• Aucun résultat trouvé

La Franche-Comté sous l'occupation allemande et sa libération

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "La Franche-Comté sous l'occupation allemande et sa libération"

Copied!
35
0
0

Texte intégral

(1)
(2)

La Franche-Comté sous l'occupation allemande

et sa libération

(3)
(4)

LA FRANCHE-COMTÉ SOUS

L'OCCUPATION ALLEMANDE ET SA LIBÉRATION

Jean RICHE

Diplômé d'Etudes Supérieures de Doctorat en Droit Diplômé de la section des Sciences Historiques et Philologiques

de l'Ecole des Hautes Etudes

Membre associé de l'Académie des Sciences et Belles Lettres

Editions Marque-Maillard 13, rue Lecourbe, 39000 Lons-le-Saunier

(5)

DU MEME AUTEUR

« Essai sur l'administration financière de la Ville de Paris, sous Frochot, préfet de la Seine ».

« L'octroi de Lure ».

« Frochot, préfet de la Seine sous le Premier Empire ».

« Introduction à l'histoire sociale des pays comtois ».

<v L'évolution sociale des mineurs de Ronchamp ».

« Les élections législatives en Haute-Saône ».

« Les migrations quotidiennes en Haute-Saône ».

« Les Peugeot et autres figures jurassiennes, comtoises et belfor- taines ».

(6)

AVANT-PROPOS

Quoi qu'ils puissent en dire ou en penser, les Français semblent apprécier les fréquents rappels de leurs grands souvenirs histori- ques : millénaires, centenaires, cinquantenaires... etc. : tout paraît bon pour satisfaire l'honorable manie d'un vieux peuple.

Or s'approche le quarantième anniversaire de la seconde guerre mondiale. Certes, nous ne connaissons pas encore le genre et la périodicité des commémorations prévues. Par contre, il n'est pas présomptueux d'annoncer, à cette occasion, la naissance d'une nouvelle génération de livres qui, au fil des sept années s'écoulant entre 1979 et 1985, réexamineront, un à un, les innombrables événements de ce conflit. Gageons aussi que, sacrifiant à la mode du régionalisme, maints auteurs braqueront sur ces péripéties guerrières un éclairage plus local (ou provincial) que national.

Si de l'intérêt présenté par cette dernière tendance une justi- fication s'avérait nécessaire, le cas de la Franche-Comté combat- tante suffirait à convaincre. En effet, voici une région dont la seule position géographique lui a valu d'être, de 1940 à 1944, le théâtre de quelques importantes opérations militaires ou opérations clandestines :

— D'abord au mois de juin 1940, moment où l'offensive allemande déboule en quatre journées de Langres sur Pontarlier et, ainsi, parachève l'encerclement des armées françaises luttant encore dans le nord-est. Une audacieuse manœuvre stratégique ; qui ne peut que nous remémorer celle, conduite, toujours à nos dépens, par le même ennemi agissant sur le même terrain et dans un même esprit... en janvier 1871 !...

— Ensuite sous l'occupation, période durant laquelle la Résis-

tance comtoise oriente la majeure partie de ses efforts vers les

domaines suivants :

(7)

— primo : celui des « filières » destinées à la circulation des évadés, agents des réseaux ou fugitifs divers ainsi qu'à la trans- mission des renseignements. Force est de constater qu'un tel trafic clandestin doit son essor à l'heureuse convergence dans le Jura, et de la ligne de démarcation, et de la limite de zone interdite, et de la frontière suisse (1)...

— secondo : celui des sabotages ferroviaires (2). Là encore, l'intérêt d'une telle spécialisation ressort de la simple lecture d'une carte. Quoi de plus tentant pour les maquisards que le tracé des voies ferrées pénétrantes ou en rocade, dans la moitié nord de ce pays ?...

— Enfin, début septembre 1944, époque où les alliés lancent sur le sol franc-comtois la branche sud d'un vaste enveloppement en tenaille qui vise à interdire, vers Belfort-Nancy, les itinéraires empruntés par les divisions allemandes refluant depuis le sud et le centre de la France. Dessein dont la réalisation reste imparfaite, car trop ambitieux en égard aux disponibilités logistiques. Dessein qui .lui aussi, fait ressurgir du passé une prestigieuse réminiscence : la contre-offensive tentée — en vain — à partir de Lyon, sur le même axe et contre les mêmes lignes de communication, avec l'appui d'une Résistance française sévissant déjà sur les arrières ennemis... en mars 1814, par Napoléon !...

Les siècles s'écoulent, les moyens matériels évoluent ; mais le terrain reste immuable, comme le cœur de la plupart des gens.

C'est autour de cette constatation historico-géographique que M. Riche a bâti son ouvrage.

Très vaste se révèle le sujet. Aussi l'auteur s'impose des limites :

— Non dans l'espace puisque son investigation s'étend à la Franche-Comté entière, tout en s'offrant néanmoins des haltes

(1) Cette situation unique en Europe occidentale occupée n'a guère été modifiée par la suppression du contrôle allemand entre zones occupée et interdite (décembre 1941). Mais avec la disparition de la ligne de démarcation (mars 1943), les liaisons clandestines reliant les moitiés sud et nord de la France, à travers la Franche-Comté, se sont mises à perdre une grande partie de leur importance.

Cependant, les «filières» avec la Suisse ont toujours connu une intense activité.

(2) Cette forme de lutte a atteint son paroxysme au cours du printemps et de l'été 1944.

(8)

préférentielles aux alentours de Belfort, Lure, Montbéliard, Besan- çon, Maîche et son plateau...

— Mais plutôt dans la chronologie où il se contente d'effleurer l'invasion de l'été 40 puis de ne traiter que les lignes maîtresses de la Libération, l'essentiel de son propos consistant en un inven- taire descriptif quasi-complet de l'occupation et de la Résistance.

Une Résistance que M. Riche a personnellement vécu, avec courage et efficacité...

Sans doute d'aucuns estimeront avoir déjà — et trop souvent

— lu une assez grande partie des épisodes rapportés. Dans la littérature historique, notamment dans celle relative au dernier conflit mondial, une sorte de sursaturation devient inévitable.

Cependant, à ces personnes doit être rétorqué que, dans ce cas particulier, elles ont eu tort de lire « en diagonale ». Dommage ! Car, en effet, l'un des plus éminents mérites de l'auteur ne réside-t-il point dans une exploitation à la fois intelligente et émouvante, soit de témoignages jamais sollicités, soit de documents absolument inédits.

A vrai dire de cet apport nouveau résulte peu de véritables révélations. Dans la plupart des rubriques abordées il s'agit sim- plement — et il ne peut en être autrement — de faits déjà connus pour l'essentiel mais dont les enrichissements successifs sont des plus intéressants, de motivations déjà fixées dans leurs grands traits mais dont l'approfondissement progressif est passionnant à l'extrême. Par exemple :

— Lorsque, grâce aux pièces confidentielles détenues par la veuve d'un interprète, sont minutieusement analysées les relations administratives ayant existé entre la Feldkommandantur 560 et la Préfecture du Doubs.

