B RUNO P ONSON
Le vote par consensus
Mathématiques et sciences humaines, tome 87 (1984), p. 5-32
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LE VOTE PAR CONSENSUS
* Bruno PONSON
INTRODUCTION
Parmi les votes non ordonnés à un tour
qui, seuls,
nousintéresseront ici,
la recherche de
procédures ayant
les meilleuresqualités possibles
a étél’objet
de trèsimportants
travauxdepuis
que Condorcet(1785)
a mis enévidence son fameux
paradoxe qui peut apparaître
pour le vote à lamajorité simple (~.eut~.u,~y va~.~g)
dès que le nombre des candidatsdépasse
deux.Arrow
(1963)
confirmait cefait
pour tous lestypes
de vote, à condition que certaineshypothèses
tout à fait raisonnablessoient satis- faites.
Plus
récemment,
Gibbard(1973)
et Satterthwaite ontprouvé qu’aucun système
de voteraisonnable n’est
àl’abri
de lamanipulation.
Defaçon plus précise,
dansn’importe quelle procédure
de vote non dictatoriale et nonbinaire
il estpossible d’envisager
des états del’opinion
pourlesquels
desjoueurs
aurontintérêt
àmanipuler
leur vote.Par contre, si
l’on restreint
lespréférences individuelles,
ildevient
possible
deconstruire
uneprocédure
de vote nonmanipulable.
Cesera, par
exemple,
pour le vote à lamajorité
le casbien
connu despréfé-
rences
unimodales (Black, 1948),
mais aussi le cas despréférences
aveccreux
unique
ou despréférences dichotomiques (Sen, 1966) c’est-à-dire
en ce dernier cas quel’ensemble
desoptions (ou candidats)
estdivisé
en deux*
Université
Paris XII - Val-de-Marne et E.S.C.P.groupes
(en
sorte que toutes lesoptions d’un
groupe soientpréférées
ounon
préférées,
suivant les votants, auxoptions
de l’autregroupe).
D’autre part, l’introduction
deprocédures
avec transferts ou deprocédures
aléatoires(Moulin, 1978, chap. 4)
conduit aussi à la non mani-pulabilité.
On retrouve ici laprocédure qui
apermis
de résoudre les pro- blèmes nonéquilibrés
de théorie desjeux
à deuxjoueurs.
Les
propriétés
des diverssystèmes
de vote doivent donc être étudiéesprécisément
afin deconnaître
leursqualités
et leurs défauts enfonction
del’objectif
désiré.Quelles qualités
doit avoir uneprocédure
de vote ?Deux
paraissent
avoir uneimportance particulière :
- être
simple
pour une facilecompréhension
par les votants mais aussi ne pas avoir un coût de mise en oeuvretrop élevé ;
- élire un
gagnant
deCondorcet,
s’ilexiste, c’est-à-dire
le candidatqui l’emporte
sur tous les autres lorsd’une comparai-
son par
paires.
D’autre
part lebqualités
denon-manipulabilité, neutralité,
ano-nymat et efficacité sont elles-mêmes éminemment souhaitables :
- une
procédure
est ditenon-manipulable
si toutjoueur (votant) dispose d’une stratégie dominante (pour
toute utilité - ouopinion -
possible) ;
iln’a
de ce fait aucun besoin de connaîtrel’opinion
des autresvotants ;
- une
procédure
est dite neutresi, lorsque
tout le mondechange
son vote, le candidat élu
change (pour
le cas à 2joueurs)
et defaçon plus générale
si aucuncandidat n’est avantagé ;
- une
procédure
est dite anonyme si tous les votants sont sur unpied d’égalité, c’est-à-dire
influencentd’une façon
semblable le résultat final.Du
fait qu’aucune
desprocédures
de vote ne saurait satisfaire à toutes cespropriétés intrinsèques,
il convient de comparer lesprocédures
entre elles afin d’en déduire celles
qui
sont leplus
anonymes, neutres ounon-manipulables.
Le vote par
consensus
, sembleainsi, parmi
toutes lesprocédures
de vote à un tnur, avoir des
propriétés comparatives qui
le rendentextrê-
mement
intéressant.
De
quoi s’agit-il ?
Chaque
votant vote, sans ordre depréférence,
pour autant decandidats
qu’il
le désire(k = 0,
..., m où k est le nombre de candidats pourlesquels
on vote et m le nombre de
candidats).
