C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
D ANIEL T ANRE
Dualité d’Eckmann-Hilton à travers les modèles de Chen-Quillen-Sullivan
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 22, n
o1 (1981), p. 53-60
<
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DUALITE D’ECKMANN-HILTON A TRAVERS LES MODELES DE CHEN-QUILLEN-SULLIVAN
par
Daniel TANRE*)
CAHIERS DE TOPOLOGIE ET GEOM ETRI E DIFFERENTIELLE
3e COLLOQUE
SUR LES CATEGORIESDEDIE A CHARLES EHRESMANN Vol. XXII-1 (1981)
RESUME.
La connexion
homologique
formelle de Chen est reliée auxmodèles d’Adams-Hilton,
deQuillen,
deSullivan,
à travers lesfoncteurs Y-
etC
de
Quillen.
La suitespectrale d’Eilenberg-Moore
d’un espace estexprimée
à
partir
de la suitespectrale
deCurtis,
obtenue en filtrant lemodèle
deQuillen
par la suite centrale descendante.Dualement,
la suitespectrale
de
Quillen
est déduite de la suitespectrale
obtenue en filtrant lemodèle
de Sullivan par la
longueurs
des mots.I. RAPPE LS ET NOTATIONS.
Les espaces
topologiques
considérés sontsupposés simplement
connexes, de type
fini,
localisés en zéro. Tous les espaces vectoriels gra- duésenvisagés
sont de dimension finie enchaque degré,
sur un corpsk
decaractéristique zéro,
àgraduation positive.
Soit V un espace vectoriel
gradué
sur un corpsk
decaractéristique zéro,
avecV0 = 0 ;
on note :L(V) l’algèbre
de Lie libreengendrée
parV ,
T(V) l’algèbre graduée
associative libreengendrée
parv, A V l’algèbre graduée
commutative libreengendrée
parV,
# V
l’espace
vectorieldual,
s V l’espace
vectorielsuspension
dev: (sV)n = Vn-1.
Si v est un élément
homogène
deV, ’v, | désigne
sondegré
et7 l’expression (-1) |V|v.
*)
E. R. A. - C. N. R. S. n- 07 590.54
Définissons maintenant les éléments du
diagramme ci-dessous ;
Top,
est lacatégorie
des espacestopologiques
1-connexes de typefini ;
les foncteurs de source
Top, ,
ne donnantgénéralement
pas des élémentsalgébriques
de typefini,
sontindiqués
enpointillés ;
À est le foncteur construit par
Quillen [DQ], ApL
le foncteur formes de Sullivan[DS], f
lecomplexe
desintégrales
itérées[KTC] , C*(O-)
lecomplexe
deschaînes singulières
del’espace
des lacets.Les
catégories
utilisées ont pour classed’objets :
ADGC ,
lesalgèbres
différentiellesgraduées
commutatives1-connexes,
avec différentielle
homogène
dedegré
+1 ;
LDG ,
lesalgèbres
de Lie différentiellesgraduées
connexes, avec di- férentiellehomogène
dedegré - 1 ;
CDGCO,
lescoalgèbres
différentiellesgraduées cocommutatives,
avec différentiellehomogène
dedegré -1 ;
HDGC ,
lesalgèbres
deHopf
différentiellesgraduées commutatives,
avec différentielle
homogène
dedegré
+1 ;
HDGCO ,
lesalgèbres
deHopf différentielles graduées
cocommuta-tives,
avecdifférentielle homogène
dedegré -1 ;
ADG ,
lesalgèbres
différentiellesgraduées
avec différentielle homo-gène
dedegré - 1 .
# est un foncteur de dualisation. Le lecteur se reportera au texte
indiqué
pour la définition de :
la cobar construction
F , [JFA]; l’algèbre enveloppante K, [DQ] ;
lefoncteur
primitif P, [DQ] ;
la bar constructionB, [H - S] .
Les foncteurse et L
sont construits parQuillen [DQ] ; B
est lecomposé #CP#.
Pour toute ADGC
( A , dA),
Sullivan[DS]
construit uneADGC (ap-
pelée minimale) libre,
àdifférentielle décomposable (A V, d )
et unquasi- isomorphisme
p de(AV, d)
vers( A, dA ).
Lecouple ((AV, d), p)
seraappelé modèle
deSullivan de (A, dA ) .
Lemodèle
de Sullivan d’un espace X est lemodèle
associé àAPL(X) ;
il sera notéSu(X).
Baues et
Lemaire[B-L]
définissentégalement
une notiond’algèbre
minimale dans
LDG
etADG ;
nous lesappellerons modèle
deQuillen d’une algèbre de Lie différentielle
etmodèle d’Adams -Hilton d’une algèbre dif- férentielle.
