R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
D. C OLLOMBIER
Plans d’expériences et amélioration de la qualité industrielle. Une alternative à la méthode Taguchi
Revue de statistique appliquée, tome 40, n
o2 (1992), p. 31-43
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_1992__40_2_31_0>
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PLANS D’EXPÉRIENCES ET AMÉLIORATION
DE LA QUALITÉ INDUSTRIELLE
une
alternative à la méthode Taguchi
D. COLLOMBIER Université de Pau
Laboratoire de
Mathématiques appliquées,
U.R.A. 1204 C.N.R.S.RÉSUMÉ
Nous proposons une alternative à la méthode
Taguchi
pour l’amélioration de laqualité
des
produits
industriels et desprocédés
de fabrication. Cette alternative utilise destechniques statistiques
connues :ajustement
etexploration
d’une surface deréponse,
transformation normalisant les résidus et stabilisant leur variance dans un modèle linéaire. Nous utilisonsun
exemple
pourprésenter
cette méthode et pour la comparer à la méthodeTaguchi.
Mots-clés : Plans
d’expériences,
Contrôlequalité,
Amélioration de laqualité, Surfaces
deréponses, Transformations
normalisantes et stabilisantes.1. Introduction
Depuis quelques
années le contrôle de laqualité
industrielle connait enAmérique
du nord et enEurope
une évolutionprofonde
et brutale due enpartie
àl’emploi
d’outilsstatistiques
peu utilisésauparavant
dans ce domaine d’activité : lesplans d’expériences.
On a de ce bouleversement diverstémoignages :
des ouvragesou articles
paraissent régulièrement,
deslogiciels spécialisés
sontdéveloppés
etmis en vente, des
stages
de formation et descolloques
sur cesujet
sontorganisés fréquemment.
En fait ces
publications
et manifestations sont pour laplupart
limitées à laprésentation,
lacritique
ou à desexemples
d’utilisation de la méthodeTaguchi.
Cette
méthode, qui porte
le nom duqualiticien japonais qui
l’aintroduite,
vise essentiellement unobjectif.
Ils’agit
de rendre lesproduits fabriqués
en sérierobustes contre les effets de sources de bruit : fluctuations des
caractéristiques
des matières
premières
ou desperformances
descomposants, imperfections
de lafabrication,
variations de l’environnement lors de laproduction
ou del’emploi,
vieillissement du
produit...
Pour y
parvenir Taguchi
propose de recourir en cours dedéveloppement
auxoutils
statistiques
de laplanification expérimentale,
c’est-à-direquand
sont fixéesles
caractéristiques
duproduit
et duprocédé
de fabrication(ce
que lesingénieurs
appellent
lesparamètres
defabrication),
mais ces outils sont aussi utilisables pour améliorer unprocédé
existant.Dans ces conditions il est
fréquent qu’on puisse
contrôler certaines sourcesde bruit. Dans ce cas on traite ces sources comme des facteurs -
appelés facteurs
de bruit - pour
planifier
lesexpériences.
Ainsi on fixe des niveaux pour chacun de ces facteurs et on construit leplan
par croisement des facteurs de bruit avec lesfacteurs
defabrication.
Lesdispositifs expérimentaux
utilisés sont engénéral
du
type
fractions deplan
factorielrégulières
ouorthogonales
avecrépétitions.
Les résultats des
expériences
sontanalysées
selon unprotocole précis
décrit dans diversespublications (cf.
Kackar[1985], Logothetis
etWynn [1989],
le numéro37(2) [1989]
de la Revue deStatistique appliquée).
La méthode
Taguchi
estjugée
peu efficace par laplupart
des statisticiens intéressés. Deplus,
elle ne tientcompte
d’aucunprogrès
réalisé dansl’emploi
des
plans d’expériences depuis
1950(ajustement
etexploration
des surfaces deréponses,
identification des effetssignificatifs
dans lesplans factoriels,
transforma- tions desréponses,
étude des variancesrésiduelles, emploi
de modèles linéairesgénéralisés).
