Article original
Répartition de l’entomofaune pollinisatrice
sur des fleurs de colza (Brassica napus L)
et de navette (Brassica campestris L) :
incidence du caractère apétale de la navette
E Brunel J Mesquida M Renard X Tanguy
1 INRA, laboratoire de
zoologie,
2INRA, station d’amélioration des plantes, centre de recherche de Rennes, domaine de la Motte au Vicomte, BP 29, F 35650 Le Rheu, France
(Reçu
le 16 décembre 1992;accepté
le 11 mai 1993)Résumé —
Disposant
d’une variété de navetteapétale,
lacomposition
et larépartition
de la faunepollinisatrice
locale ainsi que certains facteurs d’attractivité (densité de fleurs, sécrétionsqualitatives
et quantitatives du nectar) ont été
comparés
à ceux d’une navette à fleurs «normales» (outémoin)
età ceux de 2
lignées
de colza. La transformation de lamorphologie
florale chez la navetteapétale
n’apas semblé
s’accompagner
d’unequelconque
modification du comportement debutinage
des insec-tes
pollinisateurs.
Des différencesimportantes
sontcependant
apparues entre les colzas et les na- vettes. Pour un même nombre d’insectespollinisateurs
observés sur les colzas et les navettes, les proportionsd’Hyménoptères
(Apis mellifera principalement) ont étésignificativement plus
importan-tes sur les colzas. Sur les navettes, à l’inverse, ce sont les
proportions
deDiptères (Syrphidae
no- tamment)qui
ont dominélargement.
Apis
mellifera/ Syrphidae
/butinage
/ planteapétale
/ sécrétion nectarifère / BrassicaINTRODUCTION
Le
développement
de la culture du colza et de la navette aussi bien enEurope qu’en
Chine et enAmérique
du Nord s’ac- compagne souvent d’uneaugmentation
des
problèmes
sanitaires. Pour certainesmaladies,
le sélectionneurdispose
d’unevariabilité
génétique importante
dans l’es-pèce,
luipermettant
d’obtenir deslignées
résistantes
(nécrose
ducollet, cylindros- poriose,
maladies des taches blanches etalternariose).
Parcontre,
la sélection pa- raît moins efficace pour l’amélioration de la résistance à la sclérotiniose. La sélec- tion degénotypes
à fleurs sanspétales pourrait cependant
conduire à l’obtention de variétés «résistantes» à cette maladie dans la mesure où la colonisation despé-
tales collés sur les feuilles est uneétape
nécessaire à la contamination des tissus sains
(Brun
etal, 1989).
Il est donc envi-sagé
dedévelopper
à l’avenir la culture de colzas et de navettes sanspétales.
L’apparition
degénotypes
à fleurs dé-pourvues de
pétales pourrait cependant
poser desproblèmes
depollinisation
dansl’hypothèse
où l’absence depétales
auraitune influence soit sur le
comportement
debutinage
des insectes(répartition,
attracti-vité des
lignées
vis-à-vis des insectespol- linisateurs),
soit sur l’efficacité de lapollini- sation, plus particulièrement
dans l’éventualité de leur utilisation enproduc-
tion de semences
hybrides
F1.C’est au cours de la
phase
initiale d’ex-ploration
des insectes que les facteurs d’attractivité(fleurs, couleur, arômes,
nec-tar, etc) jouent
un rôleimportant
dans lecomportement
debutinage.
C’est donc àce moment là
qu’une
transformation de lamorphologie
floralepeut
entraîner unemoins bonne attractivité vis-à-vis des in- sectes
pollinisateurs,
cequi pourrait
se tra-duire par une diminution de la
productivité.
Ainsi, disposant
d’une navette sanspé- tales,
nous avons tenté d’établir une rela- tion entre lamorphologie
de la fleur et safréquentation
par lespollinisateurs
encomparant
cette navetteapétale
à une na-vette et à 2
lignées
de colza à fleurs «nor-males».
