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Evolution récente et perspectives de l’aviculture
P. Stevens
To cite this version:
P. STEVENS
INRA
Nouzilly
Station de Recherches Avicoles
37380 Monnaie
Evolution
récente
et
perspectives
de
l’aviculture
Sur
unmarché
agricole
encombré de
produits
enquête
de
débouchés
solvables,
la
consommation
et
l’exportation
des
produits
avicoles
ne
cessent
de
sedévelopper...
Actuellement,
la
France
est
le
premier
producteur avicole
de la
C.E.E.
avec18
%
de la
production
communautaire
d’oeufs
et 23
%
de celle
de
viandes
de volailles.
Placée dès 1962 dans un contexte
commu-nautaire
qui
interdisait toute interventionnatio-nale,
l’aviculture a évolué pour satisfaire aumieux les
exigences
quantitatives
etqualitatives
de la demande. Commercialisant sur un marché
très
concurrentiel,
souvent saturé bienqu’en
dé-veloppement,
seules lesentreprises
dvnamiques
qui
ont su à la fois améliorer laproductivité
éco-nomique
des activitésqui
dépendaient
d’elles,
et
adapter
leursproductions
auxexigences
desconsommateurs ont maintenu, voire accru, leur
part de marché. Par le
jeu
d’une économie contractuelleéquilibrée
elles ont pudévelopper
et diversifier leurproduction,
moderniser leur outil de transformation et de conditionnementtout en demeurant
compétitives.
Bien que lespositions
soient maintenantdavantage
assurées,elles ne sont pas définitivement
acquises
etcomme nous allons le voir, leur maintien néces-site
chaque
jour
un effortsupplémentaire
d’ima-gination
pourprévoir
l’évolution de la demandeet mettre
opportunément
en marché lesproduits
souhaités par les distributeurs et par les
consommateurs. Avant que
d’analyser,
en lesre-plaçant
dans le contexteeuropéen,
lesproduc-tions
françaises
d’oeufs de consommation et de viandes devolailles,
il neparaît
pas inutile derappeler
quelques
généralités qui
situentl’im-portance de l’aviculture dans l’économie
agri-cole nationale.
L’aviculture est la 5e
production agricole
fran-çaise
avec 20 milliards de francs de livraisons en1986 soit 7 % du
produit
totalagricole,
et la troi-sièmeproduction
de viandefrançaise
avec1 327 000 tonnes
produites
en 1986,après
lebœuf
(1 675
000tonnes)
et le porc(1 591 000
tonnes).
).
Depuis
1980, la France est lepremier
exporta-teur mondial de viandes de volailles devant les U.S.A. et le
Brésil,
avec 327 000 tonnesexpor-tées en 1986 soit un chiffre d’affaires en devises
fortes de
plus
de 3 milliards de francs.En 1986, la consommation nationale a
dépas-sé un million de tonnes de viandes de volailles
et
près
de 14 milliards d’oeufsc’est-à-dire,
18,3
kg
de viandes et 265œufs,
soient 33,6kg
deproduits
avicoles par habitant et par an.Résumé
!_Ne bénéficiant d’aucune
protection
communautaire,
laproduction
avicole s’estor-ganisée
en « filières» spécialisées
selon leproduit
final(oeufs
de consommation ouviandes de
volailles).
Maîtres d’oeuvreéconomiques
de laproduction,
lesentre-prises qui
mettent en marché lesproduits
finaux,
yjouent
un rôleprépondérant
parla
généralisation
de l’économie contractuelle.Répondant
auximpératifs
dumar-ché,
ils continuent de la faire évoluer selon lesexigences quantitatives
etqualita-tives de la demande.
’
Sur le marché communautaire de l’oeuf de
consommation,
unesurproduction
esti-mée à 3 % de la
production
totale a entraîné une chute desprix qui
ne se sontrétablis que 3 ans
après
par la diminution desproductions
allemande,
anglaise
etbelge.
En
France,
cette crise aprovoqué
un tassement de laproduction,
un début demigra-tion de la
production
vers les concentrations de consommateurs et lesrégions
cé-réalières et des regroupements nationaux entred’importants
producteurs
indépen-dants.
