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Academic year: 2022

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33 Conseillers Principaux d’Éducation (CPE) ont répondu aux questions de l’enquête en ligne de l’IFE entre le 14 mai et le 22 juin 2020. L’analyse de ces réponses a donné lieu à un rapport détaillé « Les effets du confine- ment sur l’activité des CPE. Rapport d’enquête (IFÉ, 2020) » dont ce document est la synthèse.

Ils exercent dans 15 académies diffé- rentes et ont des profils très différents al- lant du stagiaire au Conseiller Principal

d’Education ayant plus de 30 ans d’ancienneté. 14 d’entre eux exercent en col- lège, 12 en lycée général et technologique, 8 en lycée professionnel et 6 en lycée agricole.

→ 27 répondants sont des femmes et 6 des hommes. La majorité sont des fonctionnaires titulaires de l’Éducation Nationale et exercent dans l’enseignement public. 14 exercent en REP/REP+ et 8 hors REP. Ils sont à peu près aussi nombreux en territoire urbain, semi-rural et rural.

→ Trois quarts des répondants ont passé le confinement à leur domicile1, et plus de trois quarts en couple ou en famille. Deux tiers estiment qu’ils ont vécu le confinement dans des conditions matérielles confortables et un tiers dans des conditions acceptables, au-

1 Les termes en italique renvoient aux termes exacts em- ployés dans le questionnaire.

cun répondant ne déclare de conditions de confinement précaires.

→ Contrairement aux enseignants dont le res- senti s’améliore et de façon similaire aux per- sonnels de direction, le ressenti profession- nel des CPE ayant répondu à l’enquête évo- lue de façon légèrement négative entre le début et la fin du confinement, avec 17 per- sonnes se déclarant à l’aise au début et 14 à la

Les effets du

confinement sur l’activité des CPE

SYNTHÈSE DES RÉSULTATS

Leur expérience du confinement

Les répondants

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fin, et 16 personnes qui se disent mal à l’aise au début contre 19 à la fin (dont 7 qui se disent très mal à l’aise contre 4 au début).

→ En revanche, avec le recul, l’expérience de leur activité professionnelle à distance est jugée positive par une forte majorité de ré- pondants (25) et négative par 8 personnes.

« Je pense qu'il serait possible de travail- ler une fois par semaine en télétravail à la maison. Ceci permettrait de mieux or- ganiser le travail en vie scolaire et les projets éducatifs. Cela permettrait un temps de réflexion plus efficace. » Con- seillère Principale d’Education en lycée général et technologique.

L’appréciation de l’évolution de la charge de travail est hétérogène : un peu plus d’un tiers des répondants l’a jugée plus importante que d’ordinaire (12), un quart l’a trouvée équivalente (8) et un gros tiers estime qu’elle était moins importante (12). Le temps disponible pour réaliser son activité profes- sionnelle a par ailleurs manqué à quatre ré- pondants sur dix, en lien probable avec les difficultés de conciliation du télétravail avec les contraintes personnelles.

« Sentiment d’intrusion dans la vie per- sonnelle en étant amenée à travailler au domicile. Difficulté à cadrer les ho- raires. » Conseillère principale d’éducation en collège.

→ Presque toutes les activités liées au suivi des élèves ont été majoritairement réalisées plus ou autant que d’ordinaire : collecter des informations sur l’assiduité des élèves, faire le lien entre l’établissement et les enseignants d’une part et les familles d’autre part, contri- buer à l’organisation du travail personnel des élèves… La seule activité qui a été moins réalisée est l’accompagnement des élèves sur le plan éducatif.

→ Si elles ont été davantage réalisées, ces activités sont pourtant considérées comme plus difficiles à réaliser durant le confine- ment.

La difficulté la plus citée dans les ques- tions ouvertes est le suivi et l’accompagnement des élèves à distance (13 réponses sur 30), ces répondants regret- tant ne pas réussir à les motiver, les outils de communication n’étant pas aussi efficaces qu’un échange direct. Les répondants ont ma- joritairement considéré que le suivi des élèves et des familles était l’activité importante qu’ils ont le plus souvent, à regret, échoué à mener à bien (12 réponses sur 23). Malgré une im- plication redoublée, les difficultés liées au

D’importantes difficultés dans le suivi des élèves malgré un investissement renforcé

Principales difficultés

Les répondants ont rencontré des diffi- cultés communes :

• Maintien du lien élèves- enseignants

• Accompagnement des élèves sur le plan éducatif

• Maintien du lien familles- établissement

• Organisation du travail per- sonnel des élèves

• Accompagnement des élèves dans leur orientation

• Diffusion des informations en lien avec l’assiduité des élèves

𝟐 𝟑Τ 𝟑 𝟒Τ

𝟏 𝟐Τ

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suivi des élèves ont souvent généré une insatisfaction voire une frustration.