Le choix collectif résultera de la somtrat-ion surchaque
candidat del’ensemble
des voixqu’il
recueille. On déclare élus les candidats recueillant leplus grand
nombre de voix.Cette
procédure,
extrêmementsimple
donc très facile à mettre enplace(2) rappelle
celle deBorda, qui
est un peuplus compliquée :
ils’agit
dans la
procédure
de Borda pourchaque
votant de donner son ordre depré-
férence sur
l’ensemble
descandidats,
le classementfinal
étant obtenu enadditionnant les rangs de
chaque
candidat obtenusauprès
dechaque
votant.Robert Weber
(1978)
compara vote par consensus etprocédure
deBorda,
mais iln’a guère développé
de travaux sur ce thème par la suite.Ce n’est pas le cas de Steven Brams et Peter
Fishburn qui
ont ana-lysé
en détail le vote par consensus(Brams, Fishburn (1978) ; Fishburn,
Brams
(dans
deux articles de1979)).
Lespropriétés
leurparaissent
telles que Brams
n’hésite
pas à demander sonapplication
immédiate àl’élection présidentielle
américaine(surtout
pour lesprimaires
et lesconventions des
grands partis, puisque l’élection
finale nes’opère
engénéral qu’entre
deuxcandidats).
Lesdéveloppements qui
vont suivre sontissus,
pourl’essentiel,
de leurs travaux et doivent ainsi suscitercontroverses et
poursuite
des recherches sur cetteprocédure
de vote. Notresouhait est que son
utilisation
sedéveloppe
à tous niveaux(instances universitaires, associations,
voire électionspolitiques).
( 1 )
Traduction del’expression appB0ua2 u~~c.~2g .
Onpeut
aussi bienparler
de vote par
approbation.
(2) Néanmoins
le temps dedépouillement
estlégèrement allongé
parrapport
au vote
uninominal
à un tour, celui-ci ne comportantqu’un
nom auplus
sur
chaque
bulletin.L’étude
du vote par consensus serascindée
en deux sections :-
le6 ~~atég¡e6,
où serontprésentées
leurspropriétés (dominance, admissi- bilité)
ainsi que lespropriétés
de base du vote par consensus(sincérité
et
non-manipulabilité).
-
l’équité cntAe votant.,s
pose desproblèmes plus
délicatsqui
montrent commepour la sincérité et la
non-manipulabilité
lasupériorité
du vote parconsensus, que
l’on introduise
ou nonl’utilité.
S’iln’est
pas anonyme, ilest néanmoins
plus équitable
que le vote à lamajorité simple
dans laplupart
des situations concrètes.1.- LES STRATEGIES
Rappelons
que leprincipe
du vote par consensus est depermettre
à toutvotant de choisir un nombre
quelconque d’individus parmi
les candidats sansqu’il
lui soit demandé toutefois de les ordonner ou classer. On élit alors les candidats recueillant leplus grand
nombre de voix.La
notion,plus générale,
desystème
de votepermettra
de formaliser la définition du vote par consensus.1.1.-
Systèmes
de vote etstratégies
DEFINITION 1.1. : Uv
ôyôtème de
vote nonondonné
à un tounest canacténlôé
- É.-
pan
unôouô-cnôembtc à de l’ensemble {1,2
...m-1 }, aù m e3t Ze nombte de
candidat,,s ( 1 )
.Par
exemple,
si s ={1,3},
le votant nepeut
ques’abstenir,
voterpour un seul ou voter pour trois candidats.
DEFINITION 1.2. :
Le vote pan
conôcnôuôcôt le ~5~~5~ëme de
votete{ Que
~ =
fi,
... ,m-1}.
(1)
Le vote pour tous les m candidatsn’est
pas retenu dans cette définitioncar il est en tous
points équivalent,
par seseffets,
àl’abstention,
qui
esttoujours permise (elle correspond
à s =~).
’
Nous remarquons
également :
- que si s =
fi}
on retrouve le vote à lamajorité simple usuel ;
-
qu’à
s ={1, m-1}
est associé le vote"négatif"
danslequel
onpeut voter pour un
candidat
ou contre un candidat(si
on votepour les m-1
autres).
Onparle
aussi de vote paropposition.
Les
propriétés
de ces diverssystèmes
de vote serontcomparées
par la suite.DEFINITION 1.3. :
On appette 3ttatégie tout ô0uô-cnôcmb£c S de £-’en,6emb£,e
s:2de3 candidats.
