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Texte intégral

(1)

Parution bimensuelle • 16 juin 1976 • 31

e

année • N° 12

LA VIE MUSICALE

Fr. 2.20

(2)

FRIBOURG - ILLUSTRÉ La vie musicale

Organe officiel des Fribourgeois

«hors les murs» depuis 1957 Depuis le 1er octobre 1975, organe de liaison de:

— Société cantonale des Musiques fribourgeoises

— Société cantonale des chanteurs fribourgeois

— Céciliennes

— Fédération fribourgeoise du cos¬

tume et des coutumes

— Fédération fribourgeoise des ac¬

cordéonistes

— Association des organistes

— Conservatoire de musique.

Depuis le 1er janvier 1976:

Organe d'information de la Société fribourgeoise des écrivains.

FRIBOURG-ILLUSTRE La vie musicale

Magazine bimensuel paraissant le premier et le troisième mercredi de chaque mois.

Edition, impression, administration:

Imprimerie Fragnière SA 35, route de la Glâne

1700 Fribourg Tél. 037 24 75 75 Rédaction:

Case postale 341 1701 Fribourg Tél. 037 24 75 75 Télex: 36 157

Rédacteur en chef responsable et photographe:

Gérard Bourquenoud Bureau: 037 24 75 75 Privé: 037 46 45 27

Rédacteur «La vie musicale»

Pierre Kaelin Bureau 037 22 16 03 Privé: 037 26 23 69

Délai de réception des annonces:

Quinze jours avant la parution Abonnements:

Suisse Annuel Six mois Trois mois Etranger Envoi normal:

Envoi par avion:

Fr. 36.90 21.—

15.—

Fr. 49- 73- Compte de chèques postaux 17-2851

«Fribourg-lllustré» et le supplément

«La Vie musicale» ne peuvent être vendus séparément.

La reproduction de textes ou d'illus¬

trations ne peut se faire qu'avec l'autorisation de la rédaction.

La rédaction n'assume aucune res¬

ponsabilité pour les manuscrits et photos non commandés.

Service des annonces:

Annonces Suisses SA (ASSA) 8, bd de Pérolles

1700 Fribourg Tél. 037 22 40 60

Acquisiteur en annonces pour Fribourg-lllustré:

André Vial, Bulle Bureau: 037 22 40 60 Privé: 029 2 55 30 Tarif de publicité:

1/1 page Fr. 635 — 1/2 page 340.—

1/4 page 180.—

1/8 page 95.—

1/16 page 53.—

Supplément «La Vie musicale»

Une case 50 x 34 m/m Fr. 40.—

Reportage publicitaire:

1/1 page Fr. 750.—

Rabais de répétition et sur abonne¬

ments d'annonces.

SOMMAIRE

Assemblée de l'UFT 8e district fribourgeois

Regards sur le 6e Comptoir de Ro- mont

Feuilleton FI

Montée à l'alpage à Vaulruz Nos écrivains

La vie musicale

Les chemins de la moto

Bonjour Monsieur le syndic de Broc Céciliennes de Grandvillard Bibliothèque cantonale et universi¬

taire

Nous les jeunes Programme TV Les défunts

Livres et romans En vente dans les librairies et les kiosques

«Le Gouverneur du milieu du monde»

par Georges Duplain Parution de notre prochain numéro Mercredi 7 juillet 1976 Notre couverture

La moto est devenue le symbole d'une jeunesse exubérante se laissant enni- vrer par le vent. Nous avons préféré le rayonnant sourire estival d'Eliane cueilli sur la route de Sorens et... emporté par une moto! (Voir page 21)

Photo Fribourg-lllustré

Exposition de peintures à Remaufens

Le peintre Germain Chassot, originaire de Prez-vers-Siviriez, mais qui habite Hattersheim en Allemagne, exposera ses œuvres dans une salle du Café de l'Avenir, à Remaufens, du 26 juin au 14 juillet 1976.

ETES-VOUS NOTRE GAGNANT? Châtel-St-Denis

L'union par le sport!

A l'instigation du FC Châtel, un tournoi de football, d'un type un peu particulier est organisé à Châtel-St-Denis, du 19 au 27 juin. On verra ainsi s'opposer divers groupements et sociétés de notre localité. On peut désormais compter sur la participation du Conseil communal, de la Fanfare, de la Batterie anglaise, de la SFG, du Volleyball, du groupement des samaritains, du club des quilles, du club alpin, du Ski- Club, du Moto-club, de l'association des contemporains 46, des membres des comités du FC.

Ainsi, une fois n'est pas coutume, un terrain de football fera le trait d'union entre nos diverses sociétés. Sans aucun doute, ces joutes sportives apporteront à notre public un spectacle plein d'entrain et de camaraderie.

Dans notre prochaine édition La personne dont le visage est entouré d'un cercle, est invitée à se présenter

à notre bureau jusqu'au 30 juin 1976 ou de nous faire parvenir une photo récente. Le gagnant touchera un abonnement de trois mois à «Fribourg- lllustré - La vie musicale».

L'abondance de matière oblige la rédaction à renvoyer dans une prochaine édition,

la suite de notre voyage à Rome, l'article sur les Dentelles de Gruyère, le

cinquantenaire du Jodel-Club «Alpenrösli» de Fribourg, Entre l'église et la pinte, Elle

chez elle. Reflets sportifs et de manifestations diverses.

(3)

3 Promouvoir le tourisme et

coordonner son développement sur le plan régional

L'Union fribourgeoise du tourisme a tenu ses assises annuelles à Romont sous la présidence de M. Georges Dreyer. Cette assemblée était honorée par la présence de M. Pierre Dreyer, conseiller d'Etat; René Grandjean, pré¬

fet de la Glâne; Robert Menoud, préfet de la Gruyère; et Gérard Ducarroz, di¬

recteur de la Chambre fribourgeoise du commerce.

Dans son rapport sur l'exercice écoulé, le président précisa que pour cerner l'importance du tourisme fribourgeois, l'UFT dispose en premier lieu de la sta¬

tistique nuités. L'étude de l'héberge¬

ment est un point sur lequel il faut vouer toute son attention, bien que l'hôtellerie fribourgeoise ait connu une régression de 15 000 nuités en 1975. Il faut re¬

connaître aussi que la concurrence sur le marché touristique de notre canton est encore insuffisante. Les campings- caravanings attirent toujours plus de monde pour la raison que ce mode d'hébergement est relativement bon marché. Les colonies de vacances ont par contre rencontrées quelques diffi¬

cultés à assurer de la clientèle touris¬

tique à l'étranger. Quant à l'héberge¬

ment dans les chalets et appartements de vacances, il continue à progresser.

Ce mode de vacances répond assez bien à la tendance d'une demande tou¬

ristique qui cherche de plus en plus l'in¬

dépendance et le contact avec la na¬

ture.

Edition d'un nouveau guide touristique sur le pays de Fri- bourg

M. Germain Maillard, directeurde l'UFT, fit un rapide tour d'horizon sur l'année 1975 et présenta le programme d'acti¬

vité pour 1976. La mission de l'UFT de promouvoir le tourisme, de représenter et défendre les intérêts de celui-ci, d'organiser et de coordonner son déve¬

loppement implique que l'on associe dans les lignes directrices de notre poli¬

tique touristique nos efforts de propa¬

gande et ceux engagés pour améliorer son infrastructure. Dans cette période de ralentissement économique, l'action de propagande ne portera ses fruits qu'à long terme. Dès lors, le programme d'activité de l'UFT est lié à la nécessité d'informer de manière correcte notre clientèle touristique potentielle et de veiller à ce qu'elle reçoive ce que nous lui avons promis.

