Révisions - espaces vectoriels normés, calcul équations et systèmes différentiels - PSI
Extraits d’annales
1 espaces vectoriels normés et calculs différentiels
Refaire :
● l’exercice 1 (E3A 2018 Math 1) partie 1 et les question 6 à 14 de l’exercice 2 du DS3 (Mines-Ponts 2017 Math 1) de l’an dernier
● l’exercice 2 et les questions 6 à 10 et 14 du DS3 de cette année.
Adapté de E3A 2017 Math 2 partie 5 - vérifié
1. SiM∈ N,∃p∈N∗,Mp=On doncXp est annulateur deM, donc la seule valeur propre complexe possible deM est 0 car c’est la seule racine deXp.
Or le seul polynôme unitaire deCn[X]n’ayant que 0 comme racine estXn, doncχM(X) =Xn, et d’après le théorème de Hamilton Cayley,χM est annulateur deM, donc ∀M∈ N, Mn=On . 2. Soit(Mp)p∈N∈ NNconvergente vers une matriceMdeE.
Comme l’application f ∶A↦An est continue deMn(K)dansMn(K)car chacune de ses fonc- tions coordonnées est une fonction polynomiale des coefficients deA, la suite(f(Mp))p∈Nconverge vers f(M) =Mn.
Or cette suite est constante égale àOn, doncMn=Onet doncM∈ N. On en déduit que N est un fermé deMn(K).
3. (a) Comme A∈ N, d’après la question 1, χA(X) = Xn est scindé, donc A est trigonalisable et Sp(A) =0,
Donc∃P∈GLn(K), P−1AP =T avecT triangulaire supérieure dont les éléments diagonaux sont les valeurs propres de A,i.e.égaux à 0.
Ainsi,P−1MαP=P−1(A+αIn)P=P−1AP+αP−1InP=T+αInqui est triangulaire supérieure d’éléments diagonaux tous égaux àα.
Ainsi, Aest semblable à une matrice triangulaire d’éléments diagonaux tous égaux àα. (b) Le déterminant étant invariant par similitude, det(Mα) =det(T+αIn) =αn .
(c) SoitNune norme surE, etB = BN(A,r)une boule ouverte de centreA∈ N et de rayonr>0.
CommeInest non nulle,N(In) ≠0, on peut donc choisirα∈ ]0,N(rIn)[et on a alors :
N(Mα−A) =N(αIn) = ∣α∣N(In) <r, doncMα∈ B, et d’après la question précédente det(Mα) =
αn≠0 et est donc inversible. Ainsi, toute boule ouverte de centreAcontient au moins une matrice inversible . (d) On a vu à la première question que si∀A∈ N,χA=Xn, et alors Sp(A) = {0}, donc si A∈ N,
Aest non injective donc non inversible. D’après la question précédente, toute boule ouverte de centreA∈ N contient une matrice inversible, donc une matrice qui n’est pas dansN. Donc∀A∈N,∀r∈R+∗, BN(A,r)n’est pas incluse dansN,i.e. An’est pas un point intérieur àN
Donc l’intérieur deN est vide .
CCP 2016
2 Cas n = 2
2.1 Puissances de A ( α , β )
1. A(α,β)−I2= ( −βα α−β )n’est pas la matrice nulle car(α,β) ≠ (0, 0)et rg(A(α,β)) ⩾1.
(1, 1)est clairement élément du noyau qui est donc de dimension supérieur ou égale à 1, et par théorème du rang il est forcément de dimension 1. Ainsi 1∈Sp(A(α,β)) et E1(A(α,β)) =Vect((1, 1)) 2. On vérifie que(α,−β)(qui est non nul car(α,β) ≠ (0, 0)) est vecteur propre deA(α,β)associé à la
valeur propre 1−α−β≠1 (car(α,β) ≠ (0, 0)).A(α,β)étant d’ordre 2 et ayant deux valeurs propres distinctes est diagonalisable et de plus, P−1A(α,β)P=diag(1,λ) avec P= ( 11 −αβ )
3. Montrons par récurrence que : ∀p∈N, A(α,β)p=Pdiag(1,λp)P−1=P DpP−1 - Initialisation : c’est immédiat pourp=0 carA(α,β)0=I2.