Aussi certains auteurs ont-ilsproposés
des améliorations de cetteméthode, cf.
Nair etPregibon[1986], Box[1988]
entre autres.Par
ailleurs,
d’autres méthodes ont été introduitesrécemment, cf.
Box et Jones[1990], Shoemaker,
Tsui et Wu[1989].
Ces alternatives à la méthodeTaguchi reposent
surl’ajustement
etl’exploration
de fontions deréponse dépendant
desfacteurs non seulement de fabrication mais aussi de bruit.
Dans tous les cas
l’objectif
visé est le même et l’amélioration de laqualité
est obtenue par identification des interactions
impliquant
un facteur de fabrication et un facteur(ou source)
de bruit au moins. C’est tout d’abord dans la manière dont ces interactions sont formellementprises
encompte
dans les modèles que la méthodeTaguchi
et ses améliorations diffèrent des alternativesproposées.
Dans cet article nous utilisons un
exemple simple
pour introduire une alternative à la méthodeTaguchi
pourl’analyse
des résultats. Nousprésentons
tout d’abord cet
exemple.
Nousl’analysons
ensuite en utilisant la méthodeTaguchi puis
l’alternative que nous proposons.2.
Exemple
L’exemple
utilisé ici est connu. Il a servi d’illustration aux remarques faites parPignatiello
etRamberg [1985]
sur la méthodeTaguchi
suite à l’article deprésentation
de Kackar[ 1985] .
Il a faitl’objet
d’autresanalyses
à l’occasion de l’étude de diversestechniques
de traitement desdonnées,
entre autresl’analyse
deseffets de
dispersion
parplans factoriels,
cf. Nair etPregibon[ 1988].
Nous le reprenons ici par commodité.
L’objet
de cette étude est, eneffet,
facile àcomprendre
et lesanalyses
antérieures nouspermettent d’abréger
certainsdéveloppements.
Il
s’agit
d’améliorer unprocédé
decintrage
de ressorts à lames servant à lasuspension
de camions. Les lames sont chauffées dans un fourpuis
cintrées souspresse, enfin refroidies dans un bain d’huile. On souhaite obtenir des ressorts dont la flèche hors
charge
soit ausiproche
quepossible
de huit pouces. Pour yparvenir
on
envisage d’agir
surquatre
facteurs de fabrication tousquantitatifs :
Facteurs de fabrication Niveaux B :
température
du four ° FC : durée du
chauffage
sec.D : durée du transfert
four-presse
sec.E :
temps
sous presse sec.en
supposant
que les interactions d’ordre 1 entre les facteursB,
C et Dpeuvent
exister mais que les autres interactions sontnégligeables.
Dans cette étude on afixé deux niveaux pour ces
quatre
facteurs.Le
système
de refroidissement du bain d’huile est difficile à contrôler en coursde fabrication mais il
peut
l’être lorsd’essais,
on traite donc cette source de bruitcomme un facteur de bruit à deux niveaux
repérés
par desplages
detempérature
du bain d’huile.
Facteur de bruit Niveaux
- +
O :
température
de refroidissement °F 130-150 150-170 Leplan d’expériences
est construit parproduit
de deuxcomposantes :
1) s’agissant
des facteurs defabrication,
une fractionrégulière
deplan
factoriel
24
définie par la relation 1=BCDE,
2) s’agissant
des sources debruit,
unplan
à unfacteur, 0,
à 2 niveauxrépétés
chacun 3 fois pour
prendre
encompte
l’effet des sources de bruit non contrôlées.Le
plan comporte
donc(16/2)
x(2
x3) =
48 unitésexpérimentales.
Lesflèches observées mesurées en pouces sont données dans le tableau ci-dessous.
