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Comptes rendus analytiques des vingt-cinq séances : tenues à la Maison de l'Afrique, à Addis-Abeba, du 19 février au 3 mars 1962

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(1)

NATIONS UNIES CONSE1L

M

ET SOCIAL

\ -\'

Distr.

GEHERALE

E/CN.14/SB.5&-80 (IV)

28 Janvier 1963

S5£ ••

COMMISSION POT

Quatrieme sessi >n

DOCUMENTS OFFICE

NO TO BE TAK.EN OUT

la Commission :a_

Mi O.B.

M. MeWti ABBAS

M. MATHU

63-627 GE.62-14192

(2)

E/CNa4/SR.56-80<IV)

', t TABLE DES MATIERES

Pi

..--■■• v

Liste des abreViations ««•«<*«*••*

Cinquante-sixieme stance ^ 2

Discours d'ouverture ...•••••

Cinquante-septieme stance i3

Election du Bureau • ••••♦•••••'**

Messages recus a 1'occasion de I -overture ^de 1»^»*»« # 14

session •.•••••••••*** ^4

Adoption de 1'ordre du jour ' ^

Organisation des travaux •

Membres et membres associ^s de la Commission ...•...-

Cinquante-huitieme seance

Membres et membres associ^s de la Commission . •

Situation et tendances de Wconomie africaine, y comprxs ^ ^

ses aspects sociaux •••*

Cinquante-neuvieme stance ■

Membres et membres associ^s de la Commission ...

Situation et tendances de i'e^onomie africaine, y compris ^ ^

ses aspects sociaux ♦■••••••♦••••

Soixantieme seance

Situation et tendances de 1'economie africaine, y compris ^ ^

ses aspects sociaux • ....••••

Soixante et unieme stance ...

Situation et tendances de 1'economie africaine, y compris ^ ^

ses aspects sociaux ••••••••

Soixante-^deuxieme seance

Situation et tendances de 1'^conomie africaine, y compris ^ ^

ses aspects sociaux * ■• •♦.* ** *■*

Soixante-troisieme stance

Messages recus a 1'occasion de 1'ouverture^de la^uatrieme^

* session ♦,••••••••*•••***

» Situation et tendances de lUconomie africaine, y compris ^

ses aspects sociaux *.«•••••••••"*•

(3)

- xi _

seance

Situation et tendanrp« do n

-e- aspects soe^T. ^'-«»o»o-x. africaine, y compris

tres et ffiembres associ(/ ^ ^^ '• '■ •• •• ,.

-«»o»o-x. africaine, y compris

ooixante-cinquieme seance.

D^eloppoEant economise et social Membr.. ot .e.bres associ.s de la Soixante-sixieme s^snce .,.

et fflembr,s .ssoo^ de -la

133 144

Menbres et »es associW de la Commission '

ecouomique et social .. .\ . Kveloppeffiont Jconomique et"

Mveloppeneat e'conomique et

social

J, „ „„

seance

dconornique et social■!

Soixante

dconomique etsocial

t oconomxque et social

social

t oconomique et social ■...- SoxxantG-ireizieme cea

170

183 183

199

215

224 . 225

Z* ^ teMn*e

•••■ 228

241

. 270

(4)

- Ill -

Soixante-quatorzieme seance : Premiere partie (publique)

Developperaent economique et social ••••/

de personnel de la CWssion^concni.ue pour

1'Afrique .

. . Deuxieme partie (privet)

distribution restreinte) ...

•■•■■■ Troisifenie partie (publique) robes de personnel de" la Con.ission^cono.ique pour

l'Afrique ,.•<••

Soixante-quinzieme stance

D^veloppement ^conomique et social

Problemes de conferee et de produits de base

Soixante dix-septieme stance

Aide international a 1'Afrique

Statistiques africaines '

. . .,

Formation ..•••••

Soixante dix-touitieme stance Transports et corranunications

Date et lieu de la cinquieme session

Declaration du Sous-Secretaire a 1'information

Soixante dix-neuvieme seance : Premiere partie (Priv4e)

-

Soixante-seizieme stance 3l5

Problemes de commerce et de produits de base ' * ' '

Developpement economique et social

a distribution restreinte)

Deuxieme partie (publique)

omposition du Co.it, pour 1'Institut^rioain de developpe.ent

et de planification economique, et du Comite pour recrutement du personnel de la CEA

(5)

- iv -

Uhies » ^

Cloture de la qUatrifem,

£uQtre-vingtUme stance

Hemercieraents ,„

an. Mekki Ai

des e session

366 369 369

375 375

376 377

(6)

- V -

E/CN,14/SR.56-8O(IV)

Liste des abreviations

employees dans 1.. presents co^ -ndus

BAT

BIRD

CCTA

CEA CEAEO

CEE CEPAL FAO

FISE

MI GATT

OACI OIT OMS UNESCO

Association europ^enne de libre echange Bureau de V assistance technique

Banque international pour la reconstruction et

le ^lement

ission de cooperation techni.ue en Afri.u. au

sud du Sahara

Commission Sconomique pour l'Afrique

Mission 4conOB1iaue pour 1'Asie et 1-Extre.ne-Orient

Commission ^conomique pour 1'Europe

Commission economise pour l^rique latine

Organisation des Nations Unies pour 1- alimentation

et I1 agriculture

Fonds des Nations Unies pour 1'enfanoe Fonds mon^taire international

Accord general sur les tarifs douaniers et le commerce Organisation de V aviation civile international

Organisation Internationale du Travail Organisation mondiale de la sante

Organisation des Nations Unies pour location, la science

et la culture.

(7)

E/CNV14/SR. 56-80 (IV)

page 1

COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA CINQUANTE-SLXIEME SEANCE tenue a"la Maison de l'Afrique, *, Addis-Ab^ba,

le lundi 19 feVrier 1962, a 15 h- 20

President provisoire : . H. ENDALKACHEW MAKONNEN (Ethiopia)

Secretaire : M

Discours d'ouverture

Message de Sa Majesty Hail^ S«-«i< I«, Empereur d'Kthiopie;

S=5i i 2S2E S =5 KKET^r

Discours de M. Nekki Abbas, Secretaire ex^cutif de la Commission

Re*ponse du President provisoire

(8)

DISCOURS D*OUVERTURS

les

ia session en a^ssant,uni,33^ de,syttpathie ,

Empereur d'Ethiopie et a la faille linperiale.

I*s representant. se ^t et

ilg

^

ssxon, des membres assooias et dee observateux-s.

M ^ (3^, ^ CCMbien la bTOSque nouveUe ^ ^ mort

a Trapp, et bouleve^ toutes les ^^3 pl,sentes

qu ,! ,assooie , ^ proposiUon d,adresser . & x ^

:rie "de

et appuij

fonde sympathie et leurs oondoleanoes. ' - v ;,;... P

La proposition est adoptee a Lunaninrite et le PRESIDENT ffiOVISOIRE deciaz-e qu."il

se charsera de trans.ettre a Sa Majeste Haila S.Xassie le meSsage de la Le^SIDMT PHOVISOIRE donneJecture a ^ Co^.sion d

belassxe Ier, Empereur d^Ethiopie.-/

M. .OHAM^S-BUPRAZ ,Franoe) tient a

,1 a reserve a la cession et a

me33age de S.M. Haile

sa reconnaissanoe au Gouvemefflent et au

peuple ethiopiens pour leur hospitals. Un sentient d-affliction et de tristesse

T 06P A SS SUtd le peuple d'Ethiopie. II s- associe chaleureusement au message de condoleances.

(9)

page 3

C-est avec une profonde emotion et un grand respect qu-xl a ecoute le message de l^pereur dont la dignity 1'humanite et 1. generosite inSpireront la Commission dans

, ses travaux.