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Deux variétés de navette d’hiver (Brassica cam-
pestris L)
ont été utilisées : l’une à fleurs sanspétales
(mutationspontanée
contrôlée par un gènerécessif)
obtenue par les établissements Lembke(Allemagne)
et l’autre à fleurs «norma-les» ou témoin
(variété «Chicon»)
ainsi que 2 li-gnées
de colza d’hiver(Brassica
napusL)
«Hokkaïdo» et «Samouraï» à fleurs «norma-
les».
Cette étude a été effectuée en 1992 dans un
dispositif expérimental
mis enplace
auchamp
en 1991 sur le domaine de la Station d’amélio- ration des
plantes
de l’INRA du Rheu(Ille-et- Vilaine).
Ils’agit
d’undispositif
en bloccomplet équilibré
à 4 variétés et 4répétitions.
La parcel- le élémentaire étaitcomposée
de 5lignes
de8 m de
long
avec desinterlignes
de 0,25 m(densité :
60 à 80 pieds au mètrecarré).
Les in-terparcelles
étaient de 0,50 m et les interblocs de 2,50 m.Toutes les observations ont été effectuées à la 18eet à la 19esemaines,
période qui
corres-pond
aux floraisons maximales des navettes et des colzas de l’essai. Elles ontporté
sur des as- pectsphénologiques
et entomologiques.Sur les
aspects phénologiques
Il
s’agissait
d’estimer les densités de fleurs et les sécrétions nectarifères des différentsgénoty-
pes. Les densités de fleurs ont été obtenues en
effectuant plusieurs comptages des fleurs si- tuées dans un espace matérialisé à l’aide d’un cerceau
métallique
de 50 cm de diamètre que l’ondispose
au hasard sur leplateau
de florai-son de
chaque
parcelle (Taséi,1978).
Les
quantités
de nectar sécrété par les fleurs ont été mesurées par la méthode dupipetage (micropipettes
de 5 μl) décrite dans une note an-térieure
(Mesquida
et al,1988a)
etappliquée
àdes fleurs de même
âge prélevées
sur 5 plan-tes. Les concentrations en matière sèche totale
(ou sucres
totaux),
du nectar ont été obtenues à l’aide d’un réfractomètre deprécision gradué
de0 à 90% (modèle
Atago
n° 8153,Japon).
Sur les
aspects entomologiques
Nous avons effectué l’inventaire des populations
de butineuses sur chaque variété. Les insectes
pollinisateurs ont été dénombrés sur une bande de 0,50 m de
large
et de 8 m delong
sur cha-que
parcelle
élémentaire. Lalargeur
de labande était matérialisée à l’aide d’un bâton de 0,50 m que l’on
déplaçait
tout aulong
de la par- celle selon la méthode décrite par Lecomte (1968).Les dénombrements d’insectes ont été réali- sés par beau temps au moment de l’activité maximale de la
journée :
le 27 avril (17e sem) à12 h
(HGMT)
le 3 mai(18 e sem)
à 9 h et à 11 h.Les insectes ont été inventoriés dans la me- sure du
possible
parespèce,
par genre ou par groupe de familles dans les cas difficiles à déter- miner à vue sur le terrain. Nous n’avons tenucompte que des insectes
qui
se trouvaient surles fleurs, c’est-à-dire des insectes considérés comme étant des
pollinisateurs potentiels.
Nous avons utilisé le test non
paramétrique
de Kruskal et Wallis
(1952)
pouranalyser
etcomparer les
populations
d’insectes dénom- brées surchaque
variété. Dans le cas durejet
de
l’hypothèse
nulle, lescomparaisons
demoyenne à P = 0,05 ont été réalisées sur la somme des rangs (Hollander et Wolfe, 1973).
Les pourcentages de
populations
d’insectespollinisateurs
estimés surchaque génotype
ontété
comparés
au moyen du testχ 2 .
Les moyennes sont données avec l’erreur- type
(s/√n
où s est l’écarttype).
