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Academic year: 2021

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CONCLUSION GENERALE

En abordant cette étude sur la céramique ancienne et actuelle de la République du Congo, notre objectif était de contribuer à une meilleure connaissance de l'histoire des populations de cette région, qui constitue le foyer de l'une des plus importantes formations politiques de l'Afrique centrale.

Notre démarche, ethnoarchéologique est basée sur l'observation de chaînes opératoires des céramiques Kongos, mais également sur des prospections et recherches archéologiques sur une grande partie du territoire national.

On a mis en évidence les divergences et convergences techniques et stylistiques au sein de la céramique Kongo. On observe, par exemple, une grande homogénéité en ce qui concerne les techniques de façonnage au colombin et l'usage du Bridelia Ferruginea et une grande diversité en ce qui concerne les formes et les décors. Il est apparu que les deux principaux ensembles de céramiques auraient pour origine commune le royaume Kongo.

Dans cette conclusion, notre réflexion portera sur deux aspects : 1- Facteurs d'identification et de sédentarisation.

2- Facteurs d'unité culturelle des populations Kongo-Congolaises.

Notre réflexion sur les facteurs d'identification et de sédentarisation des

Kongo-Congolais se base sur les prospections, les sondages et les fouilles

archéologiques, ainsi que sur la collecte et l'observation des données

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ethnoarchéologiques. Ces dernières proviennent, on l’a vu, de recherches précédentes et de recherches que nous avions faites nous mêmes sur les ¾ du territoire national, Mpika (1996).

Quant à notre réflexion sur les facteurs d'unité culturelle des populations Kongo-Congolaises elle se focalise sur les identités culturelles communes qui se distinguent d'un centre de façonnage des poteries à un autre.

1) Des facteurs d'identification et de sédentarisation des Kongo- Congolais:

Plusieurs chercheurs, qui se basent sur des données archéologiques, ethno-archéologiques, anthropologiques et historiques, émettent l'hypothèse selon laquelle : "Le centre des hauts plateaux du Nord-Ouest du Cameroun appelé Grass Fields, semble être le point de départ des migrations bantoues".

Nous pensons qu’il n'est pas impossible qu'au premier millénaire avant

notre ère, les populations Bantoues, Kongo y compris, aient maîtrisés les

techniques de façonnage des poteries traditionnelles. Il est vraisemblable

qu'avant leurs migrations de l'ancien royaume de Kongo, migrations dues aux

calamités naturelles et aux batailles d'Ambwila entre Kongo et Yaga qui

éclatent au 18 e siècle, les Kongo (Manyanga, Sundi, Dondo, Kamba, etc.)

aient maîtrisés les procédés des techniques d'ébauchage et de préformage des

poteries traditionnelles que nous venons d'observer dans les chaînes

opératoires.

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En effet, c'est au cours des migrations bantoues sans nulle doute qui s'échelonnent vers l'Est entre -1000 et 400 avant notre ère et vers le sud entre 1000 et 200 avant notre ère selon Philipson W. (1980), que les proto-bantous, y compris ceux du Congo des deux rives, aient peuplés les anciennes régions de l'Afrique Centrale.

Ainsi les Bantu congolais multiethniques auraient peuplé à des périodes très lointaines les 342.000 km².

Ces mouvements migratoires déjà richement et récemment étudiés par les ethnographes, les anthropologues, les linguistes et les historiens : Vansina 1976, Goïe-Ngalla (1978), Ndinga-Mbo (1984) pour ne citer que ceux là, restent encore problématiques.

Des infimes recherches archéologiques faites en Afrique Centrale et au Congo révèlent la présence de plusieurs sites anthropiques riches en tessons de céramiques anciennes et des poteries traditionnelles qui se recoupent par les formes et les décors. Les recherches sur les technologies des céramiques anciennes sont inépuisées.

Toutes les recherches déjà publiées nous permettent de développer les

facteurs de sédentarisation. Parmi les travaux déjà réalisés, ceux de Coart et

Haulleville (1907 : pp.1-194), montrent l'histoire d'une céramique qui se

développe avant le 19 ème siècle au Congo Démocratique.

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Déjà en 1980, Philipson parle de l'apparition d'un type de poteries en Afrique Orientale et méridionale datées entre 300 avant J.C. et 600 après J.C.

Deux importantes séries de découvertes des récipients en Argile cuite furent localisées : l'une par Nenquin en 1959 Tsikapa entre la frontière de l'Angola et de la province congolaise du Kassaï, et l'autre à Mbanza Ngungu au Bas Congo par Mortelmans en 1962.

