La Revue Indépendante des Professionnels du Développement
#469 - Lundi 23 Mai 2022
60 millions de déplacés dans le monde
L'Hebdomadaire
POLLUTION
Toujours neuf millions de décès prématurés
COVID-19 Le Corée du Nord
déploie l’armée
Monde Afrique
Conflit en Ukraine
"La guerre des céréales"
MALI
La junte quitte le G5 Sahel, entrave les missions de l'ONU et reçoit le soutien de Moscou
Corne de l'Afrique
"Personne n'a besoin
d'aide de manière plus
urgente"
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3 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L’
armée nord-coré-enne a intensifié la distribution de médicaments des- tinés à lutter contre l’épidémie de Covid-19, a annoncé mardi l’agence de presse officielle KCNA qui fait état de près de 2,6 millions de cas de “fièvre”
et 67 morts.
L’armée “a déployé en ur- gence ses puissantes forces dans toutes les pharmacies de la ville de Pyongyang et a commencé à fournir des médicaments dans le cadre d’un service proposé 24h/24”, a précisé KCNA.
Une photo de l’agence mon- tre des soldats marchant à proximité d’une longue file de camions vert olive.
Jeudi, près de 200.000 agents médicaux à travers le pays ont désinfecté plus de 100.000 lieux publics et instal- lations sanitaires, de même source.
Les autorités ont intensifié les campagnes de sensibilisa- tion dans les médias, et les laboratoires pharmaceutiques ont augmenté la production de médicaments, a encore affirmé KCNA.
Elles ont intensifié la pro- duction de médicaments anti- pyrétiques et de thermomètres, notamment, ont rapporté jeudi les médias d’Etat.
Kim Jong Un dénonce les autorités sanitaires
Kim Jong Un a vivement critiqué son gouvernement et les autorités sanitaires pour leur gestion de l’épidémie et a fustigé les fonctionnaires.
Présidant une réunion du Parti mardi, le leader a jugé qu’il y avait “un manque de ma- turité dans la capacité de l’Etat à faire face à la crise” et a dé- noncé “l’attitude non positive, la mollesse et l’inactivité des hauts responsables de l’Etat”, d’après l’agence officielle.
Lors de la réunion, Kim
La Corée du Nord déploie l'armée
Jong Un a promis de “réveiller l’ensemble du Parti comme un volcan actif” pour contrer la propagation du virus.
Depuis que le pays a annoncé
son premier cas de Covid jeudi 12 mai, le dirigeant a pris per- sonnellement en main la lutte contre l’épidémie, qui, selon lui, provoque “de grands boule- versements” dans le pays.
ONU, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis offrent
leur aide
L’OMS a réitéré mercredi son offre d’assistance, allant des vaccins aux équipements médicaux.
“L’OMS est profondément inquiète du risque que le Covid- 19 ne se propage encore da- vantage à travers le pays, tout particulièrement parce que la population n’est pas vaccinée et que nombre de personnes souf- frent d’antécédents médicaux qui leur font courir le risque de développer une forme grave de la maladie”, a mis en garde le patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
D’après les experts, le pays ne dispose d’aucun traitement contre le Covid-19 et n’a pas les capacités de tester massive-
ment sa population.
“Nous encourageons les autorités de la RPDC (Républi- que populaire démocratique de Corée) à prendre langue
d’urgence avec l’ONU pour ouvrir des canaux humani- taires” et “faciliter le retour du staff international de l’ONU et d’autres organisations en Corée du Nord, pour pouvoir aider à faire parvenir l’aide aux plus vulnérables ainsi que ceux vivant dans les zones rurales et frontalières”, a plaidé le Haut- commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.
La Haute-commissaire Mi- chelle Bachelet a appelé la communauté internationale à alléger les sanctions con- tre Pyongyang “pour faciliter l’aide humanitaire d’urgence et l’assistance liée au Covid”.
Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont proposé leur aide.
“Les deux dirigeants expri- ment leur préoccupation con- cernant la récente épidémie de Covid-19” en Corée du Nord et “sont prêts à travailler avec la communauté internationale pour fournir une assistance” à Pyongyang, selon un commu- niqué conjoint publié samedi à l’issue d’un sommet à Séoul entre les présidents américain Joe Biden et sud-coréen Yoon Suk-yeol.
“Nous avons offert des vac- cins, pas seulement à la Corée du Nord mais aussi à la Chine, et nous sommes prêts à faire cela immédiatement”, a déclaré M. Biden lors d’une conférence de presse à Séoul.
Pour l’heure, les autorités de Pyongyang ne semblent pas avoir répondu aux appels.
“Nous n’avons pas obtenu de réponse”, a dit M. Biden.
Depuis le début de la pan- démie, initialement détectée en Chine fin 2019, le régime nord-coréen a rejeté les offres de vaccination de la Chine, de la Russie et de l’OMS.
Toutefois, trois avions cargo nord-coréens ont été vus sur le tarmac de l’aéroport chinois de Shenyang pour recevoir des fournitures médicales, a rap- porté l’agence sud-coréenne Yonhap, suggérant que Pyong- yang ait donné suite à l’offre d’assistance de son voisin et allié chinois.
Le JD avec agences
T E M P S F O R T S
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déployé l’armée pour aider à lutter contre le nouveau coronavirus, après avoir ordonné un confinement national, dans un pays où la population n’est pas vaccinée.
KCNA
Le leader nord-coréen Kim Jong Un
Covid-19
Le HaUt-COmmissariat de L’ONU aUx drOits de L’HOmme s’est dit “profondément inquiet” de l’effet de l’épidémie.
“Les dernières restrictions en date, dont la mise à l’isolement strict des gens et de nouvelles restrictions aux déplacements, vont avoir de graves conséquences pour ceux qui ont déjà du mal à répondre à leurs besoins élémentaires”, a déclaré Elizabeth Thros- sell, porte-parole du Haut-commissariat.
Elle a encouragé les autorités nord-coréennes à s’assurer “que les mesures prises pour lutter contre la pandémie soient indis- pensables, proportionnées, non discriminatoires, limitées dans le temps et respectent la législation internationale sur les droits de l’homme”.
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4 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L
es fermetures d’écoles pendant la pandémie de Covid ont nui aux savoirs des enfants dans de nombreux pays du G20 et pourraient avoir un im- pact économique durable avec potentiellement une baisse de 3% du PIB dans les économies avancées, estime le FMI.De récentes évaluations d’écoliers, collégiens, lycéens et étudiants montrent que l’enseignement virtuel générali- sé pendant la pandémie s’est soldé par des niveaux scolaires en baisse comme en Inde, en Al- lemagne, au Royaume Uni ainsi qu’au Brésil et aux Etats-Unis, où certains établissements sont restés fermés pendant plus d’un an.
