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Submitted on 1 Jan 1914
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L’évolution photochimique des électrolytes
Marcel Boll
To cite this version:
Marcel Boll. L’évolution photochimique des électrolytes. J. Phys. Theor. Appl., 1914, 4 (1), pp.553-
561. �10.1051/jphystap:019140040055301�. �jpa-00241923�
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Mais alors les contradictions d’ordre chimique que nous avons
rappelées à propos de chacun des éléments considérés conduisent à reporter entièrement sur la question de valence les difficultés qu’elles
soulèvent: par exemple le glucinium, malgré son poids atomique 9,1,
n’en reste pas moins semblable tantôt au magnésium bivalent, tantôt
à l’aluminium trivalent.
On a donc le droit de séparer la question de valence de celle de la valeur du poids atomique, la seconde pouvant être résolue sans
que l’on ait à opter entre plusieurs valeurs de la première.
Quant à savoir comment un élément peut, sous un poids ato- mique invariable et un même état d’oxydation, manifester des va-
lences différentes, suivant la nature de ses combinaisons, c’est une question ouverte dont la solution sera probablement fournie par le
développement des hypothèses actuellement formulées sur la struc- ture complexe de l’atome.
L’ÉVOLUTION PHOTOCHIMIQUE DES ÉLECTROLYTES(1);
Par M. MARCEL BOLL.
1. Méthode de mesure.
-L’étude quantitative des phénomènes photochimiques est subordonnée à la réalisation d’une double con-
dition :
1° Il est nécessaire d’employer un rayonnement parfaitement dé- fini, à la fois comme puissance incidente 00 et comme fréquence v ;
2° Puisque les quantités de matière produites sous l’influence des rayonnements usuels sont très minimes, il faut avoir à sa dispo-
sition une méthode de mesure extrêmement sensible, qui permette de suivre pas à pas les progrès de la réaction chimique.
On s’aperçoit rapidement que les méthodes habituelles de l’ana-
lyse chimique sont tout à fait impraticables et qu’il faut avoir re- cours à des méthodes physicochimiques, au premier rang des-
quelles il faut placer la mesure de la conductivité : on se borne alors à l’étude des réactions photochimiques, au sein des électron- lytes.
(1) Voir pour plus de détails : Co2nptes rendus de l’Académie des Sciences,
~912, ~19~3, ~914; Annales de Physique, 1914.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019140040055301
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Pour que cette mesure de conductivité nous renseigne sur la
masse formée, il faut opérer dans des conditions où la dissociation électrolytique de la solution soit suffisamment connue, par exemple
en solutions extrêmement diluées (ccu n2oins dix-millimoléculaires).
Et comme d’autre part il y aura avantage
-pour aug menter l’ac- tion du rayonnement- à disposer le liquide en couches très minces,
on conçoit que la résistance atteindra des valeurs considérables, de
l’ordre du mégohm et plus : la méthode classique de Kohlrausch est alors tout à fait inapplicable.
Je me sers comme appareil de zéro d’un électroméire à quadrants
du type Curie, modifié par Moulin, en plaçant côte à côte deux
cuves semblables, de résistance R et R2 1), dans un même ther-
mostat à huile de vaseline.
Chacune de ces cuves est disposée entre l’aiguille de l’électro-
mètre et une des paires de quadrants.
Ces cuves contiennent primitivement la même solution ; et si
l’on soumet l’une d’elles, R2 par exemple, à l’influence d’un rayonne- ment, sa résistance varie par suite de la réaction chimique et on équilibre à chaque instant par une résistance additionnelle r. Un calcul immédiat montre qu’on a :
FIG..
’
Cette méthode est parfaitement différentielle, puisqu’elle rend possible la comparaison de deux cas qui ne présentent aucune
autre différence que celle relative au problème spécial que l’on veut étudier.
.
Après plusieurs tâtonnements, j’ai été conduit à employer des
cuves dont la forme est représentée par la figure 2 ; le rayonnement pénètre par la surface libre ; CC’ est un couvercle de quartz des-
tiné à empêcher l’évaporation; e, e’ sont deux électrodes de platine et
TBT deux tubes remplis de mercure servant à amener le courant de
555 mesure : la distance ee’ est d’environ 5 centimètres et la cuve con-
tient habituellement 1 centimètre cube de solution dix-millimolé- culaire.
FIG. 2.
