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A propos des os wormiens

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A propos des os wormiens

PITTARD, Eugène

PITTARD, Eugène. A propos des os wormiens. Bulletin de la Société suisse d'anthropologie et d'ethnologie , 1944, vol. 21, p. 16-17

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:109929

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Extrait du Bulletin de la Société suisse d'Authropologie et d'Ethnologie, 1944/45, 21 me année

6. E11GÈNE P1TTARD (Genève). - A propos des os wormiens.

Dans les «Instructions craniologiques>>, qui datent de 1875, Broca a donné quelques indications au sujet des os wormiens. Il a même publié une classification de ces os par ordre de g;randeurs. Depuis, un certains nombre d'auteurs se sont occupés de ces os intercalaires, qn.:

la plupart des anatomis,tes considèrent comme les témoins - et les suppléants - d'une pénurie osseuse au moment d'une poussée encépha- lique exceptionnelle. Il est bien certain qu'aujourd'hui encore le pro - blème des os wormiens - c'est-à-dire leur raison d'être, même leur pré- sence particulière en telle fontanelle, ou en telle suture - est loin d'être résolu. Dans un mémoire déjà ancien, j'écrivais : « Il faudrait pouvoir porter beaucoup plus loin que nous ne l'avons fait jusqu'à présent nos investigations; les envisager, non pas seulement en vue d'une simple statistique, mai& chercher leurs rapports avec tous les détails de l'ar- chitecture cranienne, où nous lisons, parfois assez bien, les résultats des actions encéphaliques. »

Je crois encore aujourd'hui, devant l'impossibilité où nous sommes d'affirmer quoi que ce soit de définitif au sujet de ces suppléments osseux, que la seule voie qui nous permettra, sinon de voir clair défi- nitivement, du moins de nous approcher de la vérité, est d'examiner la présence ·des os wormiens en relation, comme nous l'avons écrit, avec tous les détails de l'architecture cranienne.

l\fais pour que cette étude soit fructueuse, il la faut entreprendre, non en examinant, au hasard, dans un laboratoire, dans une collection, quelques crânes pourvus d'os wormiens, et en tirer quelque conclusion hâtive mais faire cet examen sur des séries craniennes homogènes - ra- cialement parlant les plus nombreuses qu'il soit possible de rassembler - les sexes étant naturellement séparés.

Nous ne savons même pas aujourd'hui - j'entends d'une façon in- dubitable - si les os wormiens sont plus fréquents chez les crânes bra- chycéphales ou chez les crânes dolichocéphales; chez les crânes mas- culins ou chez les crânes féminins, dans les races dites primitives ou chez les races les plus évoluées; si le côté gauche du crâne se comporte, à ce point de vue, de la même façon que le côté droit; si le.s crânes à faible capacité possèdent autant d'os wormiens que les crânes à grande capacité; si dans les premiers et dans les seconds de ceux-ci, les régions fontanellaires et suturales se comportent de la même façon; si les pre- miers sont plus pauvres de wormiens que les seconds, etc.

Encore une fois nous ne pourrons apprendre quelque chose de nouveau qu'en serrant le problème de très près. En ce faisant, les an- thropologistes apporteront à l'anatomie humaine des renseignements

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dont celle-ci pourra faire son profit. Au surplus une telle étude devrait être poursuivie en examinant les os wormiens chez le foetus et chez les enfants au cours de leur développement, chez les individus à crânes anormaux (microcéphales et hydrocéphales), chez les individus qui, par habitudes ethnographiques, ont eu la tête déformée lorsqu'ils étaient en- fants. Enfin des comparaisons avec ce que peuvent montrer les jeunes anthropoïdes, chez qui les sutures· sont encore bien visibles (elles sont rapidement synostosées) seraient d'un intérêt qu'il est inutile de sou- ligner.

En ce faisant les anthropologistes ne songent nullement à se substi- tuer aux anatomistes. Ils apporteront à ceux-ci ce que leur propre dis- cipline scientifique leur impose, les oblige à considérer, puisque la mor- phologie comparative « selon l'âge, le sexe et la race » est leur lot, la raison même de leurs préoccupations.

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