FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.
CONCOURS
POUR
L’AGRÉGATION EN MÉDECINE.
LE
(ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.)
THÈSE PRÉSENTÉE ET SOUTENUE
le 1er août 1853,
PAR
L. A.SEGOND.
PARIS.
IMPRIMÉ PAR
E.THUNOT ET C%
RUE RACINE, 26, PRÈS DE L’ODÉON.
1853
JUGES DU CONCOURS.
Professeurs
Agrégés :
MM.
Bérard,président.
Bouchardat
,
Denonvilliers, ) GAVARRET
,
Malgaigne, WURTZ,
Moquin-Tendon, suppléant
,
Requin,suppléant.
Beclard, Favre
,
Duméril, suppléant.
M. Amette, secrétaire.
COMPÉTITEURS.
MM. Dupré,
Fano, Figuier
,
Lecomte, Orfila, Segond
,
Verneuil,
A
M. ADOLPHE DE LANNEAU,
Directeur de l’Institut impérial des Sourds-Muets.
HOMUIMiB mut.
«
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in 2016
\
https://archive.org/details/b22324537
LE
SYSTÈME CAPILLAIRE SANGUIN.
L’organisme des
animaux
, sauf dans les degrés inférieurs de la hiérar- chie zoologique, est parcouru de canaux ramifiés dans lesquels circulent les principaux liquides de l’économie. L’ensemble de cescanaux
peut être considérécomme une
véritable cavité intérieure close de toutes parts.Dans
les casles plus simplesun
seul système decanaux
suffit auxconditions d’existence; maisdu moment où
les fonctions se spécialisent, on voit telliquide affecter tel ordre de vaisseaux et lesvaisseaux
eux-mêmes
présenter des modifications spéciales en rapport avec le liquide qu’ils mettent en cir- culation. C’est ainsique
danslescasles plus complexes, le liquide principal,
concourant au
mouvement
de composition et de décomposition, le sang,un
autre liquide très-général, la lijmphe, et enfin le liquide provenant de l’ab- sorption intestinale, le chyle, suivent des voies particulières.
Dans
les vais- seauxdu
sangcomme
dans ceux de lalymphe
, il faut distinguer desorganes spéciaux d’impulsion, les cœurs; des canaux de distribution, artères, veines, lymphatiques, chylifères enfin des canaux de pénétration répandus dans l’in- timité destissus, sous forme de réseaux déliés, les capillaires.
En
considérantdonc
ici, d’une manière particulière, l’appareil de la cir- culationdu
sang, nous dironsque
les capillaires sanguins sont les dernières ramificationsque
le sang parcourt dans les différentes parties d’un orga- nisme, ramifications qui se continuent, d’une part, avec les artères; d’autre part, aveclesveines.La
continuité des capillaires avec les artères et les veines étant ainsi re-l
2
—
connue,
il nousserait difficile, pour lemoment,
d’établiroù commence
et finitun
tel système de vaisseaux. J’espèrenéanmoins que
les détailsque
je donnerai plus loin sur leur structure permettront d’atteindre à cetégardun
assez haut degré deprécision.Ilimporte cependant, dès ledébut decetravail,
de considérer le systèmecapillairesanguin
comme un
sujet d’étudeparfaite-ment
distinct, propositionque
jem’efforcerai d’établirdans le cours decette thèse, aussi bien au point de vueanatomique
qu’au point devuephysiologi- que. Dèslemilieudu
dix-septièmesiècle,des observationspositivespermirent de reconnaîtreque
le sangartérielne s’épanche pas, suivantla notionvague des anciens, dans leparenchyme
desorganes, mais suit, entre les artères et les veines, des voies fixesdans leurdirection et leurforme. Toutefois ce n’est qu’à partir de Bichatque
la considération spécialedu
système capillaire fut inaugurée, malgré de très-grandesimperfections anatomiques. Depuis, tous les bons esprits se sont rangés à cettemanière
de voir, et je regrette d’en excepter ici Muller, qui, tout en reconnaissant certains caractères spéciaux descapillaires, n’admet pasla distinction de Bichat.Pour
lever l’objection qu’on pourrait appuyerdu nom
de ce physiologiste, je ferairemarquer que
le sujet
même
dema
thèse, tel qu’il a été posé, impliqueun
sentiment analogue à celui deBichat, sentimentque
les travaux positifs d’anatomie et de physiologieme
paraissentappuyer
aujourd’hui d’unemanière
irrévo- cable.ANATOMIE
DES CAPILLAIRES SANGUINS.En comprenant
sous la dénomination de capillaires sanguins, les plus petits vaisseaux visiblesà l’œilnu
et ceuxque
l’on ne peut observer qu’avec des verres grossissants, nous en formerons, avec Prochaska, trois caté- gories; seulement, au lieu de les caractériser par les expressions de te-nma
, tenuiora, tenuissima, j’emploierai la répartition en trois variétés de M. Ch. Robin
, qui, dans cette question,
comme
dansbeaucoup
d’autres sujetsd’anatomie générale , a portéune
grande netteté d’observation.Dans
la première variété, répondant aux tenuissima de Prochaska, les capillaires ontun
diamètre qui varie entre 0,007 et 0,030 de millimètre:une seuletunique les constitue.