— Quand, par le truchement des procès-verbaux de gendar- merie rédigés fin 1944, sont relatés, dans tous leurs odieux détails, les exactions et crimes de guerre allemands perpétrés en Haute- Saône.

Pourtant sera amplement satisfaite, parfois, la curiosité des

plus difficiles, ainsi après la lecture de ces ahurissants rapports d'un

2e bureau territorial qui, au cours de l'hiver 44-45, cultive une

méfiance forcenée à l'égard des services américains implantés à

Vesoul. Egalement, une fois parcourues les époustouflantes notes

du même organisme relatives à l'attitude de ces femmes françaises

(9)

qui, face aux beaux étrangers vainqueurs, confondent libération et licence.

A l'occasion, l'auteur se montre hardi, n'hésitant pas à aborder, dans le chapitre dénommé « l'agression sexuelle», un thème on ne peut plus barbelé de tabous. Mais il sait être prudent. C'est ainsi que posant la question de l'avenir de la Franche-Comté, au sein d'une Europe définitivement nazifiée, il se garde de prendre parti dans une controverse aussi nébuleuse.

D'autant plus respectueux de la vérité qu'elle fait sa mystérieuse coquette l'auteur préfère s'en remettre — et de cette attitude nous ne pouvons que l'en féliciter — à d'éventuels successeurs.

Ces futurs historiens régionaux, qui un jour sauront tout sur la Comté militante et souffrante des années 40 à 44, à quels critères devront se plier leurs recherches ?

— Qu'ils cessent de s'abreuver aux seules sources françaises et daignent se pencher sur les archives allemandes, anglaises, amé- ricaines ; sans oublier celles fort bien achalandées de la confé- dération helvétique...

— Qu'ils se méfient de certains écrits, privés ou officiels, et encore plus de maints témoignages. Sans aller jusqu'à proclamer

« Temps de guerre, temps de mensonges », comme le notait ce bon curé d'Auxon (Doubs) à propos de l'invasion de 1871, qu'ils aient toujours à l'esprit cette phrase de M. Thiers : « A la guerre, on grossit les faits, même vrais, au point de les convertir en men- songe »...

— Qu'ils s'orientent vers la chasse aux documents photogra- phiques, chez les professionnels ou auprès des amateurs. Témoins privilégiés d'un instant, ces clichés peuvent apporter, par leur patiente accumulation, une aide précieuse lors de la reconstitution de l'ambiance, de la résurrection du quotidien...

— Qu'ils accordent une large place aux statistiques dont la puissance persuasive l'emporte souvent sur celle des meilleures argumentations verbales. Mais prudence dans le moindre des dénombrements ! ; et plus encore dans les inévitables extrapolations.

L'hypocrisie des chiffres ne le cède en rien à celle des mots...

— Enfin, qu'au moment de la synthèse, les obsède le souci

de respecter les degrés de l'importance relative constatée entre

(10)

les divers événements ou les différents acteurs, et ce, dans un cadre « espace-temps » exempt de toute distorsion partisane. Tâche déjà délicate pour l'historien s'occupant d'opérations menées par des armées dites régulières, travail malaisé quand le chercheur se plonge dans l'imbroglio des actions clandestines. Constatons avec satisfaction qu'en nous offrant son dernier livre, « La Franche- Comté sous l'occupation allemande et sa libération », M. Riche a su s'engager sur cette voie étroite mais prometteuse.

Lieutenant-colonel Robert DUTRIEZ membre du comité d'histoire militaire de la 6e région et membre de l'Académie

de Besançon.

(11)

INTRODUCTION

La jeunesse qui entend, chaque jour, parler de la seconde guerre mondiale a, en réalité, très peu d'informations à ce sujet.

Trop souvent, elle n'a qu'une information nécessairement fragmen- taire ; elle doit être instruite sur la réalité du génocide allemand.

C'est l'un des soucis majeurs de l'auteur.

Nous sommes incontestablement à un tournant concernant les relations franco-allemandes. C'est un fait fondamental de notre histoire politique et économique.

Comment parler des relations franco-allemandes, en 1979, à la jeunesse qui souvent ignore le nom d'Hitler ?

Il est vrai que la génération de l'entre-deux-guerres a connu une Franche-Comté très différente de celle d'aujourd'hui qui est plus industrielle et plus urbanisée, alors que la Franche-Comté d'autrefois était une province stratégique, enfermée dans les forti- fications de Vauban et qui, par ses garnisons fortes de plusieurs milliers d'hommes, était la région militaire la plus importante des marches de l'Est.

Avant la première guerre mondiale et au cours des années qui suivirent la victoire, les jeunes Francs-Comtois étaient littéra- lement intégrés dans la vie de garnison ; ils se rassemblaient autour du drapeau. Les sonneries de clairons, les retraites militaires aux flambeaux suivies en masse par la population civile, l'esprit des associations d'anciens combattants et les manifestations patrio- tiques constituaient un immense appareil de sensibilisation.

C'était, pour ces jeunes, le rappel permanent qu'ils étaient les premiers appelés à défendre la France si, un jour, celle-ci était attaquée.

Tout cet apparat militaire éveillait beaucoup de sentiments patriotiques dans le cœur des jeunes Francs-Comtois. On comprendra

(12)

que, dès l'occupation allemande, ce fut la grande épopée de la Résistance.

L'historien doit emprunter une voie jusqu'à présent peu fréquentée et joindre le goût très rare de la vérité. Sans cette authentification d'histoire, la description contemporaine la plus précise, sous les couleurs les plus vives, distingue parfois malai- sément le phénomène important qu'une évolution prépare.

Malgré une marge de sécurité limitée à 39 années qui paraît encore insuffisante et après une difficile chasse aux documents je peux, aujourd'hui, vous apporter un début d'éclaircissement sur certains aspects d'une époque si intensément vécue par la popu- lation franc-comtoise.

L'histoire de la Franche-Comté sous l'occupation allemande comprend plusieurs épisodes.

Je tiens à rappeler la participation souvent inconnue, sous des formes variées, d'un grand nombre de Francs-Comtois dans la lutte clandestine contre l'ennemi.

Tous n'ont pas été cités dans cet ouvrage, ils ont pourtant combattu vaillamment et souvent sacrifié leur vie.

Qu'eux-mêmes ou leurs familles n'en éprouvent aucune souf- france morale et n'en tiennent pas rigueur à l'auteur qui leur conserve dans son cœur un sentiment d'amitié et d'attachement.

Je suis persuadé que la méditation de ce livre dans l'un des domaines les plus importants de notre histoire politique du XX. siècle peut apporter aux Français, sinon des réponses défi- nitives aux multiples questions que le monde se pose, du moins une nouvelle ouverture d'esprit pour une meilleure compréhension de nos problèmes avec l'Allemagne.

I.R.

(13)

PREAMBULE

Georges Bonnet, Ambassadeur de France et ancien ministre des Affaires Etrangères pendant la période 1938-1939, a rappelé que le traité de Versailles, fondé sur la Société des Nations et la garantie américaine, n'avait pas été ratifié par le Sénat des Etats- Unis. Wilson l'avait désavoué.