3. Méthode
Taguchi
Soient Y la
réponse
aléatoire observée(la
flèche horscharge
pourl’exemple
ci-dessus),
X
(resp. Z)
le vecteur aléatoire des niveaux des facteurs de fabrication(resp.
de
bruit)
et x une réalisation de X.Notons D le domaine de variation des facteurs de fabrication.
Supposons
Yliée
stochastiquement
à X et Z.On souhaite ici se
rapprocher
leplus possible
d’une valeur cible fixée notée t. Considérons alors la fonction aléatoire deperte (Y - t)2
et notonsR(x) l’espérance
conditionnelle de cette fonction sachant que X = x.Désignons
parjj( x) l’espérance
conditionnelle de Y et paru 2 (X)
sa variance conditionnelle sachant que X = x. Soitennn 03BE(x) = o,(x)lp(x)
le coefficient de variation conditionnel.Dans la méthode
Taguchi
on suppose que :1 ) ç(x)
nedépend
que d’unepartie,
xi, descomposantes de x,
c’est-à-dire de certains facteurs de fabrication :les facteurs de dispersion,
2) jj( x) dépend
éventuellement de facteurs dedispersion
maiségalement
d’autres facteurs
(de fabrication),
ditsd’ajustement. Désignons
par X2 les niveaux des facteursd’ajustement quand
X = x.Comme
l’amélioration de la
qualité
est obtenue en deuxétapes :
1 )
on détermine les niveaux à donner aux facteurs dedispersion
pour réduire03BE(x1)
surD,
2)
on utilise les facteursd’ajustement
pour amener laréponse
moyenne03BC(x1,x2)
à la valeur cible.Remarque.
Le faitque ç dépende
des facteurs dedispersion
résulte de l’existence d’interactions entre ces facteurs et les sources de bruit.En fait
J1(x), 03C3(x)
et donc03BE(x)
d’unepart,
les facteurs dedispersion
etd’ajustement
d’autrepart
sont inconnus. Aussi utilise-t-on unplan expérimental
pour estimer
espérance
et coefficient de variation conditionnels(ou
bien le rapportsignal-bruit : -20log10 |03BE(x)|)
en certainspoints
de D. Pour cefaire,
on utilise les facteurs de bruit pour fixer les conditions d’observation de Y paréchantillonnage systématique.
On identifie ensuite les facteurs dedispersion
etd’ajustement.
Puis ondétermine les niveaux des facteurs de
dispersion susceptibles
d’améliorer laqualité
en utilisant la
procédure
en deuxétapes
ci-dessus. Desexpériences complémentaires
sont enfin menées pour confirmer
qu’il
y a bien amélioration de laqualité.
On trouvera dans les ouvrages de
Taguchi [ 1986], Logothetis
etWynn [ 1989]
ou de Dehnad
[ 1989] (où
l’article de Kackar[ 1985]
estrepublié)
des détails sur la manière de construire lesplans
et d’identifier facteurs dedispersion
etd’ajustement,
ainsi que des
exemples.
Pour
l’exemple
ci-dessus on estimeJ1( x) puis
lerapport signal-bruit
pour chacun des éléments de la fraction24-1
construite en utilisant les facteurs de fabrication. Pour cela on calcule moyenne et carré moyen des écarts à la moyenne pourchaque ligne
du tableau des observations de la flèche horscharge.
On
dispose
ainsi de 8 réalisations de deux variablesaléatoires,
notées Y etSN,
que nousanalysons
au moyen de modèlescomportant
8paramètres :
l’effetmoyen, les effets
simples
des facteursB, C, D,
E et les interactionsBC,
CD et BD. Ces modèles sont donc saturés maisorthogonaux.
Pour identifier les facteurs de
dispersion
etd’ajustement
nous utilisons latechnique
introduite par Daniel[ 1976].
