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ALDE. Lettres & Manuscrits autographes

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(1)

www.alde.fr

Lettres & Manuscrits autographes ALDE

69

ALDE

vendredi 24 juin 2011

Lettres & Manuscrits autographes

(2)

Expert

Thierry Bodin

Syndicat français des

experts professionnels en œuvres d’art

Les Autographes

45 , rue de l’Abbé Grégoire 75006 Paris Tél. 01 45 48 25 31 - Facs 01 45 48 92 67

[email protected]

Exposition privée chez l'expert

Uniquement sur rendez-vous préalable

Exposition publique Hôtel Regina

Vendredi 24 juin de 10 h à midi

AUTOGRAPHES DIVERS n os 1 à 129

RÉVOLUTION ET EMPIRE n os 130 à 310

(3)

ALDE

Maison de ventes spécialisée Livres & Autographes

Lettres & Manuscrits autographes

Vente aux enchères publiques

Le vendredi 24 juin 2011 à 14 h 45

Hôtel Regina

Salon de Flore

2, place des Pyramides 75001 Paris Tél. : 01 42 60 31 10

Commissaire-priseur

Jérôme Delcamp

E ALDE

Maison de ventes aux enchères 1, rue de Fleurus 75006 Paris

Tél. 01 45 49 09 24 - Facs. 01 45 49 09 30 - www.alde.fr Expert

Thierry Bodin

Syndicat français des

experts professionnels en œuvres d’art

Les Autographes

45 , rue de l’Abbé Grégoire 75006 Paris Tél. 01 45 48 25 31 - Facs 01 45 48 92 67

[email protected]

(4)

Abréviations : L.A.S. ou P.A.S.

lettre ou pièce autographe signée L.S. ou P.S.

lettre ou pièce signée

(texte d’une autre main ou dactylographié) L.A. ou P.A.

lettre ou pièce autographe non signée BB

A. Boppe et R. Bonnet, Les vignettes emblématiques sous la Révolution (1911)

9

(5)

1. Laure Permon, duchesse d’ABRANTÈS (1784-1838). 2 L.A.S., [1820 et s.d.] ; 2 pages in-4 et 1 page in-8 avec

adresse et cachet cire noire (brisé). 150/200

26 septembre [1820], à un médecin : « Soit un aneuvrisme, soit un polype au cœur, je suis perdue si j’en suis attaquée.

[…] Si le Ciel voulait terminer ainsi à la fleur de mon âge une vie qui dans les trois quarts de son cours a été plus infortunée qu’heureuse du moins veux-je savoir de bonne heure à quoi m’en tenir. Je sais qu’un médecin habile comme vous peut savoir à la pression et au toucher si le viscère dont je souffre est attaqué »… [Vers 1836-1837], au libraire Ladvocat : « Le Salon de Mme de Genlis est fini. Je vous attends avec sa fin et un Déjeuner de Mme de Montesson aussi fini et mon Salon de gouvernante de Paris »…

2. AÉROSTATION. Manuscrit avec 5 croquis, époque révolutionnaire ; un cahier petit in-4 de 75 pages (plus ff.

blancs), au crayon avec qqs corrections à l’encre, reliure de l’époque parchemin ivoire. 200/250

Cahier de réflexions sur la société contemporaine, suivies de pages sur l’aérostation, avec dessins à l’échelle. « La méthode d’aérostation que je propose ne diffère pas de celle qui est en usage quant à la manière de produire la légèreté spécifique du ballon. Une enveloppe de taffetas gommé remplie d’air inflammable au gaz hydrogène dont la pesanteur est huit fois moindre que celle de l’air atmosphérique qui soutient le baromètre à 28 pouces »… On joint une carte d’électeur au nom de Louis de La Laurencie, 1824.

3. ALBUM DE DESSINS. Album de dessins à la mine de plomb, début XIX

e

siècle ; album obl. petit in-fol., 56 ff.,

reliure de l’époque demi-basane bleue. 150/200

Études de têtes, de personnages, de chevaux (parfois avec leur nom), de militaires, de scènes de genre, parfois d’après des lithographies ou des illustrations (portrait de la Malibran, tête de Richelieu, etc.), mais aussi des vues de Bruges, la tour de Montlhéry, Cassel. Ex-libris du château de Pauilhac (nom effacé).

On joint un autre carnet de dessins, vers 1900, par J. de La Jonquière (rel. toile).

4. ALBUM DE DESSINS . Album romantique contenant 18 dessins, et 2 gravures rehaussées ; album obl. petit in-fol., reliure veau bleu avec riche décor romantique à froid sur les plats, dos orné. 500/700

Dessins de ou attribués à Hippolyte Bellangé (2 scènes militaires au lavis), Henry Monnier (signé et daté Liège 9bre 1832), Eugène Deveria, Decamps, Charlet, Loubon, Tony Johannot, F. Teichel, J. Bastien (aquarelle signée), Andrieux… Ex-libris de Paul Gavault et Aristide Marie.

5. ANCIEN RÉGIME. Carton d’environ 85 pièces, XVI

e

-XVIII

e

 ; parchemins et papier. 250/300

Documents concernant principalement le Vexin. Actes sur la châtellenie de Gaillefontaine et Villedieu-la-Montagne  ; certificat pour le S. de Chauvigny, ses cures et baumes (1697) ; bail par le maréchal de Villeroy à Pierre Clette, bourgeois de Paris, de ses maisons, terres et seigneuries de Magny, Estrée, Halaincourt, etc. (1718)  ; bail de la ferme du château de Sérifontaine (1751) ; contrats, baux et actes concernant l’abbaye de Saint-Germer, diverses terres de la région de Gisors, la ville et forêt de Lyons (empreinte des marteaux pour marquer les cuirs et peaux, 1759)… Généalogie de la maison de Montenay ; enquête sur la noblesse de la famille de Pringuet (1705). Lettres de l’université de Toulouse (une avec beau sceau) en faveur de Jean Labordère (1730) ; lettre royale de don des fruits du prieuré de Saint-Martin de Bellencombre pour Jean-François de La Bordère (1789). Arbre généalogique de la maison d’Aure et supplique de Cyprien d’Aure, commandant du château de Lourdes, sur la noblesse de sa famille (1787) ; brevet d’aide-major d’Entrevaux (1780) et lettres de pension (1788) pour le même.

6. ANCIEN RÉGIME. 35 lettres ou pièces, la plupart L.A.S. ou L.S., XVIII

e

siècle. 150/200

La plupart des documents concernent la famille Malotau de Villerode : B. de Becberge, Castoja, duc de Castries, Hauport Desgrandsars, Hauport de Maffles, d’Havré comte de Priego, Montmorency prince de Robecq, cardinal Valenti, baron de Vels, etc. Avec un Mémoire concernant la suppression du Parlement de Flandres et l’établissement d’un nouveau tribunal, et une relation de l’expédition d’Alger en 1775.

7. ANGLETERRE. Environ 170 lettres ou pièces, 1571-1870, la plupart du XVIII

e

siècle ; en anglais. 150/200

Correspondance personnelle et d’affaires des comtes de Derby  ; états émargés des domestiques de Derby (1780-1790).

Manuscrit de Thomas Parr sur l’héraldique anglaise plus 4 feuillets avec 42 blasons finement peints à l’aquarelle (1837).

Une centaine de feuillets d’adresses ou enveloppes avec contreseings autographes de pairs (peers) avec cachets postaux de franchise : Wellington (3), Daniel O’Connell, Derby, Cardigan, Egremont, etc. On joint qqs portraits gravés, des fac-similés et un supplément du Times (1914).

8. ARCHÉOLOGUES. 18 L.A.S. 150/200

Abbé Jules Corblet, abbé Edmond Desnoyers (3), F. Devigne, Léopold Devillers, abbé Valentin Dufour, Alexandre Du Mège, Jules Gailhabaud, Auguste de Girardot, Michel Hardy, Marie-Joseph Henry, Arthur de La Villégile (3), Charles- Louis de Linas, Ferdinand Séré, A. de Vertus.

(6)

9. ARITHMÉTIQUE. Manuscrit, Livre de Compte de Louis Chabert montré par Messire Urbain Brouchon prêtre

de Marseille et curé des Olives, Marseille 1790 ; volume grand in-fol. (40 x 26 cm) de 141 pages écrites au recto,

plus 18 pages non chiffrées recto-verso (déchir. à la p. 76, qqs mouill.), reliure de l’époque très usagée basane brune

avec dos en partie manquant. 800/1.000

Beau traité d’arithmétique, calligraphié et orné de lettrines, encadrements, et plus de 50 dessins aquarellés, représentant des fleurs, oiseaux, animaux, hommes, femmes, soldats, maisons et autres bâtiments, ainsi qu’une montgolfière, et complété par une table des matières détaillée.