- Hérédité : supposons le résultat vrai au rangp⩾0. On a alors :
A(α,β)p+1=A(α,β)pA(α,β) =P DpP−1P DP−1=P Dp+1P−1ce qui montre le résultat au rang p+1.
On vérifie immédiatement queP−1=α1+β( β α1 −1 ). On a ainsi :
A(α,β)p=α+1β( 11 −αλβλpp )( β α1 −1 ) =α+1β
⎛⎜⎜
⎝
β+αλp α(1−λp) β(1−λp) α+βλp
⎞⎟⎟
⎠
4. Si(α,β) ≠ (1, 1)alors 0<α+β<2 et donc−1<λ<1. AInsiλp →0 quandp→ +∞et la question précédente montre que toutes les suites de coefficients de la suite(A(α,β)p)p∈Nconvergent, donc c’est aussi le cas de cette suite matricielle et : lim
p→+∞A(α,β)p=α1+β( β αβ α ) =L(α,β) Siα=β=1 alorsλ= −1 , et∀p∈N, A(1, 1)p=1
2( 1+(−1)p 1−(−1)p
1−(−1)p 1+(−1)p )et les suites coordonnées ne convergent pas. Donc la suite de matrice(A(1, 1)p)p∈Ndiverge .
2.2 Applications
5. La formule des probabilités totales avec le système complet d’événements((Xn =0),(Xn =1)) donne :
∀i∈ {0; 1}, P(Xn+1=i) =PXn=0(Xn+1=i)P(Xn=0)+PXn=1(Xn+1=i)P(Xn=1).
Or,PXn=0(Xn+1=1) =α(passage de 0 à 1) etPXn=1(Xn+1=0) =β(passage de 1 à 0) puisPXn=0(Xn+1= 0) =1−α(pas d’erreur sur 0) etPXn=1(Xn+1=1) =1−β(pas d’erreur sur 1). Ceci se traduit matri- ciellement par
( P(Xn+1=0)
P(Xn+1=1) ) = ( 1−α β
α 1−β )( P(Xn=0)
P(Xn=1) ) =tA(α,β)( P(Xn=0) P(Xn=1) ) On en déduit par une récurrence immédiate que( P(Xn=0)
P(Xn=1) ) =t(A(α,β)n)( P(X0=0) P(X0=1) ) Déterminer la loi de l’étatn sachant(X0=0)revient à déterminer la loi de l’état au rang n en
partant de l’état initialP(X0=0) =1,P(X0=0) =0, et donc : ( PX0=0(Xn=0)
PX0=0(Xn=1) ) =t(A(α,β)n)( 10 ) = α+1β( β+αλn β(1−λn)
α(1−λn) α+βλp )( 10 )d’après la question 3
ce qui donne PX0=0(Xn=0) = β+αλn
α+β et PX0=1(Xn=1) = α+βλn α+β La probabilité queXnsoit conforme àX0est alors
P(Xn=0∩X0=0)+P(Xn=1∩X0=1) = PX0=0(Xn=0)P(X0=0)+PX0=1(Xn=1)P(X0=1)
= β+αλn
α+β P(X0=0)+α+βλn
α+β P(X0=1) Posonsp=P(X0=0), on a alors 1−p=P(X0=1), et il s’agit donc de montrer ici que β+αλn
α+β p+α+βλn
α+β (1−p) ⩾r+(1−r)(1−α−β)n.
Pour des raisons de symétries, en échangeant les rôles deαet deβet des bits 0 et 1, il suffit de prouver cette inégalité dans le casα⩽β. Toutefois, je vais tout de même le faire dans les deux cas de valeurs der :
● sir=αα+β i.e.siα⩽β, alors comme 1−r=αβ+β, on a : β+αλn
α+β p+α+βλn
α+β (1−p) ⩾r+(1−r)(1−α−β)n ⇐⇒
⇐⇒ β+αλn
α+β p+α+βλn
α+β (1−p) ⩾ αα+β+αβ+βλn
⇐⇒ (β+αλn)p+(α+βλn)(1−p) ⩾α+βλn carα+β>0
⇐⇒ (β−α)p+(αp+β(1−p)−β)λn⩾0
⇐⇒ (β−α)p+(α−β)pλn⩾0
⇐⇒ (β−α)p(1−λn) ⩾0
⇐⇒ 1−λn⩾0 carβ⩾αdans notre cas etp>0
Or commeλ∈ [ −1; 1[, λn⩽1 donc cette dernière propriété est toujours vérifiée et ainsi l’in- équation recherchée est vraie dans ce cas.
