L A F R A N C E ,
F I L L E A I N E E D E L ' E G L I S E
I
1980 : visite apostolique de Jean-Paul II
Il m'en souvient. C'était hier, à Paris, à l'Institut catholique, dont j'étais le recteur. Trois jours avant son envol pour la France, Jean-Paul II, au soir du 27 mai 1980, s'exprimait sans ambages devant les téléspectateurs français. Tout en proposant l'expression
« crise de croissance », comme clef pour interpréter cette situa- tion particulière que l'on connaît en France depuis le concile, il
précisait : « Ce voyage m'attire à beaucoup de titres. Il constitue pour moi un honneur, mais, avant tout, un devoir, une responsa- bilité. Tout d'abord, la France est la Fille aînée de l'Eglise. »
La note était donnée, dès le point de départ. Elle sera orches- trée magistralement, si j'ose dire, par Jean-Paul II à la messe célébrée à l'aéroport du Bourget. Le président de la conférence épiscopale l'avait accueilli en lui disant : « Faites-nous entrer dans l'action de grâces par la puissance de l'Esprit saint. » Le pape, quant à lui, avait choisi comme texte de l'Evangile pour cette messe : « Allez dans le monde entier... » et comme thème de son homélie : France, Fille aînée de l'Eglise, es-tu fidèle aux promes- ses de ton baptême ? (1)
(1) Jean-Paul II : France que fais-tu de ton baptême ?, tous les textes du voyage du pape publiés par la Conférence épiscopale française, Le Centu- rion, Paris, 1980.
En le développant, Jean-Paul II précise : « Ici, la mission donnée par le Christ aux apôtres après la Résurrection a trouvé très vite un courant de réalisations, sinon de manière certaine dès l'époque apostolique, du moins dès le IIe siècle, avec Irénée, ce grand martyr, père apostolique qui fut évêque de Lyon. Par ailleurs, dans le martyrologe romain, on fait très souvent mention de Lutetia Parisiorum... »
Et Jean-Paul II ajoute : « D'abord, la Gaule, et ensuite la France : la Fille aînée de l'Eglise ! Aujourd'hui dans la capitale de votre nation, je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté : Fille aînée de l'Eglise. Et j'aimerais, en reprenant ce titre, adorer avec vous le mystère admirable de la Providence. Je voudrais rendre hommage au Dieu vivant qui, agissant à travers les peuples, écrit l'histoire du salut dans le cœur de l'homme. »
L'adjuration pathétique de Jean-Paul II
Et, après un développement saisissant sur l'alliance de l'homme avec la sagesse, qui est la source de la culture, et sur l'efïondrement de cette alliance, Jean-Paul II conclut par cette adjuration pathétique : « / / n'existe qu'un problème, celui de notre fidélité à l'alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d'une vraie culture, c'est-à-dire de la croissance de l'homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre baptême au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ! Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger : France, Fille aînée de l'Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille aînée de l'Eglise et educatrice des peu- ples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à l'alliance avec la sagesse éternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l'ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l'ai posée par sollicitude pour l'Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l'homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. »
La pluie tombait sur le Bourget, le vent s'était levé. La mitre ôtée, la calotte enlevée, Jean-Paul II, comme un bûcheron, la mâchoire en avant, la mèche sur le front, martelait ses mots en soulevant son texte, seul, en avant du podium, comme un
capitaine à la proue du navire, alors que les éléments sont déchaînés.
Quelques heures plus tard, le cadre a changé, le décor n'est plus l'aéroport aux vastes horizons, mais la chapelle du grand séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Cent quarante-deux évêques sont là, un peu flottants dans ce vaste vaisseau, du fond duquel Jean-Paul II s'adresse à eux, sans détours. A six ans de distance, j'entends encore résonner la voix puissante sous les voûtes sulpi- ciennes, au terme d'un vigoureux appel à surmonter la tentation du refus de Dieu par l'homme contemporain au nom de sa propre humanité, et à assumer avec courage toute une série de tâches élémentaires à l'intérieur de l'Eglise, les yeux largement ouverts vers l'Occident et vers l'Orient, vers le Nord et vers le Sud :
« Cela crée beaucoup de devoirs. Le chemin vers l'avenir de l'Eglise en France passe par l'acceptation de ces devoirs. Mais, face aux négations qui sont le fait de beaucoup, face aux déses- poirs qui, à la suite de nombreuses vicissitudes historiques, sem- blent former le visage spirituel de la société contemporaine, ne vous reste-t-il pas toujours la même puissante ossature de l'Evan- gile et de la sainteté, qui constitue un patrimoine particulier de l'Eglise en France ? Le christianisme n'appartient-il pas de façon immanente au génie de votre nation ? La France n'est-elle pas toujours la Fille aînée de l'Eglise ? » La même question était posée, avec la même vigueur et une insistance nouvelle aussi dans le ton et dans le geste conclusif.