L’ouvrage expose les quatre opérations et leurs applications à diverses unités métrologiques (toises, cannes, pans, monnaies, quintaux, livres, marcs, onces, gros, deniers, grains, etc.), ainsi que des manières différentes de calculer (à la française, à l’espagnole, à la portugaise, à l’italienne), la méthode des parties aliquotes et d’autres règles d’intérêt. Les chapitres et exercices sont souvent présentés par des vers. Ainsi, le chapitre liminaire qui donne des tables de multiplication s’ouvre par un quatrain :

« Pour être bon chiffreur il faut premierement, / Bien sçavoir son livret on dit communement : / Qui sont livret ne sçait par cœur, / Ne sçauroit etre bon chiffreur »…

En épilogue, l’abbé Brouchon s’adresse à son élève : « je souhaite avoir accompli vos souhaits sur le traité de l’arithmétique parlons maintenant de la façon qu’on peut tirer une lettre de change, de celle qu’on les conçoit et comme enfin on les endosse »…

Suit un appendice : Formules pour les lettres de change. Modeles pour les lettres de commerce et autres. Louis Chabert fils cadet de Marseille, fini le 1er décembre 1790

On joint un diplôme enluminé de licence en droit à Besançon pour J.-B. Guigue (1736 ; trous).

Reproduction en frontispice

10. Georges BATAILLE (1897-1962). L.A.S., Riom 23-25 juillet 1920, à un ami [le futur archiviste-paléographe

Robert Brun] ; 2 pages in-4. 500/600

Belle lettre à un condisciple de l’École des Chartes. Il évoque ses souvenirs vagues du soir de l’examen d’entrée, vers une heure du matin ; il était alors un peu saoul. « J’ai passé des journées bien lamentables après cela, quêtant des thèses, ramenant enfin une misérable une sombre thèse de philologie. Tout va très mal, bien mal – je m’ennuie froidement. Il est vrai que je suis arrivé à un désespoir tout à fait charmant. Je regarde à présent, il est bien tard, toutes ces drôleries qui m’entourent avec de l’indifférence : elles prennent ainsi une forme nouvelle. C’est tout comme un décor vu des coulisses, mais, je t’assure, c’est tout à fait rasant. Et puis tu comprends bien ce n’est pas librement que j’ai fait cela alors je sens que c’est très ridicule que j’ai l’esprit fait comme la figure d’une fille de cinquante ans, d’une fille dévorée d’envie. Et c’est bête et plus bête encore que tout ce que je croyais »… Reprenant sa lettre le surlendemain, il avoue ne pas se rappeler très bien les notes de son ami, qui a mieux réussi que lui à l’oral : « tu avais 15 en institutions à l’écrit, moi 18 ! Je te le dis avec fierté, car j’en ai été vivement frappé ! Tu as perdu aussi pas mal de points en latin sur moi. […] Pour ma thèse j’ai été voir Bédier qui m’a proposé l’édition d’une admirable chanson de geste. Malheureusement j’ai appris peu après qu’il en existait déjà une édition. Sur le conseil de Bédier je continue mais cela n’en est pas moins un fort mauvais sujet. Maintenant que j’ai lu ma chanson que j’ai vu combien de choses curieuses ou merveilleuses la rendaient belle je ne sais plus par quel bout la prendre. Faut-il commencer par la rime ? par les pieds ? la langue ? l’ensemble ? Je n’en sais diable rien »… Bédier lui a donné un tas de brochures en anglais et allemand dont il ne sortira jamais ; cela contribue à son ennui. « D’ailleurs je suis physiquement très bas et ainsi comme je ne puis profiter de la montagne le séjour d’ici me semble mortel. […] J’en suis au point que j’ai passé bien une partie de la journée à apprendre le boston ! »…

11. Henri BELLMER (1902-1975). 4 L.A.S., [vers juin 1945-1946 ?, à son ami et éditeur Henri Parisot] ; 8 pages in-4

sur papier jaune. 3.000/4.000

Intéressante correspondance au sujet de ses projets de livres, notamment Les JeuxdeLa PouPée.

Samedi [juin ? 1945]. Il a reçu le n° 1 des Quatre Vents, dans lequel il a lu André Frédérique. La série de dessins donnent de l’ambiance, telle qu’Eluard l’a circonscrite pour les Jeux de la Poupée : « Naturellement, cette couleur (– la mineure –) donnée, les textes à faire n’auront aucune obligation (de ma part) à suivre le contenu illustratif des dessins. Il ya là liberté absolue. – Faire un petit monument à la “mineure” […] ça pourrait devenir une merveille. Le problème grave restera seulement la reproduction ». Il est réticent à la simili-gravure : « Il faudrait reproduire le caractère des dessins, genre facsimilé. Donc en deux couleurs – (en litho ?) » ; il développe cette idée de « Photo-litho en deux couleurs ! », et suggère de faire faire un essai avec La Tour menthe-poivrée à la louange des petites filles goulues ; « cela enthousiasmerait les poètes et écrivains les plus récalcitrants ». Avec cet essai, il pourrait s’adresser à ses amis écrivains, comme Leonora Carrington ou Marcel Duchamp…

[Juillet 1945 ?], au sujet de ce projet d’une série de dessins : leur qualité, leur thématique, l’éventuelle présentation par cahiers ;

« rien n’empêche que vous ayez l’amitié de demander à Michaux, à Bataille, à Paulhan, à Arp, à Gracq, à Gisèle Prassinos, à Frédérique »… Il est furieux du numéro d’America dans lequel Seghers a eu « le culot » de reproduire sans autorisation, et face à « son petit poème de circonstance », le numéro 1 de l’album de Bellmer, Femme et cathédrale vermoulues : « Le dessin est déprécié pour toujours »… [1946 ?]. Il regrette de n’avoir pas le temps de faire des dessins pour La Sorcière préfacée par Georges Bataille. « Moi, je proposerai à qui que ce soit La Philosophie dans le boudoir de Sade. Avec vingt dessins. Un bon format (genre Immaculée Conception) »… Que Bataille y pense… « Joë Bousquet m’a proposé de faire un long texte à mon sujet. Comment faudrait-il publier ça ? »… Jeudi : « J’ai beaucoup d’ennuis qui se groupent autour le plus grand : tout mon travail personnel risque de disparaître de plus en plus. Je crève dans les soucis de tous les jours. Je ne saurais pas vous dire en quelle mesure cela me révolte, me désespère, me remplit de haine »… Il traite la proposition de faire de la pointe-sèche pour de la dérision : « C’est le caractère des machins de Dunoyer de Segonzac et des quelques pointes sèches de Rops, caractérisées par les bavures du trait et par la raideur de l’écriture. Je ne vois que l’eau-forte »…

Reproduction page ci-contre

(7)

12. Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857). L.A.S., Tours 26 mars 1836, à François Arago, membre de la Chambre

des Députés, à l’Observatoire ; 2 pages et demie in-4, adresse. 300/400

Très belle lettre d’hommage du chansonnier au savant. « Celui qui est parvenu à populariser les hautes sciences et à se rendre populaire lui-même par les dons les plus rares doit éprouver quelque sympathie pour le poète du peuple. Et puis, vous autres astronomes, vous avez des lunettes qui grossissent les objets. Combien je suis fier que la vôtre se soit dirigée vers ma pauvre petite étoile. Elle vous doit un moment de vif éclat, dont un soleil a paru s’offusquer tant soit peu. J’en juge du moins à certain passage du discours de M. de Lamartine, rapporté par le Courrier, où le grand poète parle des auteurs de notre époque qui laisseront à la postérité des œuvres dont ne se seront scandalisées ni la religion ni la morale. Les soleils sont ingrats. Ce n’est pas la première fois que le Messie de Ladi Stanope s’en prend au chansonnier démocrate ; et pourtant j’ai été l’un des louangeurs les plus intrépides de Josselin, jusqu’à le défendre contre notre cher Lamennais ». Mais « les classes inférieures sont reconnaissantes des aumônes de gloire qu’on veut bien leur faire. […] nous, pauvres rimeurs, restons si souvent étrangers à la science, que nous n’oserions donner au savant tous les éloges qu’il mérite. […] C’est aux sciences morales et naturelles qu’il appartient de développer les grands poètes, pour ne parler ici que du point de vue littéraire : les grammaires ne peuvent produire que des versificateurs »… Lui-même ne sait ni le latin, ni le grec, « cette langue du peuple le plus artiste qui ait jamais été. Hélas ! il n’y a qu’une chose dont je possède bien la science. C’est l’ignorance »…

13. Hector BERLIOZ (1830-1869). L.A.S., Paris 6 avril 1843, à Philarète Chasles, rédacteur au Journal des Débats ;

1 page in-8., adresse. 1.200/1.500

« Mr Braun qui vous remettra cette lettre est un de mes meilleurs amis ; il vient de terminer un ouvrage sur la langue allemande et vous seriez bien aimable d’en parler dans un de vos savants feuilletons. Ce serait m’obliger personnellement. »…

[Ferdinand Braun (1812-1854) venait de publier son Nouveau manuel de langue allemande ; poète et professeur, il était le correspondant parisien du Neue Zeitschrift.]

14. Caroline BONAPARTE (1782-1839) sœur de Napoléon, épouse de Murat, Reine de Naples. L.S., Florence 21 novembre 1835, au chevalier Gérard, à Varsovie ; 2 pages et demie in-4, adresse (déchir., répar. aux plis).

