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Submitted on 1 Jan 1910
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Jacques Duclaux, A. Hamelin
To cite this version:
Jacques Duclaux, A. Hamelin. Une modification du thermomètre à mercure. J. Phys. Theor. Appl.,
1910, 9 (1), pp.600-606. �10.1051/jphystap:019100090060000�. �jpa-00241578�
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UNE MODIFICATION DU THERMOMÈTRE A MERCURE;
Par MM. JACQUES DUCLAUX et A. HAMELIN.
Tous ceux qui se sont servis de thermomètres à mercure pour des recherches de précision savent quels’ sont les inconvénients de cet
instrument, et comment sa sensibilité est, en fait, limitée à un point qu’il serait souvent nécessaire de dépasser. Parmi les causes qui empêchent de la rendre plus grande, fi gurent en première ligne les
variations de l’angle de raccordement du mercure et du verre dans le tube capillaire. Ces variations ont lieu quand le mercure tend à
monter ou à descendre : elles ont pour effet de modifier la pression
dans le réservoir, de changer le volume de ce réservoir et de ralen-
tir ou d’empêcher le mouvement de la colonne. Un très faible échauf- fement se traduit par une augmentation de la convexité du ménisque :
la flèche croît, mais d’une quantité bien inférieure à celle dont le mé-
nisque avancerait s’il conservait la même forme. Les indications du
.
thermomètre sont donc inexactes lorsque la température est peu
variable, et l’expérience montre qu’elles le sont d’autant plus que les variations sont plus lentes.
On évite, comme on sait, en partie ces inconvénients en frappant
à petits coups la tige du thermomètre ; mais la pratique montre que
ce remède est insuffisant. Nous avons pensé qu’on obtiendrait un
meilleur résultat si l’on pouvait faire que l’angle de raccordement fût constamment nul : ce qui peut être réalisé en remplissant la tige
du thermomètre, au-Jessus du mercure, d’eau acidulée par l’acide
sulfurique, telle qu’on l’emploie dans l’électromètre de Lippmann (~ ).
On connaît l’extrême mobilité du ménisque de mercure observé dans cet instrument.
Pour éviter que le mouvement du mercure produise des effets élec-
trocapillaires gênants, dus à la variation de la surface de contact mer- cure-eau acidulée dans la tige, celle-ci a été munie à sa partie supé-
rieure d’une ampoule latérale pleine de mercure et reliée par un fil de platine au mercure du réservoir thermométrique. Cette disposi-
.
(1) A froid, il
ne seproduit pas cle réaction sensible entre le
mercureet l’eau acidulée. Il
neserait cependant pas prudent demaintenirindéfiniment le ménisque
à la place où il doit être observé. Il
enest de même,
comme onsait, dans l’élec- tromètre de Lippmann.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019100090060000
tion est représentée dans la flg. ~1. Noas l’avons choisie, quoiqu’elle
ne fût pas la meilleure, parce qu’elle était la plus facile à réaliser.
FIG. Z.
Dans le thermomètre ainsi modifié, les variations de l’angle de
raccordement sont nulles, et la colonne de mercure est excessive- ment mobile : on s’en aperçoit, sans faire aucune mesure, en lais-
sant le thermomètre suspendu à l’air et en observant à distance le
ménisque, qui avance et recule sans cesse, tandis que celui d’un ther- momètre ordinaire placé parallèlement est beaucoup plus paresseux.
Nous avons étudié le nouvel instrument, d’abord seul, puis par com-
paraison avec des thermomètres à mercure de provenance diverse.
Voici quelques-unes des expériences que nous avons faites.
1. Fixité du zéro.
-Le thermomètre a été maintenu dans la glace
d’eau distillée fondante, enfermée dans un tube à doubles parois, lui-
même entouré de glace ordinaire. Il a marqué :
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Les variations apparentes sont de 01,001 au plus : les variations réelles sont plus faibles, car nous n’avons pas réussi à maintenir absolument constante la température de la tige du thermomètre ; et
les conditions dans lesquelles nous opérions ne permettaient pas l’emploi d’une tige correctrice.
Dans une deuxième série d’expériences, nous avons cherché si le
mercure revenait au même point après des variations rapides : on pouvait craindre en effet qu’il ne restât une gaine d’eau acidulée adhérente aux parois du tube au-dessous du ménisque, qui aurait
alors marqué une température trop élevée. Un appareil a été disposé
de telle manière que le thermomètre pût être retiré de la glace fon- dante, échauffé ou refroidi rapidement, et rernis dans l’enceinte à 0°.
Les variations sont insensibles, sauf dans la première expérience.
Celle-ci a été faite dans des conditions extrêmes : le refroidissement
a été suffisant pour ramener l’eau acidulée dans le réservoir, et le
mercure, après avoir reculé de 20 centimètres, est remonté à la vitesse de plusieurs centimètres par minute. Malgré cela le zéro s’est
à peine déplacé.
Enfin, nous avons constaté que le thermomètre, échauffé de 0° ,5,
et replongé sans l’agiter dans la glace fondante, marquait, après cinq minutes, une température supérieure de 0°,00i environ seule-
ment à sa température définitive. Nous croyons donc pouvoir con-
clure qu le zéro du nouvel instrument est fixe à moins d’un millième de degré en toutes circonstances.
2. Exactitude des indications.
-La capacité calorifique du réser-
voir de notre thermomètre est la même que celle d’un thermomètre
calorimétrique ordinaire, soit environ ~ grammes d’eau. C’estun chiffre relativement considérable : aussi le thermomètre a-t-il, comme tous les thermomètres à mercure sensibles, une inertie notable, et ne suit-
il pas exactement les variations de température du milieu où il est
plongé, lorsque ces variations sont rapides. L’expérience rnontre
seulement qu’il les suit de beaucoup plus près qu’un thermomètre
ordinaire. Nous avons étudié comparativement deux lie ces derniers,
l’un à tige plate et à chemise extérieure, de construction allemande : l’autre en verre dur, à trou rond, de chez un très bon constructeur
français.
