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DOSSIER
plusieurs enseignants orléanais témoignent de leurs conditions de travail en temps de Covid-19
« JE SUIS PROF ET JE VIENS FAIRE COURS EN RISQUANT LA MORT ...»
P
ar temps de Covid, l’ensei- gnement s’est transformé. Le calendrier annuel est soumis à des variables épidémiques, les élèves et professeurs portent un masque au quotidien, les salles sont aérées et restent ouvertes, les établis- sements ont balisé le sens de dépla- EGOGPVRCTFGUƔȗEJGUCWUQNGVNGU professeurs changent de classe pour éviter le déplacement des foules.Quant à l’agenda, il est accommodé aux contraintes de l’établissement via, pour les lycées, le processus de « l’hy- bridation ». Un terme un peu barbare, qui renvoie à une alternance entre le temps d’apprentissage en classe et le temps d’apprentissage à la maison.
Lors de son allocution de la semaine passée, le Président a remercié publi- quement le personnel de l’Education Nationale pour son implication conti- nue depuis le début de la crise. Sur les 52 semaines pédagogiques de 2020- 2021, la France reste en effet l’un des pays d’Europe à avoir gardé ses écoles ouvertes le plus longtemps à ce jour.
Le Ministre de l’Education a cepen- dant précisé que, du fait d’une tension dans certains territoires, les rectorats allaient devoir recruter davantage de
professeurs remplaçants pour pallier l’absence de personnes à risque. Car la vaccination des professeurs sur le territoire national, tant promise et tant CVVGPFWG UGODNG ƓIWTGT CW VCDNGCW des absents…
Une charge de travail
« largement augmentée »
Depuis qu’ils doivent faire leur travail en temps de Covid, de nombreux en- seignants orléanais disent se sentir en situation de stress, « abandonnés » par le Gouvernement qui n’entend pas leurs inquiétudes, « démunis » face aux risques croissants ou tout simplement
« épuisés » ; ils poursuivent leurs ef- forts grâce à une résilience qui n’est pas neuve : le « goût de transmettre » était déjà, avant la pandémie, leur raison de se lever tous les matins.
Dans les salles des profs des établisse- ments orléanais, il y avait, jusqu’aux an- nonces de la semaine dernière, les opti- mistes et les plus inquiets. On pouvait y entendre des expressions glaçantes :
« on nous envoie au casse-pipe ! » ; « j’en ai marre de venir faire cours en ris- quant la mort tous les jours… », quand ne volaient pas dans les discussions les regrets de devoir annuler un pot de l’amitié non-autorisé, l’échange de techniques pour enseigner à distance CXGEGHƓECEKVȘQWGPEQTGWPTȘSWKUKVQKTG contre les réformes de Jean-Michel Blanquer, dont le blason semble ternir à une vitesse folle chez les enseignants : le Ministre de l’Éducation fait d’ailleurs l’objet depuis le 29 mars de plaintes pour « mise en danger de la vie d’au- trui » de la part d’un collectif d’ensei- gnants, appelé Les Stylos Rouges (voir encadré).
Cette période d’enseignement sous Covid a également vu la majorité des pro- fesseurs rééva- luer leurs plages
horaires de disponibilités et gagner en pratique informatique, via les message- ries en ligne. Beaucoup s’accordent sur la nécessité de s’adapter à un rythme qui, selon la matière ou la méthodolo- gie du tuteur, nécessite deux fois plus de travail, donc de temps et d’énergie.
Si les élèves déjà studieux s'accommo- dent du fonctionnement hybride grâce à leur autonomie, ceux qui ont besoin de la présence d’un enseignant peinent,
tandis que certains lâchent. Et ils ne sont pas les seuls… Un professeur or- léanais en BTS, qui souhaite rester ano- P[OGCHƓTOGSWGNũJ[DTKFCVKQPȘTGKPVG certains de ses collègues : « la charge de travail a été largement augmentée, explique-t-il. Plusieurs ont ainsi été en arrêt quelques temps pour surmenage.
Contrairement à ce qui nous est sans cesse répété, enseigner masqué en res- pectant les gestes barrière n'empêche pas de contracter la maladie. L'une de mes classes a en effet été fortement touchée par le Covid et j'ai été contami- né, malgré le gel et le virucide environ- nants, ainsi que mes enfants ».
Des élèves « bâillonnés » ?
François, lui, peut témoigner de l’an- goisse de ses élèves de Première à l’approche du bac de français, qui sera certainement « annoncé à la der- nière minute comme étant du contrôle continu ». Autre son de cloche du côté de Gaëlle, professeure d’économie-ges- tion, qui a mis en place une visio interactive à domicile depuis mars dernier : « Les jeunes sont nos futurs actifs, on ne peut pas se permettre de les perdre, insiste-t-elle. Leurs acquis doivent se développer, peu importe les circonstances.
Il faut aussi leur apprendre à tout âge à se remettre e n q u e s t i o n … Avec le Covid, cela représente une obligation de communiquer autrement, de se faire EQPƓCPEG .GU ȘNȗXGU GP QPV DGUQKP psychologiquement, car ils se sentent déstabilisés et inquiets pour l’avenir ».