Dans
la seconde, le diamètre varie entre 0,030 et 0,060, et il y adeux
tuniques.
Dans
latroisième variété, le capillaire visible àl’œilnu
, surtout dans les congestions pleurales et péritonéales, a trois tuniques et son diamètre varie—
3—
entre 0,060 et 0,120 de millimètre.
Nous
verrons dans cette troisième va- riété, qui fait la transition des capillaires aux vaisseaux de distribution,comment
on distingue le capillaire artérieldu
capillaire veineux : distinc- tion impossible pourlesdeux
autresvariétés.Première variété (pl. I, fig. 1).
—
Les capillaires de cette variété ontun
diamètre transversal ou largeur qui varie depuis 0mm,007, diamètredu
globule sanguin, jusqu’à 0mm,025 et
même
0mm,030. Isolés par dilacération, dansle testicule, les reins, les nerfs,la substancecérébrale
ou
la rétine, et observés àun
grossissement de 500 à 550 diamètres, ces capillaires se présentent sous la forme d’un petit cylindre flexueuxou
rectiligne, trans- parent, incolore, à bords nets, régulièrement parallèle et s’écartantpeu
àpeu
àmesure que
le conduit s’élargit. L’acide acétiqueaugmente
leur transparence, les ramollit en les gonflant légèrement, mais ne les dissout pas; il en est demême
de l’acidenitrique étendu. Cette propriétéchimique permet
de les distinguer au milieu des fibresdu
tissu cellulaire oudu
tissu musculaire qui deviennent gélatineuses
ou
se dissolvent dans l’acide acétique.La
structuredu
cylindre capillaire présente à considérerune
cavité ré- gulièreetune
paroi. Celle-ci varie, en épaisseur de 1 à 2 millièmes de mil- limètre, suivant le calibredu
conduit. Si dansles capillairesdu
diamètre des globulesdu
sang(0“m,007)on
défalque l’épaisseur des parois, le calibre se trouve réduit à 0mm,005. Je trouve signalées dans
mes
notesdu
coursde M.
Robin, qui adonné beaucoup
de précision à cette description, des ob- servations analogues faites chez les poissons, les reptiles et les oiseaux dontles globules sanguins ovales sont plus larges
que
ceux del’homme. La
ligne qui détermine la limite interne (contour internedes auteurs) de la paroiest plus pâle, mais aussi netteque
l’externe; ellene
se voit pasou
presque pas lorsque lesdeux
faces opposéesdu
cylindre capillaire sont devenues conti- guës parsuite d’unaplatissement.La
tuniqueou
paroidu
conduit capillaire existe dans tous les tissus pénétrés par le sang,même
dans le foie, lepoumon,
etc.,où
quelquefoisellea été niée.Partoutelleestformée d’une sub- stanceentièrementhomogène
(pl. I, fig. 1 et 2), sans fibres nistries, et sur- tout sans trous,fissures ni éraillures , ce qui exclut la possibilité deshémor-
rhagies par exsudation admises par quelques pathologistes,
ou
bien encorela nutrition par imbibition directe adoptée par quelques naturalistes. Cette substance
homogène
des parois est del’ordre de celles qui portentdans leur épaisseur des corpusculesou noyaux
analogues à ceux des cellules;noyaux
k
-
qui en font partie et qu’on ne peut en séparer
que
par l’action de réactifs énergiques et décomposants. Lesnoyaux
de la paroi des capillaires sont gé- néralement ovoïdes, quelquefois ronds, et ayant leur grand diamètre tou- joursdirigéparallèlementà l’axe duvaisseau (pl. I, fig. 2),
ou
à peine oblique.Le
diamètre longitudinal de cesnoyaux
varie entre 0mm,010
et0D‘m,020; leur largeur estcommunément
moitiémoindre
; elle est relativementmoindre
encore dansles pluslongs , qui sont quelquefois flexueux (pl. I, fig. 1 a). Cesnoyaux
présentent en outre quelquesgranulationsgrisâtres, etpeuventmême
offrir
un
ou deux nucléoles de 1 à2millièmes de millimètre.Il n’est pas rare de lesvoirsaillants
du
côté de la face externe des paroisdu
capillaire, (pl. I, fig. 2««); leplus souvent ilssontcontenus dans le milieu de l’épaisseurmême
de la tunique; on en voit aussi qui font sailliedu
côté de la cavitédu
capillaire, demanière
à rétrécir son calibre àceniveau(pl. I, fig. 1 et2 bb). L’acide acétique qui pâlit la tunique, n’exerceaucune
action appréciable sur ces corpuscules.Dans
les capillaires de 0,007 à 0,010de
millimètre, lesnoyaux
forment ordinairementune
série simple dans la- quelle ils sont assez régulièrement espacés; parfois aussion
les voit très- rapprochésles uns des autres.Ilspeuvent seprésenter déposés alternativement d’un côtéetdel’autre,
ou
d’un seul côté,ou
bien enfin, il peuvent formerdeux
rangées parallèles placées directement en face l’une de l’autre. Assez souventon
rencontreun noyau
à l’angled’abouchement
dedeux capillaires.Cequ’il y ade plus importantànoter par l’observation etladétermination de cette tunique, c’est
que
lesnoyaux
ovales ont leur grand diamètre paral- lèle à l’axe longitudinaldu
vaisseau; ce caractèrenousfournira plusloinun moyen
très-simple pourdistinguer les deux tuniquesdescapillaires de la se- conde variété.Ilestbond’observer
que
danslescapillairesduvieillard latuniquehomogène
descapillairesseremplitnaturellementdegranulationsgraisseuses(pl.I,fig.3), de telle sorte
que
cette altérationathéromateuse ou graisseuse qui souvent devient causedephénomènes
morbides,estun
faitdemodificationsénilenatu-relle aux capillaires. J’yreviendrai plus loinentraitant desaltérationsde ces vaisseaux.
