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William. Shakespeare, LES SONNETS DE SHAKESPEARE. U dvof OTTAWA. lllllllllllihiiiii

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Texte intégral

(1)

Shakespeare, William

LES SONNETS DE SHAKESPEARE

llllllllllliHIIIIi

3900301

U dVof OTTAWA

3098586

(2)
(3)
(4)
(5)

SEPTIÈME CAHIER, CAHIER DE NOËL DE LA HUITIÈME SÉRIE

GHARLES-MARIE GARNIER

les sonnets de Shakespeare

ESSAI D'UNE INTERPRÉTATION EN VERS FRANÇAIS.

I

^o

.kr . «9

CAHIERS DE LA QUIN^AINÏ

paraissant

seize fois

par an PARIS

8, rue de

la

Sorbonne, au pez-de-chaussée

(6)

I90b

(7)

Digitized

by

the Internet

Archive

in 2011 witiifunding

from

Universityof

Toronto

http://www.arcliive.org/details/pt7lessonnetsdes08sliak

(8)
(9)

^

Slinl.r^n.uirr.

i

(10)

si

grand nombre

de cahiers d'histoire et de philo- sophie; et ces

documents,

renseignements, textes, dossiers et

commentaires,

ces cahiers de lettres, d'histoire et de philosophie étaient si considérables

que nous

ne

pouvons pas songer à en donner

ici l'énoncé

même

leplus succinct;

pour

savoir ce qui a

paru dans

les cinq

premières

seines des cahiers, il suffitd'envoyer

un mandat

de cinq

francs à M. André

Bourgeois, administrateur descahiers, 8,

rue

delaSor- bonne, rez-de-chaussée, Paris,

cinquième

arrondisse-

ment; on

recevra

en

retour le catalogue analytique

sommaire, igoo-igo^, de

nos cinq

premières

séries.

Ce

catalogue

a

été

justement

établi

pour

donner, autant qu'ilsepouvait,

une image

enbref,

un

raccourci,

une

idée,abrégée,

mais

complète, de noséditionsanté- rieures etde nos cinq

premières

séries;tout

y

estclassé

dans

l'ordre; il suffit de le lire

pour

trouver, à leur place, les références

demandées.

Ce

catalogue,

in-i8 grand

jésus,

forme un

cahier très épaisde

XII-\-4o8 pages

trèsdenses,

marqué

cinq

(11)

francs;

cecahiercomptait

comme premier

cahierde la sixièmesérie et nos

abonnés

Vont reçu

à

sa date, le

2

octobre igo/f,

comme premier

cahier de la sixième série; toute

personne

qui

jusqu'au 3i décembre igoo

s'abonnait rétrospectivement

à

lasixième série le rece- vait,

par

lefait

même

de son

abonnement,

en tête de la série;

nous renvoyons

contre

un mandat

de cinq

francs

à toute

personne

qui

nous

enfuitla

demande.

Pour

laseptièmesérie,

année

ouvrière

igo5-igo6,

et en attendant

que

paraisselecatalogue

anaMique som- maire

de nos

deuxièmes

cinq séries,

igo^-igog, on

peut consulter,

provisoirement,

la petite table analytique très

sommaire que nous en

avons établie et

que nous

avons publiée enfin

du premier

cahierde la huitième série.

Pour amorcer

tout travail

que Von

auraità

commencer

dans

notre

premier

catalogue analytique

sommaire,

con- sulter le petit index alphabétique provisoire

que nous

avons établi

automatiquement

de ce catalogue analy- tique

sommaire dans

l'index total de noséditions anté- rieures etde nos sept

premières

séries,

même premier

cahier de la huitième série.

(12)
(13)

les sonnets de Shakespeare

(14)
(15)

ESSAI

D'UNE INTERPRÉTATION

EN VERS FRANÇAIS

(16)
(17)
(18)
(19)

à l'interprète de

Wordsworth, EMILE LEGOUIS

de

la

Sorbonne

quim'amontrél'exemple etm'a donnél'audace

CharlesGarnier

Shakespeare.

i,

(20)

Le NirvanadeLafcadio

Hearn

(traduction);

Revue pédagogique,

avril 1902 : L'enseignement

aux

Iles

Hawaï;

Revue pédagogique,

décembre 1904: CharlesDickens, auteur de ContesdeNoël;

Revue

internationale

de

l'enseignement, septembre1902 Notre devoirintellectuel en Indo-Chine;

Revue germanique,

janvier 1906:

Les « Sonnets élisabéthains » deSidneyLee;

Autour du Monde,

FélixAlcan, 1904:

Les Américains

aux

Philippines,pages 172-205.

(21)

Il a été tiré de ce cahier quinze exemplaires sur

whatman

ainsi distribués :

premier exemplaire

de souche, exemplaire

du

gérant;

deuxième

exemplaire de souche, exemplaire

de

l'ad- ministrateur;

troisième

exemplaire

de souche, exemplaire de l'im-

primeur

;

dixexemplaires d'abonnement,

numérotés

de i à

lo

exemplaires

d'abonnement;

et

deux

ex€m,plaires d'auteur

numérotés

a,

b exem-

plaires d'auteur.

Tous

nos exemplaires sur

whatman

sont

numérotés à

lapresse et

imprimés au nom du

souscripteur; nos tirages d'exemplaires sur

whatman

sont rigoureuse-

ment

limités

au nombre d'abonnements

à

chaque

in- stant souscrits;

nous

ne

vendons

point d'exemplaires

sur whatman

endehors de l'abonnement; l'abonnement sur

whatman

àcette huitièm.e série est de cent

francs pour

tous pays.

Les

Cahiers

de

laQuinzaine sont

composés

à la

main,

en caractères fin dix-huitième siècle(Didot) de lafon- derie'

Mayeur (Allainguillaume

et

compagnie

succes- seurs)

21,

rue

du Montparnasse,

à Paris, sixième arrondissement.

(22)
(23)

Aux

êtresles plus

beaux

nous

demandons

des iils.

Au

lis dela beautéd'éterniser sagloire, Et, puisquecèdeau

Temps

l'albe candeur des lis.

Que

deblancs héritiersnous gardentleur

mémoire

I

Toi, concentrant ta vieau foyer detesyeux,

Tu

nourris ton feuclair detapropre substance, Et ton

doux

ennemi,ton

moi

pernicieux.

Fait leverla famine

aux champs

del'abondance.

De

la terreféconde

ornement

tendreet frais, Seulet brillanthéraut

du

printemps qui se pare.

Pourquoi celer tasève entesbourgeonsjeunets.

Méchant, quise gaspille en jouant àl'avare ?

Oh

!prends pitié

du monde

ou sois-enle bourreau:

Dévore sonespoir, pourvoyeur

du

tombeau!

i3

(24)

II

Lorsque quarante hivers,assiégeant tajeunesse,

De

menaçantsfossésaurontcreusétonfront.

Ilsferont

un

haillonsansfierté, sans noblesse

Du

fieretnoblecorpsque tous croyaient fécond.

Etsil'on te

demande où

gisenttoustes charmes, Etl'anciennevigueur detesjours défleuris, Oser montrer tes

yeux

ravinésparleslarmes Serate mettreenbutteàl'affrontqui meurtrit.

