SESSION 2011
Concours commun Centrale
MATHÉMATIQUES 1. FILIERE PSI
Partie I - La fonction Gamma
I.A -Soitx∈R. La fonctionf : t7→e−ttx−1est continue sur ]0,+∞[. La fonctionf est négligeable en+∞devant 1 t2 d’après un théorème de croissances comparées et donc la fonctionfest intégrable sur un voisinage de +∞.
Par suite,f est intégrable sur ]0,+∞[ si et seulement si f est intégrable sur un voisinage de 0. Or, en 0, f(t) ∼tx−1 et puisquefest positive,f est intégrable sur un voisinage de0si et seulement six−1 >−1 ou encorex > 0.
En résumé, la fonctiont7→e−ttx−1est intégrable sur]0,+∞[ si et seulement six > 0.
I.B -Pour tout réelx > 0,Γ(x)est l’intégrale d’une fonction continue positive et non nulle sur]0,+∞[. On en déduit que
∀x > 0,Γ(x)> 0.
Soientaet Adeux réels tels que0 < a < A. Soit Φ : [a, A]×]0,+∞[ →R
(x, t) 7→ e−ttx−1 .
•Pour tout réelx∈[a, A], la fonctiont7→e−ttx−1est continue par morceaux et intégrable sur]0,+∞[d’après la question précédente.
•La fonctionΦadmet sur[a, A]×]0,+∞[une dérivée partielle par rapport à sa première variablexdéfinie par :
∀(x, t)∈[a, A]×]0,+∞[, ∂Φ
∂x(x, t) =e−ttx−1lnt.
De plus,
- Pour toutx∈[a, A], la fonctiont7→ ∂Φ
∂x(x, t)est continue par morceaux sur ]0,+∞[.
- Pour toutt∈]0,+∞[, la fonctionx7→ ∂Φ
∂x(x, t)est continue sur[a, A].
- Pour tout(x, t)∈[a, A]×]0,+∞[,
∂Φ
∂x(x, t)
=|lnt|e−ttx−16
|lnt|e−tta−1sit∈]0, 1[
|lnt|e−ttA−1sit∈[1,+∞[ =ϕ(t).
La fonctionϕest continue par morceaux sur]0,+∞[et est négligeable en+∞devant 1
t2 d’après un théorème de croissances comparées. D’autre part, quandttend vers0,
t1−a2ϕ(t) =e−tta2 lnt→0 (cara > 0)
et doncϕ(t) =
t→0o
t−1+
a 2
avec−1+a
2 >−1. On en déduit queϕest intégrable sur un voisinage de0et finalement ϕ est intégrable sur]0,+∞[.
D’après le théorème de dérivation des intégrales à paramètres (théorème deLeibniz), la fonction Γ est de classe C1 sur [a, A] et sa dérivée s’obtient par dérivation sous le symbole intégrale. Ceci étant vrai pour tous réels a et A tels que 0 < a < A, on a montré que
Γ est de classeC1 sur]0,+∞et ∀x > 0,Γ′(x) = Z+∞
0
e−ttx−1lnt dt.
I.C -Soitx > 0. Soientεet Adeux réels tels que0 < ε < A. Les deux fonctionst7→−e−t ett7→tx sont de classeC1 sur le segment[ε, A]. On peut donc effectuer une intégration par parties et on obtient :
ZA
ε
e−ttxdt=
−e−ttxA
ε +x ZA
ε
e−ttx−1dt= −e−AAx+e−εεx+x ZA
ε
e−ttx−1dt.
Quandεtend vers0et Atend vers+∞, on obtientΓ(x+1) =xΓ(x).
∀x > 0,Γ(x+1) =xΓ(x).
I.D -Γ(1) = Z+∞
0
e−tdt=
−e−t+∞ 0 =1.
Donc,Γ(1) =1et∀n>1,Γ(n+1) =nΓ(n). On en déduit par récurrence que
∀n>1,Γ(n) = (n−1)!.
Partie II - Formule de Stirling
II.A -Soitk>2. Une double intégration par parties fournit
uk= Zk
k−1
(lnk−lnt)dt=
t−
k−1 2
(lnk−lnt) k
k−1
+ Zk
k−1
2t−2k+1
2t dt
= 1
2(lnk−ln(k−1)) +1 2
Zk
k−1
2t−2k+1 t dt= 1
2(lnk−ln(k−1)) +1 2
Zk
k−1
(t−k+1) + (t−k)
t dt
= 1
2(lnk−ln(k−1)) +1 2
(t−k+1)(t−k) t
k k−1
+ Zk
k−1
(t−k+1)(t−k)
t2 dt
!
