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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00206689

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206689

Submitted on 1 Jan 1968

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Désintégration du terbium 164

E. Monnand, A. Moussa

To cite this version:

E. Monnand, A. Moussa. Désintégration du terbium 164. Journal de Physique, 1968, 29 (7), pp.545-

549. �10.1051/jphys:01968002907054500�. �jpa-00206689�

(2)

DÉSINTÉGRATION

DU

TERBIUM

164

Par E. MONNAND et A.

MOUSSA,

Laboratoire de Chimie Nucléaire, Centre d’Études Nucléaires de Grenoble.

(Reçu

le 4 mars

1968.)

Résumé. 2014

Étude

par

spectrométrie

03B3 du terbium 164

produit

par la réaction nucléaire

164Dy(n, p)164Tb

avec des neutrons de 14 MeV.

L’énergie

maximum du

spectre 03B2 E03B2

= 3,1 ± 0,1 MeV

et la

période T1/2

= 3,2 ± 0,2 mn de 164Tb ont été mesurées. Un schéma de

désintégration

radioactive de 164Tb est

proposé.

Abstract. 2014

Study by 03B2

and y

spectrometry

of 164Tb

produced by

the

164Dy(n, p)164Tb

nuclear reaction with 14 MeV neutrons. The maximum energy of

the 03B2 spectrum E03B2

= 3.1 ± 0.1 MeV

and the half-life

T1/2

= 3.2 ± 0.2 mn of 164Tb have been measured. A

decay

scheme for

164Tb is

proposed.

Tome 29 No 7

JUILLET

1968

LE JOURNAL DE PHYSIQUE

L’isotope

164 du terbium n’a 6t6

signal6 jusqu’ici que

par Alstad et

Pappas [1] qui

l’ont obtenu a

partir

de

produits

de fission et lui attribuent une

p6riode

de 24 heures.

Au cours de la redaction de cet

article,

nous avons

eu connaissance d’une etude de cet

isotope

par Kaffrell et Herrmann

[2].

Nous avons

produit

164Tb au moyen de la reaction nucl6aire

164Dy(n, p)164Tb.

Le

dysprosium (200 mg)

enrichi a

92,71 %

en

164Dy provenant

du Laboratoire d’Oak

Ridge

est irradie avec un flux de neutrons

de 14 MeV de l’ordre de 101° n.cm-2

s-1, produit

par un acc6l6rateur Sames de 400 kV du Service des Acc6l6rateurs du Centre

d’Etudes

Nucl6aires de Grenoble.

L’étude par

spectrom6trie

y de la

désintégration

du 164Tb a ete effectuée a l’aide d’un d6tecteur semi- conducteur

Ge(Li)

de

4,8

cm2 de surface et de

10,5

mm

d’6paisseur,

dont la resolution est de

4,5

keV pour la raie de 662 keV de 137Cs.

L’analyse

du

spectre

est faite a 1’aide d’un

analyseur Intertechnique (conver-

tisseur CA 13 et bloc m6moire BM

96)

de 2 048 canaux.

La duree d’irradiation est de 4 mn. Le d6but de la

premiere

mesure a lieu 1 mn

apr6s

la fin d’irradiation pour permettre la décroissance de 16N

(7 s)

et de

165mDy (75 s).

La duree d’une mesure est de 4 mn.

D’autres mesures de meme duree sont faites a la

suite,

ceci afin de suivre la décroissance de l’ échantillon et

de determiner ainsi la contribution des elements para- sites :

165mDy (75 s)

et

165gDy (2,3 h) produits

par la

reaction

164Dy(n, y),162Tb (8 mn)

et 163Tb

(19 mn) produits

par les reactions

162Dy (n, p)

et

163Dy(n, p)

et

enfin 161Gd

(3,6 mn) produit

par la reaction

164Dy (n, oc) .