RÉSULTATS
Densités de fleurs
Pendant la
période
d’observation des po-pulations
de butineuses(18 e sem),
les densités de fleurs étaient en moyenne de 2 200 fleurs au mètre carré pour la navettesans
pétales,
1 920 pour la navette(té- moin),
1 250 et 1 600respectivement
pour«Hokkaïdo» et «Samouraï» soit des pro-
portions
de l’ordre de :32, 28,
18 et22%, qui
ne sont passignificativement
différen-tes d’une
proportion théorique équivalente
à 25%
(χ 2
=4,64
< P0,20
à 3ddl).
Les sécrétions nectarifères
Les moyennes par fleur des sécrétions nectarifères de la navette sans
pétale (0,72
±0,25 μl)
ont étééquivalentes
àcelles de la navette témoin
(0,73
±0,20
μm),
mais celles des 2 variétés de colza ont étésignificativement plus
élevées(P
=0,002) (1,8 ± 0,75
et2,07 ± 0,74 μl,
soit del’ordre de
2,5
à 3 foisplus).
Les concentra-tions en matière sèche du nectar des 4 va-
riétés ont
été,
parcontre, identiques (de
l’ordre de 23 à
31%,
différences nonsigni- ficatives).
Faune
pollinisatrice
Sur un effectif total de 554
individus,
la faunepollinisatrice
étaitcomposée
enmoyenne de :
— 44% d’abeilles
domestiques (Apis
melli-fera) ;
— 22% d’abeilles
solitaires, (diverses espè-
ces
d’Hyménoptères) ;
—
2% de bourdons
(Bombus spp) ;
—
32% de mouches
(Diptères : Syrphidae, Anthomyiidae
etScatophagidae).
Répartition
despopulations
de butineuses
La
répartition
despopulations
de butineu-ses
(toutes espèces confondues)
a été ho-mogène
sur toutes les variétés(différen-
ces non
significatives)
mais selon lesespèces,
le tableau I met en évidence :1)
des densités d’abeillesdomestiques
si-gnificativement plus
élevées(P
=0,001
et0,02)
sur les colzas que sur les navettes(de
l’ordre de 3 à 7 foisplus,
tableauI-1)
etdes
proportions
observées très nettementdifférentes ;
2)
despopulations
d’abeilles solitaires et de bourdonsréparties
d’unefaçon
relative-ment
homogène
sur toutes les variétés(ta-
bleauI-2) ;
3)
unepolarisation importante
despopula-
tions deDiptères
sur les navettes(de
l’ordre de 2 à 7 fois
plus
parrapport
auxcolzas,
tableauI-3) ;
4)
aucune différencesignificative
n’a étémise en évidence entre les 2
types
de na-vettes
(tableau I-1, I-2, I-3).
Les tests
χ 2 significatifs (P
=0,001)
dutableau II
permettent
de constater que fina- lement les abeillesdomestiques
sont pro-portionnellement beaucoup plus
attiréespar les 2
lignées
de colza(de
l’ordre de 53 à 68% despopulations
totales contre 7 à 29% pour lesDiptères),
et inversement cesont les
Diptères qui
le sont sur les 2 va-riétés de navettes
(50
à 59% contre 10 à 22% pour lesabeilles).
Pourchaque espè-
ce on ne fait
apparaître
aucune différenceentre variétés.
DISCUSSION ET CONCLUSION
Les
comparaisons
desfréquentations
desinsectes vis-à-vis des
plantes apétales
ontété réalisées dans un essai
comprenant
des
plantes qui présentaient
une bonnesynchronisation
de leur floraison. Les ob- servations réalisées volontairement aumaximum de la floraison des colzas et des navettes et en
période
de forte activité des insectespollinisateurs (entre
9 h et 12h),
ont
permis
dedégager
un certain nombrede remarques.
Les fleurs de colzas et des navettes ont été très activement visitées par des
espè-
ces très diverses
appartenant
à l’ordre desHyménoptères (abeilles domestiques, A mellifera ;
diversesespèces
d’abeilles soli- taires et debourdons,
Bombusspp)
et àcelui des
Diptères (Anthomyiidae, Syrphi-
dae et
Scatophagidae).