Ainsi, s’il
y aplus d’un
candidatchaque
votant a2m -
1stratégies
(on
a enlevé lastratégie "vote
pour tous lescandidats’’ qui
fait doubleemploi
avecl’abstention).
DEFINITION 1.4. :
Une ~5~tc.a~ég~c e S e6~ _p0ôôÀb£e p0uQ
unsy,6tème de vote 3
ôÀ e~ ~ eu,~eme~.~ si cahd S
e 6 ou6i S ut î’ab3tention.
Ainsi pour le
système
de vote s ={1, 3},
lastratégie
consistantà voter pour deux candidats
n’est
paspossible.
Alors que pour le vote parconsensus toutes les
stratégies
sontpossibles,
le nombre destratégies possibles
estbeaucoup plus
faible pour lesystème
de vote à lamajorité simple,
uninominal(m
+1),
ou le votenégatif (2m
+1).
Nous supposerons, comme
généralement
en casd’analyse
desystèmes
de vote, que les votants ont des
préférences
entre les candidats ou groupes de candidats et que cespréférences
sontreprésentables
par unpréordre
total P
noté >, (>
en cas depréférence stricte).
D’autre part,
ons’intéressera
aux décisionsprises
parl’un quel-
conque des votants et à leurs effets sur le résultat final de
l’élection.
Ce votant sera
appelé
votant focal.1.2.-
Dominance
Après l’avoir définie,
il conviendra decaractériser
commodément lapropriété
de
dominance.
DEFINTION 1.5. : :
Ùr~ appeue contingence
4 : a E ~ H ~ ( a j ~ {0~
...0ù n e6t le nombte de (n-1
car onenlève le votant
focal). On note du U" (1) ( c’ est-à-
dire
l’ensemble
des candidatsayant
obtenu leplus
devoix) 2c Votant e.
sastratégie S et que ont adopté la
gcncc 6.
Il est
clair
quef(a)
est le nombre devoix
obtenues par a, sanscompter
le vote du votant focal.DEFINITION 1. 6 . : La
S domine fa stwtégie T et si
1 . i ...,.,
Autrement dit une
stratégie
S domine unestratégie
T pour le votant focalsi
ellepermet l’élection
d’un candidat(ou
d’un groupe decandidats) préféré
ou indifférent à ce quepermettrait
lastratégie T,
et ceci en toute circonstance(et
il y a aumoins
une circonstance pourlaquelle
lapréférence
est
stricte).
Cette définition
s’impose
par sa clarté mais la référence au choix des autres votants renddifficile
sonutilisation pratique.
De ce fait on va chercher à caractériser
(théorème 1.1,)
ladominance
en ne faisant référence
qu’aux préférences
du votantfocal,
à condition toute-fois d’accepter
lavalidité
de deuxhypothèses "raisonnables" (portant
surles
préférences
entrecandidats) :
(1)
Il est à noterque départager
lesex-aequos relève
deconsidérations
étrangères
à celledéveloppées ici
etmériterait
une étudeparticulière.
’
Chaque
votant étantcaractérisé
par sonpréordre
total depréfé-
rences
P,
on noteraAI’ A~,
...At
les groupes decandidats
ex-aequo pour le votant et ce dansl’ordre décroissant (A , qui
sera noté aussiM,
regroupele ou les
candidats
lesmeilleurs
pour levotant;A ,
t tqui
sera notéaussi L,
le ou les
pires).
On a donc A 1 >A
>...> °°°A
t avecU A. =
1En
d’autres
termes, si B esthaut
, il ne contient que les meilleurscandidats
pour le votant focal(B contient
tous lescandidats préférés
strictement àn’importe quel
candidat deB).
Si B est
bas (1),
il ne contient que les moins bons candidats(B
contient tous lescandidats pires
strictement quen’importe quel
candidatde
B).
Par
exemple,
si lepréordre
est tel que(pour
6candidats)
A - {a,b}, A2 - {c}, A 3 = {d,e,f}.
’la,b,c d}
est haut et{df}
est bas, mais
{c,d,f}
nel’est
pas.DEFINITION 1.8. : :
Un votant ut S’il n’ e6t indi64ftent
tou3 tcô
Un votant non concerné
n’a
pas destratégie dominée, c’est pourquoi
ce cas est écarté du théorème
suivant qui
vise à caractériser lesstratégies
dominées (et dominantes).