Dans les mêmes zones, de Maret découvre en 1975 des haches en pierre polie associées à de la poterie.

Buisson signale en 1930 le montage de la poterie au Colombin par les Bamilékés du Cameroun.

Récemment certains travaux de recherche en ethnoarchéologie ont été faites par Gosselain en 1995, par Livingstone Smith en 2001 et les fouilles archéologiques faites par Mbida en 1995. Tous ces travaux traduisent et signalent une richesse immense des céramiques sub actuelles dont les analyses des techniques s'apparentent à celles des poteries montées par les potières Kongo.

En effet, au Congo Brazzaville, nos recherches sporadiques en archéologie nous ont permis jusqu'à ce jour d'identifier plusieurs sites archéologiques d'habitats ruraux. Les sondages de ces sites révèlent incontestablement la présence d'une céramique ancienne.

Déjà des principaux sites riches en céramiques anciennes ont été

repérés ici et là dans tout le Congo, parmi les sites qui traduisent la présence

d'un peuple sédentaire, nous relevons :

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au Bas-Kouilou particulièrement à Tchissanga en allant vers le Gabon un site riche en céramique datée 4 e S. av. J.C. découvert par Denbow en 1990;

dans les régions de la Sangha 1 et de la Ngoko, Eggert et de Maret y ont localisé des sites riches en céramiques. Dans la même région en allant au Cameroun sur l'axe du fleuve Ngoko et en passant par Tala-Tala, Mokoundou-Yokadouma jusqu'à Yaoude, nous avons localisé à Tala- Tala, à Zengouaga puis à Bolozo au bord de la Sangha, des sites riches en céramique.

le long de la Likouala aux herbes, et de l'Oubangui, nous avons aussi identifié en 1995, une céramique ancienne sur les sites de Djemba Rivière et de Mabongo;

le long du fleuve Congo au Nord de Brazzaville particulièrement à Makotipoko, la céramique Moye a été identifiée par l'anthropologue Delobeau, le Professeur Ndinga-Mbo puis par Pinçon;

dans les zones de la rivière Lifoula, plusieurs tessons de céramique ancienne d'allure Téké ont été identifiés (Pinçon 1984 ; Mpika 1986).

Autour de Brazzaville, des sites archéologiques ont été localisés. Les fouilles systématiques de l'Orstom ont permis de découvrir des céramiques anciennes à un niveau situé au-dessus de l'alios. Ils ont été découverts en 1982 par Lanfranchi et une équipe d'étudiants archéologues dont Charles Louzolo et moi.

L'ouverture de la route de la corniche de Brazzaville nous a permis de localiser des fosses dépotoirs. Les objets archéologiques qui proviennent de

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Il s'agit des sites archéologiques identifiées par le Professeur Pierre de MARET, cf. la communication

personnelle dans la salle des conférences de l'hôtel Méridien à Brazzaville.

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ces fosses dépotoirs sont riches en poteries traditionnelles à patte blanche, avec des parois incisées aux arrêtes de poissons.

La colline case De Gaulle entaillée par les bulldozers qui prenaient la terre pour le remblayage et le terrassement de la route de la corniche avait favorisé la collecte d'environ 620 tessons de poteries anciennes et du matériel lithique. Le matériel lithique issu aux endroits du ravin de la glacière était composé des éclats de débitage, des bifaces lancéolés et foliacés, puis des galets (non et) aménagés. La matière première provenait sans nulle doute au niveau de la stone-line qui se situe à moins six (-6) mètres du niveau supérieur de la terre arable. La structure de ce matériel lithique issue de la stone line est constituée de grès polymorphe et de quartz. Ainsi la colline Case De Gaulle riche en matériel archéologique nécessiterait un suivi en procédant à des fouilles systématiques en archéologie.

Les sites anthropiques de Bitala situé entre Ngoma Tsé Tsé et Mabaya, le site de Ndjili situé au Nord de Brazzaville, le site de la grotte de la marmite téké situé au Nord de la rivière Loa, à 1,50 kilomètre de Ngouedi, les sites de Diosso et Loango, de Kakamoueka, ont mis au jour des tessons de poteries de diverses origines ethniques. Aucune fouille archéologique systématique n'a été faite dans cette zone.