Combien

plus delouangeornerait toncourage Situ pouvaisrépondre:«Ilest,cefils, à

moi

;

Ilvient solder

mon

compte, excuser

mon

grandâge, »

Fils dontlabeauté veutqu'il soit sorti detoiI

Ah

!et seraitrenaître etsentiraussitôt

Dans

legel deton

cœur

refluer

un

sangchaud!

(25)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

m

Regarde enton miroir; réponds à sa prière

Que

le tempsest

venu

de refondretes traits,

Cartufrustres ton siècleet l'espoir d'une

mère En

nerestaurantpaslatourd'untelpalais.

II n'estviergesibelle,

aux

flancs restésen herbe,

Qui

dédaignelessoinsde tonfécondlabour;

Iln'est

homme

sifou quiveuille,parsuperbe, Être sourdàla vie, être

mort

à l'amour!

Ta mère

viten toi :ta lièvre, c'est l'appel

De

son premieravril quivoudraitrefleurir:

Au

vitrailentr'ouvertpar l'âgeau doigtcruel,

Tu

verrastes fruits d'orsegonfleretmûrir.

Maissi tu viset

veux

ne paslaisserdetrace,

Meurs

etscelleau

tombeau

tonimageet tarace!

15

(26)

IV

Prodigue detoncharme,

Ami,

pourquoi répandre Surtoi,toi seul,lelegsdivindetabeauté?

La

Nature

nous

prêteetc'estpournous reprendre!

Généreuse,elleveutlagénérosité.

Alors,

mon

bel avare, àquoi

bon

mésuser

Des

largessesqu'onfit

pour

quetu fusses large? Usurier sans profit,pourquoithésauriser

La

vie, et refuser d'en accepterles charges?

Tu

vis sans vivreennetraitantqu'avectoi-même:

C'estton

doux

être.

Ami,

queje te voisduper;

Et,

quand

la

Mort

viendrajeter l'appel suprême.

Gomment

solder toncompte, ou

comment

la tromper?

Ta

stérilebeauté rentre avectoisousterre, Elle qui,fécondée, eûtfaitta légataire.

1

(27)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

LesHeuresqui, desuaves rayonstissèrent Ce regardplein d'amour qui rivetouslesyeux, Deviendrontlestyransdeleur

œuvre

sichère Etraviront sa grâce àton fpont gracieux.

Le vieux

Temps

sans repos surles vents del'Hiver Traînel'Étépour le souiller et leconfondre; Legel lige lasève,abatlesgrands troncsfiers Et labeauté s'enneige etlavigueurs'effondre.

Alors,si l'Étésage avait pointdistillé

La

sève printanière aucristaldes fioles,

Lesuc delabeautéseraitannihilé,

Elleet son souvenir

sombres

aux

nécropoles.

Elles braventl'Hiver et letrépas

commun

Les plantes dontl'Amour asauvé leparfum.

17

(28)

VI

Ne

laissepasl'Hiver, de sondoigt décharné, Dessécher ton Été sansdistiller tasève;

Embaumes-en

lavie avantqu'il soitfané;

Crainsle meurtre desoipourlabeautétropbrève

L'usageet

non

l'usure.

Ami, paye

en

bonheur

Celuiqui volontiers verse

au

jourditla

somme

:

Crée

un

autretoi-même,et,décuplanttonheur, Décupleetton

image

et tapuissance

d'homme

I

Et sipardix enfantston être est répété, Plusheureuse dixfois seraton

âme

heureuse:

Tu

renaîtrasvivantentapostérité,

Quand

viendratefaucherlamortelleFaucheuse.

Ne

faispasl'obstiné:ne prendspas,toisibeau, Pourhéritiers la

Mort

et lesvers

du tombeau

l

(29)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

VII

Vois!

quand

àl'Orientla lumièredorée Lève sonfrontbrûlant,leregarddesmortels

Monte

poursaluer sa majesté sacrée

Etrendre

un humble hommage

au jeune dieu

du

ciel.

Ilgravit leshauteurs des cieux et delagloire.

En

sonmidi, pareilà

l'homme mûr

etfort:

Les regardséblouisadorentla victoire

Du

pèlerin

nimbé

de sa poussière d'or.

Mais,

tombé du

zénith, son frontdéfait vacille,

Comme un

vieillard déchudanslesoir et la

mort

:

Et de l'astreimpuissant,l'œil, autrefoisservile, Sansrespect sedétourne, etsans regrets'endort.

Ilsonne,lemididetajeunessealtière!

Sans

un

regard,ainsi tu

meurs

situ n'es père.

19

(30)

VIII

Pourquoi,vous,

ma

Musique, entendreavecdouleur

La musique

? le

doux

au

doux

fait-il lag^uerre ? Pourquoichérir l'émoi quifaitcoulervospleurs

Ou

gotiterlenectarau fond del'urne

amère?

Silejusteconcoursdessons

harmonieux Suavement

fondus tecause

une

agonie.

C'est qu'il tegronde, ensessanglotsmélodieux.

De

perdre

un

pur solopromis

aux

symphonies.

Voislacorde vibrerainsiqu'une épousée Ettoutes de frémir en

un

accord vainqueur:

C'estla

Femme,

et lePère, et lachansonjasée

De

l'Enfant vient s'yfondre en

un

tout-puissantchœur!

Etleursvoixsans paroleen

un

seulcrirésonnent:

« Restant seul^tun'existes plus,tun'espersonne! »

(31)

ESSAI 1)

UXE INTERPRETATION

IX

Pourquoite

consumer

enton isolement?

Craindrais-tu de mouillerl'œilprofondd'uneveuve? Situ

meurs

sans

un

lils, ah! c'est le

monde

aimant Quitoujours

va

pleurer sa peine toujours neuve.

Ta

veuve, c'est la Terre, inconsolablement.

A

la plus

humble

femme,

une amour

ranimée

Donne

derallumer

aux yeux

de sonenfant Le feupurquibrillaitenlaprunelleaimée.

Admire

:

un

vraiprodigueau

monde

est

un

trésor Qui toujoursse déplace etqui se multiplie;

Mais la beautéqu'onn'use estescarcelle d'or

Que

sonmaître d'un jour dilapideet spolie.

Aucun amour humain

n'habiteence

cœur

las Quicontre soidescendau meurtrele plusbas.

21

(32)

Avoue,ingrat,

que

c'est

n

avoir

aucun amour Que

de montrer pour soi si

mince

prévoyance

;

On

t'adore à laville,

on

t'adoreàla cour, Maisilest clairquetoi,tu n'es qu'indifférence.

Tu

es sipossédé detoncourroux haineux

Que

tutournes surtoil'effortdetafolie

Pour

abattrecephareillustreet

lumineux Que

devrait étayerta

suprême

énergie.

O

change,

que

je change!

— Amour

entoi doit-il

Payer plus lourd loyerquelaHaine sordide?

Loge

enton

cœur

l'aimebonté detonprofil; Qu'ellet'émeuveau

moins

sur tonproprehomicide

Crée

un

autretoi-même,

Ami

cher,situm'aimes,

Qui

couronneton frontderenaissantsdiadèmes.