La France avait alors oscillé entre une politique de force marquée, sous Poincaré, par l'occupation de la Ruhr et une politique d'entente avec l'Allemagne faite par Briand ; cependant, comme l'Angleterre et les Etats-Unis, la France pratiquait une politique de désarmement qui se prolongea jusqu'en 1936, tandis que l'Allemagne procédait à son réarmement avec les capitaux des Anglais et des Américains.

C'est dans ces conditions qu'Hitler arrive au pouvoir en mars 1933.

Pendant cinq ans, il va déchirer tous les traités sans provoquer aucune réaction de la part des alliés de la grande guerre.

En 1934-35, il annonce le réarmement, rétablit le service obligatoire et quitte la Société des Nations.

En 1936, il réoccupe la Rhénanie. C'est la dernière occasion où, à peu de frais, on pouvait l'arrêter et le renverser.

En mars 1938, il occupe l'Autriche, tournant ainsi les forti- fications tchécoslovaques établies face à l'Allemagne et non face à l'Autriche. Et aussitôt, les minorités allemandes de Tchécoslo- vaquie demandent leur indépendance par un plébiscite.

C'est à ce moment que se constitue le gouvernement Daladier dont Georges Bonnet devient le Ministre des Affaires Etrangères.

Chef de la diplomatie française en 1938, Georges Bonnet voit clairement le jeu d'Hitler qui cherche à s'assurer l'hégémonie en Europe et il l'indique tout aussi clairement aux Anglais, comme

(14)

le constatent les archives britanniques. Il mène son action dans un double but :

1° Grouper entre eux les gouvernements de Londres, Washing- ton, Moscou et Paris ;

2° Détacher l'Espagne et l'Italie de l'Allemagne.

Mais, en 1938, toutes les réponses sont négatives : A Washington, Roosevelt répond : « Pas un homme. Pas un sou. »

Chamberlain :

« Nous ne pouvons donner que trente mille hommes et cent avions. »

Et Staline demande, comme préalable, le passage de ses troupes à travers la Pologne ou la Roumanie qui refusent.

Les chefs militaires français déclarent :

« Si nous faisons la guerre, nous la perdrons. »

« En quinze jours, l'aviation française sera anéantie. »

« Nous avons besoin de huit mois pour avoir des canons modernes pour nos corps de troupe. »

C'est dans ces conditions, qu'à la suite d'un appel de Roosevelt à Hitler lui demandant d'accepter une conférence, eut lieu la réunion de Munich où Daladier signa l'accord qui, soit par plébiscite, soit par cession directe, donnait à l'Allemagne les terri- toires occupés par les minorités allemandes.

Cet accord est salué avec enthousiasme dans le monde. Il est voté par la quasi unanimité de la Chambre et du Sénat. Il permettra à l'Angleterre de gagner le temps nécessaire pour moderniser son aviation de chasse et pour gagner de justesse, en 1940, la bataille de l'air qu'elle aurait perdue un peu plus tôt.

Mais Hitler regrette de ne pas avoir fait la guerre en 1938 :

« C'est la plus grande faute que j'ai commise », dira-t-il.

Le 15 mars 1939, il envahit la Tchécoslovaquie, puis réclame Dantzig à la Pologne à qui nous lie un traité d'alliance.

Désormais, la guerre devient certaine. Le Ministre des Affaires Etrangères demande, le 23 août 1939, la réunion du Comité de la Défense nationale. Le général Gamelin affirme que la Pologne tiendra jusqu'au printemps, que l'armée française est prête et en état de gagner la guerre.

Le Gouvernement français continue ses efforts pour éviter le

conflit mais, Hitler, envahissant la Pologne, le 31 août, rend

impossible la réunion d'une conférence en Italie. Et le dimanche 3

(15)

septembre, la France et l'Angleterre, selon les engagements de leur alliance, sont en guerre contre l'Allemagne.

La responsabilité de la deuxième guerre mondiale incombe à Hitler (1).

Il n'est pas sans intérêt de rappeler l'action d'André Maroselli (1) qui a tant apporté à la Résistance. Aussi bien, ma pensée se porte tout naturellement vers celui qui, grâce à ses éminentes qualités et sa grande expérience des questions militaires, fut appelé à siéger à la Commission de la Défense nationale du Sénat pendant la période des quatre années qui ont précédé la Seconde guerre mondiale.

Tenant compte des enseignements de la première guerre, André Maroselli estimait que la puissance de l'arme se mesure en nombre et, par la précision de ses rapports, il mettait en lumière la nécessité de créer de grandes unités blindées autonomes permettant une action d'ensemble dont l'importance était capitale dans une guerre de mouvement.

L'état-major ne croyait pas à l'efficacité des forces blindées.

Sur cette question, Maroselli était manifestement en désaccord avec Daladier et le général Gamelin qui considéraient les chars comme un moyen de choc à la disposition de l'infanterie. Non moins débattues à la Commission de la Défense nationale du Sénat furent les questions concernant l'armée de l'Air. Comme nous le verrons, la supériorité allemande était écrasante.

Parallèlement à l'évolution trop lente de notre armée blindée, André Maroselli mit en évidence l'importance des missions confiées à l'aviation militaire. Il souligna la nécessité de profondes modifi- cations techniques et de perfectionnements accrus.

Il fut chargé du contrôle de l'exécution des marchés passés avec l'Amérique pour la livraison d'avions « Curtiss » et « Glen Martin ». C'est ainsi qu'il put dénoncer l'insuffisance de l'armement des appareils livrés à la France.

(1) Les propos ci-dessus concernant la politique extérieure de la France, avant la deuxième guerre mondiale, ont été recueillis par l'auteur de la bouche de Georges Bonnet, le 13 juin 1970, au cours d'une réception donnée en l'honneur de l'ancien Ministre des Affaires Etrangères par l'Académie des Sciences et Belles Lettres de Franche-Comté.

(1) A. Maroselli, député puis sénateur de la Haute-Saône, fut huit fois ministre sous la IV* République.

(16)

1940, l'armée est battue, ce déchaînement du mal aurait dû se briser sans les pires erreurs commises par des hommes qui ne sont pas à l'abri de tout reproche.

La France en guerre, nos soldats étaient installés dans une drôle de guerre, dans un état de commodité. Ils passaient leur temps à compléter les ouvrages de la ligne Maginot, à équiper ce rempart facile à contourner et que le génie n'avait pas eu le temps de terminer avant la mobilisation. Des permissions prolongées leur étaient accordées. Des visites de parents et d'amis forçaient, sans éprouver trop de difficultés, les barrières établies sur les chemins menant à leur cantonnement. Des vacances au bord du Rhin, somme toute !

Depuis l'annonce de la déclaration de guerre, l'ennemi plaçait, juste en face de nos lignes, les fameuses pancartes où il déclarait ne pas nous vouloir de mal, ce qui est une preuve supplémentaire de la félonie allemande.