« Le fait de se sentir impuissante et de n'avoir que peu d'impact face aux élèves ne travaillant pas ou trop peu du fait du confinement chacun chez soi. Malgré de bons rapports avec les jeunes et leurs familles, je me sens partagée entre le fait de rentrer dans l'intimité familiale et ma conscience professionnelle de proposer mon aide et les booster pour effectuer les travaux demandés afin qu'ils puissent va- lider leur année et accéder à la classe supérieure. Les pousser vers la réussite en dépit des circonstances, en somme. » Conseillère principale d’éducation en ly- cée agricole.

→ En dépit des difficultés rencontrées, l’expérience la plus satisfaisante du confi- nement la plus fréquemment citée concerne le renforcement du lien avec les élèves et leurs familles (14 réponses sur 32), assorti parfois de marques de reconnaissance de la part de ceux-ci. La moitié des CPE ont vécu les échanges avec les familles d’élèves comme des appuis et quatre sur dix estiment que ceux avec les élèves étaient des appuis.

L’accompagnement des élèves et des équipes dans un contexte d’éloignement est une de- mande de formation importante (7 réponses sur 25).

Un peu moins de la moitié des répon- dants a bénéficié d’une connexion internet et de matériel informatique de qualité et disponibles à domicile : ceux-ci ont posé pro- blème à deux répondants sur cinq. La con- nexion et le matériel informatiques de leurs interlocuteurs (élèves, familles, collègues) ont été des obstacles pour plus des deux tiers des répondants.

Deux tiers des CPE qui ont répondu à l’enquête ont pu s’appuyer sur leur maîtrise des outils informatiques pour communiquer et échanger. La maîtrise des outils numériques et des nouvelles technologies (visioconfé- rences, plateformes collaboratives) reste ce- pendant le besoin de formation le plus souvent formulé (11 réponses sur 25), certainement en

vue d’améliorer l’efficacité et de mieux exploi- ter les potentialités de la communication et du suivi à distance.

→ Les outils et ressources numériques mis en place avant le confinement par l’institution sont plus fréquemment vus comme des difficultés que comme un appui (un tiers contre moins d’un quart des répon- dants). Les nouveaux outils et ressources nu- mériques spécifiquement mis en place pendant le confinement sont jugés de façon un peu plus positive : ils ont constitué un appui selon un tiers des répondants. Par ailleurs, un appui majeur pour presque deux tiers des CPE, a été l’usage d’outils numériques issus d’autres sources que l’institution (réseaux sociaux, communautés professionnelles).

→ Trois quarts des répondants ont pu compter durant le confinement sur leurs compétences d’organisation et leurs com- pétences de communication et de média-

tion pour réorganiser et adapter leur activité professionnelle. Cinq répondants évoquent comme expérience satisfaisante durant le con-

Une plus grande disponibilité pour les activités « solitaires » Une maîtrise plutôt bonne du numérique mais des ressources peu

adaptées

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finement le fait d’avoir eu du temps pour prendre du recul et mieux s’organiser.

« Étant CPE je dois faire face, au quoti- dien en temps "normal", à des personnes qui viennent me voir parce qu'elles ont un problème et qu'elles attendent de moi une solution. Cela se produit à tout ins- tant de la journée […]. Le confinement a permis la réduction des conflits et donc les sollicitations immédiates pour les- quelles je dois trouver les bonnes res- sources tout de suite. J'ai pu prendre du recul, plus de temps de réflexion pour gé- rer les soucis. » Conseillère principale d’éducation en lycée agricole public.

→ Les répondants se sont plus souvent que d’ordinaire consacrés à la rédaction d’écrits professionnels et à la collecte/diffusion de ressources, activités « solitaires » jugées plus faciles à mener que d’ordinaire par respecti- vement la moitié des répondants et quatre répondants sur dix. Cette facilité accrue peut être attribuée à la fois à une plus grande lati- tude dans l’organisation de leur travail et à une diminution des sollicitations intempestives.