Propagande:

L'année en cours verra l'édition d'un nouveau guide touristique, d'une carte des chemins pédestres, d'une liste des hôtels, installations de remontées mé¬

caniques et manifestations, le renou¬

vellement du stock de photos et diapo¬

sitives, la préparation d'un prospectus d'été pour 1977 et la création d'un bul¬

letin d'information pour les milieux tou¬

ristiques, les autorités, la presse, etc.

Le nouveau télésiège inauguré récemment au Lac Noir

Nominations statutaires Sur proposition du comité, l'assemblée a nommé membres du comité de l'UFT, MM. Anton Rappo, de Planfayon, et André Sudan, de Romont. Les comptes de l'exercice écoulé furent approuvés à l'unanimité ainsi que le budget pour 1976 qui prévoit des recettes de 220 000 francs sur la taxe de séjour contre 110 000 l'an passé.

De belles perspectives d'ave¬

nir

Le second volet de cette assemblée était réservé à une discussion et à une présentation sommaire des réalisations et des objectifs généraux de quelques sociétés de développement. M. Albert Bugnon directeur de l'Office du tou¬

risme de Fribourg compte beaucoup sur un courant de sympathie et de visi¬

teurs pour le chef-lieu fribourgeois. M.

Thiébaut de Morat fit un bref historis- que sur la cité qu'il habite et qui est le trait d'union entre la partie alémanique et la partie française du canton. M. An¬

dré Bise, président de la Société de dé¬

veloppement d'Estavayer-le-Lac, fit un magistral exposé sur les perspectives d'avenir du tourisme sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Des contacts ont été pris avec les communes de Font, Châtil- lon, Châbles, Cheyres, Delley-Portal- ban et Gletterens en vue d'un dévelop¬

pement touristique sur le plan régional.

Un effort particulier a été fait dans l'amélioration des chemins pédestres dans le chef-lieu de la Broyé qui envi¬

sage l'aménagement de courts de ten¬

nis. Il faut relever qu'Estavayer-le-Lac a enregistré l'an passé plus de 50 000 nuités. Un résultat fort réjouissant. M.

Michel Pilloud, président de la société de développement de Châtel-Saint- Denis-Les Paccots fut également très écouté par les participants à cette as¬

semblée. Il se plut à relever l'excellente collaboration qui existe avec l'UFT, ce qui permet de faire connaître chaque région touristique de notre canton à l'étranger. L'animation d'une station est absolument indispensable dit-il, pour rendre le séjour des touristes plus agréable. L'an prochain, l'oasis des Paccots sera un point de rencontre fort apprécié pour de nombreux touristes qui viendront admirer le spectacle de la Fête des Vignerons, à Vevey. M. André Sudan, nouveau président delà Société de développement de Romont, adressa une chaude bienvenue aux délégués de

Le comité de l'UFT l'Union fribourgeoise du tourisme. M.

Françis Bertherin, architecte, commu¬

niqua à l'assemblée qu'en 1981, le can¬

ton de Fribourg fêtera le 500e anniver¬

saire de son entrée dans la Confédéra¬

tion suisse. Il a proposé qu'à l'occasion de ce jubilé, écrivains, artistes, histo¬

riens et responsables du patrimoine architectural donnent une nouvelle image du pays de Fribourg dans le monde. Cette suggestion a été fort bien accueillie par le comité de l'UFT.

Le lac de la Gruyère est-il une image touristique?

C'est la question que se pose non seule¬

ment la population de ce district mais aussi les touristes qui, après avoir feuil- letéde magnifiques prospectusen cou¬

leur sur la Gruyère, découvrent non pas un lac, mais une plaie béante. En effet, durant tout le mois de mai, le lac était en grande partie vide. Indigné par cette situation qui n'est pas celle promises aux touristes de l'étranger, M. Robert Menoud, préfet de la Gruyère, demanda des explications à qui de droit. M. Pierre Dreyer, conseiller d'Etat, qui est aussi président du conseil d'administration des Entreprises électriques fribour- geoises apporta des précisions claires et nettes. Pourquoi le lac est-il si bas au mois de mai, dit-il? La raison est très simple: la neige a fait défaut durant tout l'hiver et il n'est presque pas tombé de pluie en avril et mai. L'accumulation ne s'est donc pas faite comme les respon¬

sables l'espéraient. Comme l'homme n'a pas encore le pouvoir de changer le temps ni de prévoir la pluie à une date déterminée, l'eau étant une source d'énergie indispensable, les EEF ont tiré le maximum au barrage de Rössens. M.

Dreyer devait également préciser que l'eau du lac de la Gruyère n'a pas suffi à assurer la distribution d'électricité dans les réseaux des EEF. Au cours du pre¬

mier trimestre 1976, les Entreprises électriques fribourgeoises ont acheté pour 5,6 milions de francs d'électricité à d'autres compagnies. Si le lac avait été maintenu à son niveau normal, la fac¬

ture précitée aurait probablement été doublée. Le président des EEF jugea cette situation d'exceptionnelle. Nous sommes par contre d'accord avec M.

Menoud, préfet de la Gruyère, qu'un lac vide n'est pas une image touristique pour le pays de Fribourg.

Cette assemblée très constructive et intéressante prit fin par un apéritif offert par la commune de Romont.

FI

(4)

L'Association Joseph Bovet

a un nouveau président Photos G. Bourquenoud-FI Organisée à la perfection par l'Amicale

des Fribourgeois de Sion et environs, l'assemblée générale ordinaire des dé- léguésdessociétésaffiliéesà l'Associa¬

tion Joseph Bovet, eut lieu par une magnifique journée ensoleillée, le di¬

manche 23 mai, à l'Hôtel du Rhône, à Sion. M. Max Pasquier, président, n'ac¬

corda pas le quart d'heure fribourgeois, raison pour laquelle, plusieurs délégués se trouvèrent surpris d'arriver en retard.

Il eut le plaisir de saleur MM. Robert Menoud, préfet de la Gruyère, repré¬

sentant le Conseil d'Etat; André Dey, membre d'honneur de l'AJB: M. et Mme Gérard Bourquenoud, rédacteur de Fri- bourg-lllustré. Trente-deux sociétés sur trente-six y étaient représentées.

Cette présence est un encouragement pour le comité de l'AJB.

M. Max Pasquier, président d'honneur (à gauche) et Raymond Perroud, nou¬

veau président de l'AJB Une nouvelle section

M. Alois Schmutz, président de l'Ami¬

cale des Fribourgeois de Sion, adressa une chaude bienvenue à tous ses com¬

patriotes venus de tous les coins de la Suisse. M. Pasquier proposa l'admis¬

sion d'une nouvelle section au sein de l'AJB. Pour cela, il donna la parole à M.

Robert Delacombaz, président de l'Amicale des Fribourgeois de Sierre.

Cette vivante société a été fondée le 2 février 1972 et compte actuellement septante-cinq membres. Elle a été ad¬

mise avec les applaudissements de l'assemblée.