● sir=αβ+β i.e.siα⩾β, alors, de même, comme 1−r=αα+β, on a : β+αλn
α+β p+α+βλn
α+β (1−p) ⩾r+(1−r)(1−α−β)n ⇐⇒
⇐⇒ β+αλn
α+β p+α+βλn
α+β (1−p) ⩾ αβ+β+αα+βλn
⇐⇒ (β+αλn)p+(α+βλn)(1−p) ⩾β+αλn carα+β>0
⇐⇒ (α−β)(1−p)+(αp+β(1−p)−α)λn⩾0
⇐⇒ (α−β)(1−p)+(β−α)(1−p)λn⩾0
⇐⇒ (α−β)p(1−λn) ⩾0
⇐⇒ 1−λn⩾0 carβ⩽αdans notre cas et 1−p>0
Or commeλ∈ [ −1; 1[, λn⩽1 donc cette dernière propriété est toujours vérifiée et ainsi l’in- équation recherchée est vraie dans ce cas.
Ainsi on a bien dans les deux cas de valeurs possibles pourr l’inéquation vérifiée par la probabilité que le bitXnsoit conforme àX0: P(Xn=0∩X0=0)+P(Xn=1∩X0=1) ⩾r+(1−r)(1−α−β)n 6. Notons, pour toutkdans [[1;`]],Akl’événement le bitXnkest conforme àX0k. La probabilité que le
message soit conforme au message initial est ainsi : Qn=P(⋂`
k=1
Ak) =∏`
k=1
P(Ak)car les erreurs de transmissions de chaque bit sont mutuellement in-
dépendantes.
Et comme ces probabilité ne dépendent pas de la place du bit dans le mot, elles sont donc toutes égales àP(Xn=0∩X0=0)+P(Xn=1∩X0=1), et donc :
Qn= (P(Xn=0∩X0=0)+P(Xn=1∩X0=1))l⩾ (r+(1−r)(1−α−β)n)` d’après la question pré- cédente.
7. Dans le casα=β, on ar=1
2, alorsα=β, et on remarque que l’on a alors directement en rempla- çant dans l’expression trouvée dans la question 5 :
Qn= (P(Xn=0∩X0=0)+P(Xn=1∩X0=1))`= (1 2+1
2(1−2α)n)`. On cherche donc ici à partir de quel rangn, on a : 1−Qn⩾ε: 1−Qn⩾ε⇐⇒ Qn⩽1−ε ⇐⇒ (1
2+1
2(1−2α)n)`⩽1−ε
⇐⇒ 1 2+1
2(1−2α)n⩽ (1−ε)1` carε<1, d’où 1−ε>0
⇐⇒ (1−2α)n⩽2(1−ε)1`−1 (∗)
Et que ce soit vérifié à partir d’un certain rangnc,est équivalent au fait que ce le soit à partir d’un certain rang pair :n=2p, Donc∀n⩾2p,∣(1−2α)n∣ ⩽1−2α)2p et(∗)est vérifiée pour toutnplus grand que 2psi et seulement si
∣1−2α∣2p⩽2(1−ε)1`−1 (∗∗)
et c’est impossible si 2(1−ε)1`−1<0.
Or 2(1−ε)`1−1<0 ⇐⇒ (1−ε)`1<1
2 ⇐⇒ 1−ε< 1
2l ⇐⇒ ε>1− 1 2`. On a donc :
● Siε>1− 1
2`, il n’existe pas de rangnc vérifiant ce qui est demandé.
● Siε=1− 1
2`, alors 2(1−ε)1`−1=0 et(1−2α)n⩽0 ⇐⇒ α=1
2 et Ainsi, siα=1
2,nc=1 convient, et sinonnc n’existe pas.
● Siε>1−1
2` etα≠1
2, on peut prendre le logarithme des membres dans(∗∗)qui est une fonction strictement croissante surR∗+, donc
∀n ⩾2p, 1−Qn ⩾ε ⇐⇒ 2pln(∣1−2α∣) ⩽ ln(2(1−ε)1`−1) ⇐⇒ 2p ⩾ ln(2(1−ε)1`−1) ln(∣1−2α∣) car α∈ ]0; 1[et ainsi 0< ∣1−2α∣ <1. Donc, siε>1− 1
2`,nc=ln(2(1−ε)1`−1)
ln(∣1−2α∣) convient.
