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La France mérite qu on se batte pour elle.

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Academic year: 2022

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La France mérite qu’on se batte pour elle.

Je veux la sauver avec un projet présidentiel à la fois ambitieux, concret et solide, fruit de milliers

de rencontres avec les Français et de centaines d’heures de travail avec des acteurs de terrain et

des experts reconnus.

Pour le porter, je suis entouré d’une équipe d’hommes et de femmes honnêtes, compétents,

gaullistes et patriotes.

Je suis candidat à la présidence de la République car je sais qu’une autre politique est possible.

Je suis le candidat de l’indépendance de la France et de la liberté des Français.

Je suis le candidat de la récompense du travail et du Produire en France.

Je suis le candidat de la reconstruction des services publics sur l’ensemble du territoire financée par une vraie lutte contre les gaspillages.

Je suis le candidat de l’ordre pour retrouver notre cohésion nationale.

Je suis le candidat qui veut préparer la France de 2050 en favorisant la recherche et en s’appuyant sur une écologie intelligente.

Oui, je veux une

France à nouveau debout, capable de défendre ses intérêts, d’affirmer ses

valeurs, de retrouver sa place dans le monde.

Mais seuls les Français pourront sauver la France.

Ils ont tant de fois su trouver le chemin du sursaut dans notre Histoire qu’ils ne peuvent pas se laisser gagner par la résignation.

Munis de leur bulletin de vote, ils peuvent reprendre en main leur destin.

Associés au pouvoir par l’usage du référendum, avec l’introduction du RIC et du référendum révocatoire, ils remettront enfin la politique sur les rails de l’intérêt général et de l’intérêt supérieur de la Nation.

Les Français à l’Elysée : voilà mon projet !

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Maire honoraire d’Yerres (91) Président de Debout la France Candidat à la présidence de la République

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2 Sommaire

Rendre aux Français leur liberté et à la France son indépendance

• Moraliser et refonder la vie publique

• Défense nationale : des armées aux services d'une France, indépendante, forte et respectée dans le monde

Europe : remplacer l’union

européenne par une communauté des nations libres et des projets a la carte

• Affaires étrangères : une certaine idée de la France

• Le grand partenariat entre la France et l'Afrique

Récompenser le travail et inciter à produire en France

• Economie : récompenser le travail et relocaliser

• Sciences et souveraineté industrielle et numérique : protéger nos savoirs, accompagner nos chercheurs et travailler sur les technologies émergentes

Reconstruire nos services publics sur tout le territoire pour garantir la justice sociale

• Santé : reconstruire d'urgence un système de soins d'excellence et accessible à tous

• Handicap : ouvrir notre société aux personnes en situation de handicap

• Dépendance et fin de vie : agir pour le grand âge et les aidants

• Retraites : pérenniser notre système de retraite et rendre leur dignité à nos retraites

• Repenser l'école de la république : l'excellence pour tous

• Enseignement supérieur : repenser le système

Culture et patrimoine : retrouver l’ambition au service d’une culture populaire de qualité et d’un patrimoine exceptionnel

• Combat pour les femmes : lutter contre les violences physiques et psychologiques

• Famille : redonner un sens à la politique familiale

• Outre-mer : vive la continuité territoriale

• Equilibre du territoire et monde rural : égalité entre les ruraux et les urbains

• Economie Sociale et Solidaire (ESS) : concilier solidarité, société et économie

• Le sport pour tous

Rétablir l’ordre pour bien vivre ensemble

• Sécurité – justice : rétablir l’ordre en France

• Cohésion nationale : garantir la laïcité et maitriser l’immigration

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3 Promouvoir une écologie intelligente pour une vie meilleure

• Environnement : une vraie écologie au service de tous les Français

• Lutter contre la maltraitance animale

• Logement : pour une France de propriétaires

• Agriculture : Soutenir, simplifier, encourager

• Politique de la mer : pour une vraie stratégie maritime nationale

• Tourisme : des atouts à valoriser

• Automobilistes et motards : Stop au harcèlement

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4 Rendre aux Français leur liberté et à la France son indépendance

La France n'est pas la France si elle n'est pas libre, c'est à dire souveraine.

Il faut ainsi rendre le pouvoir aux Français et son indépendance à notre pays, le premier ayant été confisqué par un système oligarchique miné par les conflits d’intérêts, la seconde n'étant plus que ruines à cause du choix de la dépendance extérieure qui va de pair avec le refus de la démocratie et le pillage de notre économie.

Ainsi que le disent depuis près de vingt-cinq ans les gaullistes qui n'ont pas renoncé à leurs valeurs et à leur idéal, à une « certaine idée de la France », tout se tient : la prise du pouvoir par une classe politicienne démagogique, prédatrice des places et des prébendes et oublieuse de l'intérêt général, conduit à la mise sous tutelle extérieure du pays pour empêcher le peuple français, en le culpabilisant, de secouer le joug de ces élites égarées.

La crise sanitaire a conduit le pouvoir dans une fuite en avant liberticide. D’état d’urgence en état d’urgence instrumentalisant la peur, nos dirigeants ont bafoué les principes républicains les plus élémentaires.

Rendre leur liberté aux Français avec l’abandon immédiat du Passe sanitaire et du Passe Vaccinal sera ma première décision.

Rendre le pouvoir au peuple français, c'est aussi passer un grand coup de balai dans une vie politique abîmée par les apparatchiks et les néo-féodaux qui ont fait main basse sur le Bien public : il faut une fois pour toutes les empêcher de nuire en les remplaçant par des élus, vierges de toute condamnation, dévoués à l'intérêt général !

Rendre le pouvoir au peuple français, c'est aussi refonder notre démocratie autour de l'esprit originel de la Vème République, dévoyé au fil du temps : le règne de la souveraineté populaire, exprimé par le suffrage universel et le Referendum doit être réaffirmé et renforcé.

Rendre le pouvoir au peuple français, c'est enfin en finir avec le carcan supranational de Bruxelles qui, sous prétexte d'accéder à une ère nouvelle en réalité utopique et dangereuse, enferme notre pays dans un système européen favorisant outrageusement l'Allemagne et qui, symétriquement, affaiblit la France dans sa puissance économique, sa cohésion nationale, l'exercice de sa démocratie et son rayonnement mondial. Il faut mettre un terme à cette euthanasie antidémocratique et antinationale qui n'a ni justification ni nécessité. En bâtissant l'Europe des nations libres et des projets concrets à la carte, la France va briser ses chaînes, retrouver sa vitalité économique et pouvoir renouer avec une vocation stratégique mondiale qu'elle n'a que trop longtemps délaissée.

La France pourra alors de nouveau déployer sa politique extérieure d'envergure mondiale, restaurer son rang et reconquérir son indépendance, profitable à un monde où l'absence de notre pays a cumulé ses effets néfastes depuis des décennies. Reconquérir l'indépendance nationale, c'est ainsi, et tout d'abord, réorienter en profondeur notre diplomatie et lui donner des moyens à la hauteur.

Reconquérir l'indépendance française, c'est encore donner un puissant essor à la Francophonie, l'une des clés primordiales de notre puissance et de notre influence de demain, tout en reconnaissant davantage les Français de l'étranger, qui en sont des acteurs privilégiés.

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5 Enfin, la reconquête de l'indépendance n512298ationale oblige à la remise à niveau de l'outil de défense, aujourd'hui en péril, par la mobilisation de 2,5% de notre PIB : avoir des prétentions diplomatiques sans s'en donner les moyens constitue en effet une erreur que notre France libre ne commettra pas.