“Si ces pertes d’apprentissage
La fermeture des écoles pourrait avoir un impact économique durable
ne sont pas comblées, les étu- diants concernés pourraient connaître une baisse de leurs revenus à vie”, a prévenu mardi
le Fonds monétaire interna- tional (FMI).
Les économistes de l’institu- tion de Washington sont partis du constat que les étudiants
d’aujourd’hui représenteront près de 40% des populations en âge de travailler dans les économies du G20 pendant des
décennies.
“Bien qu’il y ait encore beau- coup d’inconnues, nos simula- tions montrent que, une fois que tous ces étudiants seront sur le
marché du travail, le produit intérieur brut des économies avancées du G20 pourrait être inférieur de 3% à long terme”
par rapport aux estimations qui avaient été faites avant la pandémie.
Baisse des revenus
“à vie”
Sans surprise, ce sont les plus pauvres qui ont subi les pires pertes d’apprentissage avec des perspectives qui “pour- raient être particulièrement diminuées, creusant encore les inégalités de revenus”.
“Les estimations suggèrent que si l’apprentissage inachevé pendant la pandémie n’est pas corrigé, il pourrait se traduire par des pertes de revenus de 1,5% à 10% au cours de la vie pour les personnes” des pays du G20.
T E M P S F O R T S
L
e Togo a rouvert mardi ses fron- tières terrestres avec le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso, fermées depuis plus de deux ans à cause de l’épidémie de coronavirus, a annoncé le gouvernement.“La circulation est donc libre pour les voyageurs sous réserve
Le Togo rouvre ses frontières terrestres après deux ans de fermeture
de la présentation d’une preuve de vaccination”, précise un communiqué.
“maintien de la vigilance”
Les autorités invitent toute- fois la population au “main- tien de la vigilance, au respect des mesures barrières et à l’adhésion à la campagne vac- cinale en cours”.
Les autorités avaient fermé les frontières terrestres le 20 mars 2020.
Ces derniers mois, plusieurs organisations de la société civile et des partis d’opposition avaient appelé à de nombreuses reprises le gouvernement à revenir sur cette mesure restric- tive, les cas de contamination ayant drastiquement baissé.
Fin août 2021, plusieurs je-
unes Togolais avaient manifesté à la frontière entre le Togo et le Ghana pour exiger la réouver- ture des frontières.
Depuis début mai, le pays n’a enregistré que 32 nouveaux cas de coronavirus et aucun nouveau décès.
Le Togo compte 37.000 cas, dont 273 décès depuis le début de la pandémie, selon les chif- fres officiels. Agences
Xinhua
Une école à Yaoundé, au Cameroun
Covid-19
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5 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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P
rès d’un enfant s u r d i x d a n s l e m o n d e e s t obligé de tra- vailler, a rappelé vendredi l’Organisation interna- tionale du travail, lors de la 5e Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, redoutant une aggravation avec la crise du Covid.“Le travail des enfants a été exacerbé par la pandémie de Covid-19. Un grand nombre ont abandonné l’école et se sont retrouvés sur le marché du tra- vail”, a déclaré lors des conclu- sions Max Conteh, secrétaire général du Sierra Leone Labour Congress et représentant des syndicats lors de la conférence organisée par l’OIT pendant cinq jours à Durban (est de l’Afrique du Sud).
“risquer notre vie pour aider nos familles”
Selon les dernières statis- tiques de l’ONU datant de 2020, 160 millions d’enfants travaillent, un chiffre qui a
La lutte contre le travail des enfants menacée par la pandémie
augmenté de 8,4 millions en quatre ans. La moitié d’entre eux sont engagés dans des travaux mettant en danger leur santé physique et mentale.
“Les conséquences de la pandémie de Covid-19, des
conflits armés et des crises alimentaires, humanitaires et environnementales menacent d’annuler des années de progrès contre le travail des enfants”, a mis en garde l’OIT.
Ashely a travaillé dans les champs, vendu des objets dans la rue et aussi tenté de gagner
de l’argent en fabriquant des vêtements. Cette adolescente guatémaltèque dont le nom de famille n’a pas été dévoilé, fait partie des 59 enfants de dix pays qui ont témoigné lors de la conférence.
“La pauvreté nous pousse, nous enfants travailleurs, à sortir de nos maisons et ris- quer notre vie pour aider nos familles”, a-t-elle expliqué.
Le travail des enfants a par- ticulièrement augmenté chez les 5-11 ans, selon l’OIT.
“Derrière chaque chiffre, il
y a une fille, il y a un garçon comme les autres qui veut apprendre, jouer, être soigné, grandir et pouvoir obtenir un emploi une fois adulte. On leur refuse les droits les plus élémentaires à la protection.
C’est intolérable et moralement inacceptable”, a martelé Gilbert Houngbo, récemment élu à la tête de l’OIT.
agriculture
La conférence était pour la première fois organisée en Afrique où le nombre d’enfants qui travaillent est le plus élevé.
“La plupart du travail des en- fants sur le continent - environ 70% - se fait dans l’agriculture, souvent dans des contextes où les enfants travaillent aux côtés de leur famille”, selon l’OIT.
La conférence a lancé un ap- pel à l’action pour notamment mettre fin au travail des enfants dans l’agriculture, assurer le droit à l’éducation et l’accès à la protection sociale.
L’ONU a pour objectif d’éli- miner le travail des enfants d’ici 2025 et le travail forcé d’ici 2030.
T E M P S F O R T S
Covid-19
Xinhua/Archives
Des enfants travaillent dans une menuiserie à Conakry, en Guinée
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6 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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T E M P S F O R T S
L'ONU appelle la Russie à libérer les exportations des céréales ukrainiennes
L
e secrétaire gé- néral de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mercre- di la Russie à libérer les exportations de céréales ukrainiennes, et l’Occident à ouvrir l’accès des engrais russes aux marchés mon- diaux, afin de pouvoir lut- ter efficacement contre la crise alimentaire mon- diale.“La Russie doit permettre l’exportation sûre et sécurisée des céréales stockées dans les ports ukrainiens”, a-t-il lancé lors d’une réunion ministérielle organisée à New York par les Etats-Unis.
“Des voies de transport al- ternatives” à la sortie maritime de ces céréales, remplissant notamment des silos à Odessa,
“peuvent être explorées - même si nous savons que cela ne suffi- ra pas à résoudre le problème”, a-t-il ajouté.
