SÉGRÉGATIONS ANORMALES POUR LES ALLÈLES
«
CRÊTE SIMPLE » ET
«CRÊTE EN ROSE »
CHEZ LA POULE
IV. —
DISCUSSION D’ENSEMBLE RELATIVE AUX TROIS TYPES DE CROISEMENTS Rr × rr, rr × Rr ET Rr × Rr
Ph. MÉRAT
Station de Recherches avicoles,
Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Dans trois articles
précédents,
nous avions décrit dességrégations
anormales apparues au locus R(crête
en rose - crêtesimple)
chez des volailles. Les faits relatés concernent les trois types de croisement Rr X rr, rr X Rr et Rr X Rr.Une discussion d’ensemble présentée ici amène à conclure, pour le 1er et
probablement
le 3e type, à unphénomène
de fertilisation sélective d’un genreparticulier,
attribuable à l’interaction de deux loci ou de deuxrégions chromosomiques
différentes.I. - RAPPEL DES FAITS ET PRÉCISIONS SUPPLÉMENTAIRES
Rappelons
brièvement les faits décrits dans 3 articles(MÉ RAT , 19 6 2 , 19 6 3
a,b),
relatifs à la
ségrégation
des allèles R et y sur lescheptels
que nous avons étudiés :A) Croisement !
Rr XQ
rr.Rappelons
que, dans la descendance mâle de cecroisement,
onobserve,
autotal,
un excès de crêtessimples
et un défaut de crêtes en rose très hautementsigni-
ficatifs
( 1
179crêtes enrose/I 3 gI
crêtessimples),
alors que, chezlesÇ,
laproportion
est très voisine de
I/ i ( 1
212 crêtes enrose/ 1
219 crêtessimples).
Il y a deplus
unehétérogénéité significative
entrepères,
mais non entremères,
pour lerapport
deségrégation
des enfantsf.
I,’éclosion(nés/incubés)
chez lespères
àproportion
« anor-male » est aussi bonne que chez ceux à
proportion
« normale », et, deplus, parmi
lesdescendants à crête
simple
despremiers,
il y a un excès hautementsignificatif
de!.
Ces deux faits ne sont pas
explicables
par une mortalitéembryonnaire plus grande
des!j’
à crête en rose. Parailleurs,
un test de descendancedes 1
à crêtesimple
issus des familles à
proportion
anormales’oppose
àl’hypothèse
d’unepénétrance incomplète
dugène
R chez les1 .
Enfin,
nous avonsdéjà signalé (MÉ RAT 19 6 2 ),
maispeut-être trop brièvement,
que l’absence d’anomalies
apparentes
dans la détermination du sexe, et la « sexratio » déviée en même
temps
et en sens contraire chez les deuxtypes
decrête,
mais.normale si on les groupe
ensemble,
rendent peu vraisemblablel’hypothèse
degènes particuliers capables
d’inverser le sexe et interférant avec le locus R.Supposons, plus précisément,
ungène
« modificateur » du sexe, dont l’effet serait conditionné par les allèles R ou r,c’est-à-dire,
en d’autres termes, se manifestant seulement enprésence
de R, ou de r.En
fait,
on a trouvé desgènes
à effet ccmajeur
» sur le sexe, parexemple
chezla
Drosophile, mais,
à notreconnaissance,
il n’en a encorejamais
étésuggéré
chez lapoule domestique.
En outre, lepostulat supplémentaire
d’une interaction avec les allèles R ou r réduit encore, àpriori,
la vraisemblance de cettehypothèse.
De toute
façon,
de telsgènes devraient,
pourexpliquer
nosrésultats,
modifier la « sex ratio » chez un seultype
decrête,
et non en sens inverse chez les deux. Deplus,
l’existence de facteurs modificateurs du sexe ne se manifestant que chez cer- tainsgénotypes
aurait àpriori
toutes chances d’entraîner unpourcentage
nonnégli- geable
d’anomalies visibles du sexe, que nous n’avonsjamais
observées.Enfin,
cettehypothèse
ne s’accorde pas avec les résultats des autrestypes
de croisement étudiés(cf. plus loin),
ni avec la « sex ratio » dans l’ensemble normale observée sur les souches puresayant
fourni les allèles R et r.Un raisonnement
analogue s’applique
à lapossibilité
d’ungène
modificateur du sexe lié à l’un ou l’autre des allèles R et y dans certainesfamilles, qui
nous a étésuggéré depuis (COCHEZ,
communicationpersonnelle).