Enseignant en EPS, Jérôme félicite quant à lui ses pairs pour avoir été ca- pable de se réinventer. Bannissant les disciplines collectives du programme scolaire, STEP, badminton, heptathlon et autre ont permis de compenser la nouvelle sédentarité des enfants que
EQPƓTOGPVRTKUGFGRQKFUGVGHHQTVRJ[- sique en baisse. « Ça leur permet quand même de se défouler un peu, dit-il.
J’encourage d’ailleurs les municipali- tés à construire davantage de terrains sportifs extérieurs pour permettre à tous de pratiquer davantage et régu- lièrement… » Bernard, enseignant en philosophie depuis 27 ans, fait partie de ceux qui se plaignent moins de leur quotidien. « En philo, on a moins l’ob- session du problème, de notions à égre- ner et intégrer, souligne-t-il. Les élèves, on les incite à penser par eux-mêmes.
Du coup, faire cours à 17 élèves plutôt que 34 facilite la chose… ». Il remarque toutefois que les élèves sont davantage
« bâillonnés », du fait du masque et d’un ralentissement de l’effet de groupe.
« ON NOUS ENVOIE AU CASSE - PIPE »
« TROP DE TEMPS POUR FERMER DES CLASSES ? » UNE PLAINTE CONTRE LE MINISTRE
Signée par 55 membres du collectif des Stylos Rouge (lequel a été créé en décembre 2018), une pétition exige « la fermeture des établissements scolaires dans les zones les plus touchées et le passage en demi-groupes, ailleurs, pour protéger les personnels d'éducation et les familles ». La plainte, reçue le 29 mars par la Cour de justice de la République, la seule habilitée à enquêter sur un ministre dans l'exercice de ses fonctions, accuse Jean-Michel Blanquer de « ne pas protéger les personnels en contact avec les enfants » qui
« répandent le virus ». Nicolas Glière, porte-parole d’un collectif qui revendique 74 200 membres, enseignants et personnels de l'éducation, justifie la démarche : « nous sommes face à un ministre qui est dans le déni total de la réalité : il nous a dit qu'on était plus en danger à la maison qu'à l'école. Mais les enfants répandent le virus et les écoles sont des clusters : c'est acté ! Nous aurions voulu que les écoles ne ferment pas, mais maintenant, nous n’avons plus le choix… »
DES MASQUES…
TOXIQUES
Après une large distribution au sein du département du Loiret, la Direction Académique a demandé aux établissements de récupérer les masques distribués à deux reprises. La première fois, ils sont apparus en effet
« toxiques », la seconde fois, « trop peu respirants ». La réaction du corps enseignant, qui réclame à corps perdu des lots de masques FFP2 pour tous, ne s’est pas faite attendre, comme en atteste ce mail envoyé par un enseignant aux collègues de son bahut :
« je ne sais pas si ces masques sont toxiques, mais ce manque d’infos de l'administration est, elle, plutôt toxique ! Comment pourrions-nous être rassurés compte tenu du fait que des masques toxiques nous ont déjà été distribués ? ».
Il apparaît toujours que le masque chirurgical reste le grand favori pour sa
« respirabilité » et son coût moindre…
Depuis un an, le travail des enseignants à Orléans comme ailleurs est particulièrement compliqué.
Depuis un an, les enseignants exercent leur métier dans des conditions inédites, entre apprentissages en « hybridation » dans les lycées et crainte plus générale d’être contaminé par le Covid. Dans la métropole orléanaise, nous avons recueilli les impressions d’une profession qui, malgré la fermeture des écoles annoncée la semaine dernière, se sent encore
« abandonnée »et « démunie » face à la situation actuelle.
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LA TRIBUNE HEBDO • N°336 DU 8 AU 14 AVRIL 2021
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DOSSIER
Depuis le début de la crise, quelles ont été les réponses des décideurs ? En pratique, l’Educa- tion Nationale rédige et envoie les protocoles scolaires à mettre en œuvre avec le soutien de l’ARS, qui veille aux rappels sanitaires. Le Ministère sollicite aussi l’équipement com- plet des personnels en masques. Le rectorat de l’Académie d’Orléans-Tours est, quant à lui, plutôt chargé du versant pédagogique, notam- OGPVFũQTICPKUGTkNũJ[DTKFCVKQPz2QWTFȘƓPKT le modèle à appliquer, chaque lycée dépose un dossier bâti selon les réalités du terrain et en- suite validé avec la souplesse requise, de sorte qu’il existe autant de modèles d’hybridation que d’établissements.
Un sentiment de solitude
La question de fermer une école se fait, elle, en concertation avec la Préfecture et les médecins locaux. Christophe Lugnot, le directeur de ca- binet de l’ARS Centre-
Val de Loire, se veut plutôt rassurant face à cette multitude de situations : « à mon sens, il n’y a pas d’en- droit où les consignes ne sont pas respec- tées, veut-il croire.
Nous avons constaté
une vigilance extrême de la part des élus et des parents. Il se trouve que des demandes de fermeture de classe sont faites dans des cas qui ne le nécessitent pas, car l’aspect médical se double aussi d’un aspect psychologique ».