Enfin, le maintien dans leurs foyers des affectés spéciaux provoquait de violentes rancœurs parmi ceux qui n'avaient pas profité de ces avantages. Tout commence par la nécessité et finit par l'abus. N'a-t-on pas vu des restaurateurs, des marchands de bois et d'autres privilégiés prendre la qualité d'affectés spéciaux dans des ateliers travaillant pour la défense nationale, sans y avoir jamais mis les pieds, tout en continuant d'exercer leurs activités commerciales ! Heureux appuis probablement !

Autre aberration : ceux qui avaient été dispensés du service militaire étaient rappelés pour satisfaire l'opinion ; puis renvoyés dans leurs foyers quelques jours après leur arrivée au corps.

Dépenses inutiles.

Elle a drôlement fini la drôle de guerre. En juin 1940, la radio nous apprenait tous les malheurs de la France ; les événements s'étaient précipités ; les blindés allemands, traversant la Belgique en trombe, enfermaient à Dunkerque les meilleurs éléments des armées alliées et pénétraient dans nos départements du Nord et de l'Est.

(17)

Lors de cette gigantesque déroute, la Franche-Comté fut envahie de tous côtés. Les routes étaient encombrées par la fuite des troupes en désordre et par les colonnes de réfugiés attaquées à basse altitude par les avions ennemis allemands et italiens (1).

L'Armée était dans un dernier état de détresse physique et morale quand les premiers réfugiés atteignirent la « zone non occupée ».

Ce fut un moment de l'Histoire où la France ne connut pas l'uniformité. Pendant l'occupation allemande, il y eut plusieurs

« France » séparées les unes des autres : la « zone libre », la

« zone occupée », la « zone réservée ».

La Franche-Comté fait partie d'un zone à part, isolée et séparée du Gouvernement de Vichy par deux lignes de démarcation successives.

Nous sommes en « zone réservée » où les populations ont le sentiment d'être abandonnées.

En 1939, la faiblesse et la désorganisation de notre armée, personne n'y croyait !

Nos soldats furent trahis par une mauvaise politique. La légèreté particulière de certains politiciens français, l'inconscience politique ont, dans tous les temps, produit d'épouvantables catas- trophes.

Nos troupes mal armées, des décisions légères, la gabegie militaire, notre pays se voit ravagé dans les horreurs d'un désordre extrême.

La France venait donc d'engager une nouvelle période de son histoire.

Sa capitulation devant l'Allemagne se traduit par un vide politique incontestable, par un trouble des consciences, par un désarroi des esprits.

Il y eut, initialement, une sorte de consensus français à la dictature hitlérienne. En effet, en juin 1940, le maréchal Pétain

(1) Voir page 227.

(18)

est l'idole des Français. Il inspire le respect et la confiance à un peuple stupéfié par la défaite.

Le Gouvernement de Vichy n'avait ni les moyens, ni la possibilité de débloquer la vie des Français.

Pas question pour certains, on l'aura compris, de prendre le pouvoir en place.

Pour l'auteur, le portrait du maréchal Pétain restera flou, son jugement ne peut être qu'incertain. On peut toutefois penser qu'avec le recul du temps, le maréchal reposera au pied de l'ossuaire de Douaumont, soit à la droite, soit à la gauche de la tombe du général de cavalerie Ancelin, tué au cours de la bataille de Verdun. Cet emplacement aurait été choisi par les premiers ravisseurs du cercueil de Pétain dont la tentative d'enlèvement a échoué.

Des journalistes de la radio et de la presse écrite ont jeté le trouble dans les consciences, ont semé le doute dans les cœurs.

La même harmonie ne règne pas partout. Il est alors possible d'apercevoir combien il est difficile de saisir la diversité des atti- tudes et des comportements de certains Français.

La torture physique et morale devient le phénomène essentiel de l'occupation allemande.

La seconde guerre mondiale a donc été un moment capital de la conscience nationale.

La fièvre s'empare alors d'une majorité de la population lorsque la Résistance révèle un aspect fondamental de cette guerre.

Ce mouvement de révolte honore la France dans le monde. Il mobilise d'immenses énergies qui d'emblée échappent aux partis politiques.

L'aide des partis de gauche et notamment du parti communiste n'a pas manqué à la Résistance.

Communistes, socialistes, chrétiens, gaullistes, syndicalistes, hommes de droite ou de gauche se retrouvent pour donner l'impulsion indispensable à une action aux multiples formes.

Ces hommes, dont l'idéologie est souvent différente, sont présents dans le combat pour la France Libre.

Côte à côte, on retrouve les grands noms franc-comtois de l'Armée, de l'Eglise, de la Littérature, de l'Université, du Barreau, de la politique, etc.

(19)

L'APPEL DU GENERAL DE GAULLE

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête

« des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouver-

« nement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport

« avec l'ennemi pour cesser le combat.

« Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la

« force mécanique, terrestre et aérienne de l'ennemi. Infiniment

« plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique

« des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions,

« la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de

« les amener là où ils sont aujourd'hui.

« Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle dispa-

« raître ?

« La défaite est-elle définitive ? Non !

« Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause

« et vous dit que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens

« qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

« Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a

« un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire

« britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme

« l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-

« Unis.

« Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de

« notre pays. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les

« fautes, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans

« l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos

« ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous

« pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supé-

« rieure. Le destin du monde est là.

« Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les

« officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britan-

« nique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans

« leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes

« des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique

« ou viendraient à s'y trouver, à se mettre en contact avec moi.

« Quoi qu'il arrive, la flamme de la Résistance française

« ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

(20)

« Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de

« Londres. »

Incertains du chemin à prendre, les Français ont compris, à l'écoute de ce message, où était la voie de l'honneur et de la fidélité. L'action de la Résistance se trouve légitimée.

A partir de 1941, l'image du maréchal Pétain se dégrade, les hésitants rejoignent le mouvement qui prend de l'ampleur.

Avant de terminer ce préambule, reprenons la prophétie du philosophe allemand Friedrich Nietzsche qui écrivait en 1884 :

« La civilisation n'est qu'une mince pellicule au-dessus d'un cahot brûlant... Le barbare va bientôt s'affirmer en chacun de nous, le fauve aussi. »

Cette précision ne manquait pas de justesse.

L'ADMINISTRATION MILITAIRE ALLEMANDE EN FRANCHE-COMTE (1)

La « Feldkommandantur ». Comment traduire ce terme ? Il s'agit d'un échelon administratif des troupes allemandes d'occupation correspondant à une ou plusieurs préfectures fran- çaises.

A la Feldkommandantur de Besançon, répertoriée sous le n° 560, étaient rattachées, de façon permanente :

1° La totalité des départements du Doubs et du Territoire de Belfort ;

2° La partie des départements du Jura et de l'Ain située en zone occupée ;

3° Et temporairement, de juillet 1941 à juin 1942, la Haute- Saône.

La Feldkommandantur de Besançon dépendait du gouvernement militaire allemand de Paris. Les ordres étaient transmis à Besançon par l'intermédiaire d'un district dont le siège était implanté à Dijon.