Un document historique Le rapport de quatorze pages rédigé par le Président de l'AJB est un véritable document historique pour cette institu¬

tion qui fait honneur au canton de Fri- bourg et à ses autorités. Il sera polyco¬

pié et adressé à chaque société. (Note humoristique durant la lecture de ce rapport: c'est Max qui lit et c'est son petit chien qui a soif!) M. Marcel Grand- jean, trésorier, fut expéditif pour la pré¬

sentation de la situation financière de l'Association qui est saine. Tous les rapports furent acceptés ainsi que la

modification de l'art. 22 des statuts de porter de sept à neuf le nombre des membres au comité.

Election d'un nouveau président

Le principal objet de cette assemblée très copieuse était l'élection d'un nou¬

veau président. Eneffet.aprèsavoirfait partie durant quarante-cinq ans du co¬

mité des Cercle fribourgeois de Lau¬

sanne, Montreux et Nyon, et en qualité de président de l'Association Joseph Bovet, M. Max Pasquier avait présenté sa démission. Il a accompli sa tâche à la satisfaction générale des ses compa¬

triotes «hors les murs». Il fut chaleureu¬

sement remercié pour l'immense travail réalisé au sein de cette institution. En reconnaissance des services rendus, il a été nommé président d'honneur de l'AJB.

Pour le remplacer à la tête de cette important association, le comité pro¬

posa M. Raymond Perroud, de Bâle, jusqu'ici vice-président. M. René Ro- praz, président du Cercle fribourgeois

«La Berra» Le Landeron et environs, qui fut le seul délégué à prendre la parole concernant cette élection, fit la propo¬

sition de nommer M. Alois Schmutz, président de l'Amicale des Fribourgeois de Sion. Très touché par cet honneur, M. Schmutz déclara qu'il ne pouvait ac¬

cepter un tel mandat pourla raison qu'il ne possède pas encore l'expérience né¬

cessaire pour remplir cette tâche. Il adressa un merci très sincère à son compatriote du Landeron. Il n'est pas impossible qu'il accepte ce poste dans quelques années. Finalement, c'est M.

Raymond Perroud qui fut élu à l'unani¬

mité président de l'Association Joseph Bovet pour une période de trois ans. Il a été félicité comme il le méritait.

Quatre nouveaux membres au comité

Deux membres du comité avaient éga¬

lement présenté leur démission, ce sont MM. Robert Aebischer(Genève)et Jean Weber (Fribourg). En récompense de leur dévouement au sein de l'AJB, ces deux compatriotes ont été nommés membres d'honneur. Aucune objection n'a été faite à rencontre des autres membres qui acceptaient une nouvelle élection. Nous voulons citer MM. Mar- chel Chavaillaz (Lausanne), Marcel Grandjean (Nyon), et Gaston Vallélian (Le Locle). Pour que le comité soit com¬

plet. il fallait donc élire quatre nouveaux membres. Les Cercles de Genève ont proposé M. Ernest Gross (Genève), ceux de Neuchâtel-Jura: M. Robert Purro (Delémont), les sections du Va¬

lais: M. Alois Schmutz (Sion), les so¬

ciétés de la Riviera vaudoise: M. Félix Brulhart (Montreux). Le neuvième membre du comité a ét choisi en la

Une chronique «hors les murs»

de Gérard Bourquenoud

personne de Mme Marie-Lise Jolliet, secrétaire-bilingue, de Muttenz (BL).

Cette charmante dame s'occupera uni¬

quement du secrétariat de l'AJB. Tous ces membres furent chaudement ap¬

plaudis par l'assemblée.

Attaché de presse de l'AJB Sur proposition du comité, l'assemblé a nommé attaché de presse de l'Associa¬

tion Joseph Bovet, M. Gérard Bour¬

quenoud, rédacteur de Fribourg-lllus- tré et de la rubrique le «Huitième district fribourgeois». Cette nomination a pour but d'améliorer les contacs entre les Fribourgeois en et hors les murs, de communiquer à tous nos compatriotes du dehors les décisions prises lors des séances du comité de l'AJB, et de favo¬

riser une meilleure information par le canal de Fribourg-lllustré qui est l'or¬

gane officiel des Fribourgeois «hors les murs».

Un grand rassemblement se prépare à Bulle

L'Association Joseph Bovet fêtera l'an prochain le XXe anniversaire de sa fon¬

ts table du comité durant l'assemblée dation. Ce jubilé sera marqué par un grand rassemblement des Fribourgeois du dehors qui aura lieu dans le chef-lieu gruérien, les 21 et 22 mai 1977. A cette occasion, le festival «Grevire» sera joué à Bulle sous la direction de M. Michel Corpataux, professeur de musique. M.

Robert Menoud, préfet de la Gruyère, qui a bien voulu accepter la charge de président du comité d'organisation, a fait un magistral exposé à ses compa¬

triotes «hors les murs». Il a d'abord ap¬

porté le salut du Conseil d'Etat fribour¬

geois en évoquant ce qui fait la beauté du pays de Fribourg, avec ses habi¬

tants, son folklore, ses chalets, ses troupeaux, ses sonnailles, ses fleurs, sa verdure, ses montagnes, ses sociétés de chant et de musique, ainsi que tout ce qui fait le bonheur des gens qui tra¬

vaillent et qui chantent. Il releva la ri¬

chesse culturelle de ce canton dont les Fribourgeois du dehors en sont les am¬

bassadeurs. Fribourg, dit-il, est un pays qui sait préparer son a venir. Il le fait avec un sentiment d'amitié et de compré¬

hension réciproque. L'abbé Bovet n'a-

t-il pas été le drapeau de ce pays qui se

veut heureux grâce à ses chansons? Cet

homme de la terre incarnait la joie de

chanter. M. Menoud a ensuite émis

quelques considérations sur l'organisa-

La «Chanson valaisanne» chante pour les Fribourgeois «hors lesmurs»

(5)

5

Chronique des Fribourgeois

«hors les murs»

L'AJB a un nouveau Président (Suite et fin)

tion du grand rassemblement qui se prépare à Bulle. Une messe sera chan¬

tée en plein air, le sermon sera prononcé en patois, et un cortège haut en cou¬

leurs se déroulera dans les rues de la ville. Cette manifestation permettra non seulement de perpétuer la mémoire de l'abbé Bovet au sein de la jeunesse, mais de revivre des instants inoublia¬

bles de la fête qui avait marqué l'inau¬

guration du monument au barde du pays. Il exprima sa satisfaction sur l'excellente atmosphère qui règne au sein de l'AJB et dans ses sociétés affi¬

liées. Il adressa des félicitations à l'an¬

cien président et des vœux à M. Ray¬

mond Perroud, lequel peut être consi¬

déré comme le huitième préfet du can¬

ton de Fribourg. Au nom du Conseil d'Etat fribourgeois, M. Menoud eut le plaisir de remettre à M. Max Pasquier, un magnifique livre dédicacé. Le Préfet de la Gruyère fut chaleureusement ap¬

plaudi. Bon nombre de Fribourgeois de Genève, Nyon, Delémont, Montreux, Ta vannes et Sion m'ont dit: M. Menoud a droit à un grand coup de chapeau. Car c'est une personnalité qui nous a fait très plaisir.

