• Aucun résultat trouvé

Éditions des Sables Genève, 2019

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Éditions des Sables Genève, 2019"

Copied!
62
0
0

Texte intégral

(1)
(2)
(3)

Sans miel sans fiel

(4)

Couverture : illustration de l’auteure

© Éditions des Sables Genève, 2019

Chemin des Mollex 1, CH-1258 Perly [email protected]

www.ed-des-sables.ch ISBN 978-2-940530-70-0

(5)

Gabriella Baggiolini

Sans miel sans fiel

Poèmes

Éditions des Sables

(6)

Avec le soutien de la Société des Écrivains Valaisans

(7)

Le pas ailé

Glaneuse au panier percé Je sais le point de fuite Son liseré d’ombre En creux

La nuée de mes fables Les paumes ouvertes En vain

Est-ce tard ? Ou trop tôt ?

Inlassablement pourtant

Je sillonne le champ des utopies Jusqu’aux confins

Le cœur léger

Au murmure du destin Je me laisse porter Le pas ailé

Tenant le fil ténu de l’inattendu Le présent mon âge d’or

(8)

8

Nomade

À la maraude je suis partie vers un conte à ciel ouvert

de petites fugues en chemins de traverse exploratrice sans boussole ni bagage d’un royaume inconnu

J’improvise mes pas

Je m’accorde un désordre nomade et aussi l’attente

ces ferments créateurs

Dans les limbes de l’imaginaire des pulsions primitives

des geysers des volcans

Quelle jubilation à fouiller mon verger astre dédié à des pépites inédites !

(9)

Terre brûlée

Coup de lune songe creux La nuit fracasse mes remparts Curieux des mondes invisibles l’œil se veut lynx

s’égare et grave un halo d’argent alentour Je souscris à la raison des dieux

jeteurs de sorts et de grêle dans les broussailles du cœur Terre brûlée à la divine comédie des baisers et des larmes

ma demeure étincelle réduite à rien ouverte offerte

à d’autres abîmes

(10)

10

Epiphanie

Moucheron épinglé sur la trame des jours Le pouvoir d’illusion parti à la dérive

Entr’ouvert le leporello de ma vie Il en est tombé

poussière de rêves fariboles et chimères

Mais qu’importe le tohu-bohu des chants ravagés ?

Déjà je m’affaire à produire rimes et traînées de joie À réenchanter ce monde où tous les rois sont nus qui attendent une épiphanie

(11)

Belle endormie

Aridité – léthargie ? Où sont mes ailes ? La source peut-être tarie ? Blanc vertige

« Plonge à cœur Creuse plus à vif »

Répond le souffle de mes déserts L’œuvre est sous-jacente

Emblème de renouveau

Gelée royale qui fermente dans mes déchirures Belle endormie d’où jaillira le Verbe

Mon eau vive

(12)

12

Force brute

Onde de choc Errance souterraine La poussée de la sève fébrile impérieuse

Force brute à fleur de peau

Longtemps abandonnée à ses mutilations la croûte terrestre se fissure

s’écartèle implose

Fragile liturgie de germes offerts sans retenue aux frimas aux corneilles

Le printemps

on le pressent on le respire Triomphe et verve

(13)

Colin-maillard

Que sont mes fortins mes remparts devenus ? Fétus de paille

Litière de feuilles mortes

rongée par la mélancolie du vieillir Au seuil du crépuscule

de l’outre-noir

je renâcle pourtant aux inventaires ce fourre-tout hérissé de regrets

À d’autres la terre infertile des renoncements Je veux retomber en enfance

Repartir à sauts et à gambades Vers l’aube de l’insouciance À colin-maillard

Je veux jouer avec les tourments Jusqu’à en perdre le fil

(14)

14

Dégel

En mal de primevères le regard supplie les champs ces morts-vivants

Sous ma botte impatiente

une musique d’éponge salie au dégel Le tourbillon des passereaux

sonne l’alerte

La nature est en quête de truculence de brises sensuelles

Et l’œil d’imaginer déjà le saule pleureur

m’éclabousser de son or

(15)

