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La détection des neutrons rapides à l'aide de chambres d'ionisation remplies d'hexane liquide

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00212905

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00212905

Submitted on 1 Jan 1963

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La détection des neutrons rapides à l’aide de chambres

d’ionisation remplies d’hexane liquide

Daniel Blanc, Jacques Mathieu, Paul Vermande

To cite this version:

(2)

LA

DÉTECTION

DES NEUTRONS RAPIDES

A L’AIDE DE CHAMBRES D’IONISATION REMPLIES D’HEXANE

LIQUIDE

Par MM. DANIEL

BLANC,

JACQUES

MATHIEU et PAUL

VERMANDE,

Centre de

Physique

Nucléaire, Faculté des Sciences, Toulouse.

Résumé. 2014

L’emploi

d’un sachet étanche de

polyéthylène rempli

d’hexane et serré entre les

élec-trodes de la chambre isole le liquide des parois et permet d’obtenir un courant résiduel inférieur à 5 10-14 A/cm2, stable en fonction du temps. Pour des neutrons de 14,6 MeV et de 3 MeV, produits

par les réactions D-T et D-D, le courant d’ionisation est une fonction linéaire du flux ; 85 % de ce

courant est attribuable aux neutrons, 15 % aux photons gamma qui les accompagnent. La

sensibi-lité est de 100 n cm-2 s-1 (3 MeV), 1 000 n cm-2 s-1 (14,6 MeV), 10 000 photons cm-2 s-1

(60Co).

Abstract. 2014 The use of a

vacuum-tight

polyethylene

bag filled with hexane and inserted between the electrodes of the chamber will keep the liquid away from the walls and enable to obtain a residual current lower than 5 10-14 A/cm2, and stable as a function of time. The ionization current is a

linear function of the flux, with neutrons of 14.6 MeV and 3 MeV, produced by D-T and D-D reac-tions ; 85 per cent of this current is attribuable to neutrons and 15 per cent to gamma photons accompanying them. The

sensitivity

is 100 n cm-2 s-1 (3 MeV), 1 000 n cm-2 s-1 (14.6 MeV),

10 000

photons

cm-2 s-1 (60Co).

PHYSIQUE APPLIQUÉE 24, 1963,

Nous avons donné les

caractéristiques

de

cham-bres d’ionisation

remplies

d’hexane ou de benzène

liquide,

à la

température ambiante,

sous irradia-tions de rayons

alpha

ou de rayons gamma

[1] :

le courant d’ionisation est assez

grand

vis-à-vis du

bruit de

fond,

dans les

liquides purifiés

avec

soin,

pour

permettre

une détection satisfaisante.

Moyen-nant un très

grand

nombre de

précautions,

il est

même

possible

de déceler les

impulsions

produites

par les

particules alpha.

Il est intéressant d’étudier la

réponse

de tels détecteurs à des faisceaux de neutrons

rapides :

les

protons

de recul créés dans le

liquide

sont assez

ionisants pour

produire

un courant

important.

Chambres d’ionisation utilisées. --

On trouvera

sur la

figure

1 le schéma des chambres : la distance des

électrodes,

réglable,

a été maintenue

égale

à

0,6

cm dans toutes les

expériences

décrites

ici ;

le

champ électrique

est

pratiquement

uniforme dans

tout le volume utile de la chambre. Il faut que les courants de fuite à travers les passages isolants

soient très inférieurs au courant

qui

traverse le

liquide,

pour que les mesures

électrométriques

soient valables. Nous avons

adopté

des passages de

téflon,

dont la résistance naturelle est voisine de 1019 03A9. cm à la

température ambiante ;

on sait

que, sous irradiation

intense,

cette résistivité

peut

tomber à 1014 Q. cm.

Enfin,

la valeur maximale

du

potentiel

de l’électrode collectrice par

rapport

à la masse est de 1

volt ;

le courant de fuite est alors minimal.

Dans de telles

conditions,

le courant de

fuite,

sans

irradiation,

ne

peut

pas

dépasser 0,6

X 10-19

AJcm2,

et,

sous irradiation

intense, 0,6 x10-14

A/cm 2.

Comme nous le verrons

plus

loin,

ce courant est

négligeable

devant celui

qui

traverse le

liquide.

L’hexane à

employer

est traité par

l’oléum,

séché sur

sodium,

enfin distillé très

soigneusement.

FIG. 1. - Vue en

coupe

du modèle de chambre d’ionisation utilisé.

(3)

32 A

Avant d’introduire le

liquide

à l’intérieur de la

chambre,

cette dernière est lavée à

l’éthanol,

étuvée à 60

OC,

lavée par de l’hexane

purifié,

étuvée

une seconde fois à 60 OC.