Onn’explique
pas nonplus
de cette
façon
la « sex ratio » déviée en sens contraire chez les deux sortes de crêtesdans le croisem°nt considéré
ici,
et aussi dans celui incluant deuxparents
hétéro-zygotes (Rr
XRr).
Cettehypothèse
d’unlinkage supposerait
d’ailleurs elle aussiune
pénétrance incomplète
du ou desgènes
modifiant le sexe, sinon lagrande majo-
rité des animaux de l’un des deux
types
de crête devraient être du même sexe...Et ceci
aurait,
ici encore, toutes chances des’accompagner
d’anomalies du sexe.Enfin,
certains descendants des familles àproportion
« anormale » pour la crête ont étéreproducteurs
l’année suivante. La « sex ratio » à 8 semaines dans leur des- cendancen’apparaît
pasanormale, qu’il s’agisse
deparents cf Rr (r 57
enfantscf 11 4 49) de 1 rr ( 212 J / 18 2 Ç)’ou de Ç’!(2!.6(!/262Ç).On
vérifiequ’il n’y
a pasd’hétérogé-
néité
statistique
entre ces trois groupes,qui
ne s’écartent d’ailleurs passignificati-
vement de la
proportion III ,
nonplus
que leur total. Cette observationsupplé-
mentaire ne va pas, elle non
plus,
àl’appui
del’hypothèse qui
vient d’être examinée.On est ainsi amené à conclure à une anomalie des
proportions génotypiques
anté-rieure ou concomitante à la formation du
zygote (MÉ RAT , 19 6 2 ).
Nous nous contenterons ici
d’ajouter quelques précisions
non détaillées dans l’articlecité,
surl’analyse
del’hétérogénéité
durapport
deségrégation,
faitesépa-
rément sur
chaque
sexe, parannées,
parpères (intra-années
etglobalement)
et par mèresintra-pères.
Les résultats sont contenus dans les tableaux i et 2.Comme nous l’avons
signalé plus haut,
aucunehétérogénéité n’apparaît
chezles
Q.
Chez lesC ,
aucontraire,
le défaut de crêtes en rose mis en évidenceglobalement
est variable entre familles d’enfants du même
père (hétérogénéité significative
auseuil 5 p.
100 ).
Par contre, aucunehétérogénéité
dûe à la mère nepeut
être décelée.En ce
qui
concerne les!,
il est, enprincipe, plus rigoureux
de testerl’hétérogénéité
entre
pères
parun x 2
decontingence
vis-à-vis de laproportion
observée sur le total(général
ou dechaque
année suivant lecas)
et non parun x 2 d’hétérogénéité.
Onobtient ainsi
un x 2 égal
à4 8, 7 6 7 ,
donc très voisin dupremier,
et la conclusion reste la même.Inversement,
il estplus précis
de tester l’écartglobal
à laproportion 1/1
chezles
f d’après
lerapport du x 2
trouvéégal
à17, 4 88
pour idegré
deliberté, au x 2
d’hété-rogénéité
entre familles depères,
divisé par le nombre dedegrés
de liberté corres-pondant.
On obtient ainsi unrapport
F = 12,095 pour i et 34degrés
de liberté(P
<0 , 005 ),
et, là encore, les conclusions restentinchangées.
B)
Croisementd’
rrX 9
RrCe croisement
donne,
dansl’ensemble,
desproportions
voisines de1/1 ,
à la foischez les
(!
et chez les!,
mais il existe unehétérogénéité, significative
au seuil i p. 100,entre familles de frères-soeurs pour le
rapport
deségrégation.