THEOREME 1.1. : :
S.i le concetné,
6outu et f4]
S T S T, S-T haut, T-S côt ba,.5 est ni T-S
netegtou- te3 candidat.,s.
La démonstration est donnée en annexe , à titre
d’illustration
de la méthode.
(1)
B haut(bas)
est unepartie "finissante" ("commençante")
pourl’ordre
strict associé
aupréordre total.L’ensemble
descandidats
est à lafois
haut et bas.1.3.- Admissibilité
1.3.1.- Définition et
caractérisations
DEFINITION 1.9. :
Une S e6~ seulement si elle
ut pa3 d’autmc
Nous pouvons ainsi
dire
que lesstratégies
admissibles sont cellesqui
restentaprès élimination
desstratégies
dominées.Il va
être
commode de caractériser lesstratégies admissibles
defaçon simple
ou, dumoins, opérationnelle.
Nous nousplaçons
commeprécé-
demment avec un votant focal dont le
préordre
despréférences
est donné etconnu.
THEOREME 1. 2. : :
Une 6ttatégie S ut
eUe contient M meiueuts candidats et
.
elle
necontient pM de
nonte{
e6~ b~6 ct S-B
elle
ne aucundu candidats pa&m1 cô (L)
et
, l£
aucunen3embZe A
nonvidé, haut,
de S tet que AuS 3oit
Ainsi
libellé,
le théorème neparaît
pas avoir uneinterprétation simple
et concrète. Ce ne le seraplus lorsqu’on
seplacera
dans le cadre desystèmes
de voteparticuliers
auparagraphe
suivant.Démonstration :
Elle ne pose pas deproblème particulier
et consiste àdémontrer
successivement
lestrois
situationssuivantes :
- S admissible +
ou SRIL = 0 [7]
- Dans le cas où
S~M,
Sadmissible [5-2]
- Dans le cas où
SFIL
, Sadmissibles 6-2
1.3.2.- Cas
particuliers
del’admissibilité(’)
"Que
devient lapropriété d’admissibilité
et sacaractérisation
pour dessystèmes
de votesparticuliers ?
.(1)
Lesdémonstrations,ne posant
pas dedifficulté,
sont omises.PROPOSITION 1.1 : :
Pout le vote la S ut admis,6ibte 4* McS et Ln S 0.
DEFINITION 1.10. : Un
de ptédéptencu P ut dit dichotomique 6i £-u
candidat,s
endeux il y
andi66é-
,tence.
De même,
ende btichotomie de il y
a 6ou,6-d e candidat,,s il y
aPROPOSITION 1.2 . : :
(corollaire
deproposition ].1.) Si le6 paeé6éaeence6 3ont
la seu,ee pout le vote pat
con,6en3u3ut M.
PROPOSITION 1.3. :
Poun le vote uninominal à
untout (à - 1 } ) , 6;ftatégie
S = { a } a e L.
PROPOSITION 1. 4. : :
Pout le vote oppo3ition (3 {l, m-1} )
S = fal
aà,tnlctcmcnt à
aumoin3 deux a.u.tJLe6 candida;t,6 S = {a.}
aumoin3 deux auttu candidats 6ont ôtnlctemcnt
à
a(a votet pout le6 candidat-,s a)
1.4.-
Sincérité
’
DEFINITION 1.11. : :
La S ut 3i et 3i S ut haut.
En
effet,
un vote est sincères’il
ne repose que sur les proprespréférences
du votant,s’il n’est
en aucunefaçon
influencé par lespréf é-
rences des autres votants
(qui peuvent être
considérées commeinconnues
delui).
Il va de soiqu’une
tellestratégie doit être
admissible(c’est-à-
dire
possible
et nondominée).
Parmi lesstratégies admissibles
notre votantsincère ne conservera que celles
correspondant
à uncomportement prudent, c’est-à-dire
celles necomportant
que des candidatspréférés
donc hautes. Eneffet,
soit apréféré
àb ;
si an’est
pas dans lastratégie qu’il choisit
et
s’il
se trouve que son vote influence le résultat il va faire élire b alorsqu’il
aurait fait élire a ou ne rienchanger
aurésultat,
enprenant
a au lieu de b.
