SP´ ECIALE MP* : DEVOIR LIBRE
MATRICES D’ADJACENCES Soit n un entier naturel sup´erieur ou ´egal `a 2.
On note par M
n( C ) l’alg`ebre de toutes les matrices carr´ees d’ordre n `a coefficients complexes. Si A d´esigne une matrice carr´ee d’ordre n `a coefficients complexes son terme g´en´eral sera not´e a
i,j. Pour tout (p, q) ∈ [[1, n]]
2on note par Ω
p,qla matrice dont tous les ´el´ements sont nuls sauf celui de la ligne p et de la colonne q qui vaut 1.
On note E =
A ∈ M
n( C ) | ∀ (i, j) ∈ [[1, n]]
2:
n
P
k=1
a
i,k=
n
P
k=1
a
k,j.
De plus on note par I la matrice unit´e d’ordre n et par J la matrice carr´ee d’ordre n dont tous les termes sont ´egaux `a 1. Il est clair que I et J sont ´el´ements de E.
L’objectif du probl`eme est d’´etudier des propri´et´es de matrices carr´ees d’ordre n `a coefficients dans {0, 1} satisfaisant `a une ´equation matricielle. L’ensemble de ces matrices est not´e M
n({0, 1}). On remarque que cet ensemble n’est stable ni pour l’addition ni pour la multiplication.
Partie I - Dimension de l’espace vectoriel E . Pour tout A ∈ E on note s(A) =
n
P
k=1
a
i,k=
n
P
k=1
a
k,j, expression ind´ependante de i et j.
I.1. Montrer que : ∀ A ∈ M
n( C ) : A ∈ E ⇐⇒ AJ = JA.
I.2. Montrer que E est une sous-alg`ebre de M
n( C ).
V´erifier que s est un morphisme de C −alg`ebre.
I.3. Trouver un suppl´ementaire simple de Ker s dans E.
I.4. Dimension de E
Montrer que J est diagonalisable et que A ∈ E ⇔ A stabilise les sous-espaces propres de J.
En d´eduire la dimension de E sur C en fonction de n.
Partie II - Matrice d’adjacence d’un graphe orient´ e.
Soit X un ensemble fini dont le cardinal est sup´erieur ou ´egal `a n.
Soit S = (x
1, x
2, . . . , x
n) une suite ordonn´ee d’´el´ements de X deux `a deux distincts.
On appelle graphe orient´e de sommets S le couple G = (S, F ) o` u F est une partie non vide de S×S. Les ´el´ements de S sont appel´es les sommets du graphe et les ´el´ements de F sont appel´ees les arˆetes orient´ees ou fl`eches du graphe.
A ce graphe ` G on associe la matrice A ∈ M
n({0, 1}) d´efinie par a
i,j=
( 1 si (x
i, x
j) ∈ F 0 sinon
appel´ee matrice d’adjacence de G.
On appelle chemin du graphe toute suite finie non vide de fl`eches de la forme:
(x
i1, x
i2), (x
i2, x
i3), . . . , (x
ip−1, x
ip)
Le sommet x
i1est le d´ebut du chemin et x
ipest la fin du chemin; la longueur du chemin est p qui est le nombre de fl`eches successives du chemin. On peut avoir x
ik= x
ik+1pour certaines valeurs de k. On a toujours p > 1.
II.1. Soit k ∈ N
∗, on note par b
i,jle terme g´en´eral de la matrice A
k. Montrer que b
i,jest ´egal au nombre de chemins deux `a deux distincts de d´ebut x
iet de fin x
jet de longueur k.
On pourra commencer par prouver le r´esultat pour k = 2.
1
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II.2. Soit d et N deux entiers naturels tous deux non nuls. On consid`ere le graphe K(d, N ) d´efini de la fa¸con suivante. L’ensemble X est l’ensemble de toutes les suites finies de longueur N dont les ´el´ements sont les entiers appartenant `a [[0, d]]. On a X = [[0, d]]
N. Chaque ´el´ement de X sera not´e comme une matrice uniligne de longueur N ; les notions de matrice uniligne, vecteur et liste seront consid´er´ees comme synonymes.
L’ensemble S des sommets est d´efini par:
S = {[x
1, x
2, . . . , x
N] | ∀ t ∈ [[1, N ]], x
t∈ [[0, d]] et ∀i ∈ [[1, N − 1]] : x
i6= x
i+1} Les fl`eches de ce graphe sont tous les couples de la forme
([x
1, x
2, . . . , x
N], [x
2, . . . , x
N, y]) o` u y ∈ [[0, d]] et y 6= x
No` u [x
1, x
2, . . . , x
N] est un ´el´ement quelconque de S.
a. Sur X = [[0, d]]
Non d´efinit la relation suivante:
∀ (x, y ) ∈ X
2: x ≺ y ⇐⇒
soit x = y soit x
1< y
1soit ∃k ∈ [[2, N ]] x
1= y
1, . . . x
k−1= y
k−1et x
k< y
kMontrer que ≺ est une relation d’ordre total sur X.
Cette relation d’ordre est appel´ee ordre lexicographique sur X.
b. Calculer les matrices d’adjacence de K(1, 2) et de K(2, 2).
L’ensemble des sommets de ces graphes sera class´e suivant l’ordre lexicographique stric- tement croissant d´efini par ≺ , ordre induit de X sur S.
II.3. Algorithmique et programmation. On reprend les notations pr´ec´edentes.