(33)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XI

Quand

viendratondéclin viendrad'un paségal Lesoleildetoniils quidans leciel se lève;

La

£ève de printempsqui futson sangnatal

Reste àjamais ton bien

quand

tonprintemps s'achève.

Ici,vivent sagesseetprogrèsetbeauté, Etlà,c'estlavieillesseabsurde et décrépite.

Que

tous pensent de

même,

adieu l'humanité!

Au

bout desoixante ansle

monde

estenfailliteI

Laisseceuxque Nature amis hors desa loi, Laids, grossiersetrugueux,périrsans descendance;

Vois ceuxqu'elle a comblés:elle t'a faitleurroi.

D'un opulent

amour

chériscette opulenceI

Tu

eslesceau royalchoisi,sculptéparelle

Pour quevive àjamais cetuniquemodèle.

a3

(34)

XII

Quand

au cadranje suis l'àpre

marche du

temps,

Ou

voislejour périrsouslanuit angoissante;

Quand,

à pleurerles.lilasdéfunts,je

comprends Que

lejaisdescheveux defils pâliss'argente;

Quand

lesarbres géants, defeuilles dépouillés,

Ne

prêtent plus leur dais

aux

vachesassoupies;

Et queles trèfles verts,engerbestortillés,

Passent sur leur brancard,facehirsute etblêmie;

Alors, cher,tabeauté

me

revient àl'esprit.

Qui

doit

sombrer

aussi dansle

commun

naufrage;

Nos

parfumset nosfleurscèdentau temps maudit:

D'autres,du

même

pas,

commencent

le voyage.

Contrelafaux

du Temps

rienne peut nous défendre: Seulsla braventnoslils

quand

elle vient nousprendre.

(35)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XIII

O

cher!tune t'appartienspas :tun'eston roi Qu'aulong des chers sentiers

du

vallon delavie; Ilfaut teprémunird'un fataldésarroi

En

léguantcetteimageàtoi-mêmeravie.

Alors, cettebeauté,que tu n'as qu'àloyer, N'aura jamais determe, ettuserastoi-même Encore,ettu verraslaMortsanst'effrayer,

Un

fils aimé sauvantcetteforme qu'on aime!

Quoi!laisserce

manoir

de son haut rang d'honneur Paresprit indolenttomber en déshérence!

Quoi!le livrer

aux

mains del'hiverrançonneur,

A

l'éternelle

mort

dela froideimpuissance!

Ah

! ce serait folie, et toi, Will,

ma

hantise.

Dis-toi:«J'avais

un

père.»

etqueton lilsledise!

25 Shah-cspcarc.

(36)

XIV

Point nesaisles secretsdelanuitctoilée Et pourtantje

me

sens astronomeetdevin,

Non

pourprédire

aux champs

lesecou lagelée, Peste noire

au

bétailou disetteau moulin,

Nila

bonne

aventure à chacun de nos mois,

Ce qu'ili3orteen ses flancs, pluie,oui*agan,tonnerre.

Niledestin

mouvant

des princes

ou

des rois:

Le cielne

me

révèle

aucun

deces mystères.

Mais,

au

fond detesyeux,

mes doux

astres constants, Jelis

une

promesse etplus sûreetplus fière,

C'estqueleVrai, le

Beau

triompheront

du

Temps,»

La

Vie, et

non

la Mort, étant tonhéritière.

Sinon,tristeprophète,en larmesm'écrierai:

«

Ta

linserala fin

du Beau comme du

Vrai!»

(37)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XV

Chaque

êtresur laterreasa fixecroissance Etneconnaîtqu'un

temps

l'ivressedejuillet;

Le

monde

est

une

scène où devains acteursdansent Souslefeudesoleils à l'ascendant secret.

De même

qu'un arbuste,

un Iiomme

lèveetpousse, Vert,éclate de sève et,mûr, déjàpérit :

Ilsentla

même

briseoutrèsâpre

ou

trèsdouce, Et de sonlustre éteintlesouvenirserit.

Au

vacillantflambeau del'inconstance humaine.

Je vois tonsang bondir en sabouillante ardeur, Etle

Temps

meurtrier débattre aveclaHaine Quelle nuit éteindralejourdeta splendeur.

Ilsfrappent!

Mon amour

accepte la bataille, Etj'insère unegreffeau creux deton entaille!

a:

(38)

XVT

Iltefaut cuirasseretton

cœur

etton bras

Pour

disputerau

Temps

tes dépouilles opimes.

Arme-toi, contrelaruineetletrépas,

De

glaives

mieux

trempés que

mes

trop faiblesrimes.

Debout

sur tonmidi,

sommet

desheuresd'or,

Tu peux

voir,vierge encor,maintcourtilenjachère

Aux

couleurs d'un portrait préférer letrésor

De

tesvivantssemisetdetapépinière.

La

vie,aveugle

Ami,

seulepeutréparer Lesbrèchesdelavie,et

ma plume

écolière,

Humble

stylet

du Temps,

nesaurait célébrer

Le

fondsni les dehors detasplendeur entière.

Perds-toipour tetrouver,

mon

artisteindolent.

Tu

vivras, buriné par tonpropretalent!

(39)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XVII

Dans

lestempsà venir,quidonc croira

mes

vers

Même

éclairés

du

hautfanaldeton mérite?

Eux

qui,DieusaitIne sontquesépulcres déserts Vidés de cettevieoùtabeautépalpite!

Si jesavaistes

yeux

écrireetleursplendeur, Etd'une grâce égaleenluminertagrâce,

Nos neveux

sediraient : aIInousment, cechanteur, Dieu jamais ànos fronts perlepareille enchâsse!»

Alors,

mes

chersfeuillets,parl'âgetoutjaunis.

On

les mépriserait

comme une bonne

vieille

Quiditlongmais peuvrai;tonjuste éclat terni Seraitd'unvieux conteurlatrompeusemerveille.

Songe quesitesfilsrenforçaient

mes

concerts,

Doublement

tuvivraiseneux

comme

en

mes

vers!

29 Shakespeare.

(40)

XVIII

Comment

tecomparer

aux

matins del'Été?

Ta

grâceestplusaimableetton

humeur

plus douce

Son

ventrude abolitlebourgeonvelouté,

Et de trop prèsl'Hiver letalonneetlepousse.

Souventl'orde sonteînt setacheetse ternit Etlefeu deson'oeilsouvent brûleetdessèche;

Hier francetrieur,àpeines'ilsourit

Aujourd'hui, tantlesortchangeantle rendrevêche.

Maistoi,pointneverrasseflétrirtonprintemps Nisefanerjamaistesbeautés immortelles;

Voyant

croîtreen

mes

verstesbourgeonséclatants

La Mort

doits'avouer sa défaiteétemelle.

Tantquevivrale'monde,etl'amouretl'envie.

Vivrontces vers, etces vers-làdonnentlavie!

(41)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XIX

O Temps,

rong-e aulion sesonglesacérés, Pousse laTerre à dévorersaproprerace; Briseautigre cruel sescrocs desanglustrés; Surl'orgueilleux phénixde cent ans,fais

main

basse.