(1) Ce chapitre — ainsi que plusieurs autres — comprend de larges extraits du discours de réception à l'Académie de Besançon, prononcé le 24 avril 1978, par le lieutenant-colonel Dutriez. Le thème choisi s'intitulait « les relations administratives, de 1940 à 1944, entre la Feldkommandantur 560 et la Préfecture du Doubs».

(21)

Il existait en outre des « Kommandantur » d'arrondissement actionnant elles-mêmes les « Kommandantur » locales.

Que représentait, quantitativement et qualitativement, le person- nel dirigeant ?

En feuilletant les correspondances frappées du sigle « F.K. 560 », il a été possible d'identifier plus de 40 officiers signataires.

La Feldkommandantur 560 était placée sous l'autorité du

« major » Reichhardt, promu par la suite lieutenant-colonel ; celui-ci resta en place le deuxième semestre 1940 et les années

1941 et 1942.

Reichhardt fut remplacé par le « général major » Von Felbert, d'origine autrichienne, qui assuma la responsabilité territoriale du début de 1943 jusqu'à l'évacuation de Besançon survenue, pour le gros des éléments administratifs, le 2 septembre 1944.

Tous ces officiers appartenaient, en majorité, aux réserves de l'armée allemande et étaient, pour la plupart, des enseignants ou des membres des professions libérales ou commerciales.

Il convient d'examiner le travail réalisé par la Préfecture en commun avec les occupants. Ce fut l'œuvre d'une section des bureaux préfectoraux, connue sous le nom de « Bureau de liaison franco-allemand ». Cet organisme de circonstance dépendait direc- tement du Cabinet du Préfet du Doubs. Là, convergeaient les correspondances que les divers services publics devaient échangée, obligatoirement en langue allemande, avec la Feldkommandantur 560.

Le Préfet du Doubs dépendait du gouvernement de l'Etat français réfugié à Vichy mais, par l'intermédiaire d'un « délégué général du gouvernement français » détaché à Paris. De plus, à partir du mois d'avril 1941, un autre échelon de subordination fut mis en place à Dijon : le « Préfet Régional ».

L'occupation allemande fut paperassière et variée à l'extrême.

Les occupants se montrèrent, en Franche-Comté, très « fouille au pot ». Leurs investigations furent poussées au dernier degré. Il ne

(22)

faut pas oublier, qu'en cas de victoire de l'Allemagne, la Franche- Comté devait être annexée au territoire du Grand Reich.

Explorons, maintenant, le champ des relations entre la Préfec- ture du Doubs et la Feldkommandantur 560. Tout tournait autour d'une phrase-clé contenue dans la convention d'armistice : « Sau- vegarder les intérêts du Reich allemand » et ce, en obligeant les services administratifs français du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités allemandes et à « collaborer d'une manière correcte ».

Que faut-il comprendre par ces mots :

« Collaborer d'une manière correcte » ?

En 1940, l'objectif prioritaire des Allemands était la continuation des hostilités contre l'Angleterre, c'est pourquoi la Feldkomman- dantur de Besançon, comme partout ailleurs en zone occupée, avait l1acé le plan d'action suivant :

assurer la vie matérielle des troupes stationnées en France ; garantir la sécurité, sur les arrières, du dispositif déployé sur les côtes ainsi que la permanence des communications avec l'Allemagne ;

faire œuvrer au profit du Reich l'ensemble de l'économie franc- comtoise.

agir sur l'état d'esprit de la population par la propagande et l'amener à collaborer.

Nous verrons plus loin qu'en ce qui concerne le dernier point du plan d'action, le Feldkommandant agissait avec circonspection.

(23)

PSYCHOLOGIE ALLEMANDE A L'EGARD DU GAULLISME ET DU COMMUNISME

Le gaullisme semble avoir assez peu préoccupé les autorités allemandes en Franche-Comté.

Il faut attendre 1943 pour que la Feldkommandantur inter- vienne auprès du Préfet au sujet des mesures à prendre pour enrayer les effets psychologiques de la propagande radiophonique de la France Libre. Ces demandes d'explications sont d'ailleurs formulées sur un ton agréable, voir ironique.

Dans le même style, le Préfet répond aux Allemands :

« J'ai l'honneur de vous faire connaître qu'aucune contravention

« n'a été formulée en vertu de la loi relative à l'interdiction de

« réception et d'audition de certaines émissions radiophoniques ».

Le plus ahurissant, après l'envoi d'un tel compte rendu, n'est-ce par l'absence totale de réaction de la part des Allemands !

Philippe Henriot, ce mauvais Français, répondait à leur place.

Par contre, la répression anti-communiste constitue l'objet essentiel des luttes idéologiques.

L'autorité préfectorale ne se départit jamais de l'attitude éner- gique constamment préconisée, en ce domaine, par le gouvernement de Vichy. Finies les nuances modératrices observées dans les affaires traitées par le « Bureau de liaison franco-allemand ».

En effet, en novembre 1941, la Préfecture signale aux Allemands l'arrestation de communistes à la suite d'une distribution de tracts.

Elle fait connaître qu'une enquête est en cours et se félicite de l'action menée par les services de police français qui ont obtenu de brillants résultats dans des circonstances extrêmement dif- ficiles (1).

Depuis plusieurs semaines, un certain nombre d'individus étaient l'objet d'une surveillance particulière. Rondes et patrouilles de nuit avaient été menées sans interruption par la police française.

Les renseignements concernant les « éléments résiduels » de

(1) Lettre du Préfet du Doubs, du 12 novembre 1941.

(24)

l'organisation communiste étaient régulièrement portés à la connais- sance des Allemands.

En réalité, les brigades de gendarmerie avaient reçu des ordres très sévères pour donner la chasse aux ennemis du régime de Vichy. Elles n'ont pas toujours fait preuve de passivité ; proba- blement par crainte de représailles.

Les possibilités communistes en Franche-Comté ont d'ailleurs été surestimées. C'est ainsi que des attentats commis aux environs de Besançon ont été attribués aux communistes ; or, les bilans établis après la Libération prouvent que lesdits sabotages furent l'œuvre de jeunes gens n'appartenant à aucun parti politique.

Les Allemands se montraient d'une virulence au moins égale à celle des Français. Pourtant, on s'interroge encore au sujet de leur comportement à l'égard de huit militants communistes arrêtés sous la Troisième République et incarcérés à la prison bisontine de la Butte.

Comment, en effet, juger cette attitude de la Feldkommandantur demandant, le 31 août 1940, la libération d'individus arrêtés pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 (1).

Le Préfet, après avoir consulté Vichy, répond que cette libé- ration peut être préjudiciable à l'Ordre Public ; il propose que les huit militants soient accompagnés à la ligne de démarcation et remis aux autorités françaises afin d'être jugés par le tribunal compétent (2).

L'affaire se terminera par une note du commandant allemand faisant connaître que les communistes incarcérés ont été refoulés au-delà de la ligne de démarcation, mais n'ont pas été remis entre les mains d'une autorité française (3).

A cette époque, Hitler ménageait les susceptibilités russes mais, dès l'ouverture des hostilités contre les Soviétiques, la répres- sion anti-communiste constitue l'essentiel des luttes idéologiques allemandes.