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Moraliser et refonder la vie publique

Le constat

Nous souhaitons renouer avec l’esprit populaire de la Ve République, avec le courage et l’honnêteté dans l’exercice du pouvoir. Qualités d’autant plus nécessaires que la renégociation des traités européens transférera nombre de décisions au niveau national. Il s’agit donc d’élire des femmes et des hommes qui sauront assumer leurs responsabilités, à l’inverse des caciques qui, depuis 30 ans, s’accrochent à leur fauteuil, leurs privilèges et leurs indemnités parfois abusives.

Par ailleurs, si nous admettons bien volontiers qu’une Constitution est un organisme vivant qui a une forme de plasticité et qui peut s’adapter à son temps, les réformes successives infligées à la Constitution du général de Gaulle depuis quarante ans ont eu des effets négatifs. Selon nous, c’est à l’esprit d'origine de la Ve République qu'il faut revenir.

La Vème République a en effet opéré une synthèse réussie de l’histoire institutionnelle et politique de la France en donnant au pays la stabilité à laquelle il aspirait, tout en permettant à la souveraineté populaire de s’exprimer à chaque grande occasion et le plus souvent possible.

Or les gouvernements successifs ont exercé le pouvoir en se coupant progressivement du peuple : 4 des 9 referendums de la Vème République se sont tenus sous le général De Gaulle. Or, le peuple est désormais considéré comme un danger auquel il faut éviter de donner la parole, comme l'a scandaleusement illustré la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, copié-collé de la Constitution européenne pourtant rejetée nettement par le suffrage universel en 2005 !

Aussi, tout notre projet vise à moraliser la vie publique et refonder le système institutionnel pour rendre le pouvoir au peuple.

Nos 15 mesures

A. Remettre le citoyen au centre du jeu démocratique et revenir à l’essence de la Ve République 1. Créer un référendum d’initiative citoyenne dès lors qu’un projet est soutenu par 500 000

inscrits sur les listes électorales.

2. Recourir systématiquement au processus référendaire lorsque la modification de la Constitution, l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire sont concernées.

3. Retour au septennat avec possibilité d’un referendum révocatoire d’initiative citoyenne à mi- mandat

4. Introduire une dose de proportionnelle : sur les 500 députés, 100 seront élus à la proportionnelle.

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7 5. Abroger la loi NOTRe et rendre aux communes toute leur importance.

B. Moraliser la vie publique

6. Exiger pour tout candidat à un mandat électif un casier judiciaire vierge.

7. Prendre en compte le vote blanc dans les résultats des élections pour respecter le sentiment populaire : s’il est majoritaire, le scrutin est reporté et les candidats battus ne peuvent pas se représenter.

8. Placer sous mandat de dépôt systématique les élus condamnés à une peine de prison ferme.

9. Supprimer le cumul des rémunérations pour les élus : un salaire pour un mandat, aucun autre avantage.

10. Mettre en place un statut de l’élu (une vraie formation, une garantie de retour à l'emploi et de retraite pour les salariés du secteur privé qui veulent s’investir dans la vie publique et favoriser le renouvellement de la classe politique).

11. Rémunérer les élus des assemblées en fonction de leur présence effective.

12. Supprimer les privilèges et les avantages indus des anciens présidents, premiers ministres et ministres, et des élus en général.

C. Réduire le train de vie de la classe politique avec un Parlement plus ramassé et plus efficace 13. Diminuer le nombre de parlementaires.

o Passer de 577 à 500 députés.

o Passer de 348 à 300 sénateurs.

o Réduire le nombre de députés européens conformément à notre traité alternatif.

L’Assemblée européenne sera composée de représentants des Etats membres au nombre total maximal de quatre cents désignés par les parlements nationaux (751 députés actuellement). Le nombre de représentants de chacun des Etats tiendra compte de sa démographie.

14. Supprimer le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE).

15. Supprimer l’échelon régional, le mandat de Conseiller régional, et créer une conférence régionale regroupant sous l'autorité du préfet de Région les présidents de conseils départementaux et les représentants de l'Etat de chaque département, qui aura pour mission de répartir les investissements dans les domaines des transports et des universités.

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DEFENSE NATIONALE :

DES ARMEES AUX SERVICES D'UNE FRANCE, INDEPENDANTE, FORTE ET RESPECTEE DANS LE MONDE

Introduction

La Défense nationale est incarnée par les femmes et les hommes qui risquent leurs vies et combattent sur tous les théâtres d’opérations, au service de la France et des Français. Ils œuvrent pour reconquérir notre indépendance nationale, mise à mal par la compétition des puissances et menacée par le totalitarisme islamique.

En euros constants1, le budget de la Défense était passé de 39 milliards d'euros en 1990 à 31,4 milliards d'euros en 2014, soit une diminution de 20 % en vingt-cinq ans. Les effectifs du ministère des Armées sont quant à eux passés entre 2007 et 2019 de 340 000 à 271 000 ; le nombre de militaires a reculé sur cette période de 262 000 à 210 000, soit une diminution de 52 000 hommes capables de protéger notre pays.

Ces coupes se sont en outre accompagnées d’une forte dégradation de la condition militaire – infrastructures de vie, moyens d’entraînement, petits équipements.

Les attentats de 2015 ont entraîné une prise de conscience – tardive – des gouvernements qui se sont succédés depuis. Ainsi, alors que la France consacrait 1,6 % de son PIB aux dépenses militaires en 2016, elle en consacre en 2020 près de 1,9 %. Pour mémoire, le premier budget du général de Gaulle voyait la nation consacrer 5,44 % de son PIB aux dépenses militaires. Notre objectif sera de revenir à un taux de 2,5 %.

Cet effort demeure toutefois insuffisant au regard de l’évolution géopolitique du monde et de la place que la France entend y occuper. De l'avis même de nos chefs d'état-major, les armées françaises sont aujourd'hui un outil de gestion de crise efficace mais ne sont pas prêtes pour la guerre, situation dangereuse au vu de la dégradation rapide de la situation géopolitique.

Il s’agit en effet de donner à nos soldats les moyens d’agir et d’accomplir les missions vitales qu’ils mènent pour notre pays – défense du territoire national et projection dans les zones de conflit. Il s’agit de fournir à notre armée, assurance-vie de la Nation, les moyens de mener à bien les tâches qui lui incombent, en veillant notamment à donner aux femmes et aux hommes qui la composent un environnement de travail adéquat. Il faut également s’assurer d’équiper au mieux nos militaires, avec des matériels à la pointe de la technologie, grâce en particulier à une industrie de défense nationale indépendante puissante et bien organisée.

Pour atteindre ces objectifs, un effort déterminé de montée en puissance de nos forces armées doit être entrepris, mettant particulièrement l'accent sur le nombre d'unités de premier rang de la Marine nationale (second porte-avions, frégates) afin de la rendre capable de défendre nos intérêts de grande

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Référence : valeur de l'euro en 2014

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9 puissance maritime ainsi que sur le format de la force opérationnelle terrestre. Sur le plan industriel, outre la garantie de la modernisation de la dissuasion nucléaire, un large effort pour assurer à la France la maîtrise souveraine des technologies stratégiques dans les années à venir sera entrepris. La condition militaire ainsi que la situation des anciens combattants, enfin, feront l'objet d'une attention toute particulière tant il vrai que c'est d'abord dans la qualité et le dévouement exemplaire des hommes et les femmes qui servent sous ses drapeaux que réside la force de la Nation.