M. CAMABA (Guinea) exprlme la reconnaissance que le continent africain tout entier so doit d-avoir pour S.M. Hail. Selassie, Prefer, Snpereur d-Etniopie. Son courage et

Lamour ,u.il porte au peuple.etniopien et a tous les ^uples d-Afrique sont bxen connu.,

de mgme que l-interet^u-il n'a cesse de leur Signer, le soutien constan qu ,1 leur acco.de et la Joie qu-il eprouve * constater leur evolution et, en fait, l-evolutxon m0nde tout entier. Par sa personnalite et par ses actes, il s'est .ontre un hon^e

d-Etat et un souverain entieremont consacre aux interSts de son peuple. Son devouement

a la cause de 1-independance et ses efforts constants pour reooudre les

ont suivi 1'acces a cette independance doivent servir dimple a tous. Au nan de 1*

auinee et de tous les p.ys qui sont represents, il remercie 1-Empereur pour 1-e^nple

quiil offre a tous et fomule le souhait de 1b voir regner pendant de nombreuses annees

encore

M. BUHIAGA (libve), 1'un des cinq representants qui ont ete choisis pour repondre au message de Sa Majeste Imperiale, apprecie 1-honneur qui lui est fait, a lu, et a son Gouvemement. Dans les Jours les plus s^res qu-a connus 1-Afrique, 1-Mpereur a tou- jOurs ete le symbole de 3a nberte et du courage, Sa sagesse de chef d-Etat, s. dxplo- matie, son habilete et sa perseverance,ont aide les peuples africains a s-affranchxr u

colonialis-ne et a acceder a la liberte. II a inspire las peuples africains dans leur lutte pour 1-independance et sa sagesse a continue de leur servir de guide une foxs cette xnde-

pendance acquise. De no^reuses con^renoes sur des questions interest les pays afrx- cams s-etaient deja reunies a Addis-Abeba quand « a cogence a discuter aux Nations Unxeo de la creation de la Commission Economise pour 1-Afrique. En choisissant Addis-Abeba

co^e siege de la CWssion, on a voulu .ontrer 1-estime et le respect des pavs^afrxcaxns pour 1'Bnpereur lucerne et pour la part heroique prise par son peuple dans le developpe- ment de 1-Afrique. L-Mpereur a honore la troisieme session de la Commission de sa pre

sence et dedie la Maison de 1-Afrique aux peuples africains. U Commission puisera une

inspiration nouvelle dans le message adresse par Sa Majeste a la presente session.

(10)

page 4

souhaite a Sa Majeste.Imperiale et au peuple ethiopien la bonheur et 1b succes qu'ils

meritent si justement.

M. RAMANGASOAVINA (Madagascar) exprime ses r^rcie^, Sa Majeste Imperiale at au Gouvemement imperial pour leur chaleureux accueil, leur hospitalite et les locaux magnifiques qu'ils mettent si genereuse;nent a la disposition des Conferences.' Malgre 1*

perte cruella qu-il vient de subir, 1-Bupereur, par son message de bienvenue, a prouve une fois de plus, 1-intergt qu'il porte aux travaux de la Cohesion. II espere que la Commission se_montrera a la hauteur de la tache qui lui est assignee par les Etats membres:

travaallera P.entente et a la cooperation dans le developpement economique de 1-Afrique.

M. AHMED (Soudan), ajoute 1'expression de sa gratitude aux hoomages deja rendus a Sa Majeste Imperiale pour son accueil chaleureux et pour les voeux qu'elle a adresses a la Conmssion. U, message de i'^pereur est une preuve de son courage et de son humanite et la Conmssion partage ses vues sur Importance de 1-unite de 1'Afrique sans laquelle presque rien ne peut gtre accompli. L'intergt constant de l-Bupereur, sa bienveillance

et son aide, ainsi que la force et le courage qui marquent sa personnalite, resteront pour tous une source .d'inspiration. Discourn du Sous-secretaire aux affaires economiques et

sociales toe Nations Unies et message du Secretaire general par interim.

M. de SBBffiS (Sous-Secretaire aux Affaires economiques et sociales des Nations Unies) dome lecture d'un messaged Secretaire genera! par interim (E/CN.14/L.84) par lequel

ce dernier exprime les condoleances des Nations Unies a Sa Majeste 1-Hupereur, au Gouver- nement et au p.uple ethiopiens, et leur dlt toute sa gratitude pour la collaboration gene-

reuse qu'ils ne cessent d'apporter aux Nations Unies. Dans son message, le Secretaire general par interim souligne la necessity pour tous les pays d'unir leurs forces et de se consacrer a la lutte contre la misere, la maladie et 1-ignorance, ces ennemis de l^humanite qm lui ont inflige des maux incalculables et des souffrances et des morts sans ncmbre.

^ tache n'est pas facile, mais, heureusement, il existe une gamme etendue d'institutions

de methodes et de techniques qui, si V,n en tire un parti judicieux, peuvent aider a re-

soudre les problemes de 1-Afrique, et en particulier, les problemes que pose son de^loppe-

ment economique et social. & aucune autre region du monde la collaboration regionale n-est

d'importance aussi vitale qu'en Afrique. Le message du Secretaire general par interim,

(11)

I

nMda>nt, I'm

nir:: ■:

d'environ 2^.

page

de 1-Europe de 1'Ouest a oomu un

— -— - -

* - —

:r

r.

, -

-

de la tendance.

(12)

page 6

et a leur liberalisation, n'est plus complement adapte a la situation presente, Le regionalize economique, naguere considere avec mefiance, est devenu une des ideea-forces.

du monde contemporain et a trouve son expression "la plus avanc^e dans l'Europe de l'Ouest.

Commencant a se propager dans d'autres parties du monde, il risque d'elargir le champ ■ des deviations tolerables au-dela de ce qu'un systeme universel peut absorber sans que son integrity soit oompromise et les regimes preferentiels du Commonwealth et de la zone franc dont jusqu'a present s'acccwnodait le systeme, sont eux-mgmes mis en cause.

TantSt ils.se trouvent menaces par les nouveaux arrangements qui s'esquissent, et tant8t ils apparaissent eux-meWs opposer un obstacle aux progres de certaines autres idees- forces du monde contemporain, 1'idee de 1'unite africaine et celle d»un minimum de^ soli-

darite dans l'ensemble des pays sous-developp6s. ...

II n'y a rien d'etonnant a ce que l'ittitude des pays africains en £ace de ces ev^- nements ne soit pas uniforme et saris nuances, ou mSme sans contradiction. ^int^rSt commun de 1'AXrique reside evidemment dans une "maximisation" de la demande europeenne et mondiale pour les produits du continent, et toute politique y conduisant doit noimale- ment.rallier l^unanimite des puissances africaines. Mais lftrsqu'il s'agit de se prorion-

cer sur ces arrangements institutionnels qui peuvent agir sur X'orientation et le. volume

des courants commerciaux, des probl^mes difficiles, parfois m^me douloureux, peuvent se poser. Certains pays sont actuellement tellement dependants pour leur progres, et m&ne pour leur survie, de. la protection qui leur est offerte dans le cadre d'un systeme doua- nier et monetaire pref^rentiel, quails ne pourraient qu»avec la plus grahde difficulte envisager d'y mettre brutalement un terme. Et cependant, un systeme qui introduirait un element de discrimination durable entre des pays voisins lies par tout un reseau d'in- tergts semblables, et par des aspirations communes, ne'peut gtre une solution veritablement

rationnelle.

Si dilemme il y a, il ne peut sans doute se resoudre que dans une conception dyna- mique et evolutive, oil le probleme devrait gtrepense en tennes d^etapes successives dont le rythme et le parcours seraient definis a lTavance, ot toute fflesure aUant a l*en- contre de la solidarite africaine serait envisagee explicitement cbmme une mesure transi- toire, destinee a attenuer les difficultes d'unpassage trop rapide et trap brutal a un

regime plus rationnel et satisfaisanto ' ■; . ; ■

(13)

E/CN.14/SR.56-8t5(lV) page 7

trop vioXentes de cours, par des .esures de stabilisation ou des

^ensation^.ture, da. ies „. industries, - "^"^

certains produits ^actures. *n, !a poursuite de oes o.

que las inters des pays sous-developpes seront finalement ..eux sen.s, xl ^

r euxune v,ritable soUdarit, , X.cUeXon .ondiaX, pXutBt qUe.,iXS Cerent^

1M, cu en groupeS.rest^ts, , s-ass^e, des avantages special, pa, voxe de

crimination tarifaire. ■ O«^-Q Pt d'ou

. XX y , done interet a ce que Xe debat qui va oo-p~ las proohaxnes ann.«, et clou

naitra un nouvaau s7St,me des ,cnanges internatio^, sa d,rouXe ^ _^ ^ f™

XargepossibXe. -11 serait .aoha,, qu-a long tenne Xes syStemes destxnes

L tlions to.«» des .ati,res p.^es o. a .d^e las obstacXes^anx«ou fisoaux, Se decent saXon des ^ules ,ui divise.aient dea ™ ™J

sont .p^ant natureXle^t soXid^as. De *., plus Xarge Sara !..«^l.

