ocPf73.r
ANNEXE VI-2.D
CONTROLE DE L'ONCHOCERCOSE DANS LA
REOION DU BASSIN DE LA VOLTA
Rapport
préparé pour les Gouvernements de
Côte d'Ivoire, Dahomey, Ghana, Haute-Volta, MâIi, Niger et Togo
ANNEXE VI-2.D : DONNEES GENERAIES ET PROJET IÎ'ITECRE DE DEVELOPPEIVTEI.TT RURAL AU TOGO
Cenève
1 973
Programme des Nations Unies pour le Développement
Organisation pour 1'Alimentation et 1'Agriculture des Nations Unies Banque Internationale pour Ia Reconstruction et Ie Développement
Organisation Mondiale de 1a Santé
Annexe VI-2.D Page i
DONNEES CMIERALES ET PROJET INTEORE DE DEVETOPPEI\IENT RURAL AU TOCO
Table des matières
1
2
DONNEES GENERA.LES I I,ITRODUCTI ON ELEMENTS DE BASE
2.I Localisation et ;ustification du choix 2.2 Antécédents de développement
LA ZONE DU PROJET
3.1 Ressources naturelles
3.2 Population, régime foncier et
3. 3 Infrastructure .
3.4 Vulgarisation agricole ... . 3.5 Agriculture traditionnelle . . . 3.6 Contraintes diverses
LE PROJET
4.I Possibilités de développement
4.2 Avantages escomptés
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS . .. ..
Pages
I
2
3
a
J 4
4
5
tl 7
8 9
lo
10 11
l2
3
utilisation des terres
4
5
APPEI{DICES
1. Liste des projets
Données climatologiques
Population et utilisation des terres Liste des sources
2 3 4
l3 l4
16 T7
Annexe VI-2.D Page I
DONNEES GENERALES ( re70 )
1. Géographie et Démoqraphie Superficie
Populat ion
56 60O km
Totale
2
2 æ6 77(J-
Urbaine 260 BBO (dont ISO OOO à Lomci) Rurale 1 745 89O
Densité de la population : 35 habitants au km2
Taux de croissance de Ia population : 2,6-3 %.
2. Economie
Millions de MilIionsl francs CFA de US g
Produit intérieur brut (I9ZO) : 69 2451 249,1
dont - secteur primaire 44,5 %
secteur secondaire 2I,8 % secteur tertiaire 33,7 %
Taux de croissance du produit intérieur brut de
1966 à 1970 en prix constants ; 7 %
Produit intérieur brut par habitant (1970) : 34 5O5 francs CFA (US gl24) Budget national (1971) : Il 3SS millions de francs CEA (US $45,4 millions) dont Budget d'rnvestissement (I971) : l3SS mrllions de francs CFA
(US $ 5,4 millrons)
Balance commerciale (1970) : Millions de Millions
francs CFA deUS$
Exportations
I mpor tat ions Défici t
Exportations (en pourcentage des
importations) : 85 %
3. Agriculture
Nombre d'exploitations agricoles : 245 600
Taille moyenne : 3-4 hectares
Superficie cultivée : II % de 1a superficie totale
15 176
17 928
2 752
Milliôns de
francs CFA 26 450 15 150
Mi I I ions
deUS$
95, I
54,4 54,6 64,5 9r9
Produit intérieur brut de I'agriculture (197O) PIB par tête pour Ia population rurale :
Taux de change t97O : I US $ = 278 francs CFA (1972 US $ : 25O F CFA) Source : Rapport du PNUD sur le programme national, décembre 1971.
I
Annexe VI-2 D
Page 2
4 Réeion du Protrramme située au Toso
Superficie : t8 OOO km PopuLation
' 15s5ooo
2
Superficie cultivée : 2L2 5OO hectares
Taille moyenne d'une exploitation : 1,2 à 6,O ha.
1. IIfTRODUCTION
1. D'une superficie totale de 56 OOO km2, le Togo s,étend entre le 60 et le llo de latitude nord. 11 est bordé par le Ghana à I'ouest, le Dahomey à 1'est et la Haute-
Volta et le Niger au nord. Le pays s'étire sur 5OO km du nord au sud et est divisé en deux zones climatiques : une zone soudanienne vers Ie nord et une zone tropicale
semi-humide au sud. Le tiers nord du pays est englobée dans la région du programme de contrôIe de 1'onchocercose; cette maladie est fréquente le long des vallées des principaux cours d'eau.
