par
Jaques Féjoz
Résumé. L'attrationmutuelledesplanètespeut-elleromprelabellerégularité
dumouvementkeplériendesplanètesautourduSoleil,quelaloidel'attration
universelle était initialement ensée expliquer? Nous retraçons ertaines idées
mathématiques qui ontémergé destentativesde résolution duplusanien des
problèmesdeDynamique,depuislestravauxdeLagrange(1736-1813),puiseux
dePoinaréouArnold,jusqu'àertainstravauxplusréentsonduisantàl'aban-
dontotaldudogmedelastabilité.
Table des matières
... 1
1. Lesystème planétaire... 3
2. Lavariation delaonstante... 5
3. Lesdeuxthéorèmesde stabilitéde Lagrange etLaplae... 10
4. Lespremierssignesd'instabilité... 13
5. Lesthéorèmesd'Arnoldetde Nekhoroshev... 18
6. Instabilitéglobale... 20
Référenes... 24
Àlanduxviiesièle,ladéouvertedelaloidel'attrationuniversellebouleversanotre
ompréhensiondumouvementdesastresdusystèmesolaire[84 ℄. Ave etteloi,Newton
expliquadefaçonmagistralelaontraditionapparenteentreleprinipe,misenavantpar
Galilée et Desartes, du mouvement inertiel retiligne uniforme en méanique terrestre
et les lois, énonées par Kepler, régissant le mouvement elliptique des planètes autour
du Soleil et des satellites autour des planètes. Dans un tour de fore supplémentaire,
Newton alulal'eet approhé du Soleilsur la Lune. Il s'aperçut rapidement, en eet,
quelespetitesattrationsmutuellespouvaientdétruirelabellerégularitéquel'attration
[B℄lind Fate ould never make all the Planets move one and the same way
in Orbs onentrik, some inonsiderable Irregularities exepted, whih may
haverisenfromthemutualAtionsofCometsandPlanetsupononeanother,
and whihwill be aptto inrease,tillthis System wantsaReformation. [85 ℄
La onséquene imprévue de l'attrationnewtonienne fut don de remettre en question
laroyaneen la stabilitédu Système solaire :il ne fut plus évident que les planètesse
mouvaient immuablement,sans ollisions niéjetions.
Enfait,uneseondequestionseposa,onomitanteàelledelastabilitéelledesa-
voirsi laloi deNewtonexpliqueà elle seuletousles phénomènesastronomiques [90℄.
Une ourse longue de deux sièless'engagea entre les astronomes, dont les observations
étaienttoujourspluspréises,etlesgéomètres.Deuxdisordanesentreobservations
et préditions entretinrent au xviiie sièle un suspense partiulier : la première était
l'avane dupérigéede la Lune;laseonde étaitle déalagede lalongitude moyennede
Jupiter etde Saturne [61 ℄, mis au jour grâe à laonfrontation des observationsastro-
nomiquesde l'époqueaveellesrassembléesparPtoléméepresquedeuxmille ansaupa-
ravant. Lespremiersaluls de Newton,d'Euler, de Clairaut, ded'Alembert etd'autres
donnaientde mauvaisrésultats[17 , 27 ℄.
Mais les problèmes onjoints de la stabilité et de l'adéquation de la loi de Newton se
heurtaient tousdeuxaumêmemurdediulté :lealulinnitésimalenétaitàsesdé-
buts,etl'appareilmathématiquenéessairepouromprendrel'inueneàlongtermedes
attrationsmutuelles manquait.La théoriedesperturbations naquitave les travauxde
Lagrangeetde Laplae,quidémontrèrentdeuxretentissantsthéorèmesdestabilité.Par
ailleurs,Lagrange transformalaméaniqueetladynamiqueenune branhede l'analyse
mathématique,enposantlesfondationsdesgéométriesdiérentielleetsympletique,ou-
vrantainsilavoieàdesdéveloppementsultérieursonsidérables.Ironiquement,Lagrange
supprima les gures là où Newton avait tenté de supprimer les formules! En tout as,
il s'ensuivitune rihe sériede développements, onduitsparHill, Le Verrier, Lindstedt,
Poinaré,Kolmogorov ou Arnold,parmid'autres, qui onduisirent à de nombreusesdé-
monstrationspartielles delastabilitéduSystèmesolaire,quePoinaréommenta ainsi:
Les personnes qui s'intéressent aux progès de laméanique éleste, mais qui
ne peuvent les suivre que de loin, doivent éprouver quelque étonnement en
voyantombiende foison adémontrélastabilité dusystème solaire.
Lagrange l'a établie d'abord, Poisson l'a démontrée de nouveau, d'autres
démonstrations sont venues depuis, d'autres viendront enore. Les démons-
trations aniennes étaient-ellesinsusantes,ou sont-e les nouvelles quisont
superues?
L'étonnement de es personnes redoublerait sans doute, si on leur disait
qu'un jour peut-êtreun mathématiien feravoir,parun raisonnement rigou-
reux,quele systèmeplanétaireestinstable.
Celapourra arriver ependant;il n'y auralà rien de ontraditoire, ete-
pendant les démonstrations aniennes onserveront leur valeur. (Poinaré,
1897[91 ℄;voiraussi[18℄)
Et en eet, après des sièles d'eorts pour démontrer la stabilité du Système solaire,
la surprise fut immense quand suessivement Poinaré, Arnold ou Laskar avanèrent
Systèmesolaireestinstable,suruneéhelledetempsinférieureàladuréedevieduSoleil:
l'évolution à long terme du Système solaire ressemble plus à une partie de tennisdans
uneforêtqu'àunjeubienrégléderouesdentées.Maislesméanismespréisd'instabilité
restent largementmytérieux...
C'estettehistoirequenousnousproposonsdesurvoleràtraversquelquesunesdesidées
mathématiques qui l'ont jalonnée, hoisies subjetivement. Au détriment de la rigueur
historique nous nous permettrons beauoup d'anahronismes sans lesquels l'exposition
seraitonsidérablementallongée.
Mentionnons que les ÷uvres omplètes de Lagrange, mort il y a deux ents ans, sont
numériséessurlesite Gallia delaBibliothèqueNationale de Frane.
1. Le système planétaire
Étant donnéunparamètre
ǫ > 0
,soientm 0 , ǫm 1 , ǫm 2 , ..., ǫm n
les massesde1 + n
pointsmatériels, ensés représenter le Soleil et
n
planètes. Si l'on notex 0 , x 1 , ..., x n ∈ R 3
lesveteurspositionsdees astres, leséquations de Newtons'érivent
(1)
( x ¨ 0 = ǫ P
k6=0 m k kx x k −x 0
k −x 0 k 3
¨
x j = m 0 kx x 0 −x j
0 −x j k 3 + ǫ P
k6=0,j m k kx x k −x j
k −x j k 3 (j = 1, ..., n).
Comme Newton l'a démontré dans ses Prinipia [84 ℄, le fait de remplaer les orps
élestespardespointsmatérielsestjustiétantqueladistributiondemassedeesorps
a une symétrie sphérique. Par ailleurs, lamasse desplanètes rapportée à elledu Soleil
étant petite (
1/1000
pour Jupiter), il est légitime d'étudier les équations (1) pour lespetites valeurs de
ǫ
; e sera d'ailleurs le adre d'étude de la quasi-totalité des travaux mathématiquessur lesujet.Remarquons aussiquel'invarianegaliléennedeséquations (1)permetde serestreindre
sanspertede généralitéau sous-espaeinvariant où leentrede masse
x G = 1
m 0 + ǫ P
j6=0 m j
m 0 x 0 + ǫ X
j6=0
m j x j
està l'origine, e quenousferons dorénavant;onpeutalorsretrouverle mouvement du
Soleilà partirde eluidesplanètes, puisque
x 0 = − ǫ X
j6=0
m j m 0 x j .