Durant la première partie de l’année, trois cas de variant Covid étaient requis pour fermer une
classe. Un système loin d’être idéal selon les enseignants, du fait du temps de latence entre NũQDUGTXCVKQPFGUU[ORVȢOGULWUVKƓCPVWPVGUV par les parents du malade zéro et la fermeture effective de l’ensemble de la classe. Malgré la mise en place des de- mi-groupes, la proxi- mité des élèves au self, lors de la récréation ou à l’extérieur de l’établis- sement, empêchaient d'enfermer le virus au sein d’une même ENCUUG.CUGOCKPGFGTPKȗTGGPEQTGKNUWHƓUCKV d’un élève contaminé pour renvoyer toute la classe à la maison.
Pour soutenir les enseignants, les initia- tives ne sont, hélas, pas légion. Le rectorat organise de nombreuses formations pour apprendre à enseigner à distance depuis le
début de la crise, des webinaires créés avec l’aide d’inspecteurs pour que personne ne soit en reste sur le plan pédagogique. Autrement, il convient de s’appuyer, surtout, sur la solida- rité entre collègues…
« Le virus touche les plus jeunes »
Alors que l’épidémie a évolué entre mars 2020 (où peu de cas contacts étaient identi- ƓȘUEJG\NGURNWULGWPGUCWUGKPFGUHCOKNNGU et mars 2021, que pensent les épidémiolo- gistes de la circulation du virus dans les mi- lieux scolaires ? Fallait-il fermer plus tôt les écoles ? Le Gouvernement n’a cessé d’expli- quer depuis la rentrée de septembre que les enfants n’étaient pas sensibles à l’infection, car ils ne disposaient pas du récepteur sur lequel se tissait le virus. À ce jour, même si cela reste minoritaire, il y a cependant une proportion non-négligeable d’hospitalisations en pédiatrie. De plus, à l’échelle du Loiret, 10 % des patients hospitalisés ont moins de 20 ans.
« Le fait est que le virus circule davantage et touche les plus jeunes, probablement à cause du variant anglais », concède aujourd’hui le docteur Prazuck, chef du service maladies in- fectieuses du CHR d'Orléans.
À quoi faut-il s’attendre aujourd’hui ? La semaine en cours doit accoucher d’un cer- tain nombre de décisions sur les auto-pré- lèvements nasaux dans les lycées, qui CRRCTCKUUGPVRNWUƓCDNGUSWGNGUVGUVUUCNK- vaires, puisque le résultat est obtenu sous quinze minutes, de sorte qu’associé aux masques, au gel et aux mesures de distance, le risque d’accueillir un élève malade serait nettement réduit. O
d'infos
La FAQ de L’Education Nationale www.education.gouv.fr/covid- 19-questions-reponses
« À L ’ ÉCHELLE DU LOIRET , 10 % DES PATIENTS HOSPITALISÉS ONT MOINS DE
20 ANS »
CLUSTERS DANS LES ÉCOLES : LE BLACKOUT
Aucune donnée n’est collectée ou collectable sur le nombre de clusters émergents en milieu scolaire dans le Loiret. Ni la cellule régionale de Santé Publique France, qui dispose pourtant d’une « base de données gigantissime », selon Christophe Lugnot, le directeur de cabinet de l’Agence Régionale de Santé, ni la Direction Académique du Loiret ne sont en mesure de donner de telles statistiques. En revanche, selon la dernière communication de l’Académie d’Orléans-Tours en date du 26 mars, on constate que 218 élèves étaient des cas confirmés, ainsi que 16 membres du selon le cumul des sept derniers jours. Sur 453 écoles, 57 collèges et 22 lycées, 16 classes étaient fermées au sein des structures ouvertes. Toutefois, aucune structure scolaire, publique ou privée, n’avait fermé ses portes. Enfin, sur les 864 tests salivaires proposés, 722 avaient été réalisés, parmi lesquels 0,55 % s’étaient avérés positifs.
Le masque fait aujourd’hui partie du quotidien, voire des habitudes, des jeunes Orléanais.
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LA TRIBUNE HEBDO • N°XXX DU XX AU XX MOIS 2020
SANTÉ / ENVIRONNEMENT
DES DONNÉES EN OPEN DATA
Pour découvrir et comparer la présence du Covid-19 dans les eaux usées, les résultats d'Obépine, notamment ceux de la station de La Chapelle-Saint-Mesmin, sont consultables en Open Data. À noter que la Commission européenne a émis des recommandations concernant une approche commune pour la mise en place d'une surveillance systématique de la présence du Covid-19 et de ses variants dans les eaux usées de l'Union européenne.
www.reseau-obepine.fr
L’étude des réseaux d’assainissement de la métropole permet de détecter la présence du virus
ORLÉANS PART À LA CHASSE AU COVID
D
eux expérimentations de surveillance des eaux usées sont aujourd'hui en cours dans la Métropole. La pre- mière est pilotée depuis décembre par Véolia, exploitant de la station d'épu- ration de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le cadre de la recherche menée au niveau national par le réseau Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées). « Le suivi du Covid-19 com-plète les indicateurs au niveau d'une zone de vie, explique Vincent Carton, directeur des opérations de Véolia à la direction territoriale Beauce-Sologne- Berry. Nous faisons un prélèvement sur JCƓPF CXQKTWPȘEJCPVKNNQPTGRTȘ- sentatif. Celui-ci est envoyé et analysé à La Sorbonne. Il y en a une dizaine par mois. Il faut ensuite compter une semaine avant qu'Orléans Métropole ne reçoive les résultats. » Ce respon- sable de Véolia précise que la station de La Chapelle-Saint-Mesmin est la plus grosse de la métropole, puisqu’elle TGȖQKVGPXKTQPFGUGHƔWGPVUOȘVTQ- politains.