= 1
2(lnk−ln(k−1)) −1 2
Zk
k−1
(t−k+1)(k−t)
t2 dt.
II.B -Soitk>2.
06wk 61 2
Zk
k−1
1×1 t2 dt= 1
2 1
k−1 −1 k
.
Comme 1 2
1 k−1− 1
k
est le terme général d’une série télescopique convergente, on en déduit que la série de terme généralwk, k>2converge.
Soitn>2.
Xn
k=2
uk=ln(n!) − Zn
1
lnt dt=ln(n!) −nlnn+n, mais aussi
Xn
k=2
uk= 1 2
Xn
k=2
(lnk−ln(k−1)) − Xn
k=2
wk= 1 2lnn−
Xn
k=2
wk, Donc,
ln(n!) =nlnn−n+1 2lnn−
Xn
k=2
wk
=nlnn−n+1 2lnn−
+∞
X
k=2
wk+
+∞
X
k=n+1
wk
=nlnn−n+1
2lnn+a+vnoua= −
+∞
X
k=2
wk etvn=
+∞
X
k=n+1
wk.
II.C -Soitk>2. Une intégration par parties fournit
wk− 1 12
Zk
k−1
dt t2 = 1
12 Zk
k−1
6(t−k+1)(k−t) −1
t2 dt= 1
12 Zk
k−1
−6t2+6(2k−1)t−6k2+6k−1 t2
= 1 12
−2t3+3(2k−1)t2− (6k2−6k+1)t+λ t2
k
k−1
+ 1 6
Zk
k−1
−2t3+3(2k−1)t2− (6k2−6k+1)t+λ
t3 dt.
On choisit alorsλde sorte que le crochet soit nul :
−2t3+3(2k−1)t2− (6k2−6k+1)t+λ t2
k
k−1
= −2k3+3(2k−1)k2− (6k2−6k+1)k+λ k2
−−2(k−1)3+3(2k−1)(k−1)2− (6k2−6k+1)(k−1) +λ (k−1)2
= −2k3+3k2−k+λ
k2 − −2k3+ +3k2−k+λ (k−1)2
= (λ−k(k−1)(2k−1))(2k−1) k2(k−1)2
On choisit doncλ=k(k−1)(2k−1)et on obtient
wk− 1 12
Zk
k−1
dt t2 = 1
6 Zk
k−1
−2t3+3(2k−1)t2− (6k2−6k+1)t+k(k−1)(2k−1)
t3 dt
= 1 6
Zk
k−1
(−t+k)(2t2+ (−4k+3)t+ (k−1)(2k−1))
t3 dt
= 1 6
Zk
k−1
(−t+k)(t− (k−1))(2t− (2k−1))
t3 dt
puis
wk− 1 12
Zk
k−1
dt t2
61 6
Zk
k−1
|−t+k||t− (k−1)|2
t−
k− 1 2
t3 dt
61 6
Zk
k−1
1×1×2×1 2
t3 dt= 1 6
Zk
k−1
dt t3. II.D -Soitn>2.
vn− 1 12n
=
vn− 1 12
Z+∞
n
1 t2 dt
=
+∞
X
k=n+1
wk− 1 12
Zk
k−1
dt t2
6
+∞
X
k=n+1
wk− 1 12
Zk
k−1
dt t2
61 6
+∞
X
k=n+1
Zk
k−1
dt t3 = 1
6 Z+∞
n
dt t3 = 1
6
− 1 2t2
+∞ n
= 1 12n2. On en déduit quevn− 1
12n =
n→+∞
O 1
n2
puis que
ln(n!) =
n→+∞nlnn−n+ 1
2lnn+a+ 1 12n+O
1 n2
.
Partie III - L’identité d’Euler
III.A -Soientn>1et x > 0. La fonctionfn est continue sur]0, n[et sur[n,+∞[. De plus,
t→nlim
t<n
fn(t) = 1− n
n n
nx−1=0=fn(n).
Donc, la fonctionfn est continue à gauche ennet finalement, la fonctionfn est continue sur]0,+∞[.