De grâce

Donnez-moi des creux et des bosses des hauteurs béantes

des mirages

Racontez-moi les mille et une folies qu’il me reste à accomplir

Prêtez-moi des plumes de canard pour migrer au bout de l’empyrée Que le poivre de l’inconnu Le miel des secrets bien gardés exaltent mes sens

Que mes victoires intimes se tressent de lauriers roses De grâce ensoleillez mes chagrins Suie de l’âme

Que tout mon être

se couvre du plumetis des myosotis Inventez-moi des pourquoi

Je les laisserai sans parce que

(16)

16

Nudité

Broderies en rose et blanc au bal des débutantes les fleurs de cerisier

Le nez en l’air au cœur du verger

je respire le murmure des mille et un pétales au teint de porcelaine

Tendresse téméraire offerte à tout vent leur nudité embaume mes peurs allume mes sens

Je danse avec les cieux

(17)

Contre-feu

Dans le filet de l’oiseleur Emprisonner les mots de fiel Les mots scorpions

Ces poisons majuscules

Les noyer dans mes eaux souterraines Bulles de savons

Doux éclats de sourire La force du verbe

Je la voudrais soleil levant Valse à dix mille temps Joyeux contre-feu La force du verbe

Pour magnifier le pain quotidien nos plaisirs minuscules

nos métamorphoses La force du verbe À voix basse À voix haute

Quand il se fait caresse Par la magie du verbe…

(18)

18

Enfance

Un goût de nèfles chair moelleuse

et peau craquante à la dent Goutte de miel sous la figue Pétoles de chèvre sur le chemin mon Eden

en socquettes blanches et tresses au vent Diamant brut des rémanences

à tailler et retailler quand vivifier l’héritage L’indocilité

la sensualité primordiale ces grâces de l’enfance

à défroisser avant la glaciation

(19)

Paresse

Senteur soleil L’ego a perdu le cap Disloqué dispersé Sous l’étouffoir de l’été Un fleuve impalpable sinue dans mes pensées Doux murmure fantomatique La raison aux oubliettes La paresse en ses méandres Voyage au creux du moi Volupté régressive Légèreté dansante La paresse

Milieu de nulle part d’où essaimer la magie de l’invisible qui chante

(20)

20

Hors-jeu

Douce amère

une bisbille d’ailes froissées entre les joncs nouveau-nés Le pas ralentit

les pensées hors-jeu

le regard libellule ne se pose pas À mes pieds nus

la douce morsure d’une eau vive sa charge incantatoire

Le sous-bois ma cathédrale

(21)

Bulle de savon

Mes îles de brume implacables geôlières de mon île de lumière Je le sais

J’y vais sans clé En file d’attente

Encore perdue dans mes méandres Je m’offre au chant des pinsons Le choral de leurs roulades boute la joie à mon élan Des oiseaux

enfants du paradis

j’apprends l’art de la fugue le bonheur bulle de savon la clé des champs

En contrepoint

Vers la lumière de mon île

(22)

22

Frère d’âme

Entre velours et soie un froufrou paresseux

Le fleuve n’est plus qu’un ruisseau son chant un murmure

Sous son manteau de plomb fondu le roi est presque nu

la sécheresse a dépecé sa superbe ses eaux cache-misère

en glissade vers leur bercail Le Rhône mon frère d’âme Contempler sa disgrâce sa beauté défaite

Voie royale de mon déclin

(23)

Prêtresse derviche

Tempête dans ma tête Comme une ombre qui passe Et s’incruste

Un ancien chagrin s’est rouvert Boomerang indésirable

de mes brasiers intimes Y plonger à fond de cale Touiller jusqu’à la lie

les questions les réponses du mal d’amour ce bel aveuglement

L’âme en rase-mottes

guette le moindre signe qui l’affranchira Prêtresse derviche

À nouveau maîtresse d’elle-même Un coquelicot

Un pépiement

La course des nuages…

La nature seule a ce pouvoir : réenchanter l’horizon

dégoupiller la joie en ma demeure rapiécée

(24)

24

Grêle

De glaives et d’épines la grêle

bûcher maudit où l’été vient mourir avant d’avoir vécu

Le ciel s’est brisé a caillassé mon jardin consumé ses fruits Silence ahuri de la nature sidérée Mon cœur en apnée