200/250

Elle regrette d’être éloignée de lui et, touchée du souvenir de son attachement, elle donne des nouvelles de ses enfants :

« Achille est un homme bien distingué par ses talents et son courage ; Lucien excellent père de famille, heureux dans son intérieur, ayant deux enfants beaux et bons comme lui. – Mes filles se portent bien et augmentent leur famille, enfin bon Gérard j’ai onze petits-enfants »… Cependant le choléra l’a isolée cette année : « Florence a été désert d’étrangers, nous étions entourés de cordons »…

11 17

(8)

15. Napoléon BONAPARTE, dit le Prince Napoléon (Jérôme) (1822-1891) fils de Jérôme Bonaparte, homme politique démocrate. L.A.S. «  Napoléon Bonaparte  », Paris 22 juin 1855, au Préfet Haussmann  ; 1 page in-8,

en-tête Commission impériale de l’Exposition universelle. 60/80

« Il faut absolument élaguer quelques branches d’arbres le long de l’annexe qui nous gênent beaucoup et enlève tout à fait le jour à nos exposants »…

16. Napoléon BONAPARTE, dit le Prince Napoléon (Jérôme) . 12 L.A.S., 10 L.S. (qqs avec compliments autographes), et 1 P.S., 1872-1875, à Ernest Pinard  ; 52 pages et demie in-8, nombreux en-têtes Chalet de

Prangins. 1.000/1.200

Intéressante correspondance à l’ancien procureur et ministre, qu’il charge de sa défense après son expulsion de France, à propos du « procès à fin de réparations civiles » qu’il fait contre V. Lefranc, Calmon, Renault, Patirot et Clément.

Prangins 1er novembre 1872, envoi du dossier de son affaire et avis d’une lettre du procureur général près la cour de Paris…

16 novembre, il espère un procès prochain  ; à l’Assemblée, leurs amis «  ne font absolument rien, pas même déposer une demande d’interpellation »… 17 novembre, il souhaite voir se réaliser son idée d’une consultation des avocats du barreau de Paris… 23 novembre, son droit de venir présenter ses moyens de défense devant le tribunal est menacé… Londres 1er décembre, il est en Angleterre pour des affaires privées et pour les affaires de leur parti… Prangins 20 décembre, exhortations à Pinard pour sa plaidoirie… 22 décembre : « pour Dieu pas d’ajournement ! »… 23 décembre, envoi de documents : « ce qu’ont dit Mrs Thiers et Victor Lefranc sera bon à faire connaître dans votre plaidoirie »… 2 janvier 1873, il persiste à désirer une solution législative et judiciaire. « Je veux tirer le plus grand parti possible de la violente bêtise de M. Thiers et je ne comprends pas les avis de silence et d’abstention provenant de certains de nos amis »… 3 janvier, le magistrat Aubépin « avoue naïvement et constate qu’il a pris les ordres de M. Thiers »… 4 janvier, la formulation de M. Aubépin fait de lui non un accusé, mais un plaignant, face à un déni de justice… Londres 31 janvier, au sujet d’un rapport fait à l’Assemblée en 1871 par Batbie sur l’abrogation des lois d’exil… 1er février, explications sur les arrangements politiques, toute entente pour une action commune étant impossible… Milan 3 avril : « Pour un Bonaparte aujourd’hui, obtenir justice en France est un rude calvaire ! »… Etc.

17. André BRETON (1896-1966). P.A.S., Paris 29 janvier 1956 ; 1 page in-fol., à la plume, mine de plomb et crayon

rouge (mouillures, un coin manquant). 1.000/1.500

Thème astral du critique d’art Charles Estienne (1908-1966), né le 13 mars 1908 à 10 heures du matin, avec les signes du zodiaque, planètes, etc.

Reproduction page 5

18. [Anthelme BRILLAT-SAVARIN (1755-1826)]. 3 L.A.S., 1789-1808. 100/150

Baron de Borde Duchâtelet à M. Brillat-Savarin, avocat en Parlement à Belley en Bugey (Lyon mars 1789). 2 lettres par V.S. Brillat, Belley janvier-février 1808.

On joint 2 copies décrets impériaux pour les assemblées cantonales (1811) ; et 2 lettres (une incomplète) de l’étudiant Camille de Bellegarde, Paris 1827, à son père le chevalier Laforgue de Bellegarde à Embrun, sur la dissolution de la Chambre par Villèle.

19. Alexander CALDER (1898-1976). L.A.S., Roxbury 31 mai 1938, au critique d’art Alexander Dorner ; 1 page

in-4, cachet encre à ses nom et adresse ; en anglais. 600/700

Il regrette de l’avoir manqué chez Russell Hitchcock et d’avoir raté sa conférence. Il a entendu parler de lui par les Sweeneys et par Gabo. Il souhaite vivement le voir et l’invite à venir passer la nuit chez lui, si son emploi du temps le lui permet…

[Alexander Dorner (1893-1957), ancien directeur du musée d’Hanovre, avait émigré aux U.S.A. où il devint professeur à la Rhode Island School of Design à Providence ; Henry Russell-Hitchcock (1903-1987), historien de l’architecture, enseignait à Smith College et à la New York University, et a écrit sur l’architecture moderne  ; James Johnson Sweeny (1900-1986), conservateur du Museum of Modern Art et du Guggenheim Museum, a écrit des ouvrages sur Calder ; quant au sculpteur Naum Gabo (1890-1977), il fut un des pionniers du constructivisme russe. ]

20. Antonio CANOVA (1757-1822) sculpteur. L.A.S., Rome 9 mars 1816 ; 1 page in-4 ; en italien. 500/600

Il exprime toute sa reconnaissance pour l’aimable lettre de son correspondant, et regrette que la nature de sa mission à Paris ne lui ait pas permis de jouir plus souvent de sa société. Mais il ne faut désespérer de rien, et il se flatte de le revoir un jour près de lui, pour ne plus s’en séparer. Du moins il vit dans cette espérance et dans le souvenir de celui qu’il vénère et qu’il aime…

Son nom est toujours sur ses lèvres, comme son image est toujours dans son cœur… Il parle de lui avec son frère et avec tous ceux qui le connaissent ; il ne saurait tarir sur les qualités de son esprit et de son cœur… Il termine en promettant de présenter ses devoirs respectueux à la duchesse de Fiano, dès son retour de Naples…

21. Antonio CANOVA . L.A.S., 20 mai 1816, à une Éminence ; 1 page in-fol. ; en italien. 500/600

Il annonce l’envoi des statuts de l’Académie de l’Antiquité (Accademia di Antichità), approuvés par Sa Sainteté, société très utile et très nécessaire à Rome…

(9)

22. CARICATURES. Boquillon BRIDET. Album de 26 dessins originaux, signés et 22 tirages la plupart rehaussés ; un volume fort in-fol. contenant 47 dessins ou planches in-4 ou in-fol. (dont un double page) montés dans sur des feuillets de papier bleuté fort avec petit encadrement doré, plus un dessin ajouté, décor d’encadrement estampé sur les plats avec titre en lettres dorées sur le plat sup. : C

arriCaturesde Bridet

. 1.000/1.500

Bel ensemble de dessins par ce caricaturiste, qui exposa aux Incohérents.

Les dessins sont pour la plupart à l’encre de Chine, et pour beaucoup aquarellés ; 3 sont au crayon. Plusieurs sont légendés.

Pourquoi pas !!! (autoportrait ?) ; Horrible catastrophe (bande dessinée en ombres chinoises : un chien voleur de saucisses) ; Sarah Bernhardt  ; Prologue de Nana-Sahib (Sarah Bernhardt et Jean Richepin se disputant)  ; Concours hippique 1885 (l’Union républicaine : Freycinet, Grévy, Cochery, etc.) ; Coquelin aîné (dans Le Roi s’amuse de V. Hugo) ; Dupuis des Variétés ; histoire de chasse, bande dessinée en ombres chinoises ; Jules Claretie devant la Comédie Française ; Paulus ; Tournoi de l’Assiette au beurre (Wilson, Grévy…) ; Jules Ferry ; Chevreul ; Jean Richepin ; Victorien Sardou et Sarah Bernhardt dans Théodora ; Henri Rochefort ; Louise Michel (2) ; Alphonse Daudet ; Pierre Véron ; Pedro Gailhard portant l’Opéra ; André Gill (2) ; François Coppée et Coquelin devant la Comédie Française ; Profil & Coupe d’un Omnibus (ombres chinoises) ; Louis Pasteur et le vaccin contre la rage ; Sarah Bernhardt ; Aurélien Scholl ; Georges Ohnet ; etc.

23. [Louis-Ferdinand CÉLINE (1894-1961)]. David LEVINE (1926-2009). Dessin original, signé et daté en bas à gauche « D. Levine 72 » ; 35 x 28 cm, encre de Chine ; cachet encre de l’artiste au dos. 3.000/3.500

Superbe portrait-charge de Céline par le fameux dessinateur et caricaturiste juif américain, publié dans la New York Review of Books le 10 février 1972.

Céline est représenté assis dans un fauteuil de jardin, foulard autour du cou, et sa tête, énorme, s’ouvre en son sommet comme une trappe, laissant échapper les fameux trois points de suspension «  » qui ont marqué son style.