La fonctionfn est nulle au voisinage de+∞et en particulier est intégrable sur un voisinage de+∞. Quandt tend vers 0,fn(t)∼tx−1> 0avecx−1 >−1. Donc la fonctionfn est intégrable sur un voisinage de0et finalement, la fonctionfn
est intégrable sur]0,+∞[.
III.B -Soitx > 0.
Soitt > 0. Pour n > t, fn(t) =
1− t n
n
tx−1= exp
nln
1− t n
tx−1 et donc, quand ntend vers +∞, fn(t) = exp
n
−t n+o
1 n
tx−1=exp(−t+o(1))tx−1. Donc la suite suite de fonctions(fn)n>1converge simplement sur ]0,+∞[vers la fonctionf : t7→e−ttx−1.
Soient n>1. Ensuite, on sait que pour tout réelu, eu >1+u(inégalité de convexité). Donc, pour tout réelt ∈]0, n[, e−t/n>1− t
n puise−t>
1− t
n n
par croissance de la fonctionu7→un surR+. Par suite, pour tout t∈]0, n[, 06fn(t) =
1− t
n n
tx−16e−ttx−1=f(t), ce qui reste vrai quandt>n. Finalement, pour tout réelt∈]0,+∞[,|fn(t)|6f(t). De plus, la fonctionfest intégrable sur]0,+∞[.
En résumé,
• Pour tout entier naturel non nuln,fn est continue sur]0,+∞[.
• La suite de fonctionsfn converge simplement sur ]0,+∞[vers la fonctionf : t7→e−ttx−1et la fonctionf est continue sur]0,+∞[.
•Il existe une fonctionϕ(à savoirϕ=f) continue par morceaux et intégrable sur]0,+∞[telle que pour toutn∈N∗ et toutt∈]0,+∞[,|fn(t)|6ϕ(t).
D’après le théorème de convergence dominée, la suite Z+∞
0
fn(t)dt
n>1
converge et a pour limite Z+∞
0
f(t)dt=Γ(x).
Comme Z+∞
0
fn(t)dt= Zn
0
1− t
n n
tx−1dt=In(x), on a montré que
∀x > 0,Γ(x) = lim
n→+∞In(x).
III.C -Soientx > 0etn∈N. Soitε∈]0, 1[. Les deux fonctionst7→(1−t)n+1ett7→ tx
x sont de classeC1sur le segment [ε, 1]. On peut donc effectuer une intégration par parties et on obtient
Z1
ε
(1−t)n+1tx−1dt=
(1−t)n+1tx x
1 ε
+ n+1 x
Z1
ε
(1−t)ntn dt= −(1−ε)n+1εx
x + n+1 x
Z1
ε
(1−t)ntn dt.
Quandεtend vers0par valeurs supérieures, on obtientJn+1(x) = n+1
x Jn(x+1)(carx > 0).
∀n∈N,∀x > 0,Jn+1(x) = n+1
x Jn(x+1).
III.D -Soientx > 0etn>1.
Jn(x) = n
xJn−1(x+1) = n
x ×n−1
x+1 ×. . .× 1
x+n−1J0(x+n) = n!
x(x+1). . .(x+n) III.E -Puis, en posantu= t
n, on obtient In(x) =
Zn
0
1− t
n n
tx−1dt= Z1
0
(1−u)n(nu)x−1ndu=nxJn(x) = n!nx
x(x+1). . .(x+n). Comme lim
n→+∞
In(x) =Γ(x)d’après la question III.B-, on a montré que
∀x > 0,Γ(x) = lim
n→+∞
n!nx
x(x+1). . .(x+n).
Partie IV - Une intégrale à paramètres
IV.A -Graphe de la fonction h.
1
−1
1
−1
b b b
( (
IV.B - La fonction h est continue par morceaux sur R et donc la fonction H est définie et continue sur R. De plus, la fonction H est dérivable en tout réel x en lequel h est continue. Par suite, H est dérivable surR\Z et ∀x ∈ R\Z, H′(x) =h(x). Mais alors, La fonction H′ est définie et continue surR\Z et a une limite réelle à gauche et à droite en tout entier relatif. Donc, la fonction Hest de classe C1 par morceaux surR. On note de plus que h étant continue sur tout intervalle de la forme[n, n+1[,n∈Z,Hest de classeC1 sur tout intervalle de la forme[n, n+1[, n∈Z.