Le
développement spectaculaire
de laproduction
et de la consommation desviandes de volailles est
expliqué
par une amélioration sensible de laproductivité
dela filière. A l’excellent
rapport
qualité/prix présenté
par les viandes de volaillescomparativement
à celui des autresviandes,
s’ajoute
le constant souci desentre-prises
de transformation de satisfaire les nouvelles habitudes de consommation(découpe,
produits
élaborés,
plats cuisinés).
La valeurdiététique
des viandes de volailles et leuradaptation
aux transformations industriellespermettent
1
/ l’ œuf
de consommation
1.
1
/ Le
contexte
européen
a / ConsommationEntre 1970 et 1984, la consommation moyenne dans
l’Europe
des dix aaugmenté
de5 % passant de 228 à 239
aeufs/habitant/an
(Ta-bleau
1).
Cette moyenne recouvre desdisparités
nationales
importantes.
Eneffet,
si laconsom-mation individuelle a cru sensiblement au
Da-nemark
(+
29%),
en Grèce(+
15%),
en France[+
13%),
en Irlande(+
7%),
et en Italie(+
2%),
elle est restée stable aux
Pays-Bas,
et a diminué auRoyaume-Uni (-14 %),
enBelgique,
auLuxembourg (-9 %)
et enAllemagne (-2
%).
b /
Production
Pour la même
période,
laproduction
euro-péenne
(10 pays)
estpassée
de 65,6 à 71 mil-liards d’ceufs soit uneaugmentation
de 8 % (Fi-gure1).
Cet accroissement, trèsinégalement
ré-parti,
a surtout été le fait desPays-Bas, qui
ontmultiplié
leur volume deproduction
par 2,5, de la Grèce et de la Francequi
ontaugmenté
les leursrespectivement
de 43 et de 29 %. Lapro-duction italienne est restée stable
(+
4%)
et celledes autres pays
partenaires
a sensiblementdimi-nué : -27 % en
Belgique,
-15 % en RFA, -12 % auc /
Marché
Le marché communautaire se
distingue
parun
échange
important
d’oeufs encoquilles.
Eneffet,
la RFA est leplus
grosimportateur
mon-dial d’œufs
(4,7
milliards d’unitésimportées
en1984)
et lesPays-Bas
lepremier
exportateur mondial avec 6,2 milliards d’oeufs fournis pourla même année. Bien
qu’une
part
importante
desexpéditions
néerlandaises soient destinées àlAllemagne,
considérée comme un marchécap-tif des
Pays-Bas,
le marchéeuropéen
estplétho-rique,
et se trouvedépendant
des volumesex-portés
vers les pays tiers. Or, sijusqu’en
1982, les soldes du commerce extérieur fontapparaî-tre un net
développement
desexportations,
lesannées suivantes le volume des livraisons aux
pays tiers diminue très sensiblement
(Figure 2).
Sur un marché saturé, la raréfaction desdébou-chés extérieurs se traduit à
partir
de 1982 par uneffondrement des cours à la
production.
Ils met-trontplus
de 3 ans pour revenir à un niveaunor-mal. Ce délai
particulièrement long
estexpliqué
par deux raisons différentes :- la durée du
cycle
deproduction
d’une pon-deusequi
est de 16 mois àpartir
de la naissance,- la difficulté de
prévoir
l’ajustement
de l’offre etde la demande si l’on y inclut les livraisons exté-rieures
généralement
ponctuelles
et souventim-prévisibles
à moyen terme.Comme l’illustre
particulièrement
bien lafi-gure 1, l’accroissement
spectaculaire
de la pro-duction néerlandaise d’oeufs de consommation estaccompagnée
d’une diminution sensible de celle de RFA, duRoyaume-Uni
et de laBelgique.
Parmi les
hypothèses
avancées pourexpliquer
cette
évolution,
l’une d’entre ellesparaît
tout àfait vraisemblable :
A
partir
de 1975, lesPays-Bas incorporent
desproduits
de substitution des céréalesimportés
àbas
prix
des pays tiers(notamment
deThaï-lande)
dans l’alimentation despondeuses.
