UPJV, Département EEA Master 2 3EA, EC53
UE optionnelle
Fabio MORBIDI, Mohammed CHADLI
Laboratoire MIS Équipes PR et COVE
{fabio.morbidi,mohammed.chadli}@u-picardie.fr
AU 2018-2019
Vendredi 8h30-12h30, Salle CURI 305 ou TP204
2
Introduction
Systèmes dynamiques multi-agents en réseau:
•
Modélisation de l’incertitude et fusion des mesures
•
Estimation distribuée
•
Diagnostic et surveillance distribués
Applications: réseaux de capteurs, réseaux de distribution électrique, objets et véhicules connectés, robots mobiles collaboratifs
IoT
CSAIL-MIT
3
Plan du cours
Chapitre 1: Modélisation de l’incertitude
1. Introduction
3. Incertitude d’un capteur 2. Représentation de l’erreur
4. Propagation d’incertitude
Chapitre 2: Traitement des mesures
1. Réseaux multi-capteurs 2. Fusion des mesures
Partie I : F. Morbidi
Chapitre 3: Estimation distribuée basée sur le consensus
1. Dynamic average consensus estimators
3. Filtre de Kalman distribué
2. Méthode des moindres carrés distribuée
4
• Introduction to Autonomous Mobile Robots, R. Siegwart, I.R. Nourbakhsh, D. Scaramuzza, MIT press, 2e éd., 2011 [Ch. 4]
Bibliographie
• Graph Theoretic Methods in Multiagent Networks, M. Mesbahi, M. Egerstedt, Princeton University Press, 2010 [Ch. 8]
• Estimation with Applications to Tracking and Navigation, Y. Bar-Shalom, X.R. Li, T. Kirubarajan, Wiley & Sons, 1re éd., 2001 [Ch. 5, 12]
• Optimal Control and Estimation, R.F. Stengel, Dover Publications, 1994 [Ch. 4], 24 €
5
• Diapos du cours
http://home.mis.u-picardie.fr/~fabio/Teaching_SDSM18-19.html
Bibliographie
6
Connaissances préalables …
On part de l'hypothèse que vous avez des bonnes connaissances de:
•
Algèbre linéaire (manipulation de vecteurs et de matrices)
•
Calcul différentiel (gradient, matrice jacobienne, etc.)
•
Calcul des probabilités et théorie de l’estimation (variables aléatoires, densités de probabilités, etc.)
•
Théorie des systèmes (équations différentielles ordinaires,
représentation d’état d’un système LTI à temps discret et à temps continu, protocole de consensus)
Note finale = 1 2
DS +
TP1 + TP2 + TP3 3
7
Ch. 1: Modélisation de l’incertitude
Introduction
Représentation de l’erreur
Incertitude d’un capteur
Propagation d’incertitude
Partie 2 Partie 3 Partie 1
Partie 4
8
•
Les mesures en provenance d’un capteur sont toujours entachées d’une certaine erreur
•
Il est nécessaire de représenter cette incertitude, de la propager et de la prendre en compte dans le processus en aval (par ex.
la localisation et planification de chemin d’un robot)
Introduction : modéliser l’incertain
9
Modéliser l’incertain : les objectifs
Objectifs
◦ Quantifier un degré de confiance dans une mesure
◦ Propager l’incertitude de chaque mesure sur l’état
◦ Évaluer l’adéquation modèle/mesure tenant compte de l’incertitude et quantifier un degré de confiance dans l’état estimé
◦ Modéliser l’incertain entachant les mesures et les combiner (fusionner)
Exemple: un robot se déplace dans un environnement connu muni d’un capteur de distance. Passe-t-il par une porte ?