*24. Marc CHAGALL (1887-1985). Tapuscrit signé, Paris ; 1 page in-4 dactylographiée ; en anglais. 500/600

Souvenirs de ses débuts à Paris. Chacun se dirigeait vers Paris, non pour faire carrière – car à cette époque il y avait peu d’espoir d’y réussir – mais afin de s’exprimer librement et complètement, et surtout de trouver les outils artistiques avec lesquels extérioriser ses sentiments. Depuis deux siècles Paris est le seul endroit où peuvent s’évaluer les vertus et les faiblesses d’un tableau. Chagall a quitté son pays natal en 1910, ayant décidé qu’il avait besoin de Paris. Il y est allé en quête de sa lumière et de sa liberté, de sa culture et de l’occasion d’y perfectionner son métier… Il a passé ses jours à errer sur la place de la Concorde, ou aux alentours du Jardin du Luxembourg. Il a regardé Danton et Watteau, il a cueilli des feuilles. Il rêve, chevauchant une gargouille de Notre-Dame, de dessiner un chemin dans les cieux, avec les bras et jambes ! Il salue Paris comme sa seconde Vitebsk…

22 23

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25. Jean-Antoine CHAPTAL (1756-1832) chimiste et homme d’État. L.A.S., 28 mars 1826, au comte Clément de

Ris ; 1 page petit in-4, adresse. 200/300

« C’est dans votre cœur, mon bien cher ami, que je verse toutes mes douleurs parce que c’est de lui que j’attends de veritables consolations. Je m’apperçois que j’ai trop vecu, la coupe du bonheur est epuisée et je ne tiens plus à la vie que par le petit nombre d’amis qui me restent et par le sentiment que j’eprouve d’etre peut etre necessaire à ma famille. Je vois assez souvent le bon Emile, ce modele de toutes les vertus »…

26. Gustave CHARPENTIER (1860-1956) compositeur. Manuscrit autographe, Parabole ; 3 pages in-8. 200/300

Conte dédié au poète et critique d’art Antony Valabrègue, mettant en scène une jeune ouvrière, son père et Valabrègue.

Ayant longtemps rêvé d’aller au théâtre, « la pauvrette » reçoit deux billets d’auteur et, joyeuse, s’y rend avec son père, mais ils sont arrêtés sur le seuil par Valabrègue, qui leur oppose un argument incompréhensible : « les théâtres ne sont point pour vous. […] Ce qu’il vous faut ce n’est point la Beauté réclamé par Mirbeau, ni les spectacles à volonté. Ce qu’il vous faut c’est du pain de gruau »…

27. CHÂTEAUDUN. Manuscrit, [vers 1735] ; cahier in-fol. de 39 pages (qqs mouill.). 200/250

Intéressant mémoire avec ratures et corrections racontant l’incendie de la ville survenu le 20 juin 1723, les problèmes posés par la reconstruction de la ville, l’insuffisance des secours versés par le Roi, le coût élevé des travaux de reconstruction, et demandant l’exemption des impositions jusqu’à la fin des travaux…

28. Marie-Gabriel-Florent-Auguste, comte de CHOISEUL-GOUFFIER (1752-1817) diplomate et littérateur.

Pièce imprimée, [vers 1785] ; 1 page impr. grand in-fol. à ses armes gravées, et grande vignette gravée aux armes

royales. 80/100

Passeport vierge à l’en-tête du comte de Choiseul-Gouffier, avec ses titres : « Ambassadeur de Sa Majesté très chrétienne près la Porte Ottomane, Mestre de Camp d’infanterie, l’un des Quarante de l’Academie françoise, de l’Academie Royale des Inscriptions et Belles Lettres, honoraire de celle de Peinture et Sculpture »…

29. Paul CLAUDEL (1868-1955). L.A.S., Paris 20 novembre 1935 ; 1 page et demie in-12. 100/150

« Je n’ai jamais écrit de vers sur l’alouette. Il y a simplement un passage sur cet oiseau dans le prologue de l’Annonce faite à Marie. Je suis bien vivement touché de votre sympathie et de celle de votre amie protestante »…

30. COMPAGNIE DES INDES. P.S. par 6 syndics ou directeurs de la Compagnie des Indes, hôtel de la Compagnie des Indes à Paris 28 septembre 1756 ; vélin in-plano en partie impr., à l’en-tête Compagnie des Indes, vignette,

sceau sous papier. 300/400

Brevet pour le sieur Dacosta, «  choisi & nommé pour être entretenu, tant à terre qu’à la mer, dans la Marine de la Compagnie, en qualité de second Enseigne »… Le Contrôleur général des Finances Bertin a visé et signé ce brevet, Versailles 26 février 1760.

31. François COPPÉE (1842-1908). Poème autographe signé, Fragment d’un poème inédit, et L.A.S. d’envoi, 1

er

 février, à Émile Blémont ; 2 pages in-fol. et 1 page in-12 (cachets encre Maison de Poésie, Fondation Émile

Blémont). 200/250

Il lui envoie « quelques vers pour La Renaissance où je serais flatté de voir mon nom parmi ceux de poètes amis ». Joli poème de 58 vers, qui sera recueilli en 1876 dans Olivier :

« Ce serait sur les bords de Seine. Je vois Notre chalet voilé par un bouquet de bois.

Un hamac au jardin, un bateau sur le fleuve »...

32. Jean-Nicolas CORVISART (1755-1821) médecin de Napoléon. L.A.S., Paris 15 novembre 1815, à Mlle Élisa

Deleval, à Commercy ; 2 pages et demie in-4, adresse. 300/400

Jolie lettre à une « belle demoiselle ». Sa bonne petite lettre est à peu près dépourvue de ponctuation et contient des

« fautes d’ortographe » ; certes « toutes les femmes font des fautes en écrivant ; il est même du bon ton qu’elles en fassent. Je vous répondrai : taisez-vous, ma petite servante, vous êtes une sotte. Parce que toutes les femmes font mal, il ne faut pas les imiter. […] vous me dites qu’il n’entrera jamais de calcul dans votre attachement pour moi : où diable avez-vous vu que je vous disais cela ? C’est tout le contraire ; j’ai du dire qu’à votre âge les sentimens etaient encore purs et sincères, et j’aime à croire que tels sont les vôtres. Au surplus, soyez tranquille, cela vous passera comme à tant d’autres ; vous n’êtes encore que maligne ; vous ne tarderez pas à être grecque, il y a de l’étoffe »… Cette semonce prouve que s’il ne peut plus la battre, il sait bien la quereller, « et je ne manquerai jamais d’occasion, grâce à votre petit caractère taquin et à votre esprit léger. Je sais bien que de prétendre vous corriger, c’est vouloir débarbouiller un Maure ; cela prouve que je commence à radoter »… On joint une P.S., Paris 23 vendémiaire IX (15 octobre 1800), transaction pour la pension alimentaire de son ex-femme (contresignée par Chauveau-Lagarde).

(11)

33. Charles CROS (1842-1888). L.A.S., [1878 ?], à Émile Blémont ; 1 page et demie in-8 (cachet encre Maison de

Poésie, Fondation Émile Blémont). 500/700

Il le prie de lui envoyer « le numéro de La Renaissance où il y a une fantaisie de moi “amour interastral” (est-ce bien le titre ? », et même l’année tout entière dont il fait partie… [Un drame interastral avait paru dans La Renaissance littéraire et artistique du 24 août 1872.]

34. Marie CURIE (1867-1934). L.S., New-York, 25 juin 1921, à Mrs Osborne ; 1 page obl. in-12, en-tête de la Faculté des Sciences de Paris, Institut du Radium, Laboratoire Curie ; en anglais. 2.000/2.500

Elle la remercie de l’intérêt qu’elle porte à son travail et lui annonce l’envoi d’une photo d’elle en souvenir de sa visite aux États-Unis.

35. Charles DARWIN (1809-1882). L.S., Beckenham (Kent) 14 juin ; 1 page in-8 à son adresse (traces de collage au

dos) ; en anglais. 1.500/2.000

Il sera à Londres dans une dizaine de jours et lui rendra visite aussitôt et lui expliquera pourquoi il ne peut répondre tout de suite à sa question.

36. Alphonse DAUDET (1840-1897). 3 L.A.S., à Émile Blémont ; 2 pages et demie in-12 (cachets encre Maison de

Poésie, Fondation Émile Blémont). 150/200

– Il le prie de publier dans La Renaissance un extrait de son ouvrage Robert Helmont – études et paysages, à paraître chez le libraire Dentu ; il envoie deux pièces en vers de son épouse… – Correction pour le poème de son épouse Julia Daudet, Paris...

– Il demande qu’on lui envoie La Renaissance rue Pavée, car il rentre à Paris.

37. Léon DAUDET (1868-1942). Manuscrit autographe signé, Le Dernier Taureau de Lalanda ; 4 pages in-4 sur

papier vert. 150/200

À propos de la retraite du grand matador espagnol Marcial Lalanda. Daudet évoque Nîmes et sa corrida de septembre, des moments forts de tauromachie, les aficionados méridionaux et leur vivacité si éloignée de la passivité des publics contemporains :

« Seuls réveilleraient-ils les gens le taureau et le tocsin de la mobilisation ? »… Ces réflexions amènent le souvenir de son collègue de la Chambre bleu horizon, le Languedocien Eugène Magne, qui « interpella le gouvernement au sujet de l’assassinat de notre petit Philippe », mettant en fuite « le nain de Lorraine », Poincaré…

38. DIVERS. Environ 60 lettres ou pièces, la plupart L.A.S., adressées notamment à la famille Maloteau de Guerne,

XIX

e

-XX

e

siècles. 100/150

Paul Delaroche, comte Dupont, baron de Fréville (4), baron de Guerne, comte d’Haubersart, Nicolas Martin du Nord (4), cardinal René-François Regnier archevêque de Cambrai, Jules Richard, A. de Rochas, Albert Sorel (2), etc.