Cetavantage
économique
ajouté
aux facilitéspor-tuaires, fluviales et à la forte concentration de la fabrication des aliments de ce pays,
permettent
une nette diminution du coût deproduction
parrapport à celui obtenu avec un aliment à base de céréales au
prix
communautaire.S’appuyant
surdes structures commerciales
particulièrement
bien
adaptées
àl’exportation,
lesproducteurs
néerlandais accroissent considérablement levo-lume des oeufs destinés à
l’exportation
notam-ment à la RFA et aux pays tiers. Apartir
de 1982, la diminutionprogressive
des envois àdestina-tion des pays tiers
(Figure 2)
provoque unen-combrement du marché
européen accompagné
d’un effondrement des cours et lesproducteurs
les moinscompétitifs
cessent leur activité. Ainsis’explique
la criseeuropéenne
de l’oeuf et letas-sement de
production
constaté en RFA, enGrande-Bretagne
et enBelgique.
1.
2
/
Les
particularités
nationales
La consommation et la
production françaises
d’oeufs de consommation ont suivi toutes deuxune
progression
lente maisrégulière
durant les20 dernières années. Les soldes annuels du
commerce extérieur souvent de faible
amplitude
En
France,
75% des
oeufs sontproduits
de
façon
intensive,
dont la
moitié estconditionnée
etcommercialisée
parles
producteurs
eux-mêmesn’indiquent
aucune tendanceparticulière.
Ilstraduisent souvent un
ajustement
de l’offre à lademande intérieure.
Cette
production
est assurée selon deux types différentsd’élevage baptisés
par le S.C.E.E.S.(Service
Central des Etudes etEnquêtes
Statisti-ques du Ministère delAgriculture) :
production
intensive d’unepart,
semi-intensive outradi-tionnelle d’autre part. La
production
intensivecorrespond
à celle desélevages
rationnellementgérés
etreprésente,
en 1984, 75 % de laproduc-tion totale. Elle est constituée pour moitié
envi-ron par des
producteurs groupés
autour decen-tres de conditionnement d’œufs de grosse ou
moyenne
capacité,
enmajorité
à structureco-opérative.
L’autre moitié est le fait deproduc-teurs
indépendants
qui
conditionnenteux-mêmes leurs
produits
et les commercialisentdi-rectement aux distributeurs voire aux
consom-mateurs. La taille de leur
entreprise
est fonction du débouchéqu’ils
ont et peut aller de 5 000 à 500 000poules pondeuses
par atelier.Dispersés
sur
l’hexagone,
àproximité
des centres deconsommation, ces
producteurs
possèdent
desinstallations mécanisées
qui
leur permettentune diminution sensible des frais de
condition-nement et d’acheminement de leurs œufs. S’ils
produisent
des céréales ou desprotéagineux
(pois,
parexemple),
la fabrication « à la ferme »des aliments destinés à leurs
poules
àpartir
deces matières
premières
permetégalement
unediminution non
négligeable
du coût deproduc-tion de l’oeuf
(le
coût de l’alimentationrepré-sente environ 65 % du
prix
de revient del’œuf).
Ces avantages
expliquent
le début demigration
constaté dans laproduction
intensive de l’œufqui
se traduit par une diminution relative de laproduction
bretonne auprofit
d’autresrégions :
Midi-Pyrénées,
Ile-de-France,
Provence-Côte-d’Azur, Picardie, Normandie,
Lorraine,Alsace,
Champagne,
etc.La crise a eu pour autre effet le
regroupement
sous 5 marques nationales de
grands
produc-teurs
indépendants dispersés
dans lesdiffé-rentes
régions.
Ces 5 groupes(Mas dAuge,
Mâ-tines,
APRO,
OPA et « l’oeuf de nosvillages »)
comptent
en moyenne 10 éleveurs chacun etto-talisent ensemble environ 10 millions de pon-deuses soit une
production
annuellesupérieure
à 2 milliards d’œufs de consommation. Ces
mar-ques nationales font
l’objet
de campagnes depublicité
etd’opérations
demarketing
impor-tantes. Elles
développent
unepolitique
dequali-té à
partir
de cahiers descharges qui
définissentavec
précision
les conditions deproduction,
deconditionnement et de distribution nécessaires pour obtenir et
préserver jusqu’à
la distributionau
détail,
des oeufs d’unequalité irréprochable.