Nousnoterons
x = (x 1 , ..., x n ) ∈ ( R 3 ) n \ ∆ = R 3n \ ∆ (∆ := ∪ j,k { x k = x k } )
leveteur de onguration,et
z = (x, x) ˙ ∈ ( R 3 ) n \ ∆
× ( R 3 ) n = T R 3n \ ∆
leveteurd'état.Bizarrement,l'espaedes
z
(ousondual)s'appelle aujourd'huil'espae des phases.(1)
Soit enore
(2)
z ˙ = v(z) = v 0 (z) + ǫv 1 (z)
le hamp de veteurs orrespondant aux équations ( 1), restreint à notre sous-espae
invariant
(x G , x ˙ G ) = (0, 0)
.Limite keplérienne. À la limite quand
ǫ
tend vers0
, le Soleil se onfond avex G = 0
.Chaqueplanète, elle,subit laseule attrationduSoleil xe:¨
x j = − m 0 x j
k x j k 3 (j = 1, ..., n).
etsonmouvement est régiparles loisdeKepler [4℄ :
Première loi. Le orps
x j
se meut lelong d'uneonique dont unfoyer està l'origine.Deuxième loi. L'aire balayéepar
x j
roît linéairementave letemps.Side plusl'énergie
E j = m j x ˙ 2 j
2 − m 0 m j k x j − x 0 k
est
< 0
,e quenoussupposerons danslasuite,la oniquedériteest bornée,don 'est une ellipse.Troisième loi. Le arré de la période derévolution de
x j
estproportionnelau ube du grand demi-axe.La deuxième loidéoule immédiatementdu faitquela dérivéede
γ j := det(x j , x ˙ j )
lelongdestrajetoiresestnulle.
(2)
(Lemomentinétique habituelest
C j = m j γ j
.)Pourlatroisièmeloi,voirlelivred'Arnold-Kozlov-Neishtadt[4 ℄.Cédonsauplaisirderappeler
une démonstrationmerveilleusedela premièreloi, dueà Lagrange.
Démonstration de la première loi [46 ℄. D'abord, le mouvement se fait dans le plan
(ouladroitesi
γ j = 0
) engendréparlapositionx j
etlavitessex ˙ j
initiales;ei déouledel'invarianeduproblèmedeCauhyparsymétrieparrapportàeplan.Notons
(ξ j , η j )
lesoordonnéesde
x j
danseplan(respetivement,dansunplanontenantettedroite) etr j = q
ξ j 2 + η j 2
.Lesoordonnéesξ j
etη j
satisfontles équationsξ ¨ j = − m 0 ξ j
r 3 j , η ¨ j = − m 0 η j
r 3 j
tandis que, ommeunaluldiret lemontre,
r j
satisfait¨
r j = − γ j 2 − m 0 r j r j 3 .
Des onditions initiales
x o j = (ξ j o , η j o )
étant xées (etr o j = q
ξ o j + η j o
),ξ
etη
satisfonttautologiquement l'équation linéairedépendant du temps
(3)
ζ ¨ j = − m 0 ζ j r j o (t) 3 ,
2. Celapeut-il initer,dansles oursd'algèbrelinéaire,ànepassoigneusement oulterlefait que
tandis que
r j
satisfaitl'équationlinéaire nonhomogène dépendantdu temps(4)
r ¨ j = − γ j 2 − m 0 r j
r o j (t) 3 ,
(on a simplement remplaé tous les
r j
dansles dénominateurs parla fontion expliite dutempsr o j (t)
).L'équation(3)étantlapartiehomogènedel'équation(4),leplananedessolutionsde (4) est dirigéparleplanvetorieldessolutionsde (3).Deplus,
r j (t) ≡ γ j 2 /m 0
étant une solution partiulière de (4) (orrespondant à une révolution irulaire uniforme),il existe desonstantesα j , β j ∈ R
telles quelaourbe(ξ j (t), η j (t), r j (t))
soittraéesurleplanane d'équation
r j = γ j 2 /m 0 + α j ξ j + β j η j
(si
γ j = 0
, ei restevrai pare queξ j
etη j
sont proportionnelles). En éliminantr j
, onobtient
q
ξ j 2 + η j 2 = γ j 2 /m 0 + α j ξ j + β j η j ,
soit l'équation d'une onique dans le plan de
x j
, dont un foyer est l'origine, de droitediretrie
γ j 2 /m 0 + α j ξ j + β j η j = 0
etd'exentriitéq
α 2 j + β j 2
.Pourhaque planète, on serestreindra, dansl'espae desorbites du hamp de veteurs
v 0
, à un voisinage assez petit dessolutions horizontales (plan orbital onfondu ave un plan xe orienté qualié d'horizontal), irulaires (exentriité nulle), et diretes (dontlarévolutionsefait,en projetion surleplanhorizontal,danslesens positif).Parmiles
planètesduSystèmesolaire,'esteneetMerurequialaplusgrandeinlinaison(
∼ 7 o
)etlaplusgrandeexentriité (
∼ 0, 2
),ettoutesles planètestournentdanslemêmesens(en revanhe, larotation propre de Vénus, parexemple, est rétrograde). La variété des
telles solutionskeplériennesd'uneplanèteest diéomorpheà
R 5
.2. La variation de la onstante
L'intégration du hamp non perturbé
v 0
, dans l'espae des phases de dimension6n
,sefait à l'aide de
6n
onstantes d'intégrations salaires, disonsζ = (ζ 1 , ..., ζ 6n )
, qui sontautant d'intégralespremières
(3)
:se donner une ondition initiale équivautà sedonner
laonstanted'intégrationvetorielle
ζ
,etalorsz = z(t, ζ).
Parmiesonstantes,onpeutdistinguerles
5n
élémentselliptiques quidéterminentl'el- lipsekeplériennesurlaquellehaqueplanètesemeut,etlesn
paramètresquidéterminent la position des planètes sur leur ellipse à l'instant initial. Comme éléments elliptiques,3. Intégralepremière:nombizarrequidésignedesfontionsonstanteslelongdesourbesintégrales,
qui provient d'un usage anien du mot intégrale pour désigner des quantités onservées, l'adjetif
première signiantqueesintégralesdépendentdespositionsetdeleurdérivéepremièreparrapport
surl'ouvertdiéomorpheà
T 3 × R 3
del'espaedesphases oùdeplus lesellipsesnesontniirulaires nihorizontales,on peuthoisir lessuivants:
a j =
granddemi-axeg j =
argument dupérihéliee j =
exentriitéθ j =
longitudedu n÷udι j =
inlinaison,
où ladénitionde ertainsélémentsestrappelée surlaguresuivante.