Les coupes stratigraphiques que nous avons obtenues sur les sondages

archéologiques ont retenu notre attention dans les phénomènes de

cohabitations Kongo-Téké et des populations environnantes. Dans certains

cas, on trouve par exemple, une superposition de la céramique Oubangienne

des Bomitaba avec celle des Moyes, et des Téké avec celle des Kongo dans

les sites de Bitala, puis de Ndjili par exemple.

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Puis enfin, on trouve une convergence des céramiques dans les sites de la colline du stade Franco Anselmi, St. Pierre, de Mongo Mpoukou Koufoli, enfin dans presque toute la zone méridionale de Pointe-Noire. Ces sites, qui constitueraient des projets de fouilles et recherches en ethnoarchéologie témoignent de la sédentarisation des populations dans les zones précitées.

Face à la présence ou à l'abondance de ses sites anthropiques où l'on relève la superposition des tessons de céramiques Kongo-Congolaises et Européennes, nous pouvons émettre plusieurs réflexions sur le mélange des populations et sur l'utilisation des poteries. Ces réflexions permettent d'émettre à l'hypothèse d'une cohabitation entre les Kongo et les Vili, les Teke et les Kongo. Enfin, la présence des céramiques européennes sur les sites de Pointe-Noire traduisent sans nulle doute le brassage Kongo/Congolais avec le monde européen.

Les fouilles archéologiques systématiques envisagées sur les différents sites anthropiques découverts contribueraient davantage à notre réflexion sur les facteurs d'identification, de sédentarisation et d'unité culturelle des populations Kongo-Congolaises.

Mais l'étude sommaire des objets issus des sites archéologiques ou anthropiques suffirait-elle pour confirmer l'hypothèse de cohabitation des populations congolaises ?

2) Des facteurs d'unité culturelle des populations Kongo

Pour cette réflexion nous relevons trois principaux faits :

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2.1. Le façonnage des poteries fait à l'aide d'un cône d'argile à base arrondie identifié dans tous les centres de production des céramiques traditionnelles Kongo,

2.2. Le montage des poteries aux colombins,

2.3. Le décor des poteries au bridelia ferruginéa par toutes les potières Kongo.

Premier aspect : façonnage des poteries sur cône à base arrondie

Le procédé d'ébauchage des poteries sur fond de cône à base arrondie a été identifié dans tous les centres de production des poteries kongo. Celui-ci consiste à creuser le cône inversé dans la partie circulaire, ce pour tout début d'ébauchage de la panse d'un récipient. Ici l'unicité du cône se décèle n'est ce pas d'une région à l'autre.

Deuxième aspect : montage des poteries aux colombins

Le colombin est un boudin d'argile mou, que la potière Kongo obtient

en pétrissant et en enroulant l'argile pétrie entre ses deux mains, pour façonner

des vases sans l'usage d'un tour. Normalement le colombin peut atteindre 15 à

30 centimètres de longueur sur un à trois centimètres de diamètre, selon la

forme du vase à façonner. Notons que le procédé de façonnage des poteries

aux colombins est largement connu des potières bantoues et des potières

Kongo-Congolaises.

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Du Nord au Sud du pays, on a identifié plusieurs centres de fabrications de poteries traditionnelles où l'on utilise les colombins. Les centres de production des céramiques identifiés sont les suivants (du Nord au Sud):

- Enyélé, Mabongo, Epena pour la céramique Oubanguienne.

- Makotipoko pour la céramique Moye.

- Kinkélé, Ingoumina pour la céramique Téké.

- Ntombo-Manyanga, Masséssé, Foota, Panga Yengola, Ngouédi-Seka, Kinguembo, Nganda Mbinda, pour la céramique Kongo et Sundi.

- Kibangou pour la céramique Kuny.

- Mpandi-Bissa pour la céramique Bembé.

- Loyo pour la céramique Ombamba.

Après le montage des poteries aux colombins, malgré quelques discordances stylistiques que nous avions identifiées, on trouve partout deux types de vase : vase ouvert ou fermé. Chaque type porte un nom spécifique selon les différents groupes ethniques.

Ainsi, chaque groupe ethnique désigne l'ensemble des marmites ou des gargoulettes par les noms ci-dessous désignés et qui se recoupent par leur analyse.

- Mbéa et ékéi sont la désignation des vases dans la Région de la Likouala.

- Eyemba, Leloko désignent les vases dans la région de la Cuvette.

- Kinzu, Yuki, Nkalu, désignent des poteries dans la région du Pool et tout le Bas Congo.

- Ongélé, Mbéké, désignent les poteries dans la région de la

Lékoumou.