L'atteinte de ces objectifs nécessitera le recrutement d'environ 40 000 militaires supplémentaires sur la durée du quinquennat pour atteindre 250 000 militaires en 2027, c'est-à-dire faire retrouver aux armées le format qui était le leur avant les réductions brutales décidées par Nicolas Sarkozy en 2008 et poursuivies par François Hollande.

Pour rappel, la trajectoire financière prévue par la présente LPM prévoit de dépenser 44 milliards d’euros en 2023 et 50 milliards d’euros en 2025. En 2027, les ressources budgétaires allouées à la défense qui serviront à financer les mesures proposées ci-dessous seront de 56 milliards d’euros avec un objectif de ratio dépenses militaires / PIB de 2,5 %.

Crédits de paiements prévus pour la mission défense, en Md€

2022 2023 2024 2025 2026 2027

41 44 47 50 53 56

Le constat

Des moyens militaires insuffisants par rapport aux ambitions affichées par notre pays

Depuis 1964 la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de la Défense de la France. Elle constitue un choix politique souverain, assumé par tous les présidents et tous les gouvernements de la Ve République. Option stratégique offerte au Président de la République, consistant à pouvoir infliger, en permanence et en toutes circonstances, des dommages inacceptables à tout État qui menacerait de s'en prendre aux intérêts vitaux de la France, elle est un élément central et structurant d'une stratégie politique globale en matière de sécurité et de défense. La modernisation de ses deux composantes océanique et aéroportée, actuellement en cours, doit être conduite à son terme.

Le format de nos armées n'est pas suffisant pour faire face au niveau de la menace qui pèse se nos intérêts nationaux, dans un environnement géopolitique en dégradation rapide. Le nombre de bâtiments de premier rang de la Marine nationale est, de l'avis général, bien trop faible pour lui permettre d'effectuer correctement ses lourdes missions sur tous les océans et l'absence de deuxième porte-avion nous interdit de disposer en permanence d'un groupe aéronaval pour projeter la puissance de la France.

En ce qui concerne l'armée de Terre, le format de la force opérationnelle terrestre (77 000 hommes) est aujourd'hui trop faible pour nous donner les moyens de projection de puissance à la hauteur des ambitions de la France. Le niveau d'engagement actuel, qui ne semble pas devoir se réduire dans les années à venir, place déjà les armées dans une situation limite par rapport à leur moyen et ne laisse aucune marge de manœuvre en cas de grave crise. Le suremploi des forces pèse également sur la préparation opérationnelle.

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10 Malgré les investissements consentis dans les nouveaux milieux de conflictualité, le spatial et les risques cyber, les capacités françaises y sont encore insuffisantes par rapport à celles des plus grandes puissances et devraient être renforcées de façon déterminée dans les années à venir pour éviter tout décrochage.

L’Union européenne ne soutient pas les industries française et européenne de Défense. En témoigne la réglementation absurde sur les aides d'Etat qui rend parfois difficile le soutien de nos industriels – alors que leurs concurrents n'ont pas ces problèmes. Non moins inadmissible est le tropisme américain de nos partenaires européens à l’heure d’acheter du matériel militaire, qui doit nous rappeler que la coopération européenne a des limites dans la mesure où aucun autre Etat européen ne partage réellement la volonté française d'indépendance par rapport aux Etats-Unis.

S'agissant de la condition militaire, le problème majeur auquel est confronté le ministère des armées est celui de la fidélisation insuffisante des effectifs incorporés, qui pourrait à terme mettre en danger la capacité opérationnelle des armées. Les conditions de casernement souvent médiocres ainsi que l'usage de certains matériels vieillissant viennent aujourd'hui s'ajouter aux servitudes intrinsèques à la fonction militaire et menacent le moral de nos soldats. Ce problème touche notamment les spécialités marquées par leur caractère répétitif, à l’exemple des fusiliers, ainsi que celles en concurrence directe avec le secteur privé (maintenanciers aéronautiques, atomiciens, informaticiens, etc.). Les armées sont globalement confrontées à un raccourcissement de la durée des contrats des nouveaux recrutés et à des taux de renouvellement des contrats trop faibles pour optimiser les coûts de formation et disposer de soldats ayant une bonne expérience opérationnelle. Par ailleurs, la mobilité des militaires est plus forte que dans la fonction publique, et les difficultés qu'elle implique en termes de vie personnelle sont en décalage croissant avec les aspirations contemporaines. Ces contraintes doivent impérativement être compensées.

La montée en puissance de la réserve opérationnelle, intégrée en 2016 au sein d'une « garde nationale » qui comprend également la réserve de la gendarmerie. La hausse des effectifs de la réserve opérationnelle a cependant été très limitée (ils sont passés de 35 000 à 40 000 en quatre ans) et sont pour l'heure insuffisants pour permettre une véritable montée en puissance de la capacité d'action de l'armée sur le sol national en cas de crise grave.

En matière de renseignement, les capacités françaises sont reconnues dans le monde entier et ont fait l'objet d'investissements notables ces dernières années, qu'il convient de saluer. Cependant, les effectifs des services de renseignements, intérieurs comme extérieurs, sont trop faibles par rapport aux ambitions de puissance de la France, en particulier en comparaison avec ceux de leurs équivalents britanniques.

La fin de la conscription décidée par le président Chirac en 1996, justifiée par la transformation des besoins des armées, a laissé un vide en l'absence de rite républicain commun permettant à toute la jeunesse de France de partager une expérience collective. En outre, la très bonne image des armées dans la population appelle aujourd'hui à réinventer des formes de participation plus large des citoyens à l'effort de défense, qui ne se limitent pas à l'engagement dans la réserve opérationnelle.

Nos 15 mesures

A. Renouer avec une politique d'indépendance nationale, renforcer nos moyens matériels et sanctuariser le budget de la Défense à 2,5% du PIB (2% à l’heure actuelle).

1. Sortir du commandement intégré de l’OTAN (fidèles à la pensée du général de Gaulle).

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11 La trahison anglo-saxonne à propos du contrat des sous-marins (55 milliards d’€ !) illustre le danger pour la France d’être encapsulée dans un organisme inféodé aux intérêts américains. De façon générale, plus la France est soumise aux Etats-Unis, moins elle est respectée. Regagner notre indépendance militaire et stratégique nous fera apparaître aux yeux du monde comme une nation fière, ne poursuivant qu’un seul objectif : la défense de son intérêt supérieur, c’est à dire de sa sécurité, de ses alliances, de ses débouchés et approvisionnements et de sa vision du monde

2. Maintenir et poursuivre l’effort de modernisation de la dissuasion nucléaire.

• Nous veillerons à l'adaptation des moyens de tests et d'essais de l'Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), poursuivrons le programme d'équipement permettant la simulation des essais des armes nucléaires, notamment dans le cadre de l'accord franco-britannique Teutates de 2010 et nous assurerons de la poursuite des programmes de modernisation des transmissions, de réalisation d'infrastructures, de sécurisation des sites et de sûreté nucléaire ;

• Nous veillerons à préserver un vivier de compétences dans le domaine nucléaire via une politique concertée entre le ministère des armées et celui de l'enseignement supérieur ;

• Nous assurerons un suivi permanent et précis des compétences industrielles critiques nécessaires à la réalisation des armes et des vecteurs de la dissuasion nucléaire et mettrons en place les dispositifs nécessaires pour maintenir de façon opérationnelle ces compétences, par le biais de programmes de recherche ou de dispositifs de protection du patrimoine scientifique et technique ;

• Nous renforcerons les capacités de veille et de surveillance des évolutions technologiques et des capacités des pays étrangers, notamment dans les domaines de la défense anti- missiles, du déni d'accès, de la cyberdéfense et de l'espace extra-atmosphérique, afin de réduire les risques de « surprise technologique », ainsi que dans le domaine de la lutte contre la prolifération.