0000 0000 1111 1111
ℓ j g j
θ j
x j ι j
Commeoordonnéesurhaqueellipse,onpeuthoisirl'anomaliemoyenne
ℓ j
,'est-à-dire l'angleomptéà partirdupérihélie, proportionnel àl'aire intérieureà l'ellipse délimitéepar
x j
;d'aprèsla deuxième loi desaires,ℓ ˙ j
est onstante lelong desourbes intégralesde
v 0
.Ainsi, une ondition initiale
z o
étant xée, l'unique ourbe intégrale orrespondante dev 0
est une fontionz = z(t, ζ )
,ζ = (ℓ j , a j , g j , e j , θ j , ι j ) j=1,...,n
,telle que∂z
∂t (t, ζ ) = v 0 (z(t, ζ)).
Fortsdeettepremièreapproximationdumouvement,herhonsmaintenantuneourbe
intégrale du hamp de veteur
v = v 0 + ǫv 1
, ave0 ≤ ǫ ≪ 1
. Les intégrales premièresζ
préédentesn'ont auunehanederester desintégralespremières, maison peuts'at-tendreàequ'ellesvarientlentement.Laméthodedelavariationdelaonstanteonsiste
à herherunesolution de laforme
z = z(t, ζ (t)),
où
ζ(t)
est la nouvelle fontion inonnue.(4)
En dérivant par rapport au temps, et ensimpliant les termes
∂z
∂t = v 0 (z)
,on voit que(5)
∂z
∂ζ (t, ζ(t)) · ζ(t) = ˙ ǫv 1 (z(t, ζ(t))),
4. Cetteméthodeestgénéralementenseignéeommeuneastuedealulpourleséquationslinéaires.
e quinit deonvainre que
ζ ˙ = O(ǫ)
.Fautede savoirrésoudre l'équationexatement,on peut biensûr obtenirle premier ordred'approximation (après Kepler) en négligeant
les termesd'ordredeuxen
ǫ
,'est-à-direen résolvant:ζ ˙ (t) = ǫ ∂z
∂ζ (t, ζ o ) −1
v 1 (z(t, ζ o )),
parsimple quadrature.
C'est e que Newton (dans un époustouant tour de fore qui impressionna Laplae),
Clairaut, d'Alembert, Euler, Lagrange et d'autres ont fait dans diérentes situations
partiulières, (voir par exemple [30 , 84 ℄) pour tenter notamment d'expliquer les deux
grandsproblèmesquefurentl'avanedupérigéedelaLuneetlesirrégularitésdeSaturne
etdeJupiter.Lathéoriedesperturbationsétaitnée...maislesrésultatsétaientfaux!Par
exemple,danssonmémoirequiremportaleprixdel'AadémiedesSienesen1748,Euler
prétend démontrer que les déalages des anomalies moyennes de Jupiter et de Saturne
sont de mêmesigne, alorsque les observationsmontrent leontraire [30 , 62 ℄.En 1747,
Clairaut proposa à l'Aadémie des Sienes de réviser la loi de l'attration universelle
pour rendre la Méanique ompatible ave ses préditions [17 ℄! Shématiquement, les
erreursont deuxsoures:
les dérivéespartielles sont déliates à aluler (la dérivéepar rapportà
ζ j
dépendantdeladénition detous les
ζ k
!),ilfautbeauoupdesavoir-fairepourdéterminerquelstermessont eetivementnégli-
geablesdevant d'autres.
C'estàetteépoquequelesalulsommenèrentàêtreeetuésavedeslettrespourles
paramètres plutt qu'ave des valeurs numériques, et devinrent ainsi onsidérablement
pluslimpides.
Avelaterminologied'aujourd'hui,equipréèderevientàdéduire,parsimpledérivation
de l'appliation
φ : z
(ondition initiale)7→ ζ
(onstanted'intégration),
l'évolution delaonstanted'intégrationde
v 0
parrapportautemps:ζ ˙ = φ ′ (z) · v(z).
Lagrange laria et perfetionna onsidérablement la méthode de la variation de la
onstante.Onpeutartiiellement déomposer saontribution endeux.
Redressement du hamp de veteur keplérien. Lagrange omprit quel'appli-
ation
φ
est un hangement de oordonnées, 'est-à-dire que l'on peut repérer un point de l'espae des phases non plus par la position et la vitesse des planètes, mais par leséléments desellipses keplériennes queles planètes auraient dérites à partir de e point
souslaseuleationduSoleil,etparleurpositionsuresellipses.Ceipermitdeomposer
l'égalité préédenteà droitepar
φ −1
,etdond'obtenir un systèmefermé(6)
ζ ˙ = φ ′ (z(ζ )) · v(z(ζ)) = (φ ∗ v)(ζ ),
soit enore de aluler l'image direte du hamp de veteurs parle diéomorphisme
φ
.niprohede l'identité,etutilisépourredresserunhampde veteurs. Onpeutyvoirle
débutdu oneptde variétédiérentielle abstraite.
(5)
Latransendaneduhangementdevariables
φ
sevoitquandonexamineleparamétrage des ellipses keplériennes. Rappelons que l'on noteℓ j
l'anomalie moyenne de laj
-ièmeplanète.Notonsdeplus
u j
sonanomalieexentrique,dontladénitionselitsurlagure suivante.00 00 00 00 00 11 11 11 11 11 00 11 000 01 000 111 111
x j ℓ j
u j a j
a j q 1 − e 2 j
Ces deuxanomaliessont liéesparl'équation de Kepler
ℓ j = u j − e j sin u j .
La détermination de la loi horaire des astres dans le iel passe parl'inversion de ette
formule. C'est d'ailleurs apparemment sondésirde omprendreorretementla formule
d'inversion de Lagrange [44 , 101 ℄ qui a onduit Cauhy à développer sa théorie des
fontionsholomorphes, etnotamment laformulede lamoyenne[12 ℄.
Revenons uninstant àl'équation (6), quel'on peutérire
(7)
ζ ˙ =
n
X
j=1
ν j ∂
∂ℓ 1 + ǫ(φ ∗ v 1 )(ζ)
ennotant
ν j
lesmoyensmouvements,'est-à-direlesfréqueneskeplériennesdeplanètes.Quand
ǫ = 0
,lasolution estsimplementℓ j = ℓ o j + n j t, (a j , g j , e j , θ j , ι j ) = cst.
Partantdelà,parréurreneonpeutalulerledéveloppementde
ζ(t)
enpuissanesdeǫ
,en substituant à haque étape lasolution approhéepréédente dansle seondmembre
de (7). On obtient ainsi une série de perturbation, dont on voit sur des exemples très
simples l'inutilité quant aux propriétés des solutions sur de longues éhelles de temps.