M. RobertMenoud, préfet de laGruyère, durant son allocution

Toujours une réponse négative

Parmi les propositions individuelles parvenues au comité, il y avait celle du Cercle fribourgeois de Lausanne. Son président, M. Jean Pillonel, exposa clai¬

rement les motifs formulés par les membres de sa section qui ont été of¬

fusqués par la réponse négative du Conseil d'Etat fribourgeois de partici¬

per à la manifestation qui marquait le 75e anniversaire de la société. Il en fut de même pour les sections de Montreux et Vverdon. M. Robert Menoud, préfet de la Gruyère, répondit aimablement à M. Pillonel que selon un arrêté du Con¬

seil d'Etat, aucun conseiller ne participe à une manifestation le dimanche. «Il ne sait pas ce qu'il perd ne pas participer à vos manifestations». Enchanté de sa journée passée au milieu de ses compa¬

triotes du dehors, à Sion, M. Menoud a promis de faire quelque chose dans ce sens auprès du Conseil d'Etat, afin qu'à l'avenir, les manifestations importantes des Fribourgeois «hors les murs» soient honorées par la présence d'un repré¬

sentant de l'Etat de Fribourg. Du fait qu'il y aura un grand rassemblement en 1977, la date et le lieu de la prochaine assemblée de l'AJB n'ont pas été choi¬

sis.

Le «Vieux Chalet» de l'abbé Bovet en- tonnné par M. Gérard Rigolet du Locle, mit un point final à cette assemblée très enrichissante.

Allocutions et chansons

.. •••. >' '.y.

Le nouveau comité de l'AJB entouré du préfet de la Gruyère, du président d'honneur, et de deux charmantes valaisannes

du banquet qui fut excellemment servi dans le même établissement, nous eûmes le plaisir d'entendre des allocu¬

tions de M. Maurice Déléglise, conseil¬

ler communal, à Sion, et de M. Max Pasquier, présidentd'honneurde l'AJB, qui eut la joie de présenter le nouveau président et les membres du comité. M.

Bernard Delabays assumait la fonction de major de table. Au nom de l'Amicale des Fribourgeois de Sion, une jolie pe¬

tite fille en costume valaisan, offrit un cadeau dédicacé à M. Pasquier. Il faut relever encore la belle prestation de «La Chanson valaisanne» qui, dans son seyant costume d'Evolène, a embelli cette journée par de belles chansons du terroir et de l'abbé Bovet. Il est tout naturel de chanter «Moi, j'aime telle-

dans cet ensemble vocal. Et que de bel¬

les voix. Notre ami Alois, soliste dans ses heures de loisirs, donna un aperçu de son talent en interprétant «Paysan, que ton champ s'élève» et «Galé Gringo». Plusieurs chansons eurent l'honneur du bis. Avec une direction calme, posée et agréable, une attention disciplinée, «La Chanson valaisanne» a su dispenser la joie, bercer la vie et faire renaître l'amitié entre Fribourg et le Va¬

lais. Ce concert a fait l'enthousiasme des auditeurs qui ne furent pas avares d'applaudissements.

Une magnifique journée dont chacun se souviendra. Tout était parfait en ce di¬

manche de mai 1976. Il y avait du soleil jusque dans les cœurs. Nos compli¬

ments à M. Alois Schmutz et à son dy¬

namique comité. C'était du beau travail.

ment les fleurs», il n'y a que des fleurs

M. Robert Menoud, préfet de la Gruyère, entouré du président d'honneur et des deux nouveaux membres d'honneur de l'AJB

L'apéritif d'honneur a été servi dans les jardins du Restaurant de la Matze par d'accortes dames costumés. Au cours

Une famille de deux cents personnes en fête Photo G. Bd-FI

Sur l'initiative de l'oncle Ernest, cadet de la famille, et à la suite d'une réunion des frères et soeurs de la famille Jean Gross, une rencontre amicale eut lieu le dimanche 23 mai à Arconciel. Cette journée a réuni plus de deux cents per¬

sonnes qui ont assisté à une messe chantée sous la direction de M. Pierre Telley. Un repas servi à l'Auberge des Trois Sapins a permis à chacun et à chacune de fraterniser dans une excel¬

lente atmosphère familiale. La partie ré¬

créative fut animée par Soeur Marie- Jeanne, les enfants et quelques adul¬

tes. Tous ont formulé le voeu qu'une rencontre aussi enrichissante soit re¬

nouvelée l'an prochain.

(6)

le 6

e

Comptoir de Romont

(Texte et photos G. Bourquenoud)

Fidèle à sa tradition, le Comptoir de Romont s'est déroulé du 26 au 30 mai 1976. Rivalisant une nouvelle fois d'in¬

géniosité et de bon goût, les exposants

M. Demont, président du Comptoir coupe le ruban

M. Albert Demont. président du 6e Comptoir de Romont

se sont efforcés de maintenir leur répu¬

tation et de présenter aux visiteurs des stands toujours plus attrayants, afin de satisfaire toujours mieux leur clientèle. Il est évident que le commerce se veut de plus en plus compétitif. Cette année encore, commerçants et artisans, spé¬

cialistes de leur branche d'activité, ont mis leur expérience à disposition de la population pour la renseigner et la con¬

seiller au mieux. Et comme toujours, c'est dans une atmosphère détendue et sympathique, propre au Comptoir de Romont, que chaque visiteura pu admi¬

rer des produits et objets de qualité et de bienfacture. Si une nouvelle fois nous avons eu le plaisir de découvrir durant cinq jours cette exposition, c'est grâce au dévouement de tous les mem¬

bres de la Sicare (Société des indus¬

triels, commerçants et artisans de Ro¬

mont et environs) qui se font un point d'honneur de maintenir cette manifes¬

tation économique, témoignant ainsi d'une belle vitalité. Et quelle évolution depuis la première exposition du genre il y a six ans, mais aussi quelle fidélité dans les options essentielles d'un Comptoir si étroitement liée à la vie d'une cité et d'un district.

Une émigration salutaire On peut le dire désormais, le Comptoir de Romont, sixième du nom, a acquis

une place enviée au sein de l'économie glânoise. Bien qu'il ait émigré pour la première fois dans le quartier de la Con- démina, il est résolument entré dans la tradition du printemps romontois. Une fois de plus, son animation commer¬

ciale était attendue, malgré les difficul¬

tés certaines d'une morosité conjonc¬

turelle à laquelle n'ont pas échappé les secteurs de vente. Cette réussite est le témoin du dynamisme et de la volonté créatrice du commerce local et régio¬

nal. Et puis, le nouvel emplacement a grandement facilité le parcage des vé¬

hicules.

Une fête pourtoute la popula¬

tion

Mercredi 26 mai, jour d'ouverture, toute la population romontoise était dans la joie. Et celle du district aussi. M. Albert Demont, nouveau président du Comp¬

toir de Romont, eut le plaisir de couper le ruban traditionnel, après avoir digne¬

ment salué quelques personnalités, prmi lesquelles MM. Henri Ballif, vice- présicent du Grand Conseil fribour- geois; René Grandjean, préfet de la Glâne; Gérard Clerc, syndic de Romont;

Jean-Louis Schmutz, président ad inté¬

rim de la Sicare, les représentants de la commune d'Aigle, hôte d'honneur de ce 6e Comptoir de Romont. Cette mani¬

festation fort bien organisée était re¬

haussée par les belles productions des Cadets de la fanfare de Romont dirigés pa M. Michel Sottas, le choeur de l'Ecole secondaire de la Glâne placé sous la direction de M. Albert Sottas et le concours de deux accordéonistes en herbe, les jeunes Chantai Kolly et Marie- Claire Oberson. Le soir, un concert fut donné par la fanfare de Villaz-Saint- Pierre.