En
général,
la notion depollinisateur s’applique
essentiellement auxabeilles,
auxbourdons et aux
Diptères. Récemment,
au moyen depièges
installés dans undisposi-
tif de
production
de semenceshybrides
decolza,
Brunel et al(1989)
ont montré que les gros insectescapturés
ne sontqu’une
minorité. Parmis les
Diptères,
lesSyrphi-
dae et les
Calliphoridae
sont lesplus
re-marquables
car ils sontprésents
dans tousles
biotopes
à la recherche deprotéines
(pollen)
et de matièresénergétiques (nec-
tar)
nécessaires à leurovogenèse.
Les
Calliphoridae
sont d’ailleurs cou-ramment utilisés en amélioration des
plan-
tes pour effectuer des croisements entre li-
gnées
de colza car ils sont non nuisibleset faciles à élever. Les
syrphes
ont donnélieu à
quelques
études dans le domaine de lapollinisation : capacité
àtransporter
du
pollen
sur leur corps(Simic
etRadisic, 1990), présence
dans desdispositifs
enbandes alternées pour la
production
de se-mences F1 chez le colza
(Brunel
etal, 1989).
La
répartition
des insectes totaux surles colzas et sur les navettes est relative- ment
homogène.
Antérieurement ou pos- térieurement à laphase
depleine
florai-son, les variations de densité de fleurs entre variétés et entre
espèces
auraienteu
probablement
une forte incidence sur larépartition
des insectes. Onsait,
parexemple, qu’au
cours de la trèslongue pé-
riode de la floraison des colzas
(de
4 à 6semaines selon les
années)
les densités depopulations
de butineuses(abeilles
do-mestiques)
varient corrélativement avecl’intensité de la floraison
(Taséi, 1978 ; Houedry,
communicationpersonnelle).
D’importantes
différencesapparaissent lorsque
l’on s’intéresseplus particulière-
ment à la
répartition spécifique
des diffé-rents
insectes
selon lesespèces.
Chez les
colzas,
on constate que la faunepollinisatrice
est constituée deprès
de 90%
d’Hyménoptères
avec une trèsforte dominance d’abeilles
domestiques,
de nombreuses abeilles solitaires et
quel-
ques
bourdons ;
lesDiptères
ne consti-tuent
qu’une très
faiblepartie
de la faunepollinisatrice
du colza(10% environ) ;
ilssont
représentés
par desespèces
dugroupes des
Scatophagidae,
desSyrphi-
dae et des
Anthomyiidae ;
ce mêmetype
de
répartition
adéjà
été observé dans d’autres essais sur le colza(Mesquida
etal, 1988/b).
Chez les
navettes,
on assiste à une in- version desproportions
d’insectes : lesabeilles, plus
attirées par les colzas que par lesnavettes,
sontremplacées
par lesDiptères (Scatophagidae, Syrphidae
et An-thomyiidae) ;
les abeilles solitaires sont aussi nombreuses que les abeilles domes-tiques
et les bourdons restenttoujours
fai- blementreprésentés.
La navette
apétale
s’est montrée aussi attractive que la navette avecpétales (té- moin)
tant au niveau des insectes totauxqu’au
niveau des abeillesdomestiques,
des abeilles solitaires et des
Diptères.
Elles’est en outre montrée aussi attractive que les 2
lignées
de colza vis-à-vis des abeillessolitaires,
mais elle a étésignificativement
moins attractive vis-à-vis des abeilles do-
mestiques
etplus
vis-à-vis desDiptères.
Les 2
lignées
de colza n’ont faitapparaî-
tre aucune différence entre elles. C’est donc entre
espèces
que les différences existent.Les colzas attirent
plus
d’abeilles do-mestiques
que les navettes, cequi peut s’expliquer
par les différencesquantitatives
de nectar sécrété par
fleur ;
des travauxont
déjà
démontrél’importance
des sécré-tions nectarifères
qualitatives
etquantitati-
ves sur le
comportement
debutinage
desabeilles
(Beutler, 1953 ;
Baker etBaker, 1975 ; Heinrich, 1975 ; Masson, 1983 ; Mesquida
etal, 1988b).