Quant
aux caractères fournis parl’inspection des capillaires d’un adulte, ils offrentune
grande généralité aussi bien suivant les différentes parties de l’organismeque
suivant des organismes différents. Toutefois lesnoyaux
des parois peuventêtreun
peu plus ouun peu moins
abondants danstel
ou
tel tissu ; M.Robin
croit avoir constatéque
lesnoyaux
sont plus rap-V
—
5—
prochés dansles capillaires
du
rein,dans ceuxdu parenchyme
testiculaire et de quelques glandes,que
dans le cerveau, la pie-mère, lepoumon,
etc.Seconde variété.
— En
passantà des capillaires qui onten diamètre plus de 0mm,025
ou
0mm,030 et ordinairement
moins
de 0mm,070 de millimètre,nous
avons des vaisseaux pourvus d’une double paroi.La
plus interne n’estque
le prolongement de celle qui constitue seule les capillaires de la première variété; seulement, elle détermine
un
canal dont lecalibre est plus grand;elle est appliquée etsoudéeà la face interne dela tunique extérieure,detelle
manière que
nulle trace de leur union ne semontre
ni sousforme
de ligne ni sousformed’intervalle.Du
reste la disposition de sesnoyaux
et leur direction la distinguent faci-lement de la suivante.
Une
particularité relative aumode
de rupture des deux tuniques et dontil sera question plusloin, la fait égalementdistinguer
mécaniquement,
avec netteté, etdonne beaucoup
de valeur à la distinction basée sur la direction longitudinale des noyaux. Il est à noterque
dans la plupart des capillaires, àmesure que
leur diamètre s’élargit, lesnoyaux
dela tuniqueinternes’écartentlesuns des autres, de telle sorte
que
l’intervalle qui les sépare devient plus grandque
celui qu’on observe entre lesnoyaux
des épithéliums à cellulesmême
très-larges, telque
celuide l’œsophage.Ce
fait suffit, d’aprèsM. Robin, pour éloigner tout
rapprochement
decesnoyaux
avec ceux d’un épithélium qui tapisserait la face interne des capillaires decette variété etmême
de la troisième. Il est presque superflu d’ajouter qu’on nevoit entre cesnoyaux
de la tuniqueinterne ,aucune
ligne circon- scrivant lesformes polygonales propresaux cellulesdes épithéliums des gros vaisseaux.La
deuxièmemembrane
caractéristique des capillaires de cette variété est plus épaisseque
laprécédente; elleade0”m,002
jusqu’à 0mm,004demillimètre;
sa substance
amorphe
aurait lemême
aspectque
celle des plus petits capil- laires, si elle n’était toujours finement granuleuse (Ch. Robin).Ce
qui la distingue encore, c’est la présence denoyaux
allongés(PL
II, fig. 1.),noyaux
dont le plus long diamètre est disposé perpendiculairement à l’axedu
vaisseau,au
lieu d’être parallèle à cet axe,comme
dansla tuniqueinterne ou tunique descapillaires dela première variété.Tout
aussihomogène que
la substance des capillairesde la premièreva- riété, elle est également sans fibres, stries, ni éraillures. L’acide acétique neladétruit pas, maisla rend un peu plus transparente et la gonfleen rendant ses
noyaux
plus évidents.-
6—
Les
noyaux
de cette seconde tunique sont plusnombreux que
ceux de la couche interne. Ils sont ovales, étroits, allongés, leur longueur peut at- teindre 0“m,045, tandisque
leurlargeurdépasserarement
0mm,
005 ou
0mm,006.
Il n’est pas rare delesvoir légèrementflexueux àbords
un peu
irréguliers, avec des extrémités souvent terminées en pointe. Ils sont incolores,un peu
grisâtres par suite de la présence de fines granulations moléculaires dans leur épaisseur, et leplus souvent sans nucléoles. L’acide acétique est sans action sur eux.