En d’autres termes,on observe
plus
souvent queprévu
des familles à excès de crêtessimples
ou de crêtesen rose. Nos résultats
suggèrent
que cettehétérogénéité
est antérieure à la formation deszygotes (M!R!’r, 19 63 a) :
Comme pour le croisementprécédent,
eneffet,
l’éclo-sion
( 1 )
est aussi bonne dans ces familles àproportion
« déviée » que dans les familles«
normales »,
et, d’autrepart, l’hypothèse
degènes
modificateurs dutype
de crête ne s’accorde pas avec l’ensemble desobservations ;
celle de modificateurs du sexe nonplus,
laproportion
destypes
de crête neprésentant
pas ici de différences suivant lesexe, ni dans
l’ensemble,
ni par familles.Une
complication
de peud’importance provient
de ce que, sur unepartie
desdonnées
(données
«semi-pedigree »)
les mèreshétérozygotes
Rr étaient identifiées par laprésence
d’uneségrégation
pour la crête dans leur descendance : dans ce cas, les mères Rrn’ayant
eu que des enfants à crête en rose, s’il enexistait,
étaient doncrejetées
de notreanalyse.
Nous avons
signalé
brièvement(1VI!RaT, 19 6 3 a)
que cette causepossible
de dis-torsion ne
pouvait
être que minime.En
effet,
les données enquestion comportent
en moyenneplus
de 22poussins
par mère, et aucune mère n’avait moins de 8 enfants.
Dans ces
conditions,
on vérifie que laproportion prévisible
de mères Rrn’ayant
eu que des enfants à crête en rose est certainement très
faible,
et, parconséquent,
que la distorsion
(ou
« biais») apportée
à l’estimation de laproportion
des crêtesen rose sur le total des données doit l’être
également (de
l’ordre de 0,1p.ioo).
Quant au Z 2 d’hétérogénéité
entre familles demères,
lasuppression
éventuellede
quelques
mèresn’ayant
eu que des enfants à crête en rose nepeut
que conduire à sous-estimer trèslégèrement
sondegré
designification.
En
effet,
soient k familles de mères ayant toutes Menfants. Lex 2 d’hétérogénéité
entre ces familles est la somme de
k quantités x 2 correspondant
à l’écart dans cha-cune par
rapport
à laproportion III ,
moins laquantité x 2
reflétant l’écart du total des données à cette mêmeproportion.
Parmi les
quantités y 2 sommées,
cellescorrespondant
à une mère écartée del’analyse (que
nousdésignerons
pourabréger
par « E»)
parce quen’ayant
que des enfants à crête en rose, ont la valeur laplus grande possible, égale
à n. Il est donc à!eu près
évidentqu’en
écartant ces mères, c’est-à-dire en ne considérant que des groupes de k mères dont aucune n’est «$
», nous diminuerons laprobabilité qu’aura
la somme considérée de
dépasser
une valeur donnée’1 .5.
Quant
à laquantité x 2 correspondant
au total desdonnées,
lalégère
distorsionapportée
aurapport
deségrégation
par lasuppression
des mères cc ! » tendra à aug- menter trèslégèrement
saprobabilité
dedépasser
une valeur donnée dansl’hypo-
thèse d’une
proportion III
dans lapopulation.
En fin de
compte,
l’élimination éventuelle de mères « E » diminuera laprobabi- lité,
pour ley 2 d’hétérogénéité,
dedépasser
une valeur donnée. Autrementdit,
en( 1
) Ainsi que la fertilité.
prenant,
pour ceX 2 ,
un seuil designification x
ne tenant pascompte
de lapossibilité
d’élimination de ces mères, nous avons
légèrement
surestimé laprobabilité
réellequ’avait
lex 2
dedépasser
la valeur donnée par la table. Notre conclusion d’hété-rogénéité
se trouve donc renforcée.C) Cvoisement !
RrX Q
RrCe croisement fournit encore une
ségrégation
anormale(MÉ RAT 19 6 3 b),
intéres-sant les, deux sexes, de nature encore
différente,
et, iciaussi,
se situant selon toute vraisemblance avant la fertilisation ou lors de celle-ci : sur environ 8 ooopoussins éclos,
onobserve,
dansl’ensemble,
un excès hautementsignificatif
de crêtessimples parmi
lesfemelles,
parrapport
à laproportion prévue
de1/4 ;
chez lesmâles,
un écartvis-à-vis de cette
proportion
se manifesteégalement,
mais en sens inverse. Il y a pro- bablement des différences entrepères pour le rapport
deségrégation
dans leur descen- dance de sexe!.