Par
contre,
aucuneexplication
satisfai-sante ne
peut
être avancée concernant la forte attractivité des navettes vis-à-vis desDiptères.
Onpeut cependant
formulerplu-
sieurs
hypothèses qu’il
resterait à vérifier.La forte attractivité des navettes vis-à-vis des
Diptères
serait liée :— aux constituants
chimiques
de laplante
tels que des
glucosinolates
ou aux substan-ces volatiles
(arômes)
émises par laplante ;
—
aux constituants
glucidiques
desnectars;
en ce
qui
concerne lecolza,
de nombreu-ses études ont
déjà
été effectuées(Mes- quida
etal, 1988a, 1991), par contre,
lacomposition glucidique
du nectar des na-vettes reste à
préciser.
En
conclusion,
onpeut
dire que dans les conditions de notreexpérimentation
latransformation de la
morphologie
floralechez la navette ne s’est pas traduite par
une modification de l’attractivité vis-à-vis des
populations
de butineuses totales constituéesd’Hyménoptères
et deDiptè-
res.
Il serait intéressant de déterminer les facteurs d’attractivité
qui
ontpermis
de dif-férencier la navette du colza de
façon
à in-clure éventuellement ces critères dans des programmes de création variétale en vue d’une
optimisation
ducomportement
de
butinage
de la faunepollinisatrice pré-
sente dans le milieu.
Summary —
Distribution ofpollinating
entomofauna on
rapeseed (Brassica
na-pus
L)
andturnip
rape(Brassica
cam-pestris L)
flowers: the effect of the tur-nip rape’s apetalous
character.Foraging
behavior and
spatial
distribution of insectpollinators depend
on numerous parame- ters such asattractivity
factors(nectar, flowers, color, aroma). Morphological
modi-fications in flowers could induce
changes
in attractiveness to
pollinators.
Anapetal-
ous
turnip
rape wascompared
torapeseed (var
Hokkaïdo andSamouraï)
and also tur-nip
rape(var Chicon)
varieties with well-developed petals. Comparisons
were car-ried out on
flowering
andpollinating
entom-ofauna. A 1.5 x 8.0-m
plot
size was used ina randomized
complete
blockdesign
with4
replicates
and 4 varieties.At full
flowering
and atoptimal
insect ac-tivity,
variousparameters
were estimated:flower
density (flower
number perm 2 ),
nec-tar
production
per flower(pipetting
meth-od),
sugar concentration(refractometer)
and
pollinator
insect distribution(insect
number on 0.5 x 0.8 m
strips
foreach, plant variety
and for eachblock).
The results demonstrated that:
1)
flowerdensities on
rapeseed
andturnip
rapewere
equal; 2)
nectar secretion wasquanti- tatively
andqualitatively
similar inturnip
rape varieties but
quantitatively
less whencompared
torapeseed; 3)
thepollinators
on
rapeseed
andturnip
rape varieties weremainly composed
ofHymenoptera (in
par- ticular Amellifera)
andDiptera; 4)
the totalnumber of
pollinator
insects was the sameon
rapeseed
andturnip
rapevarieties; 5) honeybee density
wassignificantly higher (3
to 7-foldhigher;
tableI-1)
onturnip
rape than onrapeseed; 6)
the distribution of oth-er
Hymenoptera (ie solitary
bees and bum-blebees)
did not differ betweenrapeseed
and
turnip
rape varieties(table I-2); 7) Dip-
tera
density
wassignificantly higher
on tur-nip
rape than onrapeseed (2
to 7-foldhigher;
tableI-3); 8)
for the same totalnumber of
insects,
the entomofauna wasmainly composed
ofHymenoptera (honey- bees)
onrapeseed
andDiptera (Syrphi- dae)
onturnip
rape(table II); 9) apetalous turnip
rape was as attractive topollinators
as the
variety
withpetals;
the results werethe same for
rapeseed varieties,
between-species
differences weresignificant.