Ilest
un
fait physique, dépendantuniquement du mode d’examen
qu’on emploie pour l’étude de ces capillaires, qui doit être noté ici. Les
noyaux
transverses se présentent telsque
nous venons deles décrire, lorsqu’on lesexamine
vers l’axedu
cylindre vasculaire. Maisceux qui se trouvent sur lesbordsde la préparation (suivant l’expression de laboratoire) entre les
deux
lignes parallèles qui, de
chaque
côtédu
capillaire, limitentl’épaisseur de sa paroi (PI. II, fig. 1.), ceux-là, dis-je, ne se présentent plus à l’observateur dans le sens de leur longueur, mais par leurextrémitémême. Ce
n’est plus alorsune coupe
longitudinaledesnoyaux
qu’onvoit, mais lacoupe
transver- sale qui est circulaire; ce qui faitque
les bords des capillaires de cetteva- riété semblent pourvus d’une rangée de petitsnoyaux
ronds plusou moins
rapprochés, qui ne sont
que
lesnoyaux
allongés vus par le bout.La deuxième membrane
ànoyaux
transversesne
semontre
pas brusque-ment
sur les capillaires dela premièrevariété; M.Robin
ayantexaminé une
assez grande étendue d’un vaisseau pour constater
où commence
cette va- riété, a vupeu
àpeu
desnoyaux
transversesou
obliques à l’égard desnoyaux
longitudinaux semontrer
sur le capillaire, sansque
d’abord saparoi soit plus épaisse; leschoses restent ainsi dansune
longueur de deuxou
troisdixièmes de millimètre, mais en faisant glisser la
lame
porte-objet dema-
nière à voir
une
plus grande longueur de vaisseau, on arrive insensiblement à des parois de3 à 5 millièmes de millimètres, offrant la disposition anato-mique que
j’ai fait connaître.Un
accident de préparation assezfréquentpermet
encore dedistinguerlesdeux
couches, c’estque
dans les ruptures de capillaires opéréespar la dila- cérationaumoyen
des aiguilles, lesdeux tuniques serompent
assezsouvent à des niveaux différents.Henlequi a parfaitementdécritlapremière variété,
admet
dansla seconde, outre la tunique ànoyaux
ovales entravers,une couche
intérieure d’épithé- liumnucléaire. Jen’aipasvucette coucheépithélialemême
danslescapillaires—
7de la troisièmevariété et M. Ch.
Robin
qui a fait à cet égard denombreuses
observationsn’a jamais rencontrécette couche épithéliale.Un
véritable épi- thélium existe bien chez l’embryon, surlatuniquecommune
de Bichatdansles artères etlesveines.
A
partir de la naissance, cetépithélium ne se ren- contre plusque
parpetits groupes decellules isolées,mais rien de semblable ne se présente pourles capillaires.Nous
réduironsdonc
la composition ana-tomique
des capillaires de ladeuxième
variété à ce qu’elle est, c’est-à-dire à deux tuniques : l’interneànoyaux
ovales eplong, l’externe ànoyaux
ovales en travers.Il est
une
particularité décrite parM. Robin
dans ses cours, c’estque
dans le tissucellulaire, dans les glandes, lesnoyaux
transverses sont géné- ralement plus abondantsque
ceux de lamême
tunique des capillairesdu
cerveau, de la moelle épinière et
du
tissu médullairedes os. Cet anatomiste décritd’autre part des capillaires se rencontrant surtoutdans la moelle et lecerveau, dans lesquels la tunique externe est
pourvue
denoyaux
sphéri- ques au lieu denoyaux
allongés et sansmélange
de ceux-ci, ni continuité avecun
capillaire de cettemême
variété ànoyaux
allongés. Cesnoyaux
sphériques sontinégalement distribués dans l’étendue d’unmême
capillaire (pl. I, fig.5);tantôt ils sont très-rapprochésdemanière
àmasquer
lesnoyaux
longitudinaux de la tuniqueinterne, tantôt au contraire ils sont assez éloi- gnés lesuns
des autres. Cesnoyaux
sphériqueslarges de 0mm,005 à 0mm,007, assez granuleux, sans nucléole,se rencontrent chez; l’adulte
comme
chez les vieillards etles enfants. Enfin, sans empiéter sur ceque
je dirai des vais- seaux larges de cettedeuxième
variété ou de la première dans le cancer, ilimporte de noter encore qu’il n’est pas rare de trouver, dans le cerveau en particulier
ou
dans la pie-mère, des capillaires ànoyaux
ronds qui,
pourvus seulement des
deux
tuniques décrites plus haut, ont le diamètre des capillaires de latroisième variétéetmême
plus, c’est-à-direquelquefois jusqu’à 0m"%135 (comparer la fig. 5, pl. I à la fig. lide lamême
pl.).La
tunique externe des capillaires de ladeuxième
variétéou
àdeux
tu- niques, est plus sujette aux dépôts séniles de gouttes graisseusesque
la tu- nique interne. D’après M. Robin, lorsqu’on trouve des gouttes graisseuses dans les capillaires àune
seule tunique,on
est sûr d’en observer en plus grande quantité encore dans ceux de ladeuxième
, et surtout dans leur tu- nique externe. Sur des sujets morts d’affections les plus diverses,on
peut rencontrer des capillaires devenus presque opaques par suite de la grande quantité de gouttes graisseuses déposées dans l’épaisseur de leur paroi, et—
8-
surtout dans la tunique externe. Il n’est pas rare alors de voir les
noyaux
transverses de cette dernière avoircomplètement
disparu, tandisque
lesnoyaux
longitudinaux dela tuniqueinterne persistent (tel était le casdu
ca- pillaire cérébralque
j’ai fait figurer pl. II, fig. 2); quelquefois enfin lesnoyaux
longitudinaux de la tunique interne ont disparu aussi bienque
les précédents.On
peutdu
reste trouver cette altération dansune
partie plusou moins
limitéedu
cerveau, de la pie-mère, desmuscles ou autres tissus et rencontrer les capillaires avec leur étatnormal
dansune
région toute voi- sinedu même
organe, sansque
rien puisse fairecomprendre
la cause pre- mière de cette inégalitéde distribution de la lésion. C’estdans ladescription des capillaires pris eneux-mêmes que
j’aidû
signaler ces dispositions, car
on
les trouve déjà sur des sujets âgés seulement de 50 à 60 ans et dans des organescomplètement exempts
de la lésion qui a causé lamort du
sujet observé.Troisième variété.