Dans le même temps, “la nourriture et les engrais russes doivent avoir un accès complet et sans restriction aux marchés mondiaux”, a réclamé le chef de l’ONU.
des implications
“complexes”
Ces engrais ne sont pas soumis aux sanctions occiden- tales décidées contre Moscou après l’invasion le 24 février de l’Ukraine, mais la Russie a dé- cidé d’en arrêter l’exportation.
Leur achat par des pays étran- gers peut par ailleurs être blo- qué par les mesures prises contre le système financier
russe, expliquent des diplo- mates.
Antonio Guterres négo- cie sur ces deux sujets depuis plusieurs semaines avec la Russie, l’Ukraine, les Etats- Unis, l’Union européenne et la Turquie.
“J’ai bon espoir, mais il reste encore du chemin à parcourir.
Les implications sécuritaires, économiques et financières complexes exigent de la bonne volonté de toutes les parties”, a-t-il déclaré, refusant d’en dire plus pour ne pas compromettre les chances d’un accord.
Pour lui, “il n’y a pas de solu- tion efficace à la crise alimentaire sans réintégrer dans les marchés mondiaux, malgré la guerre, la production alimentaire de l’Ukraine, ainsi que la nourriture et les engrais produits par la Russie et le Bélarus”.
En ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie améri- caine, Antony Blinken, a précisé que “22 millions de tonnes” de céréales se trouvaient dans des
silos de l’Ukraine, ne deman- dant qu’à être exportées.
Les Etats-Unis ont décidé de débloquer “215 millions de dollars supplémentaires” pour la lutte contre l’insécurité ali- mentaire, a-t-il aussi annoncé.
La “guerre des céréales”
Mettant en garde contre le “spectre de pénuries ali- mentaires mondiales dans les mois à venir”, Antonio Gu- terres a estimé que la guerre en Ukraine avait amplifié et ac- céléré les facteurs contribuant à
la crise alimentaire mondiale:
changements climatiques, pan- démie de Covid-19 et inégalités croissantes entre pays riches et pauvres.
Selon M. Guterres, “en seulement deux ans, le nom- bre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire grave a doublé, passant de 135 mil- lions avant la pandémie à 276 millions aujourd’hui”.
“Si vous avez un coeur, ou-
vrez ces ports d’Ukraine (...) pour nourrir les pauvres”, a imploré le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, en s’adressant à la Russie, non invitée à la réunion.
Parmi les autres interve- nants, le Sénégal, à la tête de l’Union africaine, a appelé à
“libérer les stocks de céréales dans le monde” tandis que l’Allemagne, présidente en exercice du G7, a accusé la Russie d’avoir “déclenché une guerre des céréales”.“Arrêtez de bloquer les ports de la mer
Noire! Autorisez la libre circu- lation des navires, des trains et des camions transportant de la nourriture hors d’Ukraine”, a lancé Antony Blinken.
“Nous exigeons que la Russie (...) débloque les ports ukrai- niens, restaure la liberté de navigation et permette aux na- vires de commerce de passer”, a renchéri Serhii Dvornyk, de la mission ukrainienne à l’ONU.
Le JD avec AFP
FAO/Archives
Un camion décharge des céréales en Ukraine
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7 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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S
elon une source diplo- matique occidentale, environ 20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées en Ukraine, dans des silos ou déjà embarquées, et les plans mis en place pour les évacuer par la route ou le train ne sont pas viables pour de telles quantités.Depuis plusieurs jours, l’idée de trouver un accord pour définir des corridors navals est donc poussée par certains diplomates et experts.
escorter les cargos
“De concert avec l’ONU, nous oeuvrons pour créer un sauf-conduit pour les navires ukrainiens transportant des céréales”, a déclaré mercredi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu à New York. “Nous allons créer un groupe de contact pour tous ces dossiers humanitaires”.
“Cela vaut la peine d’envisager un système d’escorte pour les bâtiments de commerce ukrai- nien (et d’autres pays) qui veu- lent entrer et sortir d’Odessa.
Ce serait similaire à l’opéra- tion ‘Volonté sincère’ protégeant les bâtiments marchands dans le Golfe pendant la guerre Iran- Irak dans les années 1980”, a estimé dans une tribune sur Bloomberg l’ancien amiral américain James Stavridis.
Vers un corridor naval à Odessa ?
Mais, “il faudrait un tel ac- cord diplomatique...”, soupire, pessimiste, une source diplo- matique occidentale.
Plus optimiste, le chercheur François Heisbourg avance
pour sa part qu’“il pourrait être difficile (pour la Russie) de résister à la pression poli- tique des pays d’Afrique et du Moyen-Orient dépendants” des céréales ukrainiennes.
déminage
Une fois un hypothétique ac- cord atteint, l’épineuse question des mines va se poser.
“Tous les ports roumains et bulgares sont engorgés. Actuel- lement, il y a peu de circulation maritime en mer Noire. Entre autres raisons, à cause de l’effet qu’a produit la découverte de mines. Actuellement, on en
est à une petite dizaine, donc la menace est importante”, explique le porte-parole de la Marine française, le capitaine de vaisseau Eric Lavault.
“On ne connaît pas le plan
de minage, c’est un vrai sujet”, relève-t-il. “Donc il faut en- voyer une force de guerre des mines”, avec des bâtiments de lutte anti-mines, mais aussi de protection aérienne et navale vu le contexte, même en cas de mandat de l’ONU.
“Cela prendrait des jours à des semaines”, ajoute-t-il.
“C’est comme faire une route, pour que les bateaux puis- sent se croiser, et des zones de mouillage pour stationner.
Donc toutes ces zones, il faut les déminer”.
L’amiral turc en retraite Deniz Kutluk pense lui que cela peut être fait en quelques jours
seulement. “Ce n’est pas très compliqué, il faut nettoyer un passage de 500 yards de large”, environ 450 mètres, juge-t-il.
Selon les experts interrogés, la Russie elle-même ou la Tur- quie pourraient remplir cette mission. Une chose est sûre pour M. Kutluk, “personne hors des pays riverains de la mer Noire ne sera autorisé” à franchir les détroits gardés par la Turquie et fermés en vertu de la convention de Montreux.
Quelle position de l’Ukraine ? Et si les Russes, maîtres de la mer Noire, acceptaient, il n’est pas garanti que les Ukrainiens se réjouissent de voir enlevées les mines protégeant Odessa, même s’il disposent d’autres moyens de défenses des côtes, avec leurs batteries de missiles et maintenant des canons de 155 mm donnés par les Oc- cidentaux.
“Si un passage est créé, il peut ensuite être utilisé pour at- taquer”, relève Deniz Kutluk.