Problème: Comment estimer la position du robot à chaque instant ? Avec quelle précision ?
robot porte
10
Exemple : radar de contrôle routier
Vitesse retenue = vitesse mesurée - marge technique Marge technique (écart type sur l’erreur de mesure de vitesse) :
•
radar fixe: 5 km/h pour des vitesses < 100 km/h et 5% pour des vitesses ≥ 100 km/h
•
radar utilisé en mouvement: 10 km/h pour des vitesses
< 100 km/h et 10% pour des vitesses ≥ 100 km/h
Les différents types d’erreur
• Erreurs systématiques (déterministes)
Une erreur systématique est soit constante (biais), soit à variation lente en fonction du temps (dérive)
Décalage entre la valeur vraie et la valeur mesurée
Exemples: erreur sur la valeur d’une grandeur de référence, erreur due à la surchauffe d’un appareil (par ex. une caméra)
• Erreurs aléatoires (accidentelles)
Exemples: bruit induit par une carte de numérisation, par un microphone, etc.
• Erreurs aberrantes
Écart énorme entre la vraie valeur et la valeur mesurée Exemple: erreur de mise en correspondance en vision
11
12
Rappel : la méthode des moindres carrés
Modèle théorique: Famille de fonctions d’une ou plusieurs variables muettes , indexées par un ou plusieurs paramètres inconnus
• La méthode des moindres carrés permet de sélectionner parmi ces fonctions celle qui reproduit (explique) le mieux les données expérimentales
• La méthode consiste en une prescription, qui est que la fonction qui décrit « le mieux » les données est celle qui minimise la somme quadratique des déviations des mesures aux prédictions de
x
(« least squares method » en anglais)
h ( x ; β )
h ( x ; β )
h ( x ; β ) β
y
i13
Rappel : la méthode des moindres carrés
: résidu du modèle ( est l’écart entre la mesure et la prédiction donnée par le modèle)
: mesure de la “distance” entre les données expérimentales et le modèle théorique qui prédit ces données
Si, par exemple, nous disposons de mesures les paramètres « optimaux » au sens de la méthode des
moindres carrés sont ceux qui minimisent la fonction de coût:
n
où
La prescription des moindres carrés commande que cette distance soit minimale, à savoir:
β
S ( β ) d
i( β )
h
i( x
i; β ) d
i( β )
β = arg min
β
S ( β ) S ( β ) =
n i=1d
2i( β ) =
n i=1( y
i− h
i( x
i; β ))
2y
iy
1, . . . , y
n14
Rappel : la méthode des moindres carrés
Si est linéaire, on parle de méthode des moindres carrés ordinaire (ou des moindres carrés linéaires). Le calcul du vecteur de paramètres optimal est direct dans ce cas
Mesures
h ( x ; β )
Exemple (1 variable muette):
β = [ a, b ]
TS ( a, b ) =
n i=1( y
i− ax
i− b )
2x y
y = ax + b β
h
i( x
i; a, b ) = ax
i+ b
15
Ch. 1: Modélisation de l’incertitude
Introduction
Représentation de l’erreur
Incertitude d’un capteur
Propagation d’incertitude
Partie 2 Partie 3 Partie 1
Partie 4
Représentation de l’erreur
1) Représentation par une distribution de probabilité
•
Une mesure = réalisation d’une variable aléatoire (v.a.)
•
En répétant plusieurs fois une mesure, on obtient des résultats plus ou moins différents, dont la répartition est aléatoire
Intérêt: facilité de manipulation (composition, comparaison, transformation de deux densités de probabilité)
Remarque: représentation par zone d’incertitude
Utilisation d’une distribution uniforme
16
U ( a, b )
U ( a, b )
0 a b
La représentation doit permettre de composer et de fusionner facilement les erreurs
1 b − a
x
Incertitude d’un capteur : l’exemple du sonar
Numéro de mesure Valeur
Objet Emetteur/
récepteur
Onde émise
Onde réfléchie
μ μ + 3 σ
μ − 3 σ
17
Représentation de l’erreur
18
Soit une v.a. d’espérance et de variance finie L'inégalité de Bienaymé-Chebyshev s'énonce de la façon suivante. Pour tout réel strictement positif :
X
Cette inégalité montre qu'une v.a. prend avec une grande probabilité une valeur relativement proche de son espérance
σ
2> 0 .