Qu'enl'œilpurdes saisons,les rires et les pleurs Passent

quand

passe, ô

Temps,

tagrandeailerapide;

Chasse de l'universles parfumsetlesfleurs :

Soit,maisje tedéfendscrime derégicide !

Pointnelaboureras le Irontde

mon ami

; Pointnelerayeras deta

plume

alouvie;

Tu

laisseras intactet toujours raffermi Ce

moule

debeauté renaissanteetdevie!

Frappeà ton gré,Vieillard,épuise tarancœur:

Mon Amour

par

mes

vers sera toujoursvainqueurî

3i

(42)

XX

La

Naturet'apeint

un

visage

mignard

De femme,

ôtoi,

mon

maîtreet

ma

maîtresseaimée:

Un cœur

de

femme

aussi,mais inapteau grand art

Des

mobiles

humeurs

de

mensonge embrumées

;

Un

œil plus

lumineux

etsansémois trompeurs, Etquidorel'objetqu'ilbaigne de sesflammes;

Pour lacouleur,

homme

tues,roides couleurs,

Roi

quisaisravir

l'homme

etfascinerlafemme.

Femme

au premierprojetde Nature entravail, S'éprenantde son œuvre,elletevoulut prince:

Elle t'enlèveàmoi,t'ornantd'unmâleémail, Etle trait,quiparfaitsonchef-d'œuvre, m'évince.

Puisqu'ellet'a

moulé

pourleplaisirdes femmes,

De

ton

amour

j'ailalumière,elles lesflammes.

(43)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXI

La Mase

qui

m'émeut

n'a riende cette

Muse

Qu'aiguillonnent

aux

versd'illusoires attraits:

Pour

azurer sesdieux,il n'estcielqu'ellen'use;

De

tousles hérosmortsle siengardelestraits.

Fièredel'accouplerausoleil,àlalune, Elleentassepourlui lesperlesdelamer, Les fraîchesfleurs d'avrilet les raresfortunes

Que

deson

dôme

inmienseenclôt l'orbe des airs.

Sincèreen

mon

amour, oh! que

ma

voixsincère

En

toichante

un ami

belautantquel'enfant Quiritau seinlaiteuxque décache

une mère

;

Mais

moins

qu'uncierged'ordanslecieltriomphant.

Qu'ilchante, ce chanteurqui de sesvers s'enivre:

Il convientde flatter ce qu'on

vend

à lalivre.

'3'^

(44)

XXII

En mon

miroir

comment

lirai-je

ma

vieillesse

Tant

que JeunesseetToivousserezfrère et

sœur

? Mais,

quand

le

Temps

tecreuserade sa tristesse,

Mes yeux

verront

ma

vieenproieau ravisseur.

La

beautéradieuse.

Ami,

quit'Illumine Est aussile

manteau

visiblede

mon

coeur.

Car situvisen

moi

j'habiteenta poitrine.

Et,situvaincsle

Temps,

jeseraison vainquem*.

Pour

tegarderà

mon

amour,veille toi-même.

Comme,

enton

nom

chéri, je veilleaussi surmoi;

Vois,jeberceton

cœur

sur

mon

souci qui t'aime.

Comme un

fils desonlait,la nourrice enémoi.

Mon cœur

navré,letienconnaîtra l'agonie:

Tu me

donnas

un cœur

qui pointnese renie.

(45)

ESSAI

D U\E INTERPRETATION

XXIII

Gomme un

acteur novice, inhabile ausuccès, Perdlefilde sonrôleenentrant surlascène;

Comme un

fauveirritédontlarageenexcès Affaiblitdans son

cœur

laforcede sahaine;

Ainsi,pauvre ensang-froid,jenepuis célébrer Le cérémonialparfait del'àmeintime:

Souslefardeau trop lourdjesens l'esquifsombrer Et

mon amour

tropfortdanssaforces'abîme.

Hérautlier et

muet

de

mon cœur

éloquent,

Que mon

livreteparleenfidèleinterprète!

Mieux

quecertaineardeur d'un discours plus ardent,(i) Qu'ilplaidel'amoureuxobjetde sa requête!

Entends ce quet'écrit

Tamour

silencieux:

C'estd'un

amour

subtild'entendreavec les yeux.

(i)Lessollicitationsdontl'ami estdéjàenbutte delapartde

maîtresse.

35

(46)

XXIV

Mon

œil,jouantaupeintre,afixéradieuse

Ta

beauté surla toile

immense

de

mon

cœur, Et

mon

corpsestle cadre

l'âme ingénieuse Traçalaperspectiveenartistevainqueur.

Au

travers de

ma

chair amollieetfondue, Voista fidèle

image

issirdesonémail,

Aux murs

de

ma

poitrineà jamais suspendue:

Lecristaldetes

yeux

en forme levitrail.

Mystérieuxbienfaitqu'entr'échangentnos

yeux

!

Lesmiensont peinttestraits,lestienssont lesfenêtres

Du

palaisde

mon cœur

parqui,

du

hautdes cieux.

Lesoleil

amoureux

descend pourse repaître.

Ah

!sil'œilpossédaitcepouvoirscrutateur!

Maisilpeintce qu'ilvoitsansconnaîtrelescœurs.

(47)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXV

Laissons touslesheureux queleurétoileenchante Se targuerdeleurrangetd'honneurs peudiscrets; LeSort

me

refusant cesclameurs triomphantes, Ignoré,jejouisde

mon

lieur en secret.

Au

grandsoleil,

comme un

souci,sonjusteemblème, Lefavorid'un prince étend sesfeuillesd'or;

Mais,au

moindre

nuage, ilcrispe son

cœur

blême Ettrouveensafaveurlaruineet lamort.

Avec

deuil, lehéros

fameux

decentvictoires Voit,au premieréchecdesonbrasaffaibli,

Tous

sesexploitssabrés

du

livredelagloire Ettous sesdurs travaux descendre dans l'oubli.

Aimant

autant qu'aimé,j'ai, moi, l'heur ineffable

De

riverl'immuableau

cœur

de l'immuable.

àlhakcspearc.

(48)

XXVI

Seigneur de

mon

amour,taroyale accolade Enchaîna

mon

devoir àtondroitsuzerain:

En

ces vers,ton vassal t'envoie

une

ambassade,

Humble hommage

d'espritàl'honneur souverain;

Honneur

sigrand, que

mon

esprit,pauvre en parure,

Va manquer du

pourpointdes

mots

etsembler

nu

; Maisj'escompte l'accueilde tarichenature Où,toutnus,

mes

pensers serontlesbienvenus.

Puis,l'astrebienfaisantqui pointe

mon

aiguille Par son doux ascendantsurtonpôleaimanté Vêtiradevelours

mon amour

enguenille Pourqu'il soitdigne,

Ami,

detesaimes bontés.

Alors,je te crierail'amour quejete porteî

Cesoir,

humble

et sans voix,jem'assieds soustaporte.

(49)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXVII

Accablé defatigue,aulitje

me

retire, Asilereposant

du vagabond

lassé;

Maisjereprends

ma

routeen

ma

tèteendélire Et

mon

esprits'épuiseen

mon

corps harassé.

