Les illustrations de ces cours ne sont utilisées qu’à des fins pédagogiques
Brises soleils coulissants (Architecte Bruno Burlat)
1. Quelques grandeurs physiques 2. La notion de flux thermique 3. Conductance, résistance 4. La conduction
5. La convection
6. Résistance (ou conductance) d’une paroi 7. Le rayonnement
Rappel : Les flux thermiques vont naturellement du chaud vers le froid
7.1. Définition
Principe :
Le rayonnement thermique se propage comme tous les rayonnements électromagnétiques, mais les phénomènes énergétiques associés dépendent de leur domaine de fréquence.
L’ensemble des rayonnements électromagnétiques est très vaste. Il va des ondes
hertziennes jusqu’aux rayons X et aux rayons cosmiques, en passant par l’énergie solaire et la lumière.
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
Fernand Fragnaud, Thermique des ambiances, Polycopié, CERMA, Nantes QuickTime™ et un
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Image : http://www.comm.uqam.ca/~GRAM/A/illu/mul/muli44.html
7.2. Spectre : en longueur d’onde
Image : http://osug.obs.ujf-grenoble.fr
7.2. Spectre : en longueur d’onde
Les rayonnements visibles et thermiques se situent entre 10
-7m et 10
-3m :
• Les ultra-violets : entre 100 et 380 nanomètres - en grande partie absorbés par l’ozone de la haute atmosphère. Certains sont nocifs pour les organismes vivants.
• Les UVA : absorbés par la couche inférieure de notre hypoderme, produisent le bronzage.
• Les UVB : absorbés par la couche moyenne de la peau produisent des liaisons aux chromosomes.
• Les UVC : absorbés par la couche superficielle de la peau, détruisent les cellules.
• Les rayonnements visibles : séparables en « couleurs » du violet au rouge, en fonction de la sensation perçue par notre œil.
• Les infra-rouges : Porteurs essentiels de l’énergie thermique.
La puissance produite (et l’intervalle de longueur d’onde) par un corps, un liquide ou un gaz, dépend de la température du corps.
7.2. Spectre : en longueur d’onde
Tout corps émet un rayonnement, mais celui-ci peut être composés de différentes proportions de longueurs d’ondes.
Le soleil (environ 6 000 °K) émet une grande proportion de visible.
Les murs de maisons, notre peau, les vêtements émettent aux températures courantes (environ 300 °K).
Ce sont des émetteurs seulement d’Infra-Rouge (IR), alors qu’ils peuvent être des récepteurs :
• De rayonnements solaires : UV, visible et IR proche.
• De rayonnement de l’éclairage
• De rayonnement IR par l’entourage (objets, personnes…)
7.3. Comportement d’un corps récepteur
Principes : tout corps récepteur reçoit un rayonnement de flux incident qui se décompose :
• En un flux réfléchi (réflexion sur la surface S)
• En un flux transmis (transmission à travers l’épaisseur e)
• En un flux absorbé (absorption dans l’épaisseur e)
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.3. Comportement d’un corps récepteur
On définit alors trois rapports (sans dimension) :
Le facteur d’absorption ou absorptivité ou absorbance : α = φ a / φ i
Le facteur de réflexion ou réflectivité ou réflectance : ρ = φ r / φ i
Le facteur de transmission ou transmittivité ou transmittance : τ = φ t / φ i
Comme φ i = φ r + φ a + φ t On a donc : α + ρ + τ = 1
On peut donc définir pour un corps un
α, ρ et τ
pour chaque longueur d’onde ou pour un ensemble de longueurs d’ondes.Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.3. Comportement d’un corps récepteur
Par exemple, pour un verre de 3 mm recevant le rayonnement solaire, toute longueurs d’ondes confondues, (donc du point de vue de l’énergie) on a :
α = 0,06 ρ = 0,07 τ = 0,87
Si on regarde le verre du point de vue de la lumière (en ne considérant que le rayonnement visible), on a :
α = 0,01 ρ = 0,08 τ = 0,91
Si
τ
est important, le corps est transparentSi
τ = 0
le corps est opaqueSi
α
est important, le corps est absorbantSi
ρ
est important, le corps est réfléchissantOn définit un corps noir (théorique, absorbe totalement le rayonnement incident) quand
α = 1
7.4. Comportement d’un corps émetteur
Chaque point P d’une surface émet un rayonnement Dans dans un angle solide.
Le corps émet une densité de flux (W / m2) que l’on nomme émittance énergétique H
Première loi de Kirchhof :
L’émittance énergétique totale ou monochromatique d’un corps noir (H0) ne dépend que de la température absolue T de ce dernier.