Par contre, en groupant les deux sexes, laproportion
des crêtes enrose aux crêtes
simples-est normale,
voisine de3/ r.
I)u
point
de vue de laproportion
des sexes, il y a à la fois un excèsde!parmi
les descendants à crête en rose, et un défaut de ceux-ci
parmi
les enfants à crêtesimple,
tous deux hautementsignificatifs.
Le
pourcentage
d’éclosion(poussins nés/œufs incubés) apparaît normal,
et dumême ordre que celui du reste du
cheptel
éclos en mêmetemps.
La
comparaison
avec lesproportions
observées dans la descendance des croise- ments destypes
Rr X vr et vr X Rr, l’examen de laproportion
des sexes dans les accou-plements
RR XRR,
et,secondairement,
la « sex-ratio » et les résultats d’éclosion du croisement étudiéici,
ne s’accordent pas avecl’hypothèse
d’une mortalitéembryon-
naire différentielle des diverses
catégories
dezygotes
ou d’une infertilité différente des diverstypes
d’ovulespossibles,
ni avec celle degènes
modificateurs de l’effetphénotypique
des allèles R et r, ou d’anomalies dans la détermination des sexes.Notamment nous avons
déjà signalé
quel’hypothèse
degènes
modificateurs du sexe soit conditionnés dans leur effet par l’un des allèles R ou r, soit liés à l’un deces
allèles, n’expliquerait
pas le fait que, dans les familles àproportions anormales,
la « sex ratio » en
groupant
les deuxtypes
de crêtes estnormale,
et que, pour chacun de cestypes,
elle est déviée trèssignificativement
et en sens contraire de l’autre.Ceci conduit à conclure à une déviation «
primaire
» parrapport
auxproportions 3/1 prévisibles,
c’est-à-dire se situant lors de la méiose ou à la fertilisation.Le détail des résultats
ayant
été donné dans l’articlec!té,
nous nous contente-rons
d’ajouter quelques précisions
sur une cause mineure dedistorsion, analogue
àcelle du croisement
précédent :
Sur unepartie
desdonnées,
les famillescomportant
deuxparents hétérozygotes
Rr étaientdistinguées
de celles où l’un au moins était RR par laprésence
d’un enfant au moins à crêtesimple
dans leur descendance. Lesrares mères Rr
n’ayant
eu que des enfants à crête en rose auraient donc étérejetées
denotre
analyse.
Cependant,
lapartie
de notreanalyse
surlaquelle
une indétermination étaitpossible comprenait 1 8 3
mères ayant eu 539enfants,
soit environ 25 par mère en moyenne. En outre, toutes les mères avaient au minimum 10 enfants.Avec ces
valeurs,
entraînant une très faibleprobabilité
d’exclusion de mères réellementRr,
onpeut
vérifier que le « biais» apporté
à l’estimation de laproportion
de l’un des
types
de crêtes dans lapopulation ayant
donné notre échantillon a très peu de chances d’atteindre o,5 p. 100et doit êtreplutôt
de l’ordre de 0,1ào,2
p. 100.On
peut, pratiquement,
lenégliger. D’ailleurs,
cette distorsionpossible
serait évidem- ment la même pour les deux sexes.Pour
l’hétérogénéité
entrefamilles,
onpeut répéter
un raisonnementanalogue
à celui du
§ B, qui
montreraitqu’aux
seuils designification pratiquement utilisés,
lasuppression possible
de mèresn’ayant
eu que des enfants à crête en rose diminue laprobabilité
dedépasser
une valeurdonnée Z2
pour lex 2 d’hétérogénéité.
Eneffet,
ces mères
donnent,
vis-à-vis de laproportion 3/ i, un x 2 égal
àn/ 3 ,
valeur assezgrande
et
ayant
une assez faibleprobabilité
d’êtredépassée,
vu les valeurs de n.De ce
fait,
comme au§ B, l’hétérogénéité
entre familles de mères aura pu être trèslégèrement
sous-estimée.Quant
àl’hétérogénéité
entre groupesplus importants (pères
ouannées),
le « biais » dans son estimation est certainement tout à faitnégli- geable.