—
Les capillaires de celte dernièrevariété ont de 0,060 à 0,130 de millimètre.Un
caractère des plus tranchés les distingue, c’est l’adjonctiond’unetroisièmetuniqueauxdeux
précédentes(pl. I, fig. h, a, a,b).Cette nouvelle tunique extérieure, véritable couche adventice, est
ondu-
leuse, striée longitudinalement(fig. â, c, d).La
striation ydépend
de fibres flexueuses dans le sensde la longueurdu
vaisseau, fibres analogues à cellesdu
tissu lamineux. Cettecouche
qu’on surprend quelquefois s’ajoutantpeu
àpeu aux
capillaires de ladeuxième
variété (pl. I, fig. h, b, b),mince
d’abord , prend bientôtune
épaisseur de 10 à 12 millièmes de millimètre.L’acide acétique,l’acideazotiqueétendu,gonflentlesfibresdetellesorte
que
dans le capillaire traité parces réactifs, la troisième tuniquedouble et triple d’épaisseur.On
observe alors quelquefois, dans son épaisseur, desnoyaux
fibro-plastiques, offrant diverses directionsquiauparavant étaient invisibles;
on
y rencontre aussi, dans certains cas, des fibres de tissu élastique, inso- lubles dans l’acide acétique,
peu
flexueuses,rarement
bifurquées et assez courtes pour qu’on en voie lesdeux
bouts. Cette troisième tunique se dis- tinguedonc
nettement des deux autres tuniques parfaitement reconnaissa- bles,du
reste, à leursnoyaux
diversementdisposés et offrant toutesles par- ticularités décritesprécédemment
(pl. I, fig. h, e, e).Néanmoins,
dans cette troisième variété, ladeuxième
tunique, lorsqu’on arrive à des capillaires de 0,150 de millimètre, n’est plus parfaitementhomogène
, elle se strieen
travers, résiste à l’action de l’acide acétique, tandis
que
la tunique interneelle-même
tend à prendre l’aspect de la tuniquecommune
de Bichat, c’est-—
9—
à-dire qu’elle devientfibroïde etperd ses noyaux.
Ce
n’est pas tout: lacom-
plexité des capillaires dans cette troisième variété, estassez
prononcée
pour qu’on puisse distinguer ceux qui s’abouchent avec des artères, de ceux qui s’abouchent avec les veines.En
effet, à diamètre égal, la paroi totaledu
capillaire veineuxest plus
mince que
celledu
capillaire artériel. Cette diffé-rence se présente
même
pourun
capillaire veineux dont le diamètre total dépasseceluidu
capillaire artériel.On remarque
en outreque
le capillaire veineux, qui est venu s’accoler parallèlement à
un
autre conduit, est ordi- nairement gorgé de globules sanguins , tandisque
l’artériel en contient à peine.Je viensd’écrireles
mots
capillaireartériel,capillaireveineux,et ces expres- sions pourraient être prises
comme un
aveu en faveurdeceuxquin’admettent pas la distinctionanatomique
et physiologique des capillaires ; il estdonc
nécessaire, avant de poursuivreun
tel sujet, dedonner
à cet égard quelques explicationspour
préciserune
proposition qui , au début de ce travail, ne pouvait avoirqu’un
caractère très-général.Le
capillaire sanguin, ai-jedit, doit être considéré à part,comme
le fait Bichat. Mais faudra-t-il ranger sous ce pointde vue les trois variétés de ca- pillaires dontje viens dedonner
les caractères essentiels? C’est là le point sur lequel il faut fixer les idées.Au
point de vue anatomique, je diraique
les capillaires de la première variété, àune
tunique, et les capillaires de la seconde, àdeux
tuniques, doiventêtre considéréscomme
des capillairesproprement
dits, tandis
que
la troisième variétéembrasse
une
catégorie intermédiairede vaisseaux dans lesquels se mêlent les caractères des capillaires de la seconde variété et les caractères des vaisseaux de distribution, artères, veines. Et demême que
sur certaines surfacesmuqueuses on
voit des épithélium prendre desformes intermédiaires, des formes de transition, demême
on peut direque
la troi-sième variété descapillaires représentedes vaisseaux de transition.