Par ailleurs, fait remarquer Eric Lavault, “on remine très vite. Nous ignorons ce qu’il leur reste comme capacité, mais pour mouiller des mines, vous prenez un chalutier de pêche, deux poutres en métal comme rail, vous mettez les mines et en une nuit c’est bloqué”.
Le JD avec AFP
T E M P S F O R T S
Nicolas Lantoing
Le port d’Odessa en Ukraine, en 2020
Créer un corridor naval sûr pour permettre aux millions de tonnes de céréales coincées au port ukrainien d’Odessa d’aller nourrir le monde est une hypothèse tentante, mais extrêmement compliquée à mettre en oeuvre, expliquent diplomates et experts.
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8 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L
es nouvelles ressour- ces iront en majorité aux pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Eu- rope de l’Est et d’Asie centrale et du Sud pour soutenir leur agri- culture et “la protection sociale”, ainsi que pour favoriser des projets d’approvisionnement en eau et d’irrigation, a précisé l’institution dans un commu- niqué.La Banque mondiale rap- pelle par ailleurs qu’elle dispose de 18,7 milliards de dollars non utilisés qui vont aussi pouvoir être consacrés à des projets directement liés aux problèmes de sécurité alimentaire et nutri- tionnelle.
“Au total, cela représente plus de 30 milliards de dollars disponibles pour la mise en oeuvre de la lutte contre l’insé- curité alimentaire au cours des 15 prochains mois”, a relevé la Banque mondiale.
Hausse des prix alimentaires
“La hausse des prix alimen- taires a des effets dévastateurs sur les plus pauvres et les plus vulnérables”, a souligné le
Alimentation : La Banque mondiale va débloquer 30 milliards de dollars
président de la Banque mondia- le, David Malpass.
“Pour informer et stabiliser les marchés, il est essentiel que les pays fassent maintenant des déclarations claires sur les futures augmentations de pro- duction en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie”, a-t-il estimé.
Il recommande aux pays de
faire “des efforts concertés”
non seulement pour augmenter l’approvisionnement en énergie et en engrais, aider les agricul- teurs à accroître les plantations et les rendements des cultures, mais encore pour “supprimer
les politiques qui bloquent les exportations et les importations (...) ou encouragent le stockage inutile”.
Crises multiples Avant même la guerre en Ukraine, l’insécurité alimentaire avait été aggravée par les conflits, les crises climatiques
et les crises économiques.
L’an passé, 193 millions de personnes dans 53 pays se trou- vaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë, c’est-à-dire qu’elles ont eu besoin d’une aide urgente pour survivre,
selon les données de l’ONU.
La situation va empirer en raison de la guerre russo- ukrainienne, alertent les in- stitutions, alors que la Russie et l’Ukraine sont respective- ment premier et cinquième exportateurs mondiaux de blé, représentant à eux seuls 30% de l’approvisionnement mondial.
Et l’inquiétude grandit alors
que l’Inde, frappée par une cani- cule exceptionnelle, a annoncé une interdiction d’exportation du blé pour assurer la sécurité alimentaire de ses 1,4 milliard d’habitants.
D’après AFP
T E M P S F O R T S
FAO
Des ouvriers chargent des sacs de blé sur un camion, en Tanzanie
La Banque mondiale a annoncé mercredi qu’elle allait consacrer, au cours des 15 prochains mois, 12 milliards de dollars à de nouveaux projets destinés à répondre à la crise alimentaire dans le monde, qui a été aggravée par la guerre en Ukraine, en plus de 18 milliards déjà disponibles.
L
es pays du G7 ont promis vendredi de mobiliser 19,8 milliards de dollars pour soutenir les finan- ces de l’Ukraine fortement affectées par l’offensive russe, selon leur déclaration à l’issue d’une réunion des ministres des Finances en Allemagne.“En 2022, nous mobilisons 19,8 milliards de dollars d’aide bud-
Le G7 promet 20 milliards de dollars pour le budget de l'Ukraine
gétaire, dont 9,5 milliards de dollars d’engagements récents (...) afin d’aider l’Ukraine à combler son déficit financier et permettre la continuité des services de base au peuple ukrainien”, selon une déclaration conjointe.
Le document ne précise pas la contribution de chaque pays et organisation internationale à l’enveloppe totale, ni la proportion de prêts et aides directes. (Suite prochaine page) en UKraiNe
GUerre
9 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L
a Commissione u r o p é e n n e a proposé mercredi une “nouvelle as- sistance macrofinancière”
à l’Ukraine, d’un montant
“allant jusqu’à 9 milliards d’euros en 2022”, sous forme de prêts.
“Nous proposons de complé- ter l’aide à court terme significa- tive fournie jusqu’à présent par une nouvelle assistance macro- financière exceptionnelle pour l’Ukraine d’un montant allant jusqu’à 9 milliards d’euros en 2022”, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Déficit de 14,3 milliards d’euros
L’assistance macrofinan- cière (AMF) est une aide que l’UE fournit à des pays voisins confrontés à de graves problè- mes de balance des paiements, en complément de celle du Fonds monétaire international (FMI).
Le FMI a évalué à 14,3 milliards d’euros le déficit de
L'Union européenne étudie une nouvelle aide allant jusqu'à 9 milliards d'euros
la balance des paiements de l’Ukraine.
Cette aide doit faire l’objet d’une approbation par le Par- lement européen et les Etats membres. Elle est soumise à des conditions, notamment le respect des droits humains et un fonctionnement démocra- tique.
Le gouvernement ukrainien estime avoir besoin de cinq mil- liards de dollars par mois pour continuer à faire fonctionner son économie, a rappelé le ministre des Finances Serguiï Martchen- ko, en demandant aussi aux donateurs internationaux de réfléchir au financement de la future reconstruction du pays.
L’Union européenne a déjà mobilisé près de 4,1 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine dans le domaine économique, social et financier, selon l’exécu- tif européen.
reconstruction L’UE a également fourni une aide militaire de 1,5 milliard d’euros, à laquelle doit s’ajouter une tranche de 500 millions.
Sur le long terme, la prési-
dente de l’exécutif européen a également évoqué la question de la reconstruction du pays, soulignant que “l’Union a une responsabilité et un intérêt stratégique à mener cet effort”
qui devra aussi associer des donateurs et des institutions
financières internationales.
Ce plan de reconstruction, qui combinera investissements et réformes (lutte contre la cor- ruption, indépendance de la jus- tice...), aidera l’Ukraine “à faire son chemin vers l’Europe”, a
expliqué Mme von der Leyen.
Pour le mener à bien, elle a proposé la création d’une
“plateforme de reconstruc- tion”, pilotée par l’Ukraine et la Commission, pour “assurer une synergie maximale entre tous les efforts”.