Inconclusion,
it was found that lack ofpetals
in
turnip
rape did not seem to affect the for-aging
behavior of localpollinating
insects.Apis
mellifera /Syrphidae
/foraging
/behavior /
apetalous plant
/ nectarsecretion / Brassica
Zusammenfassung — Verteilung
der In-sektenbestäuber auf den Blüten des
Raps (Brassica
napusL)
und desRübsen
(Brassica campestris L):
Vor-kommen des Merkmals
"apetal"
(="blütenblätterlos")
beim Rübsen. Das Sammelverhalten und dieVerteilung
derBlütenbesucher
hängen
von zahlreichen biotischen und abiotischen Faktorenab,
zB von den Faktoren der Attraktivität
(Nektar, Blüten, Farbe, Aroma, usw).
EineVeränderung
derBlütenmorphologie
könnte also zu einer
Veränderung
der At-traktivität
gegenüber
den Bestäubernführen. Da wir über eine
apetale
Form desRübsen
verfügten,
wollten wir dieseHypo-
these durch
Vergleich
des Blühablaufs und des Verhaltens der Bestäuber dieserapetalen
Varietätprüfen,
wobei wir als Kontrolle die Rübsensorte "Chicon" mit"normalen" Blüten als Kontrolle verwende-
ten,
zusammen mit zweiRapslininien ("Hokkaido"
und"Samurai").
Die Versuche wurden in Blockanord- nung zu 4 Varietäten und 4 Wiederholun- gen
angelegt.
DieGrundparzelle
war 1.5m breit und aus 5 Linien von 8 m
Länge zusammengesetzt.
DieBeobachtungen
wurden zur Zeit des
Höhepunkts
der Blütevon
Raps
undRübsen, zugleich
mit vollerAktivität der bestäubenden
Insekten, durchgeführt ;
sie erstreckten sich auf die Dichte der Blüten(Blütenzahl
prom 2 ),
dieNektarmenge
pro Blüte(Methode
der Pi-pettierung),
die Zuckerkonzentration(Mes-
sung mit
Refraktometer)
und die Vertei-lung
der bestäubenden Insekten(Anzahl
der Insekten auf Streifen von 8.0 x 0.5 m
pro Varietät und pro
Block).
Die Resultate haben
folgendes
erge- ben :1.
Raps
und Rübsen haben einegleichgro-
ße Blühintensität
2. Die
Nektarabsonderung
desapetalen
Rübsen war in Quantität und
Qualität
die- selbe wie bei der Kontrolle(Rübsen),
abervon deutlich
niedrigerer
Quantität als beimRaps.
3. Im ganzen bestand die bestäubende In- sektenfauna am Rübsen wie am
Raps
vor-wiegend
ausHymenopteren (besonders Honigbienen)
und zahlreichenDipteren.
4. Die Gesamtzahl bestäubender Insekten
war am
Raps
und am Rübsengleich.
5. Die Dichte der
Honigbienen
war amRaps signifikant
höher als am Rübsen(3-
7x so
hoch,
TabelleI-1).
6. Die
übrigen Hymenopteren (Solitärbie-
nen,
Hummeln)
warengleichmäßig
überRaps
und Rübsen verteilt(Tabelle I-2).
7. Die Dichte der
Dipteren
war am Rübsensignifikant
höher als amRaps (2-7x
sohoch,
TabelleI-3).
8.-Bei derselben Zahl beobachteter Insek- ten dominierten beim
Raps
sehr stark dieHymenopteren (besonders Honigbienen), hingegen
beim RübsenDipteren (vorwie- gend Syrphiden).
9. Die
apetale
Form des Rübsenzeigte
hinsichtlich des Besuchs bestäubender In- sekten keinen Unterschied
gegenüber
derForm mit "normalen" Blüten. Dasselbe war
bei dem
Vergleich
der beidenRapssorten
der Fall. Die
signifikanten
Unterschiedeliegen hingegen
zwischen den beiden Arten.Durch die
Umbildung
derBlütenmorpho- logie
wird das Verhalten der besuchenden Insekten also nicht verändert.Apis
mellifera /Syrphidae
/ Sammelver-halten /
apetale
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