Origine du droit d'aînesse
Remontons le cours du temps, et survolons
hardiment quinze siècles pour nousretrouver le
25 décembre 498 ou 499, à la date probable, mais non certaine, du baptême de Clovis (2), le nouveau Constantin, selon Grégoire de Tours.Car, en passant de la chronique contemporaine à l'histoire, c'est un passage aussi qu'il faut faire, de la France, Fille aînée de l'Eglise, au roi de France, Fils aîné de l'Eglise. Ce terme —
(2) Philippe Levillain. 5 la Conversion et le baptême de Clovis », dans Revue de l'histoire de l'Eglise de France, t. XXI, 1935, pp. 161-192.
et je résume ici l'excellent essai historique du R.P. Joseph Lecler, le Roi de France, Fils aîné de l'Eglise (3) — , si fréquent depuis le XVIe siècle, n'était guère d'usage courant dans les temps anté- rieurs.
Le roi de France, Fils aîné de l'Eglise
La première expression répertoriée est romaine. C'est le pape Alexandre VI qui, dans des circonstances difficiles, accueille, le 19 janvier 1495, le roi de France, Charles VIII, sur le chemin de Naples, avec ses troupes françaises. Le roi lui dit : « Saint- Père, je suis venu pour faire obédience à Votre Sainteté, comme ont accoutumé de faire mes prédécesseurs, rois de France. » Le pape, tenant de sa main gauche la main droite du roi, lui répondit en l'appelant « son Fils aîné ».
Si la formule, à la fin du XVe siècle, était nouvelle, les préro- gatives qu'elle propose étaient fort anciennes, comme en témoigne la lettre de saint Grégoire Ie r au roi mérovingien Childebert II, en 595 : « Autant la dignité royale est au-dessus des autres condi- tions humaines, autant votre dignité à vous l'emporte sur celle de tous les autres rois. Régner est peu de chose, puisque d'autres que vous sont rois, eux aussi, mais ce qui vous constitue un titre unique, que les autres rois ne méritent point, c'est d'être catho- lique. »
Telle est l'origine de ce qui deviendra le droit d'aînesse des rois de France. Fils de l'Eglise depuis un siècle, les rois méro- vingiens arrivaient bons premiers dans la série des princes catho- liques.
Deux siècles plus tard, c'est le pape Etienne II qui écrit à Pépin le Bref, dont il implore le secours contre les Lombards, en 756 : «Au-dessous de toutes les nations qui sont sous le ciel, votre peuple franc s'est montré dévoué envers moi, Pierre, apôtre de Dieu. »
Cinq siècles plus tard, le 21 octobre 1239, ce sera le pape Grégoire IX qui sollicitera l'aide de Saint Louis contre l'empe-
(3) R.P. Joseph Lecler, « le Roi de France, Fils aîné de l'Eglise », dans Etudes, 1933, pp. 21-35 et 170-185.
reur Frédéric II : « Dans l'ancienne Loi, lui dit-il, Juda avait la préséance sur les autres tribus, ainsi le royaume de France a été placé par Dieu au-dessus de tous les peuples; Jésus-Christ l'a choisi comme l'exécuteur spécial des volontés divines, il l'a sus- pendu à ses reins en guise de carquois et il en tire des flèches pour les lancer contre les méchants. »
Un siècle et demi plus tard, en l'an 1389, lorsque Charles VI s'en fut en Avignon porter son obédience à Clément VII, le pape lui répondit qu'en lui « comme au bras dextre de l'Eglise, et vrai champion et très chrétien, il avait singulière fiance ». Bras dextre de l'Eglise, c'est encore ainsi que Paul II qualifie Louis XI, et il ajoute : « Très chrétien devant tous les autres. »
Fille aînée de l'Eglise - roi Très Chrétien Dès lors, l'appellation de Fille aînée de l'Eglise ne cessera d'être couplée avec celle de roi Très Chrétien. Dans les docu- ments officiels, comme dans les discours des ambassadeurs, l'affir- mation vaut comme une base solide et inébranlable pour reven- diquer la primauté du roi de France. Nous sommes passés, du registre religieux au registre politique « Veluti maximus natu filius». Ainsi l'ambassadeur de France présente-t-il son souve- rain le roi Louis XII, en consistoire public, le 21 avril 1505, au pape Jules II : « premier Fils du Saint-Siège par la naissance ».