3. Développer notre Marine pour défendre notre souveraineté et assurer à la France son rang :

• Nous lancerons la construction d’un second porte-avions, indispensable pour assurer la disponibilité permanente de notre groupe aéronaval (coût estimé : 6 milliards d’euros au total sur sa durée de vie de 40 ans). Au programme de renouvellement du porte avion Charles de Gaulle, lancé en fin 2020, se verra ajouter un second exemplaire.

• Le nombre de frégates de premier rang, indispensables à la projection de la puissance navale française et à la protection de nos flux d'approvisionnement stratégiques sera doublé pour passer de 15 à 30, nombre estimé nécessaire par l'amiral Prazuck, ancien chef d'état-major de la Marine, pour la rendre capable d'accomplir les missions qui lui sont aujourd’hui confiées ;

• La France dispose de cinq forces de souveraineté dans les départements, régions et collectivités d’outre-mer des Antilles, de Guyane, de l’océan Indien (La Réunion et Mayotte), de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. Ce dispositif chargé de défendre notre zone économique exclusive (ZEE) a cependant été touché par une déflation importante des effectifs et a subi des retards successifs de livraison de nouveaux

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12 matériels. Nous rattraperons le retard pris en matière de renouvellement des patrouilleurs, mais également de remonter en puissance sur la capacité amphibie outre- mer, se doter de moyens de reconnaissance et de patrouille maritime dont est aujourd’hui dépourvue la Marine nationale et renforcer nos infrastructures.

4. Renforcer la capacité de projection de nos armées en musclant notamment la force opérationnelle terrestre (FOT) – capacité opérationnelle projetable de l’armée de terre – et en renforçant la préparation opérationnelle et la disponibilité des forces :

5. Accroître la capacité de projection de l'armée de Terre et le niveau de leur préparation opérationnelle des forces :

• Etant donné le niveau actuel des menaces et le maintien de nos ambitions nationales, dans un environnement géopolitique en dégradation constant, nous porterons la force opérationnelle terrestre à 100 000 hommes (contre 77 000 prévus au terme de l’actuelle LPM) ;

• La préparation opérationnelle des armées reste inférieure aux objectifs fixés, avec de réelles préoccupations dans chacune des armées. L'indisponibilité des équipements aéronautiques, la remontée en puissance de la force opérationnelle terrestre (FOT), l'opération Sentinelle et les renoncements qu'elle a impliqués, ainsi que le nombre élevé d'OPEX expliquent les difficultés des armées à atteindre le niveau de réalisation des activités et d'entraînement prévu ;

• Nous veillerons à améliorer le maintien en condition opérationnelle (MCO) afin de rompre avec le manque de disponibilité chronique de certains matériels, en particulier des véhicules blindés de combat d'infanterie (VBCI), fortement mobilisés en OPEX, et les hélicoptères. De même, la capacité opérationnelle de la Marine reste fragilisée par la disponibilité insuffisante des frégates d'ancienne génération et des bâtiments de commandement et de ravitaillement ainsi que des flottes d'ATL2 – avion de patrouille maritime – et d'hélicoptères ;

• L’amélioration du MCO et l’augmentation de la FOT devrait permettre une meilleure rotation des effectifs et permettre aux unités de cette armée de consacrer davantage de leur temps à la préparation opérationnelle.

6. Donner à l’armée de l’Air les moyens d’accomplir ses missions et d’assurer la montée en puissance du domaine spatial :

• Aujourd’hui, l’objectif fixé à l’horizon 2030 est de compter une flotte de 225 Rafale. Nous augmenterons cet objectif pour atteindre 250. L’excellence de notre industrie permettra d’adapter les cadences de production pour atteindre cette nouvelle cible.

• Nous poursuivrons avec détermination la montée en puissances des capacités de nos forces dans le domaine spatial, désormais réunies sous le commandement de l’armée de l’Air et de l’Espace. Cela doit passer par l’augmentation du nombre de nos satellites de renseignement et par le développement de moyens de défense et de riposte contre toute acte hostile d’une autre puissance les prenant pour cible.

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13 7. Développer nos capacités de projection cyber, nouveau champ de conflictualité décisif dans les

affrontements à venir.

• Nous veillerons à maintenir l’excellence française reconnue au niveau mondial en matière de capacité défensive cyber (articulée autour de l’ANSSI et du Centre d'analyse de lutte informatique ainsi que des moyens des services de renseignement et des armées) et à développer nos capacités offensives ;

• L'arme cyber doit en effet être considérée comme une arme opérationnelle à même de répondre à nos ennemis qui n’hésitent pas l’utiliser à nos dépens ;

• Les moyens humains consacrés au cyber seront renforcés via une politique de recrutement attractive pour faire face à la concurrence du privé.

B. Maintenir une industrie de défense française forte et protégée :

8. Mettre en place une coopération européenne visant à protéger les brevets et les inventions dans l’industrie de défense pour conserver nos activités et nos emplois.

9. Renforcer la place de l’Etat dans les grands groupes de défense afin d’améliorer la compétitivité de notre industrie et d’orienter les grandes dépenses stratégiques.

10. Exiger la préférence européenne systématique dans les appels d’offres et contrats d’équipement lancés en matière militaire par les Etats de l’Union européenne.

• Dans des domaines stratégiques pour l'avenir sur lesquels nos industriels sont encore peu ou pas présent, tels que les drones MALE, la montée en compétence d'une filière nationale souveraine est d'indispensable et doit passer par des programmes nationaux.

La France se retirera donc du projet européen Euromale, trop coûteux, mal défini et faisant une part trop belle aux intérêts allemands, pour confier à l'industrie nationale le développement d'un drone français correspondant à nos besoins, ce qui aurait dû être fait il y a quinze ans.

• Notre industrie de défense est réputée pour l’excellence de ses savoirs, la vitalité de sa recherche et le dynamisme de son innovation. Elle doit absolument être soutenue. A cet égard, il est inadmissible que l'Etat n'agisse pas pour empêcher les rachats de groupes stratégiques par des entreprises étrangères dans le secteur de la Défense. Nous n'hésiterons pas à avoir recours au dispositif de blocage des investissements étranger (décret Montebourg) que le gouvernement actuel n'ose pas utiliser, comme les exemples récents de Latécoère et de Photonis l'ont encore montré. Si nécessaire nous n’hésiterons pas faire entrer l'Etat au capital de ces entreprises pour qu’elles demeurent françaises.

• En revanche, nous conduirons des coopérations européennes à la carte en matière d'armement lorsque celles-ci correspondront à un véritable besoin commun entre les Etats participants et que cela sera conforme aux intérêts de notre industrie, comme c'est par exemple le cas aujourd'hui du programme de futur missile de croisière franco- britannique FMAN/FMC. Nous privilégierons les coopérations impliquant un faible nombre d'Etats, plus aisée à conduire efficacement, et en particulier avec le Royaume- Uni avec lequel nous partageons une culture stratégique commune.