2. Sensibilité de la méthode électrométrique.
-J’opérais habi-
tuellement sur 10 - ~ gramme envir-on de substance active ; d’autre part, la résistance variait le plus souvent de 500.000 ohms pendant
la réaction complète. Et, corfime l’expérience et la théorie m’ont montré qu’on pouvait facilement déceler à l’électromètre des varia- tions de résistance de 50 olims sur un total de 500.000 ohms, on
peut ainsi reconnaître le 1 100.000 de ce qui se passe dans 1 centi-
mètre cube de solution dix-millimoléculaire, c’est-à-dire que la méthode est sensible à 10-10 gramme, soit au dix-millionième d e
milligramme.
-D’ailleurs, une telle précision est rarement indispensable, et de plus, elle exige que les autres réglages - notamment celui de la température - soient faits en conséquence.
3. Montage optique.
-La production d’une radiation monochro-
matique par filtration à travers des écrans absorbants doit être con -
sidérée comme un pis aller, et le seul procédé correct consist e à
étaler le rayonnement complexe en spectre (flg. 3). Il s’agit de réa-
liser un rayonnement monochromatique aussi intense que possible
et couvrant une surface aussi étendue que possible : il faudra don c
employer une fente à la fois très longue et très large.
L’emploi d’une fente très large exige d’avoir à sa dispositio n
une source de rayonnement émettant des raies très espacées : l’arc
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au mercure en quartz convient parfaitement (arc Cooper-Hewitt, dit
à 220 volts, fonctionnant généralement sous 80 volts X 4 ampères).
Les lois de l’optique géométrique interdisent de former une image rectiligne d’un objet trop long; si l’on se servait d’une fente droite, l’astigmatisme des lentilles de quartz et (~2 ( fig. 3) et surtout des prismes de quartz P j et P 2 donnerait des raies spectrales courbes,
d’un emploi peu commode. Je suis arrivé à éliminer très sensible- ment cet inconvénient, en me servant d’une fente F courbée en sens inverse .
F°iG. 3.
La figure 3 montre alors l’appareil dispersif ; M est l’arc au mer-
cure (horizontal et perpendiculaire au plan de la figure) ; DD’ est la diacaustique et C la cellule photochimique (flg. 2) vue en coupe,
qu’on peut déplacer suivant DD’.
,Les réglages se font par des écrans fluorescents. La puissance rayonnante ltlo se mesure en déplaçant dans la diacaustique DD’ une pile thermoélectrique de Rubens étalonnée au moyen d’une lampe
Hefner : on obtient ainsi 9~U en unités absolues, c’est-à-dire en ergs.
4. Emploi des acides chloroplatiniques. - Parmi toutes les réac-
557 tions photochimiques que j’ai étudiées, je n’en ai pas trouvé de plus
nette que la décomposition, déjà signalée par Kohlrausch (.~900), des
acides chloroplatiniques :
PLC16H2 acide (hexa)chloroplatinique
ptCI,5 (OH) H2 acide pentachloroplatinique
ptCI4 (OH)2 H2 acide tétrachloroplatinique
...
PtC12 (0H)À H2 acide dichloroplatinique
H2 acide monochloroplatinique
Cette réaction offre de nombreux avantages :
dépendant la réaction photochimique, le milieu reste constamment
homogène, sans formation de gaz ni de précipité ;
2° Elle n’est pas influencée par la présence de l’air ;
31 Enfin les variations de conductivité sont énormes, par suite de la formation d’un nombre considérable d’ions H+, dont la mobilité
est très grande.
Nous avons tout d’abord reconnu, Paul Job et moi, que cette réaction obéit aux lois ordinaires de la cinétique chimique, qu’elle
est d’ordre 2 (bimoléculaire) très exactement et que - pour l’acide
(hexa)chloroplatinique, par exemple - on peut la mettre sous la
forme :
Les autres acides de la même série, et en particulier l’acide tétra-
chloroplatinique (dont l’évolution photochimique est très régulière s’hydrolysent suivant des équations analogues.
5. Influence de la puissance rayonnante incidente sur la vitesse de
réaction.
-La première question qui se pose alors est de détermi-
ner comment varie la vitesse de réaction v, c’est-à-dire la masse
détruite par seconde, en fonction de la puissance rayonnante inci- dente (2,.
On a toujours admis que les deux grandeurs v et lllo variaient pro-
portionnellement, sans soumettre la question à un examen suffisam-
ment approfondi. Cette proportionnalité n’est d’ailleurs nullement évidente a priori dans le cas de réactions bimoléculaires.