Alors

mon âme

enpeine erre versta

demeure

Et versloi s'achemineen pèlerin dévot:

Klle lient

mes

cilslourdsouverts aufildel'heure

l'^tje fixe la nuit,nuit des

yeux

toujours clos;

Ma

vueimaginaireet

mes

regards sansvue Font rayonnertonombre,

ctincelantjoyau, Agrafé dans lecrêpe épaisetlourd des nues,

Qui rend lanuit plusjeuneetsongranddeuilplus beau.

I.ejour,sans nul repos

mon

corpspour

moi

se lasse,

i'.t,lanuit, c'estpourtoi(\xie luon ccrurse harasse.

39

(50)

XXVIII

Comment

porter

un

frontqu'aucune

ombre

n'assiège

Quand on

estsi longtempssevré detout repos,

Quand

lelourdi^oids

du

jourjamaislanuitn'allège, Et qu'àcesjourslesnuitsajoutent leursfardeaux?

Ces Pouvoirs ennemis signentunealliance Ets'étreignentles

mains

pour triompher demoi, L'un par son dur labeur,l'autre parlasouffrance

Que

m'inflige

un

labeur qui m'éloignedetoi.

Pourl'attendrir,je disau Jourtes millegrâces Etquetul'éclairas

quand

le ciell'assojîibril :

Pour

le flatterje disauSoirqu'aux brunsespaces,

Tous

les astres éteints, turedores la nuit.

Ainsi,chaque journéeallonge

ma

torture

Etcliaqur nuit ronictau vii'l'âpre blessure.

(51)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXTX

En

disgrâce avectous, les

hommes

etles dieux, Tout seulparfois pleurant

ma

fortuneproscrite.

Et jetant

mes

Aains cris à l'orbesourd des cieux, Jevois ce quejesuis et

ma

tâchemaudite.

Jevoudrais ressembler

aux

richesenespoir, Posséderleursamisetleurs traitspleinsdegrâce; J'envieàl'unsonart, àl'autreson pouvoir:

Cequi

me

plaîtle plus alorsle plus

me

lasse.

Pom'tant, dansces pensers d'universel mépris,

S'ilsetourne verstoi,

mon cœur

chante Noël!

A

l'aube,l'alouette,ainsi, des

chaumes

gris.

Monte

ets'envachanter à laporte

du

ciel!

L'appelde ton

amour

m'est parfaitréconfort :

Je

me

rirais d'être

monarque

ausceptred'or.

4i

(52)

XXX

Quand

je fais comparoirles images passées

Au

tribunal

muet

dessonges recueillis, Jesoupireaudéfaut des défuntes pensées,

Pleurantde

nouveaux

pleurslesjours troj)tôtcueillis.

Des

larmes oublieux,

mon

œilalors senoie

Pour

lesamiscelésdanslanuitde lamort,

Rouvre

ledeuildel'amourmorteet s'apitoie

Au

réveil sépulcraldes intimesremords.

Je souffre

au

dur retour des torturessouffertes, Je compted'un doigt las,dedouleuren douleur.

Letotalaccablant des blessures rouvertes Etj'acquitteà

nouveau ma

dettede malheur.

Mais alorssi

mon

àme, Ami, verstoi se lève.

Tout

mon

orseretrouve ettout

mon

deuils'achève.

(53)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXXI

Ton

seins'estenrichi des

amours

abolies

Que

l'absenceruine aussi bienque lamort:

Lesamitiés,quejecroyais ensevelies,

Y

sontavecl'Amour ettout sonchertrésor.

Que

depieuxsanglotsetde larmesfunèbres, Quelle rente payaitl'amourreligieux

Que

jevouais

aux

morts perdus dans lesténèbres Etretrouvésvivantsdans le ciel detes

yeux

!

Tu

eslemausoléeoù

mes amours

passées Suspendentles drapeaux deleur gloire aulinceul:

Chacune

t'alivré sa part de

ma

pensée Et

mon amour

total estacquis à toiseul.

Lestraits quej'adorais seprennentàrenaître.

Et toiqui lesastouspossèdestout

mon

être!

43

(54)

XXXII

Sijamais, survivantaujourtrèssatisfait,

laMortm'enfouit, la gueuse, souslaterre,

Tu

viens à retrouvercesjaunissantsfeuillets,

Ces pauvres méchants versd'un

amour

éphémère,

Compare-les

aux

vers

mieux

travaillés

du

jour:

Chaque nouveau

chanteur couvrantleur harmonie.

Sinon pour leursaccords, lis-lespour leuramour, Toutdépassés qu'ils soientpar deplushautsgénies.

Daignealorsm'accorderce

mot

affectueux:

« Volantencorle volmontantcViine décade,

Sa Muse

laidonnaitunfilsplusfastueux Etplusdigne d'ornerune illustrepléiade.

Comme

l'arta grandides poètesdujour, Jeliseuxpour leur styleet luipour son amour.»

(55)

XXXIII

BIEN

desmatinsj'ai

vu

la gloiredel'aurore

Caresserles

sommets

desesregardsroyaux, Safaced'orbaiser lepré vert quisedore, Et, célestealchimiste,empourprerles ruisseaux;

Puis,tout-à-coup,laisserleplusvildes nuages Chevaucher,

ombre

abjecte,

au

cielpur de son front,

Au monde abandonné

cacherson clairvisage, Et, furtive,enl'ouestenfouir cet affront.

Un

matin, toutainsi,le soleilde

mon àme Triomphant

etsplendide illumina

mes

cieux;

Hélas, unp heure après semouraitcette

flamme

Souslepoids étouffant d'un

masque

nébuleux.

J'aimeet suissans dédain : oui,

mon

soleilsecache.

Mais lesoleil

du

ciel n'estpas

non

plus sans tache.

45 Shnia'sprarc.

S.

(56)

xxxiy

Ah!

pourquoi

me

promettre

une

bellejournée, Et

me

laisser sortir sansl'abrid'unmanteau,

Pour

en

chemin

permettre

aux brumes

acharnées D'obscurcirta clartéd'unténébreux rideau?

Vois : ilnesuffît jîas quetupercesla

nue

Pour

sécherl'eau

du

ciel qui vient battre ton front:

Comment

bénir la

main

sur

mes maux

étendue

Qui

guéritla douleur,mais sansguérirl'affront?

Tesregretsnesauraientrefermer

ma

blessure.

Tu

terepens,c'estvrai;maisje souffretoujours;

Pour

qui geintsous lacroixd'une intimetorture, Le

remords

du coupableest

un

faiblesecours.

Oui; maistespleursd'amoursont perles précieuses, Richissime rançondesheuresdouloureuses.

(57)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXXV

Ne

pleureplus,

Ami,

siu*tafautepassée :

La

fontaine a saboueet larose asondard,

Comme

le fiersoleil, la luneestéclipsée Etlechancrehideux

mord

le

bourgeon

mignard.

Tout

homme

estcriminel etjelesuis

moi-même, De mes

comparaisonsautorisanttes torts;

Je

me

corrompsàteverser ce frais

baptême

Quiporteàles péchés confusces réconforts.