Ainsi fera le chancelier Du Prat, le 11 décembre 1515, lors de la célèbre entrevue de Bologne entre Léon X et François Ie r :
« Tandis que les autres rois et princes chrétiens ont l'habitude de témoigner au pape leur obéissance filiale par simple délégation, lui, François, est venu en personne jurer fidélité à Léon, comme le fils aîné à son père, le plus grand des rois au souverain pontife, le prince très chrétien au chef de la chrétienté. »
Le roi de France reprendra du reste cette appellation dans ses lettres patentes pour la publication du concordat de 1516. où il se déclare : « premier et souverain Fils de l'Eglise ». Le 13 octo- bre 1533, Jean du Bellay, évêque de Paris, parle au nom du roi de France, « Fils aîné de l'Eglise romaine ». Nombreux sont les apologistes du pouvoir royal à insister sur le droit d'aînesse qui appartient au roi de France comme Très Chrétien et Fils aîné de notre sainte mère l'Eglise. Le plus explicite dans l'éloge est l'am-
bassadeur vénitien, Michel Suriano, dans son rapport à son gou- vernement, au terme de son séjour en France en 1561 : « La France aussi fut le premier des royaumes à accepter la foi chré- tienne, ce qui advint sous Clovis, quatre-vingts ans environ après Pharamond. C'est donc de droit que les rois de France ont le titre de Fils aînés de l'Eglise, car, après le pape, qui en est le chef, et après la seigneurie de Venise, qui est née au sein du christianisme et s'y est toujours conservée, il n'est royaume ni Etat du monde qui puisse se vanter d'avoir reçu, avant la France, la foi chrétienne. »
France, royaume aîné de l'Eglise
Ainsi s'opère le passage du roi au royaume. Comme son souverain est le Fils aîné, la France est le « royaume aîné » de l'Eglise. Cette expression est attribuée en 1562 à Catherine de Médicis dans une réponse à l'ambassadeur d'Angleterre et citée dans une lettre à Pie IV du cardinal Hippolyte d'Esté, légat pontifical en France : « La reine mère lui fit dire que "le royaume de France étant l'aîné de la sainte Eglise, puisqu'en cette considé- ration elle avait toujours fait instance que le concile se tînt, et même promis d'y envoyer des prélats avec ses ambassadeurs, elle ne pensait pas pouvoir s'en dédire avec honneur". »
L'argument est employé par la Ligue contre Henri II en 1589 : « Est-il raisonnable (en effet) que le royaume de France, Fils aîné de l'Eglise catholique, soit gouverné par un hérétique et un hypocrite ? », puis par Pierre d'Epinac, archevêque de Lyon, contre Henri de Navarre, le 5 mai 1593 : « Mais de reconnaître et avouer un hérétique pour le roi en ce royaume très chrétien qui était l'aîné de l'Eglise, et ancien ennemi des hérésies, c'était chose contraire à tout droit divin et humain, aux canons ecclésias- tiques et aux lois primitives et fondamentales de cet Etat. »
Plus curieusement, note le Père Leclerc, à qui j'emprunte l'essentiel de cette chronique pittoresque, l'expression « Fille aînée de l'Eglise » fut donnée en février 1564 à... Catherine de Médicis par le nonce Prospero di Santa Croce au cours de l'entretien qu'il eut avec elle sur la promulgation en France des décrets du concile de Trente. Prospero di Santa Croce écrivit à Pie IV, le
10 février: «Je priai instamment Sa Majesté de vouloir bien, en tant que reine très chrétienne et fille aînée Cfigliuola primo-
genita") de l'Eglise, préparer la voie aux autres princes chrétiens et donner au monde ce nouvel et éclatant témoignage de la bonne et pieuse pensée qu'elle a de faire observer les décrets de ce si célèbre et grand concile. »
Bossuet et Bourdaloue
L'éloquence ne va pas sans quelque exagération dans l'apo- logie de la royauté française, comme nous pouvons en juger par cette envolée de Guillaume Dupeyrat dans un traité composé au temps de Louis XIII : « Par le consentement universel de tout le monde et par la commune voix des chrétiens, les rois de France ont porté ces titres de Très Chrétien et de Fils aîné de l'Eglise par droit de préciput sur tous les princes et monarques de la chrétienté, et celui de catholique, longtemps auparavant les rois d'Espagne, et celui de défenseur de la foi, auparavant les rois d'Angleterre, de sorte que toutes les grandeurs et tous les titres d'honneur du monde sont tombés dans la maison de France. »