En 1943, la propagande anti-communiste s'intensifie. Le 14 décembre, la Légion des Volontaires Français invite la popu-

(1) Décret-loi du 26 septembre 1939 portant dissolution des organisations communistes.

(2) Lettre Préfecture, du 15 septembre 1940.

(3) Note allemande, du 22 octobre 1940.

(25)

lation bisontine à assister à une conférence organisée, dans la soirée, au siège de la L.V.F.

Très peu de Bisontins répondent à cet appel ; par contre, les autorités allemandes sont largement représentées.

« Deviendrons-nous des Bolchevistes », tel était le thème de la conférence devant quatre-vingts auditeurs.

Une minute de silence est observée par l'assistance, debout en hommage aux membres de la L.V.F. tombés en Afrique du Nord et sur le front de l'Est.

Le conférencier commence par critiquer les chefs militaires français et, plus particulièrement, le général Giraud à qui il reproche de s'être évadé.

Puis, il attaque la Révolution nationale qui, par son incapacité, a provoqué l'occupation du pays.

Il ironise sur l'armée de l'armistice dissoute à cause de son esprit « revanchard », ce qui aboutit à une mascarade du dimanche matin dans les rues de Vichy. L'orateur la compare avec la relève de la garde à Monaco où « 50 pauvres diables, désarmés mais couverts de casques en cuir, défilent derrière la musique militaire ».

Il met aussi l'accent sur la confiscation de nos colonies par les Anglo-Saxons. « Leur disparition devant le communisme a entraîné, dit-il, la bolchevisation de l'Afrique du Nord et de la Corse ». Des exécutions auraient été commises parmi les membres des partis de droite et des milieux bourgeois gaullistes dans ces pays.

Revenant à la France, il s'efforce de démontrer que les bourgeois, ainsi que l'Eglise, ne croyaient pas au danger bolche- viste mais que ce danger se signale par de nombreux attentats contre les personnes.

Puis, il glorifie la conduite de la Légion des Volontaires Français et des membres des partis de Droite « qui ne veulent pas mourir à genoux, mais veulent continuer à vivre debout ».

Il traite les réfractaires du Service du Travail Obligatoire de

« zazous » ; il est partisan d'une amnistie générale à condition que ces derniers acceptent dès maintenant une relève réelle.

Le conférencier fait l'apologie du fascisme et espère que ce régime sera introduit en France.

Ensuite, viennent les menaces. Il utilise, en effet, le mot du communiste Vaillant-Couturier :

« Pour un œil, deux yeux ; pour une dent, la gueule entière ».

(26)

Et la menace s'amplifie :

« Pour un patriote assassiné, il y aura dix tués dont cinq communistes, trois riches juifs et deux riches commerçants gaul- listes ».

Mazella termine son discours en souhaitant non seulement une collaboration avec l'Allemagne mais aussi une alliance dans l'égalité des droits et des devoirs. Point final.

A 21 h 10, la conférence terminée, la poignée d'auditeurs assistent à la projection d'un film montrant les atrocités commises par les « rouges » au cours de la Révolution russe de 1917.

A 22 h 50, la réunion prend fin, sans incidents.

Des tracts sont distribués ainsi que des « ausweis » de nuit provisoires, l'heure du couvre-feu étant dépassée.

Les Allemands cherchaient à exciter le trouble parmi les Fran- çais et encourageaient les mouvements factieux chargés d'organiser une conspiration contre la démocratie. Dans leur esprit, cette politique parallèle ne pouvait que leur être utile.

RELATIONS ENTRE LES AUTORITES FRANÇAISES ET ALLEMANDES (1)

Dans la correspondance adressée par la Feldkommandantur 560 à la Préfecture du Doubs, on constate des nuances de fond mais surtout de forme.

C'est ainsi qu'une représentation théâtrale franco-allemande, un tantinet perturbée, a fait l'objet, le 14 décembre 1940, d'une note ainsi conçue :

« Des interruptions pareilles ne correspondent pas à la politesse

« et à la culture française qu'on a tant vantées ».

Les séances récréatives scolaires ou paroissiales sont soumises à l'autorisation de l'occupant. Relevons cette perle du 5 janvier 1943 :

(1) Les textes placés entre guillemets proviennent de documents authentiques confiés à l'auteur par le Comité d'Histoire Militaire de la 68 Région Militaire.

Le langage à comprendre est parfois difficile, mais l'auteur a tenu a lui conserver son style.

(27)

« Nous n'avons aucune objection à formuler contre les repré-

« sentations théâtrales. A Arc-sous-Montenot (Doubs), est autorisée

« la représentation de « Ma fille est parisienne », cependant l'expres-

« sion « travailler pour le roi de Prusse » est à rayer ».

Et, bouquet inattendu à ces morceaux choisis, ce billet allemand du 8 janvier 1943 concernant la réquisition partielle de l'église catholique Saint-Pierre à Besançon :

« En réponse à votre lettre, l'aumônerie militaire à fait savoir,

« qu'à son avis, elle a payé convenablement l'utilisation de l'église

« par les quêtes faites à chaque office » !

Mais, pour l'occupant, c'est le problème de sa sûreté qui prime.

Il doit :

1° se protéger contre le danger pouvant venir des populations occupées, c'est-à-dire de la Résistance, mais également des bombar- dements aériens.

2° prévenir ou réprimer toute atteinte au moral de son armée.

Dès 1940, quelques Français isolés s'acharnent à sectionner les câbles téléphoniques. Le rétablissement des communications s'effectue généralement dans des délais très courts et ne suscite que l'envoi de notes relativement modérées de la part des autorités d'occupation, mais celles-ci exigent une réponse rapide aux obser- vations qu'elles formulent :

« L'Administration militaire estime que c'est un acte de politesse

« qui est même observé par les hommes les plus primitifs que de

« répondre à une lettre reçue » (1).

En 1941, les sabotages des lignes téléphoniques s'accroissent et des sanctions pécuniaires sont prises par la Feldkommandantur bisontine, c'est ainsi que les communes du canton d'Ornans auront à payer une caution de cent mille francs à la suite de la rupture d'un câble téléphonique le 29 septembre près d'Amathay.

En 1942, changement complet d'attitude. Nous sommes en pleine bataille menée par la Résistance sur un front de tortures et d'exécutions sommaires. Les actes de sabotage se multipliant, la répression s'organise en dehors de la Feldkommandantur. L'instruc- tion est confiée à la Feldgendarmerie, un tribunal militaire est constitué. Ces deux organismes dépendent, pour la partie adminis- trative seulement, de la Feldkommandantur 560.

(1) Note de la Feldkommandantur, du 14 janvier 1941.

(28)

Le problème du passage clandestin de la ligne de démarcation paraît inquiéter l'occupant et la répression devient de plus en plus sévère.

Combien tragique fut cette première exécution du 28 avril 1942, à la Citadelle de Besançon. Il s'agissait d'un passeur de la ligne de démarcation.

Le 1er mai 1942, le Tribunal militaire condamnait X... de Marnoz, à 10 ans de réclusion pour franchissement illégal et continuel de la ligne de démarcation.

