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Sur la particule dissoute

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00241717

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241717

Submitted on 1 Jan 1911

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Alb. Colson

To cite this version:

Alb. Colson. Sur la particule dissoute. J. Phys. Theor. Appl., 1911, 1 (1), pp.721-726.

�10.1051/jphystap:0191100109072100�. �jpa-00241717�

(2)

721

SUR LA PARTICULE DISSOUTE (1);

Par M. ALB. COLSON.

Si la mécanique a pour objet principal l’étude des conditions de stabilité de la molécule chimique, il est indispensable de rappeler

que celle-ci se présente sous des états d’agrégation d’autant plus

condensés que la température est plus basse sous des pressions équi-

valentes. Ce fait capital établi par Cahours en 1844, et confirmé par les études de Deville sur le soufre, semble méconnu dans l’hypotlièse

de Van’t Hoff touchant la constitution des corps dissous. Van’t Iloff suppose en effet que la particule dissoute est à l’état moléculaire

représentée par la formule chimique. Il identifie en un mot les par- ticules dissoutes à la température ordinaire aux vapeurs surchauffées.

Cette extension, contraire à la loi de Cahours, doit nécessairement

se trouver en contradiction avec les faits.

Admettons par exemple qu’une molécule de sulfate métallique, sa 1Zn, corresponde à cette formule à l’état dissous, en dépit de l’éloignement de son point d’ébullition. Elle devrait alors se dédou- bler par les bases suivant les lois de Berthollet et suivant la théorie des ions; car l’existence d’un sulfate de baryum unique exige que les ions SO’~ dégagés par le sulfate de zinc s’unissent intégralement

aux ions Ba fournis par une dissolution de baryte. Dans ces condi- tions, le mélange équimoléculaire âu sulfate et de la baryte fourni-

rait exclusivement S04 Ba + Zn (OH)2. Or cette réaction clas-

sique ne s’effectue pas à froid. Même, vers 40°, et sur des solutions

dont la dilution varie de 1 à 3, on constate la formation prépondérante

d’un sulfate basique de zinc invariable et non pas d’oxyde Zn (OH) (‘’l.

Au contraire si on admettait, conformément à la règle de Cahours, qu’à basse température, et sous une pression osmotique au moins égale à la pression employée par Cahours, le sel de zinc est un agré- gat de forme [Zn. S04 Jn, cet agrégat fournirait des ions complexes

de forme (SO’)2 M-- susceptibles de former des sels basiques.

Si la particule dissoute est constituée par un groupe de molécules tel que [S04,M]n@ les lois de Raoult doivent concorder avec cette cons-

titution, puisqu’elles donnent une mesure du nombre des particules

(1) Communicationfaite àla Sociétéfrançaise de Physique, séance du 5 mai 191.i.

(2) C. R., 1904.

J. de Phys., 51 série, t. 1. (Septembre ~L91L.) 50

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0191100109072100

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dissoutes. Précisément, en comparant la cryoscopie des sulfates mé-

talliques à celle de l’acide sulfurique générateur, j’ai constaté, dan s

tous les cas, que l’abaissement cryoscopique provoqué par la molé- cule saline est au moins deux fois plus petit que l’abaissement produit

par la quantité d’acide sulfurique générateur. Doncl’oxyde métallique

associe encore deux molécules d’acide sulfurique au moins, d’après

les indications de la cryoscopie.

Ce résultat est en parfaite harmonie avec la loi fondamentale de Berzélius touchant la constitution des sels ; car, étendue aux sesqui- oxydes, la cryoscopie démontre leur pouvoir d’agréger 3 molécule sulfuriques, conformément à la loi de Berzélius, malg ré leur faible

affinité sur les sulfates de sesquioxyde. Ce phénomène d’association moléculaire est en outre sujet à des vérifications inattendues.

M. Recoura a prouvé que, sous l’influence de l’ébullition, le sulfate chromique violet subit une hydrolyse représentée par l’équation

brute :

Non seulement la thermochimie ne laisse aucun doute sur ce mode de décomposition, mais la cryoscopie m’a témoigné qu’après l’ébul- lition, l’abaissement du point de congélation de la solution ne change

pas : j’ai constamment trouvé des nombres voisins de 0,415 pour le sulf’ate violet sur lequel M. Recoura avait opéré. Comme le nombre de molécules dissoutes reste également constant (1 ), la cryoscopie se

retrouve en concordance avec la quantité de ces particules.

Les sulfates verts normaux, de forme Cr2 (504)3 quej’avais obtenus

par l’action du gaz sulfureux sur une solution d’acide chromique

refroidie à 0°, s’hydrolysent aussi suivant la réaction de ~l . Recoura ; et pour ces composés, l’abaissement du point de congélation demeure également invariable avant et après l’ébullition. Ces constatations faites, j’ai voulu les contrôler. A cet effet, j’ai enlevé par la baryte

dissoute l’acide mis en liberté par l’ébullition, conformément à la réaction (1), et j’ai constaté que, toutes choses égales, le pouvoir cryoscopique de toutes les solutions diminue de moitié. Lacryoscopie

s’accorde donc encore avec la thermochimie pour indiquer la forrria- tion d’un sel condensé en C~r’~.

