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Racines communes à deux équations algébriques entières

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(1)

A NNALES SCIENTIFIQUES DE L ’É.N.S.

V. H

IOUX

Racines communes à deux équations algébriques entières

Annales scientifiques de l’É.N.S. 2e série, tome 10 (1881), p. 383-390

<http://www.numdam.org/item?id=ASENS_1881_2_10__383_0>

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(2)

RACINES COMMUNES

A DEUX ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES ENTIÈRES,

PAR'M. V. HIOUX,

P R O F E S S E U R A U L Y C É E DE RENNES.

L Soient les d e u x équation? algébriques entières

A == ûQX^14- ai x1 1 1"i 4-...-+- a,n^. \ x 4- a.ni •= o, B = bo^ 4- ^ .r^-1 4 - . . . 4- &//-1 .r 4- 6/? -= o,

dépourvues l'une et l ^ a u l r e de racines infinies ou nulles.

Avec les deux groupes de fonctions

.r^B, ^-^B, ^^-"^B, . . . , ^B, R,

^-"^À, .r^-^A, ^/ ^--; {A, . . . , . z ' A , A ,

formons le Tableau de la page 384» renfermant (m 4- n) idenlités.

Le d é l e r m i n a n t forn'jé avec les coefficients des diverses puissances de x, y compris x° ou J , est le résultant de M. Sylvester. La première identité doit se lire

If^^rn^n -1 ^ ^^ ^w+^-2 -4- . . . = ,y^-( B,

Chacune des autres se l i t d'une façon analogue.

Supprimons les (n — i} premières identités de chaque groupe. Il en reste i dans le second et m — n 4- i ou k 4- i dans le premier. D < i n s le Tableau ainsi modifié les (/c 4- ^ i ) premières colonnes à gauche for- ment un déterminant d'ordre {k+^i} dont la dernière colonne est

(3)

384 v- ÏHOUX.

celle des coefficients de .z'7^' et h première celle des coefficients de

^/^4-/~l. On voit en effet que p o u r i= n on r e t r o u v e le Tableau priiTillif.

Désignons les d é l e r m i n a n t s d'ordre {k 4- 9.1) p u r A^2/,o^ 05-1 plus sim- p l e m e n t par N^().

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^^'-'B,

B, B,

"-^A,

"•^A,

r A,

A

Désignons de înême par

N^i, N/,2, ../., îii\u-t;

les déternfnnants que l'on oblient en rernpL^çant d a n s N^o 1^ dernière colonne de coefficients, successivement par chacune des (n — i) sui- vantes.

E n f i n , posons

T, == N / o ^n-i + ^f/,^ y^-^.+ ... + N^.-.,.<.

(4)

RACINES COMMUNES A DEUX ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES ENTIÈRES* 385

II. Formation de T\-. — Pour former le polynôme T^, ordonnons le déterminant N^o p^ rapport aux éléments de la dernière colonne* Nous aurons deux groupes de coefficients qui seront désignés : le premier par

P/,0? P / , ) - » p/,2, * • • ? [S/,/,4.../-...,|;

le second par

^/,0î ^/.n ^',2, • • - ? o;/,/-i.

Multiplions chacune des identités conservées par le coefficient corres- pondant et ajoutons-les ensuite membre à irsen'sbre.

Les puissances de oc supérieures à x'1^1 ont des coefficients nuls; elles se trouvent par conséquent éliminées et on a l'identité

( 1 ) T / = = B A , + A B / ,

dans laquelle on a posé

A, == [3/,o ^/r+/- ' -4- p/, i ^'l'~~2 + . . . -4" ^+1. < ,

!$/ == a/,o ^'?'""1 -i- ^/, i •r/ i"2 -1- . . . -l- ^i/i- i -

En d o n n s ï n t à î l e s n v a l e u r s r , ^ ..., /•//, on obtient les n identités

i T, =:: i ^ A / +AB,,,

l Ta = B A ^ + ABa, 1 ' '

(11) / T , ^ B A / + A B / ,

ï/,.,i^5ÎA/4,, + A B / - M »

^ T/, •::=BA^ -+-AB/,.