La fonctionhest 1-périodique. Donc, pour tout réelx, H(x+1) −H(x) =
Zx+1
x
h(u)du= Z1
0
h(u)du= Z1
0
u− 1
2
du=0.
Donc la fonctionHest 1-périodique. En particulier, pour toutn∈Z IV.C -Soitx > 0. Soientn∈Npuisa∈[0, 1[. La fonctionu7→ h(u)
u+x est continue sur[n, n+a]et donc Zn+a
n
h(u) u+x du existe.
Ensuite, les deux fonctionsu7→H(u) et u7→ 1
u+x sont de classe C1 sur le segment[n, n+a]. On peut effectuer une intégration par parties et on obtient
Zn+a
n
h(u) u+x du=
H(u) u+x
n+a n
+ Zn+a
n
H(u) (u+x)2 du.
Quandatend vers1, on obtient
∀n∈N, Zn+1
n
h(u) u+x du=
Zn+1
n
H(u)
(u+x)2 du(carH(n) =H(n+1) =0).
Soient alorsAun réel strictement supérieur à 1. On noteE(A)la partie entière de A.
ZA
0
h(u) u+xdu=
ZE(A)
0
h(u) u+x du+
ZA
E(A)
h(u) u+x du
=
E(A)−1
X
n=0
Zn+1
n
h(u) u+x du+
ZA
E(A)
h(u) u+xdu=
E(A)−1
X
n=0
Zn+1
n
H(u) (u+x)2 du+
ZA
E(A)
h(u) u+xdu
= ZE(A)
0
H(u) (u+x)2 du+
ZA
E(A)
h(u) u+x du.
ZA
E(A)
h(u) u+xdu
6 ZA
E(A)
|h(u)|
u+x du 6
ZE(A)+1
E(A)
|h(u)|
u+x du 6 1× 1/2
E(A) +x = 1
2(x+E(A)). Quand A tend vers +∞, 1
2(x+E(A)) tend vers0 et donc lim
A→+∞
ZA
E(A)
h(u)
u+x du=0.
D’autre part, la fonctionu7→ H(u)
(u+x)2 est continue sur[0,+∞[. De plus, la fonctionHest continue surRet1-périodique.
En particulier, la fonctionHest bornée surR. On en déduit que H(u)
(u+x)2 =
u→+∞
O(1) (u+x)2 =
u→+∞
O 1
u2
.
Mais alors la fonctionu7→ H(u)
(u+x)2 est intégrable sur[0,+∞[. En particulier, ZE(A)
0
H(u)
(u+x)2 dua une limite réelle quand utend vers+∞. Il en est de même de
ZA
0
h(u)
u+x duou encore l’intégrale Z+∞
0
h(u)
u+x duest une intégrale convergente en +∞. De plus
∀x > 0, Z+∞
0
h(u) u+x du=
Z+∞
0
H(u) (u+x)2 du.
IV.D -Soitn∈N∗. Zn+1
n
|h(u)|
u+x
du= Zn+1
n
|h(u)|
u+x du> 1 n+1+x
Zn+1
n
h(u)du= 1 n+1+x
Z1
0
h(u)du= 1 4(n+1+x), puis
Zn
0
|h(u)|
u+x
du>
n−1X
k=0
1 4(k+1+x).
Comme
+∞
X
k=0
1
4(k+1+x) = +∞, on a aussi lim
n→+∞
Zn
0
|h(u)|
u+x
du= +∞et en particulier, la fonctionu7→ h(u)
u+x n’est pas intégrable sur[0,+∞[.
IV.E -D’après la question IV.C-,∀x > 0,ϕ(x) = Z+∞
0
H(u)
(u+x)2 du. Soita > 0.
Soit l’application Φ [a,+∞[×[0,+∞[ → R (x, u) 7→ H(u)
(u+x)2 .
• Pour chaquex∈[a,+∞[,u7→Φ(x, u) est continue par morceaux et intégrable sur[0,+∞[d’après la question IV.C- (car pour(x, u)∈[a,+∞[×[0,+∞[,u+x>a+0 > 0).
•Φ admet sur[a,+∞[×[0,+∞[une dérivée partielle par rapport à sa première variablexdéfinie par :
∀(x, u)∈[a,+∞[×[0,+∞[, ∂Φ
∂x(x, u) = −2H(u) (u+x)3. De plus,
- pour chaquex∈[a,+∞[, la fonctionu7→ ∂Φ
∂x(x, u)est continue par morceaux sur[0,+∞[.