2. La population, de 2 006 77O habitants (recensement de t97O), augmente à raison de 2,6 % par an. EIle est rurale à environ 8? % et la densité,
km 22en moyenne, atteint par endroits 5O-2OO habitants au km-,
les zones de Lama-Kara et de Dapango dans le nord du pays, qui région du programme de lutte contre 1'onchocercose.
3. Le produit intérieur brut a été estimé à 34 5OS francs CFA (US $t24)1 par habitant en 197O, mais ce chiffre dissimule les grandes disparités qui existent entre le sud, où prédomine 1'agriculture de plantations, et Ie nord, dans une Brande
partie duquel règne I'agriculture de subsistance. Sa masse globale augmente de 5-7 %
par an. L'agriculture y entre actuellement pour environ 42 %, mais sa part relative
dans le produit intérieur brut va en diminuant.
4. En 1969, les importations de produits agricoles se sont éIevées à 2349 millions de francs CFA (US $8,4 mitlions), soit 16 % des importations totales, alors que les exportations d'origine agricole se chiffraient à 6900 millions de francs CFA
(US $24,8 miltions); it est toutefois à noter que le cacao et }e café, produits dans
Ie sud, y entraient pour 70 %. [-r' bétail, les légumes, le riz et les cotonnades
constituent les principales importations agricoles ou d'origine agricole.
5. Le deuxième plan quinquennal (1971-75) prévoit à court terme pour 1'agriculture 1e développement descultures annuelles destinées à 1a consommation, à 1'exportation et à t'industrie de transformation telles que Ie maÎs, le mil, Ie riz, les légumes,
de 35 habitants au en particulier dans
sont situées dans la
t Au taux de change de 1970
les arachides et le coton, qui long terme, il sera essentiel sorties excessives de devises.
Annexe VI-2.D Page 3
peuvent toutes être faites clans le nord. A moyen eL à
de développer 1a production cle britalI pour r!viter les
6. Les principaux projets de développement agricole et rural en cours d'exricuti.on dans la zone de lutte sont <lnumérés à t'Appendice l. Parmr eux fi6lure un pro.let PNUD/nonds spécial de développement du nord du Togo qui. est toutefois limitri pour le
moment à la Région de La Kara. On envisage de I 'étendre F)ar la sur te à la val lrie rle
I'Oti, dans Ia Région des Savanes. tI est toutefois rivident que, dans les rleux zones,
Ie succès des actions de développement dtipendra du contrô1e cle 1'()nch()cercose.
2. ELEMENTS DE BASE
2 .I [,ocaI isat ion et justiftcatron du chor.x
7. Bien que 1'onchocercose sévisse à travers tout le'l'ogo, le prograrmme de tutte sera circonscrtt à la zone située au nord de la rrvrèt^c [ÿ16, c'cst-à-rlire à neu 6r-6\q
aux Régions de La Kara et des Savanes (voir Fig. VI-2.D.1).
8. La zone choisie pour les actior)s tle cléveloppement socio-économique à I'int<irieur de la région du programme s'étend entre lo'Ot'et 1O'36'de latitude nord et o'21' et O'45'de longitude est. ElIe couvre le cours inférieur de la Koumongou et (lu Silébongo ainsi que la partie de la valIée de 1'Oti situeie entre les confluents de
ces deux rivières et de 1'Oti. Située dans Ia circonscription de Sansannd-[lango, ellr-.
t:omprend plusieurs vallées désertes se prêtant à une colonisation par des gens en provenance du district densd'ment peuplé de Dapango, au nord.
9. Ainsi, tandis que dans I'ensemble le nord du Togo, avec ses prricipitations faibles et inégalement réparties, est relativement défavorable à 1'agriculture, le développement de 1a zone contribuerait puissamment à réaliser un mer.Ileur <!quilrbre des ressources en hommes et en terres dans cette partie septentrionale du pays. Des
études préliminaires sur les besoins en eau de la Régron des Savanes et la poursuite de la modernisation de I'agriculture:iont prévues dans le deuxième plan de drivelop- pement. I
2.2 Antécédents de développement
10. L'organisme d'intervention est actuellement 1a Socii.t(i Rl.gionale d'Amc<n.rFlement
et de Développement (SORAD), qui est secondée sur le plan technique par le Bureau
pour Ie Développement de la Production Agricole (BDPA). La SORAD, socitité aux
missions multiples, responsable devant te Ministère de L'Economie rur.rIe, s,occupe
I Plan de développement économrque et social IgZl-f9?S
a
J
Annexe VI-2 D
Page 4
du développement tant économique que social de la région depuis 1965. Le travall de
vulgarisation agricole est assurri par Ie BDPA, qui malgré les difficultés auxquelles se heurte le développement dans Ia région, a obtenu de bons résultats dans la diffusion d'innovations a6çricoles parmi 1es paysans locaux.