Remarque L — La formation d'un p o l y n ô m e T, exige que l ' u n au inoins des multiplicateurs employés soit différent de zéro.

Si l'on considère le premier de chaque groupe, on constate que l'on a, au signe près,

p/^ <» == a.o N i^ { , o e l a/, o = &o N/.-, i, o. „

Ces relations s'aperçoivent immédialement en supposant z == n.

Ami. de FÉc. Normale. 2e Série. Tome X. — NOVEMBIIE îWt, 49

(5)

386 v. moux.

Remarque II. — Éliminons A entre deux identités consécutives de rang i et i - + - r , lions aurons l'ident'ilé

B^,T,"-B,T^i==B(B/-,,.iA,~ B ^ A ^ i ) .

Les polynômes B^ et T/ sont respectivement de degrés i et n —- î ; les deux polynômes B^ et T^ i sont de degrés i— i et n— i— i . Le premier membre de l'identité est par suite de degré n. II en est donc de même du second. Mais le facteur B est du degré n : donc l'autre fac- teur est du degré zéro.

Observons maintenant que dans B^n et 1\- les premiers cocffîcienLs sont respectivement

a/-n,o == ± boVi.o et N/,o.

On a donc l'identité

± /^ ( N ^ o )2^ + . . . = = &o (B/4-, A / — B , A / + i ) ^ ^ < . • .

L'identification des coefficients de x11 donne la relation B/4.«A,—B/Az.^=±:(N/,o)1 2-

Cette relation nous montre que :

La condition nécessaire et suffisante pour que les polynômes A / , et B/4 ^ soient premiers entre eux^ c'est que l'on ait

N / , o ^ o .

Si l'on change i en i — \, la condition devient

N/...,,,()^O

et supplique aux deux polynômes A^ et B^.

Ht. Les identités ( I I ) conduisent aux deux théorèmes suivants : THÉOBÈME I. — SiF on pose n — / =^ p — î , les conditions nécessaires

(6)

RACINES COMMUNES A DEUX ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES ENTIÈRES. ÎS^

et suffisantes pour que les équations A == o et B =-= o ai'^n^ exactement p racines communes sont

N / , o = = o . N/,|--=:O, . . . , N ^ / = = o cl N / - i ^ $ o .

En d'autres termes : le polynôme T\- doit être Identiquement nul et le polynôme T/_i doit être effectivement de degré p.

Démonstration. — i° Les conditions sont nécessaires.

En effet, l'identité

T ^ B A / 4 - AB,

montre que toute valeur de œ, qui d o n n e à la fois A == o et B == o,

d o n n e é ga 1 o m e n t T/ === o.

Pour que les deux équations a i e n t p racines communes, il faut que 1\- s ' a n n u l e pour p valeurs de x; mais ce polynôme est du degré p — t î d o n c il doit être identiquement nul, ce qui eniraîne les p premières c o n d i t i o n s .

On a ainsi l'identité

3.ÎA/: -4- AB/ = o, d'où A = - A^ - s5 sïi

Pour que le nombre des racines communes ne surpasse pas p^ il faut en outre que A^- etB, soient premiers entre eux, ce qui entraîne la der- nière condition

N^,,0^0.

Les conditions énoncées sont donc nécessaires.

2° Les conditions sont suffisantes.

En effet, si \esp premières sont remplies, on a l'identité BA^4- AB,==o,

dans laquelle A^ est un polynôme de degré k-\- i— r ou m — p , et B, un polynôme du degré n — p .

(7)

383 Y. HIOUX.

Le produit AB^ s'annule p o u r toute valeur de x égale à l'une des m racines de A = = o ; il en est donc de même du produit BA^ Mais A^, po- lynôme du degré m — p , ne peut s'annuler pour plus de (m — p ) valeurs de sctdoncp au moins des racines de A ==o conviennent à l'équation B==o.