μ
(en réalité, seulement le cas de est utile) k > 1 k
On déduit de cette inégalité que:
Pr( |X − μ| ≥ 3 σ ) ≤ 1 9
À savoir, l’intervalle contient au moins 8/9 (88.8%) c’est-à-dire, l’essentiel de la distribution
[ μ − 3 σ, μ + 3 σ ]
Pr( |X − μ| ≥ kσ ) ≤ 1
k
2μ
μ − kσ μ + kσ
Représentation de l’erreur
19
•
Cette majoration est souvent excessive (trop conservative)
•
En fait, pour la loi normale de moyenne nulle et d'écart type
unitaire (la gaussienne centrée réduite ou standard: ), l’intervalle contient de la distribution (au lieu
de )
μ − 3σ μ − 2σ μ − σ
μ
μ + σ μ + 2σ μ + 3σμ = 0 , σ = 1
99.7% des données se situent à 3 écarts types de la moyenne 95% des données à 2 écarts
types de la moyenne 68% des
données
[ − 1 . 65 , 1 . 65]
100(1 − 1 / 1 . 65
2) = 63 . 2%
90%
2) Représentation par des régions
20
•
En statistique, une v.a. vectorielle X est représentée par une distribution de probabilité. Au contraire, dans une approche
ensembliste, X est représentée par un ensemble S dans lequel
X est supposée d’appartenir (à savoir, le support de la fonctionde densité de probabilité (pdf) de X est inclus à l’intérieur de S )
•
Définition d’une zone où la vraie grandeur doit se trouver
S
Illustration 1D:
Rappr. probabiliste Rappr. ensembliste
X
X
Modélisation et représentation de l’erreur
Propagation de contraintes sur les régions: uniquement des opérations (intersection, union, etc.) sur des
ensembles, polytopes en général, mais aussi disques
ou ellipses
21
"Applied interval analysis: with examples in parameter and state estimation, robust control and robotics", L. Jaulin, M. Kieffer, O. Didrit, E. Walter, vol. 1, Springer, 2001
• Si on représente une v.a. vectorielle par un ensemble, on a besoin de moins d’assumptions sur la v.a. (par ex. l’hypothèse d’indépendance des variables) et on peut traiter les non linéarités plus facilement
• Cependant:
1) Une pdf fournit des informations plus riches que l’ensemble qui enferme son support
2) Par composition, la région peut devenir très complexe et/ou ne plus appartenir à la famille de représentation choisie
(calculs onéreux)
3) La représentation par des régions peut être assez conservatrice
Avantages et inconvénients:
?!
Modélisation et représentation de l’erreur
2) Représentation par des régions
22
Ch. 1: Modélisation de l’incertitude
Introduction
Représentation de l’erreur
Incertitude d’un capteur
Propagation d’incertitude
Partie 2 Partie 3 Partie 1
Partie 4
23
Combiner des mesures incertaines
Par ex. en robotique mobile:
◦ Plusieurs mesures
Différents capteurs
Différents instants de temps
23
Quelle incertitude sur connaissant
sur les ?Propagation d’incertitude : introduction
Système
Y
j= f
j( X
1, . . . , X
n)
f
jX
1.. . X
i.. . X
nY
1.. . Y
j.. . Y
mY
jX
i24
•
Soit une v.a. continue et la valeur spécifique que admette
24
Propagation d’incertitude
•
Soit une fonctionne déterministe (connue)
X
Problème: Comment calculer (ou approcher), l’espérance et la variance de , à savoir
E [ f ( X )] , ?
