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Quelques nouveaux crânes de lacustres suisses
PITTARD, Eugène
PITTARD, Eugène. Quelques nouveaux crânes de lacustres suisses. Archives suisses d'anthropologie générale , 1918, vol. 2, no. 4, p. 250-254
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:106420
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Extrait des Archiyes saisses d'Anthropologie e'énérale Totne
Il. \o
4, rgrg.Quelques nouveaux crânes de Lacustres suisses
tOn se rappelle la découverte d'une station lacustre, d'étendue considé- rable, à Zurich rnême, quai des Alpes.
Le
Musée National Suisselit
immédiatement entreprendre, sous la direction de M.Viollier, des fouilles
qui ont
aussitôtfourni un
matèriel archéologique extrêment riche.Mais dans les stations lacustres suisses les squelettes sont toujours rares.
Au
mois de février 1916,on
découvrit les prerniers ossements hu- mains : c'était un cr'âne assez bien conservé. A la fin de mars la collection ostéologique ramassée dar-rs la station se composait de trois crânes, dedix fi'agments de crânes, et de six autres debris osseux.
Apremière vlle cet inventaire paraît de peu d'importance. Mais
il
nefaut pas oublier
ia
pauvreté des documenrs anthropologiques fournis par les stations laclrstres du lac de Zurich-
comme cl'ailleur-s, ainsi que nous le disions plus haut, de tous les lacs suisses.M.
Schiaginhaufen rappelle, à ce propos,la
composition dela
tr.ès modeste collectior-r recueillie jusqu'à présent dans Ie lac de Zurich:
un crâne dela
station d'obermeilen datanr du néolithique supérieur, une portion de voûte cranienne provenant dela
station dite o Grossen Haf-ner. >, proche du quai d'Uto (ville de Zurich) I un crâne, mieux conser.vé,
-
celuiJà datant de l'âge du bronze, extrait de la starion n Haumesser.>près Wollishofen.
Les débris de squelettes du quai des Alpes font donc bonne
fig're,
siI'on peut dire, en regard des trorivailles zurichoises plus anciennes. ces documents nouveaux
sont
entrés dansles
collectionsde
I'Institut anthropologique de I'université de Zurich que dirige M. schlaginhaufen.ce dernier a bien voulu faire communiquer aux Archi.pes les clichés qui accompagnent cette note.
Les
trois
crânes décrits par M. S.2 appartiennenr à l'âge du bronze1 UebLzr clic menschliclten Skelettreste a.us dem Pfahtbau ant Aipenquai in Ziirich. Sonderab- drnclt aus Jâhrgang 62 (rgL7) der Vielteljâhrssclirifi der Natur.forschenden Gesellschaft in Zùrich, 19t7.
s Photographies de M. O. Scblaginhaufen. Les clichés ont été obligeamment prêtés par Ml\I. Zùr- chel et Furrer, éditeuls, à Zurich.
1.-AITS ET DOCUMENTS 25t
Phot. Schlaginhaufcu Phot. Scblaginltaufen.
I.-ro. r et z.
-
Crânes lacustres provenant de 1a station Alpenquai à Zurich.(Crâne No r de Schlaginl.raufen.)
Phot. Scltlaginlraufcn. Phot. Schlaginha'fen.
Frc. 3 et 4.
-
Crânes lacustres provenant de la station Alpenqtrai à Zurich.(Crâne no z de Schlaginhatrfen.)
25z I.-AITS ET DOCUMENTS
Leurs indices céphaliclues sont respectivement (nous les numéro- tons r, 2,3) 77.2
i
/o.8 ; 78. r l leurs indices flontaux 8o.5 ; 8r .g;78.2.Le
numéloz de
ces crânes estnettement dolichocéphale
;
lesdeux autles
(t
et 3) sont rnésati- céph ales.L'indice orbitaire des nos r et 3
est respectivetreur:87,2
ct
87.g, et I'ir-rdice nasal des mêrnes crânes 53.8 et 59.5.On sait que les
découveltesfaites
jusqu'à présent dans les Pltot Schlagi'haufeti. statior-rs lacustres cle la Suisse ont Frc.5.-
Nornra lronta]is d'crâne Noz pc.ris
de co^stater. la srrcccssio*lstation
lacustle
r -' 'de l'Àlpenquai à
Zurich).
chronologiqtte sttivaute des grott- pes humains :A la periode néolithique, ar-rivée de Brachycéphales
-
ce sonr vraisem-blablement les constructenrs despalafittes
-
qui se rlaintiennent ethni- quement assez pllrs jusqu'à I'âge du bronze. A ce morlent pénètrent en Suisse des Dolichocéphales dontI'orip;ine réelle est encore incon- nue. A partir du début de l'âge du bronze doivent apparaître, tout rratulellemeut, les types inter- médiaires mésaticéphales.