Dans une
science aussicomplexe que
celle de l’organisation,on
ne doit pas s’attendre à trouverla simplicité qu’onremarque
dans lesphénomènes
astronomiquesou même
physiques.On
estdonc
obligé d’y multiplier lesprocédés d’observations, les artifices logiques.
Or
l’admission des vaisseaux delatroisième variété, dans l’histoire des capillaires, doit être précisément considéréecomme un
véritableartifice àl’aide duquelon
faitmieux
ressortir ce qu’il y a de vraimentprécis dansun
tel sujet. Kôlliker, dans sonManuel
d'anatomie générale, confond, sousle
nom
de vaisseaux detransition, les ca- 210
pillairesde la
deuxième
et de latroisième variété; il partage à cet égard levague de la description deHenle, maisil a égalementbien décrit la tunique des capillaires de la première variété. Ces éclaircissements indispensables étant donnés, je vais poursuivre l’étude des caractères des capillaires san- guins,au
moyen
dedocuments empruntés
à la comparaison età l’expérimen- tation pathologique.Une
observation générale résultée de l’étude des capillaires suivant les âges, c’estque
dans l’accroissement généraldel’organisme,ladimension des vaisseaux estfonction de leur structure. Telle veine ou artère qui àson état parfaitestmunie
de ses diverses tuniques, aura parexemple
la constitution des capillaires de latroisième variété, tantque
lesdimensions n’excéderont pasun
dixièmeou
deux dixièmes de millimètre. M. Ch.Robin
arécemment
encore vérifié cette loi sur l’artèrebasilaire et les veinesde la pie-mère arri- vantau sinus longitudinal supérieur d’un fœtus âgé de quatre mois etdemi
environ.Tous
les vertébrés chez lesquels on apu
isoler des capillaires les ontofferts avec les caractères
que
je viens de tracer.Parmi
les mollusques, les céphalopodes et les gastéropodes ont égalementprésenté descapillaires avec lamême
constitution.Une
observation caractéristique se rapporte à la nature des lacuneschezlesmollusques prétendusdégradésdansl’hypothèseerronée
du
phlébentérisme.C’est
que
danslesinterruptions apparentesde l’appareil circulatoire, le sangne
baigne pas ànu
les organes, maisbienune
tunique tapissant les préten- dueslacunes, tunique dontla constitution est lamême que
celle des capil- laires de la première variété. Il en est demême
chez les insectes, les raies etleslamproies,où
lesystèmevasculaire offre desdispositions analogues(1).Mais quel
exemple
plus caractéristique à citerque
celui des capillaires dela
muqueuse
utérine, qui,pendantlagrossesse, se dilatent sousforme de sinus, sansque
leur constitutionanatomique
change, ainsique
l’ontdémontré
lesrecherches de M. C. Robin.
Pour donner
encore plus de généralité à cette notion des capillaires, jedonneraiici deux
remarques
spécialessur lescapillaires destumeurs
cancé- reuses et des faussesmembranes.
Lesvaisseaux propres
du
cancer sont devéritables capillaires. M. Rroca(2). • .• .
'
(!) Rapport surlephlébentérisme. MémoiresdelaSoc. de biologie, 1851.
(2) Anat. pathol. ducancer,Mémoires deCAcadémiede médecine,t. XVI, Paris, 1851.
—
11-
a très-bien décrit leur paroi hyaline, transparente,
parsemée
denoyaux
caractéristiques; seulement, il fautremarquer que
leur calibre est ici plus considérableque
dans les capillairesnormaux. On
peut rencontrer dans cestumeurs
cancéreuses,des capillaires àune
seule tunique, qui ont jusqu’à 0,500 à 0,600 de millimètre.Ces faitsparticuliers et quelques autres fournis par l’étude
du
développe- ment, n’infirmentpas laloique
j’aiétablie plus haut, sur la relation qu’il y a entre lastructure etles dimensions des capillaires.Dans
lescapillaires des faussesmembranes,
d’après M. Gaillet(l), la paroi se présente sousforme
d’une petite ligne plus transparenteque
lagangue pseudomembraneuse.