Un exempleonnu de d'Alembertestle suivant.Une solution del'équation
¨
x + (1 + ǫ)x = 0, x ∈ R ,
est
x = cos [(1 + ǫ)t]
,mais, àause dufait quelafréquenedépenddeǫ
,sondéveloppe-ment en puissanes de
ǫ
en donneune très mauvaise idée:x = cos t − ǫt sin t + O(ǫ 2 );
les termes omme
− ǫt sin t
, dont l'amplitude roîtave le temps, sont qualiés de séu- laires,paropposition autermepériodique etde moyennenullecos t
.5. A.Albouyobjetequelesoordonnéespolaires,parexemple,étaientutiliséeslontempsavant.Un
autreexemple,luipresqueontemporain,estl'introdution parEulerdesoordonnéeselliptiquespour
Déouverte de la nature hamiltonienne des équations. La seondeontribu-
tion fondamentale de Lagrange à laméthode de lavariation de laonstante, ultérieure
aux développements qui seront exposés dans la partiesuivante, onstitue les débuts de
lagéométrie sympletique loale. Lagrange etson étudiant Poissonérivirent alternati-
vement plusieurs mémoires [51 , 52 , 93 , 94 ℄ présentant les équations des variations de
laonstante de façonde plus en plusgénérale etsymétrique. Arago ommenta ainsi les
mémoiresde 1807et1808:
[...℄Poissonavaitvingt-septanslorsqu'ilprésentaemagniquetravailàl'Aa-
démie. Vers la n de 1808, un événement omplètement inattendu jeta le
monde sientique dans une surprise enthousiaste. Lagrange se reposait de-
puislongtempsdanssagloire. Ilassistaitassidûment ànosséanes,maissans
yproférerunseulmot[...℄. Toutàoup,Lagrange sortde saléthargie, etson
réveil esteluidu lion.Le 17 août1808, il lit auBureau deslongitudes, etle
lundisuivant22,à l'Aadémiedessienes,undesplusadmirables Mémoires
qu'ait jamais traés la plume d'un mathématiien. Ce travail était intitulé :
Mémoire sur la théorie des variations des éléments des planètes, et en par-
tiulier des variations des grands axes de leurs orbites. (F. Arago, ×uvres
omplètes,1854,p.654)
Nousnousontenteronsd'endonnerunaperçuassezglobal;plusieursauteursontétudié
estravauxplus en détailsque nousneleferons ii [41, 70 , 99 ℄.
Notons
Ω = − ǫ 2 X
j<k
m j m k k x j − x k k
le potentiel desfores gravitationnellesperturbatries, dont
ǫv 1
est le gradient relative-ment àlamétriquedesmasses
ǫ P
j m j P
k=1,2,3 (dx k j ) 2
.Lagrange démontrad'abordquelehampde veteurs
ζ ˙
aluléi-dessous satisfaitleséquations(8)
X
1≤k≤6n
(ζ j , ζ k ) ˙ ζ j = ∂Ω
∂ζ j
, (j = 1, ..., 6n)
où
(ζ j , ζ k )
désigne la parenthèses de Lagrange deζ j
et deζ k
. Ces parenthèses s'inter- prètent maintenant omme les oeients de la forme sympletique anoniqueω = P
j m j P
k=1,2,3 dx k j ∧ d x ˙ k j
de l'espae des phases, dans les oordonnées(ζ 1 , ..., ζ 6n )
.(6)
Cette formule est don la version en oordonnées de la formule par laquelle on dénit
aujourd'hui les hamps hamiltoniens sur une variété sympletique, à savoir
i ζ ˙ ω = dΩ
.Danslaperspetiveoùesparenthèsesfurentintroduites,ladiultéetlemiralefurent
demontrerquelesparenthèsesnedépendentpasdutemps,ou,defaçonéquivalente,que
laforme sympletiqueest onservée. Le lienentrel'équation impliite de dénitionde
ζ ˙
etlaonservationdelaformesympletiquefutomplètementlariéseulementplustard
parPoinaréetÉ.Cartandansleurétudedel'invariantintégraltemps-énergie[10, 90℄.
Ultérieurement, LagrangeetPoissonmirent les équations(8) souslaforme expliite
(9)
ζ ˙ j = X
1≤k≤6n
{ ζ j , ζ k } ∂Ω
∂ζ k ,
6. Souriaudéfendl'idéequeLagrangeonsidéraitenfaitunevariante(nonanoniquement)isomorphe
où
{ ζ j , ζ k }
est lerohet de Poisson deζ j
etζ k
,àsavoirune omposantedu tenseurdePoisson
ω −1
.NousnedétailleronspaslesalulssinueuxparlesquelsLagrangeetPoissonsontpassés;
l'une desdiultésétait queleur degréde généralitén'estapparuque progressivement.
Tout ela fut larié dans la Méanique analytique [53 ℄ de Lagrange, le mémoire de
méaniqueéleste deCauhyprésentéàl'Aadémie deTurin[11 , 13℄ (oùlaformule de
lamoyennepourles fontionsholomorphes est introduite au passage), etles artiles de
Hamilton [36, 37 ℄. D'ailleurs, Lagrange ne tira pas lui-même diretement partie de la
onservationdelaformesympletiquepourallerplusloinsurdesquestionsdedynamique
proprementdite:lepointdevuegéométriquedePoinaré,étudiantsimultanémenttoutes
les orbitesde l'espaedes phases,manquait enore.
3. Les deux théorèmes de stabilité de Lagrange et Laplae
Laplae etLagrange sont àl'originedespremiersthéorèmesde stabilitépourlesystème
planétaire, que nous présentons après les onsidérations préédentes par pure omm-
modité d'exposition. Ces théorèmes sont admirables et réussissent là où Newton, Eu-
ler ou d'Alembert avaient éhoué. Ii enore, l'histoire des mémoires suessifs pré-
sentés aux aadémies de Paris et de Berlin par les deux savants-onurrents est intri-
quée[45 ,47 ,48 ,49 ,50 , 54 ,55 ,56 ℄,etl'onrenvoieparexempleauséminairePoinaré
de J. Laskar [62 ℄ pour quelques détails sur la façon dont Laplae, impressionné par le
mémoirede Lagrange de 1774, en érivitrapidement un lui-même généralisant elui de
Lagrange,etlet publiertroisansavanteluide Lagrange!
Introduisonsanahroniquement lesoordonnéesde Poinaré
ζ = (λ j , Λ j , ξ j , η j , p j , q j ) j=1,...,n ∈ ( T × R 5 ) n , T = R /2π Z ,
qui sont sympletiques:
ω = P
j dλ j ∧ dΛ j + dξ j ∧ dη j + dp j ∧ dq j
et analytiquesdans unvoisinagedesmouvementskeplérienshorizontauxirulairesdirets[21 ,33 , 92℄.Peuimporteii leurdénition préise;nousaurons justebesoinde savoir que
λ j = ℓ j + g j + θ j
(longitude moyenne)Λ j = m j √ m 0 √ a j
ξ j + iη j ∼ e j →0
q Λ j
2 e j e i(g j +θ j ) p j + iq j ∼ e j ,ι j →0
q Λ j
2 ι j e iθ j .
SuivonsmaliieusementLagrangeennotant
H
l'hamiltonien(intégraledesforesvives) en l'honneurde Huygens(7)
:
H = H 0 + ǫH 1
où
H 0
estl'hamiltonien den
problèmesde Kepler déouplés:H 0 = X
1≤j≤n
− m 2 0 m 3 j
2Λ 2 j .
Leséquationsdeladynamiqueprennentlaformelassiquedeséquationshamiltoniennes
λ ˙ j = ∂ Λ j H, ˙Λ j = − ∂ λ j H ξ ˙ j = ∂ η j H, η ˙ j = − ∂ ξ j H
˙
p j = ∂ q j H, q ˙ j = − ∂ p j H
(e qui ne serait pas le as ave ertaines oordonnées non sympletiques utilisées par
Lagrange).Parexemple, latroisième loide Keplerseretrouveii failement,puisqueles
moyensmouvementsvalent
ν j = ˙ λ j
ǫ=0 = ∂H 0
∂Λ j = m 2 0 m 3 j Λ 3 j =
√ m 0
a 3/2 j .