Au

crime detessens,c'est

moi

quitrouve

un

sens, Qui change enavocattonplusrude adversaire, Et,plaidantcontre moi,

me condamne aux

dépens

La

guerreest telleentre l'amour et la colère.

Qu'en cesdiscordscivils,je suispourlevoleur, L'ameret

doux

bandit qui m'apillé

mon

cœur.

(58)

Ainsije porterai

mes

stigmates hideux

Seul, sanstonaide, aiinqueseullescoups

me

visent.

Ilsont,nos

deux

amoui's,la

même

dignité, Encor queséparésdevolontés fatales Qui, sans changer enrienleuraimanteunité, Dépouillentleurbonlieur des minutesvitales.

Ilnem'est pluspermis deteconnaîtreaujour,

De

peur que

mon

péchénetesoit

une

honte;

Cesseenpublic aussi d'honorer tonamour.

Que

cet

honneur

nesoitpourta gloire

un

njécompte.

Ne

lefaisplus: c'est

mon

désir expiatoire:

Toutton êtreétantmien,

mienne

estaussita gloire.

(59)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XXXVII

Un

père prendplaisir, anémié parl'âge,

A

voirsonlils bondir sous leflux

du

sang fort; Ainsi,renduhroiteuxparle Sortetsa rage, Je puise en tavigueur

mon

pluscher réconfort.

L'esprit et labeauté,le rangetl'opulence,

Tous

ces dons, anoblis deservirsous taloi, Siégeant, coiu-onnésd'or, aufrontdetapuissance.

Jegrefi'e

mon amour

au tronc del'arbre-roi.

Dès

lors,je

marche

droit,j'airang, force etrichesse Et ton sang vigoureux m'infuse

une

vigueur Qui vientde tous tesbiens enrichir

ma

détresse Et fairesur

ma

nuit rayonnerta splendeur.

Poui" toi, le

don suprême

estle

don

queje

veux

:

Mais tul'as! etje suisaufaîte de

mes vœux.

49

(60)

XXXVIII

De

touteinvention

ma Muse

estdispensée Tant quevivral'Amiquiverse à

mon

esprit

Le suave

argument

desahautepensée, Inaccessible

au

vol des vulgaires écrits.

Donne-toi lemercideta reconnaissance

S'ilreste de

mes

vers rien quivaille

un

regard;

Connaît-onle

muet

quin'ait de l'éloquence

Quand

sur luitu répands lesflots sacrésdel'art?

Soisladixième Muse,

Ami,

dixfois plustendre

Que

les

Neuf

d'autrefois,chères

aux

ménestrels, Et

donne

àtonpoèteaimé, pourle défendre

Des embûches du Temps,

les

nombres

éternels.

Si

mon humble

vers plaîtàcesjours curieux,

A moi

lapeine, àtoi lelaurier glorieux!

(61)

ESSAI

D UXE INTERPRETATION

XXXIX

Comment

ai-je le front de chantertavaleur Puisquetues,

Ami,

lemeilleurde

moi-même?

Au

feulefeujamaisn'ajoutadechaleur Etje glanelegrain qu'àta gloire je sème.

Fût-cepour cela seul,nous vivronsséparés, Etnos

deux

fleursd'amourdélaisserontleiu*tige; Alorsje tepaierai

mes

éloges dorés,

Légitimetributque ton mérite exige.

Absence,ô quelstourments tu

nous

ferais soufiErir, Sitonloisir

amer

n'offraitla douceivresse

De

l'amourqu'on rappelle au

cœur

pour lefleurir Etpourledécevoir d'unevainecai-esse;

Etsitun'enseignais àdoublerl'être aimé,

Qui,bien qu'absent,paraît, parnos chantsexhumé.

(62)

Aucun

sincèreamour, cher

Amour,

ne s'ajoute

A mon amour

total,fleuvesans aflluent.

Sipar

amour

pour

moi

tu

me

prends

mon

Aimée, Jenepuisteblâmerd'user de

mon amour;

Mais,situ te trahis,que tachairsoitblâmée

De

goûtermalgrétoicecaprice d'unjour.

Ton

larcin,

doux

Voleur,

ma

pitiéle pardonne

Au méchant

ravisseurde tout

mon

pauvre avoir;

Et pourtantl'Amour sait

combien

plus

empoisonne

Le venin del'Amour quelaHaine

au

lielnoir.

Parlagrâcelascive,oùl'horreur

même

estbelle,

Tue un cœur

quetaloi saitn'êtrepasrebelle.

(63)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XLI

Tous ces

mignons

péchésque

commet

lecaprice

Quand

je

me

trouve absentdeton

cœur

oublieux Vontbien à tonprintemps,àta beauté complice, Carla tentationsuit tespas en tous lieux.

Êtresi tendre, c'estvouloir qu'onvousséduise;

Êtresibeau,c'estinviter

aux doux

assauts;

Quellilsde

femme

fuit

femme

qui lecourtise Et,pardédain, la forceàbrûlersesvaisseaux?

Hélas!ne pourrais-tu

me

laisser

ma

conquête Etgrondertajeunesse erranteet tabeauté

Dont

la fougueuse ardeurtejetteàdestempêtes

tudois déchirer à lafois

deux

traités:

Le sien,cartesattraits àteslèvresl'entraînent;

Le tien,cartes attraits à

me

tromper t'amènent.

53

(64)

XLII

Qu'EUe

soitàtoi,Will,n'estpastout

mon

chagrin, Et pourtantjel'aimaisd'un

cœur

tendreetfarouche;

Mais qu'EUetepossèdeestlepire destin Etlaperted'amour qui deplusprès

me

touche.

O mes

chersoffenseurs, je

veux

vous excuser!

Toi,situ l'aimestant,c'estparcequejel'aime;

C'estpar

amour

aussiqu'EUe a

pu

m'abuser

En

telaissant l'aimerpar

amour

de

moi-même.

Teperdre,c'est

un

gainpour

mon cœur amoureux;

La

perdre,c'est

un

gainpour ton

cœur

quis'enloue;

Si je lesperdstous deux,ilssetrouventtous deux, Ettous

deux

par

amour

sur cette croix

me

clouent.

Maisnous nefaisonsqu'un,ô flatterieextrême;

En

aimant

mon Ami

c'esttoujours

moi

qu'EUeaime.

(65)

XLIII

C'est

cpiand

mes yeux

sontclos qu'ilsregardentlemieux, Carilsnevoientaujour qu'objetsdontilsn'ont cure;

En

leurrêveendormiste contemplent

mes

yeux,

Feux

obscurs transperçant de leursfeux l'ombre obscure.

Toi dontle clairfantômeilluminalanuit, Quelleclartésplendide éblouirait lanue

Si tu voulais aujourmontrerton jour qui luit

Dans

l'ombreet te révèleà

mes

regardssansvue!

Oh

! si

mes

yeux,comblés detesrayons bénis.

Pouvaienttevoir surgirdans lalumière vive, Toiqui,danslanuitmorte,apporte

aux yeux

ternis Le fantômeimparfaitd'unejjeautélictive!

Quand

tun'y parais pas,lesjours

me

sont des nuits;

Maislesnuits sont des jours

quand

ton

ombre

m'ysuit.