sanoas.indust^ellas pr.tas a p^ouvoir une- politi.ua de raconve.sxon et de ^

mentdeS factaurs de production pour acoo—r de nouveaU* partenaxres co^ercxaux, PXUS Xe cout des ajuste^ents et das sacrifices axigas de chacun.era raduxt

dusectaur da X-exportation doit contxnuar d to. ^ -

si I^olution dus t

d^te^nant de Xa croi.sance .con^ue en A^ue, une i.portance capxtaX

au ..d.ploie.e.t emcace" des revenus e^arieurs. Pour des payS ™™^^H

dants il est r.cessaire da sou.attr, a LanaX.se Xa pXus rigoureuse Xe schema de Xeur

n;Ce d,i.POrtation, t.t «.^ ooncerna 3. nature des biens que Xaur^an

Par centre, ilpou,rait y avoir dans la p^tuation da certaxns regies P x i d v,ir des liens traditional, cristallisar Xe schema du coerce

^orabXe a un d.vaXopp^ent ac.X^ et e^Xxbre

(14)

page 8 (IV)

la cooperation ^gioaale ne peat revSt^ ^out lea m%es toes ni assumer le mSme r8le. Dans le contexts des economies hautement developpees d.Europe et d-Wxque du nord, la politique de descent douanier se revele remarquailement efficace, en developpa^t les conditions d-une concurrence salutaire et d-une expansion rapide des xnvestissements. Dans le cadre des economies sous-developpees, le development des echanges region^ offro des perspectives moins poises et le ^gionalisme ne devrait poxnt necessairement prendre pour modele ce qui s'est.fait ailleurs. lea relations entre pays voisins d-Afrique ne represented la plupart du temps qu'une i^i.e portion de leurs actxvxtes totales. On ne peut, par consequent, s'attendre a ce qu'une action destinee a les faciliter produise i.mediate.nent les ettet* dynamiques que l-on a pu con.tater en Europe lors de la *ise en oeuvre du Traite de Rome. Au surplus, la creation d^un marche unxfae en Afrique est conditionnee. moins directed par 1, solution de problems institu- txonnels que par le developpement des moyens de transport, Louverture de nouvelles TOies de communication et la realisation de certains investissements de base. •■

Au stade actuel, le regionalisme africain devrait avant tout consister a penser en ccnmun, plutSt qu-individuellement, certains problemes. Cest a la mise en oeuvre ration- nelle des ressources naturelles en vue de 1-exportation quril faudrait tout d^abord son-

ger, ce secteur represents la meilleure chance 'de progres economique rapide. Dans cer-

taxns cas, le developpement des ressources ndnieres a ete suivi d'une diversification assez rapxde. Cependant, Lexploitation rationnelle des ressources naturelles ne-se plie pas toujours aisement aux contraxntes des frontieres politiques, ni m&ne aux Unites geogra- Phxques de groupments regionaux ou sous-regionaux con5us pour des motifs Strangers a 1'economie. Qm plus est, le schema geographique rationnel varie sensiblement selon le genre de ressources. Aussx, la question du cadre et des organes de la cooperation econo- mique devrait e"tr, abordee en toute franchise et selon des criteres objectifs. II 7 a des travaux prelininaires qui peuvent s-accommoder des formules institutxonnelles existantes- naxs lorsque 1-on parvxent au stade de 1-exploration et de 1'exploitation systematizes,

xl faudraxt songer a des "associations d'intergts linites" qui mettraient en .oeuvre,

entre pays voisins, l'action conoertee indispensable.

(15)

page 10

Cette session est Marquee, pour tous les participants presents, par le regret que le Secretaire executif ait demande a gtrereleve d'une charge tres diffioile dont il s'est acquitte avec une distinction remarquable. Tenter publiquement son • eloge, serait manquer ace code d'effacement volontaire qu'il a si bien incarne'et qui seul peut assurer la pleine efficacite de la fonction Internationale. II doit savoir qu'il a fait oeuvre creatrice et oeuvre originale, ce qui est la plus grande

recompense qu*il puisse attendre.

M.- Robert Gardiner, le nouveau Secretaire executif, est bien connu de tous et eminement digne de succeder'a Mekki Abbas. Le probleme de succession a done pu §tre resolu sans crise et sans interregne. II convient de remercier a la fois le Soudan et le Ghana. Que l'Afrique ait pu, en si peu de temps, fournir successivement deux hommes si bien adaptes a des fonctions complexes et delicates, voila qui illustre . la richesse humaine de ce continent, et qui renforce et justifie la confiance dans

son avenir*

DECLARATION DU SECRETAIRE EXECUTIF

Le SECRETAIRE EXEGUTIF exprime les remerciements du secretariat a Sa Majeste

Imperiale, de meme qu'au Gouvernement et au peuple d'Ethiopie pour leur aide constante, pour leurs encouragements et pour I'lnterSt qu'ils portent aux travaux de la Commission;

11 souhaite la bienvenue aux representants et a tous,. ceux qui assistent a la. session.

En toute deference, il renouvelle l'expression de la profonde sympathie du secretariat a Sa Majeste" Imperiale, a la famille royale et au peuple ethiopien. dans le deuil qui

les frappe.

En 1960, la structure politique du.continent africain a subi des modifications.

profondes et, tant que chaque pays ne sera pas represente en qualite de membre.de plein droit, l'oeuvre de la Commission ne pourra §tre complete, pas plus que sa con tribution au developpement economique et social de lTAfrique ne pourra s'integrer dans un ensemble harmonieux. Outre les efforts que tous les gouvernements deploient pour developper leur eppnomie, il iaut surtout une action concertee visant a resoudre les problBmes multiples et urgents que_posent Vindustrialisation, le commerce intra- _ africain et le progres social de l'Afrique. la coordination et la cooperation a 1^- chelon aous-regional et m&ne regional seront peut-^tre dans bien des cas la seule.

maniere de surmonter les difficultes auxquelles donnent lieu la production et la

(16)

E/CN.14/SR. 56-80 (IV) page 11

afrioains. II eat evident que le probleme

, „ ,,- .r.^A-r. Mwirisible est a faire face dans un

• ^ t rr £

est p

developpement economique et social, i

Tous leS Me^es aes Nations Un.es, -^ ^ ^ J^ de ^ ^ le monde entier,

voie de developpement, se preocoupent de relever ^

^ ' ^estent ^3 P^- d Atr^d-

afin de reduire les tensions ^ ,'T ^estent ^ de Letat d-esprit actuel a 1-egard du problem du developpe.ent et txrer

parti des possibility offertes.

eat la decision prise p^r , . ■, Q rptte decision signifie que les

et sociales et de renforcer les cessions regionales. Cetto P*. ^

Cette decision i.posera de nouvelles respons.bilit.s , la Co^ass.on e aocr.s. XI appartient done , la Co^ss.on d

personnel et des ,^S aocr.s. XI appartient done ^^

. quel sens elle .tendra le « de ses activity „ suite a cette decentralxsat.on

1/ 1710 (XVI), 19 decembre 1961

(17)

E/CN. 14/ Sit. 56-86 (IV)'

page 12

La creation envisages de bureaux sous-regionaux de la CKA oontribuera a cette tSohe- en transferant certaines fonctions a l'echelon sous-regional. Certes, il est impos sible' de oreer du jour au lendemain tous les bureaux sous-regionaux, mais les pouvoirs

necessaires peuvent gtre accordes en vue des travaux preparatoires.

II exprine le ferme espoir que les debats de la presente session feront progresser les travaux de la Commission et qu'ils permettront. au secretariat de s'attaquer, de facon concrete et en profondeur, a certains des problsmes les plus urgents du develop-

pement economique et social de l'Afrique.

II se declare tres honors de 1•allusion faite, dans le message de Sa Majeste . Imperiale, a ses modestes etats de service aUpres de la Comission au cours de ses trois premieres annees d'existence.. Cert avec le plus profond regret que, pour des raisons personnelles, il a du se demettre de ses fonctions. II demande au President de vouloir bien, en son nom et en celui de M. Robert Gardiner, transmettre a Sa Majeste Imperiale 1-expression de leur gratitude pour l'honneur qui lour a ete fait.

Le PRESIDENT PROVISOS remercie tous las representants de la sympathie qu-Us ont manifestee a l'egard de son pays, sympathe a laqueUe Sa Majeste Imperiale ainsi que la nation tout entiere, qui seront informes des genereux sentiments de la Commission,

seront profondement sensibles.