Bossuet lui-même y va de son éloquence lyrique dans une lettre à Innocent XI, le 24 novembre 1678 : « La France portera toujours des Charlemagne, des Saint Louis et des Louis le Grand ; et ces rois apprendront qu'être roi de France, c'est être vraiment Très Chrétien, vrai Fils aîné de l'Eglise, et son protecteur naturel contre les impies. »
Et Bourdaloue, dans son panégyrique de Saint Louis, n'est pas en reste : « La cour de Rome, par des entreprises nouvelles, voulut donner quelques atteintes aux droits de la couronne : vous savez avec quelle vigueur Saint Louis agit pour la défendre ; mais, du reste, comment la défendait-il ? Avec un merveilleux tempéra- ment d'autorité et de piété, c'est-à-dire qu'il soutenait les droits de sa couronne en roi et en Fils aîné de l'Eglise, avec un esprit de religion et de piété montrant bien qu'en qualité de roi il ne reconnaît point de supérieur sur terre et ne voulait dépendre que de Dieu seul, quoique, en qualité de Fils aîné de l'Eglise, il fût toujours prêt à écouter l'Eglise comme sa mère et à l'honorer. »
Henri IV, Louis XIV et Louis XVIII
Henri IV s'attribuait le titre, avant même sa conversion, dans sa déclaration de Mantes, le 27 décembre 1593, convaincu, soulignait-il, de la joie de l'Eglise en apprenant « la nouvelle de notre conversion et de la réconciliation avec Elle et le Saint-Siège du Fils aîné de l'Eglise ». Lorsque, nous rapporte Pierre de l'Estoile, le pape Paul V apprit la nouvelle de son assassinat, il s'écria devant l'ambassadeur français : « Ah ! mon ami, vous avez perdu votre roi et votre bon maître, et moi, j'ai perdu mon bon Fils aîné ! »
Le roi Louis XIII le souligne dans ses lettres patentes pour l'érection de l'église de Notre-Dame-des-Victoires, le 9 décembre
1629 : « Fils aîné d'icelle, qualité qui nous est en telle recom- mandation que nous nous proposons de faire toujours des actions qui en soient dignes, moyennant la grâce et assistance divines. »
Et Louis XIV, au faîte de sa gloire, obtiendra que le titre en soit dûment mentionné dans le traité de Pise, le 12 février 1664 :
« Sa Sainteté, par des moyens particuliers et efficaces, ordonnera à ses ministres qu'ils portent à l'ambassadeur de Sa Majesté tout le respect qui est dû à celui qui représente la personne d'un si grand roi et Fils aîné de l'Eglise, tant aimé et estimé de Sa Sain- teté. »
Désormais, il accompagnera le roi Très Chrétien jusqu'à l'échafaud. Albert Camus, dans l'Homme révolté, voit tomber, avec la guillotine du 21 janvier 1793, la chrétienté temporelle :
« Ce n'est pas Capet qui meurt, mais Louis de droit divin. Et à la révolution jacobine, succéderont les révolutions cyniques, qu'elles soient de gauche ou de droite, qui vont tenter d'acquérir l'unité du monde pour fonder enfin la religion de l'homme. Tout ce qui était à Dieu, sera désormais rendu à César. »
Camus, à vrai dire, enjambe quelque peu l'Histoire, en igno- rant la Restauration. Ecoutons Louis XVIII s'adressant à Léon XII : « Animé des mêmes intentions que les rois, mes pré- décesseurs, je me plais à déclarer à Votre Sainteté qu'en ma qualité de Fils aîné de l'Eglise je regarde comme un devoir de justifier ce titre glorieux, que j'ai reçu avec la couronne, en employant la puissance que la divine Providence m'a confiée à
seconder autant qu'il me sera possible les pieuses intentions qui dirigeront Votre Sainteté dans les soins de son gouvernement. »
Fils aîné de l'Eglise, le roi Très Chrétien revendiquera ce titre jusqu'au bout, au besoin contre les prétentions contrastées des ambassadeurs en cour de Rome ou devant le concile de Trente. Comme le signifiera son ambassadeur au pape Pie IV, le 30 mars 1564 : « Le roi Très Chrétien demande à être purement et simplement maintenu au même rang et lieu qu'ont été ses prédé- cesseurs depuis douze cents ans, quand le pape lui baillera ce lieu qu'il ne lui peut justement dénier, il fera chose digne d'un bon père qui ne veut point faire de tort à son fils aîné. »
Le point culminant de ces affirmations est sans doute la protestation du cardinal de Polignac contre les prétentions du délégué impérial, le 27 décembre 1730, après l'élection de Clément XII. Le texte d'Etienne II à Pépin le Bref y est ainsi traduit : « Vous savez, il est décidé que la nation française est la Fille aînée de saint Pierre par une distinction spéciale et un avan- tage singulier sur tous les peuples de la terre. »
(A suivre)
P A U L C A R D I N A L POUPARD