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• Dans contexte actuel, la survie de notre industrie de défense et la préservation de notre autonomie stratégique passent par l’exportation et la coopération avec de nouvelles puissances (Inde, Brésil...), que l'Etat continuera de soutenir avec détermination. Ces pays qui, une fois leur décollage économique assuré, accèdent à un statut de puissance régionale, souhaitent souvent se doter d’une capacité de défense crédible. Au-delà des attributs de la puissance, certaines situations régionales (Golfe persique, mer de Chine méridionale, montée en puissance de la Chine avec la création d’une marine hauturière, instabilité pakistanaise…) imposent aux pays concernés de renforcer leurs forces armées.

C. Mobiliser les femmes et les hommes de notre pays, vrai moteur de notre politique de défense.

11. Recruter 40 000 soldats sur la durée du quinquennat afin de compenser les dramatiques diminutions d’effectifs sous les mandats Sarkozy et Hollande, non compensées sous le mandat Macron

12. Préserver et améliorer la condition militaire :

• Nous renforcerons la prime de lien au service pour les spécialités connaissant les plus fortes tensions, tout en poursuivant la coopération avec les acteurs privés employant d'anciens militaires ;

Pour mieux compenser les difficultés de logement qu'implique la mobilité des militaires, nous accroîtrons le parc de logements du ministère des armées, notamment à Paris ;

Nous garantirons une juste prise en charge de nos anciens combattants et de leurs familles ; revalorisation des pensions, indexation des pensions d’invalidité sur le coût de la vie, assurer un niveau de vie décent de ressources aux conjoints, octroi de bonifications de campagne à égalité de droits entre combattants de tous les conflits pour que cesse la discrimination dont sont victimes les anciens combattants d’Afrique du Nord.

• Nous ferons cesser la discrimination dont sont victimes les anciens combattants d’Afrique du Nord.

13. Renforcer la réserve opérationnelle pour accroître les capacités des armées sur le territoire et développer le lien armée-nation :

• Nous développerons la garde nationale, avec l'objectif d'atteindre 60 000 réservistes opérationnels à la fin du quinquennat (40 000 actuellement)

• Nous encouragerons et faciliterons l'engagement dans la réserve en incitant les entreprises à adapter leur fonctionnement aux contraintes de leurs employés réservistes.

Les entreprises qui le feront bénéficieront d'un label « partenaire de la défense nationale ».

14. Créer un service national civique obligatoire de trois mois, sur la base du volontariat, qui pourra être remplacé, pour les volontaires, par un service militaire d’une durée d’une année, destiné à donner la possibilité à nos concitoyens de servir la France au sein de nos armées.

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15

• A travers un service national obligatoire de 3 mois, tous les jeunes français de 18 ans, de toute condition, auront ainsi l'occasion de partager un rite de passage commun lors de leur accession à la pleine citoyenneté. Pendant ce service, ils participeront à des missions de service public et se verront proposer la possibilité de passer leur permis de conduire gratuitement.

• Pour les jeunes volontaires souhaitant servir au sein des armées, la possibilité leur sera ouverte de remplacer ce service civil de 3 mois par un service militaire d'un an, à l'issue duquel ils pourront s'inscrire dans la réserve opérationnelle.

D. Renforcer nos capacités de renseignement

15. Poursuivre et améliorer la hausse des moyens et des effectifs consacrés au renseignement, intérieur comme extérieur :

• La hausse des moyens et des effectifs du renseignement extérieur comme intérieur sera poursuivie et amplifiée autant qu'il le sera possible sans réduire la qualité des recrutements. Nous renforcerons ainsi nos moyens consacrés à la lutte contre le terrorisme mais aussi au contre-espionnage ainsi qu'à la protection de nos intérêts économiques.

• L'objectif de moyen terme sera un doublement des effectifs et des moyens du renseignement extérieur à horizon 15 ans, portant ainsi la DGSE à 15 000 agents.

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16

EUROPE :

REMPLACER L’UNION EUROPEENNE PAR UNE COMMUNAUTE DES NATIONS LIBRES ET DES PROJETS A LA CARTE

Le constat

Fille de la Grèce, de Rome et du christianisme, l'Europe, bien que médiocrement dotée en ressources naturelles, a peu à peu écrit une histoire marquée par le progrès des arts, des sciences, des techniques et des idées, jusqu'à l'invention d'un humanisme et d'une modernité de portée universelle.

Ainsi, forte de sa puissance spirituelle, morale et matérielle en croissance permanente à partir de la Renaissance, l'Europe a peu à peu forgé les instruments d'une domination mondiale dont les héritages, multiples, marquent encore profondément aujourd'hui le monde contemporain.

Les deux guerres mondiales qui ont failli la détruire, la menace d'une troisième et de l'asservissement concomitant à une idéologie totalitaire, le reflux des empires coloniaux et l'émergence du monde multipolaire qui en résulte, ont conduit les nations européennes à chercher à s’unir.

La construction européenne qui en est issue est ainsi née d'un profond désir de paix et de sécurité, face aux nouveaux géants d'un monde en voie de rétrécissement et d'uniformisation.

L’Union européenne a défiguré l’idée européenne

A ses débuts, en pleine expansion d'après-guerre, la recette a fonctionné et apporté des bienfaits certains aux peuples avant, hélas, de dériver. Avec les traités de l'Acte unique, de Maastricht, d'Amsterdam, de Nice, de la Constitution européenne transformée en traité de Lisbonne (2008) au prix d’une scandaleuse trahison de la volonté du peuple français qui avait rejeté ce mauvais texte en 2005, jusqu'au TSCG de 2012 renforçant le Pacte de stabilité à un niveau insupportable, l’intégration européenne s'est enfermée elle- même dans une impasse bureaucratique et anti-démocratique dont elle ne sait plus comment sortir...

Cette trahison de l'idée européenne s'est produite et accélérée à la charnière du nouveau siècle dans un double mouvement d'élargissement inconsidéré à des pays à l'économie et aux mentalités très différentes, et de prise du pouvoir par des institutions communautaires non-élues que les traités n'ont cessé de renforcer au détriment des représentants des démocraties nationales.

Cet élargissement sans fin, par l'augmentation importante de pays membres qu'il a provoqué, a par ailleurs précipité la dérive fédéraliste de l'Union Européenne, par le biais de l'extension de la majorité qualifiée - qui permet à une majorité de pays d'imposer des mesures que refusent les autres - et de la montée en puissance parallèle des prérogatives communautaires, consacrant l'affaiblissement des Etats - trop souvent, hélas, avec la complaisance de gouvernants démissionnaires.

Ainsi, les institutions supranationales ont progressivement pu affirmer leur prédominance sur le Conseil des ministres et l’action interétatique. Dans certains pays membres - comme la France - où le contrôle parlementaire est mal armé face à cette mécanique, ce sont deux piliers fondateurs de la démocratie qui

(17)

17 ont peu à peu été bafoués : la souveraineté nationale qui n'appartient qu'au peuple et celui de la séparation des pouvoirs qui prémunit contre l'arbitraire.

En outre, la concurrence économique dogmatique pratiquée par Bruxelles affaiblit les industries européennes et les expose à la concurrence déloyale des pays émergents par une ouverture à tout va des frontières commerciales du marché unique. Au total, la Commission fait du marché intérieur européen une simple zone géographique du libre-échange mondial, accélérant les délocalisations industrielles.

Enfin, cette Union Européenne inefficace, intrusive, antidémocratique et autoritaire, n'hésite plus à s'asseoir sur le suffrage universel qui la désavoue de plus en plus souvent et ouvertement.

Car les peuples ont compris que l'Union Européenne fait fausse route et qu'elle s'entête dans ses erreurs.