DEFINITION 1.12. : :
Le de vote
se3t dit Sincète 3i et seutement si
toute,s £-e3 st,,Latégies
THEGREME 1.3. : :
a) S.~ P e6~ tout sy3tème de vote
nonotdonné à
untoun Ut 6incète poun P.
b) Si P ttichotomique, le 3eu£- 3y3tème de vote
nonandanné à
untout ôIncènc le vote
consensus.e) Si P côt quadotichotomique loi de vote
non
otdonné à
untout
nepeut 6incète pout P.
Etapes
de la démonstration du théorème1.3.
a) D’après
le théorème1.2.,
toutes lesstratégies admissibles
sonthautes,
doncsincères.
Lessystèmes
de vote sont donceux-mêmes
tous sincèresen cas de
dichotomie
despréférences.
b) i)
Si s est le vote par consensus, toutestratégie
admissibleest telle que MS et
d’après
la prop. 1.1..Puisque
lespréfé-
rences sont
trichotomiques,
ensemble des Il estclair que S est haute car S contient tout
M,
aucun élément de L et éven- tuellement certains de D(qui
sont tousindifférents
entre eux etpréférés
par ceux de
M, déjà
dansS).
Toutes les
stratégies
admissibles étantsincères,
le vote par consensus est sincère dans le cas de trichotomie despréférences.
ii)
Si sn’est
pas le vote par consensus il existe desstratégies
admissibles
non sincères.c)
Dans le casmultichotomique,
on aquatre
sous’-ensemblesd’indif-
férence ouplus :
Tout
système peut s’écrire
s = ... ,On
peut
alors montrer que dans toute situation depréférences quadricto tomiques (ou plus)
onpeut
trouver, pour toutsystème
de vote non ordonné àun tour, au moins une
stratégie
admissible mais non sincère. C’est-à-direqu’en
ce cas aucunsystème
de voten’est
sincère.Cette étude de la
sincérité
montre àl’évidence
lasupériorité
duvote par consensus par
rapport
aux autresprocédures
de vote non ordonné à untour
puisque c’est celui qui
est leplus
souvent sincère(en
fonction despréférences
du votantfocal).
Nous allonsvoir qu’il
en va de même pour lapropriété
denon-manipulabilité.
1.5.- Non
manipulabilité
’
DEFINITION 1. 13. :
Une phacédune de vote
nonmanipulable 6i tout votant
d’ une dominance, lu sttaté-
gie6
Dan,6
cesit ut équiveent de dlmc ptocédute de vote est
non
manipulable 3’i£- n’y
apaun chaque votant 6;ftatégie adm.i6-
3ib-te.
THEOREME 1.4.
(démonstration
enannexe) :
a) Le vote pan e6~ de vote
nonmanipulable
te
casde
-b) Dan,6 te
casoù le6 preferences 6ont t,,Ptichotomiquu (ou plU-6),
de vote non-manipulable.
2.-
L’EQUITE
ENTRE VOTANTSAprès
avoirpassé
en revue un certain nombre depropriétés
du vote par consen-sus liées aux
décisions
du votantfocal,
ilimporte d’aborder
leproblème
despoids respectifs
des votants. En effet le nombre de candidats choisis par levotant lui confère
plus
ou moins depoids
dans le résultat duvote,
cequi
peut
sembler unhandicap
sévère pour le vote par consensus, car lapropriété d’anonymat n’est
pasvérifiée.
2.1.- Le vote par consensus
n’est
aséquitable
entre votants 2.1.1.- Lanotion
deforce
Nous allons montrer que, dans le vote par consensus, un votant a
d’autant plus
de
poids
que le nombre de candidats pourlesquels
il vote estproche
de lamoitié.
Il
convient
pour ce faire de mettre aupoint
une mesure dupoids d’un
votant.DEFINITION 2.1. : :
On pose
comme rnehuftede ta entte deux sous-ensembles
(1 1 désignant
le nombred’éléments
del’ensemble)
Notons que ceci est bien une mesure de la différence entre les ensembles A et B car si A =
B, p(A,B) = 0 et p(A,B) =
1(en
ce casils
sont le
plus différents possible).
On tire un élément de A et un élément de
B ;
alorsp(A,B)
est laprobabilité qu’au
moins un des éléments de A ou B nesoit
pas dansl’autre ;
en effet :(un
élément de A est dansB)
xProb
(un
élément de B est dansA) =
Prob(un
élément de An’est
pas dans Bou un de B
n’est
pas dansA).
