2.2. La formation
Textes de référence : Cf. Annexes
En septembre 1992, les CPE ont rejoint dans les IUFM les professeurs et les certifiés de documentation, à la demande insistante du SNES.
Leur formation fait l’objet d’un cadrage national (circulaires 91-202 du 2 juillet 91 et 92-138 du 31 mars 92 et celle du 14 novembre 94), mais est définie localement par les IUFM qui disposent en tant qu’établissements universitaires d’une autonomie (BO n° 15 du 11/4/2002), principes et modalités de la d euxième année de formation en IUFM (Cf.
cahier des charges).
La première année inclut des enseignements théoriques ainsi que de courts stages en établissement et une préparation aux épreuves du concours. Les stagiaires de première année ne sont pas rémunérés.
NOS COMMENTAIRES
Le SNES s’est félicité de l’entrée des CPE en IUFM. C’est un acquis de son action.
Cependant, de nombreuses insuffisances demeurent :
• la qualité de la formation est très inégale selon les IUFM. Elle souffre souvent d’un déficit d’enseignements universitaires, d’un manque de rigueur, de cohérence entre la première et la deuxième année, d’articulation construite entre pratique et théorie ;
• les chefs d’établissement y sont encore trop présents. Le SNES conteste leur qualification pour intervenir dans la formation.
• les stagiaires « en situation » (ex-MA et ex-CE) sont exclus de toute réelle formation (seulement 12 jours par an).
Le SNES exige que tous les lauréats des concours puissent recevoir une formation en IUFM. Aucun ne doit se voir imposer un « stage en situation ».
La seconde année inclut :
• des enseignements théoriques,
• la rédaction d’un mémoire professionnel,
• un stage long en établissement,
• divers stages courts.
NOS COMMENTAIRES
Le SNES conteste cette approche : il ne doit pas s’agir d’une « formation générale », mais d’une formation à ce qui fait la spécificité de la fonction : l’éducation, dans le cadre scolaire.
Circulaire 92-138 du 31/3/92 (extraits) :
« La formation des CPE s’étend sur deux années. Elle s’inscrit dans le cadre des orientations nationales données aux IUFM, notamment dans la circulaire n° 91-202 du 2 j uillet 1991 relative au contenu et à la validation des formations organisées par les instituts universitaires de formation des maîtres. Les principes généraux qui y sont énoncés s’appliquent donc également à la formation des CPE, s’agissant en particulier du parcours personnalisé de l’étudiant, d’autant plus nécessaire que l’hétérogénéité du public est grande, et de l’articulation entre la théorie et la pratique, notamment grâce aux divers stages prévus. Compte tenu de la spécificité des tâches des CPE, définies en particulier dans la circulaire n° 82-482 du 28 octobre 1982, et pour répondre à l’exigence qui est exprimée d’une approche éducative systématique dans l’exercice des responsabilités des CPE, les contenus de formation des deux années à l’IUFM se situent dans le cadre de la « formation générale » définie dans la circulaire du 2 juillet 1991, et notamment sur les axes suivants :
1. L’ÉLÈVE
Approche du développement de l’enfant et de l’adolescent.
L’adolescent et ses lieux de socialisation. L’élève : son projet personnel, son parcours pédagogique, l’évaluation, l’aide à l’organisation du travail personnel, l’éducation à l’autonomie et à la responsabilité, les relations avec la famille, le contrôle des absences, l’orientation, les formations en alternance, la lutte contre l’échec scolaire, l’éducation à la santé, les conduites dites « déviantes », le suivi après le départ de l’établissement.
Les élèves : leurs droits et obligations (lycées), la formation à la citoyenneté, la formation des délégués, les instances de représentation et d’expression, le journal scolaire.
2. LE CADRE D’EXERCICE
Le CPE doit connaître le système éducatif, ses finalités économiques et sociales, les objectifs de la loi d’orientation du 10 juillet 1989, l’organisation générale du système, la déconcentration, la décentralisation, les types d’établissement, les ZEP, les formations en alternance, les dispositifs d’insertion. Il doit pouvoir rapporter ces connaissances à des notions de fonctionnement des institutions, repérer dans l’établissement les évolutions, les enjeux et la réalisation de la politique éducative, afin d’exercer son rôle général de conseil.