Elle estparsemée
denoyaux
ovales,comme
dans les capillairesnormaux,
seulement,cesnoyaux
y sontmoins nombreux;
la tu- nique elle-mêmeestfinementgrenue.Une
description àpeu
près analogue a étédonnée
par M. Gairdner(2).On
peut voir, dès à présent, par ces courtes indications comparatives, le très-haut degré de généralité qu’offre la tunique des capillaires, et nouspouvons
aussi porter plus de précision relativementà ce qu’ilya d’essentiel dansune
telle formation.*En
effet, silemot
decapillaire indique laforme
la plus ordinaire sous laquelle se présente la substance
même
de ces vais- seaux,la considération des sinus utérins, des sinus chez diversplagiostomes, chez les Insectes, les Mollusques,nous
préserve de confondreun
capil- laire sanguin, si petit qu’il soit, avecun
élémentanatomique
; car dansle capillaire, la forme peut subir de très-grandes modifications, tandisque
ce qu’ily ade vraiment élémentaire, c’est la substance
homogène parsemée
denoyaux
quiforme
la premièreou
ladeuxième
tunique.—
Il n’y a dans l’organisme animal qu’un élémentanatomique
dont la forme tubulaire est essentielle, c’est le tube nerveux.
Cette histoire générale des capillaires sanguins doit se compléter ici par quelques dédails, d’une part, sur leur développement, d’autre part, surles principales altérations qu’ils peuvent présenter.
DÉVELOPPEMENT DES CAPILLAIRES.
Au
milieu desnombreux
travaux exécutés sur les développements des vaisseaux, je m’adresserai particulièrement à celui deMM.
Prévost et1) Recherches sur les lésionsanévrismatiques desvaisseaux capillaires. Thèse deParis, 185&
(2) MonthlyJourn. of medic. science,octobre1851.
12
—
Lebert, dans lequel ces deux observateurs ont soigneusement évité les
errements delathéorie cellulaire.
En
considérant ici ce quise rapporte strictementà l’étudedes capillaires,
voici quels sont les
documents
les plus positifs qu’on peut prendre sur ce sujet.Dans
la substance des branchies d’un têtard de 7 à 8 millimètres,on
voitàlaplace
que
doiventoccuperlesvaisseaux, des globulesqu’ils appellent organoplastiques de 0,02 à 0,03 de millimètre remplis de granules, etune
substance intercellulaire granulo-vésiculaire; àmesure que
les branchies grandissent, les granules et les vésicules diminuent, deviennent plus dia- phanes et s’écartent pour laisserentre eux l’espace qu’occuperont bientôt les vaisseaux.— La
première circulation ne les creuse pas; les vaisseaux se forment dansune membrane
qu’ilsnomment
hémoplastique.Quand
les voies principales sontétablies, ilse forme de touscôtésdesvais- seaux decommunication
donton
suit très-bien le développement dans laqueue
de la Grenouille etdu
Triton.On
ne voit d’abord desdeux
côtésdelacordedorsale,
que
les globulesserrés et opaquesque
Prévost etLebert appel- lentorganoplastiques; ceux-cideviennentensuite plus transparentsetanguleux parjuxtaposition ; enfin ces globules s’écartentcomme
dans lesbranchiesetil se
forme
ainsi des arcs collatéraux passant directement d’une petite ar- tère àune
veine ; puis, entre ses arcs secondaires se développent des arcs tertiaires allant toujoursdu
système artériel au système veineux; la di-mension
de ces capillaires varie entre 0,016 et 0,025 de millimètre; leurs parois sont partout distinctes, nulle parton
nevoit deglobules errer dansla substance de la queue.Dans
tousles cas, les capillaires se forment d’unemanière
centifruge, et toujours sousl’influence de la circulation générale.MM.
Prévostet Lebertn’ontjamais observé dans l’embryon des
animaux
vertébrés, des vaisseaux se formantindépendamment
de la circulation générale et finissant par y aboutir.Des
observations faitespar M. Ch.Robin
sur les larvesdu
Triton cristatus lui ontmontré
desfaits semblables, dontilm’a communiquéles
dessins; dansla
queue
decesanimaux
ayant déjà 12 à 15 millimètreset nageant librement dans l’eau,on
peut voir, ausommet
des arcades vasculaires simplesque for-ment
lesbranchies quidel’aorte se recourbentsimplement
pourrentrerdansla veinecave,
on
peut, dis je, voir(pl. Il,fig. l\ a,à, c) sefaire
un
petitpro-longement
au cul-de-sac, de la largeurdu
vaisseau d’où il part; ce cul-de-—
13sac s’allonge
peu
àpeu
et d’unemanière
assez notablepour
qu’on puisse s’apercevoir d’une différence de longueurdu
conduit dans l’espacede deux heures environ. Il n’est pas rare de voirun ou
plusieurs globules blancssur- tout et quelquefois des globules rouges s’engager dans ce cul-de-sac et y de-meurer
(fig. 1x b).Quand
ces prolongements en cul-de-sac ont acquisune
certaine longueur en dehors des muscles de laqueue, dans le tissu cellulaire sous-cutané,ou mieux
dans la substancehomogène
à peine striée qui le re- présente, levaisseauserecourbe vers son extrémitéets’allonge alors parallè- lement à l’axedu
corps (fig. l\ f), pendant qu’un conduitvoisinenfaitautant(fig. ha,b); quelquefois, avantdeserecourber, le
prolongement
en cul-de-sac envoie latéralementune
branche qui s’allonge de lamême
manière jusqu’à ce qu’elle rencontreun
vaisseau dans son voisinage (fig. à, f).Si nous passons aux recherches faites sur l’embryon
du
Poulet,nous
aurons desphénomènes
analogues à noter. Après la 2âe heure de l’incuba- tion,on
reconnaît autour des plis caverneuxdu capuchon
céphalique, lespremiers vestiges des vaisseaux dont l’existence est bien manifeste après la
28e heure.