39. DIVERS. 10 lettres ou pièces, la plupart L.A.S. 150/200

William Coppinger, François-Joseph Fayolle (2), Jean-Baptiste de Lesseps (sur les mouvements dans le port de Livourne en avril 1808), Jules de Lesseps, Ch. A. de Lesseps, prince de Sagan (2), Charles-Marie Widor, Wouwermans (1717).

40. DIVERS. Environ 75 lettres ou pièces, la plupart L.A.S. du XIX

e

siècle. 300/400

Colonel Baume, Bocage (et contrat d’engagement à la Porte Saint-Martin), Carmouche, Dr Conneau, Paul Darblay, G.  Haussmann, Sosthène de La Roche-Lacarelle (3), Charles de La Rounat (5 lettres à Bocage), E. Marco de Saint-Hilaire (à Napoléon III), Frédéric Masson (6), J.F. Mocquard, duc de Persigny, comte de Rambuteau, A.J. de Saint-Prosper (article sur la Discorde), Ch. Tascher de La Pagerie (2), Prosper Valmore, comte Verhuell, comtesse Walewska, A. de Watteville… Factures (de la modiste Minette et du papetier Susse), reçus du Lycée Impérial et du Collège royal de Louis-le-Grand, cartons d’entrée et laissez-passer, circulaires et prospectus, photographies de Napoléon III et du Prince Impérial, cartes de visite de négociants en vins, assignat, papiers décorés, coupon de loterie. Plus qqs numéros de La Guerre illustrée de 1870…

41. Antonin DVOŘÁK (1841-1904). L.A.S., Vysoká 21 juillet 1892, à un ami ; 1 page in-8 (encadrée avec un portrait

photographique) ; en anglais. 2.500/3.000

À propos de sa Messe en ré majeur (dans sa version révisée avec orchestre, B 175, dont la première audition fut donnée à Londres, le 11 mars 1893].

Il y a quatre jours il lui a adressée la partition complète, manuscrite, de la messe. Il l’a faite pour un grand orchestre (sauf flûte ou hautbois), et il espère qu’elle lui plaira. Prière de lui faire savoir si le manuscrit est bien arrivé…

(12)

42. EUGÉNIE (1826-1920) Impératrice, femme de Napoléon III. L.A.S. à un militaire  ; 4 pages in-8 à son chiffre

couronné. 400/500

Elle est heureuse que les charmes d’une garnison à Alexandrie ne l’empêchent pas de donner des nouvelles dont ils sont à l’affût. « La chute de ce pauvre La Tour d’Auvergne me fait bien de la peine, d’autant plus que le moment approche où vous allez sans doute vous porter en avant, et cela sera pour lui un grand chagrin de rester. Vous allez voir arriver, un de ses jours Mr de Galliffet au quartier général. J’ai bien peur qu’il ne soit pas très bien reçu par le major-général, mais vous qui le connaissez vous devez savoir, que ce qu’il veut il le veut bien, c’est à la bayonette qu’il a emporté, son ordre de départ, […] c’est un brave officier, quoique un peu fou »…

43. EUGÉNIE. L.A.S., Chislehurst 5 janvier 1872, à la baronne de Vatry, à Paris ; 4 pages in-8, enveloppe. 250/300

Elle a trouvé ses vœux pour sa fête à son retour en Angleterre. « Vous me parlez de dévoûment et d’affection. Je suis bien heureuse d’en recevoir encore l’assurance car c’est là que Dieu a placé notre grande consolation et vous ne sauriez croire ce que vaut le souvenir d’un ami quand il vient vous cHERCHER sur une terre d’exil »…

44. eugénie. L.A.S., 19 novembre 1872, à Mme de Saulcy ; 2 pages et demie in-8. 250/300

Elle a reçu son affectueuse lettre à l’occasion du 15 novembre : « c’est un souvenir déchirant et doux, en même temps, car s’il réveille le souvenir du passé douloureusement, les preuves touchantes que je reçois de France sont du moins une consolation aux rIGUEURS de l’heure présente »…

45. eugénie. L.A.S. et 3 L.S., 1875-1897, à Ernest Pinard  ; 8 pages et demie in-8, la plupart à en-tête de Camden Place ou Farnborough Hill ; 2 lettres sont écrites par Franceschini-Pietri et une par Primoli. 500/700

Chislehurst 3 juillet 1875 : la photographie du jeune Saint-Cyrien « me rappellera une visite qui a été bien agréable à mon fils […]. Le Prince a fait parvenir directement les photographies que votre fils lui a demandées »… Aranjuez 26 mars 1877, remerciant pour des brochures : « je lirai ces pages avec le plus vif intérêt, comme tout ce que vous écrivez. J’ai naturellement suivi dans les journaux ce procès et je le relirai avec grand plaisir sous forme de brochure. Mon fils et moi, nous conservons un excellent souvenir de votre jeune sous-lieutenant »… Chislehurst 5 décembre 1877 : « J’ai été très sensible aux vœux que vous m’exprimez »… Farnborough Hill 24 octobre 1897 : elle a eu la douloureuse surprise d’apprendre la mort du fils de Pinard : « ce jeune homme si plein d’espérance est allé rejoindre mon cher enfant ! Sa mort vous laisse brisé, le cœur déchiré, anéanti, je sais ce que vous souffrez et je m’associe à toutes vos souffrances à votre isolement, car il y a des vides que le temps ne comble pas.

[…] votre enfant aimait le mien il lui causa un grand plaisir lorsqu’il est venu le voir de St Cyr. En se retrouvant cette fois, c’est mon fils qui aura été au-devant de lui »… On joint une L.A.S. de Franceschini Pietri au même, Farnborough Hill 22 janvier 1900.

46. Gustave FLAUBERT (1821-1880). 2 manuscrits autographes, Sur le roman de Roncevaux (Li romans de

Roncivals), et Sur les épopées françaises au XIIe siècle, [vers 1836-1840 ?] ; 5 pages et demie in-fol. et 3 pages et

demie in-fol., montées sur onglets, reliure-chemise moderne chagrin rouge avec gardes de chagrin rouge.

10.000/12.000

Belle réunion de deux manuscrits témoignant du vif intérêt que Flaubert portait à l’héritage littéraire du Moyen Âge français.

Sur le roman de Roncevaux. Flaubert a noté en haut de la première page : « extrait d’une thèse de Mr Monin à la faculté de lettres ». Il renvoie ainsi à la Dissertation sur le Roman de Roncevaux d’Henri Monin, élève de l’École normale, imprimée par autorisation du Roi en 1832 à l’Imprimerie Royale. Cette analyse et édition partielle d’un manuscrit du XIIIe siècle complété par une transcription plus récente du Roman avait été saluée avec éclat par des érudits tels que François Raynouard (Journal des savants) et Saint-Marc-Girardin (quatre articles dans les Débats). Flaubert a pu la connaître très jeune : on sait qu’entre septembre 1835 et septembre 1836, lycéen encore, il écrivit cinq contes inspirés d’intrigues du Moyen Âge et de la Renaissance, en s’appuyant sur les Leçons et Modèles de littérature française de Tissot (1835-1836). L’immense renommée de Roland et de la bataille de Roncevaux ne pouvait que l’intéresser à cette thèse. Le manuscrit de Flaubert suit de près les pages 3 à 57 de la Dissertation, citant des extraits du Roman et recueillant des fragments du commentaire de Monin. Flaubert s’est appliqué à reproduire l’orthographe ancienne ; il lui arrive cependant d’adopter une graphie moderne ou, a contrario, de donner une leçon archaïsante. Citons-en le début :

« 8,000 vers le composent. Il commence ainsi Charlles li rois à la barbe graifaigne Six ans tot plens a esté en Espagne

Conquis la terre jusqu’à la mer altaigne »…

Suit la célèbre histoire mettant en scène Marsile, roi « mahométan », Charlemagne, son vaillant neveu Roland, et Ganelon, second mari de la mère de Roland, couard et traître, leurs barons… La grande bataille est racontée avec verve, et Flaubert ne

(13)

46

(14)

manque pas de résumer la fin de Roland : « Tous ces braves sont morts. – Turpin de Rheims est blessé son cheval est tué il ne reste plus de toute l’armée chretienne que deux hommes et un cheval. [...] Cependant Roland est blessé. Il va mourir »… Et de citer :

« Rollans se gist soz un aubre failis.

Devers l’Espagne a retourné son vis.