En avance sur les dépistages
Autre expérimentation menée depuis le 25 novembre, celle de Covid-19 City Watch. Elle est effectuée par Suez, ex- ploitant des réseaux d'assainissement, et concerne 11 des 22 communes de la métropole. « Nous effectuons chaque semaine un suivi à partir de postes de
relevage, indique Damien Granger, di- recteur de la SERA, la Société d'Exploi- tation des Réseaux de l'Assainissement sur Orléans. Le territoire que nous sui- vons correspond à près de 175 000 ha- bitants. Notre relevé est découpé en cinq secteurs, qui vont de Saint-Hilaire Saint-Mesmin jusqu'à Saint-Denis-en- Val au sud, et en amont de la station d'épuration de La Chapelle au nord. Nous suivons ainsi l'évolution dans chaque secteur, en relation avec la Métropole et
l'Agence Régionale de Santé. L'avantage des indicateurs des eaux usées est que la présence du Covid-19 est visible sept à dix jours avant, donc bien avant que le dépistage ne la repère. La trace du virus est encore également présente douze LQWTUCRTȗU#WƓPCNPQWURQWXQPUFQPE observer les tendances de l'évolution de l'épidémie avec une semaine d'avance.
S'il y a un pic, la croissance est visible très nettement. Par contre, c’est un petit peu plus compliqué de voir la décrue... »
Depuis décembre, Orléans Métropole surveille la circulation du Covid-19 grâce à ses réseaux d'assainissement. Un outil qui permet de visualiser la circulation du virus et même de voir arriver les pics épidémiques. Comment cela marche-t-il ? Explications.
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Des prélèvements sont effectués à la station d'épuration de La Chapelle-Saint-Mesmin pour suivre le Covid-19 dans les eaux usées.
iţDR / Photo d'illustration
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SANTÉ / ENVIRONNEMENT
UN IMPACT SUR LES BOUES
Si en France, près de 70 % des boues des stations d'épuration sont épandues dans les champs pour fertiliser la terre, avec le Covid, la donne a changé.
En effet, depuis un arrêté ministériel du 30 avril 2020, l'épandage de ces boues n'est possible que si celles-ci ont été « hygiénisées » auparavant (plusieurs procédés sont possibles et validés scientifiquement : ajout de chaux, compostage afin de permettre une montée en température...).
Un process particulier, qui « peut poser problème pour des petites communes qui n'ont pas l'équipement, car elles doivent les faire transporter et traiter ailleurs, indique Xavier Girard, chef de service agronomie de la Chambre d'agriculture du Loiret. Cela a un coût, même s'il y a une prise en charge partielle par les Agences de l'eau. » Au niveau de Véolia, « l'hygiénisation » était déjà en place dans plusieurs sites de la Métropole, avec déjà « un chaulage à 30 % à Chécy et La Chapelle, mais aussi par compostage à l'Ile Arrault, explique Vincent Carton, directeur des
opérations de Véolia à la direction territoriale Beauce-Sologne-Berry. Il n'y a qu'au niveau des boues liquides à Chécy qu'il a fallu injecter du lait de chaux. Avec le suivi, cela prend un peu plus de temps, mais ces boues sont très attendues par les agriculteurs. Il y a une confiance, nous travaillons avec plus de 25 communes du Loiret.
Une station comme La Chapelle-Saint-Mesmin produit près de 20 000 tonnes de boues par an. »
Un surcoût notable
Du côté de la DDT, on reconnaît que le Covid occasionne un surcoût, mais qu’il n'a pas freiné l'épandage dans le département (autorisé deux fois par an, selon un plan d'épandage précis).
« Même si la chaux est utilisée majoritairement, Il existe plusieurs procédés d'hygiénisation, commente Thomas Carrière, chef du pôle Gestion et protection des milieux aquatiques à la DDT. Pour les stations qui ne peuvent pas faire transporter les boues, le compostage est une autre forme d'hygiénisation qui est juste plus longue ».
Cependant, il n'y a pas que les boues des stations communales qui sont impactés par ces mesures anti-Covid : celles des entreprises le sont aussi. « Il n'y a que celles provenant d'eaux de lavage de légumes, par exemple dans l'agro-alimentaire, qui peuvent être épandues sans hygiénisation, mais ce n'est pas possible si ces eaux sont mélangées aux eaux usées. » Ce surcoût touche aussi le particulier propriétaire d'une fosse septique. Dans ce cas, « le transport et l'hygiénisation coûtent près de 150 €. »
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Repérer les variants
Depuis un peu plus de quinze jours, Co- vid-19 City Watch permet aussi de suivre l’évolution des variants. « Nous
sommes capables de voir le variant an- glais mais, par contre, nous ne pouvons pas encore observer la différence entre le variant brésilien et le sud-africain.
Aujourd'hui, il y a donc, selon nos es- timations, entre 25 et 55 % de variants (tous confondus) sur la métropole. » En tout cas, selon les derniers relevés de la présence du Covid-19, celle-ci,
« après avoir stagné, continue malheu- reusement de monter », ajoute Damien Granger.