II remercie egalement le Sous-Secretaire aux affaires economiques et sociales des Nations Unies du message encourageant qu'il a adresse a la quatrieme session de la CEA et de la sympathie qu'il a manifestee al'occasion du deces de Sa Majoste Itegue Menen, Imperatrice d'Ethiopie. II a ete tres sensible aux paroles aimables du Secretaire executif sortant, auquel il souhaiie de reussir pleinement dans son activite future.

Enfin, il exprime l'espoir que les travaux de la presonte session seront a la hauteur de ce qu'on attendant les ailUons d'.,fricains qui y sont represents.

La seance est lev^e a 16h35

(18)

E/CN.14/SR.56-8D(IV)

page 13

CINQUANTE-SEPTIEME SEANCE Mardi 20 fevrier 1962 a 10 h.10

President provisoire : M. MAKONNEN (Ethiopie) President : M. O.B. DIARRA (Mali)

ELECTION DU BUREAU (Point 2 de l'ordre du jour provisoire)

Le PRESIDENT PROVISOIRE invite les membres de la Commission a proposer des candidatures aux fonctions de President et de Vice-President.

Mile IMRU (Ethiopie) propose d'elire President M. Diarra (Mali), premier Vice-

president M. Ramangasoavina (Madagascar) et deuxieme Vice-President M. Ahmed (Soudan).

M. APITHY (Dahomey) appuie la candidature de M. Diarra aux fonctions de President, non seulement parce que le repr6sentant du Mali reunit les qualites que ces fonctions exigent, mais aussi parce que son election symbolisera la volonte d'unite de I'Afrique et le triomphe de ses efforts dhinite, auxquels la delegation du Mali n>a cesse de

cooperer, sur les velleites de partage du continent en blocs. M. Apithy demande a la Commission d»elire les trois candidats proposes par la representante d'Ethiopie.

M. Diarra (Mali), M. Ramangasoavina (Madagascar^) et M. Ahmed (Soudan) sont respec^

tivement elus President, premier Vicc-President et deuxieme Vice-President par acclamation, Le PRESIDENT PROVISOIRS fe"licite les membres du nouveau bureau et leur offre ses voeux de reussite dans la mission qui leur est devolue. Au nom de sa delegation, il remercie la ConEnission d'avoir confie par deux fois la Presidence a 1'Ethiopie. II

remercie enfin le Secretaire executif et le secretariat de leur concours.

M. Diarra (Mali) prend la Presidence.

Le PRESIDENT remercie la Commission de l'honneur qu'elle vient de faire a son pays

et a lui-mSme : cette unanimite autour du Mali est une victoire de lUfrique. II exprime a S.M, l'Empereur, dont le message a la Commission est un acte de foi dans les destinees de l'Afrique et un appel a 1'unite du continent, sa douloureuse sympathie dans le deuil qui frappe 1'Ethiopie. Le devouement de S.M. Haile Selassie ler a la cause de l'Afrique

sera certainement une source d'inspiration pour toutes les delegations.

(19)

page 14

L^Afrique a besoin de paix, elle a besoin d'ameliorer le sort de ses populations et elle entend etre maltresse de son destin. Elle a franchi un grand pas lorsque tant de ses pays sent devenus independants. Toutefbis, si quelques-unes des ancieruies

puissances metropolitans ont fait preuve du sens de. 1'histoire et se sont ainsi acquis des amities solides, d'autres, en retard sur les evenements, supportent encore le fardeau de guerres coloniales vouees a l'echec. L'Afrique les adjure de mettre fin a leur

domination, C'est seulement quand tous les pays afrxcains seront majeurs que la Commission econcmique pour 1>Afrique pourra s'acquitter pleinement de sa mission qui est de faciliter 1'action concertee en vue du developpement economique et de renforcer les relations des

Etats africains 'entre eux et avec le reste du monde.

L'ordre du jour temoigne de la volonto do progres qui anime les pays africains,

qu'il s'agisGe de la creation d'une banque de developpement, de la commercialisation des ( produits de ba^e ou de IWerture de bureaux sous-regionauxn Le President a la certitude que tous ces problemes seront abordes et resolus dans un esprit constructif et dans

1'interSt des populations. II fait appel aux membres de la Commission pour que l'Afrique donne -la preuve de son objectivity et pour qu'ils travaillent tous a une cause unique,

..celle de l^frique tout entiereo -

■ Au nom de la GQEmissica,.le Fresident remercie le Secretaire executif sortant et forme des voeux pour la reunite de son successeur. II rend hommage au President sortant pour les eminentes qualites que celui-ci a manifestoes dans l'exercice de ses fonctions.

II, RAMNCASOAVINA (Madagascar) et M, AHMED (Soudan) remercient les membres de la

MESSAGES ESCUS A L'OCCASION DE L'OUVERTURE DE LA QUATRIEME SESSION ; „, Le SECRETAIRE EZECUTIF donne lecture de deux telegrammes adresses au President, 1'un par Mo N'K:^ah, President du Ghana, l'autre par M. Khrouchtchev, President du

Conseil des Ministres de 1!URSS.

ADOPTION'DE HORDRS DU JOUR (Point 3 de l'ordre du jour provisoire)

H. AHMED (Soudan) propose que la Commission, en execution du paragraphs 10 de son mandat, invite la Suisse a participer a sec trivaux en qualite d'observateur et modifie

son ordre du jour en consequencee

(20)

E/CN.14/' SR.56-80 (IV) page 15

Le SECRETAIRE KECUTIF rappelle la procedure sulvie a la deuxieme session pour

inv<ter la Republique federale d'Allemagne.

M. APITHY (Dahomey) appuie la proposition fonnulee par le representant du Soudan XI ^ observer cue lorsque la Suisse a demande I participer aux travaux de la Co^ssxon

eccno^que pour l^Afrique et de la Cohesion economy pour 1'Antique latine, le Corseil econondque et social, en decembre I96l, a ends un avis favorable.

H HORTON Liberia), M. MSSTIRI (Tunisia), H. YACE (CSte-d-Ivoire), M. MAYAKI (Niger), M. IAHDHSE (Nigeria) et M. MAKONNEN (Ethiopie) appuient la proposition du representant du

Soudan.

M HASSSN 0-toritanie), appuyant lui aussi la proposition du Soudan, propose

d.intorealeP, arros Halloa a) du point 4 de 1'ordre du Jour provisoire, un nouvel

alinoa b) ainri con3u invitation a la Suisse".

I en

M T.AEDNEa (Nigeria) voudrait proposer un remaniement de 1'ordre du jour. II ,:„.,;; un nrder ^eu, de changer de place la question de 1 - application des re^i«.'i 3; decentralisation des travaux econondques et sociaux de 1-ONU et au

oe^ent des co^i.cio.r, econemques regionales, et d>en faire le point 5 au Ixeu du J,+ 13 r.v ,^ -leu. on introduirait, apres le point 5, un nouveau point 6 pelatif CrUcn.'-* cu .fennel de la CEA. En troisi^ lieu, le point 6 de 1-ordre du Jour

l.,H-o^a -e-^'l c-, development econondque et social, serait scinde en deux partxes, Xe, qM^or, dec^cue, d^une part, lea questions sociales de 1-autre. On apporteraxt

en outre a Lcrd^nco des divers alineas du point 6 des modifications que le represen-

tant de la KIgeria presentera par ecrit.

A.,,, ,.., lo:,7 Change de vaes auquel prennent part M. APITHY (Dahomey),

M SIKHE CMiKA (Mnfie), M. HORTON (Liberia), M. aTTIGA (Libye), M. SAR (Senegal),

„ I.WAKA30AVINA (Madagascar), M. MYAKI (Niger), M. MESTIRI (Tunisie), H. YhCE (C6te-d'lvoi-e), M. MAEMDJEN (Ethiopie), M. HASSEN (Mauritanie), M. ADEN (Somalie),

Ml EL ™ (HcPubUCue arabe unie), M. DOUKKALI (Maroc) et M. MBaHIKD (Congo-Leopoldvxlle),

le PEESI^K, iai^ant le point des diverses propositions, propose a la Comassion

(21)

page 16

d'adopter un ordre du Jour revise, sous reserve des modifications au point 6 qui seront

proposees ulterieurement par le representant de la Nigeria.

II en est a in si ORGANISATION DES TRAVAUX.

