HAL Id: jpa-00235822
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Submitted on 1 Jan 1958
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Spectromètre stellaire multicanal
Lawrence Mertz
To cite this version:
Lawrence Mertz. Spectromètre stellaire multicanal. J. Phys. Radium, 1958, 19 (3), pp.233-236.
�10.1051/jphysrad:01958001903023300�. �jpa-00235822�
SPECTROMÈTRE STELLAIRE MULTICANAL Par LAWRENCE MERTZ,
Harvard College Observatory and Smithsonian Astrophysical Observatory.
Résumé.
2014Un interféromètre a été construit en vue d’appliquer la technique du Dr Fellgett à
la spectrométrie stellaire dans le visible. Il est constitué essentiellement d’une lame biréfringente d’épaisseur variable entre polariseurs, équivalente à une section unique d’un filtre de Lyot, pouvant
donner une variation de la différence de marche de 175 03BB à 4 000 Å. Pour réduire le bruit de scin- tillation on module la différence de marche avec une lame à biréfringence électrique, à une fré-
quence de 3 000 cycles par seconde. Nous comptons d’autre part obtenir une réduction supplé-
mentaire en enregistrant le rapport du courant alternatif au courant continu du récepteur.
Cet interféromètre utilisé avec le télescope de Clark de 60 cm a permis de différentier les couleurs et les raies de la nébuleuse d’Orion, de la comète Arend Roland et de différentes étoiles.
Abstract.
2014An interferometer has been built in order to apply Dr Fellgett’s technique to
stellar spectrometry in the visible. Basically it consists of a variable retardation plate between polarizers ; equivalently a section of a Lyot filter. The path difference can be varied by 175 03BB
at 4 000 Å. In order to reduce scintillation noise one modulates the path difference at 3 000 cycles
per second with an electrooptic retardation plate ; complete cancellation can be obtained by measuring the ratio of AC to DC.
This interferometer used with the 24 inch Clark telescope easily differentiated colors and line structures of the Orion Nebuli, and the comet Arend Roland as well of various types of stars.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM TOME 19, MARS 1958,
L’emploi des cellules photoélectriques s’est
introduit en photométrie stellaire en raison de leur rendement quantique élevé, et de leur linéarité
dans un domaine étendu. Leur application à la spectrométrie stellaire a été néanmoins limitée en
raison du mauvais rendement propre à un mono- chromateur explorant un spectre. Le problème est
celui du rapport signal sur bruit. Dans le cas où le bruit de récepteur est prédominant, un interfé-
romètre à deux ondes possède un rendement bien
FIG. 1.
-Partie optique de l’interféromètre.
supérieur à celui d’un monochromateur. Le Dr Fellgett [1] a été le premier à faire remarquer
ce fait, et a déjà discuté l’aspect théorique de cette question. Dans le travail présenté ici, nous consi-
dérerons quelques-uns des aspects pratiques, et les
résultats d’une application. Nous ne nous atten-
dons pas à obtenir un gain considérable, étant
donné que le bruit de photons devrait être prédo- minant, mais nous préférons un niveau de signal
FIG. 2.
-Photographie de l’interféromètre,
un panneau étant enlevé pour montrer l’intérieur.
plus élevé, et ne pas avoir de fentes. Nous espérons également pouvoir utiliser l’interférogramme direc-
tement. Dans cette intention nous avons imaginé et
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01958001903023300
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construits un interféromètre à polarisation, de préfé-
rence à un interféromètre de Michelson. Les raisons de ce choix sont le bon rendement, la simplicité et
la robustesse. Il est essentiellement constitué d’une lame biréfringente d’épaisseur variable placée entre polariseurs. Ceci équivaut à une seule section d’un filtre de Lyot, mais avec une épaisseur variable.
C’est un compensateur de Soleil qui fournit des différences de marche comprises entre
-0,02 et
,
+ 0,07 mm, ce qui correspond, à 4 000 À, à envi-
ron 175 longueurs d’onde au maximum. Ce compen- sateur n’a pas besoin d’avoir une grande surface
étant donné qu’il est placé au foyer ; celle du nôtre est de 5 X 5 mm. Le faisceau est ouvert à envi-
ron J/18.
Des mesures préliminaires ont été faites avec cet
instrument placé au foyer Cassegrain du télescope
de Clark de 60 cm. Ces mesures avaient seulement pour but de montrer quel genre de courbes on
pouvait attendre de différentes étoiles. Avant que les caractéristiques du système du point de vue rapport signal sur bruit puissent être évaluées, le
bruit de scintillation (qui est proportionnel au signal et est ici le bruit prédominant), doit être
-annulé. Sans cela’le procédé interférométrique est théoriquement inférieur à la spectrométrie con-
ventionnelle. La première modification faite au
système fut, d’y ajouter une lame à biréfringence électrique variable à côté du compensateur de Soleil. Cette lame est fournie commercialement par la Cie Baird Atomic. C’est un cristal de phos- phate diacide de potassium qui devient biaxe par
application d’un champ électrique longitudinal.
Ainsi en faisant varier la différence de potentiel appliquée au cristal, ôn peut faire varier la diffé- rence de marche du système dans un petit domaine.