11. Les territoires peuplés entourant la zone du projet ont été peu mis en valeur et ont été principalement marqués par un mouvement d'émigration vers Ie sud, plus prospère. La zone du pro;et paraît n'avoir jamais été peuplée, en tout cas pas dans
un passé récent (depuis le début du siècle).
LA ZONE DU PROJET
I Ressources naturelles
3.1 . I Climat
12. Le pro.let est srtué dans la zone soudanienne, caractérisée par une saison humlde qul va de mars à la fin d'octobre et par une saison sèche de 4-5 mois. l,es
pluies débutent de façon intermittentes en mars-avril pour atteindre leur maximum en
août-septembre. La moyenne des précipitations s'échelonne de IOOO mm par an au nord de Dapango à 11OO mm autour de Sansanné-Mango et à I4OO mm à Niamtougou, au nord de
Lama-Kara. Le nombre de ;ours de pruies oscirre entre ?o et go.
13. Les temp<iratures moyennes mensuelles varient de 27'à 30', avec une moyenne
maximale de 38-39' en février-mars et une moyenne minimale de 18 à 2O'C en novembre- dd'cembre. L'd'vaporation à Sansanné-Mango est estimée à 2276 mm par an, soit plus du
double des précipitations annuelles. Des données climatologiques sont présentées à
1'Appendice 2.
3.L.2 Hydrologre
14. Les données recueillies par I'ORSIOM1 montrent qu'à Sansanné-Mango le débit de
I'Oti atteint sa valeur maximale, qui varie de 4OO à 1600 *3/s selon les années, en
août-septembre et est à son minimum (O,2/t.3/s) en avril-mai. A Koumongou, la rivière
Koumongou a un débrt maximal de 4oo à 85o
^3/s "t un débit mlnimal de O,Is à Z,S n3/s.
3.1.3 Géomorphologie
15. La zone du projet est située dans le bassin de 1'Oti, au nord des montagnes
qui couvrent une partie de la région de la Kara et traversent Ie pays du nord-ouest au sud-ouest. Le bassin de 1'Oti est formé d'une pénéplaine dont I'altitude oscille entre 2OO et 25O mètres au-dessus du niveau de Ia mer.
I Office de 1a Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
I
Annexe VI-2,D Page 5
3. 1.4 Sols
16. La FAo et 1'oRSTo{vl ont effectué une dtucle pédologique d'une partie de la zone
et dressé des cartes à 1'écheIle cle 1:50 ooo. Ce travail couvrait la varltie de 1'otr près de Sansanné-Mango ainsi que les affluents de ce fleuve, à savoir le Koumongou,
Ie Namiélci et le si.lébongo (voir Fig. vI-2.D.1). Les meilleurs sols sont, d,une part les limons argileux de Ia série de Naméni, qui s'étagent en terrasses dans les vallées de I'oti et du Koumongou et conviennent à toute une gamme de cultures vivrières ainsi qu'au coton et au tabac, d'autre part les sols de Ia série de Koumongou qui, une fois réalisée la maîtrise de I'eau, devraient également se prêter à un large éventail de
cultures, dont celles du coton, du mals et des ldgumes. Un autre sol de la vallée de
1'oti - série de sadori - convient aussi pour I'agriculture, mais principarement pour des cultures vivrières, telles que le riz non irrigué, f igname et le mais. On trouve aussi dans les vallées des principaux cours d'eau des sols hydromorphes fal,orables aux
cultures irriguées, à celles du riz notamment.
17. on estime que 30 à 40 % des sols de la vallée de l'Oti sont riches de potentia- lités, mais leur exploitation nécessiterâ,1e gros investissements en travaux de
maÎtrise de I'eau, en particulier de prér'ention des inondations. On pense cependant
qu'environ 30 2OO hectares seraient exploitables en culture sèche sans am<inagements
coûteux- Ces sols se trouvent dans deux sous-zones du projet : la vallée de Koumongou et la partie de Ia va1lée de 1'Oti située entre Gravillou et Ie confluent de l,Oti avec le Silébongo (voir Fig. VI-2.D.2).