De maintes choses à porpainser se prit De tant de terres comment il a conquis De douce France de ceux de son païs »…

Le texte de Flaubert reprend toute la fin du Roman : le désespoir de Charlemagne, sa poursuite des Sarrasins, la seconde bataille de Roncevaux, des combats singuliers, la victoire des chrétiens, le désespoir de la belle Aude, et la vengeance finale, que Flaubert résume par une note laconique : « Ganelon est mis au supplice »…

Sur les épopées françaises au XIIe siècle. Ce manuscrit, dont l’écriture semble un peu postérieure, porte en tête la référence bibliographique de sa source, une brochure de 32 pages d’Edgar Quinet : « Rapport au ministre des travaux publics – restées jusqu’à ce jour en mss. dans les bibliothèques du roi et de l’Arsenal par E. Quinet. 1831. Levrault rue de la Harpe 81 ». Flaubert suit de près le Rapport, dont il donne des extraits qui l’ont particulièrement frappé. Nous en citons le début :

« L’antiquité reconnaît qu’antérieurement à la conquête dans les Gaules les celtes avaient des poèmes que nous ne pouvons nous figurer autrement que semblables aux Vedsa des Indiens, au Zend-Avesta des Persans, aux recueils hermétiques des Persans. La jeunesse Gauloise mettait vingt ans à les apprendre. Ils contenaient ainsi que tous ces monuments deux parties 1° les dogmes théologiques sur la formation de l’univers 2° la généalogie et l’histoire primitive de la race indigène. Les romains traduisirent ces livres tels que les poèmes de l’Armorique de Cornouailles d’Irlande du Gévaudan, d’Espagne de Catalogne qui contenaient à ce qu’il paraît les doctrines sacerdotales des Turdetains auxquels Strabon attribue de vieilles épopées de six mille ans. […] Dès le commencement du douzième siècle les deux langues d’oil et d’oc sont distinctes. Elles s’essayaient à reproduire les traditions sacerdotales et les fables originales des Celtes. Il y en a soixante-dix importantes, conservées intactes dans leur langue et leur mètre du douzième siècle. Les poèmes généalogiques sont pour la race des celtes ce que sont pour les hébreux les Livres des Juges […]. Nous avons des épopées en France les unes de 20,000 vers les autres de 30,000, et même 70,000 (Aymery de Narbonne a plus de 77 000 vers). Elles ont été citées et admirées par Dante. Nous y retrouvons toutes nos origines nationales outre qu’elles se rattachent aux traditions universelles de l’humanité primitive et tout cela avec “les qualités fondamentales de l’esprit français l’éclat la marche vive et impatiente la grâce et la richesse dans le récit la clarté presque dans le mystère et avec cela les qualités tout à fait perdues depuis et dont se compose la vie épique » »… Flaubert termine ces notes par un long

« fragment d’un de ces livri exaltationis c’est d’un poème Breton, c’est un oracle druidique : “Le sanglier de Cornouailles foulera leur sol sous ses pieds les îles de l’Océan lui seront soumises et il possédera les ravins des Gaules, et sera célèbre dans la bouche des peuples et ses actions seront la nourriture de ceux qui les diront. Viendra le lion de la justice à son rugissement trembleront les tours des Gaules et les dragons des îles. Viendra le bouc aux cornes d’or à la barbe d’argent le souffle de ses narrines sera si fort qu’il couvrira de vapeurs toute la surface de l’île. Les femmes auront la démarche des serpents et tous leurs pas seront pleins d’orgueil” »…

Cachets encre Vente FLauBert (ventes de la succession de sa nièce Caroline Franklin-Grout-Flaubert, Antibes 28-30 avril 1931 ou Paris 18-19 novembre 1931).

47. FRANC-MAÇONNERIE. 2 diplômes signés chacun par 17 maçons, Elbeuf 1812 et Rouen 1842 ; vélins in-plano

en partie imprimés, riches décors symboliques gravés. 400/500

Beaux brevets maçonniques délivrés à Jean-Baptiste Caplain, mécanicien natif de Couronne, par la loge de l’Union d’Elbeuf, et à Jean-Baptiste Fleury, natif de Fauville, par la loge de la Constance-Éprouvée de Rouen (cette dernière avec son boîtier pendant sur rubans de soie bleu et rose). On joint 11 pièces : certificat vierge du chapitre de Rose-Croix (vélin, 178.), épreuves de convocations gravées, faire-part, gravures et portraits, vignettes gravées, etc.

48. André GRÉTRY (1741-1813) compositeur. 3 L.A.S., Paris et Montmorency 1799-1806 ; 3 pages et demie in-8,

2 adresses. 400/500

Paris 21 germinal VII (10 avril 1799), à son cher Jules : « Vous êtes, mon cher Jules, un brave voyageur que rien n’arrete et ma femme et moi nous nous embarquerons avec vous […] ainsi je vous invite à un picnique à l’auberge de Montmorenci »…

27 novembre 1805, à Mme Roland : dimanche ils fêtent la Saint-André à Suresnes et il l’invite avec Mme et Mlle Blanchard à venir danser : « vous seriez aimables en me prouvant que vous pouvez m’aimer deux jours de suite »… De l’ermitage de J.J. Rousseau 3 août 1806, à Grégoire, secrétaire de la musique de S.M. l’Empereur et Roi : « faire dix lieues pour entendre un opéra comique de ce vieux Grétry » à Saint-Cloud serait au-dessus de ses forces avec son rhumatisme, mais il aimerait savoir si la pièce a fait plaisir. « Dites à M. Levacher que je l’aime pour lui et pour son talent. Ce n’est pas tout, je suis amoureux de Mde Lesueur. Dites-le à son mari. Qu’il ménage bien cette fleur d’amour, il y a là, pour lui, la source de dix productions musicales, dont chaqu’une peut l’immortaliser »…

49. GUERRE DE 1870. Anatole LENOIR-VILLOING. Manuscrit autographe signé, Gien pendant la Guerre

de 1870-71, précédé d’un préambule sur les commencements de la campagne, [Gien] 20 mars 1871  ; un vol.

in-8, titre, VI-335 pp. chiffrées (les p. 216-223 ont cependant été arrachées et manquent, comme les pp. 301-328,

soigneusement découpées), [3] pp. non chiff. de notes, [22] ff. vierges, suivis de [16] ff. tête-bêche ; avec un tirage

photographique d’époque contrecollé p. 69 (« Aspect du pont de Gien après la retraite de Bourbaki, le 8 décembre

1870 ») ; reliure demi-basane brune de l’époque un peu usagée (qqs ff. détachés). 1.000/1.200

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Intéressant manuscrit inédit sur la Guerre de 1870 à Gien et dans le Loiret, où Anatole Lenoir-Villoing, négociant à Gien, a voulu réunir à la fois des notes prises au jour le jour pendant les opérations, des souvenirs personnels et des documents officiels, de façon à donner une idée précise de la vie de Gien pendant la guerre. L’auteur avertit bien, dans son avant-propos, que son manuscrit n’est pas destiné à l’impression, en dépit de la forme très apprêtée que revêtent les divisions de son manuscrit, d’une écriture fine et lisible, mais comportant de nombreuses biffures et ratures.

Après un préambule (p. 1-40) sur la déclaration de guerre, Sedan, la proclamation de la République, Gambetta et le gouvernement de la Défense Nationale, commencent vraiment avec le chap. I les « choses vues » par notre négociant, avec l’arrestation d’un « espion prussien » sur le quai de la gare ; l’intitulé des chapitres déroule les phases successives de l’occupation de la ville d’abord par les troupes prussiennes (le narrateur fut obligé d’en caserner onze chez lui), puis bavaroises, puis par les Hessois, le tout entrecoupé de rentrées provisoires des armées françaises. I. Gien pendant la guerre. Hart, l’espion prussien.

Les Francs-tireurs giennois. La Garde Nationale, son rôle et ses chefs (p. 43-66). II. Les Prussiens marchent sur Gien. Entrée de l’ennemi. Le Conseil municipal. Monsieur Despond, sous-préfet de l’arrondissement et le général allemand. L’invasion (p. 67- 92). III. Les Bavarois. Aspect des habitations. Le Faubourg du Berry. Fuite des Bavarois. La défense. Le colonel Carrière (p. 95- 117). IV. Arrestation de Mr Despond. La Landwehr hanovrienne. Les Hessois. Suite de l’invasion. Proclamations prussiennes.

Déroute de Briare. Deuxième entrée des troupes françaises (p. 118-141). V. Les Hessois reviennent à Gien. Proclamation du général Rantzau. Mon départ. Nevers et le camp de Vernuche. Le général du Temple. Ma mission. L’armistice. Départ de l’armée prussienne (p. 142-164).

Viennent alors des considérations sur la guerre et sa conduite, ce qu’on aurait dû faire, ce qu’il fallait éviter, la situation morale du pays (qui expliquerait la défaite), etc. : VI. Mes idées sur la défense de Gien (p. 168-187). VII. Les Français de 1870.

Égoïsme et lâcheté. Nos officiers. L’Intendance militaire (p. 190-208). Les chapitres suivants concernent le cas du sous-préfet Anatole Despond (1840-1916), conseiller général nommé par le gouvernement de la Défense Nationale le 14 septembre et qui fut déporté en Allemagne par ordre du prince Frédéric-Charles, et interné dans la forteresse de Weichselmünde du 9 janvier au 23 février 1871 : VIII. Arrestation de Mr Despond. Détention du sous-préfet de l’arrondissement de Gien dans la forteresse de Weichselmünde (près Dantzig). C’est une relation brève, mais censée écrite par l’intéressé lui-même (p. 212-215, les p. 216-223 ont été arrachées). IX. Dépositions de plusieurs habitants de Gien à l’appui de la lettre adressée par Mr Despond, sous-préfet de Gien, au général prussien le 10 décembre 1870 et protestant contre des faits contraires aux lois de guerre (p. 224-230).