Odeur de faux qu’on aiguise

(25)

Adagio cantabile

Incursion en terre promise où vagabonde un faune aux courbes serpentines

Je le devine à son adagio cantabile à la fraîcheur soudain dispersée à ses parfums cristallins

Sous la futaie

Un ruisseau m’envoûte Lenteur et majesté

Ses frémissements imposent l’immobilité Les pensées font silence

Espiègle et libre d’attaches

L’eau vive me susurre sa noble vérité : l’impermanence

Une pause tendresse en offrande

(26)

26

Vif argent

Des oiseaux migrateurs la caravane passe

privant de ses éclats la moire des feuillages En un lieu très profond

la ronde des saisons m’électrise Ce matin déjà une écharpe de brume sa clarté ébouriffée

sa cadence fantomatique Alentour la sève s’ensommeille quand en moi s’ébrouent des lutins qui exigent du péril

Leur donnerai carte blanche pour enflammer mes crépuscules

rythmer mes pas sous le ciel de septembre ce vif argent

(27)

Cœur décousu

Les arbres en dentelles Noir contre-jour

Corps à corps avec le ciel de novembre taraudent la tristesse

tout au fond Un jour un matin

je saurai y planter les crocs l’exploser

l’évaporer

Volutes de liberté

dans le silence des oiseaux partis à jamais vers des contrées éblouissantes

me laissant esseulée cœur décousu éperdu de promesses

(28)

28

Fou du roi

Plus verte plus loin l’herbe d’ailleurs ?

Misère et splendeur de mes leurres Quand l’ennui me prend

des eaux tranquilles Quatre à quatre

grimper l’escalier à vis sans fin des désirs

Candide en mes vertiges Me percher au plus haut Cartographier l’horizon Là où les jeux ne sont pas faits Où l’écho du chaos scande l’urgence de donner sa chance au fou du roi en moi Où – infante du paradis –

Butiner des chefs-d’œuvre

(29)

Goulûment

Sans miel sans fiel Cœur empierré

dans le vacarme ambiant Ce n’est pas vivre

Au feu les peurs les regrets Ces bottes de plomb À moi les failles les accrocs Les fulgurances les bombances Goulûment

Capturer la couleur du ciel Ses pépites

Escalader le temps suspendu de la fange à l’azur

Je veux et j’exige

des fleurs aux balcons de nos prisons Cultiver le goût de la fable

de l’inachevé

Dessiner des envies – ces joyaux – Croquer le fiel comme le miel Rester vivante

(30)

30

Chant exorciste

Sous les feuilles mortes de mon roman noir

une cueillette sauvage en germination Puissance invaincue

de qui sait voir dans le brouillard une voie lactée

De fêlures en craquelures L’esprit fermente

Entonne un chant exorciste Part à la chasse au chagrin Et désentrave l’oiseau de liberté

(31)

L’absence

Rock ou baroque

Un cœur de chat sauvage Au bois dormant

Prisonnier volontaire Offert au chant des sirènes Mer déserte ciel étale L’absence

Pure présence en silence

Tour d’ivoire constellée d’attentes Dense pénombre

où l’imagination galope à contrevent Et tisonne la tendresse

En secret

(32)

32

Sans balisage

Quand implosent les pivoines Et que mûrissent les cerises L’heure est venue

d’ajouter une pierre à ma couronne

Guerre et paix gravées au poinçon du destin sur la mosaïque des ans

Chef-d’œuvre en devenir d’un cœur béant rétif à se laisser dompter

Ma vie sans balisage

Insatiable naïve en mon cocon de lune À saute-mouton vers l’inconnu

Paroles et prunelles au vent

Je lance ma couronne sans royaume aux nuages en cavale

(33)

Princesse rebelle

Champ contre-champ

Le cerveau funambule s’éparpille Voile ferlée devant une églantine Tendresse sainte-nitouche Aujourd’hui frêle broderie

Demain ronce toutes canines dehors À contempler sa fragilité

Mon trop-plein s’enfuit Songe d’hirondelle

Une petite fugue en apesanteur

Où toiser de très haut le manège des servitudes Où m’inventer – princesse rebelle –

un cœur de louve

(34)