Nousreprésentons
les estimations moindres carrés des effetssimples
et d’interaction surpapier Gausso-arithmétique ;
ces nestimations,
ordonnées par valeurscroissantes,
nous donnent les abcisses despoints
de ce
graphique;
l’ordonnée du ièmepoint
est iciégale
ài / (n
+1).
Remarque.
Cetype
degraphique
est fondé sur les mêmesprincipes
queceux utilisés dans le tracé des droites de
Henry
pourpetits
échantillons(cf.
normeAFNOR
X06-050).
Les aléasanalysés
sontsupposés
suivre ici des lois normales.Sous
hypothèse
de nullité des effetssimples
et d’interaction les estimateurs de cesparamètres
sont assimilés à un échantillonsimple
etindépendant
d’une même variable normale. On trace donc une droitepassant
au milieu despoints
dugraphique.
Si unpoint
est manifestementéloigné
de cette droite l’effetqu’il représente
estjugé significatif.
A l’examen du
graphique représentant
les estimations des effetssimples
etd’interaction dans
l’analyse
desrapports signal-bruit
ilapparait
que seulC,
la durée duchauffage,
est un facteur dedispersion.
Remarque.
Pourl’analyse
de cerapport signal-bruit Pignatiello
etRamberg procèdent,
comme conseillé parTaguchi,
paragrégation
des carrés moyens les moinssignicatifs
pour l’estimation de la variancerésiduelle, puis
par utilisation du test de Fisher.Or,
cettetechnique
a un défaut bien connu : les niveaux effectifs des tests sontbeaucoup plus
élevés quesouhaité, cf.
Box[1988, 11-12].
Ils endéduisent que non seulement l’effet
simple
de C mais aussi l’interaction CD sontsignificatifs
et retiennent donc C et D comme facteurs dedispersion.
En fait l’interaction CD
peut
êtrejugée
ici nonsignificative
comme leconfirme une
analyse beaucoup plus précise
fondée sur d’autres estimations des effets dedispersion, cf.
Nair etPregibon [1988].
S’agissant
des facteursd’ajustement,
l’examen dugraphique
obtenu àpartir
des
réponses
moyennespermet
d’identifier B et Epuisque
seuls les effetssimples
de ces deux facteurs et du facteur de
dispersion
Capparaissent significatifs.
Ainsi,
dans le but de réduire laperte
moyenneR(x),
onpeut envisager
fixerla durée du
chauffage
à 23 secondes pour réduire sur D ladispersion
de laréponse,
mesurée ici par
03BE(x).
Onpeut
ensuiteagir
sur latempérature
du four ou/et letemps
sous presse pour amener, en moyenne, la flèche du ressort à la valeur cible.
4. Alternative à la méthode
Taguchi
Divers
aspects
de la méthodeTaguchi
donnent lieu àcritiques.
Pourl’analyse
des résultats ces
critiques portent
enparticulier
sur les deuxpoints
suivants.1) S’agissant
de l’identification des facteursd’ajustement
on utilise des estimations moindres carrésordinaires,
c’est-à-dire nonpondérés,
tout ensupposant
que la variance résiduelle n’est pas constante sur D.
GRAPHIQUE
1Identification des facteurs
dedispersion
GRAPHIQUE
2Identification des facteurs d’ajustement
2)
Les interactions entre facteurs de fabrication d’une part et facteurs de bruit d’autrepart n’apparaissent
pasexplicitement
dans les modèles bienqu’elles jouent
un rôle essentiel pour améliorer la
qualité.
L’alternative que nous
envisageons
ici remédie à ces défauts. Elle utilise essentiellement deuxtechniques statistiques
bien connues : les transformations normalisant les résidus et stabilisant leur variance dans les modèleslinéaires, cf.
Box et Cox
[1964], l’ajustement
etl’exploration
d’une surface deréponse, cf.
Boxet
Draper [1987]
parexemple.