Les deux équations o n t donc au moins p racines c o m m u n e s . Pour que ce nombre ne surpasse pas/.?, il suffît q u e A^- et B^ soient premiers entre eux, c'est-à-dire q u e la dernière condition

N^o^û se trouve également satisfaite.

Donc les conditions énoncées sont suffisantes.

Equation aux racines communes. — Considérons l ' i d e n t i t é

T^, ==BA/,,, 4-A.B/...,i.

Pour toute valeur de x égale à l^une des p racines communes à A === o etB==o, le second membre est n u l ; il en est par suite de même du premier membre, polynôme entier en x du degré p . L'équation aux racines communes est donc

T/...t==o.

Le polynôme T^, de degré p , est donc, à un facteur près, indépen- dant de x, le plus grand commun diviseur des p o l y n ô m e s A et B.

THKORÈME II. — Si l'on pose n—i-==p— r , les concluions néces- saires et suffisantes pour que les deux équations A -== ô et B ^ o aient exactement p racines communes sont, en remontante

T,, ou N^o = o, N , / » i , o = = o , . ., N/,o •-= o, et N/",. 1,0^0.

En d'autres termes : chacun des p derniers polynômes T^ a son premier coefficient nul et le précédent a, au contraire, son premier coefficient dif- férent de zéro.

Démonstration. — Si l'on suppose p= i, le théorème II ne diffère pas du théorème ï : donc il est vrai pôur/)== t.

(8)

KACINES COMMUNES A DEUX ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES ENTIÈRES. 38()

Supposons, par conséquent, qu'il soit vrai pour le cas de p racines communes et démontrons qu'il l'est pour u n e de plus.

Dans cette hypothèse, il est clair que :

Les conditions nécessaires pour qu'il y ait au moins {p 4- i) racines communes sont

N,/,o==o, N / ^ i , o = = o , . . . , N / , o = = o et N^-i.o^-o.

Je dis que ces conditions sont suffisantes.

En effet, le n o m b r e des racines communes ne peut évidemment tom- ber au-dessous dej?. Mais dans l'identité

T^ ==BA^i •4-ABz-i,

le polynôme T^i perd son premier terme, puisque N / ^ i . o ^ o ; il est donc au plus du degré ( p — i).

Mais le second membre s ' a n n u l e pour lesp valeurs de x, qui donnent simultanément A = = o e t B = = = o ; il en est donc de même du premier, lequel est par suite i d e n t i q u e m e n t nul.

Dès lors, en vertu du théorème Ï, les deux équations ont au mains [p 4- » ) racines communes.

Pour qu'il n'y en ait pas une de plus, il faut et il suffit que l'on ait

N^-2,0^0.

Donc, si le théorème II est vrai pour/? racines communes, il l'est pour une de plus. Or il est vrai pour une racine, donc il est général.

Remarque. — La condition i n i t i a l e e s t A = = o ; le déterminant A est de l'ordre (K-+- 2/1). C'est une fonction entière des coefficients des deux équations, du degré m par rapport à ceux de la seconde et du degré n par rapport à ceux de la première,

Les autres conditions sont des déterminants dont chacun se déduit du précédent en supprimant la première ligne de chaque groupe, ce qui

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3()0 V. lïîOl'.K. — KACINES COMMUNES A: DEUX ÉQUATIONS ALGÉBIUQUES ENTIÈRES.

f a i t d i s p a r a î t r e la première colonne, puis en négligeant la dernière c o l o n n e .

Chaque d é t e r m i n a n t est d ' u n ordre i n f é r i e u r de d e u x uuUés à celui du p r é c è d e n t .

On voit que le théorème 11 est l'analogue du théorème dé Lagrange sur le niérne s u j e t .

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