La

figure

1 montre le

spectre

obtenu

apr6s

somma-

tion de 8 irradiations successives et

apr6s

soustraction du spectre no 2

(t

= 5 mn a t = 9

mn)

du

spectre

no 1

(t

= 1 mn A t = 5

mn),

cette derni6re

operation ayant

pour but d’61iminer le

plus possible

la contribution de

165gDy

et 163Tb de

periode

assez

longue. Apr6s cela,

il reste encore les raies

parasites

dues a

165mDy

et 161Gd

qu’il

n’est pas

possible

d’61iminer sans

separation chimique. Or,

vu la

p6riode

de ce corps et la

quantite

de matiere

irradi6e,

il n’est

pratiquement

pas

possible d’envisager

une telle

separation.

Le tableau ci-dessous

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01968002907054500

(3)

546

p s

t

16

b

e

cd

Ol) s t

!

m

(1)

0

a

e r

r b

s

r C.)

--4

FI IG

F

(4)

547

FIG. 2. - Courbes de decroissance de différentes raies de 164Tb.

donne

1’energie

et l’intensit6 des raies les

plus impor-

tantes, la raie de 169 keV servant de reference.

Des transitions de

plus

haute

6nergie,

au-dessus

de

1,5 MeV,

existent surement car le

spectre

ne tombe

pas a

zero, mais, l’efficacité

de notre d6tecteur d6crois-

sant tres

rapidement

avec

1’energie,

il ne nous a pas ete

possible

de les identifier. D’autre part, une raie bien visible a 1 780 keV a en realite une

p6riode

de

2,3

mn.

Nous 1’avons identifi6e comme

appartenant

a 28Al

produit probablement

par la reaction

28Si (n, p)28AI à partir

du silicium

present

comme

impuret6

dans

l’oxyde

de

dysprosium

enrichi et dans le conteneur

en

polythene. D’ailleurs,

cette raie n’est pas visible

quand

on irradie

l’oxyde

de

dysprosium

naturel soi-

gneusement

purifi6.

Nous avons mesure la

p6riode

de 164Tb en suivant

la décroissance des

principales

raies

(169, 215,

611 + 618 et 754

keV),

nous avons obtenu une

p6riode : T1/2

=

3,2 ± 0,2

mn

(fig. 2),

en bon

accord avec celle

indiqu6e

par Kaffrell et Herrmann :

3,04 :::l::: 0,03

mn

[2].

Une irradiation de 8 h ne nous a pas

permis

de mettre en evidence un isomere

de

p6riode

24 h

signal6

par Alstad et

Pappas [1].

Si

cet isom6re

existe,

sa section efficace de

production

par la reaction

(n, p)

doit etre tres

petite.

Le

spectre

de

rayonnements P

a ete 6tudi6 au

moyen d’un scintillateur

plastique

de 5 X 5 cm.

L’analyse

de ce

spectre

par droite de Kurie

(fig. 4)

nous donne une

energie

maximale de 3 100

keV,

valeur

legerement superieure

à celle trouv6e par Kaffrell et Herrmann

[2] qui

est de 2 930 keV. Dans les irradiations

d’oxyde

de

dysprosium enrichi, l’impu-

ret6 de silicium d6crite

plus

haut

gene beaucoup

pour 1’etude du

spectre

dans cette

r6gion,

car

1’energie

maximale du spectre beta est tres voisine de celle du spectre de 28Al.

Aussi,

nous avons fait la mesure

repre-

sent6e

figure

4 par irradiation

d’oxyde

de

dysprosium

naturel

soigneusement purifi6,

les autres

isotopes

du

dysprosium

ne donnant pas de

spectres

beta dans

cette

region.

Les sources 6taient

beaucoup

trop

6paisses

pour faire une

decomposition

valable de la droite de Kurie.

Les niveaux excites de faible

energie

de

164Dy,

jusqu’a

1 225

keV,

sont tres bien connus

[3],

ils ont

(5)

548

F’IG. 3. - Schema de

desintegration

de 164Tb -->

ls4Dy.

ete obtenus par differentes

m6thodes,

telles que reac- tions

(d, p)

et

(p, p’),

excitation coulombienne et

capture neutronique

dans

163Dy.

Nous retrouvons bien dans notre

spectre

les transitions d6sexcitant ces ni-

veaux

d6jh

connus et nous pouvons ainsi construire

un schema

(fig. 3) identique

a celui donne par

Schult

[4] jusqu’au

niveau de 1 225 keV. L’attribu- tion des

spins

et

parites

a ces niveaux est celle donn6e par cet auteur. De nombreuses raies de forte intensite

présentes

dans le

spectre n’ayant

pas trouve

place

dans ce

sch6ma,

nous avons ete amenes à chercher s’il n’existait pas des niveaux

d’6nergie plus

6lev6e.