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- Kiyobi, Yuku, Sanga, Kisa, sont les noms par lesquels on désigne des vases dans la région de la Bouenza.

- Isanga, muhengo désignent les vases dans la région du Niari.

- N'zuu, N'kié désignent les vases dans la région des Plateaux.

- Mbéa, béa désignent les vases dans la région de la Sangha.

- N'zungu-ntuma et tchitéko désignent les vases dans la région du Kouilou.

Des analogies, des formes de vases se recoupent avec d'autres groupes ou sous-groupes ethniques. Ainsi les aspects de recherches onomastiques convergent à travers l'analyse des cultures matérielles. Cette analyse nous a poussé à observer la question d'unité culturelle Kongo, par des exemples de croisement ethnorégional des noms qui désignent les poteries d'un groupe ethnique à l'autre :

Les mots mbéa, béa et ékéi se recoupent dans les régions de la Likouala et de la Sangha.

Yuki, et Yuku se recoupent dans les régions du Pool et de la Bouenza.

Sanga et Isanga peuvent se regrouper avec les régions de la Bouenza et du Niari.

Nzuu, kin-zu, nzu-ngu concorde avec presque toutes les populations des régions du bas-Congo, de la R.D.C. au Congo.

On note quelques différences stylistiques du point de vue des

techniques d'ébauchage. La poterie chez les potières oubanguiénnes est

ébauchée entièrement aux colombins, depuis le fond jusqu'au bord. En

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revanche chez les Kongo et les Téké, le montage au colombin n'intervient qu'après le creusement du cône à base arrondie.

Troisième aspect : Décor des poteries au Bridelia Ferruginea

Le Bridelia ferruginéa est un arbuste de savane communément appelé par les mêmes noms, presque par tous les Kongo. Il est aussi utilisé par toutes les potières Kongo et Téké pour le décor des poteries. Tandis que les potières Bomitaba, Mondjombo et Moyes utilisent la résine de copal pour le décor des vases.

Chez les Kongo, le décor des vases au bridelia ferruginéa est obtenu soit par macération ou par tournage à la décoction du bridelia ferruginéa.

Parfois certaines potières font le décor par incision des parois du vase à la spatule aux arrêtes de poisson ou à l'aide du "dicrotachynutans".

Ainsi les trois aspects culturels identifiés dans les centres de fabrication des céramiques Kongo : (Manyanga, Dondo, Kamba et Bembé) apparaissent tour à tour comme des facteurs d'unité culturelle, de civilisation et de brassage des populations bantu.

Nous avons identifié plusieurs sites anthropiques riches en tessons de

céramique qui retracent bien l'émergence des communautés villageoises et des

populations utilisant la poterie traditionnelle. Il n'est pas impossible que ces

sites archéologiques traduisent des points de sédentarisation des populations

Kongo qui peut-être se seraient installées là il y a des millénaires pendant ou

avant les migrations Bantu.

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Cet ensemble technique Kongo, identifié par le biais de la céramique traditionnelle, peut-il être mis en parallèle avec le royaume Kongo décrit par Vansina ? Pour rappel, Jan Vansina décrit un royaume Kongo qui aurait explosé vers 1720, suite aux calamités naturelles et aux guerres : "Le principal changement qu'ait subi toute cette région au cours du XVIIIè siècle est la transformation du Kongo. De royaume unitaire celui-ci se transforma en une série de petites chefferies qui reconnaissait encore un seul souverain" Vansina traduit de l'anglais par J. Taminaux (1965 : p.146).

Malheureusement cette unité culturelle Kongo fut fragilisée au XVIIIè siècle, vers 1720 Jan Vansina relate bien l'éclatement du Royaume : "Il n'y avait même plus de Nation Kongo unique … Vers 1900 les NDIBU s'étaient scindés des Mushi Kongo et plusieurs tribus séparées s'étaient formées dans le Sundi Nord". (Vansina, op.cit., p.146).

Les recherches archéologiques et ethnoarchéologique apportent de nos jours des données qui risquent de modifier l'histoire des mouvements migratoires. Déjà sur les côtes de l'Atlantique peuplées par les populations Vili au Nord de Pointe Noire, on y a identifié une céramique ancienne datée du 4 e siècle avant notre ère, qui sont alors ces populations? Cette question doit être explorée d'avantage.

Nous venons d'identifier au cours de nos enquêtes orales, nos prospections et sondages des sites archéologiques, des tessons de céramiques et des poteries avec ou sans décor au niveau de Pointe Noire et ses environs dans la région de Diosso et le Loango actuel.