Des outils utiles ?
Côté ARS Centre-Val de Loire, on re- connaît que les relevés collent aux tendances des tests et des taux d'inci- dence, mais que l'indicateur « n'a pas servi, pour l'heure, d'aide à la décision.
Pour le moment, on n'a pas observé de pic net dans un secteur donné. La prin- EKRCNGFKHƓEWNVȘGUVFGUCXQKTUKNGXKTWU détecté est encore actif ou non, car son ARN est présente dans les selles plusieurs jours après la maladie. Il ne permet pas non plus de localiser un cluster, car les bassins versants du sud et d'Orléans-nord sont grands, dé- t a i l l e V i nc e n t Michel, le réfé- rent eau potable de l'Agence Ré- gionale de Santé en Centre-Val de Loire. Par contre, ce dispositif peut effectivement servir à déclencher un dépistage ciblé et utile après le pic de la troisième vague, qui arrivera à un moment ou un autre. Nous sommes d’ailleurs capables de lancer une opé- ration de dépistage de population avec l'accord de la Préfète. Là, nous en pré- voyons une à Lorris, mais celle-ci n’est pas la conséquence de résultats don- nés par les indicateurs des eaux usées, mais par notre processus de surveil- lance épidémiologique. » O
« S ’ IL Y A UN PIC ,
LA CROISSANCE EST VISIBLE TRÈS NETTEMENT … »
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Plusieurs stations d'épuration de la métropole procédaient déjà, avant le Covid, à l'hygiénisation des boues.
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SPORTS
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ersonne ne l’ignore : les Jeux Olym- piques de 2024 auront lieu dans trois ans à Paris. Une échéance qui, dans le paradigme mondial actuel, paraît très loin et plus tellement « monde d’après ». Cependant, il est quand même prévu que cet événement, qui reste le plus ITCPFURGEVCENGURQTVCWOQPFGRTQƓVG aux territoires : à la région parisienne en premier lieu, puis aux régions voisines.Dans ce contexte, Orléans dit vouloir
« faire la différence avec des villes comme Reims ou Lille », expliquent Thomas Renault et Romain Lonlas, le duo d’élus chargés du sport dans la cité johannique.
Si la région Centre-Val de Loire rêva un temps d’accueillir des épreuves olym- piques, cet espoir fut assez rapidement douché : non, il n’y aura pas d’épreuve d'équitation au Parc Equestre Fédéral de Lamotte-Beuvron, pas plus qu’il n’y aura de matchs du tournoi olympique de volley, de hand ou de basket à CO’Met. Cela dit, il reste encore de belles carottes à aller cher- cher, comme ces dizaines de délégations mondiales d’athlètes qui vont chercher à se préparer dans de bonnes conditions avant le début de la grande messe olym- pique. Sur ce dossier, Orléans présente des atouts : à une heure de Paris, avec une certaine capacité hôtelière et, surtout, quelques équipements qui peuvent faire la différence, comme le nouveau centre aquatique de La Source ou le dojo Jean- Claude Rousseau.
Mais comment attirer ces délégations et les convaincre de venir suer quelques jours à Orléans avant le début des Jeux ? À la mairie d’Orléans, on est persuadé que le
« relationnel » fera toute la différence. Aus- si la Ville a-t-elle réuni dans un « cercle »
quelques ex-grands noms du sport or- léanais, qui ont autrefois fait rayonner la ville en portant ses couleurs : parmi ces
« ambassadeurs », l’ancien meneur de l’OLB Laurent Sciarra, l’ex-sélectionneur de l’équipe de France féminine de football, Bruno Bini, l’ancien judoka orléanais Sté- phane Traîneau, l’ex-champion de monde de cyclisme sur piste Florian Rousseau, le célèbre maître d’arme d’escrime Christian Bauer ou l’ex-vice champion paralympique de natation Frédéric Delpy (voir p.15). Des noms auxquels s’ajoutent d’autres spor- tives et sportifs de prestige, comme la volleyeuse Victoria Ravva, devenue il y a quelques semaines la marraine de Nũ'%18QNNG[WPENWDDQQUVȘƓPCPEKȗTG ment par la mairie en septembre dernier.
« Victoria a un énorme réseau, notamment du côté des pays de l’est », expliquent Tho- mas Renault et Romain Lonlas.