Ces initiatives,
complétées
par un service demerchandising sophistiqué
mis à ladisposition
des distributeurs ont pourobjet
depromouvoir
l’image
d’un oeuf degrande
qualité
commercia-lisé sous marque. La revalorisation du
produit
exige
qu’il
soit sorti del’anonymat.
Parallèlement à ce type
d’actions,
certainsproducteurs
ontpris
l’initiative de marquer àl’aide d’une encre
alimentaire,
la date deponte
sur lacoquille
de l’ceuf. Le but de cetteopéra-tion, contraire à la
législation
envigueur,
est degarantir auprès
du consommateur la fraîcheurde leurs
produits.
Son succèsimplique
unsys-tème de livraison
particulièrement
rapide.
En-fin,
sous lapression
des pays del’Europe
duNord,
laréglementation
communautaire auto-rise maintenant la mention sur lesemballages
du mode
d’élevage
despondeuses.
Enconsé-quence, les consommateurs
nostalgiques
de la«
prairie
» ont maintenant lapossibilité
d’ache-ter des œufs « issus de
poules
élevées enplein
air ».
Ces initiatives
prouvent
ledynamisme qui
anime les
responsables
de cetteproduction.
Ladiversification des arguments commerciaux est maintenant une réalité et nul doute
qu’à
l’avenir elle sedéveloppe
encore.Face à cette
production
intensive, il existetoujours
uneproduction
semi-intensive outra-ditionnelle
qui
représente
encore en 1984,près
de 25 % de la
production
totale,
soitprès
de 4milliards d’œufs. Il
s’agit
pourpartie
(1,2
mil-liardd’oeufs)
d’uneproduction
de basse-cour traditionnelle dont lesproduits
sont engrande
partie
auto-consommés. Lesolde,
soit 2,6 mil-liardsd’oeufs,
estproduit
par depetites
unitésdispersées
sur l’ensemble du territoire et dont laproduction
est enmajorité
commercialiséedi-rectement aux consommateurs, soit à la
ferme,
soit sur les marchés. L’ensemble de ces
produc-tions, bien
qu’en
diminution constante,bénéfi-ciera sans doute encore
longtemps
de lapréfé-rence des consommateurs notamment
auprès
des
agglomérations
de moyenne et de faibleim-portance.
1.
3
/ Les
ovo-produits
La
présentation
desproduits
d’oeufs a peuva-rié et
comporte toujours
essentiellement : la coulefraîche,
les entiers, lesblancs,
lesjaunes,
salés, sucrés, frais,
congelés
oudéshydratés.
Soixante-dix casseries traitent annuellement
en-viron 1,5 milliard d’oeufs
qui représentent
90 000 tonnes
d’ovo-produits.
Alors que nous
exportons
traditionnellementdes
jaunes
enItalie,
il semble que les industrielsfrançais
del’agro-alimentaire
fassent deplus
enplus appel
auxovo-produits belges
et néerlan-dais car le solde de notre balance commerciale faitapparaître
dans ce domaine un bilannégatif
qui
estpassé
de 5 800 tonnes(soit
12 millions defrancs)
en 1980 à 11 200 tonnes(75
millions defrancs)
en 1984.On note
quelques
innovations destinées à larestauration collective
(oeufs
dursécoqués,
sau-cisson d’ceufs
durs)
etl’apparition
timide deplats
cuisinés(quiches,
soufflés,
omelettes).
1.
4
/ Conclusion
Après
undéveloppement
rapide
etimportant
de la part
néerlandaise,
on assistedepuis
1980 àune stabilisation de la
production
de l’ensembledes pays de la CEE. Le volume du commerce
in-ternational de l’œuf en
coquille
demeure faibleet ne laisse
espérer
aucundéveloppement
im-portant.
Face une situationdifficile,
laproduc-tion
française
évolue vers desgroupements
na-tionaux
d’élevages
importants
àproximité
despréfé-rence en
régions
céréalières. Ces groupesorga-nisent et diversifient leurs
politiques technique
et commerciale en vue de satisfaire les différents
créneaux
qualitatifs
offerts par le marché des oeufs. Alliant la réduction des coûts deproduc-tion et de distribution à un réel effort de
qualité,
il est vraisemblable que leur
exemple
sera suiviet que la
part
de cetype
deproduction
ne feraque croître à l’avenir. Les contraintes
qui
carac-térisent le marché international des oeufs en
co-quille
rendent peuprobable
undéveloppement
important
desexportations.