Un tiers des répondants a réalisé une activité professionnelle nouvelle durant le confinement, notamment en lien avec de nou- velles modalités de suivi des élèves et de communication avec les parents.

Près de la moitié des répondants estime que la vision de leur activité a changé de- puis le confinement, le plus souvent dans le sens d’une prise de conscience de l’importance du lien dans leur métier (5 ré- ponses sur 12), des effets bénéfiques du télé- travail (3 réponses sur 12) ou de l’importance des nouvelles ressources numériques (2 ré- ponses sur 12).

« [La vision de mon activité a changé] en tout. Je ne sais pas si ça a changé le fond. Mais plus que jamais CPE est un métier de lien. Créer, recréer, tisser, soli- difier du lien, c'est ça le métier de CPE.

Et ce confinement me l'a prouvé. J'ai été sollicitée comme jamais, par les parents, les élèves, les partenaires. Mais c'est bien parce que notre rôle est au cœur de tout. J'ai compris que je faisais partie de l'équipe pédagogique et non de direction, contrairement à ce que je croyais. » Conseillère principale d’éducation en col- lège REP/REP.

Les échanges intra et intermétiers ont globalement été des appuis pour les CPE : plus de deux tiers d’entre eux ont apprécié ceux avec leurs pairs et trois quarts ceux avec leurs autres collègues.

Les répondants ont autant ou plus sou- vent collaboré avec les autres profession- nels qu’à l’ordinaire (24 avec la direction, 21 avec l’équipe pédagogique). La deuxième

activité satisfaisante citée par les répondants (après le suivi des élèves) est l’échange et la collaboration intermétiers (7 réponses sur 32).

« Échanges entre pairs CPE via Face- book, Messenger, WhatsApp pour cons- truire une pratique adaptée et analysée à plusieurs ». Conseillère principale d’éducation en lycée général et techno- logique.

Une qualité d’échange contrastée avec les autres professionnels

Une expérience porteuse de nouveautés

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« Puisque nous n'avions aucune con- signe, aucun accompagnement, nous nous sommes concertés (profs CPE per- sonnels médico-sociaux) et ensemble nous avons construit, nous avons pris des initiatives. Cette émulation était fabu- leuse ! » Conseillère principale d’éducation en collège REP/REP+.

Cependant, la moitié des CPE a trouvé plus difficile de collaborer avec l’équipe pédagogique. Cinq répondants évoquent des difficultés pour communiquer avec les ensei- gnants sur l’implication de leurs élèves et six expliquent regretter de ne pas avoir pu assurer la mise en place ou le suivi de projets éducatifs avec les enseignants et les élèves (CVC, for- mation des délégués, EDD…), étant trop pris par les tâches administratives.

Les réponses sont également nuancées concernant les rapports avec la hiérarchie, à la fois selon le niveau de hiérarchie concerné et selon les modes de pilotage propres à chaque établissement. La collaboration avec l’équipe de direction s’est faite plus facilement que d’habitude, ou sans difficulté particulière pour plus de la moitié des répondants, et la moitié des répondants a vécu

l’accompagnement de sa hiérarchie comme un point fort, mais six répondants dénoncent dans leurs réponses un manque de pilotage et d’instructions.

« Manque d’informations ou informations contradictoires ou injonctives.... problème de pilotage. » Conseiller principal d’éducation en lycée général et techno- logique.

Une CPE évoque même un réel problème de positionnement entre l’équipe de direction et l’équipe pédagogique.

« J’ai compris que je faisais partie de l’équipe pédagogique et non pas de di- rection comme je le croyais. » Conseil- lère principale d’éducation en collège REP/REP+.

→ Favoriser le lien entre les différents ac- teurs au sein du réseau ou de l’établissement et participer aux instances de l’établissement a été plus difficile selon deux tiers des CPE, contribuer à l’organisation et l’animation de réunions ou de concertations l’a été selon la moitié. La mise en œuvre de ces activités a probablement été compliquée par la distance.

CRÉDITS

Coordination : Edwige Coureau-Falquerho Auteures : Diane Béduchaud, Elodie Leszczak

Édition-maquettage : Elodie Leszczak, Emilie Normand Institut Français de l’Éducation, Novembre 2020, Lyon (France)

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