Un Comptoir est aussi un lieu de rencontres

Un lieu d'exposition, de vente, de con¬

tact, mais aussi une occasion de fête populaire, richement animée dans une atmosphère d'amitié et de compréhen¬

sion. Tels ont été, cette année encore, les critères d'une manifestation écono¬

mique qui possède déjà ses lettres de noblesse bien au delà même des limites du district de la Glâne. Comme par le passé, les deux aspects commerciaux et récréatifs du Compoir ont été com¬

plétés harmonieusement par un pro¬

gramme d'organisation où chacun a trouvé son compte d'intérêt et d'amu¬

sement. Le stands d'une cinquantaine d'exposants sont restés ouverts de 10 h. à 22 h., l'animation musicale, folklo¬

rique et attractive s'est prolongée chaque soir sur le podium du grand res¬

taurant jusqu'à une heure avancé de la nuit.

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Comptoir de Romont (Suite de la page 6)

Journée officielle ensoleillée Baignée de soleil et de bonne humeur, cette journée attira un très nombreux public venu de tous les coins du can¬

ton. Un cortège se forma dans la cour du Château et emmena les invités jusqu'à la Condémina. Il était ouvert par les motards et la fanfare de la Ville de Romont. Celle-ci était suivie des dra¬

peaux de toutes les communes du dis¬

trict. de nombreuses personnalités de la Glâne et d'Aigle, du groupe folklo¬

rique «Au Fil du Temps», et de quelques poneys qui faisaient la joie des enfants.

Si le public était parsemé pour le cor¬

tège, il y avait par contre un monde fou, fou, fou... dans la cantine. Prirent la parole au cours de la partie officielle, MM. Albert Demont, président du Comptoir; Jean-Louis Schmutz, prési¬

dent ad intérim de la Sicare; Gérard Clerc, syndic de Romont; Schweick- hardt, vice-syndic d'Aigle; et Henri Bal- lif, vice-président du Grand Conseil fri- bourgeois. Tous les orateurs ont relevé l'excellente présentation de cette exposition qui fait non seulement hon¬

neur au district de la Glâne, mais au canton de Fribourg. La soirée était ani¬

mée par la fanfare d'Ursy et ses majo¬

rettes, ainsi que par le groupe folklo¬

rique d'Aigle. A noter que la commune d'Aigle, hôte d'honneur du 6e Compoir de Romont, était représentée par son Le stand souriant de la Loterie Romande

vignoble et ses vins de qualité. Une pinte typiquement vaudoise a permis aux visiteurs de se retremper dans une atmosphère autre que celle du chalet fribourgeois. Il nous a semblé qu'il man¬

quait cette image pittoresque de chez nous.

L'enthousiasme demeure L'organisation de l'envergure du Comptoir de Romont ne peut être que le fruit d'une collaboration active et bien motivée des membres du comité d'or¬

ganisation d'une part, mais aussi de celle de tous les exposants qui se sont réunis sous la même enseigne. Ce co¬

mité est formé d'une équipe de base fidèle et désormais rodée au fonctions respectives qu'elle se partage dans un bel esprit d'engagement solidaire. La présidence, cette année, était assumée par M. Albert Demont, un homme dyna¬

mique au caractère ouvert à tous les problèmes économiques d'une région.

L'esprit même de la manifestation de¬

meure malgré ce changement, et le suc¬

cès de la nouvelle formule mise au point confirme sa valeur auprèsde la popula¬

tion glânoise. C'est donc à l'apport col¬

lectif et expérimenté de l'ensemble de ce comité dévoué à la cause d'un com¬

merce vivant dans une cité ouverte qu'est dû la réussite de cette manifes¬

te choeur de l'Ecole secondaire de la Glâne

Une image de la pinte d'Aigle

tation et du moins sa parfaite organisa¬

tion. Cette équipe est formée de MM.

Albert Demont, président; Jean-Marie Devaud, secrétariat; René Grandjean, programme, festivités et réception;

Claude Fasel, presse et publicité;

François Remy, festivités; Gabriel Mail¬

lard, finances; Aloys Page et Jacques Marilley, constructions et exposants;

Gérard Jolliet, délégué de la Sicare;

sans oublier bien entendu tous ceux qui, de près ou de loin, ont apporté leur précieuse collaboration.

Envahi par la jeunesse Vendredi 28 mai, était la journée réser¬

vée à la jeunesse. Des milliers d'enfants

venus de nombreux villages du district ont visité le Comptoir de Romont sous la conduite de leurs maîtres. Filles et garçons ont porté un intérêt particulier à l'évolution de l'ameublement, aux machines de travail, à l'équipement de bureau, à l'artisanat, et surtout à la col¬

lation qui leur était offerte. Nombreux sont aussi les enfants qui se sont rendus à cette exposition en compagnie de leurs parents. En fin d'après-midi, le comité d'organisation eut la joie d'ac- cueillier le 10 000 e visiteur en la per¬

sonne de Mlle Madeleine Fragnière, em¬

ployée de bureau, de Gumefens. Cette charmante jeune fille fut fleurie par le Président du Comptoir. En soirée, un concert a été donné par le «Fryburger- gruss».

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Regards sur

le 6

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Comptoir de Romont

Sa foi en sa destinée

Le Comptoir de Romont est le signe visible d'un effort où la volonté existe.

Nous admettons qu'il est difficile de monter une foire-exposition agréable, plaisante et utile. Pourtant, on y arrive.

Après chaque Comptoir, on se de¬

mande si on récidivera dans deux ans, et parfois on en doute. Quand la popu¬

lation joue le jeu avec les commerçants et les organisateurs, tout est possible.

Toute région qui entend, comme celle de la Glane, participer au long et noble effort des hommes, en marche vers une vie qu'ils veulent à juste titre toujours plus digne et plus heureuse, ou, simple¬

ment exprimé, qui tient à pousuivre sa croissance, doit continuellement se prouver à elle-même et démontrer aux autres sa foi en sa destinée, et son en¬

thousiasme à la réaliser sous des as¬

pects divers.

La Glâne à vol d'oiseau Samedi 29 mai, la nouvelle usine «Sa- biac» organisait une journée «Portes ouvertes» à l'intention des visiteurs du Comptoir. Dans l'après-midi, la clique d'Aigle a donné un concert très appré¬

cié dans les rues de la cité romontoise, tandis que la soirée était animée par les Majorettes de Fribourg. Ce n'est pas tout. Durant tout le Comptoir, M. Ernest Devaud, pilote d'hélicoptère à Epagny- La jeunesse en visite au Comptoir

r

Gruyères, était à la disposition de la population glânoise pour lui offrir la possibilité de découvrir sa région à vol d'oiseau. Cette initiative a fait le bon¬

heur d'un grand nombres de personnes.

N'oublions pas les hôtesses de ce 6e Comptoir de Romont qui ont su appor¬

ter une note chaleureuse à cette mani¬

festation par leur gentillesse, leur cour¬

toisie, leur charme, leur sourire.

La valeur d'une exposition La valeur de son entité apparaît singu¬

lièrement dans la qualité de ses structu¬

res sociales, ou se lit au niveau de ses réalisations culturelles, qui ont incon¬

testablement l'une et l'autre pour fon¬

dement, une économie saine, avertie, créée et soutenue par l'ensemble d'une population consciente de l'avenir de ses enfants. Il y va ainsi de la santé et de la prospérité d'une région, d'un pays.