Pour conclure,
● siε>1− 1
2` on ne peut trouver de nombrenc
● ε⩽1− 1
2` etα=1
2,nc =1 convient.
● α≠1
2, etε=1− 1
2` on ne peut trouver de nombre nc
● α≠1
2, etε<1− 1
2` nc =ln(2(1−ε)1`−1)
ln(∣1−2α∣) convient.
3 Spectre des matrices stochastiques
3.1 Coefficients
8. SiA= (ai,j)(i,j)∈[[1;n]]2 est stochastique, alors∀(i,j) ∈[[1;n]]2, ai,j⩾0 et∀i ∈[[1;n]], ∑n
j=1
ai,j =1, Donc ∀(i,j) ∈[[1;n]]2, 0⩽ai,j=1− ∑
j∈[[1;n]]/{j}
ai,j⩽1 .
SiA= (ai,j)(i,j)∈[[1;n]]2est strictement stochastique, alors∀(i,j) ∈[[1;n]]2,ai,j>0 et∀i∈[[1;n]],∑n
j=1
ai,j= 1,
Donc ∀(i,j) ∈[[1;n]]2, 0<ai,j =1− ∑
j∈[[1;n]]/{j}
ai,j<1 puisquen⩾2 et on retire de 1 au moins un terme strictement positif.
9. SoitAune matrice à coefficients positifs, alors on a : Aest stochastiques ⇐⇒ ∀i∈[[1;n]], ∑n
j=1
ai,j=1.
OrA⎛
⎜⎝ 1
⋮ 1
⎞⎟
⎠=⎛
⎝
∑n j=1
ai,j⎞
⎠i∈[[1;n]], donc Aest stochastiques ⇐⇒ A⎛
⎜⎝ 1
⋮ 1
⎞⎟
⎠=⎛
⎜⎝ 1
⋮ 1
⎞⎟
⎠ ⇐⇒ 1∈Sp(A)ete∈Ker(A−In). 10. SoitA= (ai,j)(i,j)∈[[1;n]]2etB= (bi,j)(i,j)∈[[1;n]]2deux matrices stochastiques. SoitC=AB = (ci,j)(i,j)∈[[1;n]]2.
On a∀(i,j) ∈[[1;n]]2, ci,j=∑n
k=1
ai,kbk,j⩾0 car somme et produit de réels positifs.
Et si de plusAetB sont strictement stochastiques, les produitsai,kbk,j sont tous strictement po- sitifs et doncC est à coefficients strictement positifs.
Et enfin, d’après la question précédente comme dans ces deux cas A et B sont stochastiques, Ae =e etB e =e, doncC e = AB e= Ae =e, doncC étant à coefficients positifs est stochastique.
Ainsi, SiAetB sont stochastiques
(respectivement strictement stochastiques),C=AB est stochastique (respectivement strictement stochastique) .
3.2 Valeurs propres
11. SoitAune matrice stochastique etx=
⎛⎜⎜
⎜⎝ x1 x2
⋮ xn
⎞⎟⎟
⎟⎠
∈Cn. On a Ax=⎛
⎝
∑n j=1
ai,jxj⎞
⎠i∈[[1;n]].
Or ∀i ∈[[1;n]],RRRRRRRRRRR
∑n j=1
ai,jxjRRRRRRRRRRR⩽ ∑n
j=1
ai,j∣xj∣ ⩽ ∥x∥∞
∑n j=1
ai,j = ∥x∥∞ car A est stochastique (coefficients positifs et somme sur chaque ligne valant 1). On en déduit (en passant à la borne supérieure sur i∈[[1;n]]) que ∥Ax∥∞⩽ ∥x∥∞ .