Lefait quelapériodene dépendepasdel'exentriité déouledu faitque
H 0
nedépendnon trivialement que des
Λ j
, alors que pour un potentielU (r)
ni newtonien (− 1/r
) niélastique (
r 2
)H 0
dépendrait de2n
ations. Cette dégénéresene dynamique fait du problèmeplanétaireun problèmedeperturbation singulière:onne peutpasespérerquelesmouvementsperturbésquasipériodiquesaientseulement
n
fréquenesindépendantes (entenantomptedel'invarianeparlasymétriederotation,onpeutseonvainrequ'ilsdevraientavoir
3n − 1
fréquenes,e que lethéorèmed'Arnold onrmera).Premier théorème de stabilité de Lagrange-Laplae. En dehors des résonanes
keplériennes, aupremier ordre en
ǫ
, lesvariations des grands demi-axessontpériodiques et demoyenne nulle.Préisons que le veteur fréquene
ν = (ν 1 , ..., ν n )
est résonnant s'il existe un veteurk ∈ Z n \{ 0 }
telquek · ν = 0
.Lathéoriedesperturbationsseompliqueonsidérablement enprésenederésonanes.Dansleasleplussimpleoùk
aexatementdeuxomposantesnon nulles, la résonane signie que les planètes vont régulièrement se retrouver dans
les mêmes positions relatives, et que don leur petite attrationmutuelle va, au l des
révolutions,s'aumuler.
Démonstration. Ennotant
ν = (ν 1 , ..., ν n )
le veteurdes moyensmouvements,on aΛ j = Λ o j + ǫ Z t
0
∂H 1
∂λ j (λ o + tν, Λ o , ξ o , η o , p o , q o ) dt + O(ǫ 2 ).
En dehors des résonanes, l'intégrande est périodique etde moyenne nulle par rapport
aux
λ j
,d'oùle théorème.En déduire que les grands demi-axes sont stables pour le système planétaire omplet
seraitune erreurgrave,que Laplae ommit:
[...℄ [L℄'altération du mouvement moyen de Jupiter, si elle existe, n'est
point due à l'ationde Saturne.[56℄
Lapetitedémonstrationi-dessusfaitressortirlerledu systèmemoyenné ouséulaire,
obtenu à partir du système planétaire par moyennisation sur
T n
de l'hamiltonien par rapportauxangles rapidesλ 1 , ..., λ n
:h H i = H 0 + ǫ Z
T n
H 1 dλ 1 · · · dλ n .
Elleonsisteeneetàremarquerque, aupremierordreen
ǫ
etendehorsdesrésonanes,lavariationmoyennedes
Λ j
estdonnée parl'hamiltonienmoyenné.L'hamiltonienmoyennénedépendantpasdeslongitudesmoyennes,les
Λ j
sontonstantspour
h H i
, et peuvent être onsidérés omme des paramètres. Ainsi,h H i
induit un ha-miltonien sur l'espae des
n
-uplets d'ellipses keplériennes de grand demi-axe xé. Ce dernierestl'espae séulaire,diéomorpheàR 4n
(omptetenudesrestritionsfaitesan- térieurement), et(ξ, η, p, q)
en sont des oordonnées. La dynamique séulaire dérit la dynamiquedelalentedéformationdesellipseskeplériennessousl'eetdesperturbations,paroppositionà ladynamiquerapide derévolutiondesplanètes autourdu Soleil.
L'origine
(ξ, η, p, q) = 0
orrespond auxn
-uplets d'ellipses irulaires horizontales di- retes. Par symétrie, il est faile de se onvainre qu'elle est un point xe du systèmeséulaire.Àuneépoqueoùl'algèbrelinéairen'existaitpasenore,LaplaepuisLagrange
dansle as général,alulèrent les valeurs propresdu système séulairelinéarisé, et
obtinrentlethéorèmeretentissantsuivant,montrantlastabilitélinéairesdesexentriités
etdesinlinaisons.
SeondthéorèmedestabilitédeLagrange-Laplae. L'originedel'espaeséulaire
estun point xe elliptique dusystème séulaire.
En eet, il s'avère que l'hamiltonien moyenné possède le développement remarquable
suivant :
h H 1 i = C 0 (m, a) + Q h · ξ 2 + Q h · η 2 + Q v · p 2 + Q v · q 2 + O(4),
où lesformesquadratiques horizontale etvertiale
Q h
etQ v
sont de laforme
Q h · ξ 2 = X
1≤j<k≤n
m j m k C 1 (a j , a k ) ξ j 2 Λ j + ξ 2 k
Λ k
!
+ 2C 2 (a j , a k ) ξ j ξ k p Λ j Λ k
!
Q v · p 2 = X
1≤j<k≤n
− m j m k C 1 (a j , a k ) p j
p Λ j − p k
√ Λ k
! 2
;
lesoeients
C j
sontanalytiquesréelsparrapportauxmassesetauxgrandsdemi-axes, etpeuventêtre exprimésen fontion desoeientsde Laplae.Soient
ρ h
etρ v
des opérateurs orthogonaux deR n
, diagonalisantQ h
etQ v
(dépendantanalytiquement desmasses etdesgrands demi-axes):
ρ ∗ h Q h = X
j
σ j dξ 2 j
andρ ∗ v Q v = X
j
σ n+j dp 2 j .
Dansl'espae desphases séulaireomplet,l'appliation
ρ : (ξ, η, p, q) 7→ (ρ h · ξ, ρ h · η, ρ v · p, ρ v · q)
estsympletique etleproblème estdon ramenéà unhamiltonien delaforme
(10)
H 0 (Λ) + ǫ X
j
σ j (Λ)(ξ j 2 + η j 2 ) + σ n+j (Λ)(p 2 j + q 2 j )
+ ǫO 4 (ξ, η, p, q) + O 2 (ǫ).
La partieprinipaleestintégrable :quandon laonsidère surl'espae desphases entier
(nonséulaire),elle estle produitgauhe de
n
rotateurs (mouvements keplériens)et de2n
osillateurs harmoniques déouplés (dynamique séulaire), et ses ourbes intégralessont quasipériodiques
(8)
à
3n
fréquenesν 1 , ..., ν n , ǫσ 1 , ..., ǫσ n , ǫσ n+1 , ..., ǫσ 2n .
Àlavuedeesdeuxthéorèmes,lastabilitéduSystèmesolaireparutaquise:lesgrands
demi-axes,exentriitésetinlinaisonsnesubissentquedepetitesvariations,sansdérive,
et les ellipses keplériennes des planètes ne peuvent pas se roiser. Cependant, l'image
obtenue deladynamiqueduSystème solaireest toutenouvelle :lesellipseskeplériennes
desplanètesnesontplusxes,maissoumisesàundoublemouvementdepréessiondans
leur propre plan (ave des périodes allant de quelques dizaines de milliers d'années à
quelquesmillionsd'années)etdepréessiondesn÷uds,'est-à-direderotationdesplans
desellipsesdansl'espae.
Lesfréquenesséulaires
σ j
aluléesparLagrange sontd'ailleursétonnamment prohes desvaleursadmises aujourd'hui. OnpeutattribuerlapetiteerreurommiseÀ l'inertitude des masses de Merure et Vénus, qui ne possèdent pas de satellites
permettant d'établir leur masse ave préision par la troisième loi de Kepler; quant
auxsatellitesde Mars,PhobosetDeimos,ils furent déouverts plustard.
Àl'approximationommiseennégligeantles diérentsrestes, dontLe Verrier, élèbre
pour avoir déouvert la planète Neptune par le alul (en 1846, après Adams mais
indépendamment de lui),examina l'eet.