II. - INTERPRÉTATION DE L’ANOMALIE
DU
CROI SE M E N T çf
RrX ¥ rr
Après
l’élimination d’un certain nombred’hypothèses,
découlant des articlesprécédents
etrappelées plus haut,
onpeut
chercher encore àpréciser quelque
peu l’in-terprétation
des résultats. On nepeut
penser à unesimple
sélectiongamétique (diffé-
rence de
proportion
desspermatozoïdes
R et Y formés ousurvivants) indépendam-
ment de
l’ovule, puisque
laproportion
despermatozoïdes
R et Y fécondantsapparaît
normale en
présence
d’un ovule 0(sans
chromosome X lié ausexe).
Nos résultatsindiquent,
enfait,
que laprobabilité
de fertilisation d’un ovule X par unspermatozoïde
r est
plus grande
que laprobabilité
de fertilisation par unspermatozoïde
R( 1 ) ;
au con-traire,
cesprobabilités
sont sensiblementégales
si l’ovule est dutype
O.Ceci nous semble être la seule
hypothèse
s’accordant avec tous les faits connus.L’éventualité d’une
expulsion préférentielle
ou non du chromosome X dans leglobule polaire
suivant legénotype
duspermatozoïde
fécondant relativement au locus R nesemble pas
soutenable, l’expulsion
dupremier globule polaire,
considérée comme réduc-tionnelle, s’effectuant,
chez lapoule,
avant lapénétration
duspermatozoïde (S TURKIE , rg
5
¢).
Deplus,
il faudraitpostuler, pour rendre compte
de nosrésultats,
non seulementune
expulsion préférentielle
de l’X enprésence
d’unspermatozoïde
R, maisaussi,
vu les « sex ratio » que nous
observons,
une rétentionpréférentielle
de l’X enprésence
d’un
spermatozoïde
r,qui
serait assez difficilementexplicable ; enfin,
cela devrait entraîner un excèsde !
à crête en rose parrapport aux Y
à crêtesimple,
excèsqui
n’existe pas.
Nous ne mentionnerons que pour mémoire
l’hypothèse
d’une induction éventuelle par une certaineproportion
desspermatozoïdes
R, d’undéveloppement parthéno- génétique
de l’ovule(pseudogamie).
Cette inductionproduirait
biendes OE
à crêtesimple
en excès, mais aussi des individus enprincipe
non viables s’ils’agit
d’un ovuleO. Elle
postulerait
donc un défautde Y
à crête en rose et une fertilité abaisséequi
n’ont pas été
observés ;
en outre, les!&dquo;
à crêtesimple produits
ensurplus
de cettefaçon
devraient avoir une
vigueur
notablementréduite,
cequi
n’a en aucunefaçon
été noté.( 1
) Ce phénomène n’entraînant pas, d’après nos résultats, de perte de fertilité décelable.
Enfin,
desphénomènes
de ce genre n’ontjamais,
à notreconnaissance,
étésignalés,
chez des animaux
supérieurs
au moins.En fin de
compte,
la conclusionlogique
nous semble être l’existence d’unphé-
nomène de fertilisation
sélective,
etplus précisément,
suivant laterminologie
deB
ATEMAN
(ig6o a),
de «pénétration
sélective ». Cette «pénétration sélective »,
dansnotre
exemple,
devrait d’ailleurs être dutype
« par facilité» (selon B AT r; MAN , I g6o a) plutôt
que « par distribution ». Le deuxièmetype correspondrait
à une « attraction w, par certainsovules,
d’un certaintype
despermatozoïdes,
entraînant uneproportion
réduite de ce même
type
auvoisinage
des autres ovules. Lacompétition impliquée
ainsi n’existe
apparemment
pas dans notre cas, lesproportions
étant normalesquand
l’ovule est O. Ces remarques ne donnent pas, bien
entendu,
d’éclaircissements sur le mécanisme en cause dupoint
de vuephysiologique.