Soient
Y (x, z, k), k
=1,
..., r, les aléas observéslorsque
X - x etZ = z. Pour
analyser
ces observations nous utilisons deux modèles linéairesqui
font intervenir comme
paramètres
les effetssimples
de tous les facteurs contrôlés et desinteractions,
enparticulier celles,
d’ordre1, qui impliquent
un facteur defabrication et un facteur de bruit.
Ces deux modèles sont emboités : le second
comporte
tout oupartie
desparamètres
dupremier.
NotonsXl
etX2
les matrices de ces deux modèleslinéaires ;
on a donc Im
X2 C
ImXi.
Remarque.
A la différence de la méthodeTaguchi,
tous les facteurscontrôlés,
facteurs de fabrication aussi bien que debruit,
interviennent dans ces modèles.Le
premier
modèle sert àjuger
de lapertinence
d’une transformation des donnéessusceptible
de normaliser le terme d’erreur et de stabiliser sa variance.Considérons par
exemple
les transformations introduites par Box et Cox[1964],
c’est-à-dire :On
peut
utiliser la méthode du maximum de vraisemblance pour estimer leparamètre À
et construire un intervalle de confianceapproximatif.
Si la valeur À = 1 estcomprise
dans cet intervalle une transformation des donnéespeut
êtrejugée superflue.
Cependant, lorsque,
pour(x, z) fixé,
ondispose
d’observationsrépétées
de laréponse,
onpeut
pousserl’analyse plus
loin. Pour Afixé,
onpeut,
eneffet, analyser
les effets de
dispersion
des divers facteurs contrôlés en utilisant commeréponses
les
logarithmes
des sommes de carrés d’écarts :où
T03BB[Y(x, z)] désigne
la moyenne desT).[Y(x, z, k)],
pour(x, z)
fixé.Chacun des
couples (x, z) représentant
une conditionexpérimentale
fournitl’une de ces sommes
qui,
à un facteur constantprès,
suitapproximativement
uneloi de Chi-deux à r -1
degrés
de liberté. Aussi est-ce le vecteur deslogarithmes
deces sommes de carrés d’écarts que nous
analysons
au moyen d’un modèle linéairequi comporte
les mêmesparamètres
que le modèleci-dessus, cf.
Box[1988],
Nairet
Pregibon [1988].
Si
l’analyse
en échelle initiale(A
=1)
révèle des effets dedispersion
et sices effets
n’apparaissent plus lorsqu’on
recourt à la transformation deparamètre À (ou
à une valeur de Àproche
deA),
alors il est clairqu’il
estpréférable
detransformer les données.
Le second modèle linéaire nous sert à
analyser
le vecteurTa
desT[03BB[Y(x,
z,k)],
avec À
= À
ou 1 selon que l’on transforme ou non les données. Plusprécisement
nous supposons :
TA N(X203B2, 0’21).
Nous estimons les éléments de03B2
par moin- dres carrés ordinaires et0’2
parprojection
deTÀ
surl’orthogonal
à ImX2
dans ImXi. (Nous
tenons ainsicompte
du fait que laprojection
deTÀ
sur ImX~1
sert àl’estimation de À par maximum de
vraisemblance.)
L’exploration
de la surface deréponse
ainsi obtenue permet deprédire
desconditions
(impliquant
les seuls facteurs defabrication) susceptibles
d’améliorer laqualité.
Onpeut,
parexemple,
utiliser uneprocédure analogue
à celle utilisée dans la méthodeTaguchi.
Soit
f (x, z)
la loi deréponse.
Considérons la fonction deperte
Posons où
en
intégrant
sur le domaine de variation des facteurs de bruit.Supposons
ques(x) dépende
de certains facteurs defabrication, appelés
denouveau facteurs de
dispersion,
et quem(x) dépende
éventuellement de facteurs dedispersion
maiségalement
d’autres facteurs ditsd’ajustement.
L’amélioration de laqualité
est obtenue en deuxétapes
enprocédant
comme dans la méthodeTaguchi. Pratiquement
on utilisel’ajustement
obtenu au moyen du second modèlecomme loi de
réponse.