Les deux hommes espèrent qu’Orléans RTQƓVGTCFWECTPGVFũCFTGUUGUFGEGUkam- bassadeurs » et de leur travail de lobby pour accueillir quelques délégations olym- piques. D’ailleurs, deux autres « parrains » auront peu ou prou le même rôle : il s’agira de l’ancien champion olympique de judo David Douillet et de l’inénarrable Nelson Montfort, qui connaît bien Orléans pour y avoir déjà animé quelques galas. Le jour- naliste de France Télévisions n’est, en gé- néral, pas quelqu’un qu’on séduit avec des yeux doux ou une boîte de chocolats. Mais selon Thomas Renault et Romain Lonlas, CWEWPGTȘVTKDWVKQPƓPCPEKȗTGPũCȘVȘOKUG sur la table pour lui comme pour les autres
« ambassadeurs ». Seules leurs notes de HTCKUUGTQPVTGODQWTUȘGUEGTVKƓGNCOCKTKG
Recruter au judo
La Ville d’Orléans va par contre mettre la main au pot – sous forme de conventions cette fois – pour aider des athlètes locaux encore en activité qui pourraient avoir des résultats dans trois ans. Ceux-là, Thomas Renault et Romain Lonlas les appellent les « étoiles », et elles recevront une aide comprise entre 7 000 et 30 000 € par an et jusqu’en 2024. L’évaluation de ces enve- loppes se fera en fonction « des besoins des sportifs et des dispositifs complémen- taires de du Département, de la Région… » Les deux élus orléanais expliquent aus- si vouloir mettre en place autour de ces athlètes une structure qui leur permettra d’être, pour certains, sponsorisés par une entreprise locale et/ou de pouvoir décro- EJGTWPGORNQKȏNCƓPFGNGWTECTTKȗTG%GU
« étoiles » orléanaises qui pourraient bril- ler dans le ciel parisien sont pour l’instant au nombre de neuf : il s’agit des sprinteurs et lanceurs Amaury Golitin et Lolasson Djhouan, des rameurs et kayakistes Flo- rent Coqueugniot et Rémy Boullé, des ca- valiers Adib El Sarakby et Justine Legrand, des escrimeuses Cécilia Berder et Manon
Brunet et du gymnaste Edgar Boulet. La OCKTKGPGUũKPVGTFKVRCUFGHCKTGIQPƔGT ce nombre d’« étoiles » dans les mois qui viennent. Elle cherche en effet à recruter un, ou plutôt une judokate qui pourrait défendre en 2024 les couleurs de l’USO Judo, puisque la plus grande chance du club aux Jeux Paralympiques de Tokyo, Sandrine Aurières-Martinet, devrait en effet mettre un terme à sa carrière après cet été. De même, la Ville aimerait miser sur un nageur de bon niveau pour 2024.
Ce n’est pas une priorité, « mais si on nous propose quelqu’un, on ne dira pas non », relève Thomas Renault.
'PƓP NC OCKTKG XGWV CEEQORCIPGT UWT son territoire, un certain nombre d’« es- poirs » qu’elle n’a pas
GPEQTGVQWUKFGPVKƓȘU mais qui se verront offrir pour leur part une aide annuelle de 3 000 € maximum.
Dans l’esprit des deux
élus orléanais, le but est « d’éviter la fuite des talents vers d’autres métropoles » en les plaçant aussi « UQWUNũKPƔWGPEGRQUKVKXG du Cercle » grâce à des échanges avec les
« ambassadeurs » et les « étoiles », dont la carrière et les résultats sont plus avancés.
Il est d’ailleurs prévu que de nombreuses rencontres aient lieu d’ici les Jeux de Pa- ris avec dans l’optique, pour la mairie, de
« créer un cercle unique de champions ».
Thomas Renault et Romain Lonlas ex- pliquent ne pas avoir coché un nombre de médailles à ramener de Paris en 2024 : ils disent seulement vouloir « se servir des Jeux pour réécrire une histoire du sport à Orléans », ainsi qu’offrir à leurs repré- sentants une notoriété locale jamais vue jusqu’alors : « nous souhaitons qu’Orléans RWKUUGUũKFGPVKƓGTGVUũCUUKOKNGTȏUGUCVJ lètes, qu’ils soient reconnus dans la rue. » Aussi sera-t-il demandé à ces derniers de
participer activement à des événements qui seront mis en place dans les prochains mois, comme ce « Village Olympique » que la mairie veut mettre en place en sep- tembre, le week-end suivant la Rentrée en Fête. Des « dîners de levée de fonds au pro- ƓVFũCUUQEKCVKQPUECTKVCVKXGU » sont égale- ment prévus, de même que des Semaines Olympiques dans les écoles et dans les associations orléanaises. En plus de faire briller localement ces athlètes locaux, les élus pensent que cette communication
« olympique » sera en mesure de ramener les habitants d’Orléans au sport et dans les associations. Lors de la rentrée 2020, celles-ci avaient en effet perdu de 30 % de leurs effectifs. « Mais une fois que les gens se sentiront en sécurité avec le Covid, ils voudront de nou- veau pratiquer, prévoit Thomas Renault. Il va y avoir un rebond phénoménal. » Voilà pour la feuille de route globale, dont l’enveloppe globale n’a pas encore été FȘƓPKGkElle restera dans le budget des Sports de la Ville ; à cette date, il n’y a pas de rallonge qui ait été décidée », précise Romain Lonlas. Reste la question de la délimitation de cette politique sportive olympique, dont on se demande pourquoi elle n’est pas étendue au territoire mé- VTQRQNKVCKPRWKUSWũWPCVJNȗVGƔGWT[UUQKU qui gagnerait par exemple une médaille à Paris ferait autant rayonner le nom d’Or- léans que s’il s’agissait d’un sportif licen- cié dans un club orléanais. Sur ce sujet aux contours éminemment politiques -qui FGXTCKGPVFũCKNNGWTUșVTGTGFȘƓPKUNũȘVȘRTQ chain- Thomas Renault et Romain Lonlas ne se prononcent pas, laissant à leurs élus de tutelle, en l’occurrence Serge Grouard et Christophe Chaillou, le soin de se rappro- cher sur cet épineux dossier. O
« RÉÉCRIRE UNE HISTOIRE DU SPORT À ORLÉANS »
« LAURENT SCIARRA , DAVID DOUILLET ,
NELSON MONFORT … »
La Ville d’Orléans met en place un dispositif spécial en vue des Jo de Paris
ORLÉANS VISE L’ OLYMPE
UNE "WEB TV SPORT " À ORLÉANS
Dans leur projet global « Orléans 2024 », Thomas Renault et Romain Lonlas ont indiqué vouloir créer une « web TV 100 % sport », qui offrira une « immersion dans le parcours de nos athlètes jusqu’à Paris 2024 », « mettra en lumière les associations sportives d’Orléans » et organisera
« des plateaux exceptionnels lors d’événements ».