III. INTERPRÉTATION DE L’ANOMALIE
DU
CROISEME1!T !
RrX Q
RrIci,
l’anomalie deségrégation
observéepourrait,
àpriori,
concerner, soit la ferti-lisation,
soit la méiose du sexeÇ.
La deuxième
hypothèse postulerait
la formation d’un excès d’ovules rO etRX,
et d’un défaut d’ovules rX et RO
(X
et 0symbolisant respectivement
laprésence
etl’absence d’un chromosome
X),
cequi
serait une sorte d’« affinité » selon la termino-logie
de MICHIE( 1953 )
et WAI,I,ACE(Ig53)!
..Mais un tel
mécanisme,
lié à la méiosedes Q Rr,
devrait entraîneraussi,
pour l’ensemble des croisements dutype ! YY X Ç
Rr, un excès de descendants femelles à crêtesimple
et mâles à crête en rose, cequi
ne seproduit nullement,
rendantl’hypo-
thèse peu vraisemblable
( 1 ).
L’explication
par unphénomène
de fertilisation sélective noussemble
doncpré- férable,
mais les résultats ne sont pas de même sens que dans lecroisement d
Rr XQrr ;
ils semblent
même,
grosso modo aumoins,
de sensinverse, puisqu’il
y a excès de!
à crêtesimple
dans lepremier
cas, défaut dans ledeuxième,
mais par contre excèsde Ç
à crêtesimple.
Enfait, l’hypothèse
« fertilisation sélective » se traduiraitici, plus explicitement,
par uneprobabilité plus grande
desspermatozoïdes
de féconderun ovule
rO,
l’inverse étant vrai vis-à-vis d’un ovule rX.Il faudrait donc supposer, ici comme dans le cas du
croisement d
Rr XQ rr,
uneinteraction du locus R ou de la
région chromosomique
l’entourant avec tout oupartie
du chromosome X, mais dans un sens différent de ce
premier croisement,
comme si legénotype
de la mère pour le locus R modifiait lecomportement
des deuxtypes d’ovules,
r X et Y O, vis-à-vis desspermatozoïdes
R et r.IV
. -
CROISEMENT (! ! X Q
RrQuant
à ce derniercroisement, l’hétérogénéité
durapport
deségrégation
entremères
suggérerait
un mécanismedifférent,
concernant la méiose chez laÇ,
commenous l’avons
déjà indiqué (MÉ RAT , 19 6 2 b),
mais on nepeut
pour l’instantpréciser plus
avant.( 1
) Car on ne voit guère comment le fait que le est Rr au lieu de rr pourrait modifier les choses quant à la méiose de la Y.
V. - CONCLUSION
Les
phénomènes
décrits pour lepremier type
de croisement(Rr
Xrr)
et pour le troisième(Rr
XRr)
nous semblentintéressants,
dufait,
toutd’abord,
que très peu de cas de fertilisation sélective ont étéprouvés
avec suffisamment de sûreté chez les animaux(cf.
parexemple A RNOLD , 195 8 ;
B.!Tr;Mw,i 9 6o
a ; BRADEN-,i 9 6o ;
BEa22V ,19
6 1
).
Lesquelques exemples
étudiés chez des vertébréssupérieurs,
ycompris
lapoule (cf. ROMANCEE, 19 6 0 )
ont étérapportés
à unecompétition
entrespermatozoïdes
de deux mâles différents dans une insémination avec un
mélange
de spermes. Certains ont d’ailleurs été discutés.Le seul fait connu de fertilisation
préférentielle
faisant intervenir lesgamètes d’un çf hétérozygote porteurs
de deux allèles différents semble concerner le locus T de la souris(B A TE MAN , 19 6 0
a etb).
Nos données
peuvent
enapporter
un autreexemple.
L’intensité duphénomène,
dans le croisement Rr X rr, est
indiquée
par lespourcentages
dec f
Rr et rr, obtenussur le total
( 45 , 9
p. 100et 54,r p. 100respectivement)
ou sur la descendance des seulspères
classés comme « aberrants» (cf. MÉ RAT , 19 6 2 ) d’après
leurX 2
individuel(pro- portion 38, 3
p. 100et6r,!
p. 100respectivement).