MQ HOETGN (Liberia), aPPuye par M. EL BANNA (Republique arabe unie) et par M, SAR

(Senegal),.serait d'avis qu'au debut de la discussion, les delegations fassent une decla

ration dtordre general dans laquelle elles indiqueraient leur position sur tous les points qui lea interessent particulierement; cela supprimerait la necessity d'exposes portant eur chac-:n doe points de 1'ordre du jour et pennettrait de gagner du temps.

, Le PRESIDED dit cue la Ccaiaission reviendra a cette question lorsqu'elle abordera

Is roin-l", 5 e.e ecu oirire du Jour.

M, PKKOUA (Hepublique centrafricaine) regrette de devoir signaler que son Gouver- ne^rx n'a rogu Xc dociar^ts de la CEA que quelques jours a peine avant l»ouverture de lr. secDXc^. De ce fait, la delegation de la xiepublique centrafricaine ne sera pas en Tie^ara d^appci-:er aux dobato vxe contribution aussi constructive qu'elle l'aurait

scuhaito.

Le 5EGRETAIF3 Z.XTCUTIF expose les difficulty nombreuses qui retardent l»envoi de la doc^eiitatiion aai: i^t3 meir.bresn Ces dafficultes sont de deux ordres. Les premieres ti-nne^ k I'6.lc:..;.3me^ de_ certains Paysr a i: imperfection des communications postales,

Eo;;vent tuasi.a l--oi-£am:...at.icn interne des services nationaux : le secretariat ne peut en etre teru pon.r re^por-alCe. Lez seconder proviennent de la nature m§me du travail

- r^s.c-l::LO-, traci3tio:i et reproduction d'dtudes longuea et souvent delicates - qui est

im^ a m effoctif r^te.-ne=it iuauffisant et expli^ont que le delai de six semaines ne pau;^ £^e reboot,: dan^ 1 ouc les cas. Le se^retarici prend toutes les mesures possibles

pour remedicr a oeLte rituation : il soilicite le concoura des services de Geneve pour certainos traductions; 11 s'adresse'Pour d'autres a des maisons connnerciales; en outre, ' il t decxev: de ne plus organiser de reunions techniques dans les deux mois qui precedent 1'coverture dec oenrion? -muelle^ de la Commirsion. On peut done esperer que l'ameliora-*

i co uce ceito par rapport aux annees precedentes ira en s'accusant.

(22)

E/CN.14/sb.56-80{IV)

page 17

MEMBRES ET MEMBRES ASSOCIES DE LA COMMISSION

a) tp.ra,aii des nou^ix membres et mansion des Tnembres associes

Le PRESIDENT souhaite la bienvenue aux trois Etats afrioains, la Republique

islamique de Mauritanie, le Sierra Leone et le Tanganyika, qui, ayant accede a 1'inde- pendance depuis la derniere session, sont venus ooouper la place qui leur revient en

•tant que membres de plein droit de la Commission economique pour 1'Afrique. A cette occasion, 11 forme le voeu que dans un avenir tres prochain tons les pays d'Afrique, enfin libres et independants, soient reunis au sein de la Commiasion et oeuvrent

ensemble a 1'unite du continent africain.

M. HASSEN (Mauritanie) exprme la profonde gratitude de son pays pour tous ceux dont la solidarity agissante a permis a la Mauritanie d'acceder au rang des Etats libres et

souverains. La Republique islamique de Mauritanie attache une tres haute importance a son admission a la CEA, car elle salt que son independance ne sera reelle que lorsqu-elle aura realise un developpement economique et social hamonieux et trouve des solutions viables pour mettre en valeur son potentiel naturel et humain. A cSte de son economie traditionnelle, fondee sur l'elevage, la pSche et l'extraction du sel, la Mauritanie

attend beaucoup de ses ressources minieres et notament d'importants gisements de fer et de cuivre qui n'ont pas encore ete exploites. Pour la mise en valeur de ces richesses, la Mauritanie compte sur 1'assistance exterieure, tant bilaterale que multilaterale, mais

eUe place surtout ses espoirs dans la Comdssion, qui est une organisation essentiellement

africaine.

M. NAVO (Sierra Leone) presente a S.M. l'Empereur d'Ethiopie, ainsi qu'aux membres de Sa famille, au Gouvernement et au peuple de l'Ethiopie, les condolences du Gouvernement et du peuple du Sierra Leone a. 1'occasion de la perte cruelle qu'ils ont subie en la

personne de 1'Imperatrice.

Le Sierra Leone est heureux de pouvoir participer en tant que membre de plein droit aux deliberations de la Commission economique pour 1'Afrique, dont il a toujours suivi les travaux avec le plus vif interSt. La Commission a deja realise une oeuvre utile, mais il

reste beaucoup a faire et le succes de son action depend pour une large part de la mesure

(23)

E/CN.14/SR.56-8O(IV) page 9

On constate aujourd'hui en Afrique, a 1'echelon regional et sous-regional, une

oertaine proliferation do groupements a vocation generale. Ce mouvement est encourageant, car il est la manifestation d'une aspiration vers un minimum d'integration d'un content que 1-histoire a disloque et compartimente. II n'y a rien d'etonnant a ce que le desir de travailler en commun se developpe d'abord selon des donnees linguistics ou des

nuances ideologiques. Dans tout processus d'integration, 1'element humain doit, an stade initial, prendre le pas sur les exigences plus abstraites de 1'economie. Mais il n'est peut-gtre pas indispensable que de tels groupements s'efforcent de predeterminer 1'aotion econcmique cooperative la plus desirable ou la plus efficace. II pourrait en resulter

une reelle deperdition de ressources materielles ou humaines.

Un examen systematique de ce probleme conduira sans doute a reconnaitre qu'il n'y a pas de place pour un nombre illimite destitutions de cooperation "a vocation generale",

couvrant le vaste champ des activates economiques. II paralt important en particulier d'assurer, d'une maniere efficace, la fonction de financement du development. II faut aussi attirer l'attention sur les difficulty pratiques considerables que souUvent la mise en place et le fonctionnement d'organes intergouvernementaux sur le continent afri-

cain. Dans cette perspective, la formation ^'associations d'inter§ts limtes" entre un petit nombre de pays voisins, pour la nase en oeuvre des ressources naturelles, le deve- loppement des transports et la realisation d'autres investissements de base peut souvent offrir une solution plus efficace, et moins dispendieuse, qu'un effort pour modeler sys- tematiquement la cooperation economise, en fonction de groupements plus vastes qui trouvent leur origine dans des motifs d'un tout different ordre. la emission pourrait offrir a la fois la couverture et 1'armature necessaires a de telles associations et contribuer a mpbiUser les services administratifs et techniques necessaires a leur

£ onctionnement*

La Commission devrait etra un tostroment essentiel de l'action desRations Unies au service de 1-Afrique au cours de cette decennie du developpement. L'experience a montre que le travail collectif est plus que la somme des efforts individuels, qu'il

donne une intensity superieure et une nouvelle dimension a ces efforts. L'Afrique, commu- naute si diverse, liee par des traits toportants de son histoire et par la grandeur de ses aspirations doit, dans une action methodique pour le progres economique, tirer profit des methodes et des discipUnes contemporaines de cooperation qui cat fait leur preuve

ailleurs.

(24)

page18

dans laquelle les Etats africains seront prgts a appliquer deS politiques coordonnees

dans les domaines politique, economique et social.

Le Sierra Leone oroit en 1'unite essentielle de 1'Afrique et 11 s'Sieve centre

toutes les divisions arbitrages qui ont ete imposees dans le passe pour semer la confusion dans 1'esprit des Africains et'les empScher de collaborer dans 1'inter8t cenmun. Chaque Etat subit encore 11influence de son passe recent, maisle,moment est venu de aettre fin,

progressivement s'il y a lieu, aux diverses formes d-association politique et economique'

qui s'opposent a ^integration economique de liAfrique. II est temps d'organiser la

cooperation africaine dans tous les domaines : pour sa part', le Sierra Leone est'resolu a

ne pas menager ses efforts en ce sens.

L'unite de 1'Afrique doit se refleter non seulement dans la composition de la

Commission, mais aussi dans celle du secretariat. Les travaux de la Commission ne seront entierement couronnes de succes que lorsque tous les postes cles du secretariat seront

occupes par des Personnes qui connaissent le mieux les besoins et les aspirations^

1'Afrique, e'est-a-dire par des Africains.