On va alors étudier les différences entre ensembles
d’élus lorsque
le votantfocal
s’abstient (ensemble d’élus A)
ou vote(ensemble
d’élusB)
tous lesautres votes restant
inchangés.
Si
A ~ B, d’où peut provenir
la différence ?- Le votant
ajoute
unevoix
à un candidat(ou plusieurs) qui
n’étaitqu’à
une voix des autres et vient doncs’ajouter
à eux ; en ce casAcrB strictement.
-
Le
votantajoute
une voix à un candidat(ou plusieurs
mais pas tousceux de
A) qui
était dansA ;
en ce cas A:DB strictement.Dans tous les autres cas, on aura A = B.
PROPOSITION 2.1. :
ut de qu’un
oupZu3ieuu
de la S choi3ie paft le 4oca£- gagne, le votant 4ocat poeôc de
auvote de S (£,U votes
fte6:ta.nt 4ixa) .
Démonstration : -. est la
probabilité
quel’un
des éléments de S gagnequand
le votants’abstient.
est la
probabilité
quel’un
des éléments de S gagnequand
le votant vote pour S. ,ast donc
l’augmentation
de laprobabilité
de gagner pour au
moins
un élément de Slorsque
le votant focal passe del’abstention
au vote de S.En effet si
si
A ~ B,
on saitquion
nepeut qu’avoir
Ac:B ou Bc:A(donc
enparti-
culier
ç6) [9]
On va
s’intéresser
alors à la mesure dupoids
du vote du votant focalsur le
résultat,
cepoids
se manifestant dès quep(A,B) #
0(le
voteproduit
un effet sur le résultat
final,
on dira que le vote estefficace).
DEFINITION 2.2. : La
de la S du votant ut défikiie
paJ1 :
=
(1)
Onpourrait parler d’efficacité
de lastratégie
mais onrisquerait
laconfusion avec la
propriété d’efficacité d’une procédure
de vote(une procédure
de vote est efficace si elle ne sélectionne que desoptima
de
Pareto).
Justifions
quelque
peu cette définition :il y a m candidats et p votants concernés autres que le votant focal
(un
votant est concerné
s’il
nes’abstient
ni ne vote pour tous lescandidats
à lafois) ;
dans cesconditions,
chacun des autres votants concernés a2m -
2façons
de voter etl’ensemble
des p autres votants a donc(2m - 2)p
façons
de voter ; la force est donc la moyennearithmétique simple
desp(A,B )
pour h variant sur toutes lesfaçons
de voter des autres votants.PROPOSITION 2.2. :
c) Toutu ôtmatégleô ayant te même de candidats ont la
même (la de e3t donc poun te vote pan
consensus)
Démonstration :
a)
Si k =0, Ah =
hBh’
hVh,
doncp(A,,B h
h h0,
Vh.Si
Ek(m,p) - 0, p(Ah,Bh) = 0, Vh ’ ce qui n’est possible
que si le votant focaln’apporte
aucune voix à l’unquelconque
des candidats(seule façon
den’in-
fluencer en aucune circonstance le résultat du
vote).
Par construction
1,
Vh(donc 1)
De
plus, d’après [9] ,
on sait quep(,Bh)
1(car
sip(Ah,Bh) -
1 celasignifierait A,f1B = ~,
cequi
estimpossible).
c) l’expression
même[10]
ne fait référencequ’au
nombre d’élémentsde
S, indépendamment
de ceux-ci. La neutralité est donc satisfaitepuisqu’aucun
des candidats
n’a
apriori d’avantage quelconque
parrapport
à un autre.PROPOSITION 2.3. :
peut
comme~e. (en de.
de. qu’apporte
auxéléments de S le
votant en votant pourS piutôt qu’en s’abstenant.
En te,,tme3 est ta de S
gagne si £e bocal moins qu’un individu (au
gagne votants’abstient.
La démonstration est immédiate
d’après
laproposition
2.1. mais ceci nécessitel’hypothèse d’absence
decoalition,
en ce sensqu’on
faitl’hypothèse
quechaque
votant aéquiprobabilité
dechoisir l’une
desstratégies possibles.
Si ce
n’était
pas le cas, il faudrait despondérations
dans[10].
Le
problème
est donc de voir comment rendre la force maximale pour le votantconcerné.
2.1.2.- Détermination de la
stratégie
laplus
fortePROPOSITION 2.4. : :
Si p = 0, la maximate e3t obtenue 1
Sl p la (poun f~ et m 4ixé3),
que .e. pouvoift d’un votant e3t d’autant ptu3 que 3ont nombneux.