Suivent plusieurs copies de pièces officielles : X. Extraits du service télégraphique de la sous-préfecture de Gien du 23 octobre au 20 novembre 1870 (p. 236-251). XI. Compte-rendu des séances du Conseil municipal de Gien pendant l’occupation prussienne, du 7 décembre 1870 au 27 février 1871 inclusivement (p. 257-292). XII. L’engagement de Paillard entre l’armée prussienne et les avant-postes du 18e Corps commandé par le général Billot (p. 293-298). Le chapitre XIII intitulé Mes Prussiens a été entièrement soustrait par découpe, avant la conclusion (p. 329-335) où le narrateur liste ses malheurs (le nombre de proches tués ou blessés, sa femme atteinte d’une balle perdue à l’entrée des Prussiens le 8 décembre, ses peurs...) pour exhaler et sa haine de Napoléon III et son admiration pour Gambetta.

50. GUERRE DE 1914-1918. 27 L.A.S. de Joseph Brest, 1915-1919, à sa femme à Marseille ou à Saint-Antoine (banlieue de Marseille) ; environ 4 pages in-8 chaque, enveloppes. 100/150

Correspondance de Joseph Brest, soldat réserviste, puis caporal au 363e régiment d’infanterie, à sa femme (avec qqs minutes de réponses, plus 3 lettres à la même de divers).

51. HAINAUT. 4 documents manuscrits, XV

e

-XIX

e

siècle. 250/300

Cahier des rentes seigneuriales de Saultain (1481). Plan aquarellé d’une terre à Saultain par J.-J. du Temple, maître arpenteur, maître des Eaux et Forêts de Valenciennes (1724). Plan de la seigneurie de Saultain appartenant aux sieurs Rousseau de Valenciennes (XVIIIe s.). Procès-verbal de la pose de la première pierre de la route de Binche à Charleroi et Fleurus (1810).

52. Ernest HÉBERT (1817-1908) peintre. L.A.S. (monogramme) ornée d’un dessin à la plume, Vendredi matin, à une

« chère Princesse » ; 4 pages in-8 à l’encre bleue sur papier fin. 500/700

Dessin représentant Léda et le cygne, avec indications de couleurs : « ciel gris avec bandes de nuages rosés (effet du soir) », etc. « Voici chère Princesse mon idée pour arranger la composition au point de vue de la broderie. […] un tertre gris roussâtre foncé (terre d’ombre brûlée mêlé de bleu) derrière lequel se dessinera un bout de ciel gris avec des bandes dorées assez claires à l’horizon le tout mystérieux le tout coupé par les joncs verts plus clairs que le tertre »… Il la charge de compliments pour la châtelaine : « si je n’avais pas la perspective souriante de reprendre son portrait cet hiver et d’en faire un chef-d’œuvre je reviendrais sans grand entrain à Paris »…

Reproduction page 15

53. Jean-Jacques HENNER (1829-1905) peintre. 3 L.A.S. à Émile Blémont ; 5 pages petit in-8 (cachets encre Maison

de Poésie, Fondation Émile Blémont). 150/200

Il s’excuse de son retard : « Le dessin est prêt depuis longtemps », mais il était souffrant et débordé. Il sera chez lui dans l’après-midi, et prévient : « quand je suis en séance je n’ouvre que quand je sais qui c’est »… – Il conseille de lui laisser encore

« votre tableau qui n’est vraiment pas assez sec pour le vernir et plus on attend plus cela vaut »… – Il n’a pas verni son petit tableau, car « je viens d’y retoucher » ; il le fera lorsqu’il sera bien sec…

(16)

54. HENRI III (1551-1589). P.S., Fontainebleau 31 mai 1582 ; contresignée par Brulart ; vélin in-plano (un peu sali

sur un bord). 400/500

En faveur de Guillaume de Grantrye [Grandrye], ancien ambassadeur « pres des Srs des Ligues grises » [Grisons], à qui les comptes avaient supprimé « une partye de cinq cens escuz » ; le Roi ordonne que cette partie soit rétablie, et que lui soient payées les dépenses qu’il a faites pendants ses fonctions d’ambassadeur...

55 . Jean-Guillaume HYDE DE NEUVILLE (1776-1857) homme politique et diplomate. L.S., Brest 6 mai 1816, à M. de Kergorlay ; 3 pages et quart in-4, en-tête L’Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très Chrétienne aux Etats-Unis…, vignette aux armes royales. 100/120

Sur le point d’embarquer pour les États-Unis, Hyde de Neuville adresse à son collègue de la Chambre une note qui « intéresse à la fois, la religion, les mœurs et même la politique dans un moment où il est si important de rattacher le peuple au respect dû à la religion et à ses ministres », avec la prière d’en communiquer copie à S.A.R. Madame, et d’en parler au vicomte de Montmorency  : «  deux malheureux ecclesiastiques  » ont été outragés… Il parle avec satisfaction de l’appréciation que la province porte à la Chambre et assure voter « toujours de cœur avec ceux qui ont l’indignité de vouloir le retour aux bons principes »…

56. John H. INGRAM (1842-1916) biographe d’Edgar Poe. L.A.S., Londres 3 juillet 1878, à Émile Blémont ; 2 pages in-8, vignette gaufrée Post Office (cachet encre Maison de Poésie, Fondation Émile Blémont) ; en anglais. 150/200

Mallarmé lui écrit que Blémont va traduire et publier en France un article de lui sur la correspondance inconnue d’Edgar Poe, dont la version anglaise doit bientôt paraître à Londres et New York, puis Florence, Madrid et Leipzig. Très malade, il a dû en retarder l’impression, mais espère pouvoir lui envoyer des épreuves imprimées au plus vite. Les lettres de Poe sont inédites, et il lui laisse la liberté de publier tout, ou quelques extraits... Il serait heureux de voir sa biographie Memoir of Poe publiée en Français, et doit écrire à ce sujet à Mallarmé…

57. ITALIE. 24 lettres ou pièces, la plupart L.A.S., d’archéologues, historiens, littérateurs et savants italiens. 150/200

Pasquale Adinolfi, Giuseppe Angeluzzi, Andrea Barberi (2), Felice Barnabei, Lodovico Coltellini, Severino Fabriani, Carlo Agostino cardinal Fabroni, Raffaelle Garrucci, Fabio Gori (ms d’un article), P. Manni, Luigi Masi (3), Pietro Martanga, Giuseppe Melchiorri, Stefano Pons, Bernardo Quaranta (2), Gennaro Riccio, Giampietro et Serafino Secchi, Andrea Vacca, Girolamo Zanetti.

58. Max JACOB (1876-1944). L.A.S., Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret) 25 avril 1925 ; 2 pages petit in-4. 250/300

Il annonce l’envoi de trois gouaches dans une huitaine de jours : « elles demandent à être revues. Une danseuse dans un paysage de théâtre, des cavaliers sous bois, et un coin de la rue Ravignan où j’habitais jadis avec Picasso et plusieurs amis. Je crois mieux de vous en avertir car si vous possédez de moi quelque chose déjà, il serait désolant que vous ayez deux fois le même sujet »…Il ajoute : « Je considère Leonardi comme un très grand artiste qui n’a pas toute la situation qu’il mérite, de plus c’est un homme digne de ce nom et un homme excellent et intelligent, je suis fier de son amitié ».

59. Angelo Giuseppe Roncalli, JEAN XXIII (1881-1963) Pape. L.S. « Ange Jos. Roncalli n. a. », Paris 17 août 1950, à l’Archevêque de Paris [Maurice Feltin] ; 1 page et demie in-4, vignette et en-tête Nonciature apostolique

de France. 800/1.000

Le nonce apostolique écrit à l’archevêque de Paris au sujet de la relation triennale des séminaires : « Cette relation embrasse les années 1948 à 1950 inclusivement. Elle est naturellement de caractère général. Mais si Votre Excellence trouve opportun nécessaire, à l’allègement de sa conscience et sous l’impulsion de son esprit ouvert à la vision des circonstances présentes, d’ajouter des notes ou impressions de nature particulière, qu’elle veuille bien les préparer sur feuilles séparées. Tout est utile à la S. Congrégation pour prendre dans une considération objective et sereine des opportunités ou nécessités locales, les décisions qui puissent heureusement réussir au développement des Instituts destinés à la formation du jeune Clergé »…

On joint une relique certifiée d’un vêtement de Jean XXIII au dos d’une photographie.

60. Gustave KAHN (1859-1936). L.A.S., Paris, [à Émile Blémont] ; 1 page et demie in-12 (cachet encre Maison de

Poésie, Fondation Émile Blémont). 80/100

Il révise son étude sur Villiers de L’Isle-Adam, pour une publication en volume, et désire « feuilleter vos souvenirs ». Il cherche à identifier un certain « Parnassien hostile à Villiers », surnommé « le lion de Numidie » : « Je ne crois point que ce soit Mendès, malgré la crinière blonde. Il me paraît difficile que ce soit Marras, masque léonin, mais ami des mauvaises heures.

Alors ! qui ? »…

61. Gustave KAHN (1859-1936). 11 manuscrits autographes (dont 9 signés) de critique d’art, articles ou préfaces

de catalogues ; la plupart in-8. 400/500

Préface pour le sculpteur Hacop Gurdjian (4 p.) ; fragment sur Th. Th. Heine (p. 6-7, 30-34) ; André HeLLé (1920, 16 p.) ; François de Hérain (9 p.) ; préface pour Emil Hirschfeld (5 p.) ; Gaston HoCHard (14 p.) ; sur Albert Marque (3 p.) ; préface pour Robert Mortier (6 p.) ; sur Adolf Oberländer (13 p.) ; Madame Chana orLoF (8 p.) ; Henri ottMann (5 p.).