Pour financer cette recons- truction, la Commission a évo- qué l’option d’un emprunt commun, sur le modèle du plan de relance post-Covid mis en place par les Vingt-Sept en 2021. AFP
Xinhua
Ursula von der Leyen
G7
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Sur la somme de 19,8 milliards de dollars, la part de 9,5 mil- liards a été sécurisée au terme des discussions qui se sont tenues durant deux jours entre les grands argentiers du G7.
“Les liquidités de l’Ukraine sont garanties pour les temps prochains”, a précisé le ministre allemand des Finances au cours d’une conférence de presse.
Ministres et banquiers centraux des sept puissances industri- elles (Etats-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni,
Allemagne) étaient réunis dans la ville allemande de Köningwinter pour réunir des fonds destinés à aider l’Etat ukrainien.
L’urgence était essentiellement de fournir des liquidités au bud- get de Kiev pour le trimestre en cours alors que le conflit provoque un effondrement des rentrées d’argent.
Les Etats-Unis doivent contribuer à hauteur de 7,5 milliards de dollars, pris sur la colossale enveloppe d’aide de 40 milliards que le Congrès américain a validé jeudi.
“Nous continuerons à nous tenir aux côtés de l’Ukraine pendant (...), et nous sommes préparés à faire plus que ce qui est néces- saire”, ont assuré vendredi les représentants du G7.
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L
e procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mardi le déploiement en Ukraine d’une équipe de 42 enquêteurs et experts, soit la plus importante mis- sion en termes d’effectifs jamais envoyée sur le ter- rain, afin d’enquêter sur les crimes commis pendant l’invasion russe.“Je confirme qu’aujourd’hui, mon bureau a envoyé une équipe composée de 42 enquêteurs, ex- perts en criminalistique et autre personnel d’appui en Ukraine”, a déclaré dans un communiqué
La CPI dépêche 42 enquêteurs et experts
Karim Khan, ajoutant qu’il s’agissait de “la plus importante mission en termes d’effectifs jamais déployée sur le terrain en une seule fois”.
Crimes de guerre, crimes contre l’humanité Le procureur de la CPI, créée en 2002 pour juger les pires crimes commis dans le monde, a ouvert le 3 mars une enquête sur des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Ukraine, après avoir reçu le feu vert de près de 40 Etats parties.
M. Khan s’est rendu en Ukraine en avril, notamment
dans la banlieue de Kiev, à Boutcha , où au moins 20 corps ont été découverts le 2 avril.
“Grâce au déploiement d’une
équipe d’enquêteurs, nous se- rons mieux à même d’exploiter les pistes et de recueillir les
témoignages se rapportant à des attaques militaires qui pourraient être constitutives de crimes visés dans le Statut
de Rome”, traité fondateur de la CPI, a-t-il indiqué.
AFP
PNUD
Une voiture détruite dans une rue de Boutcha
R
eporters sans frontières a ou- vert un deuxiè- me “centre de la liberté de la presse” en Ukraine, à Kiev, deux mois après un premier à Lviv, a annoncé mercredi l’ONG, qui a déjà fourni 440 gilets pare-balles aux journalis- tes couvrant l’invasion russe.Cette nouvelle antenne “per- mettra de développer encore”
les activités de “distribution de casques et de gilets pare-balles, entre autres, et de formation”
à destination des reporters sur place, ukrainiens ou non, selon un communiqué de RSF.
rsF “en première ligne”
Le centre est installé “dans les locaux de l’organisation partenaire de RSF, l’Institute of Mass Information (IMI, institut d’information de masse)” au 39,
RSF ouvre un deuxième centre d'aide aux journalistes, à Kiev
rue Pushkinska, au centre de la capitale, est-il précisé.
De quoi permettre à l’ONG d’“être en première ligne pour protéger” la profession, selon le coordinateur du centre, Al- exandre Query, cité dans le communiqué.
“Tout journaliste accrédité auprès des forces armées, se rendant dans une zone à risque, peut emprunter du matériel à Lviv (dans l’ouest du pays, ndlr), et désormais à Kiev, en contactant [email protected]”, explique RSF.
Le premier centre avait été ouvert le 9 mars dans le but notamment de regrouper les équipements de protection qui faisaient alors défaut.
Outre la distribution de 440 gilets pare-balles, l’ONG reven- dique “à ce jour” l’achemi- nement “de 199 casques, de 630 kits de premiers secours traumas et de 250 batteries ex- ternes à énergie solaire”.
“Au moins 180 journalistes
et autres acteurs de l’informa- tion ont bénéficié de prêts (d’équipements) par le Centre pour la liberté de la presse, dont 40% de nationalité ukrainien- ne”, ajoute l’ONG.
Ses partenaires locaux, l’IMI et l’Union nationale des jour- nalistes d’Ukraine (NUJU), ont également reçu “210 gilets et 125 casques”, détaille RSF.
Au moins sept journalistes
ont été tués en Ukraine depuis le début du conflit le 24 fé- vrier.
En mars, l’Unesco avait an- noncé qu’elle fournirait un pre- mier lot de 125 casques et gilets
pare-balles siglés “presse” aux reporters sur place, en s’appu- yant sur le centre de RSF à Lviv et sur la Fédération internatio- nale des journalistes.
AFP
T E M P S F O R T S
RSF
Le “centre de la liberté de la presse” de RSF à Lviv
en UKraiNe GUerre
11 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S
Monde
L
es personnes dépla- cées internes étaient 59,1 millions en 2021, dont près de la moitié avaient moins de 18 ans, selon l’Internal Displacement Moni- toring Centre (IDMC) et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).D’année en année, ce chiffre - qui ne tient donc pas compte des réfugiés à l’étranger - ne cesse de croître et un nouveau record devrait être établi en 2022 en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a commencé le 24 février.
Il s’agit du deuxième chif- fre annuel le plus élevé en dix ans, derrière 2020, qui avait enregistré un nombre record de déplacements dus à une série de catastrophes naturelles.
“L’année 2022 s’annonce sombre”, avec notamment la guerre en Ukraine, a alerté la directrice de l’IDMC, Alexandra Bilak.
“Le monde s’écroule”
Plus de huit millions de per- sonnes étaient ainsi déplacées à l’intérieur de l’Ukraine, plus de deux mois après l’invasion du pays par la Russie, selon l’ONU.
La situation dans le monde
“n’a jamais été aussi mauvaise”, a observé le secrétaire général du NRC, Jan Egeland, qui as-
60 millions de déplacés dans le monde
sure que “le monde s’écroule”.
