,
mais sedéplace rapidement
et en heurtant laparoi
tend à se briser enaugmentant
ainsi considérablement la surface
exposée
àl’échange
d’unefaçon
incontrôlable.b. L’hélice tourne à 700 t : mn et
plonge
au fond durécipient.
Le mercure est alors brisé en ungrand
nombre de
petites gouttelettes qui
tournent dans la solution sanscependant
se déformer. C’est leprocédé
que nous avons utilisé dans le travailprécédent.
c. Le mercure se trouve dans un
petit godet
cylindrique aménagé
au fond durécipient.
Seulela
partie supérieure qui
seprésente
sous la forme d’unelarge
calotte,
presque d’unedemi-sphère,
est au contact de la solution et elle reste immobile même avec uneagitation
relativement forte de lasolution. Entre 16o et 50o t : mn celle-ci est
prati-quement
sans influence sur la vitesse del’échange.
Nous avons
employé
les deux derniersprocédés
pour vérifier la nature du processus élémentaire le
plus
lentqui
détermine lacinétique
del’échange.
L’un et l’autre sont entachés d’une certaineimpré-cision due à la difficulté d’évaluer exactement le rayon moyen dans le
procédé b
et la formegéomé-trique
de lagoutte
dans leprocédé
c. Mais cesincertitudes ne sont
probablement
passupérieures
à cellesqui
sont inhérentes à la connaissance des mêmes données relatives auxpoudres
solides.Pour déterminer les dimensions des
gouttelettes
dans lepremier procédé
on en apesé séparémment
sur une balance Curie(sensibilité
o,o5
mg)
unecentaine
qu’on
aprélevé
avecsoin,
soitpendant
l’agitation
de la solution soit immédiatementaprès
celle-ci. Le rayon moyen a été évalué ensuitestatis-tiquement
ào,o4
cmd’après
larépartition
despoids
en fonction du nombre desgouttelettes.
Dans leprocédé
c lagoutte
immobilepeut
êtregrossièrement
assimilée,
soit à unesphère
de rayon0,I75
cm,soit à
cylindre
dehauteur,
h = o,38 cm. Elle a, enréalité,
une forme intermédiaire etprobablement
plus près
d’unesphère
que d’uncylindre.
Le tableau suivant donne les
pourcentages
d’échange
en fonction dutemps
pour deux sériesd’expériences
réalisées à 20°,d’après les deux
pro-cédés,
sur desquantités
de mercuremétallique
de 8 à I3 fois inférieures à celles des ions
Hg2++
en TABLEAU 1.(*) Le pourcentage d’échange est le rapport entre l’activité
spéci-tique de la phase initialement inactive et la somme des actvités
spécifiques des deux phases, multiplié par 100. L’échange total
corres-pond donc à ào pour 100.
solution
(s
=0, I i et
0,07).
Dans lafigure
i, on aporté
leslog I
-2013 )
en fonction dutemps.
(I -
X xLa
plupart
de cesexpériences
ont été faites avecle métal
marqué,
mais certaines d’entre elles avec le métal inactif et les ions actifs. Comme on levoit,
lespoints
s’alignent
bien sur des droites dont lespentes
donnent pour les constantes de vitesse les valeurs
Ces valeurs
permettent
de voir aisément que le processus élémentaire leplus lent n’est pas
l’apport
des ions à la « couche de diffusion ». Zimens a
est liée au coefficient de diffusion des ions en
solu-tion
Di
parl’équation
où c est la concentration des ions en solution
(en
atome-g :
cm3), l
la surface du solide(dans
notre cas du mercureliquide),
n le nombred’atomes-grammes de ce
dernier, a
l’épaisseur
de la couche de diffusion et s a lasignification qui
a étéprécisée
plus
haut. Pour les fortesagitations
que nous avons réalisées onpeut supposer
que a
a des valeurs voisines de Io-4cm. En introduisant dans(4)
les autres valeursnumériques [pour
kb
=4,2.
10-4 S-’,n
== 2,5.
10-:Jatome-g,
c = 3,3. 1o-4atome-g :
cm3,
(1
- s) = o,g3, t
= 3,3 cm2;
pourka. =
3,8.I0-6 s-1, n= 2, 5 . o-B
atome-g,
c= 4 .10-4
atome-g :
cm2,
(I - s)
= o,89,
1 ~ o, 2cm2]
on trouveque
Di
estvoisin de 10-’ dans le
premier
cas et de 1 o-g cm : sdans le second. En dehors de la discordance de
ces
valeurs,
elles sont de 10o à i ooo foissupérieures
aux coefficients de diffusion des ions en solution aqueuse
qui
sont de l’ordre de 10-5 cm2 : s(3).
La réaction
homogène
dedépolymérisation
du dimère :Hg2++ --->
2Hg+
estégalement
exclue commeprocessus
régulateur
del’échange,
car sa vitesse ne devrait pas varier avec les dimensions desgouttes
du mercure. Pour
décider, enfin,
si le processus leplus
lent est la réactiond’échange
elle-même à la surface oul’autodiffusion,
on doit considérerque dans le
premier
cas(de
même que pour unedépolymérisation hétérogène)
la constante de vitesse serait inversementproportionnelle
au rayon; lerapport
kb
devrait donc êtrecompris
entre4
et5,
kc
tandis
qu’il
est en réalité voisin de ioo. Par contre,si l’on introduit la valeur
de kb dans
l’équation (2)
on obtient
Pour la
goutte
immobile,
suivant que l’on assimile à unesphère [et
qu’on
utilisel’équation
(2a)]
ouà un
cylindre [équation (1)]
on auraLes trois valeurs sont voisines l’une de
l’autre,
celle de D étantcomprise
entreD(2a)
etD1,
plus
près
dupremier
que du second. Par lasuite,
nousconsidérerons
seulement
les valeurs de D calculéesen admettant la forme
sphérique
de lagoutte
dans le
procédé
c.Ayant
ainsi confirmé que l’autodiffusion est le pro-cessus leplus
lent dansl’échange
Hg/Hg",
nouspouvons établir
d’après
nosexpériences,
où lesvitesses étaient les
plus
élevées(gouttelettes
très fines obtenues par réduction d’un sel de mercure et(3) Nous n’avons trouvé aucune indication bibliographique
sur la valeur du coefficients de diffusion des ions Hg2++ dans l’eau.