3.2 Population. gime foncier et utilisa tion des terres 3.2.1 Population
18. Un aperçu démographique des Régions des Savanes et de La Kara figure à I'Appen- dice 3 (Tableau v1'2.D.3). La population de la Région des Savanes est estimée à
239 OOO habitants, avec une densité moyenne de 14,9 au km2 dans Ie district de
Sansanné-Mango et de 39,5 au km2 dans Ie district de Dapango. Cependant, ces moyennes
dissimulent de larges écarts entre les vallées complètement inhabitées et res cantons autour de Dapango, où la densité atteint 70 à lOO habitants au k.2. Le taux d.accrois-
sement de la population est estimé à 216 % par an dans le secteur de Dapango.
19. Deux groupes ethniques, tous deux d'origine Gourmantché, prédominent Cans 1a
sous-région de Dapango, à savoir les Moba à l'ouest et les Gourma, à 1'est. La sous-
région de Sansanné-Mango compte trois groupes principaux : les Tchokossi, qui se composent essentiellement d'artisans et de commerçants, les Ngan-gan et les Konkomba
Annexe VI-2 D
Page 6
Une enquête sociale exploratoire nra pas réussi à déterminer le degré de compatibitité entre les divers groupes, mais on ne pense pas qu'il y ait 1à un problème maJeur pour
les programmes de développement socio-économique.
20. La région de Dapango, si eIIe reçoit peu d'immigrants, subit en revanche une
forte émigration, en particulier une émigration saisonnière de jeunes qui vont
travailler six mois de I'année dans les plantations du Ghana. Une partie des
émrgrants s'absentent pendant des périodes beaucoup plus longues qui peuvent atteindre cinq ans. I1 n'existe pas de statistiques officielles à ce suJet, mais d'aucuns
estiment à 50 % Ia proportion des hommes de 15 à 40 ans qui émigrent au moins une fois au cours de leur existence.
3.2.2 Régime foncier
2I. Le régime foncier repose sur le principe de la propriété absolue dévolue aux
chefs de terre avec octroi de droits d'usage aux exploitants. Les droits d'usage sont reconnus à titre permanent aux chefs de familles dé;à en place et à titre temporaire aux nouveaux venus sur les champs appartenant aux chefs de terre. En principe, la propriété des terres non cultivées des vallées est dé3à fixée. Les migrations étant actuellement faibles, les droits d'usage temporaire des terres non cultivées sont
libéralement accordés aux nouveaux venus, mais quand Ia colonisation prendra une plus grande ampleur, i1 est possible que des difficultés et des frictions surgissent entre résidents et immigrants.
3.2.3 Utilisation des terres
22. Les terres cultivables sont estimées à 70 % de Ia superficie totale de Ia Région des Savanes, mais 22 % seulement (135 5OO hectares) en sont actuellement exploitées. I1 existe toutefois une grande différence entre 1a circonscrlption de
Dapango, qui compte 114 2OO hectares (25 %) de terres cul-tivées, et celle de
Sansanné-Mango, qui compte seulement 23 4OO hectares rc %).1 On estime que 22 583 exploitations au total se partagent les 135 5OO hectares de terres cultivées de la région, soit une moyenne de 5,8 hectares par exploitation.
3.3 Infrastructure 3.3.1 Réseau routier
23. Le r(,seau routier principal part de l-a route internationale qui relie Kandé à
la Haute-Volta et passe par Sansanné-Mango et Dapango. It y a peu de routes secon-
daires, et Ie dévetoppement de Ia région exigera des investissements tant pour
1^ PIan de Développement Economique et SociaI 1971-1975.
Annexe VI-2.D Page 7
1'amélioration des routes principales que pour 1a créatron ri'un réseau secondaire
et d'un réseau tertiaire. Les routes actuellement existantes sont indiqud^es dans 1a
ftgure VI-2.D.1.