Si admet une fonction de densité de probabilité (pdf) X , c’est direct:
p ( x )
E [ f ( X )] = x =
+∞−∞
f ( x ) p ( x ) dx var[ f ( X )] =
+∞−∞
( f ( x ) − x )
2p ( x ) dx f
Var[ f ( X )]
Var[ f ( X )]
f ( X ) : R → R
X x
25 25
De la même façon, soient:
Si chaque v.a. de admet une pdf , alors: p ( x )
: vecteur de variables aléatoires (vecteur aléatoire) n
: fonction déterministe de plusieurs variables
X
E [ f ( X )] =
⎡
⎢ ⎢
⎢ ⎣
E [ f
1( X )]
E [ f
2( X )]
.. .
E [ f
m( X )]
⎤
⎥ ⎥
⎥ ⎦
(matrice de covariance)
Var[ f ( X )] = E [( f ( X ) − E [ f ( X )])( f ( X ) − E [ f ( X )])
T] f ( X ) : R
n→ R
mPropagation d’incertitude
X
26 26
Var[ f ( X )] = E [( f ( X ) − E [ f ( X )])( f ( X ) − E [ f ( X )])
T]
•
La matrice de covariance est symétrique: ses éléments
diagonaux sont les variances et ses éléments extra-diagonaux sont les covariances des couples de variables
•
La matrice de covariance est semi-définie positive (ses valeurs propres sont positives ou nulles)
=
⎡
⎢ ⎢
⎢ ⎢
⎢ ⎣
Var[ f
1] Cov[ f
1, f
2] · · · Cov[ f
1, f
m] Cov[ f
2, f
1] Var[ f
2] · · · .. .
.. . .. . . .. .. .
Cov[ f
m, f
1] · · · · · · Var[ f
m]
⎤
⎥ ⎥
⎥ ⎥
⎥ ⎦
Propagation d’incertitude
27 27
• Ces valeurs peuvent toujours être calculées par intégration numérique ...
... mais cela pose un problème si on veut faire des développements formels !
Par ex. si la v.a. dépend d’un paramètre , trouver tel que soit minimale ou maximale X a a
Il y a donc un intérêt à disposer de formules, même approchées, pour la propagation de l’incertitude
Var[ X ( a )]
Propagation d’incertitude
28 28
Dans le cas linéaire:
Propagation d’incertitude : cas linéaire
Y = f ( X ) = AX
: vecteur colonne de variables aléatoires n X
1, . . . , X
nA ∈ R
m×n: matrice de scalaires m × n
D’après la linéarité de l’espérance:
E [ Y ] = E [ AX ] = AE [ X ] ∈ R
mVar[ Y ] = Var[ AX ] = E [ A ( X − E [ X ])( X − E [ X ])
TA
T]
= A Var[ X ] A
T∈ R
m×mX
29 29
Dans le cas non linéaire:
En l’absence d’autres informations, on approche la fonctionne avec l’application linéaire tangente (en d’autres termes,
on utilise une approximation de Taylor de au 1
erordre)
Y = f ( X )
X
0= E [ X ]
Soit
f
: vecteur colonne de variables aléatoires n X
1, . . . , X
nX
Propagation d’incertitude : cas non linéaire
f ( X )
30 30
Au premier ordre:
avec matrice jacobienne:
Y = f ( X ) f ( X
0) + J
f( X
0)( X − X
0)
Alors:
E [ Y ] E [ f ( X
0) + J
f( X
0)( X − X
0)]
= f ( X
0) + J
f( X
0)( E [ X ] − X
0)]
= f ( X
0)
Propagation d’incertitude : cas non linéaire
J
f( X
0) = ∂ f
∂ X ( X
0) =
∂ f
∂X
1( X
0) , . . . , ∂ f
∂X
n( X
0)
∈ R
m×n31 31
En outre:
cov[ Y ] = E [( f ( X ) − E [ f ( X )])( f ( X ) − E [ f ( X )])
T] E [( f ( X ) − f ( X
0))( f ( X ) − f ( X
0))
T]
E [( J
f( X
0)( X − X
0))( J
f( X
0)( X − X
0))
T] E [ J
f( X
0)( X − X
0)( X − X
0)
TJ
Tf( X
0)]
= J
f( X
0) cov[ X ] J
Tf( X
0)
Remarque:
Cas linéaire:
Cas non linéaire:
Var[ Y ]
J
f( X
0)Var[ X ] J
Tf( X
0)
Var[ AX ] = A Var[ X ] A
TVar[ f ( X )] J
f( X
0)Var[ X ] J
Tf( X
0) Propagation d’incertitude : cas non linéaire
=
32 32
Sous l’hypothèse de v.a. indépendantes, la matrice de covariance « d’entrée » devient:
Rappel: Si deux v.a. and sont indépendantes:
Attention: la réciproque ne est pas toujours vraie
X Y
Cov[ X, Y ] = E [ X Y ] − E [ X ] E [ Y ]
= E [ X ] E [ Y ] − E [ X ] E [ Y ] = 0 C
X= diag( σ
X2 1, σ
X2 2, . . . , σ
X2 n) =
⎡
⎢ ⎢
⎢ ⎢
⎣
σ
X2 10 · · · 0 0 σ
X2 2· · · .. .