- pour chaqueu∈[0,+∞[, la fonctionx7→ ∂Φ
∂x(x, u)est continue sur [a,+∞[.
- pour chaque(x, u)∈[a,+∞[×[0,+∞[,
∂Φ
∂x(x, u)
= 2|H(u)|
(u+x)3 6 2|H(u)|
(u+a)3 où la fonctionu7→ 2|H(u)|
(u+a)3 est continue par morceaux et intégrable sur[0,+∞[car 2|H(u)|
(u+a)3 =
u→+∞
O 1
u3
.
D’après le théorème de dérivation des intégrales à paramètres (théorème deLeibniz),ϕ est de classeC1 sur[a,+∞[ et sa dérivée s’obtient par dérivation sous le symbole d’intégration. Ceci étant vrai pour tout réela > 0, on a montré que
ϕest de classeC1sur]0,+∞[et∀x > 0, ϕ′(x) = Z+∞
0
−2H(u) (u+x)3 du.
Maintenant, en pratiquant comme de la même manière qu’à la question IV.C-, une « intégration par parties » montre que Z+∞
0
−2H(u)
(u+x)3 du= − Z+∞
0
h(u)
(u+x)2 duet donc
ϕest de classeC1sur]0,+∞[et∀x > 0,ϕ′(x) = − Z+∞
0
h(u) (u+x)2 du.
Partie V - Une autre identité due à Euler
V.A - Soient x > 0eti∈N. A l’aide d’une intégration par parties puis en posantu=t−x, on Zx+i+1
x+i
lnt dt= [(t− (x+i+1)lnt]x+i+1x+i − Zx+i+1
x+i
t−x−i−1
t dt=ln(x+i) − Zi+1
i
u−i−1 u+x du.
V.B -
Fn(x) =ln(n!) + (x+1)lnn−
n+1X
i=1
ln(x+i) =ln(n!) + (x+1)lnn+lnx−ln(x+n+1) − Xn
i=0
ln(x+i)
=ln(n!) + (x+1)lnn+lnx−ln(x+n+1) − Xn
i=0
Zx+i+1
x+i
lnt dt− Xn
i=0
Zi+1
i
u−i−1 u+x du
=ln(n!) + (x+1)lnn+lnx−ln(x+n+1) −
Zx+n+1
x
lnt dt− Xn
i=0
Zi+1
i
h(u) − (1/2) u+x du
=ln(n!) + (x+1)lnn+lnx−ln(x+n+1) − (((x+n+1)ln(x+n+1) − (x+n+1)) − (xlnx−x))
− Zn+1
0
h(u)
u+x du+1 2
Zn+1
0
du u+x
=ln(n!) + (x+1)lnn+ (x+1)lnx− (x+n+2)ln(x+n+1) +n+1+ 1
2(ln(x+n+1) −lnx) − Zn+1
0
h(u) u+xdu
=ln(n!) + (x+1)lnn−
x+n+ 3 2
ln(x+n+1) +n+1+
x+1 2
lnx−
Zn+1
0
h(u) u+x du V.C -
V.C.1)D’après la formule deStirling,
Gn(x) −
x+ 1 2
lnx=ln(n!) + (x+1)lnn−
x+n+ 3 2
ln(x+n+1) +n+1
n→=+∞nlnn−n+1
2lnn+ 1
2ln(2π) +o(1) + (x+1)lnn−
x+n+3 2
ln(x+n+1) +n+1
n→=+∞1−
x+n+3 2
ln
x+n+1 n
+ln√ 2π
+o(1)
n→=+∞1−
n+x+3 2
ln
1+x+1 n
+ln√ 2π
+o(1)
n→=+∞
1−
n+x+3 2
ln
x+1 n +o
1 n
+ln√ 2π
+o(1) =
n→+∞
1− (x+1) +ln√ 2π
+o(1)
−x+ln√ 2π
+o(1).
et donc lim
n→+∞Gn(x) =
x+ 1 2
lnx−x+ln√ 2π
. V.C.2) Soitx > 0. D’après la question III.E-, lim
n→+∞
Fn(x) =ln(Γ(x+1)) et donc d’après la question précédente et la question IV.B-, quandntend vers+∞, on obtient
ln(Γ(x+1)) =
x+1 2
lnx−x+ln√ 2π
− Z+∞
0
h(u) u+x du.