Parextension,
si( A , dA )
est une ADGC àmodèle
de Sullivan(AV, d)
1-connexe de typefini,
lemodèle
deQuillen
de( A, dA )
est lemodèle
deQuillen de L#(^V, d).
Lemodèle
deQuillen
d’unespace X
est
l’algèbre
minimale associée àÀ(X) ;
elle coïncide avec celle asso-ciée
à L#Su(X), d’après
un résultat deJ.M.
Lemaire[JML]. Enfin,
Adams et Hilton
[A-H]
ont construit àpartir
d’un espace 1-connexeX,
une ADG libre dont
l’algèbre d’homologie
estl’algèbre
dePontryagin
del’espace
des lacetsS2X ; appelons modèle
d’Adams-Hilton de X le mo-dèle
minimal de cettealgèbre
tensorisée park .
Lesgénérateurs,
augmen-tés d’un
degré, correspondent
aux cellules et ladifférentielle
est donnée par lesapplications
d’attachement. Baues et Lemaire[B-L]
ont montréque
l’algèbre enveloppante
du modèle deQuillen de X
est lemodèle
d’A-dams-Hilton
[B-L] ;
ce ré’sultat permet d’obtenir desinterprétations
cellu-laires de divers
modèles algébriques.
il. MODELE DE QUILLEN ET CONNEXION DE CHEN.
Le
modèle
deQuillen
d’unwedge
desphères 1-connexes, ViSni,
d’homologie H ,
est(L( s.l H ),0) . L’algèbre #C(L(s-1H),0)
est libreà
différentielle décomposable ;
c’est lemodèle
de Sullivande . l S t .
Elleest
canoniquement
munie d’unegraduation correspondant
à la suitecentrale
descendante de
l’algèbre
de Lie libre( on vérifie
d’ailleurs aisémentqu’elle
c oïncide avec celle du
modèle bigradué d’Halperin-Stasheff [H-S] );
nousappellerons filtration-colonne
la filtrationqui
s’endéduit.
Nous commençons par
établir
unthéorème
d’unicité pour lesmodèles
libres à
différentielle linéaire+ quadratique, qui
nous permettra de relier lesmodèles algébriques
deQuillen
et de Chen :THEOREME 1.
Soit (A, dA )
uneADGC admettant
unmodèle de Sullivan
1-connexe
de type fini. Soit (^Z, dl
+d2)
unealgèbre libre
surl’espace
vectoriel Z ,
munied’une différentielle D
=dl + d2’ où dl
estlinéaire
etd2 quadratique. Soit
p :(A Z , D) -+ ( A , dA )
unhomomorphisme d’ADGC v éri fiant:
(i) p": (AZ, d2) - (H(A, dA), 0)
estle modèle minimal du wedge
de sphères d’homologie H(A, dA ),
oùp’(z )
estla classe de p(z )
siz est un
d2-co cycl e
etp’
estnulle ailleurs.
(ii) dl baisse la filtration-colonne de (A Z, d2 ) d’au
moins uneunité.
Alors (^Z, dl
+d2 )
estl’algèbre des cochaines
surle modèle de Quillen
de ( A, dA ).
Introduisons maintenant la connexion
homologique
formelle( c, h. f. )
de Chen.
Soit
M
une variétéCOO, simplement
connexe, paracompacte. Pour la fin de ceparagraphe,
le corps de référence est le corps R des réels.On chois it une base
(zi)iEI
del’ espace
vectorield’homologie
H *( M ; R)
et on noteT (V) l’ algèbre graduée
associative libreengendrée
par la famille
(Xi)iEI,
où ledegré
deXi
est celui dezi
baissé d’une unité. Soit(ADR(M), d) l’algèbre
de de Rham deM
munie de la différen- tielleextérieure d ;
on note parAD R (M)[ V]
leproduit
tensoriel surR,
ADR(M)OT(V).Si w=Ewi1...is Xi ."Xi appartient à ADR(M)[V],
J w désigne l’expression Ewi1...is Xi1 ··· Xi ; s
la différentielle extérieure de w est définie par :Rappelons qu’une
dérivation deT(V) (resp. L(V))
est un endo-morphisme linéaire a ,
dedegré -1 ,
tel que:Une dérivation
cl
deT(V)
s’étend àADR(M)[V]
par :DEFINITION
[KTC].