Prolifèrent aussi, hélas, les avis d'exécution. Tel celui-ci :

« X..., demeurant à Dole, a été fusillé comme otage, le 12 mai

« 1942. Vous voudrez bien porter ce qui précède à la connais-

« sance des parents de l'intéressé ».

Le 30 juin 1942, un attentat à la bombe est commis contre un train de permissionnaires entre l'Isle-sur-le-Doubs et Médière.

La bombe n'éclatera qu'après le passage du train. Etonnante, cette attitude modérée de la part des Allemands qui se contentent

« d'inviter la Préfecture à rechercher les coupables afin d'éviter d'autres attentats de ce genre ».

En 1943, la paperasse traitant de la sécurité dépasse en ampleur celle accumulée dans les autres dossiers.

Des mesures de contrainte sont prises, sous différentes formes, pour sensibiliser la population. Parmi ces mesures, nous citerons : 1° le couvre-feu, qu'aggravaient ou atténuaient, selon les loca- lités, des régimes d'application assez nuancés et souvent modifiés selon les circonstances : lorsque sonne minuit tout le monde doit rentrer chez soi.

2° la réquisition des civils afin de surveiller les voies de communications. Ce service forcé laisse souvent à désirer. Des peines de prison sont prononcées. Par contre, des récompenses étaient accordées à certains collaborateurs, c'est ainsi qu'une note datée du 15 juin 1943 nous apprend :

« Les gardes X... et Y... ont enlevé, à 23 heures, un système

« d'explosion et arrêté à temps un train. Une somme de cinq cents

« francs a été accordée à chacun des intéressés pour leur bonne

« action ».

3° l'obligation pour les maires de déclarer les séjours des personnes étrangères à leur commune.

4° la création le long de la frontière suisse, en date du 8 mars

1943, d'une zone interdite large de trois kilomètres.

(29)

Puis, la fureur des Allemands se traduit par d'impitoyables exécutions, atteignant leur apogée le sombre dimanche du 26 septem- bre 1943 où seize patriotes furent fusillés à la Citadelle.

Nous avons vu que le Feldkommandant avait dû transférer ses prérogatives policières essentielles au S.D., ce sigle signifiait

« service de sécurité » qu'il ne faut pas confondre, comme on l'a trop souvent fait, avec le terme « Gestapo ». On peut donc penser que le général major Von Felbert n'est pas impliqué directement dans l'exécution des patriotes de la Citadelle.

Toutefois, le spectre des redoutables attaques aériennes, qui constituaient à cette époque l'événement le plus important, ne cessait d'inquiéter cet officier. A vrai dire, les bombardements aériens se limitèrent à Besançon et à Sochaux, la nuit du 15 juillet 1943. Certes, elles furent sérieuses. Pourtant, par comparaison avec les pertes humaines et les dégâts matériels subis au même moment en d'autres régions françaises, elles ne pouvaient être considérées comme catastrophiques. Aussi, assez intempestif nous semble en cette circonstance, le raz de marée épistolaire déferlant sur la Préfecture ; un flot de récriminations d'autant plus acerbes que l'occupant semble, en Franche-Comté, avoir été surpris par ces raids.

Cependant, des mesures bien timides ont été prises par la Kommandantur. Voici quelques extraits de lettres parvenues à la Préfecture à cette époque :

« Il a été constaté que le quartier de l'archevêché était illuminé.

« Il y a lieu de me faire connaître la personne responsable. Si, à

« l'avenir, les mesures de camouflage ne sont pas exécutées, je me

« verrai obligé de couper le courant en cas d'alerte » (1).

« La population s'est rendue en grand nombre sur les lieux

« du sinistre et tout spécialement à la gare en flammes avant que

« la fin d'alerte ne soit donnée » (2).

« La police française donne bien des coups de sifflet mais

« n'intervient pas assez énergiquement » (3).

A partir de 1944, la conspiration prend inévitablement le dessus.

Des sabotages toujours plus nombreux sont effectués par les maquisards. La riposte fut inefficace, les avertissements étaient

(1) Note allemande, du 19 juillet 1943.

(2) Note allemande, du 20 juillet 1943.

(3) Note allemande, du 19 août 1943.

(30)

sensiblement les mêmes d'une année à l'autre. Il convient toutefois de rappeler l'un des derniers messages de sensibilisation utilisé par les Allemands pour annoncer la mort d'un résistant :

« X..., fusillé le 18 août 1944, à 6 heures 42, comme franc- tireur ».

Citons, enfin, une intervention du général major Von Felbert à l'occasion d'un fait extrêmement commun ; elle esquisse le constat d'échec des occupants face à la Résistance :

« Je vous fais savoir que la voiture Simca n° 1282 EK 3 qui

« avait été mise à ma disposition a été volée aujourd'hui à midi

« devant la cité universitaire par des inconnus. Je vous prie de me

« fournir un véhicule équivalent » (4).

Manifestement, deux semaines avant l'évacuation, le cœur n'y était plus. En effet, dans ce qu'il y a d'ambigu chez l'occupant, on est frappé par une espèce de morale militaire que cherche à inculquer le Feldkommandant dans l'esprit d'une troupe vaincue, fatiguée et usée. L'autorité allemande locale a voulu persuader le soldat non seulement de sa supériorité matérielle de vainqueur par les armes, mais aussi de la suprématie spirituelle de sa nation.

En conclusion :

1" Les rapports entre Feldkommandantur et Préfecture du Doubs ont été empreints de modération de la part du Feldkommandant qui semble n'avoir jamais cru en la victoire de l'Allemagne.

2° Les services préfectoraux ont fait preuve d'une passivité qui a bien servi les mouvements de la Résistance.

3° Les nombreuses interventions de la Préfecture en faveur des personnes inquiétées ou arrêtées ont été parfois positives lors- qu'il s'agissait d'affaires mineures. Il n'en était malheureusement pas de même lorsque les condamnations étaient prononcées par le Tribunal militaire allemand.

4° En cas de condamnation à mort, de courageux appels à la clémence ont été faits par la Préfecture. Tentatives inutiles s'il faut en croire le Président du Tribunal militaire allemand écrivant d'une plume agacée :

« La réception de ces demandes de remise de peine qui n'ont

« aucune chance de succès et qui ne sont pas fondées occasionne

« uniquement du travail inutile » (1).

(4) Note allemande, du 21 août 1944.

(1) Note allemande, du 6 octobre 1941.

(31)

LES JUIFS SOUS L'OCCUPATION

L'évolution politique odieuse de l'Etat français a fourni matière à une abondante législation applicable aux Israélites. Pour les reconnaître plus sûrement, ceux-ci furent dans l'obligation de porter l'étoile jaune sur leurs vêtements. Leurs cartes d'identité devaient être munies d'un cachet rouge de 1,5 centimètre sur 3,5 centimètres de dimensions.

Après l'exode de 1940, ils n'étaient plus très nombreux : trois cent vingt-trois pour le Doubs, selon un rapport préfectoral du 18 novembre 1940.

A partir du second trimestre de l'année 1942, les dispositions prises contre les Juifs échappèrent à la Feldkommandantur au profit du S.D. (Service de Sécurité).