Cependant, malgré

toutes ces

précautions,

le

liquide,

qui

se trouve au contact des

parois

du

.

détecteur,

finit

toujours

par se

polluer :

il en résulte

une

augmentation

imprévisible

du courant

rési-duel. D’autre

part,

il faut une

quinzaine

d’heures pour que ce courant se stabilise et

atteigne

sa valeur limite

[1]. Enfin,

il est presque

impossible

d’éviter une

évaporation

progressive

du

liquide.

Pour

pallier

ces

inconvénients,

nous avons intro-duit l’hexane

purifié

dans un sachet de

polyéthy-lène, qui

était ensuite serré entre les deux élec-trodes de la chambre. Ce

sachet,

dont

l’épaisseur

de

paroi

est de 30 à 50 microns est fermé par

soudure ;

il est essentiel d’éviter l’introduction de bulles d’air dans le

liquide.

Ainsi,

l’hexane ne se souille

plus

au contact des

parois,

mais il diffuse lentement à

tra-vers le

polyéthylène :

il faut maintenir autour du

sachet,

hors du volume

sensible,

un peu d’hexane

liquide

qui

maintient une

atmosphère

saturante,

ce

qui

freine très considérablement la diffusion.

Avec ce

procédé,

le courant résiduel est de 1 à

5 X 10-14

A/cm 2;

après

branchement de la tension

d’alimentation,

il atteint sa valeur limite au bout

de une heure

environ,

et demeure

pratiquement

constant

pendant

plusieurs

semaines.

,

Appareils

de mesure. -

Le circuit associé au

détecteur est

représenté

sur la

figure

2 : pour mesurer le courant d’ionisation et le courant

rési-duel,

nous utilisons un électromètre à condensateur

vibrant,

équipé

de résistances

égales

à

108,

101n

et 1012

ohms ;

les résultats sont recueillis sur un

enregistreur graphique

dont la vitesse de

déroule-ment est

de 16 cm par heure.

FIG. 2. -

Dispositif de mesure

du courant d’ionisation et du courant résiduel.

La haute tension alimentant la chambre est

cons-tituée par une batterie de

piles

sèches

permettant

d’atteindre 5 000

volts,

par échelons successifs de 90 volts. La stabilité est excellente.

Les

perturbations électriques

venant de

l’exté-rieur,

et

particulièrement

du

générateur

de

neu-trons,

sont éliminées par une cage de

Faraday

qui

entoure l’ensemble des

appareils.

Étalonnage

des chambres sous irradiation

gamma. - Nous avons utilisé le

rayonnement

gamma

produit

par une source de 6°Co de 8 milli-curies. La

figure

3 résume les

résultats ;

le

flux,

porté

en

abscisses,

est

exprimé

en nombre de

pho-tons gamma par centimètre carré et par

seconde,

au centre du volume

sensible,

en

négligeant

l’absorption

dans les

parois

et la diffusion dans la

protection

de

plomb

qui

entoure le détecteur. Les courbes

correspondent

à une tension

appliquée

de 2 000 volts

(courbe (b))

ou de 4 000 volts

(cour-be

(a)).

Le courant résiduel est de

3xl0-14Ajcm2

(courbe (d)) :

les droites

(a)

et

(b)

passent

presque

par

l’origine.

La droite

(c)

donne la

réponse

de la même

cham-bre,

sous 2 000

volts,

au même flux de rayons gamma, mais avec un

remplissage

d’air sous la pres-sion

atmosphérique :

on voit l’intérêt

d’employer

l’hexane,

dont le

pouvoir

d’arrêt est

beaucoup plus

grand

que celui de l’air.

FIG. 3. -

Étalonnage

des chambres sous l’irradiation des rayons gamma émis par une source de 61CO.

(a) Tension appliquée : 4 000 volts.

(b) Tension appliquéc : 2 000 volts. ,

(c) remplissage d’air (2 000 volts).

(d) Courant résiduel.

Réponse à

un faisceau de neutrons de

14,6

Me.V

Les neutrons sont

produits

par la réaction

D-T,

dans un

générateur électrostatique

où un faisceau

de deutérons tombe sur une cible de tritium absorbé

dans un

support

de zirconium.

Le

comptage

des

particules

alpha

associées aux

neutrons émis

permet

d’étalonner avec

précision

le flux

neutronique

et de comparer directement à la

réponse

des chambres. Dans la totalité de

l’angle

solide,

on obtient 2.109 neutrons par seconde.

(4)

de neutrons par centimètre carré et par

seconde,

au centre du volume

sensible ;

on le modifie en

faisant varier la tension d’extraction de la source

du

générateur,

ou la distance de la chambre

d’ioni-sation à la cible

tritiée. ,

{

La

figure

4 donne la

réponse

pour une tension

appliquée

de 2 000 volts : le bruit de fond étant de

3 X

10-14 A/cm 2,

(courbe (d)), le

courant d’ionisation

est une fonction linéaire du

flux,

passant

par

l’ori-gine (courbe

(a)).

