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Centrale Maths 1 PSI 2011 — Corrigé
Ce corrigé est proposé par Yvon Vignaud (Professeur en CPGE) ; il a été relu par Gilbert Monna (Professeur en CPGE) et Vincent Puyhaubert (Professeur en CPGE).
Le sujet se compose de six parties dont les quatre premières sont largement in- dépendantes. Il vous permettra de vérifier votre connaissance du cours d’intégration sur un intervalle quelconque, notamment le chapitre sur le théorème de convergence dominée et les intégrales à paramètre.
• La première partie, très classique, est consacrée à l’étude de la fonction Γ :x7→
Z +∞
0
e−ttx−1dt
On y montre notamment, grâce au théorème de dérivation sous le signe somme, que c’est une fonction de classeC1qui interpole la suite des nombres factoriels.
• La deuxième partie démontre le développement asymptotique suivant, plus pré- cis que l’équivalent den!fourni par la formule de Stirling :
ln(n!) =nlnn−n+1
2 lnn+ ln√
2π+ 1 12n+O
1 n2
Pour cela, on fait appel à une représentation intégrale delnk, que l’on parvient à encadrer finement au moyen de trois intégrations par parties successives.
• La troisième partie utilise le théorème de convergence dominée pour montrer l’identité suivante, due à Euler :
∀x >0 Γ(x) = lim
n→+∞
nxn! x(x+ 1)· · ·(x+n)
• La quatrième partie définit une fonctionϕpar une intégrale impropre conver- gente dépendant d’un paramètre. La méthode proposée pour étudierϕconsiste à intégrer par parties pour se ramener à des fonctions intégrables, avant d’ap- pliquer le théorème de dérivation sous le signe somme.
• La cinquième partie combine la formule de Stirling de la deuxième partie avec l’étude de fonction de la quatrième partie pour établir une nouvelle identité d’Euler, à savoir
∀x >0 Γ′(x+ 1)
Γ(x+ 1) = lnx+ 1 2x+
Z +∞
0
h(u) (u+x)2 du
• La sixième et dernière partie étudie une fonction F de plusieurs variables sur un compact Ω de R4. Les résultats de la partie V et la condition nécessaire d’existence d’un extrémum local sur un ouvert montrent alors que le maxi- mum(N1,N2,N3,N4)deFsurΩsatisfait la formule
∀i∈ {1,2,3,4} Ni= K eµεie−θ(Ni)avec lim
x→+∞θ(x) = 0
où lesεisont des constantes définissantΩ. On retrouve alors le fait qu’à énergie totale fixée et dans la limite thermodynamique, la distribution de Boltzmann maximise l’entropie du système.
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Indications
Première partie
I.A Déterminer un équivalent simple en0et une comparaison en +∞.
I.B Montrer que la fonctionΓest de classeC1sur tout intervalle de la forme[ε,A], avec0< ε <1<A, en dérivant sous le signe somme (théorème de Leibniz).
On pourra considérer la fonction de domination suivante ψ(t) =
|lnt|tε−1 si t61 e−t|lnt|tA−1 si t >1 I.C Intégrer par parties.
Deuxième partie
II.B Trouver un encadrement de(t−k+ 1) (k−t)sur[k−1, k].
II.C Écrire wk− 1 12
Z k
k−1
dt t2 = 1
12 Z k
k−1
P2(t) t2 dt
où P2 est un polynôme de degré 2. Intégrer alors cette nouvelle intégrale par parties en primitivant P2. On pourra choisir la primitiveP3 s’annulant enk−1et majorer|P3(t)|sur[k−1 ;k] pour conclure.
II.D Sommer l’encadrement de la question II.C pourk∈[[n+ 1 ;p]]et prendre la limite p→+∞.
Troisième partie
III.B Échanger limite et intégrale grâce au théorème de convergence dominée.
III.C Intégrer par parties.
III.D Procéder par récurrence en utilisant la question III.B.
III.E Montrer queIn(x) =nxJn(x)puis utiliser les questions III.B et III.D.
Quatrième partie
IV.B Utiliser la périodicité dehpour en déduire celle de H.
