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20 avril 2011actualité, info
génétique
Les ARN interférents, une solu- tion à l’alcoolisme ? Les rats en tout cas profitent déjà de ce complément aux traitements médicamenteux ou psycholo- giques, selon une étude publiée dans PNAS (2011;108:4465- 70). La vulnérabilité à s’initier et à s’adonner au binge drinking – soit atteindre en deux heures une alcoolémie M 0,8 g d’alcool par litre de sang – serait asso- ciée à deux récepteurs : GABA, qui produit une sensation de calme et d’euphorie, et TLR4, impliqué dans les mécanismes de l’immu nité innée. Chez des rats rendus dépendants à l’alcool, l’introduction dans le noyau cen- tral de l’amygdale de vecteurs viraux porteurs d’ARNi inhibant soit la synthèse des GABA, soit l’activa tion des TLR4, a suppri- mé pen dant plusieurs jours le besoin d’al cool. La dépendance a ensuite repris progressive- ment, paral lèle ment à la néo- synthèse des récep teurs GABA, dont le nom bre pourrait être la condition impliquant TLR4 dans le binge drinking.
M. C.
La thérapie génique au secours des alcooliques
en marge
«Convictions». Tel est le titre d’un ouvrage1 quelque peu baroque que vient de faire paraître René Frydman qui a exercé durant trente-cinq ans dans le Service de la maternité de l’Hôpital Antoine- Béclère de Clamart, non loin de Paris. A ce titre il a, en tant que gynécologue-obstétricien, vécu durant les trente dernières années les principales étapes de ce qui fut baptisé assistance médicale à la procréation avant de devenir la procréation médicalement assis- tée ; du bébé-éprouvette à l’en- fant-FIV en quelque sorte. Ouvra ge gentiment baroque en ce qu’il mêle des genres différents. Ni véri table biographie, ni véritable essai, ni véritable pamphlet. On y trouve à la fois des éléments inti- mes de l’histoire personnelle de l’auteur, des explications tech- niques et des considérations géné rales d’ordre éthique. Fil d’Ariane : l’autoglorification d’un parcours professionnel apparem- ment sans faille avec, parfois, une forme de plaidoyer préventif contre les attaques dont il pour- rait être l’objet. Pourquoi ? Rien n’interdit d’imaginer que cet
homme est, dans son for intérieur, bien moins calme que ce qu’il se plaît à montrer de lui dans la sphère publique.
Quatrième de couverture de l’ou- vrage (149 pages, petit format) :
«Médecin obstétricien, professeur des universités, René Frydman est chef du pôle mère-enfant de
l’Hôpital Antoine-Béclère de Cla- mart, il a été jusqu’en 2010 le chef du Service de la maternité. Il fut membre fondateur de Médecins sans frontières, membre du Comité consultatif national [français]
d’éthique ainsi que de la Com- mission nationale consultative [française] des droits de l’homme et chargé de mission au ministère [français] de la Santé auprès de Bernard Kouchner.» Un sage, en somme, qui ne cache ni ses convictions politiques, ni le plai- sir qu’il prend à s’exprimer dans les médias ; des médias qui l’ac-
René Frydman :
«apprenti-sorcier» et moraliste
Embryon humain à sept semaines Sourec : Wikipedia, Ed. Uthman, MD
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plaide le ministre de la Santé, Didier Burkhalter. Leur nombre est en crois sance et ils occasionnent près de trois quarts des coûts totaux.
Une simple coordination ? A la tribu- ne, Reto Wehrli (PDC/SZ) brandit la responsabilité individuelle con tre le
«totalitarisme de l’Etat». Jürg Stahl (UDC/ZH) voit dans ces rè gles un
«gage de bureaucratie». Et, con clut Dominique Baettig (UDC/JU), «c’est du médicalement correct. L’Etat se donne bonne conscience avec un ar rosage qui me paraît peu effica ce.»