Mieux,Le Verrierposaune questionfondamentale nouvelle [59 ℄, elledesavoir
si,parlaméthodedesapproximationssuessives,lesintégralessedéveloppent
eetivement en séries assez onvergentes pour qu'on puisse répondre de la
stabilité du système solaire (Le Verrier, Annales de l'Observatoire de Paris,
partieIIIde l'additionIII,Paris,éd. MalletBahelet,1856).
4. Les premiers signes d'instabilité
Séries de Lindstedt. Considéronsprovisoirementun hamiltonien
H(θ, r) = H 0 (r) + ǫH 1 (θ, r) + ǫ 2 H 2 (θ, r) + · · · ,
sur
T n ×R n = { (θ, r) }
(T n = R n /2π Z n
),quidépendanalytiquementd'unpetitparamètreǫ
etdontlavaleurquandǫ = 0
estunhamiltonienintégrableH 0 (r)
.Poinaréa déritlaproéduregénéralepouréliminerformellementlesangles
θ
deH
,endehorsdesrésonanesde
H 0
,enonstruisantuneonjugaisonformelleφ
[90 ,66 ℄;'estunhangementdepointdevueradialparrapportàeluisefoalisantsurl'expressionanalytiqued'unesolution
partiulière donnée. Poinaré attribua la méthode à Lindstedt (qui avait onstruit les
premierstermes) etla qualia de nouvelle, paropposition auxaniens développements
évoqués àla nde la partie2,utilisés pendant toutle xixesièle parDelaunay,Bohlin
etd'autres(voir[28 ℄parexemple).
Une onjugaisonformelle
φ
peutêtre onstruiteommeletemps1
duotd'unhamilto-nienauxiliaire
K ǫ
-petit :φ = exp X K , K = ǫK 1 (θ, r) + ǫ 2 K 2 (θ, r) + · · · .
8. Unefontion
f : R → R
estquasi-périodiquedeveteurfréqueneω = (ω 1
,...,ω k )
siellesefatoriseparleotlinéairedefréquene
ω
surT k
,i.e.s'ilexisteunefontionF : T k = R k /2πZ k → R
telle quef(t) = F (tω)
.L'image réiproqueformelle de
H
parφ
estH ◦ φ = H + X K · H + 1
2 X K 2 · H + · · · ,
où le hamp de veteurs hamiltonien
X K
deK
peut être vu omme un opérateur dedérivationou,utilisant lefaitque
X K j · H 0 = − X H 0 · K j
(=
lerohetdePoissonK j
etde
H 0
),H ◦ φ = H 0 + ǫ (H 1 − X H 0 · K 1 ) + ǫ 2
H 2 + X K 1 · H 1 + 1
2 X K 2 1 · H 0 − X H 0 · K 2
+ · · · .
Onvoudraittrouversuessivement
K 1
,K 2
,...,tels quehaquetermedeH ◦ φ
dedegrédonné
≥ 1
enǫ
nedépendepasdeθ
.Onobtientunsystèmeinnitriangulaired'équations auxdérivéespartielles linéairessurT n
,paramétréparles ationsr
:X H 0 · K 1 = { H 1 } := H 1 − Z
T n
H 1 dθ X H 0 · K 2 =
H 2 + X K 1 · H 1 + 1
2 X K 2 1 · H 0 ...
où
X H 0 = α · ∂ θ
, aveα := (∂ r 1 H 0 , · · · , ∂ r n H 0 )
. En développant en séries de Fourier, onvoitquelapremière équationpossède une solutionformelle endehors desrésonanesk · α = 0
,k ∈ Z n
(rappelons queα
dépend des ations). Choisissons par exemple la solution demoyennenulle :K 1 = X
k∈Z n \{0}
H ˆ 1 k
i k · α e ik·θ , H 1 = X
k∈Z n
H ˆ 1 k e ik·θ .
Lespetits dénominateurs
k · α
peuvent empêherlasériedeFourierdeK 1 (r)
de onver-ger. Intuitivement, ei signie que, près des résonanes, l'eet déstabilisant de laper-
turbation, au lieu de s'annuler en moyenne, s'aumule. En dehors des résonanes, les
oeientsdeFourierde
K 1
sontbiendénis.Alorslaseondeéquationpeutêtrerésoluedefaçonanalogue.MaisommelemembrededroiteestmaintenantunesériedeFourier
formelle,
K 2
est une série de Fourier formelle dont les oeients eux-mêmes sont desséries deFourierformelles, et.
Pouréviteresproblèmesdeonvergene,danslaonstrutiond'unnombrenidetermes
de la sériede Lindstedt, on peuttronquer les séries de Fourier à un ertain ordre assez
élevé qui tend vers l'inni quand
ǫ
tend vers zéro, au prix de perdre l'analytiité du développement parrapportàǫ
.Une façonderendrerigoureusetoutelaonstrutiondesséries deLindstedt estde serestreindred'abordauxveteursfréquenes diophantiens:
| k · α | ≥ γ k k k −τ
pour des onstantes
γ, τ > 0
indépendantes dek ∈ Z n \ { 0 }
, puis de onstruire lejet inni des séries le long de l'ensemble (transversalement) de Cantor des fréquenes
diophantiennes, en dérivant formellement les équations dans les diretions transverses.
Lesoeientsainsiobtenusseprolongentàtoutl'espaedesphases,ommeunthéorème
de Whitney lemontre[16℄.
Les séries de von Zeipel généralisent elles de Lindstedt au as où l'hamiltonien non
perturbé
H 0
ne dépend pas de toutes les variables d'ation. C'est le as du problèmeplanétairepuisque,omme onl'a vu,
H 0
ne dépend,parmiles oordonnéesdePoinaré,quedes
Λ j
.La question suivante est elle de la onvergene de es séries de perturbation formelles
H ◦ φ
, etde ellede la onjugaisonformelleφ
elle-même(bien sûr, laonvergene deφ
implique elle de
H ◦ φ
). La réponse n'est pas direte. Des exemples où la onjugaisondivergeapparaissent dansertainesonstrutions d'Anosov-Katok[1℄. Voii un exemple
simple [4℄.Sur
T 2 × R 2 = { (θ, r) }
,onsidéronsl'hamiltonienH = α 1 r 1 + α 2 r 2 + ǫ
r 1 + X
k∈Z 2
a k sin(k · θ)
,
où
a k = exp( −k k k )
etα
est diophantien. L'angleθ
tourne à la fréquene onstanteα ǫ = (α 1 + ǫ, α 2 )
:θ(t) = θ(0) + tα ǫ
.Ilexistedesvaleursarbitrairementpetitesdeǫ
tellesque
α ǫ
soit résonnant:(α 1 + ǫ)/α 2 = p/q ∈ Q
.Alorson a˙
r j = − ǫ X
k
k j a k cos(k · θ), j = 1, 2.
Les termes tels que
k · α ǫ 6 = 0
sont de moyenne nulle. Mais d'autres, préisément euxpour lesquels
k
estde la formek = κ( − q, p)
pourκ ∈ Z
ont une ontribution onstante généralement non nulle, de sorte quer
tend vers l'inni. D'un autre té, si les sériesde Lindstedt et la onjugaison orrespondante onvergent, l'ation
r
ne subit que desosillations bornées. Don la onjugaison ii diverge. (Le fait que la série de Lindstedt
elle-mêmediverge,ii, nesedéduit pasdiretement de etargument.)