D’après la question 10 commeAest stochastique ,A2aussi et par récurrence facile (commeA0= In est évidemment stochastique),∀p∈N,Ap est stochastique donc on peut lui appliquer ce qui précède, et donc : ∀p∈N, ∥Apx∥∞⩽ ∥x∥∞
12. Soitλune valeur propre complexe de A etxun vecteur propre associé. On a Ax=λx et, avec la question précédente∣λ∣∥x∥∞= ∥λx∥∞= ∥Ax∥∞⩽ ∥x∥∞, et en divisant par∥x∥∞>0 (xest vecteur propre et donc non nul) on en déduit que∣λ∣ ⩽1.
Ceci étant vrai pour toute valeur propre, le spectre deAest donc majoré, et admet donc bien une borne supérieure, et en passant à la borne supérieure sur le spectre dans l’inéquation précédente, on obtient : ρ(A) ⩽1.
De plus, 1 est une valeur propre deA(carAest stochastique) et cette inégalié est donc une égalité (on a un maximum) : ρ(A) =1
3.3 Diagonale strictement dominante
13. Soit λune valeur propre de A et x un vecteur propre associé. Soiti ∈ {1, . . . ,n}tel que ∣xi∣soit maximal (un nombre fini non nul de réels admet un maximum). On a alors∣xi∣ >0 (carx, vecteur propre, est non nul) et comme(Ax)i=λxi, on a
∑n j=1
ai,jxj=λxi, donc (λ−ai,i)xi= ∑
j∈[[1;n]]/{i}
ai,jxj. Par inégalité triangulaire (lesak,j sont positifs), on en déduit que∣λ−ai,i∣⋅∣xi∣ ⩽ ∑
j∈[[1;n]]/{i}
ai,j∣xj∣ et comme∀j∈[[1;n]], ai,j∣xj∣ ⩽ai,j∣xi∣, on a :∣λ−ai,i∣⋅∣xi∣ ⩽ ∣xi∣ ∑
j∈[[1;n]]/{i}
ai,j Comme∣xi∣ >0 on peut conclure que ∣λ−ai,i∣ ⩽ ∑
j∈[[1;n]]/{i}
ai,j
14. Si, par l’absurde,An’était pas inversible, alors 0 est valeur propre deA, et en appliquant la question précédente, on aurait :
ai,i= ∣ai,i∣ ⩽ ∑
j∈[[1;n]]/{i}
ai,j ce qui contredit le caractère strictement dominant de la diagonale.
Ainsi, toute matrice à diagonale strictement dominante est inversible .
3.4 Valeur propre de module maximal
15. PosonsB =A1−In−1. On a∀(i,j) ∈[[1;n]]2, ai,j >0 carAest strictement stochastique, et :
∀i∈[[1;n]],∣bi,i∣ = ∣ai,i−1∣ =1−ai,i= ∑
j≠i 1⩽j⩽n
ai,j=⎛
⎜⎜⎝ ∑
j≠i 1⩽j⩽n−1
bi,j
⎞⎟⎟
⎠+ai,n> ∑
j≠i 1⩽j⩽n−1
bi,j
B est donc a diagonale dominante. On en déduit queB est inversible. Sesn−1 lignes sont donc linéairement indépendantes et c’est a fortiori vrai de celle deA−In. On a donc rg(A−In) ⩾n−1 . 16. Par le théorème du rang, on a donc dim(ker(A−In)) ⩽1 et comme on a vu à la question 9 que 1 est
valeur propre de toute matrice stochastique donc deAil est non réduit à{0}, donc dim(ker(A−In)) =1 17. Soitλune valeur propre deA. Avec la question 13 et l’inégalité triangulaire, alors :
∃i ∈[[1;n]], ∣λ∣−ai,i= ∣λ∣−∣ai,i∣ ⩽ ∣λ−ai,i∣ ⩽ ∑j≠iai,j=1−ai,i
Si∣λ∣ =1, cette inégalité est une égalité. On doit donc avoir égalité dans toutes les étapes et en particulier∣λ∣−∣ai,i∣ = ∣λ−ai,i∣soit∣λ−ai,i∣+∣ai,i∣ = ∣λ∣.