Une connexionhomologique formelle (c.h.f.)
sur Me st une
paire ( w, a ) form ée :
1° d’un élément
d e ADR(M)[V]
vérifiant:1-a.
wi
est une formefermée ;
1-b. les classes
([wi])iEI
définissent une base duale de(zi)iEI ;
1-c, sipi est le degré de wi,ona:
2° d’une dérivation
a
deT(V) vérifiant:
Nous nous
placerons
ici dans un casparticulier
de cette situation.DEFINITION. Une connexion
homologique formelle de Lie
surM
est unepaire ( w , a )
telle que:lo w
appartient
àADR(M) O L(V)
et, considéré comme élément deADR(M)[V],
w vérifie les conditions1-a, 1-b,
1-cci-dessus;
20
ô
est une dérivation deL(V)
telle que :REMARQUE. Cette restriction ne nuit pas à la
généralité,
car la c.h.f.construite par Chen dans le cadre d’une
décomposition
deADR(M),
ana-logue
à ladécomposition
deHodge,
est une c.h. f. de Lie.Si
(w, a)
est unec.h.f.,
Chen montre quea
est une1 différentielle
t92
=0 ) ;
nous retrouvons ce résultat en remarquant que, dans le Théo- rème1, l’hypothèse d2
= 0 estredondante.
Soit
(XI)I E K
une based’espace
vectoriel del’algèbre
de LieL(V) ;
unec.h.f.
de Lie sera notée w= I, 1 wl XI.
THEOREME 2.
Si (w, a)
est unec. h. f. de Lie, alors:
10
la dérivation a
est unedifférentielle;
20
l’homomorphisme d’algèbres o: A
s #L( V ) -+ AD R (M) d éfini
par:est un
homomorphisme d’ADGC de #C(L(V), a)
dans(ADR (M), d)
in-duisant
unisomo1phisme
encohomologie.
COROLLAIRE.
Si (w,a)
est unec.h. f. de Lie, (L(V),a) estleR-mo- dèle de Quillen de
M et(T(V), a) le R-modèle d’Adams-Hilton.
REMARQUE.
Le transport d’une c. h, f,s’interprète également
dans ce ca-dre.
Siest le
morphisme
définissant lecouple
de foncteursadjoints (B, B),
letransport d’une c.h.f. de Lie est le
composé:
111. SUITES SPECTRALES D’EILENBERG·MOORE ET DE QUILLEN.
Soit
( A , dA )
une ADGC1-connexe,
de typef ini ;
la suitespectrale d’Eilenberg-Moore ( ssEM )
de(A , dA )
est, pardéfinition,
celle obtenueen filtrant
B(A, dA)
par lalongueur
des barres.THEOREME 3.
L’image
par#U de
la suitespectrale d’algèbres
deLie,
obtenue
enfiltrant le modèle de Quillen de ( A, dA )
parla longueur des
crochets
estisomorphe
àla ssEM de (A, dA ).
En suivant
Allday [CA],
nousappellerons
suitespectrale
deQuil-
len la suite
spectrale
decoalgèbres
obtenue avec la filtration desprimitifs
sur
l’image par e
dumodèle
deQuillen.
THEOR EME 4.
L’image
parle foncteur
# deCDGCO dans ADGC de la
suitespectrale
deQuillen
estisomorphe
àla
suitespectrale d’algèbres
obtenue
enfiltrant le modèle de Sullivan
parla longueur des
mots.L a dualité entre les
modèles
de Sullivan et deQuillen apparaît na-
turellement à travers ces deux
résultats.
Lesproduits
deMassey
d’ordresupérieur apparaissent
comme des différentielles dans lassEM;
ils déter-minent,
dans une certaine mesure, la différentielle dumodèle
deQuillen.
De
même,
lesproduits
de Whitehead d’ordresupérieur
déterminent la dif- férentielle dumodèle
de Sullivan.Les
produits
de Whitehead(resp. Massey)
d’ordresupérieur
peu-vent
s’exprimer
à l’aide d’unproduit universel ;
la nature de ce dernier ren-force cette
dualité:
leproduit
de Whitehead universel(structure
d’ordresupérieur
del’homotopie)
estdéterminé
par un espace formel( i, e,
dontle type
d’homotopie
estentièrement
caractérisé parl’algèbre
de cohomolo-gie),
en l’occurence le fatwedge;
leproduit
deMassey
universel( struc-
ture d’ordre
supérieur
de lacohomologie)
est déterminé par un espace co- formel( i. e ,
dont le typed’homotopie
estentièrement
caractérisé par l’al-gèbre
de Lied’homotopie).
Le s
démonstrations
etdéveloppements
de ces diverspoints
ferontl’objet
d’unepublication ultérieure.
60
JFA. J.F.
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LEMAIRE, Minimal models inhomotopy theory,
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