2
/ Les viandes de volailles
2.
1
/ Le
contexteeuropéen
a / Consommation
Entre 1970 et 1984, la consommation moyenne communautaire de viande est
passée
de 75 à 90
kg/habitant
et par an, soit un accrois-sement de 20 %. Dans le même temps, laconsommation des viandes de volailles s’est ac-crue de 65
%, passant
de 8,8 à 14,5kg/habitant
et par an(tableau
2).
Faible enAllemagne,
cet accroissement de consommation est pour lesau-tres pays d’autant
plus marqué
que laconsom-mation initiale de viandes de volailles était fai-ble
(Danemark,
Pays-Bas,
UEBL).
b /
Production
Pour la même
période,
laproduction
euro-péenne
des 10 pays estpassée
de 2,6 à 4,3 mil-lions de tonnes, soit un accroissement de 62%,
très
inégalement
réparti
(figure
3).
Eneffet,
si laGrèce et la France ont
pratiquement
doublé leurproduction,
les autres payspartenaires
ont eudes taux de
développement
nettement moinsimportants qui
se sont échelonnés de 70 % pourl’Italie à 11 % pour l’union
belgo-luxembour-geoise.
A noter, comme le montre le tableau 3,que la
part
de viande de dinde a crûrapidement
et
représente,
en 1984, 17 % du total des viandes de volaillesproduites.
L’ensemble des autresvo-lailles
(poules
pondeuses
etreproductrices
deréforme, canards,
pintades, oies)
nereprésente
que 16 % du total des viandes de volailles
pro-duit dans la communauté.
La concentration et
la
spécialisation
desélevages
permettent
tDe 1970 à
1984,
la consommationde
viande dans la
CEE aaugmenté
de
20%.
Dansle
mêmetemps,
celle de
viandes de volailles
aaugmenté
de
65%.
c /Marché
Le bilan communautaire des viandes de
vo-lailles
(figure 4)
faitapparaître
un net accroisse-ment desexportations
qui
depuis
1980repré-sentent 7 % de la
production
communautaireto-tale. Ces données ne concernent que les
livrai-sons à destination des pays tiers. Il faut y
ajouter
les
échanges
intracommunautairesqui
ontporté
sur environ 300 000 tonnes en 1984. Dans ce
to-tal,
les livraisons desPays-Bas
à la RFA ontlégè-rement
dépassé
les 200 000 tonnes.2.
2
/ Le
contextenational
Les viandes de volailles sont la 3eviande
fran-çaise
avec 1,31 million de tonnesproduites
en1986, soit 25,5 % de la
production
totalefran-çaise
de viande(figure 5).
Cette
production
serépartit
en 6espèces
dif-férentes de volailles(tableau 4)
à savoir : lespoulets
qui
demeurentl’espèce principale
avec59 % du total en 1986, les
poules
et coqs deré-forme,
dont le tonnage est fonction deconsomma-tion et de celle des oeufs à couver, les dindes
dont le volume
depuis
1970 a étémultiplié
par 10 pour atteindreprès
de 300 000 tonnes en1986, les canards
qui
depuis
l’introduction du canard de Barbarie sur le marché ontplus
quedoublé le volume
produit,
lapintade
qui après
avoir doublé le tonnage livré
plafonne
entre 40 à 45 000 tonnes par an et les oiesqui
représentent
annuellement environ 2 500 000 oiseaux dont 1
million de
sujets gavés
et 1,5 million d’oies à rô-tir.En 1986
(tableau
5),
76,4 % du total des viandes de volaillesproduites
sont destinés aumarché intérieur, soit
plus
d’un million de tonnes ; cettequantité
est constituée de 66 % depoulets,
22 % dedindes,
7,3 % decanards,
3,9 % de
pintades
et 1,2 % d’oies.Sur le total
exporté,
les livraisons àdestina-tion des pays de la C.E.],&dquo;. ont
représenté
environ 20 % despoulets
et 80 ‘% des dindes.Le
développement spectaculaire
de laproduc-tion, de la consommation et des
exportations
des viandes de volailles en France est dû à de nombreuses raisons. Les
plus importantes
nousparaissent
être les suivantes.a
/ L’amélioration
permanente
de la
productivité
Elle est consécutive notamment :
-
Depuis
1970,
laproduction
française
de dindes a étémultipliée
par 10
etreprésente,
en1986,
22%
de laproduction
de viandes de volailles.mécanisation des nombreuses activités
d’éle-vage et de
transformation,
- à la mise sur
pied
d’uneorganisation
contrac-tuelle de la
production,
définie par les besoinsdu
marché,
- à l’amélioration
permanente
desperformances
animales par la sélection ainsi que celle desconditions
zootechniques
et sanitairesd’éle-vage.