.. . .. . . .. .. . 0 · · · · · · σ
X2 n⎤
⎥ ⎥
⎥ ⎥
⎦
Var[ X ]
Propagation d’incertitude : en résumé
33 33
• Approximation de Taylor au 1
erordre de
Nous avons la matrice jacobienne suivante:
• Loi de propagation d’incertitude:
F X =
⎡
⎢ ⎢
⎣
∂ f
1∂X
1∂ f
1∂X
2. . . ∂X ∂ f
1n.. . .. . . .. .. .
∂ f
m∂X
1∂ f
m∂X
2· · · ∂ f ∂X
mn⎤
⎥ ⎥
⎦
C Y = F X C X F T X
∈ R m×n
( )
Propagation d’incertitude : en résumé
f ( X )
34 34
Exemple (1/3)
Soit un vecteur gaussien de moyenne et de covariance
Soit la v.a. scalaire
Définition: Soit un vecteur aléatoire. est un vector gaussien, si et seulement si, pour toute suite de nombres réels, la v.a.
est une v.a. gaussienne
X = [ X, Y ]
T[0 , 0]
TX = [ X
1, . . . , X
n]
TX
a
1, a
2, . . . , a
nZ = a
1X
1+ a
2X
2+ . . . + a
nX
nX
= f ( X, Y ) = X
2+ 3 X − 2 Y + 5
Objectif: Comparer les valeurs exactes et les valeurs approchées de la variance de X
σ
21 0 0 4
35 35
Exemple (2/3)
Nous avons la pdf suivante ( ):
En intégrant numériquement avec Maple (ou Matlab), nous obtenons:
p ( X ) = 1
(2 π )
2det( Σ ) exp( − 1
2 ( X − μ )
TΣ
−1( X − μ ))
= 1
4 πσ
2exp
− 1
2 σ
2( X
2+ 1
4 Y
2)
E [ X
] = 5 + σ
2Var[ X
] = 25 σ
2+ 2 σ
4p ( X ) = N ( μ, Σ )
μ = [0, 0]T Σ = σ2
1 0
0 4
36 36
Exemple (3/3)
Par contre, en utilisant les formules d’approximation:
Donc, au point X
0= [0 , 0]
T:
J
f( X
0) = [3 , − 2]
D’où E [ X
] f ( X
0) = 5
Conclusion: Si est petite, est négligeable devant et l’approximation fournie de la variance de est précise σ σ
4σ
2Var[ X
] J
f( X
0)Var[ X ] J
Tf( X
0)
= σ
2[3 , − 2]
1 0
0 4
3
− 2
= 25 σ
2J
f( X ) =
∂ f ( X, Y )
∂ X , ∂ f ( X, Y )
∂ Y
= [2 X + 3 , − 2]
X
37 37
Calcul des ellipsoïdes d’incertitude
La matrice est une matrice carrée symétrique et semi- définie positive: elle peut être représentée par un ellipsoïde d’incertitude
C
YC Y = F X C X F T X
Nous avons que (décomposition en valeurs/vecteurs propres):
C Y U = UΛ
Λ = diag( λ
1, λ
2, . . . , λ
m) , U = [ u
1u
2· · · u
m]
où
u i
: valeurs propres de la matrice triées par ordre décroissant C
Y: vecteur propre associé à la valeur propre λ
i, i ∈ { 1 , 2 , . . . , m}
λ
1≥ λ
2≥ · · · ≥ λ
m38 38
λ
1C
Y• Les deux premières coordonnées et du vecteur propre associé à la valeur propre la plus forte de nous permettent de calculer l’orientation de l’ellipse
d’incertitude:
u
1u
1,xu
1,yθ
e= arctan
u
1,yu
1,x• La longeur des demi-axes de l’ellipse est définie par la racine carrée des deux valeurs propres de les plus fortes, c’est-à-dire et
On peut interprétéer et comme des variances.