Donc, une excellente idée.

Le plus beau stand

Dimanche 30 mai connut une très grande affluence. On y rencontrait des gens de tous les azimuts et de tous les coins de Romandie. La fanfare de Châ- tonnaye prêta son conours pour un cor¬

tège en ville et anima la soirée par ses belles productions. Peu avant l'ultime fermeture des stands, les com¬

merçants, artisans et industriels se dé-

L'hélicoptère de M. Ernest Dévaud claraient enchantés et satisfaits du 6e Comptoir de Romont. Ils étaient aussi fatigués par cinq jours de présence dans le brouhaha des conversations des visiteurs et de la musique. Signa¬

lons encore que les commerçants avait pris l'heureuse initiative d'attribuer un prix au plus beau ou au meilleur stand de cette exposition. Les membres du jury l'ont décerné à la Maison A. Steinhauer et Fils, agencements de cuisines, à Cha- vannes-les-Forts. Une mention ex-ae- quo a été attribuée pour les stands de MM. Denis Schmutz, horlogerie-bijou¬

terie, de Romont, et Louis Sugnaux, bois et fer forgé, de Billens. Nos compli¬

ments.

Ce jour-là, les organisateurs de cette manifestation économique eurent le plaisir d'accueillir le 20 000 e visiteur. Il s'agissait d'un couple, M. et Mme Mar¬

cel Pasquier, instituteur retraité, à Ro¬

mont. Le Comptoir romontois a égale¬

ment été honorée par la visite de MM.

Joseph Cottet, président du Gouverne¬

ment; Pierre Dreyer, Rémi Brodard, Jean Riesen et Denis Clerc, conseillers d'Etat.

Que vive et prospère le Comptoir de Romont Si l'on essaie de représenter en quel¬

ques traits la palette économique de Romont et de la Glâne toute entière, l'on s'aperçoit bien vite qu'elle est intime¬

ment unie à cette croissance harmo¬

nieuse en quête de bien vivre. D'où ce jaillissement culturel, cette curiosité d'en savoir plus, de connaître chaque chose, cet attrait aussi vers tout ce qui fait le bonheur d'une population labo-

Est-ce des armes de ta bataille de Morat?

rieuse. Le 6e Comptoir de Romont (et non de la Glâne) a fermé ses portes. Il a ainsi multiplié les relations, a joué le rôle d'une exposition commerciale, artisa¬

nale et industrielle, a créé des possibili¬

tés de rencontres et d'échanges très fructueux. Son ambition était d'être le miroir de tout ce qui touche à l'épa¬

nouissement d'une cité, d'une région:

en quelque sorte, le reflet exact des efforts de tous ceux qui se préoccupent du développement économique de ce pays qui devient au fil des années, une réalité plus agissante. Voilà pourquoi nos regards sur le 6e Comptoir de Ro¬

mont se tournent vers un avenir plein de promesses.

(G.Bd) Suite page 12

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Regards sur

le 6

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Comptoir

de Romont (Suite et fin)

Un musée du vitrail au château de Romont

Les musées régionaux fribourgeois sont en plein essor: Bulle construit son nouveau musée gruérien aux pieds de son château, Tavel s'est installé au chaud dans la maison pittoresque du Sacristain, Morat s'organise dans la foulée de la commémoration de sa fa¬

meuse bataille. Et Romont ?

Le petit chef-lieu abrite dans ses rem¬

parts des témoins prestigieux de son passé comtal: les donjons et l'église collégiale dont on admire le style archi¬

tectural et la richesse de ses vitraux.

Mais il est un autre bâtiment imposant et austère dans la masse de ses murail¬

les, l'étroitesse de ses fenêtres, son grand toit à 2 pans, le vieux château avoyard (13ème siècle), partie inté¬

grante du château actuel. Demeure comtale peut-être, mais certaienement dernier refuge des Romontois pendant la période troublée des guerres de Bourgogne, il devient par la suite gre¬

nier, grange et prison jusqu'au siècle dernier.

Si la Fondation du Musée de Romont a jeté sur lui son dévolu, c'est qu'elle vou¬

lait redonner vie à de vastes locaux inoccupés dont les ouvertures débou¬

chent sur une vaste cour intérieure «où frémissent de toutes leurs feuilles sen¬

sibles» ormes et hêtre pleureur. Le voyageur de passage qui franchit la po¬

terne du château sera invité spontané¬

ment à gravir les escaliers de molasse qui conduisent au musée. Déjà une croix monumentale en vitrail oeuvre du ver¬

rier bâlois Hans STOCKER en montre le chemin.

Depuis 1972, les Amis du Musée de Romont ont consacré leurs expositions d'été aux pionniers du renouveau de l'art sacré en Suisse Romande, renou¬

veau dont Romont fut un des principaux foyers pendant l'entre-deux guerres.

C'est en hommage à ceux-ci, Alexan¬

dre CINGRIA et SEVERINI, à Hans STOCKER également que nous voulons ériger un musée du vitrail moderne au château, renonçant à un musée folklo¬

rique, la Glâne mitoyenne entre Vaud et Gruyère n'ayant pas su se forger une propre entité culturelle.

Deux accordéonistes en herbe. Au fond, les Cadets de Romont

Le cortège se rend à la Condémina

■H 1 ! »

Un poney qui marque le pas

Mais la remise en état de ces vieux murs se révèle plus ardue que prévue: les murs si épais se cintrent, les consoles de molasse des hautes fenêtres mena¬

cent de s'écrouler, les fissures qui lézar¬

dent les cloisons s'élargissent sous la poussée des chevrons du toit. Des aménagements hâtifs et des restaura¬

tions incomplètes ont aggravé des ans l'irréparable outrage. Aussi, l'Etat de Fribourg, sous la ferme direction de M:

Jean RIESEN, Conseiller d'Etat, et en collaboration avec les responsables de la conservation des monuments histo¬

riques se doit-il, veut-il restaurer le vieux château savoyard: espérons que, sous d'aussi heureux auspices, le Mu¬

sée du vitrail pourra bientôt voir le jour I Dr. P. Fasel

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d'Espérance par Albert-Louis Chappuis

Il ne peut admettre l'injustice dont il est l'objet: à cause de l'enfant qu'on lui attribue, il a été abandonné par Berthe.

Ce n'est pas lui, le père, Seulement, il ne peut le prouver. Seule Blanche pourrait dire son innocence. Elle ne le fait pas. Il est vrai qu'elle ne le charge pas non plus. Par momments, il se demande si réellement, les gens qui l'accusent n'ont pas raison et si lui n'a pas tort.

Tout cela bouillonne dans sa tête fiév¬

reuse et Berthe revient pour accroître son désarroi. Il se révolte parce qu'elle l'a quitté certaine de sa justice alors qu'elle s'est trompée.

Et François réfléchit à tout ce passé parce que, par-dessus ce tourbillon d'événements, une chose terrible l'ac¬

cable: depuis sa fugue, il n'a vu per¬

sonne de sa parenté, de ses amis, de ses connaissances. Il est vrai que si, main¬

tenant, cette absence des proches se fait sentir toujours plus vivement, ja¬

mais auparavant il n'en avait souffert.

Sa mère surtout lui manque.