3.3.2 Commercialisation
24. Les médiocres conditions d'exploitation des terres, le bas niveau du dévelop- pement technique et Ia faiblesse de f infrastructure font que 1'économie de Ia rr'.gion
est presque entièrement à base d'agriculture de subsistance. Une grande parti.e du
peu qui entre dans la circuit commercral est exporté au Ghana. En dehors des deux
principaux marchés, situés à Sansanné-Mango et à Dapango, rl existe 42 petits marchés
traditionnels. Dapango sert de centre de redistributron des produits en provenance du Ghana et de centre d'achat pour les marchands du Ohana et de Haute-Volta; un certain
nombre d'organismes de commercialisation y ont des burearrx. I1 n'existe pas d'installations de traitement des produits agricoles dans Ia région.
3.3.3 Equipements sanitaires et scolaires
25. 11 y a un hôpital régional de 50 tits à Dapango et un dispensaire (poste sanr- taire) dans chaque chef-Iieu de cantorr. [-.r rnrse en valeur de 1a région exigera 1a
création de nouveaux postes sanitaires et I'engagement de fonds pour Ie renforcement de f infrastructure sanitaire. On estrrne qu'environ 20 % des enfants sont scolarrsés, et il existe une école primaire dans tous les villages importants. L'enseignement secondaire, en revanche, n'est assuré qu,à Dapango.
3.3.4 Approvisionnement en eau
26. I1 n'a pas été obtenu de renseignements sur 1'état actuel de l'approvisionnement en eau dans Ia région, mais il est évident que 1'aménagement d'un nombre suffisant de puits sera une condition préalable de la mise en valeur de la zone considérée. La
construction de puits et d'un réseau ror.rtier de base devrait déjà constituer une
incitation à f installation de colons.
3.4 VulEarisation agricole
27. Le Bureau pour le Développement rle la Production Agrlcole (BDPA), responsable depuis 1962 de I'action de vulgarisation agricole dans 1a région de Dapango, traqaille depuis 1966 dans le cadre de Ia Société Régionale d'Aménagement et de Développement
de la Région des Savanes (SORAD). 11 fournit une aide technique au service de vulga- risation agricole et a créé un certain nombre de stattons expérimentales pour l,essar et 1a démonstration de techniques nouvelles. Les moniteurs agricoles, dont 1'action s'exerce par le biais de précoopératives (I3? totalisant 4OIS membres) et cte mutuelles (577 totalisant 3223 membres), sont estimés toucher environ 23 % des paysans de la
Annexe \rI-2.D Page 8
Régrrrn des Savanes, dont 1O97, représentant 3 % des exploitations, ont adopté Ia traction animale. Le service de vulgarisation encourage d'autre part 1'utilisation d'engrais, qtri seraient employds à 1'heure actuelle assez Iibéralement sur Ies champs d'arachides - importante culture de rente - ainsi que dans quelques champs de riz, de mil et de sorgho.
3.5 Agriculture traditionnelle
28. Le svstème traditionnel de travail de Ia terre en vigueur dans la zone de Sansanné-Mango a été décrit dans I'étude FAO/ORSTOM effectuée de 1961 à 1964,1 qui fournissait aussi des renseignements sur le système appliqué dans la zone de Dapango.
La SEDES- 2 et Ie BDP.A ont présenté de leur côté des analyses plus récentes de Ia situation dans la région, et une enquête sociale a été entreprise pour le compte de
la mission en 1972 (Kuévi, L972).
3. 5. f Tai. l le des oi tat i ons
29. L'unitd d'exploitation est Ia "famille élargie" dont 1'effectif se situe aux alentcrurs cte 10 à 12 personnes. En I97O, d'après les résultats provisoires du recen-
sement grinérrrl, elle groupait en moyenne dans la Région des Savanes 9,8 personnes explortant 5,6 hectares de terres cultivées. L'effectif et 1a surface cultivée des exploitations sont respectivement, en moyenne, de 9,4 personnes et de 5,9 hectares dans Ia circonscription de Dapango, tandis qu'à Sansanné-Mango Ia famille moyenne est de Il,2 personnes et exploite 4,5 hectares. Ces chiffres, qui font apparaître une plus grande surface cultivée par travailleur actif dans 1a circonscription de
Dapango, cadrent avec I'étude FAO/ORSTOM, qui donnait O,6-0,8 hectare cultivé par
personne pour Dapango et O,4-O,5 hectare pour Sansanné-Mango; ils masquent cependant
le problème de Ia pénurie de terres dans les environs immédiats de Dapango, où l-a
superficie culti.vée par personne est probablement moindre'
3.5.2 Cultures
30. Les cultures sont le miI, le sorgho et I'arachide sur les sols de plateau et, vers Ie sud en particulier, f igname et Ie riz dans les valtées. Les céréales peuvent représenter 80 à 90 % des cultures de Ia ferme et les arachides, qui constituent une lmportante source de revenus, occupent Jusqu'à IO % des terres cultivées'
1
I
Etude s
Socié té
Pédohydrologiques Togo vol. I, FAO/SF : 13/TOC.
d'Etudes pour le Développement Economique et Social.