Les demi-axes de l’ellipse auront donc pour longueurs:
C
Yλ
1λ
2λ
1λ
2k
λ
1, k
λ
2, k ∈ { 1 , 2 , . . .}
θ
ePar exemple, si on veut représenter l’incertitude de
localisation d’un robot en deux dimensions (plan du sol)
mais à 3 degrés de liberté ( ), par une ellipse
d’incertitude autour de la position estimée: C
Y∈ R
3×339
Graphiquement:
Ellipse d’incertitude
Rappel que si :
θ
eθ
e= arctan
u
1,yu
1,xPr( μ − σ ≤ X ≤ μ + σ ) 0 . 68269 Pr( μ − 2 σ ≤ X ≤ μ + 2 σ ) 0 . 95450 Pr( μ − 3 σ ≤ X ≤ μ + 3 σ ) 0 . 99730 Pr( μ − 4 σ ≤ X ≤ μ + 4 σ ) 0 . 99993 Pr( μ − 5 σ ≤ X ≤ μ + 5 σ ) 0 . 99999 k
λ
1k λ
2kσ
X ∼ N ( μ, σ
2) x
y
Position estimée du robot
40
Exemple : localisation d’un robot
Point de départ du robot
x [mm]
y [mm] Ellipses
d’incertitude
Propagation d’incertitude:
exemple
Ajustement de droites
•
Données en provenance de scanners lasers ou sonars
•
Localisation et cartographie
◦ Connaissance d’un plan
Comparer l’ensemble des points à la carte de
référence est très couteux Comparer quelques droites
à la carte est très rapide
◦ Construction de plan
Points seuls: énormément de données à stocker
Droites ajustées: beaucoup moins de données !
-0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.5
0.4 0.3 0.2 0.1
0
x [m]
y [m]
robot mur
mur
robot
droite
Extraction de droite
43
Cas réel: plusieurs droites !
Algorithmes existants
Transformée de Hough
Espérance-Maximisation (EM) RANSAC
Split-and-merge Moindres carrés Incrémental
x [m]
x [m]
y [m]
y [m]
Données brutes 6 droites extraites
robot robot laser
Extraction de droite
Objectif: extraire une droite d’un ensemble de mesures de points incertains en distance et en orientation
Les paramètres et suffisent à représenter une unique droite en coordonnées polaires : r α
( ρ, θ )
ρ (cos θ cos α + sin θ sin α ) − r = ρ cos( θ − α ) − r = 0
α
r
droite
44
mesure
robot
i
Extraction de droite
45
Problème: quelle est l’incertitude de la droite extraite en connaissant les incertitudes de mesure des points qui ont permis de l’obtenir ?