agitation
trèsforte),
une limite inférieure à.
la vitesse de la réaction
d’échange
elle-même. En solutionHg2 (NOg)2 M/2o
et pour s =o,5,
la vitesseminimum est
exprimée
par k =7,3.
IO-4 s--’, cons-tantequi correspond
à une limitesupérieure
dutemps
dedemi-échange
Nous avons
également
examiné l’effet de lavariation de s sur les valeurs calculées du coefficients
de diffusion. Les résultats de ces essais sont donnés dans le Tableau II.
TABLEAU II.
Dans tous les cas les
log
-x
en fonctionxr
du
temps
se situent sur des droites àpartir
de très faiblesquantités
échangées.
Cesdroites,
sauf cellequi correspond
à s =o,5
dans leprocédé
c,ne
passent
pas parl’origine (fi g. 2).
Les valeurs calculées de D à
partir
de ces droites sontpratiquement
indépendantes
de s pour le614
dans le sens
prévu par la
théorie en serapprochant,
pour s =0,11, de la valeur donnée par le
premier
procédé.
On doitpeut
êtreimputer
cesdivergences
au fait que la théorie n’est strictementapplicable
qu’aux systèmes
solide-solution ousolide-gaz.
Nous avons
déjà
établi au cours dupremier
travail que la vitesse del’échange
et donc lecoeffi-cient de l’autodiffusion variaient relativement peu
avec la
température,
et quel’énergie
d’activationdu processus était de 3 200 cal :
atome-g.
Cesexpé-riences avaient été faites par le
procédé b
sur desquantités
correspondant
à s = o,5. Nous avons main-tenant redéterminél’énergie
d’activation pour s =:0,07 et pour leprocédé
c avec s = 0, I I( fig. 3).
Lesvaleurs
trouvées,
3 ooo et 3 1 oo, sont en très bon accord avec laprécédente.
Enprenant
la valeurmoyenne, on a
avec
Il est intéressant de noter que l’énergie d’acti-vation de l’autodiffusion du mercure est environ
4
foisplus
faible que la chaleur devaporisation
de cemétal
qui
est voisine de 13 ooo cal :atome-g
à latempérature
ordinaire(4).
Elle est 5 foissupérieure
àl’énergie
de « formation de trous » admise par Frenkel[5]
etqui
est trèsproche
de la chaleur de fusion du mercure(570 cal).
Dans le cas des métauxsolides,
l’énergie
d’activation de l’auto-diff usion estgénéralement
aux environs des deux tiers de la chaleur devaporisation.
D’autrepart,
comme dans le cas des métaux solides
(5),
les coeffi-cients de métauxétrangers
dans le mercure, étant à latempérature
ordinaire de l’ordre deo,5
à2,5. 1 o-1
cm2 : s, sont bienplus
grands
que le coefficient d’autodiffusion(7.
10-8 cm2 :s).
Sur ce
point
aussi,
notre résultat semble contre-dire la théorie de Frenkel suivantlaquelle
les coeffi-cients de diffusion de corps dissous dans unliquide
ne sont pas très différents du coefficientd’auto-diff usion du
solvant,
que celui-ci soitmétallique
ou non.
(4) Dans le Comprehensive treatise of inorganic Chemistry
de Mellor, on trouve des valeurs variant entre 6 000 et 15 ooo cal. La valeur de notre texte est donnée d’après Bichovsky et Rossini [4] et d’après Frenkel [5] en tenant
compte de la chaleur spécifique du mercure.
(5) C’est ainsi que d’après les expériences de Hevesy et ses collaborateurs [6], les coefficients de diffusion de divers métaux dans le Pb à 250°C sont compris
entre 34 000 et 4,4. , 0-11 CM2 : S, tandis que le coefficient d’autodiffusion du Pb est égal à 1,4. 10-11.
Note ajoutée aux épreuves. - NIiller et Pleskov (C. R. Acad.
Sc. U. R. S. S., 1950, 74, 323), viennent de comparer les vitesses d’échange qu’ils ont mesurées entre les ions Cu,,
Pb++ et Bi+++ et les amalgames de ces métaux, avec les vitesses que nous avons données pour Hg [1] et ils trouvent
ces derr ières trop faibles. Il semble cependant que ces auteurs
n’ont pas cherché à établir la nature du processus
détermi-nant la cinétique de leurs échanges. Si celui-ci est, comme il est très probable, la diffusion, les résultats sur les amalgames correspondraient bien au fait indiqué dans le texte.
Manuscrit reçu le 9 juin I5o.
BIBLIOGRAPHIE.
[1] HAISSINSKY M. et M. COTTIN. 2014 J. Chim.
Phys., 1949, 46, 476.
[2] ZIEMENS K. - Archiv. Kemi Miner. Geol, 1945, n° 18.
[3] DUENWALD M. et WAGNER C. - Zeit.
Phys. Chem., B,
1934, 24, 53.
[4] BICHOWSKY et ROSSINI. 2014 Thermochermistry,
New-York, 1936.
[5] FRENKEL I. 2014 Théorie
Cinétique des liquides, Moscou, 1945, 194 et 190.