Cet ensemble de facteurs
techniques,
écono-miques,
sanitaires a considérablement amélioréles
rapports
qualité/prix
desproduits.
b /
La diversification et laprésentation
desproduits
Les
responsables d’entreprises
detransforma-tion ont su, tant à
l’exportation
que sur lemar-ché intérieur, mettre en valeur les
avantages des
viandes de
volailles,
à savoir :- la diversification : 6
espèces
de volaillesrepré-sentent
près
de 20 types deproduits
différentsqui,
pourchaque espèce,
composent unegamme allant du
produit
standard aux volaillessous label.
- la facilité
d’emploi
desproduits
avicolesqui
re-couvre :
* les lieux et facilité d’achat :
près
de 60 % des achats de viandes de volailles sont réalisés dans des surfaces modernes de vente,e la
présentation
desproduits
mieuxadaptée
aux contraintes de la vie moderne. La part des
morceaux et des
préparations
commercialisésaugmente
rapidement.
En 1985, ellereprésen-tait 87 % du tonnage de
dinde,
38 % de celui du canard et 20 % de celui dupoulet.
- la
souplesse
d’utilisation industrielle des viandes de volailles :qu’il
s’agisse
de morceaux,ou des viandes fines
récupérées
après
broyage
des carcasses
découpées,
tousprésentent
unetrès bonne
adaptabilité
à la cuisson, ausaumu-rage, à la
déshydratation,
auxpréparations
char-cutières, etc.
- l’excellent
positionnement
desproduits
devo-lailles par
rapport
aux autres viandes. Lesdiffé-rents
rapports
qualité/prix
desproduits
avicoles bénéficienttoujours
d’unecomparaison
avanta-geuse avec ceux des autres viandes.- la valeur
diététique
des viandes de volaillespauvres en
graisses
etparticulièrement
di-gestes ; ces deux
particularités correspondent
opportunément
auxgoûts
des consommateurs. La créativité de certains et les effortsperma-nents de tous se traduisent par un rayon «
vo-laille »
qui
compteplus
de 120références,
toutes d’un
prix
très abordable. Une tellediver-sité vise à satisfaire le mieux
possible
les de-mandes de l’ensemble des consommateurs,qu’elles
soientinspirées
par des considérationsorganoleptiques (avec
lesproduits
« haut degamme »
à préparer
traditionnellement)
ou liéesà la commodité
d’emploi
tel leplateau
repascomplet
pour personnes seules.Dans le domaine de la sélection de l’ensemble des
espèces
de volailles destinées à laproduc-tion intensive de viande
(poulet,
dinde, canard,
pintade),
on assistedepuis
quelques
années à une diversification des critèrespris
en compte.Le
poids
maximum à unâge donné, qui
acomposi-tion
corporelle (état
d’engraissement,
réparti-tion des massesmusculaires,
etc.)
defertilité,
qui
visent à la fois des améliorationsqualitatives
desproduits
finaux ainsi que laprolificité
des croisements commerciaux. Sans minimiser l’in-fluence duprix
sur la motivation d’achat desconsommateurs, cette constatation
témoigne
dusouci
qu’ont
les sélectionneurs d’améliorer lescaractéristiques
duproduit
final dans le senssouhaité par les consommateurs.
2.
3
/
Perspectives
de
développement
des viandes
de
volailles
Compte
tenu de leursspécificités,
il faut considérerséparément
l’avenir de la filière «ex-portation
» et celui de laproduction
destinée aumarché intérieur.
a l La filière
«exportation
»La demande internationale de
poulets
estba-sée sur un
produit
standardisé : la carcasse évis-cérée avec ou sansabats,
de faiblepoids (entre
900 et 1100
g)
etprésentée congelée.