1. Établir une transformation mesures droite 2. Appliquer la loi de propagation d’incertitude
−→
α
r
droite mesure
robot
i
Mesures et incertitudes
46
Un scan laser donne points de mesure:
On les modélise comme deux variables aléatoires:
x
i= ( ρ
i, θ
i) , i ∈ { 1 , 2 , . . . , n}
n
X
i= ( P
i, Q
i)
α
r x i = ( ρ i , θ i )
ρ i
θ
iMesures et incertitudes
47
2) Chaque point est bruité selon une loi gaussienne sur les deux coordonnées: X
i= ( P
i, Q
i)
P i ∼ N ( ρ i , σ ρ 2
i) Q i ∼ N ( θ i , σ θ 2
i)
1) Les v.a. et sont indépendantes, c’est-à-dire:
E [ P
iP
j] = E [ P
i] E [ P
j] , ∀ i, j ∈ { 1 , 2 , . . . , n}, i = j E [ Q
iQ
j] = E [ Q
i] E [ Q
j] , ∀ i, j ∈ { 1 , 2 , . . . , n}, i = j E [ P
iQ
j] = E [ P
i] E [ Q
j] , ∀ i, j ∈ { 1 , 2 , . . . , n}
P
iQ
iDans ce qui suit, on fera les hypothèses suivantes:
Transformation des mesures en droites
48
• On cherche une droite passant par les points de mesure et qui a pour équation:
ρ cos( θ − α ) − r = 0
• Pour chaque point de mesure, l’erreur par rapport à la droite est donnée par:
α
r
x
i= ( ρ
i, θ
i)
Interprétation géométrique
d
in
ρ
icos( θ
i− α ) − r = d
i, i ∈ { 1 , . . . , n}
Transformation des mesures en droites
49
• Ajustement par la méthode des moindres carrés:
: résidu du modèle
: fonction de coût à minimiser
d
iS ( r, α )
α
r
x
i= ( ρ
i, θ
i) d
iS ( r, α ) =
ni=1
d
2i( r, α ) =
ni=1
( ρ
icos( θ
i− α ) − r )
2Transformation des mesures en droites
50
Pour minimiser , on calcule les dérivées partielles par rapport à et et on les met à zéro: S ( r, α )
r α
Si on résout le système de deux équations par rapport à et
on obtient la solution suivante r α
∂ S ( r, α )
∂ r = 0 , ∂ S ( r, α )
∂ α = 0
S ( r, α ) =
ni=1
d
2i( r, α ) =
ni=1
( ρ
icos( θ
i− α ) − r )
2Transformation des mesures en droites
51
Solution au sens des moindres carrés:
r = 1 n
ni=1
ρ
icos( θ
i− α )
α = 1
2 arctan
⎛
⎜ ⎜
⎜ ⎜
⎝
n i=1ρ
2isin(2 θ
i) − 2 n
n i,j=1ρ
iρ
jcos θ
isin θ
j ni=1
ρ
2icos(2 θ
i) − 1 n
n i,j=1ρ
iρ
jcos( θ
i+ θ
j)
⎞
⎟ ⎟
⎟ ⎟
⎠
θ
iρ
iRemarque: dans la
première formule on préfère normalement utiliser l’ atan2
r
α
x
iTransformation des mesures en droites
52
• Si on dispose d'une estimation de la variance du bruit qui entache chaque mesure, on peut l'utiliser pour « pondérer » la contribution de la mesure dans la fonction de coût
• Une mesure aura d'autant plus de poids que son incertitude sera faible. Cela nous amène à l’ajustement par la méthode des moindres carrés pondérés:
Remarque:
Le poids est l’inverse de la variance du bruit affectant la mesure . Par exemple, un choix possible dans est:
S ( r, α )
w
ii
S w ( r, α ) =
n
i=1
w i ( ρ i cos( θ i − α ) − r ) 2
w
i= 1 /σ
ρ2i, i ∈ { 1 , . . . , n}
Transformation des mesures en droites
53
Solution au sens des moindres carrés pondérés (cette fois-ci on calcule ):
α = 1
2 arctan
⎛
⎜ ⎜
⎜ ⎜
⎝
n i=1w
iρ
2isin(2 θ
i) − 2
ni=1
w
i n i,j=1w
iw
jρ
iρ
jcos θ
isin θ
j ni=1
w
iρ
2icos(2 θ
i) − 1
ni=1
w
i n i,j=1w
iw
jρ
iρ
jcos( θ
i+ θ
j)
⎞
⎟ ⎟
⎟ ⎟
⎠
min
r, αS
w( r, α )
r = 1
ni=1
w
i n i=1w
iρ
icos( θ
i− α )
Remarque:
Si , nous retrouvons la solution aux moindres
carrés (non pondérés) w
1= . . . = w
n= 1
Propagation d’incertitude
54
• Matrice de covariance « de sortie » à déterminer:
où et sont les v.a. associées à et
Objectif: comprendre comment les incertitudes sur les mesures de distance et d’orientation se propagent et affectent l’incertitude sur la droite à estimer
En d’autres termes, comment l’incertitude sur et se propage dans les deux équations précédentes et
affecte et ?