(1) La molécule H20 empruntée

au

solvant est négligeable dans des solutions

à 10 de molécule pour 1.000 grammes d’eau.

(4)

723 Le sulfate (:r40 (SO~)5, d’après l’e~périence, ne renferme plus qu’un radical S~ capable de réagir sur les sels de baryte, par suite d’une hydrolyse de la forme :

C’est sans doute pourquoi un excès de bary te ne change pas la valeur du point de congélation de la solution où un certain nombre de molécules du genre Cr40 (SO")8 se trouvent remplacées par le même nombre de molécules du genre Cr’02 (SC4)~.

Cette expérience complémentaire m’a porté à penser que la réac- tion de M. Recoura affecterait une allure plus avancée, si l’on modi-

fiait les conditions indiquées par ce savant. Effectivement, en pro-

longeant l’ébullition pendant dix à quinze minutes, puis refroidissant

brusquement la solution, j’ai vu, par des mesures calorimétriques immédiates, que la quantité d’acide libre est supérieure de 4 à 70/0 à

celle qu’indique la réaction (’ ) de 1~1. Recoura.

Ici encore la cryoscopie des solutions refroidies concorde avec les résultats indiqués par la thermochimie :

En quelques heures, vers 1~°, l’excès d’acide libre disparaît, et le point de congélation se fixe à - 0’, r~l~ (pour! / 10 molécule par litre), quand la solution revient à la composition indiquée par M. Recoura.

En résumé, l’abaissement du point de congélation produit par les

quantités respectives SOÍH2 JZnS04]~, Cr2 (S04)3@ Cr’O (S 0

dissoutes dans 10 litres d’eau, est sensiblement le même, et cet abaissement ne dépend pas du degré d’ionisation des sels dissous.

Ce dernier point est tellement important qu’il convient d’insister.

Mes études sur les sulfates chromiques avaient principalement

pour but de soumettre l’hypothèse des ions à l’épreuve de faits sus- ceptibles d’être vérifiés directement par la chimie.

A l’inverse du sulfate violet dont les solutions se dédoublent immé- diatement et totalement par le chlorure de baryum, les sulfates verts isomériques Cr2(SO")3 ne précipitent qu’incompléter~nent par ce réactif. L’un d’eux même, iVl. Recoura l’a indiqué avant moi, ne pré-

(i) 11 vaudrait mieux écrire CrÀ(S0’l’(0H) en ajoutant 2 :II-U) pour mettre

en

évidence la basicité de la complexe.

(5)

cipite pas du tout. On doit conclure que ce composé, ne contenant pas les ions les plus simples SO~, est le moins ionisé des sulfates iso-

mériques. Pourtant, comme je l’ai constaté, son action sur le point

de congélation de l’eau est identique à celle du sulfate violet plus

riche en ions SO~.

Avec le temps, par une sorte d’hydrolyse interne, les dissolutions de ce sel inerte (oi~ l’acide est dissimulé) acquièrent la propriété de réagir sur les sels de baryte ; mais à cette ionisation supplémentaire ne correspond aucun changement dans les propriétés cryoscopiques (1).

J’ai précisé la question par des mesures de conductibilité faites au

laboratoire de 1~1. Bouty. Sur des solutions à 1/10 molécule par litre, j’ai observé que le point de congélation est indépendant du degré

d’ionisation. Il conserve sensiblement la valeur 0,415 tandis que la conductibilité des sels verts augmente à mesure que l’acide se

dissimule, c’est-à-dire à mesure que le nombre des ions S04 diminue dans la solution, et c’est le sel violet le plus riche en ions 504, d’après

l’action du chlorure de baryum, qui fournit les solutions les moins conductrices. Comme le pouvoir conducteur mesure le degré d’ioni- sation, mes expériences impliquent une contradiction manifeste entre les indications de la chimie et celles de la physique. Sur des

solutions au même taux, et se congelant toutes à

-

0°,41, voici dans

1

quelle mesure :

Cette anomalie n’est pas la seule.

Sur des sulfates obtenus par évaporation dans le vide, l’abais-

sement du point de congélation varie du simple au double en quelques heures, tandis que le degré d’ionisation de ce genre de sels dissimulés varie à peine de 10 0/0, d’après les mesures de conduc-

tibilité que j’ai exécutées parallèlement (2).

L’hypothèse d’Arrhénius conduit à considérer l’abaissement du

point de congélation A comme une fonction du nombre des molé- cules existantes n et du nombre ni des ions. Appliquée aux chlorures alcalins, elle donne des résultats qui concordent avec les mesures de conductibilité, quand on calcule le nombre n en supposant que la

(1) Ann. de Chim. et de Phys., ~90’T.