On est donc dans le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire, donc les nombres complexesλ−ai,i
etai,i ont même argument. Commeai,i est un réel strictement positif, ceci impose queλ−ai,ien soit un aussi et doncλaussi. Comme∣λ∣ =1, ceci donneλ=1. Donc 1 est l’unique valeur propre de module 1 et
∀λ∈Sp(A)/{1},∣λ∣ <1
4 Probabilité invariante
4.1 Une suite de variables aléatoires
18. D’après la formule des probabilités totales dans le système complet((X0=i))1⩽i⩽4, on a :
∀j∈[[1;n]],P(X1=j) =∑4
i=1
PX0=i(X1=j)P(X0=j)
PX0=i(X1=j)vaut 1
10 sii =j et 3
10 sinon. On a donc P1=QP0 avec Q= 1 10
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 3 3 3 3 1 3 3 3 3 1 3 3 3 3 1
⎞⎟⎟
⎟⎠ .
Une récurrence immédiate donne alors ∀n∈N, Pn=QnP0.
19. QΠ=Π, alorsΠest un vecteur propre pourQassocié à la valeur propre 1. On vérifie aisément que Qest strictement stochastique, et donc d’après la question 16 le sous-espace propre associé est de dimension 1 et est même engendré par(1, 1, 1, 1). DoncΠ∈Vect
⎛⎜⎜
⎜⎝
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1 1 1 1
⎞⎟⎟
⎟⎠
⎞⎟⎟
⎟⎠
, donc∃a∈K,p1=p2=
p3=p4=a. Et si ∑4
k=1
pk=1, nécessairementa=1
4. Donc siΠvérifiant les conditions demandées
existe, on a forcément :Π=1 4
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1 1 1 1
⎞⎟⎟
⎟⎠ .
Réciproquement, on vérifie aisément que ce vecteur convient, donc
il existe un unique vecteurΠ=
⎛⎜⎜
⎜⎝ p1 p2
p3 p4
⎞⎟⎟
⎟⎠
, tel que :∀i∈ {1, 2, . . . , 4}, pi⩾0,∑4i=1pi =1, Π=QΠ,
c’est le vecteurΠ=1 4
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1 1 1 1
⎞⎟⎟
⎟⎠ .
4.2 Rapidité de convergence
20. La matriceQ obtenue à la question 18 étant symétrique à coefficients réels, d’aprèsle théorème spectral, elle est diagonalisable surR.
21. On sait déjà que 1 est valeur propre de sous espace propre associé E1=Vect(Π). De plus on
remarque queQ+ 2
10I4 = 1 10
⎛⎜⎜
⎜⎝
3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
⎞⎟⎟
⎟⎠
et que toutes ses colonnes sont égales, donc elle
est de rang 1 et− 2
10 est valeur propre, et par le théorème du rang son sous-espace propre as- socié de dimension 3. On remarque de plus aisément que son sous espace propre associé est :
E2
10 =Vect
⎛⎜⎜
⎜⎝
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1
−1 0 0
⎞⎟⎟
⎟⎠ ,
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1 0
−1 0
⎞⎟⎟
⎟⎠ ,
⎛⎜⎜
⎜⎝ 1 0 0
−1
⎞⎟⎟
⎟⎠
⎞⎟⎟
⎟⎠ .
La somme des dimensions des sous-espaces propres valant 4,Q est diagonalisable et il n’y a pas d’autres valeurs propres, donc Sp(Q) = {1,−2
10}.
22. En posantP=
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 1 1 1
1 −1 0 0
1 0 −1 0
1 0 0 −1
⎞⎟⎟
⎟⎠
, on aP−1QP=
⎛⎜⎜
⎜⎜⎜⎜
⎜⎜⎝
1 0 0 0
0 − 2
10 0 0
0 0 − 2
10 0
0 0 0 − 2
10
⎞⎟⎟
⎟⎟⎟⎟
⎟⎟⎠
=D.
DoncQ=P DP−1, et par une récurrence simple,∀p∈N,Qp=P DpP−1. Comme−1< − 2
10 <1 les suites des coefficients des matrices de la suite matricielle(Dp)p∈Nconvergent et donc cette suite matricielle converge et on a : lim
p→+∞Dp=
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
⎞⎟⎟
⎟⎠ .
De plus, les fonctions coordonnées de l’application deMn(R)dansMn(R):M↦P M P−1sont polynomiales selon les coefficients de la matriceMde départ, donc cette application est continue, et donc par composition de limite avec une application continue, on a : lim
p→+∞Qp=Pdiag(1, 0, 0, 0)P−1=R . Il reste à déterminerR.