Pour

cela,

nous avons fait des mesures de coinci- dences y-y avec un

système semi-rapide (2T

= 10-1

s)

dont le

principe

est la detection du passage a zero

d’impulsions bipolaires.

Ces mesures ont ete faites

avec le d6tecteur

Ge (Li)

de 5 cm3 et un cristal

NaI (Tl)

de

7,6

X

7,6

cm.

L’enregistrement

est

biparamétrique (64

X 64

canaux).

Ces mesures montrent en

parti-

culier que les y de 611 et 618 keV sont en coincidence

entre eux et avec les y de

215,

688 et 762 keV. Nous

avons mesure aussi le spectre y en coincidence avec

la

partie

du

spectre P

de haute

6nergie,

au-dessus

de

2,2

MeV. Ce spectre montre seulement les transi- tions de

73,

169 et 259

keV,

la

premiere

nettement

plus faible, relativement,

que dans le

spectre direct,

ce

qui indique

que la branche

P- d’énergie

maximale

3 100 keV alimente

probablement

le niveau 4+ à 242 keV. Le bilan de

désintégration

est alors

Qf3

= 3 340 keV. La valeur

pr6vue

par la

syst6matique

des masses nucl6aires est 3 500 keV

d’après

les Nuclear Data Sheets

[3]

et 3 800 keV

d’après

la

compilation

de Mattauch et al.

[5].

Au-dessus de 1 225

keV,

nous proposons des ni-

veaux a

1 588,

2 194 et 2 205

keV, qui permettent

de

placer

toutes les transitions gamma dont l’intensit6 est

suffisante

(>

3

%

de celle de la transition de 169

keV)

pour

qu’on puisse

verifier

qu’elles

d6croissent avec une

p6riode

de l’ordre de 3 mn. Seules trois transitions

(346, 410

et 647

keV)

relativement intenses

(ly -

25

%

de la transition de 169

keV)

ne sont pas

plac6es.

D’autres

transitions, plus faibles, appartiennent

peut-

(6)

549

FIG. 4.

Spectre

de rayonnements beta de 164Tb ->

164Dy.

etre a

164Tb,

mais elles

peuvent

aussi etre dues a des

contaminations,

comme on 1’a vu

plus

haut pour celle de 1 780 keV. Les bilans d’alimentation beta sont

indiqu6s

sommairement. Le niveau a 2 205 keV

reçoit

environ 42

%

des

désintégrations,

celui a 2 194 keV

environ 14

%

et celui a 1 588 keV environ 38

%.

Les niveaux inferieurs sont peu aliment6s et la

pr6ci-

sion des bilans d’intensit6s des transitions gamma est

insuffisante pour tirer des conclusions

pr6cises

sur

I’alimentation beta.

Cependant,

on constate que les niveaux de

spin

2 et 3 sont tres peu

aliment6s,

ce

qui, joint

aux remarques faites

plus haut,

est

compatible

avec un

spin

5+ pour le niveau fondamental de 164Tb.

Ce

spin

est celui

pr6vu

par les

r6gles

de

couplage

de

Gallagher

et Moszkowski.

Nous avons

place

sur le schema le niveau 6+ de la bande K = 2 a 1 158

keV,

trouve par reaction

163Dy( d, p) [6].

La transition

qui

le d6sexcite vers le niveau 5+ de la meme bande est de tres faible

intensite,

et ce niveau est tres faiblement aliment6. La

precision

des mesures d’intensit6 ne

permet

pas une compa- raison utile des alimentations beta des divers niveaux de cette bande.

Le schema

propose

est tres voisin de celui de Kaff- rell et Herrmann

[2],

a

1’exception

du niveau à 2 818 keV pour

lequel

nous ne trouvons pas de tran- sitions surement attribuables a 164Tb.

Nous remercions la Direction du Centre

d’Études

Nucl6aires de Grenoble pour les moyens mis a notre

disposition.

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