Ce sont alors les interactionssignificatives
entre facteur defabrication et facteur de bruit
qui permettent
d’identifier les facteurs dedispersion.
D’autres méthodes
peuvent
êtreemployées
pour améliorer laqualité,
parexemple
celleproposée
par Box et Jones[1990].
Onpeut
aussi utiliser des infor- mationscomplémentaires apportées
parl’ajustement,
parexemple
des intervalles deprédiction
de laréponse.
Revenons à notre
exemple.
Les facteurs contrôlés :B, C, D,
E et 0 sont à 2 niveaux et leplan d’expériences
est la fractionrégulière
définie par la relation11= BCDE
répétée
3 fois. Ilcomporte
donc 16 x 3 unités.Pour le
premier
modèle supposons toutes les interactionsnégligeables
hormisBC, BD, CD, BO, CO, DO, EO, BCO, BDO,
CDO.Ajoutons
à cesparamètres
l’effet moyen et les effetssimples
des facteurs. Le modèlecomporte
ainsi 16paramètres.
Pour estimer Aprocédons
commeindiqué
par Box etDraper [1987, §8.4] (cf. graphique 3). Représentons graphiquement
lelogarithme
de lavraisemblance sous
l’hypothèse TÀL N(X103B2,03C32I)
et prenons pour estimation de À l’entier leplus proche
de la valeur pourlaquelle
cette fonction passe par unmaximum. Sur le même
graphique précisons
un intervalle de confianceapproximatif
de
sécurité 03B3 (limites
-9.3 et 4.2 pour ’Y -95%).
La valeur À = 1figure
dans cet
intervalle,
àpremière
vue une transformation des données ne semble pasindispensable.
Cependant,
comme leplan
utilisé est une fractionrépétée
3fois,
nous pouvonsprocéder
à uneanalyse
des effets dedispersion,
commeindiqué
ci-dessus. En échelle initiale l’examen des effets des facteurs par diversesvoies,
enparticulier graphique,
laisse penser que le facteur Bpeut
avoir un effet dedispersion.
Parcontre, si nous transformons les données en utilisant À =
-3, proche
deÀ,
et si nous utilisons de nouveau la
technique
de Daniel[1976]
pourreprésenter graphiquement
les estimations des effets dedispersion,
lespoints représentatifs
sont à peu
près alignés (cf. graphique 4).
Aucun des effets dedispersion
desdivers facteurs
(effets simples
ouinteractions)
neparait significatif.
Il semble doncpréférable
de transformer les données.Remarque.
Pour traiter ces données nous avons utilisé lelogiciel
GLIM.Celui-ci trace le
graphe
dulogarithme
de la vraisemblancemultipliée par -2.
C’estce
type
degraphique qui
est donné ici. L’estimation maximum de vraisemblanceest la valeur de À pour
laquelle
la fonctionreprésentée
passe par un minimum.Quant
aux limites deconfiance,
elles sont calculées commeindiqué
par Box et Cox[1964].
Pour définir le second modèle faisons
l’ hypothèse
que les interactions d’ordre 2qui figurent
commeparamètres
dupremier
modèle(à
savoirBCO,
BDOet
CDO)
sontnégligeables.
Troisdegrés
de liberté sont ainsidégagés
pour l’estimation de la variance résiduelle. Nous donnons ci-dessous les estimations desparamètres,
les carrés moyens associés et lesstatistiques
des tests de Fisherobtenues
lorsqu’on
suppose nuls lesparamètres
un par un. Les valeurscritiques
sont données par les fractiles de la loi de Fisher à 1 et 3 d.d.l.. On a donc pour les niveaux de test
10%,
5% et 1% comme valeurscritiques : 5.54,
10.13 et 34.11respectivement.