Les thermomètres étaient placés côte à côte dans une masse de mer- cure de 2 kilogrammes environ, contenue dans un large tube plongé
dans un thermostat. En approchant ou éloig nant du thermostat une
petiteflamme auxiliaire, on peut avoir des variations de température
trèsfaibles et très lentes. Les réservoirs des thermomètres étaient à peu près de mêmes dimensions et de même épaisseur (les différences étant en faveur des thermomètres de comparaison); ils auraient
donc du donner des indications sensiblement concordantes. Au con-
traire, les variations du nôtre ont été incomparablement plus nettes.
F1G. 2.
La fige 2 représente des variations simultanées de notre thermo- mètre et du thermomètre à trou plat. On voit que ce dernier est tou-
jonrs en retard, et que, de plus, la courbe qu’il décrit comprend de
nombreux paliers partout où les variations sont très lentes. Ses indi- cations sont donc tout à fait inexactes.
La flg. 3 correspond au thermomètre à trou rond. Les observations ont été faites avec une précision plus grande, et les courbes repor- tées à une échelle plus grande aussi. Là encore, la courbe du ther-
momètre de comparaison est coupée de nombreux paliers : celle du
nôtre n’en montre aucun. Observé à la lunette, le mercure n’y paraît jamais immobile, tanlis que celui du thermomètre de comparaison
est resté, au début de l’expérience (non figuré sur la courbe), absolu-
*
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ment fixe pendant treize minutes, donnant ainsi l’illusion que la tem-
pérature du thermostat était constante à v°,0001 près, alors qu’elle
avait varié en réalité de On ,0028. Les deux thermomètres de compa- raison trou plat et trou rond sont sensiblement équivalents ; ils ne
FIG. 3.
,commencent à donner des indications (inexactes d’ailleurs) que pour des différences de température supérieures à 0° ,002 ou 0°,003, tandis que le nôtre enregistre des variations de 01,00005, cinquante fois plus faibles.
3. U 11 troisième procédé de co rn paraison consiste à observer la
marche d’un thermomètre au centre d’une masse de mercure conte- nue dans un thermostat dont on baisse la veilleuse, de manière à obtenir des variations extrêmement lentes (0°,1 par heure par
exemple). Dans ces conditions, le nôtre descend régulièrement, tan-
dis qne les thermomètres de comparaison descendent par une série de saccades. Pour apprécier l’importance de ces saccades, il suffit
de tracer une courbe régulières passant au milieu des points obser-
vés, et devoir à quelle distance de cette courbe se tiennent ces points.
Cette distance peut être prise pour mesure de l’amplitude des sac-
cades ou des irrégularités de la marche du thermomètre. Nous avons
ainsi trouvé, pour le nôtre, un écart moyen de 01,000021 avec un
écart maximum de 0°,0000~~ pour une observation isolée, tandis que les nombres correspondants, pour le thermomètre de comparaison
à trou plat, étaient de 0°,00016 et 0~,000~5, respectivement 8 et
5 fois plus grands, quoique le refroidissement fût sensiblement plus rapide. En fait, avec notre thermomètre, les variations ne dépassaient
pas l’erreur de lecture, qui atteignait environ 0° ,000033, nombre cor- respondant à un déplacement du ménisque de 3 u seulement. Il est donc probable que la marche du thermomètre nouveau est absolument
régulière, tandis qu’il est certain que celle du thermomètre de com-
paraison ne l’est pas.
4. Enfin, nous avons cherché à appliquer notre thermomètre à la
mesure de variations de température très faibles, connues j)riori :
nous avons choisi le phénomène de fusion de la glace sous pression variable, observé dans un appareil facile à imaginer, qu’il nous semble
inutile de décrire. Voici les résultats obtenus : P désigne la pression
en centimètres d’eau, la température de fusion observée en prenant pour 0 le point de fusion sous la pression atmosphérique, K le quo- tient, multiplié par 1000, de ces ùellx quantités :
-Les nombres de la dernière colonne ne s’écartent, comme on le voit, que. de 4 0/0 au plus de leur moyenne 0,00593, quoique les va-
riations de température soient moindres que 0° ,002, c’est-à-dire ab- solument insensibles à un thermomètre ordinaire. L’écart le plus
considérable correspond à une erreur de 0°,00006 seulement sur
la différence de deux lectures, quantité à peine double de l’erreur (00,000035) possible sur chaque lecture. Ici donc encore, l’erreur
propre du thermomètre n’a pu être mise en évidence (1). Pour
obtenir la rnême précision avec un thermomètre cryoscopique ordinaire, il aurait fallu employer des pressions au moins 20 fois plus grandes.
i(1) Cependant la moyenne des nombres trouvés correspond à
unevariation du
point de fusion de 0°,OOG2 par atmosphère, nombre
assezdifférent de celui
(0°,0015) que l’on peut calculer par l’équation de Clapeyron. La tige de notre ther-
momètre n’étant pas c3,libr¿e (première
caused’erreur),
nousn’avons pas cher- ché à faire
cesexpériences
avec unegrande précision ;
nous avons reconnudepuis que les températures avaient été mesurées par défaut et les pressions par
excès.
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Nous pensons donc que ce dispositif permet d’utiliser le thermo- mètre à mercure à des mesures inabordables avec les instruments ordinaires. Bien entendu, les erreurs de calibrage, ou celles qui sont
dues à l’inertie thermique de la masse mercurielle, ne peuvent être
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