On vérifie aisément que le produit de la matrice 1 4
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 1 1 1
1 −3 1 1
1 1 −3 1
1 1 1 −3
⎞⎟⎟
⎟⎠
est l’inverse deP car son produit avecPvaut bienI4(pour aller plus vite ici, on peut utiliser la calculette pour avoir une idée de P−1mais la vérification, ou du moins le fait de le dire qu’on vérifie, est nécessaire.)
On a doncR=Pdiag(1, 0, 0, 0)P−1=1 4
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 1 1 1
1 −1 0 0
1 0 −1 0
1 0 0 −1
⎞⎟⎟
⎟⎠
×
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
⎞⎟⎟
⎟⎠
=
⎛⎜⎜
⎜⎝
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
⎞⎟⎟
⎟⎠ =4ΠtΠ
On a∀p∈N,Qp−R=P DpP−1−Pdiag(1, 0, 0, 0)P−1=Pdiag(0,(− 2
10)p,(− 2
10)p,(− 2
10)p)P−1 DoncQp−R= (− 2
10)pPdiag(0, 1, 1, 1)P−1, et Donc ∣∣Qp−R∣∣ = ( 2
10)p∣∣Pdiag(0, 1, 1, 1)P−1∣∣ =O( 2 10)p puisque∥Pdiag(0, 1, 1, 1)P−1∥est indépendant dep.
Comme on sait que∀n∈N, Pn=QnP0et commeM↦M P0est continue (car fonctions coordon- nées polynomiales selon les coefficients deM), on en déduit que lim
n→+∞Pn=RP0=4ΠtΠP0. Or,tΠP0=1
4
∑4 i=1
P(X0=i) =1
4et donc lim
n→+∞Pn=Πqui est bien une loi indépendante de celle deX0 . Cela signifie donc que lorsquen tend vers+∞on a autant de chance de se retrouver sur chaque point et cela quelle que soit la position initiale.
5 Puissances d’une matrice stochastique
23. Soit j∈ {1, . . . ,n};
∀p∈N,∀k∈[[1;n]],a(k,jp+1)=∑n
i=1
ak,ia(i,pj)⩽∑n
i=1
ak,iM(jp)=M(jp)car∀i ∈[[1;n]],ak,i⩾0.
En passsant au maximum surk, on en déduit que M(jp+1)⩽M(jp). De même ∀k ∈ [∣1,n∣], ak,(pj+1) =∑n
i=1
ak,iai(,jp) ⩾∑n
i=1
ak,im(jp)=m(jp), et en passsant au maximum surk, on en déduit que m(jp+1)⩾m(jp). De plus, un minimum sur un ensemble étant évidement inférieur au maximum sur cet ensemble, on a : m(jp+1)⩽M(jp+1).
CommeMet toutes ses puissances sont strictement stochastiques, tous les coefficients sont stric- tement positifs et le minimum étant un de ces éléments, on a : quadm(jp)>0.
Finalement 0<m(jp)⩽m(jp+1)⩽M(jp+1)⩽M(jp) 24. On notekun indice tel queak,j(p+1)=m(jp+1). On a alors
m(jp+1)−m(jp) = a(k,jp+1)−m(jp)
= ∑n
i=1
ak,iai(,jp)−∑n
i=1
ak,im(jp) car
∑n i=1
ak,i=1 (Astochastique)
= ∑n
i=1
ak,i
°⩾
m
(ai(,jp)−m(jp))
´¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¸¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¶⩾
0
⩾ m∑n
i=1
(a(i,pj)−m(jp))
Dans la dernière somme, tous les termes sont positifs et l’un vautM(jp)−m(jp)et donc : m(jp+1)−m(jp)⩾m(M(jp)−m(jp))
De même, On note`un indice tel quea(`,jp+1)=M(jp+1). On a alors M(jp)−M(jp+1) = M(jp)−a(`,jp+1)
= ∑n
i=1
a`,iM(jp)−∑n
i=1
a`,ia(i,pj)
= ∑n
i=1
a`,i
°⩾
m
(M(jp)−ai(,jp))
´¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¸¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¹¶⩾
0
⩾ m∑n
i=1
(M(jp)−a(i,pj))
Dans la dernière somme, tous les termes sont positifs et l’un vautM(jp)−m(jp)et donc : M(jp)−M(jp+1)⩾m(M(jp)−m(jp))