55

(66)

XLIV

Si

ma

pesante chairétait toutePensée L'espace injurieux nesauraitTarrôter, Et, malgréla distance,elleseraitlancée Par son propredésir oùtu

veux

habiter.

En

foulant lesrochers des confinsdelaterre, Je serais prèsde toi, car d'unbond, sans effort,

La

Penséeafranchiles

montagnes

altières Sitôt qu'elleaconçulebut de sonessor.

De

n'êtrepas Penserlapensée assombrie

Me

tueen

me

rivant à

mon

logis lointain,

A ma

souffrantechair, de terre etd'eaupétrie, Quidoitsubirle

bon

vouloir

du Temps

hautain,

Sans jamaisrecevoirdeces

deux

éléments

Que

des pleurs,lourdstémoins d'un double enchaînement.

(67)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XLV

Lesautres,l'airléger, lel'eui)uriliant,

Verstoivolent toujours, où que

mon

êtrevive;

L'un estPensersubtil, l'autre Désir fuyant.

Esprits omniprésents, miracles d'aile activeI

Quand

ces vifsélémentspartentdansles hauteiu's,

En

mission d'amour,versl'Amiqui m'oublie,

Mon

être,

abandonné

desesdeuxsauveteurs.

Sombre

au fonddela

mort

sous samélancolie.

Ilretrouvela vieen retrouvantles deux Rapides messagers queton

cœur

lui renvoie:

Ilsviennentd'arriver,

me

fontleconteheureux

De

l'heureuse santéqui

me

combledejoie!

Joyeux enchantementqui par troppeusubsiste, Carje lelesrenvoie etredeviens tout triste...

57

(68)

XL VI

Et

mon

œil et

mon cœur

sonten luttemortelle Pour partagerle cherbutin detes regards:

L'œilveutau

cœur

cacherle profil qu'ilcisèle,

Le

cœur

ravir àl'œill'usagedesapart.

Mon cœur

prétendqu'enlui tufixas tademeure, Coffretque neforçajamaisœil déloyal;

Mais l'accusésoutientque ce n'est qu'unleurre Et qu'enluitupeigniston visageroyal.

Pourjuger ceprocès,convoquantlesPensées, Tenanciers de

mon

cœur,j'en formailejury

Dont

leverdictfixa lesparts controversées Et de l'œillumineuxet

du cœur

attendri.

Et

mon

œil eutpourparttaforme et lacouleur, Et

mon cœur

eutrinlime amitié de toncœur.

(69)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XLVII

Une

ligueentrel'œil et le

cœur

estformée, Pour échanger en paixdesbienfaits mutuels:

La

vueest-elle enpleurs, d'unregardaffamée?

Le

cœur

étouffe-t-iide sessoupirs cruels?

Mon

œil,quiserepaitdeta faceenluipeinte,

A

ce festind'azurin\'itel'amoureux;

Tantôt, àsespensersd'amour,le

cœur

sans feinte

Donne

à

mes yeux

leur part,en hôte généreux.

Soitgrâce à

mon amour

ougrâce à tapeinture, Absent,tum'esprésentàtoutehem*e

du

jour:

C'esten vain quetufuis,

mes

pensers tecapturent Et,gardantsesgardiens,jegarde

mon

amour.

S'ilstombent au sommeil, l'Astrepeintde

mes

cieux Réveillepour

ma

joie et

mon cœur

et

mes

yeux.

^9

(70)

XLVIII

J'aiprislesoinde mettre,enpartanten voyage,

Mes

plus

menus

bijouxsous detrès forts verroux;

En un

repos tranquilleilssont,pour

mon

usage, Sauvés des ravisseurspardes gardiens jaloux.

Toi,prèsdequi

joyaux

nesontquebagatelles, Toi,

suprême

délice et

suprême

douleur.

Toi,lepluscher souci qui toujours

me

harcèle.

Toi,jete laisseen proie

aux

plus abjects voleurs!

Toi,pointnet'enfermai dans aucuns de

mes

coffres, Sauf enceluiqui,sans t'avoir, te tientpourtant, Letiède et

doux

coffret que

ma

poitrinet'offre,

D'oùtusorsàtaguise,entouslieux,entous temps.

J'aipeurqu'encetécrin

même

tu ne soispris:

L'Honneurfai^.Je larronpourravir

un

tel prix!

(71)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

XLIX

Contreletemps,s'il doit venir, où

mes

défauts

En

toine trouverontqu'unsourcilleux comptable, Où, voulant arrêterladépense etle taux,

Tu

les contrôlerasd'un œil impitoyable;

Contreletemps, où lerayon detes clairs

yeux

A

peine saluera

ma

lio^ureétrangère.

tonamour, changée en son contraire odieux, Alléguera raisons deconvenance

amère

;

Contre ce temps,je

veux

déjà

me

retrancher

Dans

lepauvrerappelde

mon

faible mérite.

Etje veuxcontre

moi

dèsmaintenantmarcher Pour tegarder le droitdont tacauseprolite.

Toi,pour m'ahandonner, peux invoquer les lois;

Pour t'aimer, jene puis trouver de raison,moi'.

6l Shakespeare.

4

(72)

Je traîneen route

un cœur

pesant

comme un plomb

vil

Et

quand mon

lent effortà l'aubergem'amène,

Mon

gémissantrepos soupire à

mon

exil :

'« Loindel'Ami, chaque millefranchi t'entraîne!»

Accablé de

mon

deuil,

mon

chevaldouloureux

Succombe pesamment

sous

ma

lourdetristesse:

Un

sympathiqueinstinct

murmure

au

malheureux

Qu'enm'éloignantdetoij'abhorrela vitesse.

L'éperonque

ma

rage enfonce danssesflancs

De

son sangles rougit sans pressersonallure;

Etlepauvre y répond de sourds gémissements Plus déchirantspour

moi

que pourlui sa blessure;

Carcegémissementrappelleà

ma

misère Qu'enavantest

ma

peineet

ma

joieenarrièrel

(73)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

LI

Voici

comment

l'amourpeutpardonner l'offense

De

cepaslentetlanguissant,

quand

jem'envais :

Gomment

fuiraugalopl'attraitdetaprésence?

Qu'ai-je,enpartant,besoin deposteetderelais?

Mais,auretour,

comment

t'absoudre,ôpauvrebête,

Quand

l'éclair leplusvifsemble toujourstrop lent,

Quand

j'éperonne en vainles lianesdelatempête, Et

me

sensimmobile en sonvolaffolant!

Iln'estpointdecheval dontlacourse dépasse

La

course

du

Désirné de l'amourparfait:

Idéal,ilhennitetdévorel'espace

Par

amour

excusant

ma

rosseetsonméfait:

« Piiisqii'en quittantl'Ami, tu

marchas

à ta guise,

Garde

tonamble égal: moi,

f

ai Caile des brises! »

63

(74)

LII

Jeressemble àce riche,auquel saclefbénie Verselavolupté d'unsuavetrésor,

^

Suprême

bien qu'avecprudenceil sedénie

Pour

n'enpas émousserl'exquisaiguillon d'or.