Les algorithmes demand´es dans cette question pourront ˆetre r´edig´es en MAPLE, ils pourront aussi ˆetre ´ecrits en fran¸cais en utilisant un m´etalangage simple mais non ambigu. Il ne sera tenu compte que de la consistance et de la correction des algorithmes.
Les sommets du graphe seront repr´esent´es par des listes d’´el´ements de [[0, d]]. Par exemple si d = 2 et N = 3 la liste [1, 0, 2] ∈ S.
On pr´esentera ces sommets dans l’ordre lexicographique croissant et rang´es dans un vecteur (tableau `a une dimension) ou une liste. Par exemple S = [[0, 1, 0], [0, 1, 2], . . . , [2, 1, 2]] ici.
On dispose des trois fonctions suivantes suppos´ees connues et qui pourront ˆetre adapt´ees en fonction du langage de programmation choisi.
• concat # qui prend en argument 2 vecteurs v1 et v2 dont les ´ el´ ements sont tous de m^ eme type (mais quelconque) et qui renvoie le vecteur v3 =[v1 | v2]
exemple: concat([a,b,c],[d,e]) renvoie [a,b,c,d,e]
• sousvect # qui prend en argument une liste non vide et un intervalle d’entiers a..b (a inf´ erieur ou ´ egal ` a b) et qui renvoie la sous-liste form´ ee des caract` eres d’indice de a ` a b (bornes comprises) ou un message en cas d’erreur.
exemple: sousvect([a,b,c,d,e],2..3) renvoie [b,c]
• longueur # qui prend en argument le vecteur v et qui renvoie sa dimension Les ´el´ements des vecteurs sont num´erot´es `a partir de l’indice 1.
a. Ecrire une fonction ou une proc´edure (nomm´ee ´ sommet ) qui prend en entr´ee les entiers d et N et qui renvoie la liste des sommets de K(d, N ) class´ee en ordre lexicographique croissant.
Les sommets pourront ˆetre rang´es dans un vecteur ou liste; le num´ero d’ordre du sommet
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sera ´egal `a l’indice du tableau contenant ce sommet.
On pourra partir du cas N = 1 o` u S = [[0], [1], . . . , [d]].
b. Ecrire une fonction ou une proc´edure qui prend en entr´ee les nombres ´ d et N et qui renvoie la matrice d’adjacence du graphe K(d, N ). On utilisera la proc´edure sommet pr´ec´edente.
II.4. Calculer le cardinal de S en fonction de d et N.
II.5. Soit A la matrice d’adjacence d’un graphe G (voir le pr´eambule de cette partie). On suppose que A
m+ A
m+k= J o` u m et k sont deux entiers naturels avec k > 0.
Que peut-on dire du graphe G?
Partie III - Existence de solutions d’une ´ equation matricielle.
On consid`ere l’´equation matricielle (P
m,k) :
( A
m+ A
m+k= J
A ∈ M
n({0, 1}) et o` u m et k sont deux entiers naturels donn´es avec k > 0. La matrice A est l’inconnue.
III.1. Recherche de conditions n´ ecessaires.
a. Montrer que toute solution de l’´equation (P
m,k) est ´el´ement de E.
b. Montrer que si (P
m,k) admet une solution alors il existe d ∈ N
∗tel que n = d
m+ d
m+k. c. On note U =
1 ...
1
la matrice unicolonne de dimension n et dont tous les termes sont
´egaux `a 1. Dans cette question la matrice A peut ˆetre consid´er´ee comme une matrice `a coefficients complexes.
(i) Montrer que U est un vecteur propre de la matrice A associ´e `a la valeur propre γ que l’on calculera.
(ii) Montrer que dim
CKer(A − γI ) = 1.
(iii) Montrer que toutes les autres valeurs propres complexes de A sont nulles ou racines k−i`emes de −1.
(iv) Soit B (λ) la transpos´ee de la comatrice de A − λI o` u λ est une variable complexe.
On rappelle la formule
(A − λI)B(λ) = B(λ)(A − λI) = χ
A(λ)I o` u χ
Ad´esigne le polynˆome caract´eristique de A.
[α] Montrer que Rg B (γ) 6 1 et que la matrice B(γ) est de la forme [c
1U |c
2U| . . . |c
nU ] o` u c
1, c
2, . . . , c
nsont des scalaires.
[β] Montrer que Rg(B) = 1 puis, en consid´erant A
T, montrer que c
1= . . . = c
n. [γ] Montrer enfin que γ est une valeur propre simple de A.
III.2. ´ Etude du cas o` u le nombre k est pair.
On suppose que k = 2h avec h ∈ N et qu’il existe une solution de (P
m,k), not´ee A. On sait alors qu’il existe d ∈ N
∗tel que n = d
m+ d
m+k.
a. Montrer que A
m(I + A
2h)(A
h− d
hI) = 0.
b. D´eduire de ce qui pr´ec`ede que les valeurs propres de A
hsont ´el´ements de l’ensemble {0, i, −i, d
h}.
Montrer alors que la trace de la matrice A
hest ´egale `a d
h.
c. Si on note par c
i,jle terme g´en´eral de la matrice A
h, montrer que Tr A
2h>
n
P
i=1
c
2i,i. En d´eduire que Tr A
2h> 0.
d. (i) On note par u
i,jle terme g´en´eral de la matrice I + A
2h.
A l’aide de la question pr´ec´edente prouver qu’il existe ` q ∈ [[1, n]] tel que u
q,q> 2.
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