La station du quai des Alpes de Zurich, ne change
lien
aux obselvations pr'écédernment ex- posées. Les crânesqui ont
ététlouvés ne
tron bler.rtpas
leshypothèses etl-rniques reiarives aux premiers peuplemeuts de
notre pays.
La
découverte deZlrich
s'ajoute aux déconvertes précédentes pour confirmer nossuppositions. I'hot. Schlaginhaufcn.
une seconde observation du.,âl':Tr.6;(""i,?,ïjî.i::i3'j:tiL,o."_
doit être faite.
La
stationzltri-
quai à Zuricl-r).FAITS ET DOCUMENTS 253
Phot. Scltlagiuhaufcn. Pllot. Schlâginhaufeil.
Frc.7 et 8.
-
Crânes lacustres provenant de. la station Alpenquai à Zr-rrich.(Crâne No 3 de Schlaginhaufen.)
Phot. Schlaginhaufen Plrot Schlaginhaufen'
Frc. 9 et ro.
--
Norma frontalis et Norma occipilalis clu crâne No 3, voir ci-dessus254 }-AITS ET DOCI]MENTS
choise à
livré
une assez grande quantité de restes de squelettes autres que Ie crâne.A ce sujet
il
faut se lappeler les hypothèses formulées à propos de la découverte de crânes, généralement isolés, dans les stations lacustres suisses. Cet isolement avaitfait
supposer que ilous' nous trouvions en face soit de trophées de guerre (têtes de I'ennemi coupées et suspêndues au-devant des huttes), soir en face d'un culte de crânes comme I'elhno- graphie comparâtive nous en fournit des exemples.Pour ce qui concerne Ia station du quai des Alpes deZurich, M. Schla- ginhaufen repousse
--
avec raison selonmoi -
ces deux suppositions.Les osseménts autres que
le
crâne parlent déià conrre les hyporhèses dont nous verlons de parler. Pour M. S. les restes squelettiquesqu'il
a étudiés ont appartenu à des individus victimes d'un accident. La station aurait été la proie d'un incendie:
des traces de feu ont été relevées sur un des squelettes.Je crois d'ailleurs qu'ou pourrait expliquer la présence de crânes isolés dans les stations lacustres par une raison bien simple, mais capitale : les fouilles faites jusqu'à présent onr été insuffisanres.
Et
puis, aussi parce fait, très naturel, que le crâne attire autrement I'attention des décou- vreurs que le surplus du squelette. Tous les anthropologistes savent que les collections ostéologiques renfernent sans exception, beaucoup plus de crânes que de fémurs, ou d'humérus ou d'autres parties quelconqnes du squelette.
Il
fut ul1 temps même oir I'on ne recueillaitdanslesfouilles.et où I'on ne rapportait des voyages scientifiqlles, que des collections de
crânes.- à I'exclusion des autres os. On s'imaginait que ceux-ci n'étaient pas intércssants I
J'ai la ferme conviction que si I'on pouvait faire des fouilles systémati- ques dans les stations lacustres exondées, on trouverait à côté des crânes qui y seraient rencoillnés', les autres parries du squelette.
Ces trouvailles de squelettes plus ou moins complets ne prouveraient pas, bien entendu,
qlle
les Lacustres n'ont jamais connuun
culte des crânesni
qu'ils n'ont jamais suspendu de têtes-trophées au-devant de leurs huttes. Maisje
veux dire queles
crânes lacustres actuellement décrits ne me faraissent pas clevoir être tous considérés comme des tro- phées apportésdu
dehors. D'ailieurss'il en
était ainsi, nos rhéories relatives aux peuplemenrs successifs de notre pays seraient bien fr-agiles.B. P.