Lesl'êtes ontgardéleurgrandeursolennelle, Grâceauretourdiscretdeleurvolcoutumier, Pareilles àcesfeuxespacés quiruissellent

Dès

rubis souverainsd'un opulent collier.

Le temps,qui loinde

moi

vous garde,est

ma

cassette Etlecoffreoùsecache

un manteau

d'apparat, Orgueilemprisonné qu'on étale etqu'onfête

En

desjourséclatantspour endorerlYclat.

Bénisois-tu,joyau dontle hautprix embrase Qui te cherche d'espoir,qui t'atrouvé d'extase!

(75)

un

DE

quel limonsubtil fùtes-vousdonc pétri,

Vous

qu'escortent partout des visions sans

nombre;

Tout

homme

n'aqu'une

ombre

etvous,grandfavori, Quin'êtes qu'unpourtant, prêtez àtout votreombre.

Que

l'onpeigneAdonis,sapeinteroyauté N'estdevostraits

royaux

que lapâle copie; Qu'on mette aufrontd'Hélène

un

astredebeauté.

Etc'estvousquerevêtlepéplos d'Olympie!

Qu'on parle

du

Printemps, del'Automnefécond, L'unn'estquele fantôme obscurde votre flamme, L'autreal'orgénéreux devotre

cœur

profond, Et chaqueêtrebéninousreflètevotre

àme

I

Vous

possédez de toute grâceune parcelle,

Vous

seul avez,sousle soleil, le

cœur

iidèleî

65 Hhalu'fipcare.

4-

(76)

LIV

Oh

!

combien

labeauténousapparaît plus belle

Quand

pour pur

ornement

elleala vérité.

Lepénétrant

parfum

quelaroserecèle Embellit ànos

yeux

sa grâceetsabeauté.

Sans parfum,l'églantineala

même

richesse

Que

lapourpre

embaumée

au

cœur

plissédesroses, Et

même

feuilleet

même

fleur et

même

ivresse

Quand, aux

soufflesdeJuin, sesboutonssedéclosent.

Maispourseulevertu n'ayantquel'apparence.

Elle vitsans

amant

etsansrespect s'endort;

Toutentièreellemeurt.Les roses,pureessence.

Font

un

exquis

parfum

deleursexquisesmorts!

Ainsi doitse faner larose deta vie;

Maiston vraicœur,jele distilleenpoésieI

(77)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

LV

Ni le

marbre

augrain dur, ni l'ordesmausolées

Royaux

nesurvi^Tontà

mes

sonnets puissants:

Leslettres de ton

nom y

brillerontcoulées

En un

métalsauvédes souilluresdutemps.

L'ouragan delaguerre a briséles statues, Le

brandon

del'émeuteabrîilé lescités,

Mais le feuquidétruit, nile glaive qui tue Jamais n'entameront ton immortalité.

En

dépitdelamort,del'oubli,delahaine,

Calme

tumarcheras,etton

nom

résistant Passera tout entier

aux

mortels qui s'enchaînent Poui"

mener

l'universjusqu'àlalindes temps.

Oui! tute dresseras àsonappel suprême;

Maisjusque-là vivras en

un monde

quit'aime.

(78)

Qui,

du

pain d'aujourd'huipleinementassouvie.

Retrouvera

demain

sesaiguillons puissants.

Tes grands

yeux

alouvis,

doux

amour, rassasie Etclos-lessouslefaixdesfestinsendormants;

Maisn'enétouffepointlatendre frénésie Souslatorpeur sanslindes assoupissements.

Que

notretristeexil soit

comme un

large fleuve

Qui

séparelariveoù viennent chaquejour

Deux

jeunesfiancés:auréolé d'épreuve.

Plus béni sourirale

moment du

retour!

Notreexil estencorl'hiver

sombre

et

morose

Qui

donne un

triple

charme

à lasaisondesroses.

(79)

ESSAI

D UNE INTERPRETATION

LVII

Qu'ai-jeautrechose à faire,

humble

etsoumis esclave, Qu'àguetterle capriceailédevos désirs?

Levaisseau de

mes

jours sansvous u'estqu'uneépave Et

mon

serviceestvains'iln'estvotrejjlaisii'.

Etjen'osegronderlesheuresmortifères Silentes àvous rendre àmoi,

mon

souverain;

Ni trouver l'absence acre à

mes

lèvres amères

Quand

vous

abandonnez

leserfà son chagrin.

Etjen'osedarder aubutde vos voyages Le doute empoisonné de

mon

souci jaloux;

Jenepense,ligedans

mon

triste servage, Qu'àce

bonheur

lointainqui chevaucheavec vous.

L'amourestfou:le

mien

àcepointvousrévère Qu'en vosactesobscursilnevoitquekunière.

<^0

(80)

LVIII

Il

me

défend,le dieu qui

me

fitvotrelige,

De

peserenespritletemps devosloisirs,

De demander

raison desheuresqui m'affligent, Moi,levassalsoumisà votre

bon

plaisir.

Sur

un

signedevous, puissé-jeenpatience, Moi, leféalcaptifdevotreliberté.

Souffrir,apprivoisé,laprisondel'absence Sanstrouver

un

griefcontre votrebonté!

Suivezdoncvotre

humeur

d'aprèsleprivilège

Que

vous

donne

lacharte

vousêtesabsous

De

toutcequi vousplaît:assez ilvousprotège

Pour

vous pardonner

môme un

crimecontre vous.

Jedois attendre, alors qu'attendreest

un

enfer.

Sansvousblâmer deces plaisirs,bons oupervers.

(81)

LIX

S'il

n'estrien de nouveau,si toutestrenaissance,

Nos

cerveaux entravail,dupésetcondamnés.

Portent,

comme un

fruit

mort

conçu danslasouffrance, L'illusoirefardeau d'un enfant déjàné.

Que

jevoudrais voirenl'histoireauclairmirage

Qui

réfléchitlecoursdecentlustrespassés.

Tous

lesanciensportraits oùvécut votre image Depuisl'âgeoùl'esprit ensignes s'esttracé!

Lors,jepourrais savoir

comment

lalyreantique Chantalemerveilleux accord devotreface;

Si nous

sommes

lesrois,silesAnciens abdiquent,

Ou

si letemps en

marche

alaissé

l'homme

en place.

Maisà des dieux

moins beaux

lesharpesenallées Égrenaientletribut deleursstrophesailées!

71

(82)

LX

Lesflotss'en vont mourir

aux

rives caillouteuses;

Nos

minutes,

comme

eux, se hâtent versleurfin :

L'une glisseaprèsl'autre ensacourseonduleuse

-

Charge de combattantsqui roule à sondestin!

L'homme émerge

en ce

monde,

océan delumière,

Rampe

au midi doré quicouronne sonfront.

Combat

lecroissantnoir d'éclipsés meurtrières Etle

Temps

qui

donna

ruine toussesdons!

Ilsaitférir le cimierd'orde lajeunesse, Creuseraufront

du Beau

parallèlesde mort.

Serepaîtreenpillarddes suprêmesrichesses:

Rien ne résisteauferdesafaulx sansremords.

Au

cieldel'avenir,malgré sa

main

cruelle,

Ta

gloireavec

mes

vers s'envole à tired'aile!

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