Les exemples i-dessus ne sont pas génériques, pare qu'ils sont des perturbations
d'hamiltoniens dégénérés. Mais Poinarédémontra quela divergene est générique [90,
Chap. xiii℄. Son argument est shématiquement le suivant. Si une onjugaison de
Lindstedtonverge pouruneertaine ation
r
,letoreT n × { r }
estinvariantetquasipé-riodique pour
H ◦ φ
.Sa fréqueneestα ǫ (r) = ∂ r (H ◦ φ)(r) = ∂ r H 0 + · · ·
.La fréquenenonperturbée
α 0 (r)
étaithoisienon résonnante,mais, pourǫ > 0
arbitrairement petit, lafréqueneperturbéeα ǫ
sera résonnante. Enonséquene,letoreinvariantestfeuilleté en toresinvariantsde dimensioninférieure. Or,unteltore invariant résonnant n'estpasgénérique.Don,génériquement,lessériesdeLindstedtdivergent.Poinarémontraaussi
queles onjugaisonsde Lindstedt duproblème destroisorps divergent généralement.
MaisPoinarénepouvaitexlurelapossibilitéquelessériesetonjugaisonsdeLindstedt
onvergent parfois, non uniformément (les notations dans la itation ne sont pas les
notationsoriginales) :
Nousavonsreonnuque leséquations anoniques [...℄ peuvent être satis-
faitesformellementpardesséries de laforme
θ i = θ 0 i + ǫθ i 1 + ǫ 2 θ i 2 + ..., r i = r 0 i + ǫr 1 i + ǫ 2 r i 2 + ...,
oùles
θ k i
etlesr i k
sont desfontionspériodiquesdesquantitésw i = α i t + ̟ i , (i = 1, 2, ..., n),
[dequoi℄nousavonstiré
r i k = X B sin(k 1 w 1 + k 2 w 2 + ... + k n w n + h) k 1 α 0 1 + k 2 α 0 2 + ... + k n α 0 n + A 0 .
[Cette℄sérieonverge-t-elleabsolumentetuniformément?[...À℄deuxde-
quand
r 1 0
etr 2 0
ontétéhoisisde tellesortequelerapportα α 1
2
soitinom-
mensurable,etquesonarré soitau ontraireommensurable(ouquand
le rapport
α 1
α 2
est assujetti à une autre ondition analogue à elle que jeviensd'énonerun peu auhasard)?[90, 146149℄
Envisageant les onséquenes déraisonnables d'une onvergene uniforme, en termes
d'existene d'orbitespériodiquesauxrésonanes, ilspéula:
LesraisonnementsdeeChapitrenepermettentpasd'armerqueefait
neseprésenterapas.Toutequ'ilm'estpermisdedire,'estqu'ilestfort
invraisemblable. [ibid.℄
HilletWeierstrassdoutaient desargumentsdePoinaréontrelaonvergene desséries
de Lindstedt [5, 40 ℄, malgré leur propre éhe à démontrer la onvergene. La théorie
KAM, danslaseonde moitiédu xxesièle,leurdonnera raison.
Non-existene d'intégrales premières supplémentaires. Un autre ritère de
régularitédynamiqueonernel'existened'intégralespremières.Lesintégralespremières
sont autant de ontraintes qui ironsrivent les solutions, et même, si es intégrales
sonten nombresusant,leséquationsdumouvements'intègrentparquadrature(alul
d'intégrale)etélimination(appliation duthéorème d'inversion loale).
Dansleproblèmedestroisorps,Brunsdémontralanon-existened'intégralespremières
quisont algébriquesparrapportauxpositions
x j
etauximpulsionsm j x ˙ j
,mis àpartlesintégrales premièreslassiques[9 , 42 ℄.Le résultatestvraipourtouthoixde masses,et
Painlevé suggéra plus tard qu'il est susant de supposer que l'intégrale est algébrique
parrapportauximpulsions [87 ℄.
Poinaré,lui,démontraque, dansleproblèmedestroisorps,iln'existeauunenouvelle
intégralepremièrequisoitanalytiqueparrapportauxélémentselliptiquesetauxpetites
masses (il sut même de herherune intégralepremière admettant un développement
formel en les masses, ave des oeients analytiques) [90 , Volume II℄ : Le problème
[...℄n'admet pas d'autreintégrale uniforme que elles des fores vives etdes aires [90,
Chap. v, 85℄. La stratégie de démonstration de Poinaré est la suivante. Soit
F
uneintégralepremièredel'hamiltonien
H
duproblèmeplanétaire.Endéveloppantl'équation{ H, F } = 0
parrapportaupetitparamètreǫ
,puisdéveloppantlesoeientseux-mêmes ensériesdeFourier,PoinarémontrequebeauoupdeoeientsdeFourierdeF
doivents'annulerà ertainesrésonanes bienhoisies.L'unedes diultésestladégénéresene
propre de
H
, dont la limite quandǫ
tend vers0
ne dépend pas de toutes les variablesd'ation.
Plusréemment,lanon-existened'intégralesméromorphessupplémentairesdanslevoi-
sinage bien hoisi de solutions périodiques partiulières a été démontrée en étudiant le
groupe de monodromiede l'équation auxvariationsdees solutions;voir [43, 102℄par
exemple.La méthode aété appliquée avesuès àlasolution parabolique de Lagrange
du problème des trois orps [100 ℄, en utilisant les théories de Ziglin et de Morales-
Ramis, à masses xes. Certains ranements ont onduit à la théorie de Galois dié-
rentielle [75 , 76 ℄, le groupe de Galois étant une extension du groupe de monodromie.
Combot a généralisé les résultats existants pour la méanique éleste de façon signi-
ative [23 , 24 , 26℄, et les équations aux variations d'ordre supérieur semblent donner
des informations supplémentaires dans les as indéterminés [25 , 26 , 78 , 77, 71 ℄. La
que a priori il pourrait existerune intégrale première supplémentairedansun domaine
de l'espaedes phasesqui seraitbornéparune frontièrenaturelle.
Divergene des série de Bohlin. Poinaré déouvrit aussi l'éart des solutions
séparatriesd'unpointd'équilibrehyperbolique,etl'enhevêtrementquienrésulte(l'his-
toire intéressante de son erreur initiale, dans son mémoirequi lui a valu le prix du roi
OsarIIde Suède [89 ℄, quil'a ultérieurement onduit àsa déouverte,est raontéepar
exemple dans[5, 6℄) :
Onsera frappé de laomplexité de ette gure, queje ne herhe même
pasàtraer.Rienn'estplus propreànousdonnerune idéede laompli-
ationduproblème destroisorps eten généraldetouslesproblèmesde
Dynamiqueoù iln'ya pasd'intégrale uniformeetoù lesséries deBohlin
sont divergentes.
[...℄Cetteremarqueestdenatureànousfaireomprendre[...℄ombienles
transendantesqu'ilfaudraitimaginerpourrésoudre[leproblèmedestrois
orps℄dièrent de toutes ellesque nousonnaissons.[90, 397398℄
La gure i-dessousdonne une idéede e quePoinarén'osait pas dessiner,dans leas
de l'appliationstandard
T 2 → T 2 , (x, y) 7→ (x + y ′ , y + ǫ sin x)
(iiaveǫ = 0.3
)introduite par Chirikov [22 , 65℄ omme modèle universel des ouhes haotiques au
voisinage d'une séparatrie d'une appliation twist de l'anneau. En deux dimensions,
e type de non-intégrabilité dynamique impliquelanon-existene d'intégrales premières
supplémentaires[79 ℄.