IV.D Minorer l’intégrale sur[n;n+ 1 ]. Conclure en rappelant que f est intégrable surR+ ⇐⇒ la sérieP
Z n+1
n |f(t)|dt est convergente IV.E Appliquer le théorème de dérivation sous le signe. On pourra utiliser la do-
mination de la fonction ψ(x, u) = H(u)
(x+u)2 suivante
∀(x, u)∈[ε; A ]×] 0 ;+∞[
∂ψ
∂x(x, u)
62kHk∞× 1 (u+ε)3
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Cinquième partie
V.B Calculer Fn(x) grâce à la propriété de morphisme de ln et exprimer les termes ln(x+i)au moyen de la question V.A. Remarquer enfin qu’on peut calculer explicitementhsur]i;i+ 1 [.
V.C.1 Justifier le développement
ln(x+n+ 1) = lnn+x+ 1
n +O
1 n2
puis appliquer la formule de Stirling.
V.C.2 Appliquer l’identité d’Euler (III.1). Conclure grâce à V.B et V.C.1.
Sixième partie
VI.A.1 Montrer queΩest une partie fermée et bornée de R4.
VI.A.2 Écrire un système de deux équations à deux inconnues satisfait parx3 etx4. VI.A.3 Remarquer que(a1, a2)est un extremum local de la fonctiong où
g: (x, y)7→f(x, y, u x+v y+w, u′x+v′y+w′)
VI.A.4 Montrer l’orthogonalité des vecteurs en reprenant les expressions deu, u′, v, v′ de la question VI.A.2. Conclure en calculant le rang des familles et la dimen- sion de l’orthogonal.
VI.A.5 Interpréter VI.A.3 comme une condition d’orthogonalité sur−−→
gradf(a).
VI.B Combiner les questions V.D et VI.A.5.
VI.C.1 Majorer le terme intégral deθ(Ni)par 1 2 Ni.
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I. La fonction Gamma
I.A Fixonsx∈Ret étudions la fonctionγx:t7→e−ttx−1.
• Pour toutx∈R, la fonctionγx est continue sur] 0 ;+∞[par les théorèmes gé- néraux.
• Au voisinage de +∞, e−t/2tx−1 tend vers 0 par croissances comparées, d’où la domination γx(t) = o e−t/2
. Ainsi, par comparaison, la fonction γx est intégrable sur[ 1 ;+∞[, et ce pour toutx∈R.
• Au voisinage de 0+, on a l’équivalent γx(t) ∼
t→0+tx−1. Le critère de Riemann assure alors queγx est intégrable sur] 0 ; 1 ]si et seulement six >0.
En conclusion,
La fonctionγx est intégrable sur] 0 ;+∞[si et seulement six >0.
Il est indispensable de mentionner la continuité de la fonction intégrée.
C’est un argument fréquemment oublié et certainement sanctionné par les examinateurs.
I.B Comme la fonction γx est continue, à valeurs positives et non identiquement nulle, on a bien
∀x∈] 0 ;+∞[ Γ(x)>0 Remarquons que
Γ(x) = Z +∞
0
γ(x, t) dt oùγ: (x, t)7→e−t tx−1.
Pour montrer le caractèreC1, appliquons le théorème de dérivabilité des intégrales à paramètre (théorème de Leibniz). Pour toutt∈ ] 0 ;+∞[, la fonctionx7→γ(x, t) admet une dérivée partielle par rapport àxsur] 0 ;+∞[×] 0 ;+∞[ et l’on a
∂γ
∂x(x, t) = e−t(lnt)tx−1
• Pour tout x ∈ ] 0 ;+∞[, la fonction t 7→ γ(x, t) est continue par morceaux sur] 0 ;+∞[ et intégrable sur] 0 ;+∞[d’après la question I.A.
• Pour toutx∈] 0 ;+∞[, la fonctiont7→ ∂γ
∂x(x, t)est continue par morceaux et intégrable sur] 0 ;+∞[. En effet, grâce aux croissances comparées, on a
e−t(lnt)tx−1=o tx2−1
lorsquet→0 et e−t(lnt)tx−1=o e−t/2 lorsquet→+∞ d’où l’intégrabilité sur] 0 ; 1 ]et [ 1 ;+∞[respectivement.
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