L'addition des crises, des problèmes et des injustices qui lui sont imputables place désormais l'Europe dans une situation intenable, dont elle doit sortir au plus vite si elle ne veut pas sombrer.

Pour sauver l'idée européenne qui demeure une belle promesse pour tous les habitants de notre continent, il faut avoir le courage de rompre avec les chimères de l'école supranationale. Avec cette tentation du monolithisme qui n'est pas seulement une menace mortelle pour les démocraties d'Europe, qui vivent et s'incarnent dans les nations. Elle l'est tout autant pour sa prospérité et, plus fondamentalement encore, pour sa diversité politique et culturelle qui a précisément fait son génie à travers les âges.

Au lieu d'exposer ses peuples aux désordres du monde, l'Europe doit les en protéger. Cela passe clairement par une rupture avec les fléaux qui les accablent aujourd'hui : chômage de masse, anarchie migratoire, nivellement économique, social et environnemental par le bas, destruction de notre industrie, élargissement sans fin et politique extérieure hasardeuse envers la Russie, doivent une fois pour toutes cesser !

Pour que notre continent retrouve la liberté et la puissance dont il est aujourd'hui orphelin, il lui faut oser le nouveau Printemps des peuples que seule l'organisation européenne confédérale, souple et volontariste de l'Europe des Nations, chère au général de Gaulle, peut lui apporter. Il s'agit de rendre aux nations la maîtrise de leurs lois, de leur budget et de leurs frontières, en leur permettant de s'allier sur des projets au sein d'une l'Europe des projets à la carte.

L’enjeu : construire une Europe des Nations libres autour de projets concrets servant les peuples

L’Europe est à l’image d’un immeuble en copropriété dont les pays seraient les « appartements » et la Commission Européenne le « syndic ». Ce mauvais syndic multiplie les règles abusives, nous envoie des factures exorbitantes (9 milliards d’euros net par an pour la France en moyenne) et a supprimé les portes de notre appartement (les frontières) sans mettre un code à l’entrée de l’immeuble pour nous protéger.

Nous souhaitons remettre le syndic à sa place : il doit seulement gérer les projets communs et ne pas chercher à dicter à chacun des co-propriétaires l’aménagement de son appartement et l’organisation de sa vie de famille. Cela n’interdit pas aux voisins de rester bons amis et d’investir ensemble (projets communs à la carte) pour améliorer la copropriété.

(18)

18 Ainsi nous voulons rendre aux nations leurs libertés et leurs marges de manœuvres et remplacer l’Union Européenne par une communauté des nations libres et des projets à la carte. Cette association

permettrait à nos chères vieilles nations de relever ensemble les 3 grands défis du XXIème siècle que sont :

• L’indépendance du continent européen en matière scientifique, numérique et d’innovation face aux Etats-Unis et à la Chine

• La réponse à l’explosion migratoire en provenance du continent africain et le développement de ce dernier, seule façon d’y fixer sa population

• L’impératif écologique et la préservation de notre planète

Nos mesures

1. Suspendre immédiatement l’application des dispositions les plus contraires à l’indépendance de la France – les travailleurs détachés, l’espace Schengen, l’impossibilité d’aider les entreprises nationales et cesser de verser les 9 milliards de solde net.

2. Renégocier avec nos partenaires sur la base du traité alternatif en annexe au présent programme (en faveur d’une communauté des nations libres et des projets à la carte). Si les négociations aboutissent, ce dont nous ne doutons pas, nous soumettrons le traité à referendum ; si les négociations échouent, la France quittera cette Union Européenne fantôme.

Les frontières de cette Communauté seront clairement délimitées et excluront les pays n’appartenant pas au continent européen (comme la Turquie). Nous renouerons en revanche avec le Royaume-Uni ou la Russie.

L’objectif de cette Communauté sera de créer un espace de liberté, de paix et de prospérité :

• La liberté, par l’indépendance de la Communauté vis-à-vis de tout Etat ou organisme tiers, notamment en matière de défense et de politique étrangère,

• La paix par un pacte de non-agression entre pays membres,

• La prospérité par la participation à un marché commun fondé sur une loyauté des échanges à l’intérieur (une convergence fiscale, sociale et environnementale), une coordination des politiques commerciales et la préférence communautaire vis à vis de l’extérieur.

La Communauté agira dans les seuls domaines de compétence qui lui seront délégués par les Etats membres et sur un mode confédéral – en particulier le marché commun ainsi que la mise au point de normes communes pour les infrastructures de transport, d’énergie et de communication et les règles suivantes seront affirmés :

• Vote à l’unanimité ou exceptionnellement vote à la majorité qualifiée,

Remplacement de la Commission Européenne par un Secrétariat général placé auprès du Conseil européen, seul organe de décision et d’exécution,

• Remplacement du Parlement Européen par l’Assemblée des Etats européens dont les membres seront désignés par les parlements nationaux,

• Capacité des parlements nationaux à s’opposer aux décisions de la Communauté si elles

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19 dépassent les compétences qui lui sont déléguées,

Suppression de la fonction publique européenne et mise à disposition de fonctionnaires des Etats membres et suppression des immenses avantages par rapport aux fonctionnaires nationaux,

Suppression de la cour de Justice Européenne. Les magistrats européens seront reversés dans leurs magistratures nationales respectives. Un Tribunal Arbitral Européen, constitué de magistrats nommés pour 3 ans, sera créé pour arbitrer les litiges impliquant des ressortissants de pays différents. Les décisions de ce tribunal ne pourront pas revendiquer de caractère jurisprudentiel,

Supériorité du droit français sur le droit communautaire.

En outre, nous rendrons obligatoire la publication de l’ensemble des budgets de lobbying des groupes présents auprès des institutions européennes.

La France pourra être amené à être contributrice nette pour le développement de la communauté, mais pour un montant qui n’excèdera jamais 2 milliards d’€, soit les montants à l’époque de J. Chirac et non plus pour les montants actuels qui atteignent certaines années les 12 milliards d’€.

3. Renoncer à tout accord de type TAFTA et CETA.

4. Permettre à tous les pays qui le souhaitent de se réunir, en petits groupes à géométrie variable (3, 7 ou 10 pays…), autour de grands projets d’avenir :

• Dans l’énergie : pour préparer la transition, nous pouvons nous allier pour créer le panneau solaire du futur, développer les carburants à base d’algues, le nucléaire de 4ème génération, sûr et non polluant, des outils de stockage de l’énergie…

• Dans la santé : pour lutter ensemble contre le cancer, Alzheimer ou encore les maladies orphelines que les grands laboratoires négligent.

• Dans l’espace : promouvoir une politique spatiale européenne afin de conserver notre indépendance vis-à-vis des technologies américaines, maîtriser des innovations clefs qui irriguent notre industrie et génèrent d’importantes retombées économiques.

• Dans le numérique : il est indispensable de retrouver notre souveraineté dans ce domaine.

S’affranchir de la domination numérique américaine est non seulement une priorité diplomatique et de sécurité, c’est un axe de progrès économique et technique pour les pays européens.

• Dans la défense : la collaboration dans le domaine des technologies militaires doit pouvoir se poursuivre et s’approfondir, tout en étant soigneusement soumise à une logique politique et diplomatique.

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20

AFFAIRES ETRANGERES :

UNE CERTAINE IDEE DE LA FRANCE

Le constat

La politique étrangère de la France ne doit poursuivre qu'un seul objectif, la défense de l'intérêt supérieur de la nation : c'est à dire de sa sécurité, de ses alliances, de ses débouchés et approvisionnements et de sa vision du monde, fondée sur des principes et valeurs universels qui l'ont toujours guidée au fil de son histoire. « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde » affirmait à bon droit le général de Gaulle.