“La situation aujourd’hui est réellement incroyablement bien pire que ce que notre chiffre record suggère. Nous avons besoin que les dirigeants mondiaux opèrent un change- ment titanesque de leur mode de pensée pour éviter et régler les conflits, afin de mettre fin à cette montée en flèche de la
souffrance humaine”, a-t-il plaidé.
L’Afrique subsaharienne est la région qui a enregistré le plus grand nombre de dé- placements internes en 2021 (de nombreuses personnes se déplaçant plusieurs fois), dont plus de cinq millions rien qu’en Ethiopie, un pays en proie à une grave sécheresse et où un conflit a éclaté fin 2020 dans la région du Tigré. Il s’agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays.
Des chiffres sans précédent ont également été enregistrés l’an passé en République dé-
mocratique du Congo et en Afghanistan, où le retour au pouvoir des talibans conjugué à la sécheresse a poussé de nombreuses personnes à fuir leur foyer.
En Birmanie, où les mili- taires ont pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat en février 2021, le nombre des déplace- ments a également atteint un
niveau record.
Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont en revanche enre- gistré les niveaux les plus bas de nouveaux déplacements en dix ans, les conflits en Syrie, en Libye et en Irak ayant connu une certaine désescalade, mais le nombre total des personnes déplacées dans la région reste élevé.
Ainsi, la Syrie comptait tou- jours le plus grand nombre de personnes déplacées internes en raison d’un conflit, soit 6,7 millions fin 2021. Viennent ensuite la RDC (5,3 millions) et la Colombie (5,2 millions), ainsi
que l’Afghanistan et le Yémen (4,3 millions chacun).
Catastrophes naturelles
Bien que les personnes dé- placées par les conflits soient toujours plus nombreuses, les catastrophes naturelles rest- ent la raison principale pour laquelle les gens se voient obli- gés de fuir de chez eux (23,7 millions de déplacements en 2021).
Pas moins de 94% de ces déplacements ont été attri- bués à des catastrophes mé- téorologiques et climatiques, telles que les cyclones, les in- ondations et la sécheresse, des phénomènes toujours plus fréquents et plus intenses en raison du changement clima- tique.
70% des déplacements in- ternes liés aux désastres na- turels en 2021 ont été enregis- trés en Chine, aux Philippines et en Inde.
Mais, de plus en plus, conflits et catastrophes naturelles vont de pair, a relevé M. Egeland.
Dans des endroits comme le Mozambique, la Birmanie, la Somalie et le Soudan du Sud, les crises se chevauchent, ont un impact sur la sécu- rité alimentaire et aggravent la vulnérabilité de millions de personnes.
AFP
OCHA
Des enfants déplacés par la guerre en Syrie
Les conflits et les désastres naturels ont fait fuir des millions de personnes l’an dernier à l’intérieur même de leur pays, portant le nombre total des déplacés à un record de près de 60 millions, selon une étude rendue publi- que jeudi.
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12 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L
es concentrations de gaz à effet de serre, l’élévation du niveau de la mer, la tempéra- ture et l’acidification des océans ont tous établi de nouveaux records l’année dernière, a déclaré l’Organisation mé- téorologique mondiale (OMM) dans son “Etat du climat mon- dial en 2021”.Ce rapport est “une lita- nie lamentable de l’échec de l’humanité à lutter contre le dérèglement climatique”, a dé- noncé le chef de l’ONU, Antonio Guterres.
“Le système énergétique mondial est brisé et nous rap- proche de plus en plus de la ca- tastrophe climatique”, a mis en garde M. Guterres, exhortant à
“mettre fin à la pollution par les combustibles fossiles et accélé- rer la transition vers les énergies renouvelables avant d’incinérer notre seule maison”.
L’OMM a affirmé que l’activité humaine provoquait des changements à l’échelle planétaire: sur terre, dans l’océan et dans l’atmosphère, avec des ramifications néfastes et durables pour les écosys- tèmes.
Réchauffement Le rapport a confirmé que les sept dernières années avaient été les plus chaudes jamais enregistrées.
L e s p h é n o m è n e s m é - téorologiques liés à La Nina au début et à la fin de 2021 ont eu un effet refroidissant sur les températures mondiales l’année dernière. Mais malgré cela, 2021 reste l’une des années les plus chaudes jamais enregis- trées, avec une température
L'ONU met en garde contre une
"catastrophe climatique"
mondiale moyenne d’environ 1,11 degré Celsius au-dessus du niveau préindustriel.
L’Accord de Paris de 2015 sur le climat vise à limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C par rapport à l’ère pré- industrielle.
“Notre climat change sous nos yeux”, a averti le chef de l’OMM, Petteri Taalas. “La chaleur piégée par les gaz à effet de serre d’origine hu- maine réchauffera la planète pendant de nombreuses gé- nérations à venir. L’élévation du niveau de la mer, la chaleur et l’acidification des océans se poursuivront pendant des centaines d’années à moins que des moyens d’éliminer le carbone de l’atmosphère ne soient inventés”.
Quatre indicateurs clés du changement climatique “cons- truisent une image cohérente d’un monde en réchauffement qui touche toutes les parties de la planète”, indique le rapport.
Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau sommet mondial en 2020, lorsque la concentration
de dioxyde de carbone (CO2) a atteint 413,2 parties par million (ppm) dans le monde, soit 149%
du niveau préindustriel.
Les données révèlent qu’elles ont continué d’augmenter en 2021 et au début de 2022, la concentration mensuelle
moyenne en CO2 à Mona Loa à Hawaï atteignant 416,45 ppm en avril 2020, 419,05 ppm en avril 2021 et 420,23 ppm en avril 2022, d’après le rapport.
Le niveau moyen mondial de la mer a atteint un nouveau record en 2021, après avoir augmenté en moyenne de 4,5 millimètres par an de 2013 à 2021, poursuit le rapport.
Il avait affiché une hausse moyenne de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, l’augmentation entre les deux périodes étant
“principalement due à la perte accélérée de masse de glace des calottes glaciaires”, souligne le document.
La température de l’océan a aussi atteint un niveau re- cord l’année dernière, dépas- sant la valeur de 2020. On s’attend à ce que les 2.000 premiers mètres de profon-
deur de l’océan continuent de se réchauffer à l’avenir - “un changement irréversible sur des échelles de temps centenaires à millénaires”, note l’OMM, ajou- tant que la chaleur pénétrait toujours plus profond.
“Le projet de paix du 21e siècle”
L’océan absorbe environ 23% des émissions annuelles de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère. Bien que cela ralentisse l’augmentation des concentrations atmosphériques de CO2, ce dernier réagit avec l’eau de mer et conduit à l’acidification des océans.