De manière plus précise, cet outil devrait être porté par « une association orléanaise qui devait se rattacher à l’UFOLEP», ajoute Thomas Renault, qui ne souhaite pas, pour le moment, dévoiler l’identité de cette structure. Cette web TV sera par contre accompagnée par la mairie et aura vocation à recevoir d’autres aides publiques et privées. Elle devrait être accessible dès « le mois de mai », selon les élus.
La mairie d’Orléans a créé dernièrement un « cercle des ambassadeurs », composé de sportifs retraités et de personnalités médiatiques, ainsi qu’un dispositif d’accompagnement de ses athlètes olympiques en vue des Jeux de 2024. Cette opération doit, selon la Ville, attirer des délégations étrangères à Orléans et faire revenir les Orléanais dans les associations sportives.
BENJAMINVASSETiţAFP / Archives
Cécilia Berder (à gauche), du Cercle d’Escrime Orléanais, sera certainement l’une des meilleures chances de médailles pour Orléans aux JO 2024.
LA TRIBUNE HEBDO•N°336 DU 8 AU 14 AVRIL 2021
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www. tribune-hebdo-orleans.fr
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À ORLÉANS, JULIE GAYET À LA RESCOUSSE
En 2020, Ciclic a lancé une nouvelle bourse post-études production. Son objectif ? Permettre aux jeunes de se faire une place dans le monde du cinéma. La société Furyo Films en a été lauréate. Ses fondateurs ont décidé de s’installer à Orléans, loin de l’effervescence parisienne. Cette année, « six nouveaux producteurs de cinéma vont s’installer en Centre-Val de Loire », précise ainsi Philippe Germain, directeur de l’agence Ciclic. Au total, dix sociétés de production se seront implantées sur le territoire ces deux dernières années. Mais ces arrivées
« massives » ne suffisent pas à créer une dynamique de groupe. « Les producteurs, les auteurs, les cinéastes de la région ne se connaissent pas, lance Philippe Germain. L’enjeu est de créer un écosystème autour du cinéma. » Pour la première fois, Ciclic et la Région Centre-Val de Loire ont donc organisé au mois de mars des rencontres auteurs-producteurs, à Orléans, parrainées par l’actrice et productrice Julie Gayet. « L’idée est de favoriser et de construire la rencontre artistique, a-t-elle expliqué. Le cinéma commence ici, en région, pour s’exporter et rayonner à l’international. »
En Centre-Val de Loire, le monde du septième art veut miser sur de nouveaux talents, mais...
LE CINÉMA LIGÉRIEN CHERCHE DES SOUS
A
XG\XQWUXWNGUƓNOU 120 bat- tements par minute et/ou Divines ? Parmi d’autres, ces deux longs-métrages sont soutenus par Ciclic, l’agence régio- nale du Centre-Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique.Implantée à Vendôme, elle accueille des cinéastes du monde entier pour
des résidences, des rencontres, des tournages. Depuis cinq ans, elle accom- pagne également les artistes locaux dans leurs démarches et leurs arts ; le récent label « Val de Loire Cinéma Workshop » veut, en ce sens, favoriser l’émergence et l’installation de nou- veaux talents en Centre-Val de Loire. Il regroupe désormais plusieurs disposi-
tifs : le Contrat d’objectifs et de moyens (COM) mis en place par la Région en 2017, qui soutient l’audiovisuel ; mais aussi l’aide au développement de pro- LGVUFGƓNOUFũGPXGTIWTGKPVGTPCVKQPCNG dispositif de Ciclic ; l’appel à projets de court-métrages ; et plusieurs bourses (de la première œuvre, post-études animation).
« Penser au-delà de la crise »
Mais toutes ces aides aux parcours et CWZTGPEQPVTGUCTVKUVKSWGUPGUWHƓUGPV pas en temps de pandémie mondiale : le monde du cinéma, et plus généralement de la culture, sont à l’arrêt. De nom- breux intermittents ne travaillent plus, parfois depuis un an. « Nous sommes KPSWKGVUFGUCTDKVTCIGUƓPCPEKGTUSWK pourraient être faits par rapport à la culture, exprime Cécile Lestrade, pro- ductrice et gérante de la société Alter Ego, à Orléans. Parler d’attractivité, c’est très bien, mais il faut que les moyens ƓPCPEKGTUUWKXGPV%ũGUVGUUGPVKGNК» Il
faut dire que le secteur est contraint de toutes parts : l’agence Ciclic elle-même
« EJGTEJGFGPQWXGCWZFKURQUKVKHUƓ- nanciers ». Car si « penser au-delà de la crise » est indispensable pour ne pas sombrer, le « besoin d’imaginaire », for- tement demandée par la Région Centre- Val de Loire, se couple à un besoin, voire WPG XTCKG WTIGPEG ƓPCPEKȗTG RQWT NG monde de la culture. O
L’agence régionale Ciclic multiplie les dispositifs d’aides au parcours artistiques et à la « rencontre artistique » entre auteurs et producteurs de cinéma. Mais en période de crise sanitaire, certains craignent pour les financements de projets. C.S
Le cinéma, en Centre-Val de Loire, subit la crise de plein fouet.