Dans le croisement Rr X Rr, lespourcentages
de crêtes en rose et de crêtessimples
dans lescheptels
obtenus àpartir
de la
Wyandotte
«M 11 )),
sont de 77,z p. 100et de 22,9 p. 100respectivement
chezles
çf,
dey,8
p. 100 et de2 8, 2
p. 100 chezles Y
au lieu des 75,0 et 25,0 p. 100prévus.
En outre, notre résultat est, à notre
connaissance,
lepremier
cas vraisemblable d’unphénomène
de fertilisation sélectivequi
ferait intervenir deux loci ou deux chro-mosomes
différents ;
le cas dugène
T de lasouris,
oud’exemple
cités dans lerègne végétal (A RNOLD , 195 8)
font seulementappel
à une interaction entre allèles d’un même locus. Il resterait à savoir si des mécanismes de ce genre sont rares, ousimple-
ment n’ont pas été mis en lumière parce que non
recherchés,
ou difficiles àdéceler,
ou les deux. Il serait souhaitable de
prospecter
laprésence
de faits de ce genre, par une étudesystématique
dességrégations
degènes
connuscomparées
dans les deux sexes.Rien
n’indique
nonplus,
pourl’instant,
s’il y a unrapprochement
àfaire,
etlequel,
entre les mécanismes que nous venons d’étudier et la fertilité médiocre fournie par lesaccouplements cf
RRX Ç
RR chez laWyandotte
pure(CocHEz, r 95 r).
Du
point
de vue du déterminismegénétique,
onpeut
se demander si legénotype
de l’ovule influe
uniquement
par laprésence
ou l’absenceglobale
du chromosomeX,
ou par des
gènes spécifiques
situés sur l’hétérochromosome. L’absenced’hétérogé-
néité des
proportions
entre mères, sur nosdonnées, suggérerait plutôt,
sans la prouver, lapremière hypothèse.
Par contre,l’hétérogénéité
desproportions
dans la descen- dance depères
différents(que
ce soit dans le croisement Rr X rr ou dans le croisement Rr XRr) indique
laprésence,
soit d’allèles R différant sous lerapport
de la fertilisa- tionsélective,
soit d’autresgènes,
liés ou non à R, et influant sur celle-ci.Enfin,
il est intéressant de constater, sanspouvoir
d’ailleursl’expliquer
pourl’instant,
l’influenceapparente
dugénotype
dela Ç
au locus R sur lephénomène
de« fertilisation
préférentielle
».Si des
phénomènes
de ce genre n’étaient pasexceptionnels,
ilspourraient,
le caséchéant, comporter
certainesconséquences
pour lagénétique
despopulations,
par la différence defréquence
d’un allèle créée entre les deux sexes. Enparticulier, quelques
conséquences
pour l’allure de la fixation d’ungène
enconsanguinité systématique
ont été discutées
(MÉ RA T, r 9 6r).
Rien ne
peut
être dit sur la nature duphénomène
en cause ; enparticulier,
iln’y
a pas de faits pour ou contre
l’hypothèse
d’un mécanisme de natureimmunologique, qui
néanmoins ne semble pas àpriori
inconcevable. On connaît notamment, chez certainesespèces,
desantigènes
liés à laprésence
des hétérochromosomes(cf.
revuepar
T YLER , 10 6 1 ).
Xe f
u pour
publication en
tnars 1963.SUMMARY
ABNORMAL SEGREGATION FOR THE ALLELES « SINGLE CODIB n
AND a ROSE COMB » IN THE FO!i’L. IV
In three
previous
papers(MG RAT ,
i96z, io63a, b,) we described abnormalsegregations appeared
at the R locus
(Rose comb-single
comb) in fowls. The facts are related to the threemating
types Rr X rr, rr X Rr and Rr X Rr.A
general
discussionpresented
here for these threemating
types leads to conclude, for thefirst and
probably
the third type, to the presence of a selective fertilization of aparticular
type, attributable to the interaction between 2 loci or chromosomalregions.
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