Pendant ce temps, le rap- port montre que le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique est “exceptionnellement pro- fond et étendu” de 24,8 millions de kilomètres carrés en 2021, entraîné par un vortex polaire fort et stable.
Antonio Guterres a proposé cinq actions pour relancer la transition vers les énergies renouvelables “avant qu’il ne soit trop tard”: mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles, tripler les investisse- ments dans les énergies re- nouvelables, supprimer les formalités administratives, sécuriser l’approvisionnement en matières premières pour les technologies d’énergies renouvelables et faire de ces technologies - telles que le stockage sur batterie - des biens publics mondiaux librement disponibles.
“Si nous agissons ensemble, la transformation des éner- gies renouvelables peut être le projet de paix du 21e siècle”, a plaidé M. Guterres.
T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S
Monde
Xinhua
L’ONU appelle à tripler les investissements dans les énergies renouvelables
Quatre marqueurs clés du changement climatique ont battu de nouveaux records en 2021, a rapporté mercredi l’ONU, prévenant que le système énergétique mondial conduisait l’humanité à la catastrophe.
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13 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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Monde
Q
uatre ans après un premier rapport, la situation n’a pas évolué: environ une mort prématurée sur six dans le monde est liée à la pollu- tion, déplore la Commission sur la pollution et la santé du Lancet.La pollution et les déchets créés par les humains rejetés dans l’air, l’eau et le sol tuent rarement directement, mais sont à l’origine de graves mala- dies du coeur, de cancers, de problèmes respiratoires ou de diarrhées aiguës.
L’effet de la pollution
“bien plus important que celui de la guerre”
“Les effets sur la santé res- tent énormes et les pays à faible et moyen revenus en subissent le poids”, résume l’auteur prin- cipal et codirecteur de la com- mission Richard Fuller.
Ils concentrent en effet 92%
de ces décès et la majeure partie des pertes économiques qui en découlent.
“L’attention et le finance- ment n’ont que très peu aug- menté depuis 2015, malgré une augmentation bien docu-
La pollution fait toujours neuf millions de morts prématurées dans le monde
mentée des préoccupations du public en matière de pollution et de ses effets sur la santé”, déplore-t-il.
Si les décès prématurés liés aux types de pollutions as- sociées à l’extrême pauvreté sont en repli, ceux liés à la pollution de l’air et à la pollu- tion par produits chimiques augmentent.
“L’effet de la pollution sur la santé reste bien plus important que celui de la guerre, du ter- rorisme, de la malaria, du VIH, de la tuberculose, des drogues et de l’alcool, et le nombre de morts causées par la pollution rivalise avec celles causées par le tabac”, est-il souligné.
En 2019, 6,7 millions des morts prématurées étaient attribuables à la pollution de l’air, 1,4 million à la pollution de l’eau, 900.000 au saturnisme.
apprendre à se développer “d’une manière propre et
écologique”
“Le fait que la situation du plomb s’aggrave, principale- ment dans ces pays plus pau- vres, et s’accélère en termes de nombre de décès, est horrible”,
s’est inquiété M. Fuller.
Une exposition à la sub- stance toxique peut, par ail- leurs, générer des retards dans le développement cognitif des enfants.
Si la mortalité liée à la pollu- tion au sein du foyer (combus- tion de carburants ou problèmes
d’eau ou d’hygiène) a reculé, particulièrement en Afrique, les formes “modernes” de pollution pèsent largement plus qu’il y a vingt ans. En 2000, les décès prématurés liés à la pollution de l’air ambiant s’élevaient à
2,9 millions, et 4,5 millions en 2019.
Particules fines et ozone dans l’air, exposition au plomb, à des carcinogènes dans le cadre de son travail, pollutions chimiques dans l’environne- ment, gagnent du terrain, sur- tout en Asie.
“Si nous ne parvenons pas à nous développer d’une manière propre et écologique, alors ce que nous faisons est terrible- ment mauvais”, a insisté M.
Fuller.
AFP
Xinhua
Un nuage de pollution à New Delhi, en Inde
La pollution était responsable de la mort prématurée de neuf millions de personnes en 2019, selon une étude publiée mercredi dans la revue Lancet, un bilan qui ne s’améliore pas, principalement à cause de la mauvaise qualité de l’air et des polluants chimiques, plomb notamment.
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Monde
L’
AIHRC s’ajouteà la liste des ins- titutions fermées par les islamistes depuis leur retour au pouvoir en août dernier, dont la Commis- sion électorale et le ministère des Affaires féminines.
Elle était l’une des rares ins- tances à laquelle les Afghans pouvaient s’adresser ces vingt dernières années pour dénon- cer des exactions de la part des forces gouvernementales, des talibans ou d’autres groupes armés.
Elle publiait des études et communiqués sur la situation des droits de l’homme en Af- ghanistan jugés crédibles et ré- gulièrement cités par les médias et les experts du pays.
Victimes de la guerre
“Nous avons d’autres or- ganisations qui peuvent mener des activités sur les droits de l’homme, des organes liés au système judiciaire”, a déclaré le porte-parole adjoint du gou- vernement taliban, Inamullah
Afghanistan : Les talibans ferment la Commission des droits de l'Homme
Samangani, sans préciser les instances concernées.
L’AIHRC, qui recensait no- tamment depuis plus de vingt ans les victimes de la guerre, a cessé ses activités lorsque les talibans ont renversé le gouvernement soutenu par les Américains, qui se retiraient du pays. Les dirigeants de la commission avaient alors fui à l’étranger.
Plusieurs autres organes, dont le Haut conseil national pour la réconciliation, chargé de promouvoir la paix dans le pays, ont été fermés en même temps que l’AIHRC.
“Ces services ne sont plus considérés comme nécessaires, ils ont donc été dissous. Mais ils pourront reprendre une activité à l’avenir si on a besoin d’eux”, a ajouté M. Samangani.
L’ONU
“consternée”
“Il était très important (pour les Afghans) d’avoir une or- ganisation vers qui aller pour demander de l’aide ou réclam-
er justice”, a réagi Heather Barr, de Human Rights Watch (HRW) en jugeant “choquant de voir un pays revenir en ar- rière de cette manière”.
La plus haute responsable des droits de l’Homme à l’ONU, Michelle Bachelet, s’est dite
“consternée”.
“La Commission afghane
indépendante des droits de l’Homme a fait un travail ex- traordinaire dans des condi- tions extrêmement difficiles pendant de nombreuses an-
nées”, a souligné Mme Bache- let, Haute-commissaire aux droits de l’Homme, dans un communiqué.