La « grandeur » signifie tout simplement l'indépendance nationale, la capacité à mieux l'assurer à travers nos relations avec les autres pays et notre action pour notre rayonnement politique, économique et culturel. C'est aussi notre capacité à promouvoir la paix, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et la diversité culturelle et linguistique, que porte en elle-même la Francophonie, riche de fantastiques promesses.

Le général de Gaulle, visionnaire, avait anticipé le monde multipolaire dans lequel nous vivons et où nous pourrions prospérer si nous adoptions une politique étrangère ambitieuse et réaliste. Mais la France s'est trop souvent égarée ces dernières années en suivant une ligne inspirée par les Etats-Unis et l'Union européenne alignée sur son protecteur, qui l'a éloignée de ses intérêts propres.

En effet la France ne peut souscrire à une vision stratégique germano-européenne étriquée, contradictoire avec son histoire et la réalité de sa présence sur les cinq continents – plus de 11 millions de km² sur les deux hémisphères, avec 500 îles sur tous les océans. Aujourd'hui, au lieu d'assumer notre rang et de défendre pied à pied nos intérêts, nous laissons la Chine nous écraser de son poids économique, les Etats- Unis piller nos fleurons industriels et nos technologies. Même face à une puissance régionale agressive comme la Turquie, nous faisons preuve de pusillanimité au lieu de faire front pour défendre nos alliés face aux dangereuses ambitions néo-ottomanes du président Erdogan.

A force de s’habituer à voir notre pays comme la simple extrémité occidentale de la masse eurasiatique, enfermé dans un isthme étroit, nos dirigeants ont commis une erreur grossière : ils omettent sa vocation proprement mondiale, avec laquelle nous avons plus que jamais le devoir de renouer. La France est grande quand elle est indépendante et c'est en articulant une vision claire de nos intérêts avec une diplomatie volontariste et une politique de défense déterminée que nous assurerons le maintien de son rang de puissance.

Oui, il est temps en conséquence de renouer avec une politique étrangère d'ambition universelle, qui prenne enfin toute la mesure de ses possibilités, qui relève le défi du continent africain si proche de nous et qui sache tirer le meilleur parti d'une Francophonie prometteuse, comme de la richesse que représentent les centaines de milliers de Français de l'étranger.

Il s'agit ainsi de rebâtir une diplomatie nationale digne de ce nom, déclinée dans les différentes régions du monde et adossée au rayonnement de notre langue comme à la présence à l'étranger d'une communauté française qui mérite d'être mieux soutenue.

(21)

21

Nos priorités :

Retrouver une politique étrangère indépendante qui sert les seuls intérêts du pays.

Reconstruire une Europe des nations de l’Atlantique à l’Oural sur la base de notre projet alternatif confédéral (voir la partie Affaires européennes) et bâtir avec la Russie un partenariat équilibré car nos intérêts sont communs et nos atouts sont complémentaires

Soutenir et développer à grande échelle la francophonie, levier de l’influence française

Proposer une loi renforcée de protection du français (sur le modèle de l'ancienne loi Toubon), et la faire appliquer en instituant un véritable « droit au français », notamment dans les entreprises.

Gagner la guerre contre les mouvements terroristes islamiques, coopérer avec les Etats qui suivent le même objectif et protéger les Chrétiens d'Orient

Mieux reconnaître et défendre les droits de nos compatriotes vivant à l’étranger

Nos 30 mesures

I. Doter la France d’une diplomatie indépendante au service d’une certaine idée de la France



Retrouver une politique étrangère indépendante qui sert les seuls intérêts du pays.

 Reconstruire une Europe des nations de l’Atlantique à l’Oural sur la base de notre projet alternatif confédéral (voir la partie Affaires européennes) et bâtir avec la Russie un

partenariat équilibré car nos intérêts sont communs et nos atouts sont complémentaires

 Soutenir et développer à grande échelle la francophonie, levier de l’influence française



Réaffirmer le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect du

multilatéralisme pour relever les défis globaux.

 Affirmer notre outil diplomatique en mettant fin aux démantèlement amorcé par le ministère des finances et assurer aux ministères des Affaires étrangères les moyens nécessaires pour conduire une diplomatie active, tant politique qu'économique. Cet effort sera complémentaire avec les investissements consentis dans l'outil de défense (voir le volet Défense du projet).

 Sortir de nouveau du commandement intégré de l’OTAN (voir le volet Défense du projet).



Faire face avec détermination, y compris par des mesures de réassurance militaires majeures, aux agressions turques qui visent nos alliés (Grèce, Chypre...) et qui constituent une grave menace à la stabilité en Méditerranée orientale.

 Gagner la guerre contre les mouvements terroristes islamiques, coopérer avec les Etats qui

suivent le même objectif (réouverture de notre ambassade à Damas) et protéger les Chrétiens d'Orient

 Donner du poids à l’Union Méditerranéenne entre les pays francophones (France, Liban,

(22)

22

Maroc, Algérie, Tunisie), latins (Espagne, Italie) et francophiles (Malte, Croatie, Grèce, Egypte) afin de réaliser une politique de co-développement et de régler les problèmes de navigation internationale, de transit énergétique, de gestion des ressources halieutiques, de pollution chimique, de flux migratoires et de commerces et trafics illicites.

 Lancer un grand partenariat avec l’Afrique (sur la base du grand plan de développement

présenté plus loin).

16. Sortir de l'impasse de la repentance et de la culpabilisation postcoloniale par un dialogue

franc permettant de régler les questions passées pour aller de l'avant et défendre nos intérêts communs.

17. Renforcer notre coopération avec les pays africains avec détermination afin de favoriser

le développement de la région et d'éviter l'explosion des flux migratoires dans les prochaines décennies.

18. Mieux soutenir les pays amis de la bande sahélienne confrontés au terrorisme islamique.

Notre propre sécurité est liée à la sécurité, au développement, et à l'État de droit dans ces pays.

19. Identifier et soutenir des femmes militantes pour la question des droits des femmes.

20. Renforcer les partenariats entre les universités africaines en lien avec les Universités

françaises et les Centres français de recherche sur place (IRD, CIRAD…).



Œuvrer à un accord de paix durable entre Israël et les Palestiniens.



Affirmer la présence française dans la zone Asie Pacifique face à la montée en puissance chinoise et développer notre coopération avec l'Inde et l'Indonésie de façon à soutenir l'équilibre régional.

21. Développer notre coopération économique et stratégique avec l'Inde et l'Indonésie dans

un objectif d'équilibre régional, dans la continuité des partenariats stratégiques établis avec ces deux pays ces dernières années.

22. Adopter une posture stratégique vigilante et ferme quant aux risques régionaux et

globaux que pourraient générer les tentations hégémoniques de la Chine

23. Développer, dans le cadre de la francophonie, la coopération avec le Vietnam, le

Cambodge et le Laos.



Les Amériques

24. Donner la priorité au renforcement des liens avec nos parents et amis du Québec

(francophonie, culture, économie…).

25. Bâtir une relation de franchise et de respect réciproque avec les Etats-Unis.

26. Multiplier les partenariats bilatéraux avec les pays d’Amérique latine et bâtir une nouvelle

vision stratégique et mondiale autour d’alliances politiques avec des pays comme le Brésil ou le Mexique et se souvenir que la France, de par ses frontières maritimes, est un pays monde et pas seulement un hexagone européen.