Seconde loi de Kirchhof :
L’émittance énergétique totale d’un corps quelconque dépend du facteur d’émissionou
émissivité (
ε
sans dimension) totale ou monochromatique (ε λ
) du corps : H =ε.
H0(W / m2) Hλ
=ε λ .
H0λ
(W / m2)Il a été démontré (et c’est étonnant !) que l’émissivité d’un corps est égale à son absorptivité
ε = α
et donc queε λ = α λ
7.4. Comportement d’un corps émetteur
Loi de Stefan-Boltmann :
Elle définit l’émittance totale d’un corps quelconque:
H =
ε. σ .
T4 (W / m2) avec la constante de Stefanσ
= 5,67.10-8 [ W/m2(°K)4 ]L’émissivité d’un corps est mesurable, ainsi que sa température.
Par exemple, l’émissivité du béton aux températures courantes ( environ 300 °K ) est
ε
= 0,9 En conséquence à 20°C : 273 + 20 = 293°K L’émittance énergétique du béton estH = 0,9 x 5,67.10-8x 2934 = 376 W / m2
Cette valeur est importante… On devrait être chauffé naturellement alors par la présence de matériaux ! Mais c’est oublier que notre corps émet aussi et que seul le bilan de ce qui est reçu et perdu compte pour notre confort…
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.5. Echanges par rayonnement entre deux corps à des T°C courantes
Simplification pour l’architecture aux échanges entre deux corps, l’un de taille relativement faible étant contenu dans l’autre de surface d’émissivité interne élevée.
On peut simplifier les échanges de chaleurs en densité de flux [ W / m2 ] pour des corps ayant des T°C proches :
ϕ r
=K r . ∆ T
[ W / m2] = [ W / m2. °C ] [ °C ]
Krétant la conductance par rayonnement égale à :
• Pour deux plans parallèles :
K
r= 4 σ (T
13/ ( 1/ ε
1+ 1/ ε
2-1 ))
• Pour un corps contenu dans un autre absorbant :
K
r= 4 σ ε
1T
13 T1 en [°K]Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.6. Rayonnement solaire et rayonnement aux
températures courantes
Emittances spectrales du soleil et des
matériaux aux
températures courantes
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.6. Rayonnement solaire et rayonnement aux températures courantes
Emittances spectrales du soleil et des matériaux aux températures courantes permet de distinguer deux cas :
•Le rayonnement solaire (RS) de courtes longueurs d’onde (1% UV, 53% visible, 46% IR proche)
•Le rayonnement infrarouge (RIR) de grandes longueurs d’onde émis par les corps aux températures courantes.
Pour les échanges qui intéressent l’architecture (RS lors des périodes ensoleillées, RIR de l’environnement) :
• α
RS( ε
RX n’ayant pas d’intérêt pour nous)• α
RIR= ε
RIR(α = ε
étant toujours vrai)
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.6. Rayonnement solaire et rayonnement aux températures courantes
Les corps ont en général un comportement différent aux deux types de rayonnement (RS et RIR).
Ils sont dits sélectifs.
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.7. Propriétés radiatives des matériaux
Point C : corps noir
Point A : anti-corps noir
Point B : corps sélectif froid
Point D : corps sélectif chaud
Pour les matériaux opaques :
α
: Le facteur d’absorptionρ = 1 - α
: Le facteur de réflexionτ = 0
: Le facteur de transmissionPour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.7. Propriétés radiatives des matériaux (surface)
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.7. Propriétés
radiatives
des matériaux
7.8. Cas des corps transparents : l’effet de serre
Si on observe la transmitivité de certains matériaux dit transparents, on voit que ces matériaux sont :
-transparents pour les faibles longueurs d’onde (RS)
-quasiment opaque pour les grandes longueurs d’onde (RIR)
Donc :
α
RIR= ε
RIR grandτ
RIR très faibleα
RS grandτ
RS grandPour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.8. Cas des corps transparents : l’effet de serre
Cette propriété est à l’origine de ce que l’on appelle l’effet de serre.
Pour en savoir plus : Pierre Lavigne, Architecture climatique, Tome 1, Edisud, 1994
7.8. Cas des corps transparents : l’effet de serre
Application, les murs trombes,les panneaux solaires, les serres, mais tout simplement aussi les grandes ouvertures au sud l’hiver pour une maison.
Pour en savoir plus sur l’effet de serre et les changements climatiques :
Gérard Lambert, La terre chauffe-t-elle ?, Edition EDP Sciences, Les Ulis, 2001