34

S’arrimer au vent

Sur une ligne de faille Tracer sa piste aux étoiles Sans viatique

Impavide

Capturer l’instant-clé de l’oiseau quittant le nid sa vaillance

sa constance aussi

pour conjurer l’épouvante Et s’arrimer au vent

complice des buissons ardents

(35)

Châteaux de sable

En eaux profondes Un fado erratique

Ronde sans épicentre de la mélancolie À l’étroit dans la partition

Toujours ce goût d’inachevé Ce corps-à-corps avec la Beauté Inaccessible

Nos ailes et nos carcans

Recto verso signent nos mises en scène Châteaux de sable déracinés

L’âge d’or en lambeaux

Quand bien même : la gourmandise la curiosité

la bravoure

l’émerveillement comme un appel d’air De la vie l’incessant surgissement

(36)

36

Un âge de perles

Sur la crête en solitaire

Humer la rumeur de la vie en soi Entre vagues et ressacs

S’aimer soi-même S’aimer quand même

Troquer son âge de plomb pour un âge de perles À d’autres abandonner la quête éperdue de l’équilibre ce non-sens

Sans domicile fixe dans les vents du large débander son cœur

L’incandescence en bandoulière La vie en roue libre

(37)

Colère

Nuit sans lune la colère

Galops tenus en laisse

d’un pur sang venu du fond des âges cliqueter sa rage

Sainte colère qui porte en creux des rêves piétinés Mêlant le feu et la glace Expulsion jubilatoire Gestes et cris d’insoumise Saine colère

(38)

38

Collier sans fil

Exsangues et vaporeuses Les chimères

Exil dans la nuit

Cœur blessé dans l’attente L’aube poindra

Blanche et molle Jour somnambule Gestes automates Collier sans fil qui roule ses perles à sens unique

vers un ailleurs improbable

(39)

Débandade

Comme au ralenti capturer l’abandon

libérer le silence du conte à ciel ouvert L’arrière-automne aux yeux bandés sa musique rapiécée

ses icônes dénudées

débandade à l’appel des couvre-feux Du paysage quelque chose échappe un soupir

un sortilège

De l’âge d’or à l’âge de glace la beauté chahute ses codes consent à l’austérité

offerte au baiser morsure du vent Et déjà ce parfum de brumes

(40)

40

Le vif de la chair

J’irai chanter sur vos tombes mes papillons noirs

J’en ferai des confettis des bulles de savon

des bouquets de printemps pour l’automne J’irai danser en silence

sur l’aile des libellules sur les tapis volants Mes chaînes ? Poussière de néant

J’irai lacérer la nuit de ma joie si neuve d’avoir ressurgi du puits des disgrâces J’irai planter des mots doux sur le terreau de mes vertiges J’irai vendanger les feux de l’amour Y mordrai le vif de la chair

jusqu’à plus soif ni faim Et rejaillira mon rire d’enfant

(41)

Parler aux pierres

Un rire de cendres au pied de la falaise Marbre des angoisses

Du cœur fermé chercher la faille Libérer le souffle

Ignorer la plainte des orages en puissance Ruser avec l’écho des soupirs échoués au plus près du chaos

Brûler les attaches

Dans la lumière du vivant enraciner la fleur à venir

Comme un enfant qui joue aux billes parler aux pierres

les entendre chanter Ferveur indomptée

(42)

42

Ébranlement

Sur la corde floche du subconscient des velléités tissées d’augures Distraitement l’air de rien dans le bac des souvenirs je farfouille

Tutus nez rouges et déguisements en surgissent

et le goût de la scène ce lieu d’ébranlement entre cour et jardin

À cœur joie renouer avec le théâtre Consentir à l’inconfort

à l’outrance

au caillou dans la chaussure Débusquer du tréfonds

les monstres les anges les démons ces autres moi-même

Jusqu’au point de bascule

(43)

Feu l’oiseau

Vert bleu noir l’œil voilé Une mésange morte sur le pas de ma porte Du bout du doigt

une caresse au froid velours et la morsure des questions

Feu l’oiseau quel est ton message ?