Le Gouvernement du Sierra Leone-approuve d>une maniere generale les programmes de la Commission. Cependant, ces programmes n'en sont qu'a leur debut et il faudra un certain temps avant qu'ils puissent produire tous leurs effets, notamment dans le domaine de. la formation. Aussi convier.drait-il, entre-temps,, d'utiliserau maximum les services et les ressources du Siege de 1'Organisation des Nations Unies, notamment pour les questions de formation, de commerce, de statistiques du revenu national, etc. Cela permettrait de relier directement leo recherches extrgmement utiles effectuees a New York avec les

travaux du m§me ordre accompl.is' par les Etats'membres eux-m&ies. II ne s'agit pas'la d'une methode r.ouvelle : d'autres organisations Internationales comme le GATT, 1>UNESCO et l'OIT y ont recours et il y aurait certainement interSt a la generaliser.

M. BOMANI (Tanganyika) presents les condoleances du Gouvernement et du peuple du Tanganyika au Souverain, au Gouvernement et au peuple de l'Ethiopie.

Dernler-nS parmi les Etats .africains, ce n'est pas sans humilite que le Tanganyika

vient occuper. son siege a la table de la Commission. Eien ne peut mieux illustrer 1'esprit

(25)

E/CN.14/SB.56-8O(IV) page 19

qui lla^e que la devise' qu-il a inscrite a son pavilion national = »Uberte;et u

C-est dans cet esprit quUl espere participer a la grande tSche de la Co^ssion

disparage a tout' j-ais du continent' africain 1-ignorance, la pauvrete et la maladxe.

Le Tanganyika forme des voeux pour que tous les pays africains qui ne sent pas encore independants le deviennent bientSt etsoient represents a la Commission.

' Enfin il tient a exprimer sa reconnaissance au Royaume-Uni qui l'a guide dans sa ..arche vers 1-independance et il espere que les autres puissances Metropolitans sauront temoigner de la meme comprehension et feront en sorte que 1-Afrique soit, dans, peu de temps, un continent entierement libre, politiquement et economiquement. .

M. EL BANNA (Republique arabe unie) souhaite la bienvenue aux nouveaux membres et exprime 1-espoir que les pays africains qui sont actueUement engages dans la lutte centre 1-ionperialisme accederont bientSt a 1-independance et deviendront membres de la Commission. II souhaite tout particulierement que 1-Algerie, 1-Angola et le Mozambique

Oouissent bientSt de Impendence politique et economique. II constate avec regret que certains pays africains ne sont pas encore represents a la Commission, ne fftt-ce que

come observateurs, malgre la resolution adoptee a ce sujet.

M. SIHKE CAMARA (Guinea) felicite les trois pays freres de leur admission, au sein de la Commission. II se permet de signaler aux nouveaux membres que 1-independance poU- tique est peude chose si elle ,«>est consacree; par 1'independance economique. D-aUtre part leur nouveau statut. donne a ces pays de nouvelles responsabilites, notonmb ceUe d-apporter leur concours a la solution des problemes qui interessent le continent africain tout entier. Enfin, il emet le voeu que tous les pays africains soient bientSt membres de la Commission, car.ee n-est qu-ace moment-la que 1-Afrique pourra contribuer eff1Oa-

cement a la civilisation universelle.

. M. MESTIRI (Tunisie), en souhaitant la bienvenue aux nouveaux membres, exprime 1-espoir de voir bientSt tous les autres pays africains apporter leur contribution 4 l.oeuvre immense entreprise par la Commission. II pense particulierement a un pays qui

occupe une place de choix dans 1-economie africaine : 1-Algerie. II espere egalement que

1-Angola et le Mozambique participeront bientSt au developpement economique du continent

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E/CN.14/ SB.56-80(IV)

page 20

. africain. II faut que tous les Etats africains.soient Etats "a part entiere", qu.'il n>y ait plus des peuples qui donnent et des peuples qui demandent;, mais que 1'ensemble des . nations constitue une association, fondee Eur 1'egalite, qui travaille au bien-gtre de

I'humanite.

M. MAKONNEN (Ethiopie) s'associe aux paroles de bienvenue prononcees par les

orateurs precedents et exprime egalement l«espoir de voir tous les autres pays africains qui n'ont pas encore accede 4 I'independance occuper la place qui leur revient au sein de la Commission, des sa prochaine session, II se reserve de reprendre la parole lorsque le Secretaire executif presentera son rapport sur les mesures prises en application de

la resolution 2k (ill) de la CEA, ' ' '■-.■■.■

Sir Alan DUDLEY (Royaume-Uni) desire s'associer aux paroles de bienvenue adressees aux trois nouveaux membres, d»autanb plus que deux d'entre eux etaient'des membres associes qui avaient ete presentee a la Commission par son pays. II tient a remercier le representant du Tanganyika des aimables paroles qu'il a eues a l'egard du Royaume-Uni.

II espere que les autres territoires africains dont son pays assure encore 1'administration prendront bientSt place au sein de la Commission. En effet, comme le representant du

Tangarvvika a bien voulu le reconnaJtre, le peuPle britannique a le sens de 1'histoire.

A ce proposy il signale que les minictres du Kenya sont actuelleitient reunis a Londres pour examiner la quection de landependance de ce pays; c>est Pourquoi^il riiest pas reprdsenW 4 la presente session.,1 Uzi representant africain de l'Ouganda - pays qui va bientSt accede-r a landeperidance ■- doit arriver incessamment,, II tient egalement A

souhadter la 'bienverms a la Mauritanie;o . ■

Mo HASSEN (Kauritanie) reraercie tous les membres de la Commission de leur accueil chaleureux et tienb a assurer le representant de'la Guinee qu'il prend b'onne note des sages conseils qu'il a bien vouln dormer aux nouveaux membres. II ajoute que son pays souhaite vivement que les grcupes -rui divisent 1'Afrique disparaissent et que 1'unite de

ce continent se realise le plus-tot'possible. . , ■

M. SYLLA (Mali) s'asoocie de tout coeur aux paroles de'bienvenue adressees aux '

Etats freres nouvellemen^ adnds 4 la Commission, II emet le voeu de voir tous les pays

africains participer aux travaux de la cinquieme session de la Commission. II est

(27)

E/CN.14/SR.56^8O(IV) page 21

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des plus jeunes membres de la

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auront accede a l-independance; «. Otx eSp

la bienvenue aux

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si6gent pour la pre^.re fois a la

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de x ,ind,pendanCe & coule

travers

(28)

E/CN.14/ SRB 56-80 (IV)

page 22

qui luttent. encore pour leur liberte. M. Sow est convaincu que, malgre les difficultes actuelles et grEce a la comprehension des peuples, l'Afrique sera bientot en mesure de

resoudre elle-m§me ses propres problemes.

M. HORTON (Liberia) se rejouit de 1'admission de trois nouveaux membres au sein de la Commission. Le Liberia a maintes fois exprime ses vues sur la question de-la coloni sation et il ne peut qu'encourager tous les pays qui recherchent l'inde>ndance et Xa =

liberte. .

Le PRESIDENT, Stant donne l'heure avancee, demande aux orateurs qui n'ont pas encore pris la parole de ne. pas insister pour le faire ; les nouveaux membres connaissent leurs sentiments et ne donneront aucune interpretation malveillante a leur silence.

II se-permet de dire aux representants des pays europeens que l'unite de l'Afrique est une realite et qu'aucun Etat africain n'appuiera un pays europeen qui voudra

conserver une partie de ce continent. L'Afrique ne nourrit. aucune haine, aucune hargne, ni aucun ressentiment a l'egard de 1'Europe, mais il lui est impossible de reeter neutre quand la paix du monde et la liberte des gtres humains sont en jeu. Les peuplee'africains desirent la paix et la liberte; Us feront tout en leur pouvoir pour occuper dans -le

monde la place qui leur revient0 . . . •

M. FLORE^ESTRADA. (Espagne). parlant sur l'invitation du President, associe sa

delegation a celles qui ont adresse leurs.felicitations aux trois nouveaux Etats membres.

La seance est levee a 13 h.^ft.