(17)

62. Anatole de LA FORGE (1820-1892) publiciste et homme politique. Manuscrit autographe d’un discours et 12 L.A.S., 1865-1889 ; 19 pages in-4 ou in-8, qqs en-têtes Chambre des Députés ou Ministère de l’Intérieur.

100/150

Au lendemain de la célébration du centenaire de la Révolution, le député demande à la Chambre de « débarrasser le pays d’une tradition monarchique […] cette mission diplomatique auprès du Saint Siège qui ne peut servir que les intérêts du cléricalisme »… Lettres à Charles de Mazade (2, dont une promettant de rendre compte de son livre sur la Pologne), à son ami Foucher (se défendant d’avoir, par sa Lettre à Mgr Dupanloup sur les événements de Pologne, commis « une excitation à la haine et au mépris du gouvt »), à Lucien Henry (à propos de l’Histoire de la liberté de la presse en France), à Mme Émilie de Morsier (vive appréciation, car en France « la vieillesse n’a pas de refuges en dehors des associations cléricales ! »), etc.

63. Dominique-Jean, baron LARREY (1766-1842) le grand chirurgien militaire. 2 L.A.S., Paris juillet 1829, à son fils Hyppolite, chirurgien sous-aide à l’hôpital militaire de Strasbourg ; 4 pages in-8 et 3 pages in-4 avec adresse.

1.200/1.500

Belles lettres de conseils à son fils. 8 juillet. Il est heureux d’apprendre que son ancien condisciple, l’anatomiste Berot, a bien reçu son fils, ainsi que M. Goupil. Il ne faut pas craindre les concurrents : « tu auras un avantage précieux sur eux, c’est ton génie, la methode et le calme de l’esprit d’ailleurs tu possèdes quoique très jeune encore, assez de connaissances pour repondre avec succès à toutes les questions qui vous seront faites »… Qu’Hyppolite ne s’inquiète pas du concours, il aura un prix, mais qu’il observe les mêmes règles d’hygiène, « surtout la sobriété la propreté et les lotions d’eau glaciale sur la tête tous les matins à jeun ». Qu’il relise la Campagne du Rhin ; s’il se promène il rencontrera quelques souvenirs de nos guerriers, tels que le mausolée à son immortel ami le général Desaix : « non loin de Strasbourg je l’ai pansé de ses premieres blessures. On te parlera souvent de ce guerrier et de son digne compagnon Kleber »... 22 juillet. Il le gronde doucement : au lieu de dire qu’il désespère d’avoir un prix, son fils devrait affirmer qu’il pourrait donner des leçons à tous ses concurrents : « tu en sais assez pour entrer en lisse avec toute cette troupe – ton intelligence ton assurance et ta logique qui te fera parler avec methode te mettront au- dessus des concurrens »… Il cite l’exemple d’un jeune sous-aide qu’il examina dans le Midi, en 1795, et du concours à l’École pratique auquel lui-même se présenta en 1787 : « Le nombre des concurrens se montait à plus de six cents – il y avait 24 places à donner – à ma très grande surprise j’eus l’une des premieres de laquelle je ne profitai point parce que la bosse des voyages m’entraîna vers le nouveau continent »…

On joint une L.S. à des officiers de santé, Rosette 27 prairial VIII (16 juin 1800).

Reproduction ci-dessus

52 63

(18)

64. Albert LEBRUN (1871-1950). P.S. comme Président de la République, contresignée Édouard Daladier, Président du Conseil, ministre de la Défense Nationale et de la Guerre, ministre des Affaires étrangères, Paris 7 février 1940 ;

1 page grand in-fol. en partie impr., cachet sec. 40/50

Exequatur ordonnant de reconnaître M. James Kenneth Victor Dible en qualité de consul de Sa Majesté Britannique à Bordeaux.

65. Charles LECONTE DE LISLE (1818-1894). L.A.S., Paris 13 mai 1891, [à Émile Blémont] ; 1 page in-8 (cachet

encre Maison de Poésie, Fondation Émile Blémont). 150/200

Remerciements pour l’obligeant article de L’Événement : « J’en ai été vivement touché, et je vous prie de croire à la sincérité de ma gratitude. De la part du Poète des Pommiers en fleur et de tant d’autres vers excellents et charmants, rien ne saurait m’être plus précieux que l’expression des sympathies que vous me témoignez »…

66. Michel LEIRIS (1901-1990). Manuscrit autographe signé, Glossaire j’y serre mes gloses, [1939  ?]  ; [3]-40-

IX pages in-4 sous chemise autographe. 15.000/20.000

Manuscrit complet de ce célèbre glossaire de jeux de mots poétiques, commencé en 1925 et publié en août 1939 aux Éditions de la Galerie Simon par Daniel-Henry Kahnweiler dans un tirage limité à 112 exemplaires, illustré de lithographies d’André Masson. Glossaire j’y serre mes gloses, qui est dédié à Robert Desnos, a été recueilli en 1969 dans Mots sans mémoire.

Ce surprenant travail poétique et surréaliste sur le langage a donné naissance à ce « dictionnaire en jeux de mots », que Leiris a résumé ainsi : « En disséquant les mots que nous aimons, nous découvrons leurs vertus les plus cachées et leurs ramifications secrètes qui se propagent à travers tous le langage ».

Le manuscrit a été soigneusement écrit à l’encre noire au recto de feuillets de papier réglé, mais a été ensuite surchargé d’additions et de corrections avec des ratures soigneusement biffées, avec des indications typographiques portées au crayon pour l’usage de « caractères gothiques allemands » pour certains mots, et pour la composition du feuillet de citations liminaires.

Après la page de titre, Leiris a rassemblé 9 citations ou jeux de mots à « composer en un petit bloc carré » : Jean-Pierre Brisset, Robert Desnos, Marcel Duchamp, Victor Hugo, Max Jacob, Stéphane Mallarmé, Raymond Roussel, Erik Satie, Maurice Scève ; le premier feuillet a été corrigé (Leiris a biffé et remplacé les citations de Max Jacob et de Mallarmé), et remis au net sur un second feuillet ; il a également biffé la dédicace : « Hommage à Rrose Sélavy ».

Vient alors le glossaire, avec ses multiples entrées, depuis : « abîme – vie secrète des amibes », jusqu’à « zustürzen – tours nues, ruts durs, rues jeunes : se jeter sens dessus-dessous ».

À la suite du Glossaire, figurent neuf calligrammes, dont sept originaux (deux sont en typographie)  : Arbre de stuc, L’écartelé, Le roc dans l’urne dans le cercle vicieux dans le mur raviné dans la double éCHeLLe, L’escalier d’Archimède, La fronde (impr.), La Hache, Nombre d’ambre, L’oiseau sans cimier, Le sceptre miroitant (impr.).

Reproductions page ci-contre et en 1ère de couverture

67. Michel LEIRIS. Poème autographe signé « Michel », Hiver brûlant ; 1 page in-4. 600/700

Beau poème de 15 vers :

« Chambranle des sommeils écroulés grande vue large

à stupéfier l’envol des gestes inutiles »…

Il porte dans le coin inférieur droit cet envoi : « Pour Guitte / Michel ».

68. Auguste LEPÈRE (1849-1918) peintre et graveur. L.A.S., Saint-Jean de Monts (Vendée) 2 juillet 1902), [à Gustave

Coquiot] ; 4 pages in-8. 250/300

Les éditeurs ne l’intéressent pas beaucoup, mais il est difficile de les remplacer par quelque chose qui ne soit pas pire : il rêve l’« oiseau rare », l’associé et gérant honnête, car il lui semble impossible de faire « œuvre d’artiste et de commerçant »… Il est

« horriblement pris par un travail tout ce qu’il y a de plus absorbant : orner À rebours [de Huysmans] ! Donc, pendant au moins un an, je ne pourrai rien faire autre. Mais peut-être que de votre côté vous avez une idée, à laquelle vous pourrez travailler d’ici là. Dites-la-moi, et je vous répondrai si elle me plaît. J’en ai bien une depuis longtemps, qui ferait, il me semble un petit bouquin amusant. […] Titre : Les cinquante vues du Pont neuf… C’est le coin le plus beau de Paris. Celui où il passe le plus de monde différent. Celui dont les aspects, par le changement de saisons et aussi les divers points de vue auxquels on peut se placer pour le contempler, offre le plus de diversité... etc. etc. C’est Parisien, et moderne »…

69. LITTÉRATURE. 24 lettres, la plupart L.A.S. 120/150

Victor Borie, Paul Féval fils (2), Max et Alex Fischer (3), Marguerite duchesse de Fitz-James, Edmond Haraucourt, Adèle Foucher Mme Victor Hugo, Paul Lacroix (2), Mary Lafon (2), Calmann Lévy, Paul Margueritte, Henri Martin, Gustave de Molinari (2), Robert de Montesquiou, Ernest Prarond, J.H. Rosny, René Vallery-Radot, Pierre Wolff (2).

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