Annexe VI-2 D
Page 9
3.5.3 Rendement des terres et revenus des exploi tations
31. Dans les zones fortement peuplées, le rendement des terres reste faible :
5OO r<g/ha pour Ie mrl et Ie sorgho et 35O ug/na pour I'arachide. Les revenus des
exploitations sont par conséquent faibles eux aussi, et leur amélioration est princi- palement freinée par la pénurie de terres. Dans les zones moins peuplées, Ies super- ficies cultivables sont suffisantes, mais iI faudrait y introduire des systèmes de
culture plus efficaces et notamment la culture attelée pour améliorer 1a productivité du travail.
3. 5.4 Approvisionnement en facteurs de production et méthodes cuLturales
32. La houe reste le principal outit de travail de la terre, mais la culture attelée
commence à s'implanter. La mise en valeur des vaIlées débarrassées de 1'onchocercose
exigera nécessairement, étant donné 1a lourdeur de certains soIs, I'introdlction de
la culture attetée et même du labourage mécanique.
3. 5.5 Elevage
33. Trente-sept pour cent (?2 4OO têtes)1 d, cheptel bovin togolais sont concentrés dans Ia Région des Savanes, dont les deux tiers dans Ia circonscription de Dapango,
où sont groupés 34 % du troupeau ovin et caprin du pays. On compte en moyenne par
famille 3 bovins, 20 ovins et caprins et 30 votailles.
3.6 Contraintes diverses
34. A part Ia présence des sirmrlies vectrices, les principaux obstacles qui entravent la mise en valeur des vallées sont :
a) les problèmes de lutte antivectorielle, les dépenses à engager dans les ouvrages de prévention des inondations et les difficultés que Ia lourdeur de
certains sols présentent pour 1'application des méthodes de culture tracli- tionnelles;
b) la présence des glossines, d'où danger de propagation de Ia trypano- somiase tant chez 1'homme que chez I'animal;
c) l'absence d'infrastructure, notamment en matière de routes et d'approvi-
sionnement en eau;
d) le régime foncier traditionnel qui risque fort d'inciter les chefs de
terres à revendiquer même des terres qui n'ont jamais été habitées.
I Recensement 1970.
Annexe V1-2.D Page IO
4. LE PROJET
4.1 Possi ités de déve ment
35' Le programme de lutte devrait être un facteur déterminant du succès des actlvités de développement que I'on se propose d'exécuter dans la région de Lama-Kara au titre du pro;et PNUD/SF/FAo rogo 72/oor, qui doit faire suite aux pro.rets FS//FAo rogo 8 et 15 pour être finalement étendu à tout Ie nord du pays. On entreprendra un programme
pilote de colonisation avant d'amorcer la colonisation à grande d,chelle en 1g?6. Il faudra évidemment voir ce que donnera le proJet en question avant d,envisager une
extension des travaux, mais on peut d'ores et deijà être assuré que le contrôle de I'onchocercose permettra de mettre en valeur une nouvelle zone dans le nord et d'a1léger la pression démographique dans 1'autre zone densément peupl(ie, celle de Dapango, dans la Région des Savanes. S'iL serait prématuré de vouloir formuler un
proiet pour la zone de sansanné-Mango, un aperçu des possibilrtés qu,elre ouvrirait au proiet devrait aider à se faire une idée des avantages à attendre du programme de
lutte.
36' rl ressort d'études sociologiques prériminaires que res habitants des zones densément peuplées situées autour de Dapango seraient éventuerlenrent prêts à aller se fixer sur les sols plus rrches de la vallée de 1'oti et de ses affluents, et ce
en nombre suffisant pour permettre ra mise à profit des avantages résultant du Programme de Iutte. Un projet de colonisation serait alors proposé, puisque la zone
ne paraît pas avoir été peuptée dans un passé récent (c,est-à-dire au cours du vingtième siècle) et que de ce fait, à f inverse de ce qui est le cas en Haute-volta ou au chana, 1'éventualité de voir des gens regagner des vilrages et des terres
qu'eux-mêmes ou leurs ancêtres auraient précédemment abandonnés est excrue. s'il en
est bien ainsi, ce qui demandera à être confirmé au moyen de nouverres études socio- rogiques, ir est d'un autre côté fort possible que la zone en question exerce un attrait sur la population de Dapango par le contraste qu,elle offre avec les régions situées immédiatement à 1'est, beaucoup plus pauvres en ressources naturerres.