(29)

VCN.14/SR.56-8O(IV)

page 23 CINQUANTE-HUITIEME SEANCE

Mardi 20 fdvrier 1962, a 15 h. 30

-president : M. OUMAR DIARRA (Mali)

MEMBRES ET MEMBRES ASSOCIES BE U. COMMISSION (point 4 de 1'ordre du jour) (suite)

-. s«.—

du jour) (S/CN. 14/140)

Le SECRETAIRE EXECUTIF, presentant ce point de l'ordre du jour, declare .qu'une

note a etc lessee a tous lea pays responsables des relations intcrnationales des ter- - ritoires non autonomes pour appeler leur attention sur la resolution, 24 (ill) qui exprime

la volonte; de la Commission de voir ces pays represents en qualite de Membres assocxes, par des Africains, a la presente session. Au moment de la redaction de son rapport, la Belgique dtait le seul Etat a avoir envoye une reponse. Depuis lors, il a recu une lottro emanant du Gouvernement du Royaume-Uni dans laquelle celui-ci declare que les territoiros non autonomes qu'il represente possedent leur propre gouvernement, et que lo Gouverne ment de Sa Majeste ne desire pas intervenir dans une question ou les governments afri

cains sont libres de leurs decisions.

M. DEFAIE (Ethiopie) ne desire pas introduire des questions politiques, dana.les- deliberations de la Commission. II n'en reste pas moins que politique et economie,sont parfois inseparables. Taut que la Commission ne sera pas vraiment africaine, elle np, pourra pas remplir lo role qu'on lui a confie. Etant donne que le Portugal, l'Espagne, la France et l'Afrique du Sud n'ont pas encere envoy* de rdponse, le rapport du Secretaire executif est loin d'etre encourageant. L'Ethiopie dtant 1'un des.membres dirigeants du Mouvement pan-africain de l'Afrique oriental©, centrale et meridionale, et 4tant l!hSte

de ce Mouvement, elle ne peut pas reconnaitre la Federation de Rhodosio.et Nyassaland telle qu'elle est actuellement constitute, avec sa politique de discrimination flagrante et d'asservissement. Sa delegation reserve done sa position a l'ugard de la repr^senta-

tion de cette Federation a la Commission.

M. KHATTARI (Mauritanie) rappelle que son Gouvernement n1a jamais hesite, lorsqu'il s'est agi de choisir entre le colouialisme et 1'independance. Ce qui importe, e'est d'acc^der a 1'independence et il est impensable qu'un seul territoire africain n'existe qu'en.tant qu'extension d'un pays europeen qui legifere pour lui. II espere que la reso

lution 24 (III) sera integralement appliquee dans un proche avenir.

(30)

E/CN.14/SR,56-80 (IV)

page 24

M. MENSAH (Ghana) appuie la declaration du representant de 1'Ethiopia et regrette que 1'impdrialisme et le colonialisme aient empeche le cercle de la faille africaine d' etre represents au complet a la CEA. II pense aux nombreux Africains qui combattent

encore pour la liberte en Algerie et en Angola, aux victimes de 1'^arih^M et de 1'oppression raciale en Afrique du Sud et du Sud-Ouest, et a tous ceux qui, par un simple accident de 1'histoire, se voient empeches de participer aux travaux de la Com mission. Sa delegation s'inquiete de voir des puissances coloniales, telles que le Portugal et 1'Espagne, revendiquer le droit de parler au nem de millions d'Africains dont ils n'ont pas, en realitc, le bien-etre a coeur. II .n'est pas juste que des puis sances coloniales opposees au principe de la decolonisation puissent siuger comme membres de la Commission. Sa delegation propose de prendre des mesures en temps oppcr- tun pour qu'elles cessent de sieger a la Commission ou que, tout au moins, olles

n1 aient plus la qualite de membres de plein droit.

M. LARDNER (Nigeria) considere que c'est une fiction juridique que de pretendre que tel ou tel territoire d'Afrique est partie integrate du territoire de certaines puissances metropoUtaines. II met en garde contre le danger de penetration dconomique de la part de pays extdrieurs a 1'Afrique, qui est tout aussi redoutable que les pra tiques ddliberees de haine et de cruaute existant en Angola et ailleurs. Les puissances metropolitaines ne doivent plus etre autorisees a faSonner des pays africains a leur image et doivent renoncer a une domination qu'elles se sont axroge par la force des armes et par d'autres moyens. Si ces puissances refusent d'entendre 1'appel a 1'africa- msation que lance la Commission, les Africains se verront contracts d'adopter des methodes qui ne contribueront pas a 1'etablissement de relations paoifiques. Les peuples africains sont les fermes defenseurs de la paix et des relations anucalos, mais on ne peut les obliger a accepter indefiniment la situation existante. Ils doivent pouvoir

faconner leur vie selon la structure qui leur est propre, les puissances metropolitaines

ayantpour role de favoriser 1'esprit de collaboration et d'amitie.

M. SILU (Mali) signale que le Mandat aotuel de la Commission oontient des disposi

tions sur la participation, comme Membres de la Commission, des Etats metropolitans'

responsables des relations Internationales des territoirfcs africains qui n'ont pas encore

accede- a 1' independence. II est impossible d'aboutir a une solution tant que ces dispo

sitions n'auront pas ete sendees, et sa delegation propose de soumettre un projet de

(31)

E/CN.14/

page 25

- + h la nature de la Commission, en

destine a modifier le Mandat, conformant a

i -ic-Q+.-inn africaine.

a l'e

tant qu' organisation africaxne.

et des peuples afrxcaxns dans

M.

dans certain pays afrxoaxns a e« determmee p blfeme c0<me <taat percussions dconoM^ues. On serait mal fond, a oonsxderer

aes

lusivement d'ordre pclitiaue

exc

- ■—•

certains gouvernements n ont pas repona V^ara de la Commission.

au.U y a la un —e flagrant de courtoisie .le.entaxre a 1 egard

(32)

E/CN.14/SR. 56-80 (IV)

page 26

Sir Alan WDU2I (Royaume-Uni) confirme V explication ddja donnee par le Secretaire exiScutif au sujet des mesures au'a prises son Gouvernement pour se conformer a la reso lution 24 (III). Les territoires d'Afrique dont lea relations international., dependent

encore du Royaume-Uni sont membres associes depuis la premiere session. II leur est loisible de prendre toute decision sur leur representation a la session, d'apres les cirConstances et les besoins qui leur sont propres.

M. BEN JiMER (Libye) dit qu'il avait suppose' que toutes les r^ponses figureraient dans le rapport. Ses observations conserved leur validity eh ce qui concerne les pays

qui a1 ant'pas encore re'pondu.

Le PRESIDENT invite instalment tous les repr^sentants a aborder de front ce pro blems, dont It importance est vitale pour 1'Afrique tout entiere et a presenter des

suggestions constructives pour le resoudre.

M. MENSAH (Ghana) r^pete que sa delegation prendra des mesures en temps opportun pour faire exclure de la Commission les puissances mdtropolitaines qui administrent

encore des territoires non autonomes en Afrique.

M. RAUIDOVI (Madagascar) doute qu'il Soit sage d'adopter, dans les circonstances actuelles, les mesures extremes proposes par le represents du Ghana. Bien evidemment, le voeu unanime est que tous les pays d'Afrique soient libres; toutefois, meme dans 1'independance, la^cooperation economique avec les puissances occidentals restera une n^cessit^. M. Ralaidovy propose qu«* titre de mesure interimaire, on soumette une fois encore la resolution 24 (III) a Inattention des pays qui administrent des territoires non autonomes, en les invitant a se conformer a ses dispositions avant la fin de 1'ann^e en cours. Pour ce qui est de la presente session, il conviendrait de reconnaltre. aux repr^sentants de ces territoires le statut accordd par la CEAEO dans des cas analogues.

M. EL BAMA (Republique arabe unie) fait observer que la cooperation economique, Sexploitation economique et le colonialisme ne sont pas synonymes. L'Afrique acceptera volontiers la cooperation economique avec des puissances etrangeres, mais elle ne veut pas etre dconomiquement exploited par'elles. Cette question est indubitablement du

ressort de la Commission. M. El Banna apprecie vivement 1«attitude dynamique du President

- car la passivite ^conomique a cHe cause de bien des souffrances en Afrique. La Commis

sion ne doit pas se contenter d'attendre dans 1'espoir que les puissances qui administrent

des territoires non autonomes voudront bien se conformer a la resolution : M. El Banna

(33)

E/CN.14/SR.56-8O(IV) page 27

ferment 1,« represented du Mali et du Gha.a qui ont de^de 4ue la Conxion

adopte une nouvelle resolution.