iţAdobeStock
SPORTS / CULTURE
que pensent les athlètes du plan orlénais pour les jeux de 2024 ?
« SI ÇA PEUT NOUS AIDER… »
M
a no n B r u ne t a entamé ce lundi s a p r é p a r a t i o n en vue des Jeux Olympiques de Tokyo, qui se dérouleront l’été prochain. Au pied du podium en 2016 à Rio, la sabreuse de 25 ans, licenciée au Cercle d’Escrime Orléanais, est désormais concentrée sur l’échéance nipponne. Mais elle a déjà, avoue-t-elle, les Jeuxde Paris « complètement dans (sa) tête ». Il faut dire qu’en 2024, la jeune femme n’aura que 28 ans, et que, si elle conti- nue sa progression, elle sera certainement l’une des très bonnes chances de médailles pour la France et pour Orléans.
D’ailleurs, elle est d’ores et déjà cataloguée comme l’une des
« étoiles » recensées (voir p.14) par la Ville dans son plan pour
accompagner les athlètes olym- piques jusqu’à cette échéance.
« C’est plutôt cool ! », réagit-elle spontanément, quand on évoque avec elle la démarche initiée par la municipalité. « Cela veut dire qu’ils prennent notre projet en considération. » Au-delà de l’as- RGEVƓPCPEKGTGNNGUGUCVKUHCKV de pouvoir échanger, à terme, avec d’autres sportifs du cru, même si ces derniers ont per- formé dans des disciplines qui n’ont pas grand-chose à voir avec la sienne. « Il y a toujours des choses à apprendre, dit-elle.
Si ça peut nous aider à avancer vers notre but… »
Plus d’infos… bientôt
Autre personnalité à avoir été présenté comme faisant par- tie du dispositif mis en place par la Ville d’Orléans, l’ancien nageur handi Frédéric Delpy, quadruple champion du monde et quatre fois médaillé aux Jeux
Olympiques. Joint la semaine dernière, ce dernier indiquait qu’il était « hyper-emballé » d’être associé à la démarche et de « pouvoir apporter (son) expérience de nageur de haut niveau ».
Cela étant, il reconnaissait aus- si ne pas encore trop savoir ce que sa mission recouvrerait, et dans quelles conditions elle se ferait : « pour être honnête, pré- cisait-il, je n’ai pas tellement d’informations à vous commu- niquer. J’ai un déjeuner prévu le 14 avril, lors duquel nous devons aborder tout cela plus précisément. Pour l’instant, j’ai juste eu la mairie d'Orléans au téléphone, à qui j’ai donné mon accord de principe. Si c’est du bénévolat ? Je n’en sais rien du tout. Je me suis engagé, mais je ne sais pas encore combien de temps cela va me prendre.
Je suis encore en attente d’élé- ments concrets. » O
Une dizaine de sportifs, encore en activité ou retraités, ont déjà été publiquement associés à la démarche mise en place par la Ville d’Orléans en vue des Jeux Olympiques de 2024. Les intéressés se disent heureux de l’initiative, mais encore en manque d’informations concrètes.
B.
VESCRIME
Orléans rempile
Manon Brunet (ci-contre) ne vit plus à Orléans, mais elle est toujours licenciée au Cercle d’Escrime Orléanais (CEO), un club hautement référencé au niveau national. Celui-ci a d'ailleurs confirmé qu’il continuerait à organiser l’étape annuelle de la Coupe du monde de sabre féminin, qui se tient tous les automnes dans la cité johannique (et que Manon Brunet remporta en 2019). « Mon club et la Ville font énormément pour nous faire briller, admet la championne. Je les remercie tous les deux d'avoir gardé cette étape à Orléans ».
MÉDIAS
CO’Met dans L’Équipe !
Si CO’Met n’accueillera pas d’épreuve olympique en 2024, l’équipement commence à intéresser le monde du sport français.
Malgré les difficultés liées à son coût, la grande salle du futur complexe a eu la semaine dernière les honneurs d’une pleine page dans le grand quotidien de sport. Sous le titre Le CO’Met en orbite, Yann Ohnona, le journaliste de L’Équipe a retracé les différentes étapes du projet (sans en gommer les aspects polémiques), et rappelé en creux qu’en matière d’« arenas », il y avait un retard français par rapport à certains de ses voisins européens. De quoi redonner un peu de légitimité à CO’Met, qui semble si décrié dans le landernau orléanais ?
EN BREF
Manon Brunet et Frédéric Delpy, associés au projet olympique orléanais.
DR
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