GRAPHIQUE
3Estimation du
paramètre
de latransformation
GRAPHIQUE
4Effets
dedispersion après transformation
Considérons en outre les deux
hypothèses
nulles suivantes.Ces
hypothèses
sontacceptables
avec un niveau de test de 10% ou moins.La
première hypothèse permet
d’aboutir aux mêmes conclusions que celles obtenues par la méthodeTaguchi :
facteur dedispersion : C,
facteursd’ajustement :
B et E. La
dispersion,
mesurée ici parS(x)2,
devrait être réduite en fixant la durée duchauffage
à 23 secondes. Par ailleurstempérature
du four et/ou durée sous presse devraientpermettre
d’amener laréponse
moyenne à la valeur cible. Encore faut-il que desexpériences complémentaires
confirment que laqualité
est ainsi améliorée.La deuxième
hypothèse
nulleconduit, quant
àelle,
à retenir comme seul facteurd’ajustement : E,
la durée sous presse, et comme facteurs dedispersion :
B et
C, température
et durée duchauffage,
à fixerrespectivement
à 1880°F et23 secondes pour réduire
s(x)
sur D. Les conditions d’amélioration de laqualité
sont donc cohérentes avec celles obtenues au moyen de la
première hypothèse
nulle.Par contre, à la différence de la méthode
Taguchi,
latempérature
dechauffage apparait
ici comme un facteur dedispersion plutôt
qued’ajustement.
Remarque.
On obtient des résultatsanalogues
en échelle initiale.Le
plan d’expériences
utilisé ici est insuffisant pourpermettre
uneexploitation plus
efficace de laméthode,
c’est-à-dire mieuxpréciser
les niveaux à donner aux facteursd’ajustement
et dedispersion
pour améliorer laqualité
parexploration
d’une surface de
réponse
décrite par un modèlepolynomial
d’ordre 2 ouplus.
A cette fin il aurait été
préférable
d’utiliser parexemple
unplan classique
pourl’ajustement
des surfaces deréponse
d’ordre2,
ou bien un desplans proposés
par Jones
[1990] (voir également
Box et Jones[1990]).
Cecipouvait
se faire sanscoût
supplémentaire puisque
notre méthoden’exige
pasqu’il
y aitrépétition
desconditions
expérimentales.
Cette alternative à la méthode
Taguchi appelle plusieurs
remarques en conclusion.1)
Elle n’est utilisable que si certaines sources de bruitpeuvent
être contrôlées par l’intermédiaire de facteurs de bruit.2)
Elle faitappel
à destechniques statistiques
usuelles pourl’ajustement
d’une surface de
réponse.
Tous les outilsd’analyse
et deplanification
utilisés à cette fin sontapplicables
avec efficacitépuisqu’on
a recours, si besoin est, à une transformation normalisant les résidus et en stabilisant la variance.3)
Les interactions facteur de fabrication x facteur de bruitapparaissent
ex-plicitement
dans les modèles. Leur identificationapporte
des informationsprécises
sur certaines sources de bruit.
4)
Il n’est pasindispensable
dedisposer
d’observationsrépétées
de laréponse
pour chacune des
expériences,
on peut donc utiliser lesplans
introduits par Jones[1990]. Cependant,
s’il y arépétitions,
uneanalyse
des effets dedispersion permet
demieux juger
del’opportunité
d’une transformation des données.5)
On peutexplorer
de diverses manières la surface deréponse
dans le but d’améliorer laqualité,
avecemploi explicite
ou non de fonctions deperte.
Onpeut
en
particulier
recourir à uneprocédure
en deuxétapes analogue
à celle utilisée dans la méthodeTaguchi,
mais icil’analyse
estplus précise puisque
l’identification des facteurs dedispersion
résulte de l’examen des estimations desparamètres
d’interaction du second modèle.
Cette méthode est donc
plus souple
que la méthodeTaguchi
et permet une meilleureinterprétation
desphénomènes
étudiés.Références
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