II. Soutenir et développer à grande échelle la francophonie, levier de l’influence française.

Atout majeur pour la puissance française, la langue française est présente sur tous les continents avec 300 millions de locuteurs et contribue au rayonnement diplomatique de notre pays.

L'organisation internationale de la francophonie (OIF) n'est cependant pas assez considérée

(23)

23

comme une priorité par la diplomatie française à l'heure actuelle. En faisant du développement et de la protection de la langue française un axe de notre politique, en France comme dans le monde, nous nous assurerons de resserrer nos liens politiques avec les Etats qui ont le Français en partage pour faire face ensemble aux défis de demain et de demeurer un pôle culturel majeur à l'échelle mondiale.

Pour le français en France

 Remettre à sa due place, première et prioritaire, la langue française dans les écoles maternelles, primaires, secondaires et professionnelles, en accroissant sensiblement les

horaires d’étude, les niveaux de formation des maîtres et d’exigence de qualité, l’efficacité de méthodes éprouvées d’apprentissage.

 Imposer une part importante en français dans toutes les formations diplômantes des

universités et grandes écoles françaises.

 Proposer une loi renforcée de protection du français (sur le modèle de l'ancienne loi

Toubon), et la faire appliquer en instituant un véritable « droit au français », notamment dans les entreprises.



Accroître sensiblement les aides publiques aux

institutions officielles et associations chargées de développer les productions terminologiques et les traductions.



Promouvoir la communication scientifique en français : ne subventionner aucun colloque se tenant en France qui exclurait le français.



Veiller au

rétablissement de la diversité réelle des langues étrangères enseignées et

offertes dans le concours d’accès à la fonction et aux services publics.

 Enjoindre aux administrations publiques de ne pas traiter les documents de travail reçus uniquement en langue étrangère, et de ne répondre qu’en français.



Exiger des organismes publics de contrôle des médias et de la publicité un respect strict et assorti de sanctions réelles, de la Constitution et des lois et règlements pertinents.

 Imposer un niveau suffisant, officiellement attesté (à l’identique du TOEFL américain) de connaissance du français à l’entrée des candidats étrangers à l’immigration légale

Pour l’action culturelle française hors de France

 Dans tous les pays qui ont une vocation mondiale, la langue est un outil d’influence or la France restreint ses crédits alors que les autres les augmentent ; aussi il convient d’accroître le niveau de financement de cette action culturelle

(écoles et lycées ; filières universitaires ; instituts et centres de langue et de culture, de recherche et de soins, Alliances françaises et importantes O.N.G aux buts analogues).

 Concentrer l’aide française au développement sur les pays francophones et francisant,

notamment d’Afrique et accroître ses moyens en mettant fin au gaspillage d'influence que

constitue l'aide multilatérale financée par la France mais gérée par l'Union européenne.

(24)

24

 Soutenir la diffusion des produits culturels français à l’étranger.

 Renforcer les partenariats entre RFI, France 24 et TV5 Monde) pour créer un grand média de la francophonie qui ferait résonner la culture française sur les satellites du monde

entier.

 Tisser des liens et soutenir les structures qui se battent pour promouvoir la francophonie, en relation avec nos centres de recherches (Pasteur, IRD, CIRAD...), particulièrement en Afrique (à Dakar ou Tunis par exemple).

 Maintenir nos efforts, au sein des organisations internationales (ONU, OMC, UNESCO)

pour défendre l’exception culturelle française, qui protège le secteur culturel d'un libre- échange qui serait dévastateur.

Pour la Francophonie institutionnelle mondiale

 Faire respecter avec intransigeance le statut du français langue officielle et de travail dans diverses institutions internationales, européennes au premier chef – plus encore depuis le Brexit.

 Renforcer les coopérations entre pays francophones dans les secteurs de demain : éducation supérieure, nouvelles technologies, notamment le numérique, transition énergétique.

Pour la Francophonie vivante véhiculée par les Français de l'étranger

Mieux reconnaître et défendre les droits de nos compatriotes vivant à l’étranger (voir le chapitre Français de l'étranger).

(25)

25

LE GRAND PARTENARIAT ENTRE LA FRANCE ET L'AFRIQUE

Le constat

Fondée sur plusieurs siècles d’histoire commune, notre pays entretient une relation étroite avec un grand nombre de pays africains. Cependant, la France et l'Afrique sont aujourd'hui confrontées à la difficulté de surmonter l'héritage complexe d'un passé commun. Refusant toute repentance, la France doit adopter un discours clair, comprenant le caractère sensible du legs colonial pour les peuples africains tout en refusant son instrumentalisation qui empêche nos pays d'aller de de l'avant. Aider les Africains à résoudre eux- mêmes leurs problèmes est légitime et dans l'intérêt national. Les défis auxquels ce continent voisin de l'Europe est confronté en feraient en effet, si par malheur ils n'étaient pas relevés, une grande source de désordre et d'instabilité à nos frontières.

Depuis quelques décennies, la relation entre notre pays et l'Afrique menace en effet de se distendre. Les élites africaines se tournent de plus en plus vers les Etats-Unis, la Chine ou encore l’Inde. Encore peu sensible sur le plan diplomatique et militaire, cet affaiblissement est devenu flagrant dans le domaine économique. Il est urgent de prendre conscience de cette nouvelle réalité africaine : la France ne peut plus se contenter de mettre en avant un passé commun si elle veut encore jouer, dans les décennies à venir, un rôle important sur le continent. L'heure est venue de construire de nouvelles relations avec les pays africains. Avec ses partenaires africains, la France peut construire une nouvelle vision de la coopération qui vise à atteindre une nouvelle prospérité partagée.

Il est urgent d’agir. Dans les trente ans qui viennent, en l'espace d'une génération, la population africaine va doubler, passant de 1,2 Md aujourd'hui à 2,48 Mds en 2050, selon le scénario médian de l'ONU, soit le plus grand choc démographique de l'histoire de l'humanité. D’après la FAO, plus de 230 millions d’entre eux souffrent de malnutrition. Dans le même temps, 650 millions ne disposent pas d’un accès suffisant à l’énergie, sans laquelle le développement économique est impossible. L’accroissement de la population du continent dans les années à venir amplifiera ces problèmes. Une telle situation, en plus de peser lourdement sur les Etats africains, constitue un véritable danger pour le reste de la planète.

Dans un monde dont les régions sont de plus en plus interdépendantes, faire comme si les problèmes de l’Afrique ne concernaient que les Africains relève de l’inconscience. Une déstabilisation de l’Afrique aurait de graves répercussions et la France, en raison de ses liens étroits avec le continent, en subirait la première les conséquences. Laisser la situation migratoire actuelle se perpétuer, générant une hémorragie des forces vives des pays africains au travers de l'émigration, c'est aller vers des guerres pour la subsistance, le sol, l'eau.

Les populations des campagnes, qui sont les premières touchées par la misère, sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à migrer vers les métropoles africaines, qui deviennent d'immenses agglomérations marquées par la pauvreté et l'insécurité. Dans l’avenir, obligés à l'exode par la faim et par la pauvreté, nombreux sont ceux qui chercheront à rejoindre l'Europe par tous les moyens. Aucun mur n'est capable d'endiguer l'émigration du désespoir. La pauvreté est aussi le terreau des idéologies mortifères, et notamment de l’islam djihadiste comme le prouve la guerre féroce menée par Boko-Haram en Afrique de l'Ouest.

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