AFP
Xinhua
Le porte-parole adjoint du gouvernement taliban Inamullah Samangani
Le régime taliban a annoncé mardi avoir dissous la Commission afghane indépendante des droits de l’Homme (AIHRC), un organisme qui surveillait notamment les violences commises contre la population, jugeant qu’elle n’était “plus considérée comme nécessaire”.
L'actualité en Afghanistan
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15 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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Présidence du BélarusLe président bélarusse Alexandre Loukachenko
L
e Bélarus a in- troduit la peine de mort pour prépa- ration d’attentat ou “tentative d’acte de terrorisme”, selon un dé- cret publié mercredi et cité par les agences russes, des accusations qui visent de nombreux militants de l’opposition, dont sa cheffe exilée.“Le président bélarusse Alex- andre Loukachenko a signé la loi prévoyant la possibilité de la peine de mort pour une tentative d’acte de terrorisme”, selon l’agence Ria Novosti, alors que jusqu’à présent seuls ceux ayant effectivement commis un tel acte étaient passibles d’exécution.
Depuis le vaste mouvement de contestation de 2020 contre la réélection de M. Loukachen- ko, au pouvoir depuis 1994, de nombreux opposants ont été inculpés et arrêtés pour tenta- tive ou préparation d’acte de terrorisme.
La cheffe de l’opposition visée
En mars 2021, le parquet bélarusse avait annoncé que la cheffe de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l’exil en 2020 par la répression
Le Bélarus introduit la peine de mort pour les "tentatives" de terrorisme
de la contestation, faisait elle même l’objet d’une enquête pour “préparation d’acte de terrorisme en bande organisée”, selon l’agence d’Etat bélarusse Belta.
Le Bélarus, une ex-républi- que soviétique alliée à la Russie, est le dernier pays d’Europe à encore appliquer la peine de mort. Le pays, qui procède à plusieurs exécutions chaque an- née, fusille ses condamnés.
Depuis la présidentielle de 2020, lors de laquelle Mme Tikhanovskaïa a mobilisé des foules immenses pour dénon- cer un scrutin truqué par M.
Loukachenko, les autorités ont donné un tour de vis considé- rable, arrêtant des centaines de personnes et forçant à l’exil de nombreux dirigeants de l’opposition ou simple mani- festants.
Plusieurs figures du mouve- ment ont été condamnées à de lourdes peines de prison.
Les ONG et médias indépen- dants ont été bannis et taxés d’extrémisme.
“menace directe”
Un nouveau procès de 12 militants de l’opposition s’est ouvert mercredi dans la ville de Grodno et leur dirigeant pré- sumé, Nikolaï Avtoukhovitch, est notamment accusé d’acte de
“terrorisme” et de préparation d’un acte de “terrorisme” en bande organisée, selon l’ONG de défense des droits humains Viasna, dont plusieurs mem- bres et le chef sont également en prison.
“C’est une menace direc- te contre les militants qui s’opposent au dictateur et à la guerre”, a commenté Svetlana Tikhanovskaïa.“J’appelle la communauté internationale à réagir: sanctionner les parle- mentaires et user de chaque outil pour empêcher des meurtres politiques”, a-t-elle ajouté.
Le Bélarus et ses dirigeants font déjà l’objet de nombreuses sanctions occidentales, d’une part à cause de la répression
qui y a décimé l’opposition et la société civile, d’autre part du fait du soutien à l’offensive russe contre l’Ukraine.
“Ces mesures sont celles d’un dirigeant autoritaire qui s’accroche au pouvoir par la
peur et l’intimidation”, a réagi le chef de la diplomatie améri- caine Antony Blinken dans un communiqué, accusant le prési- dent bélarusse de “continuer sa répression”.
Il a estimé que cela risquait de frapper “les militants prodé- mocratie et ceux qui s’opposent à la guerre menée par la Russie en Ukraine” et appelé une fois de plus à “la libération sans condi- tions de tous les prisonniers politiques”.
AFP
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16 - LE JOURNAL DU DEVELOPPEMENT N° 469 - Lundi 23 Mai 2022
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L
a demande d’Amnesty, soutenue par d’autres organisations de défense des droits humains, intervient à la suite de critiques répétées contre la lenteur de l’instance dirigeante du football à réagir contre les mauvaises conditions de travail des ouvriers qui ont afflué sur les chantiers liés au Mondial dans le riche Etat du Golfe.“Violations des droits humains”
“La Fifa devrait consacrer au moins 440 millions de dollars à la réparation des dommages subis par les centaines de mil- liers de travailleurs migrants victimes de violations des droits humains au Qatar pendant les préparatifs de la Coupe du monde 2022”, a déclaré Am- nesty dans un communiqué.
Selon Amnesty, cette som- me, qui correspond à la dota- tion que se partageront les 32 équipes participantes, est le
“minimum nécessaire” pour indemniser les travailleurs et les protéger de futurs abus.
L’organisation cite notamment les salaires impayés, le paie- ment de frais de recrutement
“illégaux” et “exorbitants” ainsi
Mondial 2022 : Amnesty demande
des dédommagements pour les ouvriers
que les dommages causés par les accidents du travail.
L’ONG basée à Londres a exhorté la Fifa à “travailler avec le Qatar pour mettre en place un programme de réparation complet avec la participation des ouvriers, des syndicats, de l’Organisation internationale du travail (OIT) et la société civile”.
Depuis 2010, date à laquelle la Fifa a attribué le Mondial 2022 au Qatar, une “litanie d’abus” entache les préparatifs sans que l’instance n’ait exigé
“la moindre amélioration des conditions de travail”, a accusé Amnesty.
réformes
Amnesty a néanmoins salué les réformes sociales décidées par le Qatar depuis 2018 et l’amélioration des conditions sur les chantiers officiels de la Coupe du monde. Mais selon l’ONG, ces règles ne sont pas toujours respectées et les abus persistent.
La Fifa a dit “procéder ac- tuellement à l’évaluation de la proposition d’Amnesty” et d’autres ONG, affirmant qu’elle
“implique un large éventail d’infrastructures publiques
construites (au Qatar) depuis 2010 qui ne sont pas néces- sairement liées à la Coupe du monde”.
Critiqué depuis qu’il s’est vu attribuer le premier Mondial de football dans un pays arabe, le
Qatar a mené d’importantes ré- formes, abolissant le système de parrainage faisant des salariés des quasi propriétés de leur em-
ployeur et instaurant un salaire minimum horaire.
AFP
T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S T E M P S F O R T S
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Amnesty International a demandé jeudi à la Fifa de verser une compensation d’au moins 440 millions de dol- lars aux ouvriers migrants “maltraités” au Qatar, pays hôte du Mondial 2022 de football accusé de ne pas suf- fisamment respecter leurs droits.