Démonstration :
Si le votant estseul,
X = A B doncEk(m,0) - 1 k
20132013201320132013201320132013201320132013
k m
d’après [10], expression
maximisée pour k = 1(pour
k =0,
ce seraitl’abstention) :
en ce cass voter pour un seulindividu,
c’estl’élire.
THEOREME 2.1. :
Démonstration :
a)
Cecin’est qu’un
casparticulier
dub) b)
On sait que dans la détermination deEk(m,p)
les seulsp(A ,Bh)
qui
ne sont pas nuls sont ceuxqui
sont associés à desAh ayant plusieurs
éléments dont un au moins dans S ou à des
Ah dont
les éléments ont une voixde
plus qu’au
moins un élément de S.Considérons le cas
d’un
événementgénérique
E dont deux candidats x et yse détachent à au
plus
une voixd’écart,
les autres étant distancés de 2 voix ouplus.
Dans ces
conditions,
si x et y ex-aequo,
si x a une voix de
plus
que y,Les événements
E° vérifiant
lapremière situation
danslaquelle p = {
sont
potentiellement
au nombre dek(m-k) puisque
ypeut être
choisiparmi
k et x
parmi
les m-k restants etqu’il
y aéquiprobabilité (absence
decoalition).
Les événements
Eu
vérifiant la deuxième situation danslaquelle p - -
sont, pour la
même raison,
au nombre dek(m-k).
Or, lorsque
ps’accroît,
laprobabilité
d’avoirplusieurs
candidats à unevoix les uns des autres
s’amenuise
relativement à celle den’avoir
que deux candidats à une voixd’écart.
Lorsque
ps’accroît,
laproportion
des liés à des événementsgéné- riques s’accroît
doncparmi
lesp(Ah,Bh)
non nuls. On a donc :PROPOSITION 2 . 5 . :
Si
m >,4, la maximale e3t obtenue
Démonstration : D’après [11]
onvoit
que, si pgrand,
pour m et pfixés,
Ek(m,p)
est à peuprès proportionnel
àk(m-k).
Or maxk(m-k)
est obtenu pour~ k
k =
m (il
va de soi que k si mimpair,
le maximum est obtenu pour m-1 ou2 2
m+l ).
La distribution des forces ainsiobtenue,
en fonction dek, est
unimo-2
dale et
symétrique
parrapport
à k -m
On a
ainsi précisé
dansquelle
mesure le vote par consensusviolait
l’anonymat
des votants etproposé,
avec laforce,
une mesure despoids
res-pectifs
de chacun.Il convient de comparer
cependant
de cepoint
de vue del’anonymat
le vote par consensus et
d’autres procédures
de vote.Jusqu’à présent,
on asupposé
que lespréférences
étaient apriori
indifférentes aux
candidats (c’est-à-dire
que, pour le votantfocal,
chacundes candidats a
autant de
chancesd’être élu).
Dans la
réalité,
il est bien connuqu’il
en va souvent autrement(sauf
en casd’information
très faible surl’environnement) : c’est
le caspar
exemple
despréférences unimodales (pour
uneélection politique
les candidats sont de facto classés par tous les votants sur une échelle de la
gauche
à ladroite).
2.2.- Le vote par consensus est
plus équitable
que le vote à lamajorité simple
Introduisons les utilités attachées par lexvotant à
chaque
candidat et suppo-sons que le votant cherche la
stratégie qui
luipermettra
de maximiser sonespérance d’utilité.
2.2.1.- La
stratégie
demaximisation
del’espérance d’utilité
pour le vote parconsensus
PROPOSITION 2.6. :
La opfuale du u0tant est qui AegA0u,ve
tou3 lu étaient dëp"3e
l’utilitre moyenne
Remarquons
que lastratégie optimale
ainsi définiepeut s’éloigner
sérieusement de la
stratégie
de force maximale définie à laProp.
2.5.puis- qu’il n’y
a pas de raison apriori
que le nombre de candidats dontl’utilité
dépasse l’utilité
moyennesoit égal
am (si
2 mpair)
ou 2(si
mimpair).
Démonstration :
On faittoujours l’hypothèse
que les votants votentindépen- damment,
chacunayant
uneprobabilité pk
de voter pour k candidats(1 k ; m-1).