La Préfecture du Doubs ne fut associée que de façon passive aux affaires juives.

RECENSEMENT DES JUIFS

Dans les notes adressées par les Allemands aux autorités fran- çaises, on trouve de nombreuses réclamations concernant le recensement des Israélites domiciliés en Franche-Comté, ce qui confirme, une fois de plus, la passivité et l'humanisme de l'admi- nistration française.

Voici quelques extraits de réclamations formules par les

Allemands le 29 janvier 1942 : *

« La Préfecture du Doubs ne m'a fait parvenir que la liste

« des juifs résidant à Besançon. Je vous invite à me faire connaître

« également les autres Juifs habitant le département ».

« La Préfecture de Belfort ne m'a pas encore fait parvenir

« lesdites listes. Je l'invite à me les adresser au plus vite ».

(32)

« La Préfecture de la Haute-Saône s'est montrée plus diligente ;

« elle a fait connaître, dès le 14 janvier 1942, la liste des Juifs

« résidant en Haute-Saône ».

Une constatation s'impose ; la liste demandée pour le dépar- tement du Doubs était établie le 18 novembre 1940 ; le 29 jan- vier 1942, elle n'était pas encore parvenue à l'administration allemande, ce qui a permis à un grand nombre de persécutés de fuir vers des lieux plus accueillants.

L'ADMINISTRATION DES BIENS JUIFS

Au-delà des terribles mesures dirigées contre les personnes, l'attention s'aiguille vers un secteur moins connu, mais fort passionnant : celui de la gestion des biens juifs. Pour les occupants, il y avait là un complément de ressources non négligeables.

Dans le Doubs, quatre-vingt-huit magasins juifs ou entreprises, dont soixante à Besançon, ont fait l'objet d'un contentieux sur lequel les Allemands firent montre d'une méfiance inouïe à l'égard des officiels français. Un seul exemple suffit à l'illustration d'un comportement que parfois n'aurait pas récusé le maquignon le plus retors. Jugeons-en par cette lettre du 27 juin 1941 adressée par le Préfet du Doubs aux autorités allemandes :

« Mes services ont appris que les autorités allemandes ont

« l'intention de révoquer les commissaires gérants de la maison Lip.

« Motif invoqué : cette entreprise juive n'a pas payé les sommes

« dues à des aryens.

« Je crois devoir attirer votre attention sur le fait que si le

« règlement de ces sommes n'a pas été fait, c'est par suite de

« l'ordre formel du Président Reihl. Ce dernier a défendu de payer

« les dettes antérieures au 16 juin 1940. Or j'ai demandé à plusieurs

« reprises l'autorisation de payer les sommes dues aux petits

« artisans. Monsieur Reihl m'a fait savoir qu'ils devraient demander

« leur argent au juif Lippmann séjournant en zone non occupée ».

(33)

Opération fructueuse pour les Allemands qui saisissent à leur profit des sommes dues à des aryens séjournant en zone occupée.

Les exploitations agricoles appartenant à des Israélites n'échap- paient pas à la saisie. Un cultivateur de Colombier-Fontaine, se trouvant dans des conditions difficiles, a pu bénéficier de l'usufruit d'une ferme appartenant à un Juif.

DEPORTATION JUIVE

Le 24 février 1944, la police de Gray reçoit l'ordre de procéder à l'arrestation de tous les Juifs de la région. L'opération doit être menée avec la collaboration de la Feldgendarmerie.

Trois familles sont prévenues du sort qui leur est réservé ; seul G..., sa femme et ses enfants réussissent à s'échapper avant la rafle.

Le 16 mars 1944, les Allemands procèdent à une nouvelle série d'arrestations, sans le concours des policiers français, mais sous la direction d'un membre de la Gestapo.

Certaines personnes juives arrêtées sont transférées à la prison militaire de Besançon, alors que d'autres, gravement malades et non transportables, sont hospitalisées dans les asiles de vieillards.

Par la suite, les Allemands exigèrent que ces malheureux soient groupés dans un seul hôpital afin de permettre une meilleure surveillance. Dès qu'ils furent aptes à être transportés, ils furent conduits à Drancy avant d'être déportés en Allemagne.

Quatorze Israélites de la région de Gray sont morts dans les camps de concentration.

Les autorités de Police locale ont, dans la mesure de leurs moyens, prévenus tous les Juifs qu'ils allaient être arrêtés..

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, certains Juifs ont été dispensés du port de l'étoile.

S'agissait-il de collaborateurs ?

Ont-ils été reconnus aryens à la suite de la reconstitution par

(34)

IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE SUR INGRES MBM ARCHES CINQ CENTS EXEMPLAIRES NUMEROTES ET TROIS MILLE CINQ CENTS EXEMPLAIRES SUR BOUFFANT EDITA, LE TOUT CONSTITUANT L'EDITION ORIGINALE.

Achevé d'imprimer par les Presses Jurassiennes

à Dole-du-Jura le 15 décembre 1979 Dépôt légal 4. trimestre 1979 - N' 1198

(35)

Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement

sur un support imprimé, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres Indisponibles du XXe siècle.

Cette édition numérique a été réalisée à partir d’un support physique parfois ancien conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.

Elle peut donc reproduire, au-delà du texte lui-même, des éléments propres à l’exemplaire qui a servi à la numérisation.

Cette édition numérique a été fabriquée par la société FeniXX au format PDF.

La couverture reproduit celle du livre original conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.

*

La société FeniXX diffuse cette édition numérique en vertu d’une licence confiée par la Sofia

‒ Société Française des Intérêts des Auteurs de l’Écrit ‒ dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012.

Références

Documents relatifs

La température moyenne journalière la plus basse se produit le 17 janvier, avec au plus -4°C en plaine et jusqu’à –11°C sur les hauts; la plus élevée est enregistrée le

La procédure a été lancée par les trois Préfets concernés au travers d'un arrêté interpréfectoral du 22 juin 2011, définissant le périmètre du PPA et portant constitution de

Comme les autres années pour un mois d'octobre, les précipitations tombent sur 8 à 14 jours, avec toutefois 1 ou 2 jours de plus du territoire de Belfort à Besançon et 1 à 2 jours

Les écarts à la moyenne des maximales sont moindres dans les secteurs de plaine soumis à de fréquentes grisailles tenaces, par contre ils sont exceptionnels sur les plateaux et

Le niveau de cette nappe début Août, situé à 7cm en dessous de la moyenne connue depuis 1997, a alterné une succession de baisse et de stabilisation durant tout le mois d'Août.

Toujours inférieur d'environ 50 cm aux moyennes établies depuis 1997, son niveau qui était historiquement bas en début de mois, se rapproche fin Juin des records minimalistes

Les températures sont vraiment élevées du 13 au 16, du 23 à la fin de mois, avec le 28 la température moyenne la plus élevée.. Les températures minimales les plus basses

Les cours d’eau ont charrié la première crue significative en cette année 2010, crue décennale humide pour l’Ognon à Beaumotte comprise entre 5 et 10 ans pour la Lanterne