(2) Ann. de Chi1n. et de Phys. et C01np. rencl., ~90‘~.

(6)

725

particule dissoute non dissociée soit certainement NaCl et non pas

un multiple de cette formule. Elle parait être en défaut pour les sul- fates métalliques, car, dans les sulfates chromiques, il n’existe pas de rapport entre A et le degré d’ionisation. Quant aux sulfates des métaux bivalents, l’estimation du nombre n des particules dissoutes

devrait se faire d’après la formule (S04M)2 et non d’après la valeur

moléculaire hypothétique SO~M, et le calcul ainsi modifié donnerait

un total inférieur à celui que l’on admet généralement pour une même valeur de n.

.

Ces contradictions ne se limitent pas aux solutions aqueuses. La solution du chlorure de zinc dans l’éther conduit à une formule voi- sine de malgré les ions libres accusés par la conductibilité de cette solution. Il est vrai que, d’après M. Lespieau, cet agrégat

se dissocie, mais les particules salines restées libres sont loin d’at- teindre aux dilutions extrêmes, la forme simple ZnC12@ même en comptant à cet état les ions Zn et Cl accusés par la conductibilité.

Au contraire, dans le même solvant, le chlorure ferrique, supposé

non ionisé, prend la valeur FeCl3 en opposition avec la densité de vapeur Fe 2 C16 déterminée vers 500°, sous une pression équivalente

dans les deux cas. Il est donc probable que la constante cryosco-

pique, qui sert de base aux calculs, correspond déjà à un agrégat de

molécules chimiques.

Et en effet, de ce que l’abaissement cryoscopique moléculaire de l’acide chlorhydrique est double de celui de l’acide acétique et de l’alcool, on conclut que J-ICI est dissocié en ions H et Cl ; mais l’acide acétique est précisément un des corps qui ont motivé les études de

Cahours ; c’est le type des composés dont la molécule se complique

à mesure que la température s’abaisse. Sa molécule vers ~0°, estimée

d’après la densité de vapeur, c’est-à-dire d’après l’hypothèse d’Avo- grado, est voisine de (C2H’02)2. Les plus illustres observateurs, Ramsay, Raoult, ont retrouvé cette valeur dans des conditions tout à fait différentes. L’étude de ces variations me semble indiquée pour

aider à dénouer le noeud de cette question difficile de la valeur de la

particule dissoute, dont l’état de condensation Joue un rôle £1npor-

tant en comme on l’a vu par l’étude des sulfates dissous.

En résumé, la cryoscopie attribue à la particule dissoute une

valeur qui s’accorde avec les propriétés et avec les dédoublements

chimiques les mieux précisés.

1

Cette particule est le plus souvent formée par un agrégat de mo-

(7)

lécules chimiques, conformément à la règle de Cahours, qui régit

l’état de vapeur aux basses températures.

L’hypothèse des ions, nécessitée par une assimilation contestable des corps dissous aux vapeurs parfaites, est insuffisante dans cer-

tains cas.

Ces conclusions déjà anciennes semblent confirmées par les récentes déterminations de Fouard, qui prouvent que l’extension à l’osmose de la formule du gaz PV

-=

RT est loin de se vérifier aussi rigoureusement qu’on l’admet (’ ).

Berthelot avait donc raison d’affirmer que la scission d’une molé- cule en ions était hors de proportion avec une cause aussi faible

qu’un phénomène de dissolution, car la corrélation observée par M. Arrhénius entre la conductibilité et le nombre anormal des par- ticules dissoutes, origine de cette hypothèse, est souvent en défaut (sulfates chromiques, sels de zinc...). La conductibilité électrique dépend plutôt d’une dissociation de la particule dissoute. Quand

celle-ci est polymoléculaire et stable, elle est imperméable au courant électrique ; dès qu’elle se dissocie en molécules NaCl ou Cr2 (SO f)3...,

elle devient conductrice au fur et à mesure. Dans cet ordre d’idées, si

les sulfates chromiques sont inégalement conducteurs, cela tient à la nature différente de leur molécule complètement libérée par l’eau,

et non pas à une dissociation plus ou moins grande en ions.

LES ESSAIS DU POUVOIR CALORIFIQUE DU GAZ D’ÉCLAIRAGE A PARIS (2) ;

Par M. P. LAURIOL.

Au début, le principal emploi du gaz d’éclairage a été l’alimenta- tion des becs à flamme. Aussi les cahiers des charges prévoyaient

exclusivement des essais de pouvoir éclairant avec becs à flamme.

Malgré l’extension croissante de l’emploi du gaz pour le chauffage

et la force motrice, il en a encore été ainsi jusqu’à ces dernières

années. On pouvait alléguer, il est vrai, que le pouvoir éclairant, tel qu’on le mesurait, donnait jusqu’à un certain point une idée de la valeur du gaz comme agent de chauffage et de force motrice.

(1) Voir

ce

v ol. page 62 i .

( 2) Communication faite à la Société française de Physique, séance du T avril 1911.

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