On applique "àu cristal environ 5 000 volts à 3 000 cyclesl par seconde, et le signal du photo- multiplicateur subit une détection synchrone. Ceci
revient à mesurer la dérivée du système de franges
d’interférences de sorte que le résultat soumis à la
mesure est la transformées de Fourier en sinus du
spectre et non la transformée en cosinus. Il y a
également un léger effet de filtrage sur le spectre.
Mais la propriété importante est que le niveau moyen du signal est maintenant zéro et non plus la
moitié du niveau de la lumière. Ainsi les bruits de scintillation qui sont prédominants en dessous de
500 cycles par seconde [2] et sont équivalents à des
variations de l’amplification, ne changeront pas le niveau moyen du signal et auront un effet propor- tionnellement plus petit sur de petits signaux. Le
flux lumineux total tombant sur le photomulti- plicateur est encore à un niveau élevé, de sorte que le bruit de photons ou le bruit shot, qui a des com- posantes de haute fréquence, reste inchangé. Tel
,est l’état présent de l’appareil.
La première. figure montre la partie optique de l’appareil y compris une deuxième modification qui
est en voie de réalisation. Il s’agit du rempla-
cement du premier polariseur par un prisme de Wollaston accompagné d’une lame demi-onde sur la moitié de la lentille de champ. Le prisme à double image fournit une image séparée pour chaque pola- risation ; la lame demi-onde fait alors tourner le
plan de polarisation de l’une des images pour le rendre parallèle à celui de l’autre. Le but de cette
opération est double : tout d’abord on utilise les
FIG. 3.
-Schéma d’un enregistreur de rapport.
deux polarisations de sorte que l’on gagne presque
une magnitude stellaire en sensibilité. Deuxiè- mement la lumière du fond du ciel est éliminée de la mesure, bien que son bruit subsiste. Une tech-
nique similaire a été utilisée par Ohman [3] bien qu’il néglige d’employer la deuxième polarisation.
On peut envisager l’effet sur la mesure en consi-
dérant que la mesure porte sur la différence entre deux systèmes de franges différant de une demi-
FIG. 4. - Schéma possible d’un enregistreur de rapport
en courant alternatif.
longueur d’onde. Cette différenciation nous ramène
en fait de nouveau à une transformation symé- trique, ou en cosinus.
-A l’exception d’un miroir reflex pour l’oculaire du
chercheur, ceci constitue tout le système optique.
La deuxième figure représente une photographie de
l’instrument, un côté étant enlevé pour permettre
de voir à l’intérieur.
Il reste une autre modification à faire. Il s’agit
essentiellement de la technique employée par Hiltner et Code [4] pour l’enregistrement d’un . rapport. Si l’on mesure le rapport du courant alter-
natif au courant continu du photomultiplicateur,
le bruit de scintillation est supprimé même au yoisi-
nage des maxima du courant alternatif (fig. 3). Etant
donné que je n’aime pas les amplificateurs conti-
nus, le système ressemblera plutôt à celui de la figure 4. C’est essentiellement le même, mais la
FiG. 5.
-Deux courbes provisoires obtenues par enregistrement des franges en courant continu.
FIG. 6.
-Deux courbes provisoires obtenues en courant alternatif,
avec le modulateur électro-optique. Magnitudes et classes spectrales des étoiles.
mesure du flux lumineux total est faite en le modu- lant.
Je voudrais dire maintenant que très peu de modifications seraient nécessaires pour utiliser l’instrument dans l’infra-rouge. Le quartz cristallin
est transparent jusqu’à la limite de transmission
atmosphérique, mais la lame électro-optique devrait
être remplacée par une lame quart d’onde tour-
nante. Le polariseur arrière serait remplacé par
un autre prisme à double image et la différence
entre ces deux images serait mesurée.
Les figures suivantes présentent quelques enre- gistrements. Le premier a été obtenu sans la lame . électro-optique, le deuxième avec. Il y a plusieurs pépins, surtout d’origine électronique, dans le mon- tage, et le rapport signal sur bruit est encore loin
du Diveau attendu. Un problème particulier est
l’induction électrique par la haute tension appliquée
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au cristal. Il a été depuis blindé en partie et des enregistrements améliorés ont été obtenus. Mais il n’y avait plus le temps d’en faire des repro- ductions.
Je voudrais également dire un mot de notre pro- gramme préliminaire. Nos premiers efforts tendront à obtenir une classification empirique des types spectraux, reposant à la fois sur une discrimination
grossière des couleurs (grâce aux franges centrales à
contraste élevé) et sur les détails correspondants à
une résolution modérée (qui apparaissent plus loin
du centre sur les interférogrammes). Pour autant
que je sache ce serait la première classification
photoélectrique fondée sur les caractéristiques des
raies d’absorption des spectres stellaires.
Nous espérons utiliser les enregistrements eux- mêmes, sans faire la transformation pour obtenir le spectre. Cette tâche pourrait être entreprise plus tard.
’En guise de conclusion je désirerais remercier le Dr William Sinton et le Dr Fred Whipple pour leurs encouragements ainsi que pour les discussions
profitables que j’ai eues avec eux.
.