M MESTIRI (Tunisie) signale que le probleme qui se pose a la Commission presente deux aspects. II a'agit en premier lieu de V attitude des Etats membres a 1'ogard d'une resolution de 1'Assemble generale : sur ce point, la Commission n' a pas competence.

II s'agit en second lieu des termes du mandat de la Commission, qui prfvoient la parti cipation des puissances' administrates. II importe que la Commission deiiaisse nette^

ment sa position, car des problemes juridiques et politiques sont en cause. M. Mestiri doute qu'elle soit habilit^e a adopter une resolution entierement nouvelle.

II suggere done de constituer un sous-comite compose des representants de cinq

delegations, qui serait charge de rddiger un projet de resolution, de proposer une

modification du mandat qui permettrait a la Commission d1agir en cette matiere et de

proposer des mesures a 1'egard des puissances administrantes.

M. AITKINS (Sierra Leone) dit qu'il slest abstenu jusqu^a maintenant d1intervenir parce que d'autres repr^sentants ont d^ja exprim^ ce qu1il pensait lui-meme. Cependant, il croit de son devoir de manifester son apprehension en presence de la ddsinvolture avec laquelle on a traite" la Commission et son secretariat. Etant nouveau membre de la Commission, il a voulu, avant de prendre la parole, savoir ce qu1avaient a dire ses

collegues plus experiments et il appuie fermement les reprdsentants du Ghana et de^la Libye.-Il aimerait toutefois avoir la certitude qu'une nouvelle resolution ne connaltra

pas le meme sort que la precedente.

M. 20GHNI (Libye) demande si la Commission discute actuellement la resolu

tion 24 (III) ou la question de savoir s'il est souhaitable ou non que les pays racHro-

politains continuent a participer a. ses travaux.

; . Le PRESIDENT rePond que la Commission discute en ce moment l'alinea c) du point 4 de M'-ordre du jour, qui a trait au rapport du Secretaire exe'eutif sur les mesures prises en application.de la resolution 24 (III). Chaque reprcsentant peut interpreter ce point a sa maniere et a le droit de traiter concurremment d'autres problemes s'il estime qu'ils sont lies. La Commission, organe souverain, se prononcera sur ce qu'elle estimera juste.

Le representant du Ghana a propose que I1on r^dige une nouvelle resolution et le repre

sentant de Madagascar a propose que l'on reitere la resolution 24 (III).

(34)

page 23

M. ^XBOTr (Madagascar) pense que 1 ■ on pourrait employer a la fois ces deux

solutions, dont l'tme en tent que mesure provisoire.

M BSPAIE tethiopie) appuie la suggestion du represents de la Tunisia. M^e si U statut des puissances administrates au sein de la CWssion n'est pas etranger a

la questxon, on diocut8; strictement parlant> ^ ^^.^ ^ (m) ^ ^

d°nnt' SUit6' SUJ8t ^ P-'—pation et de m,

-n ™ —• -—-—

renvoyer a un sous-comity conme on l'a propose

M »MW) propose darner la discussion .us.u'a ce ,ue le sous-co.ite'

acnevo ses tra, Sous reserve qu'il faSse rapport au cours de la pr.sente session

du

Td T' * tre

execute se fondant Sur les instructions de 1-Assen.blee g^rale n-a pas

nouvelle '

au

estime

d.cxgnor le, rce.bres et definir le mandat du Sous-Comite.

::: rce sont ies repr—ts - de la mesure qui yient d'etre decide'e.

les

^ Sous-Comite reflHe

^it,our au cours du d.bat et propose qu-il

propose de

. ,0™ (Maroc) fait observer ,ue le repr.sentant du Onana n-a pas Somis de

«. MBKSiH (Ghana) propose d'ajouter la Libye et le Liberia.

(35)

E/CN.14/3R.56-8O(IV) page 29

M. SAR (Senegal) propose que la decision soit renvoyde au lendemain afin d1eviter

une suspension de seance.

M. RALAIDGVT (Madagascar) appuie cette proposition ei retire sa demande de sus

pension de seance.

Le PRESIDENT donne lecture de la liste provisoire des raembres du sous-coraite : Tunisie, Ghana, Madagascar, Guint'e, Ethiopie, Libye et Liberia.

La suite de lfl. discussion est renvovee a. la seance suivante.

n fl* un Comite de re~da<vfr,ion charge" de preparer le rapport

Le PRESIDENT rappelle que le Comite de redaction constitue1 a la troisieme session etait compose des representants des pays suivants t Dahomey, Ethiopie, Gabon, Ghana, Liberia, Libye, Madagascar, Mali, Tanganyika. Pour la presente session, il propose les pays suivants : Congo (Leopoldville), Ethiopie, Ghana, Guin^e, Maroc, Nigeria,

Republique arabe unie, Senegal, Soudan, Tanganyika.

Les representants de 1'Ethiopie et du Ghana se de'sistent en faveur de l'Ouganda et do la Cote-d'Ivoire, qui n'etaient pas membres du precedent Comite" de redaction. Le

representant du Tanganyika se desiste en faveur du Cameroun.

T^ Commission norome un Comite de rfedaction charge de pr^parer le rapport final

et compose des representants des Etats ci-apres : Cameroun

Congo (Leopoldville)

Cote-d'Ivoire Guinee

Marcc Nigeria 0Uganda

Republique arabe unie Sdnegal

Soudan

Le PRESIDENT explique que le rapport sera prepare au fur et a mesure du de"roulement des debats, avec I1 aide d'un raembre du secretariat. II sera c'tabli d'apres les con^tes rendus analytiques, les notes du secretariat et toutes autres sources de renseigneraents

dont on disposera.

(36)

E/CN.14/SR.56~8O(TV)

3C

INVITATION A: LA, CONFEDERATION. SUISEE A PARTICIPER, AVEC STATUT CONSULTATIF AUX

lft C0MMISSI°W ECOmm®™ P°UB L'iFRIQUE (point 4 b) de 1'ordre'du jour)

M. AHMED (Soudan), desireux de hater les1 travaux de la Commission, demande la permission de presenter le projet de re-solution sounds conjointement par les delega tions du Soudan et de la Tunisie (E/CN.14/L.88) bien que la. version anglaise, du texte

ne soit pas encore distriby.ee. :

MM. DOUKKALI (Marge), UBBKSR (Nigeria) et MBSTBI (Maroc)■sont prets a appuyer i.e projet de resolution coimmin, qui ne donne pas lieu a controverce. M. MESTIR1 ajoute que 1'invitation adressde a la Suisse a paxticiper aux travaux de la Commission symbo lise. 1' attitude de l'Afrique envers les pays europeens. II est convaincu que ce projet de. resolution sera approuve a l^ananxmite *ar la Suisse, bi^n que n«appartena^t pas a 1'Organisation des, Rations Unies, est bien-. connue pour sa atricte observance des prin-

cipes. et des buts .exposes dans la Charte.

Aucun point de procedure n1ayart ete soulev4, le PRESIDENT invite le representant

du Soudan a presenter le projet de resolution, '!

A la demande de M. TVE3KS (Liberia), M. AHMED (Soudan) donne lecture du texte anglais du projet de resolution commun et rappelle que sa delegation a eu l'honneur, lors d'une session preeddonte, de presenter une resolution analogue en vue de 1'admis sion de la ReVabliqua fc'dcWe d'Allemagno a titre d'cbservateur. Sa delegation est heureuso d* avoir a remplir le rntae r'die h 1'egard de la Suisse. Le libelld de la reso lution est simplo et direct, mais, apres reflexion, sa delegation pense qu'on devrait le compietor en evoquant la resolution prec^dente. II propose done d'ajouter, apres le premier alinea du pre^bule, uxi nouvel alinua ainsi conCu : "Rappelant sa rdsolu-

ticn 6 (II) du 27 Janvier I960",

Son Gouvememenfc n'a cjrtes pas 1'intention de re commander 1' admission d'un nombre croisscat d*obcervateursf mais il tiont beaucoup a ce que la Commission s'adjoigne des pays capables de formuler des suggestions constructives. Si la Suisse n*est pas membre de 1'Organisation des Nations Unies, elle n'en collabore pas moins a 1'action economique et sociale de 1'ONU et fait partie de nombreuses institutions specialisees.

Elle est done en mesure d'appre'eier 1; importance des taches des commissions economiques

regional.es dans le domaine des echanges. Sa prospdrite depend largement de son commerce

pxterieur.et un tiers de see echanges internationaux spnt effectues en dehors de l'Europe.

Références

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