Il doit connaître l’établissement scolaire (EPLE) : son statut juridique, sa dimension de communauté éducative, son environnement (collectivités territoriales, milieu socio-économique et socioculturel, autres administrations, milieu associatif), son fonctionnement interne (structures, gestion administrative et financière, organisation du temps) et le concept de vie scolaire qui induit la notion de responsabilité collective et de partage de l’activité pédagogique. » NOS COMMENTAIRES
Le SNES conteste le manque de cohérence de l’énoncé des contenus, propice à la dilution et à la confusion. Au-delà des contenus instrumentaux nécessaires dans une formation professionnelle, un centrage sur les champs scientifiques qui éclairent la pratique professionnelle est nécessaire et le SNES ne dira jamais assez de ce point de vue qu’une pratique n’est pédagogique qu’à la condition de s’appuyer sur une réflexion nourrie de connaissances. Certains contenus n’y ont par ailleurs pas leur place. Par exemple, la « formation au management » est un lieu commun renvoyant implicitement à « l’équipe de direction » dont le CPE n’est pas membre.
Il doit être familier avec les lieux et activités collectifs (les permanences, demi-pension, internat, foyers socio- éducatifs, la maison des lycéens, l’association sportive) et l’extérieur de l’établissement (le monde professionnel, les institutions culturelles, les travailleurs sociaux).
3. LES MISSIONS ET LES OUTILS
La mission du CPE : son approche historique et son évolution au regard de la mission d’enseignement, les articulations fonctionnelles (écoute, encadrement et contrôle, animation et relation d’aide, collaboration avec les professeurs, liaison avec les personnels de l’établissement), l’organisation et l’animation des personnels de surveillance, la responsabilité juridique, administrative, éducative et déontologique, sa dimension pédagogique dans le projet d’établissement, dans sa collaboration avec les équipes éducatives et dans sa relation directe avec les élèves. La formation comprendra utilement la pratique de l’informatique [appliquée] à la vie scolaire, les techniques d’animation de groupe, la conduite de réunion et la conduite d’entretien, l’analyse des systèmes et la formation au management, le travail en équipe. La première année de formation professionnelle à l’IUFM prend en compte les exigences du concours de recrutement des CPE, notamment grâce à deux stages de pratique accompagnée de deux semaines chacun dans divers types d’établissements scolaires. En seconde année, outre les formations dispensées à l’IUFM, les CPE stagiaires bénéficient d’un stage en entreprise de deux à trois semaines et d’un stage en situation de responsabilité auprès d’un personnel d’éducation. Le stage en entreprise peut être effectué dans un service public ou une administration si le stagiaire a une expérience professionnelle dans le secteur privé. Le stage en responsabilité est de 432 heures soit 12 heures par semaine. Les CPE sont principalement affectés en collège auprès d’un CPE titulaire.
Ce stage s’inscrit dans le cadre d’un contrat-type visant à préciser le cahier des charges entre l’établissement scolaire et l’IUFM, notamment dans la perspective de la validation de la formation. Il convient de veiller à ce que le stagiaire puisse assurer de réelles responsabilités pendant sa présence dans l’établissement et être associé à tous les aspects de la vie de l’établissement.
NOS COMMENTAIRES
Les 600 heures sur deux années sont insuffisantes. Elles illustrent le manque d’ambition qui traverse cette circulaire. Un volume de 900 heures serait plus pertinent.
La formation commune avec les futurs professeurs, y compris les futurs professeurs certifiés de documentation, est un élément essentiel de la professionnalisation de la formation. Elle prend en compte les incidences pédagogiques de la mission des CPE. Des travaux communs peuvent également être organisés avec les psychologues scolaires stagiaires en formation à l’IUFM et les conseillers d’orientation-psychologues formés à l’Université.
NOS COMMENTAIRES
Concernant le stage en responsabilité :
Affecté en surnombre, le stagiaire ne doit pas être considéré comme un moyen d’éducation destiné à pallier le déficit en personnels, et ne doit en aucun cas être affecté dans un établissement sans CPE. Sa présence hebdomadaire ne doit pas excéder 12 heures afin de tirer le meilleur profit de son année de formation. Les stagiaires ont vu leur temps de stage diminuer en 2002, passant de 16 à 12 heures.
La formation des CPE dans les IUFM comprend environ 600 heures de formation hors stage sur les deux années ».
« La validation de la formation en IUFM des CPE s’articule autour de l’évaluation par l’IUFM du stage en responsabilité, des modules de formation et du mémoire professionnel».