FIG. 4. - Réponse à un faisceau de neutrons de 14,6 MeV

( V = 2 000 volts).

(a) Courant d’ionisation obtenu.

(b)

Çourant

d’ionisation dû aux neutrons seuls.

(c)

Etalonnage

sous irradiation gamma (6°C.). (d) Courant résiduel.

Cependant,

le courant d’ionisation est

dû,

non

seulement aux

protons

de recul

(et

noyaux de

car-bone)

créés dans le

liquide,

mais aussi aux

photons

gamma émis

depuis

la cible de

l’accélérateur,

ou créés dans les matériaux de structure de l’ensemble. Pour déterminer

l’importance

relative de ces deux sources, nous avons mesuré

l’absorption

dans la

paraffine

du faisceau venant de la cible de tritium : la chambre se trouvant dans des conditions

géomé-triques identiques,

nous intercalions entre elle et la cible des

épaisseurs

croissantes de

paraffine :

la courbe

(a)

de la

figure

5 donne le courant d’ionisa-tion mesuré en fonction de

l’épaisseur

de

paraffine

traversée.

Si,

en

première approximation,

nous admettons que le coefficient

d’absorption

de la

paraffine

est le même pour les divers

rayonnements

gamma

qui interviennent,

cette

courbe,

tracée en

ordonnées

logarithmiques,

doit être la somme de

deux droites. Par

décomposition

de

(a),

nous avons ainsi obtenu la droite

(b) correspondant

à

l’absorp-tion des rayons gamma,

et,

par

différence,

la droite

(c)

correspondant

à

l’absorption

des

neu-trons. La droite

(c)

a bien une

pente

identique

à

celle que l’on obtient en calculant le coefficient

d’absorption

à

partir

de la section efficace

macro-scopique

totale des neutrons de

14,6

MeV dans la

paraffine.

es ordonnées à

l’origine,

nous

dédui-sons que 15

% du

courant d’ionisation est dû aux

rayons gamma, et 85

%

aux neutrons

(courbe

(b)

de la

figure 4).

FIG: 5. -

Absorption dans la paraffine du rayonnement venant de la cible de l’accélérateur.

(a) Courant d’ionisation mesuré.

( b) Contribution des rayons gamma.

(c) Contribution des neutrons.

Réponse

à un faisceau de neutrons de 3 Met.

-Les neutrons sont obtenus par la réaction D-D : le

faisceau de deutérons

(150

keV)

tombe sur une cible de deutérium absorbé dans un

support

de zirconium. Les

protons

venant de la réaction

paral-lèle

iH(d,

p)

permettent

d’étalonner le flux

neutro-FIG. 6. -

Réponse à un faisceau de neutrons de 3 MeV,

( V = 2 000 volts).

(a) Courant d’ionisation obtenu.

(b) Courant d’ionisation dû aux neutrons seuls.

(5)

34 A

nique.

Pour l’ensemble de

l’angle

solide,

on obtient 106 neutrons par seconde.

La

figure

6 résume les résultats obtenus pour une tension

d’alimentation,

de 2 000 volts. Comme

pré-cédemment,

en étudiant

l’absorption

du

rayon-nement dans la

paraffine,

nous avons obtenu que

85

%

du courant d’ionisation soit dû aux neutrons

(courbe (b)).

Conclusion. - Le

tableau 1

permet

de comparer la

réponse

des chambres

( V

= 2 000

volts)

aux

rayons gamma et aux neutrons

rapides.

Si l’on

TABLEAU 1

admet que le courant d’ionisation minimal détec-table est de 2 à 3 fois le courant

résiduel,

on obtient les sensibilités suivantes :

neutrons de 3 MeV : 100

particules

cm-2

s-1,

neutrons de

14,6

MeV : 1 000

particules

cm-2

s-i;

,

rayons gamma de 6°Co : 10 000

particules

cm-2 s- .

Nous remercions vivement M. Francis

Cambou,

. Maître de

conférences,

avec

lequel

nous avons eu

de fructueuses

conversations,

ainsi

que

M.

Benoit-Cattin,

responsable

du fonctionnement du

géné-rateur de neutrons.

Cette étude a pu être menée à bien

grâce

à un contrat du Commissariat à

l’Énergie

Atomique

(S.

C. R. G.

R.).

Manuscrit reçu le 29

septembre

1962.

BIBLIOGRAPHIE

[1] BLANC (D.), MATHIEU (J.) et BOYER (J.), Nuovo

Cimento, 1961, 19, 929 ; Nuclear Electronics, I, 285 ;

Références

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