II V a exactement deux mois qu'il s'est enfui et, depuis la nuit de son départ, il n'a plus rien appris de son village, sinon par le journal que leur ferme à été incen¬

diée par la foudre.

Il y a maintenant six semaines qu'il est hospitalisé et personne n'est venu le trouver, parce que personne ne sait où il est. Cette absence de visites est dure pour François: elle est dure et au-de- dans de lui il se dit:

« Il n'y a que les pauvres qu'on ne vient pas trouver, à qui personne ne fait visite !»

C'est vrai, il y a seulement le pasteur qui, dans sa tournée, se penche sur cha¬

cun: alors il se penche plus longtemps sur les pauvres et ça leur fait plaisir de voir qu'on s'intéresse à eux. Et le pas¬

teur se penche longuement sur Fran¬

çois, le questionne, lui parle, le con¬

seille, l'encourage.

» ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ • ♦ ♦ ♦ » ♦ • ♦ 4» ♦ ♦ ♦ ^ ^ ♦ 4 Le Châtelard

Un bel anniversaire Photo J. Seydoux, Bulle

Le jour de l'Ascension, Mme Angèle Uldry-Python, a célébré son septan- tième anniversaire au milieu des siens.

Veuve de M. César Uldry, elle a élevé une belle famille de six enfants. Elle est aussi l'heureuse grand-maman de douze petits-enfants. Elle fut fêtée comme elle le méritait.

A la jubilaire, nous adressons nos félici¬

tations et nos voeux.

François ne s'est jamais senti aussi pauvre, parce qu'on le tient pour un pauvre : c'est dur la pauvreté.

Le pasteur est seul à s'interesser à lui.

C'est donc qu'il est un... Il n'ose se l'avouer.

Pourtant, au début, François a souri quand, pour la première fois, le visiteur des pauvres est arrivé dans la chambre, avec son habit foncé qui le fait tout de suite reconnaître: il a lu quelques pas¬

sages de la Bible, a prononcé quelques mots, a terminé par la prière.

François a souri. Il n'avait pas plus ac¬

cepté les paroles que la prière.

L'homme qui a faim mange avec appétit le plat qu'on lui présente. L'homme qui souffre a faim d'apaisement. Le pasteur apporte à François cet apaisement et le malade, peu à peu, en vient à souhaiter la visite de l'homme de Dieu.

« Vous qui avez faim et soif de justice...»

« N'endurcissez pas vos coeurs...»

François a soif de justice. La justice lui rendra Berthe.

« N'endurcissez pas vos coeurs...»

Serait-ce la vrai cause de son malheur?

Il y pense longuement, avec révolte, jusqu'à la visite suivante du pasteur, dont la présence l'apaise. Il a encore quelques accès et la paix lui vient. En serrant un jour la main du visiteur, il sent naître en lui un sentiment nouveau, fait de calme, de tranquillité.

Francois reprend gôut à la vie. Son état s'améliore sensiblement. Il peut mar¬

cher avec une canne. S'il n'a pu le faire plus tôt, c'est parce que les côtes l'ont fait souffrir terriblement. Plus que sa jambe qui guérit dans un plâtre épais et solide.

Il compte. Il en est à la septième se¬

maine. Il compte encore, car le méde¬

cin, lors de la visite matinale, lui a dit, en marquant sa satisfaction par un visage souriant : «Ca va bien. Si tout se remet normalement jusqu'à la fin, vous en avez encore pour une bonne quinzaine.

Mais ensuite, ce sera la convalescence, à la maison.»

A la maison? Quelle maison?

C'est vrai que la convalescence est né¬

cessaire pour se remettre tout à fait, mais une barrière se dresse entre les souhaits du médecin et la réalité.

Tout s'écroule à nouveau.

Francois sombre dans le néant, dans ce trou noir au fond duquel il s'est débattu des jours durant et hors duquel il sem¬

blait avoir pu se tirer.

Etait-ce nécessaire de déployer autant de force, autant de volonté pour que, finalement, la chute se reproduise? On pourrait le croire en voyant Francois à nouveau sombre et pensif.

Tout un matin, il se débat contre lui- même Si au moins Monsieur le pasteur venait! Ce n'est pas le jour de sa visite, mais c'est jour de visites.

Et la porte s'ouvre pour laisser entrer celui seul capable de relever Francois. Il s'approche avec empressement du lit, s'y attarde plus que de coutume, dit des paroles de pardon. Puis il s'en va pour faire place à Berthe Olivier, qui entre après avoir attendu derrière la porte.

Le moment est terrible de questions silencieuses.

Les regards s'échangent tout d'abord.

Francois trouve Berthe physiquement peu changée, sinon dans sa coiffure: il n'en est pas de même pour elle, qui trouve le blessé abattu, abîmé, le visage profondément tiré et grave.

Leurs mains se serrent.

Elles ont tant de choses à se dire!

D'une voix étrange, il murmure : - Berthe!

Elle lui répond en s'approchant encore du lit.

- Francois! Tu vois, je viens quand même.

- Merci!

Francois invite Berthe à prendre une chaise, à s'asseoir tout près de lui. Elle le fait volontiers, elle pose un paquet sur la table de nuit: elle se penche vers le malade pour mieux lui parler, pour mieux l'entendre.

Ne sentant plus son mal, Francois boit chacune des paroles que Berthe pro¬

nonce. Il suit chacun de ses mouve¬

ments, comme si la peur le prenait de la voir s'en aller.

Cette présence est tellement inatten¬

due qu'il la réalise encore difficilement.

Il se demande s'il n'est pas en proie à une vision, s'il ne rêve pas comme si souvent ce fut le cas où? tendant ma¬

chinalement le bras, il cherchait un au¬

tre bras pour s'y cramponner. Tout s'effaçait dans sa main tendue. Il n'y avait rien, il n'y avait personne.

Tant de fois, il a fait ce même mouve¬

ment, tant de fois il a cherché à saisir l'image trompeuse qu'aujourd'hui il se demande s'il n'est pas sujet à une nou¬

velle vision, plus trompeuse que toutes les autres.

Il tend sa main, longe le bras qui repose sur le bord de son lit, le serre, pas trop.

Une voix intérieure lui dit : «Elle est là.

C'est bien vrai, elle est là!»

Berthe est bien là, cette fois. Le visage de Francois se détend, se rassérène, s'éclaire.

- C'est toi qui avais raison, dit-elle! Per¬

sonne te croyait. Moi pas plus que les autres: alors je t'ai laissé. J'ai eu tort.

J'avais raison! réplique aussitôt Fran¬

cois, n'est-ce pas que j'avais raison! Tu es certaine maintenant que j'ai dit vrai!

Les nuages qui ont si souvent obscurci l'esprit de Francois s'en vont à mesure que Berthe parle :

- On t'accusait d'être le père de l'enfant de Blanche. Ce n'est pas toi. Mainte¬

nant qu'elle l'a eu, elle a tout avoué.

- Qui est-ce?

- L'Italien à Bonaparte. Angelo, tu te le rappelles?

- Angelo? reprit Francois.

- Lui-même! Il est parti avant que l'en¬

fant naisse, de peur d'avoir des ennuis.

- C'est un garçon?

- Un gros garçon qu'elle nourrit avec amour, un gros garçon que le père Moi- nat ne veut pas voir. Pour lui, cette naissance ternit le nom des Moinat. Des gens si pieux, si riches!