MaisLagrangeétantmort99ansavantPoinaré,nousnouspermettronsderenvoyeraux
reensionsbeauoup plus omplètesdes travauxde Poinaré qui ont étéfaites en 2012,
etnotammentleséminaire de Cheniner[18 ℄.
Mentionnonsqueledébutduxxesièlevitl'avènementde laRelativité Généraled'Ein-
stein,quiexpliquaertainsfaitstelsquel'avanedupérihéliedeMerure.Ladynamique
lassique s'avéra don un as limite, déjà inextriablement ompliqué en même temps
5. Les théorèmes d'Arnold et de Nekhoroshev
À la moitié du xxe sièle, Kolmogorov t une avanée prodigieuse en démontrant que
les séries de perturbation pour un tore invariant de fréquene xée onvergent, bien
que non uniformément, si l'on suppose que la fréquene est diophantienne et qu'une
ondition de non-dégénéresene adéquate est vériée. Kolmogorov utilisa l'algorithme
deNewtonen dimensioninnie ettrouvales solutionsquasipériodiquesorrespondantes
parpassageà lalimite.La onvergene rapidede l'algorithmebatl'eetdesrésonanes,
eteiestl'unedesidéesprinipalesàlabasedelathéoriedeKolmogorov-Arnold-Moser;
voir[3 , 8, 20 , 88 , 95 , 97 ℄ pourplusde détails etdesréférenes.
L'hypothèse de non-dégénéresene requise pour appliquer le théorème de Kolmogorov
n'est passatisfaite dansle as du problème planétaire, pour plusieurs raisons, la pre-
mièreetlaplusinontournableétantladégénéresenepropredupotentielnewtonien(le
faitdéjàmentionnéque, dansleproblèmedesdeuxorps,touteslesorbitesbornées sont
périodiques alorsque génériquement elles seraient quasipériodiques à deux fréquenes).
En1963, Arnold prouvaune versionabstraite du théorèmede Kolmogorovdestinéeaux
asdégénéréstelsqueleproblèmeplanétaireetpublialerésultatremarquablesuivant[2℄.
Théorème d'Arnold. Quelles que soient les masses
m 0 , m 1 , ..., m n > 0
et quels quesoient les grands demi-axes
0 < a 1 < ... < a n
, il existeǫ 0 > 0
tel que, pour tout0 < ǫ < ǫ 0
, dans l'espae des phases au voisinagedes mouvements keplériens irulaireset oplanaires de grands demi-axes
a 1 , ..., a n
, il existe un sous-ensemble de mesure de Lebesgue stritement positive de onditions initiales onduisant à des mouvements qua-sipériodiquesà
3n − 1
fréquenes.Les solutions dérites par e théorème sont don bornées, sans ollision ni éjetion, et
l'ensembledestellessolutionsvoitsadensitétendrevers
1
quandǫ
tendvers0
.Maiselan'empêhepasque,si
ǫ ∈ ]0, ǫ 0 [
estxé,lestoresinvariantsoexistentaveunensembledemesurede Lebesgue stritement positive dessolutionsbeauoupmoins régulières.Nous
renvoyonsau séminairede Cheniner [18℄pourdesexpliationssur ettegure :
Ladémonstrationd'Arnoldétaitomplèteuniquementpour
n = 2
planètesdansleplan.Le théorèmefut démontrépourdeuxplanètesdansl'espae parRobutel [96℄. Pourplus
dedeuxplanètes, larédutionparlasymétrie derotationest moinsexpliite etHerman
remarqua unerésonane mystérieuse :la trae
σ 1 + · · · + σ 2n = 0
desfréquenes séulaires estnulle. Hermansurmonta ette diulté etdérivit une dé-
monstrationomplèteetplusoneptuelledansuneséried'exposés[32 ℄;voiraussi[21℄.
Pouréviterlealuldelatorsiondel'hamiltonienplanétaire(déterminant delamatrie
destermes d'ordre
4
non éritsdansl'expression (10)),Hermanutilisa uneondition de non-dégénéresene due à Arnold et Pyartli, qui nous ramène à vérier que l'image del'analogue del'appliation fréqueneséulaire
Λ = (Λ 1 , ..., Λ n ) 7→ (σ 1 (Λ), ..., σ 2n (Λ))
aprèsrédutionparlasymétriederotationn'estontenuedansauunhyperplanvetoriel.
Un théorème de la théoriedes approximations diophantiennespermet alorsde voir que
lafréqueneestdiophantiennepourun ensemblede valeursde
Λ
demesuredeLebesguestritementpositive,e dont lethéorèmed'Arnold déoule.
Cependant, les diultés pour appliquer le théorème d'Arnold au problème plané-
taire sont patentes. Une première est que la petitesse requise pourles masses n'estpas
réaliste. Hénon alula qu'ave la démonstration d'Arnold, il faudrait que la masse de
Jupiter rapportée à elle du Soleil soit de l'ordre de
10 −300
[38℄! En revanhe, Robu-tel a montré numériquement que ertaines parties du Système solaire, en partiulier
le système Soleil-Jupiter-Saturne, ont une dynamique quasipériodique [58 , 96 ℄. Aussi,
Celletti-Chierhia[14 ,15℄etLoatelli-Giorgilli[67 ℄ontmontrédesversionsquantitatives
duthéorème KAM, qu'ilsont appliquéesauxsystèmes SoleilJupiterastéroïde Vitoria
et SoleilJupiterSaturne;es appliations sont assistées par ordinateurs, et requièrent
dans leseond asla manipulation de séries de dix millions de termes.Que les mouve-
mentsbornésformentunensembledemesuredeLebesguestritementpositivepourtous
les
ǫ
(etpasseulement pourǫ ≪ 1
) resteune questionomplètement ouverte.Un autre point de méontentement pour appliquer la théorie KAM en astronomie est
que l'ensembledes tores invariantstrouvés est (transversalement)un ensemble de Can-
tor(paramétréparlesfréquenesdiophantiennes),topologiquementmaigre.Étantdonné
l'approximation faite en passant du Système solaire réel au problème planétairenewto-
nien, la question de savoir si les moyens mouvements et les fréquenes séulaires des
planètessontdiophantiensn'estpaspertinente. Ainsi,laonlusiondireteduthéorème
d'Arnold,surunintervallede tempsinni,estillusoireenastronomie. Pourtant,lathéo-
rieKAMestdevenueunoutilfondamentalendynamiqueonservative.Pourparaphraser
Poinaré,quiavaittantinsistésurl'importanedesorbitespériodiques,lesorbitesquasi-
périodiquesellesaussifontmaintenantpartiedelabrèheparlaquelleonpeuts'attaquer
au problèmeplanétaire.
UnthéorèmeparentetplusréalisteestlethéorèmedeNekhoroshev[80℄,quiarmeque
les mouvements au voisinage d'une solution KAM quasipériodique sont stables sur un
temps exponentiellement long parrapport à
ǫ
.En appliquant un théorème de e type,Niederman a montré la stabilité d'un système solaire à deux planètes ave des masses
planétaires pastout à fait égalesaux masses réelles, maisnettement plus réalistes [86℄.
Onpourraitenore iterlathéoriedesinvariantsadiabatiquesde Neishtadt, qui fournit