ρ
iθ
ir α
R A
C
RA=
σ
r2σ
rασ
αrσ
α2∈ R
2×2α
r
Incertitude/propagation de l’erreur
55
• Matrice de covariance d’entrée (diagonale):
C
X=
C
P0
n×n0
n×nC
Q=
diag( σ
ρ21, . . . , σ
ρ2n) 0
n×n0
n×ndiag( σ
θ21, . . . , σ
θ2n)
∈ R
2n×2n• Propagation d’incertitude:
C RA = F X C X F T X
Incertitude/propagation de l’erreur
56
où la matrice jacobienne :
F
X=
⎡
⎢ ⎢
⎢ ⎣
∂ r
∂ P
1∂ r
∂ P
2· · · ∂ r
∂ P
n∂ r
∂ Q
1∂ r
∂ Q
2· · · ∂ r
∂ Q
n∂ α
∂ P
1∂ α
∂ P
2· · · ∂ α
∂ P
n∂ α
∂ Q
1∂ α
∂ Q
2· · · ∂ α
∂ Q
n⎤
⎥ ⎥
⎥ ⎦ F
X= F
P Q∈ R
2×2n•
Propagation d’incertitude
C RA = F X C X F T X
et r = ρ cos( θ − α ) , α = θ − arccos( r/ρ )
Exemple [Livre de Siegwart, Sect. 4.7.1.1]
57
17 mesures prises par un télémètre laser 2D embarqué sur un robot mobile (voir le tableau dans la diapo suivante)
Nos hypothèses:
1. Normalement, on considère que l’incertitude de mesure soit proportionnelle à la distance mesurée, mais pour plus de
simplicité on fera l’hypothèse que l’incertitude associée à chaque mesure soit la même
2. Les mesures sont non corrélées
3. Le robot n’est pas en mouvement lorsque il prend une mesure
58
Angle d'inclinaison du capteur [degrés] Distance [m]
0 0.5197 5 0.4404 10 0.4850 15 0.4222 20 0.4132 25 0.4371 30 0.3912 35 0.3949 40 0.3919 45 0.4276 50 0.4075 55 0.3956 60 0.4053 65 0.4752 70 0.5032 75 0.5273 80 0.4879
Mesures réalisées
i
θ
iρ
i59
Si on calcule la solution aux moindres carrés, nous trouvons la droite optimale définie par (en rouge dans la figure):
Exemple
r = 0 . 4 m , α = 37 . 36
◦r
α
[m]
y
[m]Mesure avec son ellipse d’incertitude
60
Représentation de l’incertitude par des ellipses dans
l’espace du robot et dans l’espace des droites ( r, α )
Espace des droites
α [rad]
r [m]
Espace du robot
Exemple
x y
( x, y )
[m]
[m]