Blanchette n'a pas pu conserver le se¬

cret qui la tenaillait. Le jour après l'ac¬

couchement, elle a avoué. Elle a avoué au médecin d'abord, à sa mère ensuite.

Ça n'a pas tardé à faire le tour du village.

Chacun l'a su rapidement. Personne ne te rejette plus, moi la première.

Berthe a les larmes aux yeux. François aussi, parce qu'il a de la peine à tout saisir, à tout comprendre, tellement ce qu'il vient d'entendre le surprend.

- Le pasteur de l'hôpital est venu tout d'abord chez les parents: il est aussi venu chez moi. C'est lui qui nous a dit où tu étais, ce que tu faisais et ce que tu avais. Il m'a dit de venir.

Alors, je viens pour te dire tout cela et encore pour te dire que tes parents vont bien. Tusais, ton départ si brusque leur a été dur, comme a été dure l'épreuve de l'incendie.

Ils sont braves, les parents. Ta mère est forte dans son malheur. Ton père est travailleur. Ils font reconstruire. L'ap¬

partement a été remis à neuf. Ils l'ont occupé il y a trois jours seulement. Le gros oeuvre de la ferme est debout.

Votre maison sera la plus belle du vil¬

lage.

François écoute. Il ne veut pas parlerde peur d'interrompre Berthe; il craint qu'en le faisant, celle-ci oublie un dé¬

tail. Et puis, à l'ouïe de toutes ces nou¬

velles, une sorte de gêne s'empare de lui. Il songe surtout à son père qui a eu la volonté de reconstruire alors qu'il aurait pu retirer simplement l'indemnité de l'assurance, vendre ses terres et, avec cet argent, reconstruire une petite

«carrée» et y vivre heureux avec sa femme, y vivre heureux sans penser à quelqu'un d'autre qu'à lui-même, qu'à sa femme, qu'à leur bonheur à eux seuls.

Il compare l'attitude présente de son père à la sienne d'il y a deux mois. Il avait bien eu quelques légers remords à s'en aller, mais trop faibles pour le faire re¬

venir sur sa décision. Une voiture s'était arrêtée, le chauffeur lui avait demandé son chemin, le chemin pour son village.

L'occasion lui était offerte de rentrer, sans que personne ne se fût aperçu de rien. Il avait continué.

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La montée à l'alpage:

une image

bien de chez nous

(Texte et photos G. Bourquenoud-FI) Au moment où l'herbe de la montagne est jugée suffisante pournourrir un cer¬

tain nombre de têtes de bétail, l'éleveur gruérien se rend à l'alpage avec son troupeau. Qui dit montée à l'alpage dit folklore, tradition, couleur locale. Le FI n'est pas en mesure de consacrer une page dans chaque numéro à cet événe¬

ment pittoresque. Il a donc choisi, parmi tant d'autres, une montée à l'alpage en Gruyère. L'an prochain, c'est une autre région qui aura la satisfaction d'être croquée sur le vif.

Une tradition paysanne

Pour la famille de M. André Esseiva de La Sionge, commune de Vaulruz, le mardi 18 mai 1976 n'était pas un jour comme les autres. En effet, ce jour-là, le troupeau devait quitter la ferme de la plaine pour le chalet à la montagne. La

«poya» avait été préparée depuis quel¬

ques jours. Tout était calme dans cette ferme jusqu'à l'heure de la diane qui a sonné à 2 h. 30. Bien que se trouvant dans un profond sommeil, le proprié¬

taire s'est levé, à réveillé ses fils Benoît, Fidèle et François, Joseph Geinoz, le vacher. La traite terminée, chacun a pris un plaisir particulier à mettre les son¬

nailles au cou des vaches qui ne tenaient déjà plus en place. Durant plus d'une heure, le tintement des clochettes s'est fait entendre dans le pâturage sis à proximité de la ferme. Pendant ce temps, tout le monde était réuni autour de la grande table familiale à la cuisine

; - t-. • v.-

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»

Trente vaches réunies autour du chalet de la «Croix-Blanche»

pour le petit déjeuner. Un autre paysan dans l'âme, M. Philippe Vionnet, de Vaulruz, a rejoint l'équipe au moment où les conversations allaient bon train autour d'un bol de café. Sa collabora¬

tion fut très appréciée dans la conduite du troupeau.

Sur l'alpe, les vaches sont en liberté

Malgré un orage qui menaçait d'inonder la région, il fallut prendre une décision.

On ne pouvait renvoyer la «poya» au lendemain. Le morbier de la ferme ve¬

nait de frapper 5 h. 30 quand le départ fut donné. Portant bredzonetcanneà la main, Benoit alla décrocher le fil élec¬

trique du pâturage. Le troupeau com¬

prenant trente vaches de la race Hols¬

tein s'est alors mis en branle. Un con¬

cert matinal qui fit lever bon nombre de curieux. Emmené par André Esseiva, il longea le ruisseau «La Sionge», puis emprunta la route cantonale de Vaulruz à Vuadens, pour finalement suivre un chemin de campagne. Le trafic étant très faible à cette heure de la journée, il n'y eut aucune anicroche sur le par¬

cours. Il fallut une heure et demie de marche pour atteindre la «Gîte de la Croix-Blanche» aux Monts-de-Riaz. A l'approche de ce chalet, propriété de M.

Pierre Barras, de Fribourg, les vaches ont accéléré le pas. Connaissant fort bien le chemin, elles se mirent à courir pour pénétrer dans l'un des trois pâtu¬

rages. L'herbe n'était pas abondante,

mais douce et fraîche. Les vaches, elles, se sentaient à l'aise.

Vacher depuis vingt-deux ans dans l'exploitation agricole de M. Esseiva, Joseph Geinoz a la responsabilité de veiller jour et nuit sur le troupeau. La traite au chalet se fait maintenant mé¬

caniquement comme en plaine, mais aussi manuelle pour celles qui sont ré¬

calcitrantes. Il n'est pas seul à s'occu¬

per des trente vaches. Matin et soir, le propriétaire monte au chalet pour lui donner un coup de main à la traite et pour transporter le lait jusqu'à la fa- briqueGuigoz, à Vuadens. Danscecha- let fort bien entretenu, tout est encore installé pour la fabrication du fromage, mais depuis que Jean, le frère du pro¬

priétaire du troupeau a quitté notre monde, le lait est vendu pour la con¬

sommation.

Joie et satisfaction du paysan Pour cette montée à l'alpage, tout a bien marché, c'est l'essentiel. Le pay¬

san montagnard ne s'embarrasse pas de mots pour exprimer son contente¬

ment. Il s'empresse simplement d'invi¬

ter, pour leur dire merci, son fils aîné, le vacher, l'invité du jour, et le journaliste à partager un verre...

Tout au long de la saison estivale, l'homme œuvre avec Dieu et le soleil. Ce travail semé d'embûches, fait le paysan résigné, confiant en sa destinée, et te¬

nace. Un vrai montagnard comme An¬

dré Esseiva connaît l'économie alpes¬

tre, les cultures et l'élevage. Il ne suffit point de redire, tant bien que mal, quel¬

ques mots de patois à ceux qui ont ce beau métier dans le sang.

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Les quatre hommes qui ont conduit le troupeau à l'alpe

M. André Esseiva, le propriétaire du troupeau

A l'approche du chalet, les vaches ont accéléré le pas

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