(…)
Derrière ce débat, d’autres intérêts se profilent. D’un côté, quarante-sept organisations ont créé une Alliance pour la santé en Suisse et se bat- tent en faveur de la prévention. En face, l’Alliance des milieux écono mi- ques pour une politique de pré ven- tion adéquate (AWMP), qui comp te dans ses rangs economiesuisse et l’Union suisse des arts et métiers (USAM), a déjà évoqué la possibilité de lancer un référendum. (…)
Caroline Zuercher Tribune de Genève du 13 avril 2011
cueillent bien volontiers et où il mène différents combats : par exemple, aujourd’hui, ceux pour la vitrification des ovocytes et contre la pratique des mères por- teuses. Des médias qui mettent également volontiers en scène les
«premières» auxquelles il a partici pé.
L’affaire commença – nous y étions, pour Le Monde – en février 1982 avec la naissance, à Clamart, du premier «bébé-éprouvette»
conçu en France ; a naissance mille fois narrée depuis. Dernière
«premiè re» en date : la naissance, – toujours en France – en janvier 2011 de ce qu’il faut appeler un
«bébé-double espoir» puisque l’autorité mandarinale franco- phone impose désormais aux journalistes de faire une croix défi nitive sur «bébé-médicament».
Est-ce ici que le bât blesse ? Sans doute. «Je sais que ce nouvel épi- sode va déclencher les passions, écrit-il. Nous serons taxés d’"ap- prentis sorciers", à coup sûr. Tant pis. Ou tant mieux. Les luttes ont jalonné ma vie, depuis la lutte pour la légalisation de l’avorte- ment et de la contraception jus- qu’à la fécondation in vitro, en passant par les combats poli- tiques et humanitaires.» Et l’au- teur de préciser toutefois que «sa décision de s’engager dans cette expérience» n’a pas été «immé- diate». On ne saurait mieux dire.
Dans un entretien accordé en octo bre 2000 au quotidien Libéra- tion, à la question de savoir s’il ferait ce que venait alors de réali- ser une équipe américaine (le
«premier bébé-médicament»), il répondait : «Je redoute la respon- sabilité que l’on fait porter à cet enfant. (…) Cela me gêne que cet enfant ne soit pas vu en tant que tel mais en tant que sauveur d’un autre. (…) Pour répondre à un cas comme celui-ci, je préfère recourir à une culture de cellules issues d’un embryon…». Le médiatique autant que libertaire et hédoniste philosophe Michel Onfray accuse depuis peu ouvertement le gyné- cologue-obstétricien de cette volte-face. Depuis quand est-il in- terdit de changer de convictions ? On se gardera bien, ici, de tran- cher. Pour autant, on ne saurait ne
pas relever une contradiction fla- grante présente dans l’ouvrage de René Frydman. D’une part, il se félicite d’avoir participé à la nais- sance d’un enfant sélectionné sur des critères uniquement géné- tiques. De l’autre, il écrit (page 106) à propos de l’improbable droit à avoir un enfant génétique- ment de soi : «Nous sommes face à une survalorisation du patri- moine génétique, comme si ce dernier définissait à lui seul l’in- dividu. (…) Cette vision enferme l’individu, le couple, sur lui- même et se fonde sur l’impor- tance du pedigree, de la lignée, plutôt que de la mixité, du mé- lange et de l’ouverture.»
On peut certes, dans les limites fixées au sein des espaces démo- cratiques, jouer à l’«apprenti sor- cier». On peut aussi y prendre
plaisir à faire œuvre de moraliste.
Mais menés conjointement, les deux exercices sont une pratique à très haut risque ; plus encore que les pas et les danses des fan- tasques funambules.
Jean-Yves Nau [email protected]
a L’équipe de 1982 était dirigée par Emile Papiernik ; le biologiste d’alors était Jac- ques Testart, également bien connu de- puis trente ans des médias francopho- nes. On aimerait comprendre pourquoi René Frydman orthographie aujourd’hui
«Testard» le nom de celui avec lequel il eut, un bref moment, des échanges «extra- ordinairement fructueux».
Bibliographie
1 Frydman R. Convictions ; 30 ans de com- bats pour l’assistance médicale à la pro- création. Paris : Editions Bayard, 2011.
ISBN 978-2-227-48175-6.
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