Autour de Mindouli, de Mfouati et de Boko-Songho qui sont les

régions métallifères du Bas-Congo occidental, nous avons aussi identifié des

tessons de céramique qui incontestablement ont les formes des poteries

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actuelles. Les traditions orales reconnaissent d'une part les anciennes formes des poteries que nous avons exhumées des sites de Bitala, de Soulou, de Missama, du Loango et Diosso, de Ngouédi et de Mfouati, puis de Manyanga.

Celles-ci confirment bien les cohabitations Kongo-Téké dans les Manyanga Mpika (1986) Lanfranchi (1991,170-172).

En effet jusqu'au 15 e siècle avant l'arrivée des Européens en 1483 le Royaume de Kongo d'où provenaient les aïeux des Dondo, Kamba, Manyanga et les Sundi à en croire leurs traditions orales, était encore sans doute uni par le commerce des échanges, le troc.

Le commerce favorisé par l'évolution des villes et des routes, était le trait d'union des populations Kongo dans le Soyo et le Loango. A cette époque, le troc fut encore monnaie courante du commerce extérieur. La poterie était un moyen d'échange dans le commerce. Elle favorisait aussi l'unité inter régionale, puis internationale. A titre d'exemple, Hilton (1985, p.112) souligne qu'au XVIe siècle, dans le commerce d'esclave, Soyo s'approvisionnait en sel, en échange d'habit et produits des zones écologiques alternatives; il recevait ou bénéficiait localement des demandes, de nourriture, des bois, et de la poterie de la part des bateliers et des commerçants.

Les formes des poteries que nous venons d'identifier dans cette étude chez les Kongo, les Sundi, les Dondo, les Kamba et les Bembé constituaient jusqu'aux années cinquante (50), voir dans la deuxième moitié du 20 e siècle un moyen d'échange privilégié pour les potières Kongo.

Elles faisaient encore le troc des poteries contre d'autres produits

vivriers : viande, poisson, manioc, etc. Nous avons eu la chance d'assister à ce

genre de troc de poissons échangés avec la poterie ou de la banane à Mtombo.

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Toutes les populations riveraines du Bas-Congo (Zaïre-Congo) venaient encore s'approvisionner en poisson dans ce marché de troc situé sur la rive droite du fleuve Congo. Ainsi, les poteries produites dans les deux rives du fleuve : haut et bas Congo constituaient non seulement un ensemble unitaire du point de vue de la culture céramique, mais aussi elles furent aussi un facteur d'unification sur le plan des communications et des échanges. Les poteries unissaient donc les populations des deux rives du Congo.

De nos jours, dans les marchés de Loutété, Mfouati, Bouanza, Madingou, Boko Songho et d'autres, se brassent les commerçants hommes et femmes, potières y compris. Ils viennent de tous les horizons des deux Congo voisins. Les populations des villages Manguembo Tadi, Sundi-Kinganga du Congo Démocratique se brassent dans les marchés de Mindouli, de Missafou et de Mbandza Mpoudi dans le Congo Brazzaville.

De même on trouve aujourd'hui dans les villes cosmopolites de Brazzaville et de Pointe-Noire des points de ventes des poteries traditionnelles. Elles sont mélangées avec les ingrédients sur des étalages spéciaux. Les poteries Kongo constituent donc encore, malgré les disparitions progressives des vieilles potières, un art traditionnel bantu qui attire toujours les populations autochtones et étrangères.

Ainsi avec l'identification des principaux centres de façonnage des poteries Kongo, nous venons d'apporter une contribution à l'histoire des techniques et du peuplement Kongo dans la zone en Afrique centrale.

Au terme de ce travail, nous avons relevé plusieurs facteurs qui déterminent l'unité sociale et culturelle des populations Kongo. Il faut admettre certaines lacunes, liées pour l'essentielle à des problèmes logistiques.

Dans un pays où le tissu national est détruit par la guerre, nous ne pouvons

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prétendre à l'exhaustivité. Nous espérons néanmoins que la découverte de nombreux sites archéologiques permettra de relancer la recherche dans le pays.

La valorisation du patrimoine culturel céramique, riche, mais en voie de disparition pourrait être assuré par une exposition mobile d'art céramique.

Cette exposition pourrait retracer et renforcer, par le biais de la céramique, l'unité culturelle congolaise dans une perspective respectueuse de sa diversité ethnique.

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