Toutefois, des enquêtes sociologiques ont montré que la zone de sansanné-Mango ne se
prêterait pas à une colonisation par des gens en provenance des zones fortement peuplées de Lama-Kara ou de pagouda, situées plus au sud.
37' un problème maieur qui complique la mise en valeur des terroirs fertires qui entourent sansanné-Mango sera celui de Ia maîtrise de l,eau, en particurier dans ra
vallée de loti. Ir est donc difficile de savoir sans plus ample étude de la question quel serait le type de proiet qui conviendrait le mieux. c,est dire qu,on ne peut encore avancer que des estimations provisoires et imprécises concernant Ie nombre de
famirles que la zone pourrait accueillir et le coût de cette installation. De même,
i1 est impossibre de se prononcer catégoriquement sur I'orientation optimale des
Annexe V1-2.D Page 11
actions de développement. I1 est toutefors évident qu'rl faudra engager dans toute 1a
mesure du possible de vastes dépenses d'équrpement pour répondre aux besorns d'rnfra- structures telles que routes, puits, écoles et servlce de santé et réalrser le mimrmum
indispensable en matière de maltrise de 1'eau. I1 faudra paraIlèlement strmuler I'amélroratlon des méthodes de productron agricole par un service de vulgartsatt.on efficace, une aide à la commerclalr.sation et 1a distributt.on de crédrts.
38. Si la maitrise de 1'eau - préventron des inondatrons, drainage, etc. - devait se révéler être dtun cott prohibitif, il pourrait y avoir lreu d'adopter une autre approche en matière de développement agrrcole. II sembte pourtant qu'à court terme, on puisse tabler sur des zones de bonnes terres qui, une fois lrbérées de la malaclie,
seraient susceptibles d'être mises en valeur avec un minimum de dépenses. La super- ficie des sols répondant à cette conditlon a été estimée par la SEDES à 30 OoO hectares.
On pourrait dans un premier temps en coloniser une partle en attendant d'entreprendre dans la région des actions de développement de plus grande ampleur et exigeant des
investissements plus importants.
4.2 Avantages escomptés
39. Le secteur de 30 OOO hectares céfrnr par la SEDES pourrait, exploité en culture sèche, absorber iusqu'à SOOO noyaux tamiliaux soit 25 à 30 OOO personnes, ce qur
permettrait de ramener à un niveau acceptable le rapport homme/so1 dans un secteur analogue de la zone densément peuplée de Dapango. Ce secteur pourrait aussr être considéré comme un débouché pour 1'accroissement démographique que subrt actuellem.nt la zone en question.
40. Le système d'exploitation devrait se fonder sur I'intégration de l,agrrculture et de l'élevage, celui-ci étant d'abord orienté vers la création d'un parc de bétarl de labour, puis vers Ia production marchande de la viande. Aux cultures vivrières
(igname, céréales et arachide) s'a3outeraient, comme principales cultures de rente, le riz, Le coton et I'arachrde. Il n'a pas été fait d'études sufflsantes dans res zones
de Dapango et de Sansanné-Mango pour permettre une évaluation détaillée de 1'amélio- ration des revenus et des marges bénéficiaires des exploitatrons. On peut toutefors se faire une idée des profits possibles par extrapolation des constatations effecruées dans des zones écologiquement similaires de la région du bassin de Ia VoIta.
4I. La production agricole totale devrait augmenter de deux à trois fois et Ies marges bénéflciaires permettant de rémunérer 1a main-d'oeuvre familiale seralent également plus que doubtées, compte tenu des dépenses effectuées pour obtenrr des semences améIiorées et des engrais, et pour introdulre Ia culture attelée. La
production vivrière familiale devrait passer d'un niveau inférieur au mlnlmum requis pour la subsistance à un niveau permettant Ia vente drun surplus. La zone devrar.t
I
Annexe V1-2.D Page 12
également produrre des quantités notables de riz, de coton et d'arachide pour trartement et consommation dans les centres urbains. A supposer qu'une moitié de Ia zone sott consacrée aux céréales ou aux cultures de rente et que I'autre moitié reste en 3achère, la production totale devrait être de I'ordre de 14 OOO tonnes de riz et de céréales, de 25OO tonnes d'arachide, de 1600 tonnes de coton et de 14 OOO tonnes d'igname. Par arlleurs, I'élevage devrait contribuer à lrapprovisionnement en viande.