V.D -D’après la question I.B-, la fonctionΓ est de classeC1sur]0,+∞[et d’après la question IV.E-, la fonctionϕest de classeC1 sur]0,+∞[et ∀x > 0, ϕ′(x) = −
Z+∞
0
h(u)
(u+x)2 du. En dérivant l’égalité de la question précédente, on obtient pour toutx > 0,
Γ′(x+1)
Γ(x+1) =lnx+ x+ (1/2) x −1+
Z+∞
0
h(u)
(u+x)2 du=lnx+ 1 2x +
Z+∞
0
h(u) (u+x)2 du.
Partie VI - Distribution de Bolzmann
VI.A -
VI.A.1)• Pour toutx= (x1, x2, x3, x4)∈Ω, on a kxk1=N et doncΩest une partie bornée deR4+.
• L’application ϕ : R4 → R2
(x1, x2, x3, x4) 7→ (x1+x2+x3+x4, ε1x1+ε2x2+ε3x3+ε4x4)
est continue sur R4 car f ∈ L(R4,R2)avec dim(R2)<+∞.
De plus,Ω= ϕ−1{(N, E)}. Comme le singleton{(N, E)} est un fermé deR2 et quef est continue surR4, on sait que Ω est un fermé deR4en tant qu’image réciproque d’un fermé par une application continue.
En résumé,Ωest une partie fermée, bornée deR4et donc un compact de R4d’après le théorème de Borel-Lebesgue puisque dim(R4)<+∞.
fest une application continue sur Ωà valeurs dansRet doncf admet un maximum surΩ.
VI.A.2)
(x1, x2, x3, x4)∈Ω⇔
x3+x4=N−x1−x2
ε3x3+ε4x4=E−ε1x1−ε2x2 . Le déterminant de ce système estε4−ε36=0. Ce système est donc un système deCramer et
(x1, x2, x3, x4)∈Ω⇔x3=
N−x1−x2 1 E−ε1x1−ε2x2 ε4
ε4−ε3
etx4=
1 N−x1−x2
ε3 E−ε1x1−ε2x2
ε4−ε3
⇔x3= ε1−ε4
ε4−ε3
x1+ε2−ε4
ε4−ε3
x2+ −E+Nε4
ε4−ε3
etx4= ε3−ε1
ε4−ε3
x1+ ε3−ε2
ε4−ε3
x2+ E−Nε3
ε4−ε3
. VI.A.3) Soit g : ]0,+∞[2 → R
(x1, x2) 7→ f(x1, x2, ux1+vx2+w, u′x1+v′x2+w′)
. g est de classe C1 sur ]0,+∞[2 qui est un ouvert de R2 et g admet un maximum en (a1, a2)∈ ]0,+∞[2 car f admet un maximum en a = (a1, a2, a3, a4) = (a1, a2, ua1 +va2+ w, u′a1+ v′a2+ w′). a est nécessairement un point critique de g c’est-à-dire ∂g
∂x1
(a1, a2) =
∂g
∂x2
(a1, a2) =0 ou encore
∂f
∂x1
(a) +u ∂f
∂x3
(a) +u′ ∂f
∂x4
(a) =0
∂f
∂x2
(a) +v ∂f
∂x3
(a) +v′ ∂f
∂x4
(a) =0 .
VI.A.4)SoitF=Vect((1, 0, u, u′),(0, 1, v, v′)). Puisque dim(F)<+∞,Fadmet un supplémentaire orthogonal. Ensuite
1 0 0 1
=16=0,
et donc la famille((1, 0, u, u′),(0, 1, v, v′))est libre puis dim(F) =2. On en déduit que dim F⊥
=4−2=2.
•(1, 1, 1, 1).(1, 0, u, u′) =1+u+u′ =1+ ε1−ε4
ε4−ε3
+ε3−ε1
ε4−ε3
=1+ ε3−ε4
ε4−ε3
=0.
•(1, 1, 1, 1).(0, 1, v, v′) =1+v+v′=1+ ε2−ε4
ε4−ε3
+ε3−ε2
ε4−ε3
=1+ε3−ε4
ε4−ε3
=0.