« Croquer la vie immédiate même abîmée désolée…

mais la vie ! » Feu l’oiseau

Ton silence étranglé dynamite ma peur Chant de métamorphose

Source d’une force insoupçonnée sur le chemin de crête

Une mésange bleue morte à mes pieds Lever de rideau sur une saison inconnue L’amour à son apogée

(44)

44

Ma couronne

Le divin enfant, c’est moi, là au sortir d’un noir solstice un raid en territoire ennemi entre les pinces d’un crabe brûleur de frontières

Sa défaite éclair a restitué ma couronne oubliée dans les plis du mal

Et me voit libre en mon royaume Dans mon berceau nouveau Retrouver le goût de l’instant l’impétuosité

la gourmandise la joie contagieuse En habit de lumière Retailler la robe des jours

(45)

Dans la friche

Au satin de ses lèvres un léger parfum dans le jardin d’hiver

l’orchidée mon maître à penser Fleur de cire candide

son immobilité carnassière sonne la charge :

« Dépose ton armure lâche le volant

perds-toi dans la friche Acquiesce enfin !

tourne-toi vers la lumière sens sourdre la sève joue, chante, danse, ris ! À ta part d’enfance renoue le fil

au baluchon de la tendresse »

(46)

46

À cloche-pied

En cavalcade dans les sous-bois de la conscience Un froufrou une éruption

Ni modèle ni soumise

La petite fille en moi défroisse sa voilure comme nouvelle

Jouer à la vie à cloche-pied par pur plaisir de puiser dans mon sac à malices

Sentir vaciller le socle des certitudes M’offrir l’anarchie

son ampleur romanesque Inspiration improvisation mes mantras pour une vie libre Un conte à ciel ouvert

(47)

Au bout des cils

De partout de nulle part

Les sentiers duveteux du voyage immobile La bride sur le cou

un vaisseau imaginaire chevauche les plus hautes cimes Éblouissantes caresses

Accrochés au mât

rubans et amulettes disloquent la peur Ni Bali ni Pérou au pays de mes merveilles La splendeur au bout des cils

le féérique esquif file au bout du monde À sens unique

il franchit le seuil de l’inconcevable jusqu’à la source de l’innocence contrée sans naufrages

(48)

48

Coup de grisou

La fièvre d’un regard

incendie les vieilles dentelles de la sérénité

Où l’ivraie ? Où le grain ?

Une félicité inconnue déploie ses ailes légère et court vêtue

Coup de grisou dans le ciel trop bleu de la tranquillité

Sens dessus dessous l’humus de la mémoire dynamite ses fossiles Une fois encore le printemps en hiver Coup de foudre

(49)

Au creuset de l’encens

Surgie de l’oubli Une joie m’étreint

par surprise au seuil d’une église Un goût de renouveau

infuse le capharnaüm de la mémoire Au creuset de l’encens un cocon se tisse en quête d’avenir

Et je me sens libre

d’enjamber les jardins des jours et des nuits d’avant les meurtrissures

Le corset des regrets se desserre la grappe des souvenirs se sublime Je suis neuve

(50)

50

Hydromel

Sous mes lèvres closes

son regard plantera des tournesols Ailleurs très loin

j’irai au fond des gouffres chanter son prénom de légende et célébrer ses pensées mauves J’emprisonnerai ses mains ailées dans la spirale de d’infini jusqu’au faîte du désir

À l’hydromel de nos échappées belles je m’enivrerai beauté nue

Dans le poids du secret

j’arrimerai mon âme à la sienne Et fleuriront nos tournesols

(51)

L’attente

Galops dans ma tête l’inquiétude me déchire l’espoir me recoud Silence de glace sur mes élans perdus Une si longue attente

comme une sève qui redescend qui se terre

tigresse à l’affût

(52)

52

Velours

Parties les oies sauvages vers une aube pourpre la saveur du ciel

s’effarouche encore de leurs ailes Quand la mémoire s’effrite au-dessus de la mêlée

je tends mes lèvres au regard velours miellée angélique enrobant de lumière mon endroit

mon envers

(53)

Haut vol

Jeu d’esquive Salut par l’exil

Hors de nos empires écroulés l’imaginaire sculpte sa voie jusqu’aux fissures du rêve D’un battement de cils