Trois méthodes se présentent à l’esprit, qui permettraient de
faire varier W. :
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1 ° Si l’on déplace le récepteur par rapport à la source de lumière,
varie comme l’inverse carré de la distance. Cette méthode, très simple en rayonnement total, paraît à peu près impraticable dans le
cas d’une radiation monochromatique ;
2° On peut interposer des écrans opaques, par exemple sur la face
d’entrée du prisme 0j (fig. 3) ;
3° Enfin on peut placer au-dessus de la cellule (fig. 2) une cuve parallélépipédique à fond de quartz, dans laquelle on verse une solu- tion d’absorption connue par ailleurs.
Ces deux dernières méthodes m’ont montré, sans aucune ambi-
guïté, que, même dans le cas d’une réaction bimoléculaire, la vitesse
de réaction v varie proportionnellement à $Q, et on peut résumer les
deux résultats déjà indiqués par la formule :
(1) v - kJTl¡Çt’OC2,
oû c estla concentration moléculaire, la masse moléculaire et k
une constante.
6. Application à la mesure absolue d’un rayonnement ultraviolet.
-La constante k ayant été déterminée, la relation (1) pourra servir de base à une mesure précise de la puissance 0152o d’une radiation ultra-
violette ; il y a là le principe d’un actino1nètre dont les indi- cations ne dépendent pas du tout de la réczction choisie et dont l’em-
ploi peut s’étendre, grâce aux résultats rappelés au paragraphe 8,
sur une grande région spectr.ale, depuis le jaune jusqu’à l’ultraviolet extrême.
Accessoirement, je me suis basé sur la relation (1) pour étudier l’émission £10 de l’arc au mercure en fonction des watts électr.iques dépensés W ; j’ai reconnu qu’on pouvait représenter 9?0 par une fonc- tion parabolique de W, mais que cette fonction a une forme différente ,pour les diverses raies, tout au moins lorsque celles-ci ne font pas
partie de la même série spectrale.
‘1. Influence de la puissance rayonnante absorbée sur la vitesse de réaction.
-Dans la cuve parallélépipédique dont il a été question plus haut(§ 5, 3°) et qu’on pose au-dessus de la cellule photochi- mique (fig. 2), on peut en particulier verser une solution du même
acide chloroplatinique : il suffit de déterminer en même temps la
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résistance électrique des deux cuves; la conductivité de la cuve
supérieure donne la masse formée et par suite la vitesse de réaction;
la conductivité de la cellule inférieure fournit une mesure de la puis-
sance absorbée pendant la réaction photochimique qui a eu lieu dans
la cuve supérieure.
On n’a jamais fait de mesures précises sur l’absorption d’une
substance qui réagit photochimiquement. Eh bien ! 1 même dans ce
cas, l’absorption totale obéit aux lois classiques de Lambert et Beer, qui donnent la puissance émergente É-P en fonction de l’épaisseur tra-
versée L et de la concentration moléculaire c :
x représente une constante : c’est la constante d’absorption molé-
culaire.
Ceci posé, un calcul élémentaire permet de compléter la formule (1)wet d’obtenir la vitesse de réaction v en fonction de la puissance
absorbée
Le résultat est le suivant :
1
a est une certaine constante qui définit la susceptibilit6 photo- chimique de la substance étudiée, pour la longueur d’onde consi- dérée.
Je suis ainsiparvenu à ce résultat remarquable que, dans les réac- tions bimoléculaires, la vitesse de réaction est proportionnelle à la fois
à la puissance absorbée Cf!a et à la concentration c : il s’ensuit qu’aux
très faibles concentrations, la vitesse v est très minime, quoique la puissance absorbée Wzz soit relativement considérable.
8. Influence de la fréquence sur la vitesse de réaction.
-Tout
comme la constante d’absorption moléculaire x, la susceptibilité photocliimique 7 dépend essentiellement de la longueur d’onde A ou
mieux de la fréquence
du rayonnement incident.
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Pour étudier l’influence de la fréquence, il suffit de déplacer la
cellule C: dans la diacaustique DD’(fig. 3) ; l’expérience montre alors
que 7 peut être représenté par une fonction exponentielle de v, depuis le jaune jusqu’à l’extrême ultraviolet :
p est une nouvelle constante tout à fait caractéristique de la subs- tance étudiée et qu’on peut appeler sa photoch1nlique ; « est
une autre constante.
On peut résumer les formules (2), (3) et (4) dans une même re-
lation :
-