Donc,(1, 1, 1, 1)∈((1, 0, u, u′),(0, 1, v, v′))⊥=F⊥.
•(ε1, ε2, ε3, ε4).(1, 0, u, u′) =ε1+ε3u+ε4u′ =ε1+ε3
ε1−ε4
ε4−ε3
+ε4
ε3−ε1
ε4−ε3
=ε1+ε1
ε3−ε4
ε4−ε3
=0.
•(ε1, ε2, ε3, ε4).(0, 1, v, v′) =ε2+ε3v+ε4v′ =ε2+ε3
ε2−ε4
ε4−ε3
+ε4
ε3−ε2
ε4−ε3
=ε2+ε2
ε3−ε4
ε4−ε3
=0.
Donc,(ε1, ε2, ε3, ε4)∈((1, 0, u, u′),(0, 1, v, v′))⊥=F⊥.
((1, 1, 1, 1),(ε1, ε2, ε3, ε4))est donc une famille de deux vecteurs de F⊥ qui est de dimension2. De plus, puisque les εi, 16i64, sont deux à deux distincts, la famille((1, 1, 1, 1),(ε1, ε2, ε3, ε4))est libre et donc
la famille((1, 1, 1, 1),(ε1, ε2, ε3, ε4))est une base deF⊥. VI.A.5)D’après la question IV.A.3),
1 ∂f
∂x1
(a) +0 ∂f
∂x2
(a) +u ∂f
∂x3
(a) +u′ ∂f
∂x4
(a) =0 0 ∂f
∂x1
(a) +1 ∂f
∂x2
(a) +v ∂f
∂x3
(a) +v′ ∂f
∂x4
(a) =0 .
et donc le vecteur ∂f
∂x1
(a), ∂f
∂x2
(a), ∂f
∂x3
(a), ∂f
∂x4
(a)
est dans F⊥. On en déduit qu’il existe(α, β)∈R2tel que ∂f
∂x1
(a), ∂f
∂x2
(a), ∂f
∂x3
(a), ∂f
∂x4
(a)
=α(1, 1, 1, 1) +β(ε1, ε2, ε3, ε4), ou encore
∃(α, β)∈R2/∀i∈J1, 4K, ∂f
∂xi
(a) =α+βεi.
VI.B - D’après la question I.B, la fonctionΓ est de classeC1sur]0,+∞[et donc la fonction Fest de classeC1surR4+. On peut donc appliquer ce qui précède à la fonctionF.
D’après la question V.D-, pour16i64 etx= (x1, x2, x3, x4)∈]0,+∞[4, on a
∂F
∂xi
(x) = −ln(xi) − 1 2xi
− Z+∞
0
h(u) u+xi)2 du.
Puisque F admet un maximum enN ∈Ωet que aucun des Ni, 16i64, n’est égal à0, d’après la question VI.A.5), il existe (α, β)∈ R2 tel que ∀i ∈ J1, 4K, −ln(Ni) − 1
2Ni
− Z+∞
0
h(u)
u+Ni)2 du= α+βεi ou encore, en posant λ = −α et µ= −β,
∃(λ, µ)∈R2/∀i∈J1, 4K, ln(Ni) + 1 2Ni
+ Z+∞
0
h(u)
u+Ni)2 du=λ+µεi. VI.C -
VI.C.1)Pour tout réel positifu, on a−1
2 6h(u)6 1
2 et de plus, les inégalités sont strictes sur l’intervalle de longueur non nulle[0, 1[ par exemple, intervalle sur lequelhest continue. Donc
Z+∞
0
h(u)
(u+Ni)2 du < 1 2
Z+∞
0
1
(u+Ni)2 du= 1 2
− 1 u+Ni
+∞ 0
= 1 2Ni
,
puisθ(Ni)< 1 2Ni
+ 1 2Ni
= 1 Ni
et aussi Z+∞
0
h(u)
(u+Ni)2 du >−1 2
Z+∞
0
1
(u+Ni)2 du= − 1 2Ni
,
puisθ(Ni)> 1 2Ni
− 1 2Ni
=0. On a montré que
∀i/inJ1, 4K, 0 < θ(Ni)< 1 Ni
.
VI.C.2)Soiti∈J1, 4K.
ln(Ni) +θ(Ni) =λ+µεi⇒Ni=eλeµεie−θ(Ni), et le réelK=eλ convient.