Cettenor-malisation a amené trois
entreprises
françaises
de très
grande
taille àorganiser
une filièretota-lement
intégrée
pour en assurer laproduction
dans des conditions
économiques optimum.
Avec
près
de 6 millions depoulets
par semaine,ces trois firmes assurent 90 % du volume expor-té.
Toutefois,
bien des facteurs totalement exté-rieurs à l’aviculture conditionnentl’exportation
des viandes de volailles. Ainsi, le cours dupé-trole,
celui du dollar américain, celui desma-tières
premières,
les contextespolitiques
natio-naux et internationaux ont une incidence
di-recte sur les volumes
importés
par de nombreuxpays, sur les conditions financières ou la facilité
des transactions. Bien
qu’avec
des difficultés detous
ordres,
il est néanmoinsprévisible
quedu-rant de nombreuses années encore, le volume
du commerce international des viandes de
vo-lailles augmentera, car la demande existe et de nombreux pays ne peuvent encore la satisfaire
malgré
les effortsqu’ils déploient
pour dévelop-per leurproduction.
Cet ensemble d’éléments
complique
singuliè-rement la tâche des
exportateurs qui,
outre lagestion
de la filière deproduction
et detransfor-mation dont ils ont la
charge,
doivent en perma-nence assurer leursmarchés,
et en prospecter de nouveaux. Conscientes de cesproblèmes,
cesentreprises
font actuellement un gros effortpour diversifier la gamme de leur
production
(découpe,
présentation
en containers,etc.)
afind’adapter
unepartie
de leursprésentations
auxexigences
des pays de la communauté dansla-quelle depuis quelques
années ils ont réussi àfaire une
percée
commercialequi
sedéveloppe.
D’après
les résultatsactuels,
onpeut
donces-pérer qu’à
moyen terme le volume desproduits
exportés
dans les pays tiers ou chez nosparte-naires devrait se maintenir, voire progresser. A
ces
expéditions
deproduits
« standards »de-vraient
s’ajouter
un volumeplus
faible mais nonnégligeable
deproduits
élaborés,
conçus pour le marché intérieur, maisappréciés
aussi par unnombre croissant de consommateurs
euro-péens.
b / Le marché intérieur
En ce
qui
concerne le marchéfrançais,
lacroissance modérée de la consommation consta-tée
depuis
1980, devrait sepoursuivre,
partagée
entre les
produits
« festifs » de haut de gammeet les
préparations
commodesd’emploi
et de fai-bleportionnement.
Pour assurer cesdernières,
de nombreuses
entreprises
de moyennecapaci-té, qui
pour l’instant nepratiquent
que ladé-coupe, devront avoir recours aux activités d’un
atelier
spécialisé
intégré
ou contractuel.L’évo-lution
rapide
de cesprésentations
nécessiteraun contrôle
plus
poussé
des conditions depro-duction pour obtenir les
caractéristiques
hygié-niques
ettechnico-économiques
demandées par le marché. Une fois deplus,
ce sont lesentre-prises qui
maîtrisent avecrigueur
tous lesas-pects de l’élaboration et de la transformation des
produits
avicoles etqui
sauront faire preuve desouplesse
et d’innovation dans la mise aupoint
de nouveaux
produits
qui
accroîtront leur partde marché. Comme c’est
déjà
le cas pour lafi-lière « dinde », la
préparation
desproduits
avi-coles nécessitera à l’avenir une activité
supplé-mentaire dans
laquelle
l’imagination
et lesta-lents culinaires exercés dans un cadre industriel
seront les éléments déterminants de
l’accroisse-ment des ventes.
Références
bibliographiques
Publications statistiques des organismes suivants :
- Ministère de
l’Agriculture
Direction des Affaires Financières et Economiques
Service Central des Etudes et Enquêtes Statistiques
4, avenue de Saint-Mandé - 75570 Paris Cedex 12
- Centre
Français du Commerce Extérieur 10, avenue d’Iéna - 75783 Paris Cedex 16
- Eurostat