Incarner le songe d’une hirondelle Caresser des pelages nouveau-nés Attiser mille feux

Faire corps avec les temps les plus infimes les silences de haut vol

le parfum des nuées Perdre le cap S’enivrer de rien Une fois encore à l’impatience de vivre se laisser prendre

(54)

54

Sans retour

Dansez pavanes Chantez chaconnes Dans mon jardin endormi comme une jubilation d’eau vive éprise d’amour

Tant pis si les scénarios ralentissent et que s’éteignent les lanternes magiques la vie est là

qui n’attend pas D’écluse en écluse la rivière sans retour

me dévoile le pouvoir cosmique de la joie mon port d’attache

(55)

Sans foi ni loi

Les mots – mes mots J’irai les pêcher

dans les puits sans fond J’irai les cuisiner à grand feu avec des riens des plus ou moins J’irai les chanter sous la braise du gel nocturne et souverain

J’irai les plaquer à la falaise des sinécures avant qu’ils imposent

une logique sans foi ni loi Les mots – quels mots ? Du vent

(56)

56

Sang d’encre

Irréversible irrépressible

une voie où les mots vont à l’instinct dévoiler les naufrages de mes eaux douces les promesses de mes eaux troubles À la pêche aux perles

florilèges et imbroglios surnagent sans fard

Pris dans mes filets impérieux les mots pêle-mêle s’acoquinent en vers volatils

Œuvre au noir ou chant d’allégresse

L’écriture mon sang d’encre

(57)
(58)

Table des matières

Le pas ailé 7

Nomade 8

Terre brûlée 9

Epiphanie 10

Belle endormie 11

Force brute 12

Colin-maillard 13

Dégel 14

De grâce 15

Nudité 16

Contre-feu 17

Enfance 18

Paresse 19

Hors-jeu 20

Bulle de savon 21

Frère d’âme 22

Prêtresse derviche 23

Grêle 24

Adagio cantabile 25

Vif argent 26

Cœur décousu 27

Fou du roi 28

Goulûment 29

(59)

Chant exorciste 30

L’absence 31

Sans balisage 32

Princesse rebelle 33

S’arrimer au vent 34

Châteaux de sable 35

Un âge de perles 36

Colère 37

Collier sans fil 38

Débandade 39

Le vif de la chair 40

Parler aux pierres 41

Ébranlement 42

Feu l’oiseau 43

Ma couronne 44

Dans la friche 45

À cloche-pied 46

Au bout des cils 47

Coup de grisou 48

Au creuset de l’encens 49

Hydromel 50

L’attente 51

Velours 52

Haut vol 53

Sans retour 54

Sans foi ni loi 55

Sang d’encre 56

(60)

De la même auteure

Le loup qui aimait trop les moutons..., contes pour enfants, Éditions Amalthée, Nantes, 2017.

Dans l’escarcelle du vent, Éditions des Sables, Genève, 2018.

(61)
(62)

Achevé d’imprimer par Pulsio Print Communauté Européenne

en octobre 2019

Références

Documents relatifs

2 Pour cela il conviendra tout d’abord de revenir brièvement sur quelques aspects de ce ‹ malentendu › concernant les rapports entre chanson et poésie, en essayant d’analyser

Trouvez des ensembles d’entiers naturels strictement positifs, dont la somme des éléments est minimale et qui contiennent exactement k multiples de k dans les cas suivants :Q1 :

Les 4 tableaux ci-après donnent les entiers qui sont retenus dans chacun des cas avec un astérisque pour repérer les entiers divisibles par l’un des facteurs premiers 2 ou 3 ou 5 ou

Les analyses menées au sein du CIC, les recherches documentaires et les informations collectées auprès d’autres institutions et personnes ressources, m’ont permis de finaliser

Matériel collectif : Faire deux colonnes au tableau avec les images de la petite fille et en dessous le texte : quand elle jongle avec son matériel : elle n'ira pas à

Pour découvrir le monde Je ferai mes bagages Et je m'en irai. Après mon tour du monde

Nico souhaite recevoir un iPod pour son anniversaire.. Que se passe-t-il lorsque Nico essaie d’envoyer son émoji préféré ? Nico est aspiré à l’intérieur de l’iPod.

[r]