Le nombre de sous-ensembles de k candidats étant
Ck,
laprobabilité qu’un
,
m .
p
votant vote pour un
sous-ensemble
de kcandidats
donnné est donck . Pk
C
mLes
préférences
déclarées ousupposées
des autres candidats ne sont donc pasprises
encompte
pourl’instant.
Comme le votant focal les votants sontsupposés
avoir une fonction
d’utilité
de Von Neumann -Morgenstern
sur les candidatset ont donc pour
objectif
de maximiser leurespérance d’utilité.
Notons
u,, u29
...um
lesutilités
affectées par le votant focalaux candidats du
préféré
aupire. Puisque
notre votant est concerné par le_
Eu.
- 1
vote,
l 1
!um.
m Posons u =m .
mOn sait
(Prop. 2.3.)
que si le votant vote pour k candidats ilaccroît
laprobabilité d’être
élu pour chacun des k i et diminue 1celle de
chaque
autre de -De ce
fait,
voter pour k candidatsplutôt
que des’abstenir
lui procurera un accroissement d’utilité notéGk*
Gk
sera donc maximum si le votant vote pour tous les candidats pourlesquels,
- -
pour
lui, u.
>u puisqu’alors u. -
u > 0.i 1
Il va de soi que le
gain
en termesd’utilité dépend
del’allure
même
de la fonctiond’utilité
du votant. Ainsi cegain
est nul pour un votantindifférent
entre tous les candidats et maximumlorsque l’utilité
est lamême (et maximale)
pour les k candidatspréférés
et la même(et minimale)
pour les candidats restants.
Ainsi dans le vote par consensus les votants ne sont pas considérés de
façon équitable
dupoint
de vue du critère de lamaximisation
del’espérance d’uti-
lité. Il en va de
même
et defaçon plus
accentuée pour le vote à lamajorité
simple
.2.2.2.- La maximisation de
l’espérance d’utilité
rend les votesplus inéqui-
tables dans le cas du vote à la
majorité simple
Faisant
toujours l’hypothèse
del’indépendance
des votes, on doit considérer que pourchaque
votant les autres ont uneprobabilité 1
m de voter pourchaque
candidat.
Chaque
votant a, dans cesconditions,
toutintérêt
à voter pour le candidatqu’il préfère (le
vote estsincère).
La force
E(m,p)
pour le vote à lamajorité simple
est la différenceentre la
probabilité
que le candidat pourlequel
on vote gagne et laproba-
bilité que cemême
candidat gagne ggsi l’on
ne vote pas P(1
en ce derniercas),
m
d’après
laproposition
2.3.Considérons,
poursimplifier,
une fonctiond’utilité prenant
ses valeurs entre 0 et 1 :2.2.~.1.- Dans le cas du vote par consensus PROPOSITION 2.7. :
(1)
Par contre le vote à lamajorité
estéquitable
entre les votants dans lesens où chacun a le
même poids
pour modifier le résultat del’élection
(puisque
chacun ne vote que pour uncandidat),
cequi
est lapropriété
d’anonymat (non vérifiée,
onl’a
vu pour le vote parconsensus).
La
démonstration
metd’abord
enévidence
les bornes surû,
avant de déterminer celles sur
Gk*
Dans les trois cas
précédents
il estimmédiat
de constater que lerapport Rk
de la borne la
plus élévée
à laplus faible
deG k
est : t2.2.2.2.- Dans le cas du vote à la
majorité simple
D’après [12j
legain d’utilité espéré
pour un votant à lamajorité simple
estpuisque
u = 1 pour lemeilleur candidat.
où k est le nombre de candidats dont
l’utilité
pour le votant focal estsupérieure
strictement à u, utilité moyenne des candidats.Soit un
rapport
R entre lesextrêmes
pour Gqui s’élève
à :pour le vote à la
majorité,
enayant pris
soinimplicitement
de conserver lamême
fonction d’utilité qu’avec
le vote par consensusprécédent.
2.2.2.3.
Comparaison
des deuxprocédures
de votea)
Afonctions d’utilité identiques
Maintenant que sont mises en évidence pour le vote par consensus et pour le vote à la
majorité
les mesures del’inégalité
que sontRk
et R données par[16]
et[17] (ceci
à fonctionsd’utilité identique
dans les deux cas, bienentendu),
il convient de les comparer.Posons D = R -
Rk
et étudions sonsigne.
(1)
Les deuxfonctions d’utilité extrêmes
étant :-