L'augmentatr.on du revenu par famille devraitsesituer entre65OOO etSOOOO francsCFA (US $260-320) par an, Ia valeur totale de la production à 95O mlllions de francs CFA
(US $3,8 millions) par an et 1'augmentation du revenu de I'ensemble des fermiers serait de I'ordre de 325 à 4OO millions de francs CFA (US $I,3-1,6 million) par an.
5. CONCLUSIONS Eî RECOMMANDAîIONS
12. La partre septentrionale du Togo srtuée dans Ia région du Programme de Lutte contre I'Onchocercose comprend deux districts qui se prêtent au développement socio- économrque - la zone de Lama-Kara au sud-ouest et celle de Dapango-Sansanné-Mango au nord-ouest. La premrère fait dé;à ltob;et d'un effort de développement soutenu
par le PNUD et sa colonisation ultérieure exigera Ie contrôIe de I'onchocercose.
43. Les deux zones comprenant des territoires densément peuplés où la production vrvrière, fondée sur 1a petite culture, se situe au-dessous du niveau de subsistance.
L'élimi.nati.on de I'onchocercose des vallées présentement inexploitées contri- buera à redresser 1'actuel déséquilibre du rapport homme/sol. Comme les zones peuplées sont assez éloignées des merlleures vallées, il est probable qu'un proJet de colonisation devra être consolidé par diverses mesures, et l'on prévoit d'opÉrer des essars dans Ia zone de Lama-Kara à la faveur du projet PNUD (Togo 72/OOl) qui dor.t se terminer en t9?6. L'expérience ainsi acquise devrait être, au moins ên
partie, applicable dans le nord-ouest, notamment en ce qui concerne les meilleurs systèmes de travail du sol et Ie régrme foncier.
44. Il est recommandé qu'indépendamment du projet de Lama-Kara situé dans Ie sud
de Ia régron du Programme de lutte, on explore les besoins et possibilités qui existent dans le nord-ouest du Togo. Il s'agirait en particulier :
- d'rdentrfier les terres colonisables dans la zone de Sansanné-Mango et de déterminer 1'lmportance des investissements requis (dans le prolongement de
1'étude FAO/ORSTOM);
- d'effectuer, dans 1a zone de Dapango, une enquête démographique, sociologique et agro-économique pour évaluer Ie nombre et les besoins des colons éventuels.
a
Annexe VI-2.D
Page 13 APPENDICE 1
LISTE DES PROJETS
Programme de la FAO sur le terrain
Projets BIRD/AID en activité ou qn préparation
Numéro de
code Intitulé et durée du pro.let Division et
serv ice Date Dons en US $ DP
LS
WF
rocf6sfslo
282
ro1f6efsrs
451
120
l20 exp.
12O exp.2
278
402
Développement des ressources
forestières, 3 ans lO moi.s
Assistance à l'Office de Déve- loppement de la région de Kara
-2ans
Alimentation scolaire, 2 ans
Alimentation scolaire, 2 ans
Alimentation scolaire, 3 ans
Formation de la jeunesse rurale -Sans6mois
Déve loppement des col lect ivi tés
rurales, 3 ans
FO AGL ESR ACP, AGS, ESE,
WHO, AGL WFP
WFP
WFP
WFP
WFP
2l août 1968-
juin 1972
26 mars 1970-
février 1972
2 avril 1964
24 mai- 1967
29 janvi.'r' 1970
25 août 1966
27 août 1968
998 300
759 800
96 800
I74 900
916 000
389 000
797 000
Titre et durée du projet
Agriculture - colonisation et développement rural de la région de Kara
pourrait déboucher sur un projet intéressant la Banque en 1976.
Le projet FAO
Construction de routes : Etudes de grands axes routiers financées au titre du crédit 151, actuellement appliqué aux routes Agon-Nuatja et Blitta-Sokodé.
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Annexe Vl-2.D Page 14 APPENDICE 2
DONNEES CLIMATOLOG IQUES
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