Sur
l’œufincubé depuis 32 heures, les plus petitscanaux
ontde 0,020 à 0,025 de millimètre en diamètre;—
les vaisseauxcommencent
tout prèsdu
cœur, etquoique séparés par des globules,on
voit le parallélisme entre lescanaux
vasculaires et lesbranches quirenfermentlecœur. Nulle part encore ne semontrent
les globules.—
Les vaisseaux, sur plusieurs points de leur trajet, présententdelégères saillies latérales, ou des éperonsqui finissentpar serencontrerentre deuxvaisseaux.A
partirde la3A
e heure,on
voit des glonules sanguins dans quelques ca-pillaires, tandis
que
lecœur
qui est encommunication
avec les premiers vaisseaux est encore sansmouvement. —
Après 35 heures d’incubation,on
voitencore,lelongdes vaisseaux, des éperons latéraux quitendentlesunsvers les autres, entre
deux
vaisseaux.—
C’est surune
observation insuffisante de ces éperons et desinterstices vasculaires,que Schwann
a basé son expli- cation cellulairedu développement
des vaisseaux.C’est à partirde la36eheure,
que
les premiersmouvements
péristaltiquesdu cœur commencent,
alorsque
dans les parties périphériques se sont déjà développés des globules sanguins, qui ne prennent,comme on
le sait,une
teintejaunerougeâtre qu’après!a39cheured’incubation,
— époque
àlaquelle le tissu cellulaire estbien formé.A
35 heures, le diamètre des vaisseaux varie entre 0,01â et 0,056, de mil-—
14—
limètre; hh8 heures, il varie entre 0,016 et 0,160, et l’on distingue alors parfaitementles capillairesà 1 tunique, des capillaires à 2 tuniques.
Verslafin
du
3e jour, le vaisseau therminalcommence
à s’effacer; à la findu
àe, il a à peu près disparu; les vaisseaux sont alors plus réguliers,
on
ne voit plusdenouveaux
éperons; la différence entre les troncs vasculaires et lescapillaires devientde plus enplus tranchée,etles vaisseauxserapprochent de leurforme
complète et définitive.Ge
qui s’observe pourledéveloppementnormal
descapillaires se présente également par leurmode
d’apparition dans les produits accidentels.Lorsque
M. Guillot (1) a décrit,
pour
les tubercules pulmonaires, la for-mation
d’un réseau vasculaire, d’abord indépendant, qui s’aboucherait en- suite avec les artères bronchiques, il l’a fait avec tant de réserve qu’onne
peut aujourd’huilelui reprocher. Les formations de ce genre,mieux
obser- vées dans divers produits accidentels, se sont montrées toujourscomme
dé- rivantdes vaisseaux qui avoisinentlesformationsanormalessuivantlesmêmes
casqu’àl’étatnormal, et enparticulierd’aprèsle
mode
observé par M.Robin
dans laqueue
des larves de Triton, dontjedonne
la descriptionet lesdessins.ALTÉRATIONS DES CAPILLAIRES.
4
Je placerai en tête de cet
examen
Yaltération athéromateuse, assez fré- quente chez les sujets avancés en âge, pour qu’on puisse la considérercomme un phénomène
sénile, normal.Les différentes formes athéromateuses, stéatomateuses et mélicériques de ces dépôts ont été bien étudiées dans les artères. Depuis qu’ons’est familiarisé avec l’inspection des capillaires,
on
a vu également ces petitsamas
grais- seux se substituer aux éléments de la paroidu
capillaire et en rétrécir le calibre, souvent au lieu d’unamas
ce sont des granulations isolées.M. Ch.
Robin
en arencontré au niveau des dilatationsvariqueuses descapil- lairesdu
cerveau. Ces altérations sont àpeu
près constantes à partirde soixante-dix ans, mais
on
peut accidentellement les rencontrer,même
à partir de trente-cinq ans; chez les sujets morts d’apoplexie,on
trouvecette altérationdans presque tous les capillaires.Cette altération, dontj’ai noté plushaut les caractères en abrégé, d’après ce qu’on rencontre souvent sur des sujets morts de toute autreaffection
que
de maladiesdu cœur ou
des vaisseaux, offre lescaractères suivants :(1) tournai lExpérience, t. I
, p. 550, Paris1838.
15
Chez
les sujets morts d’apoplexieou
d’une autre affection, mais offrant des foyers apoplectiques anciens, on trouve, d’après
M. Robin
, les capil- laires de la première variété, soit dans le cerveau, soit dans les autres organes, parsemés de granulations graisseuses isolées,
ou
le plus sou- vent accumulées (pl. I, fig. 3). Ces granulationsoffrentlemême
aspectque
dans lescasoù
il s’agitsimplement
des capillairesdes vieillards dont il a été question plus haut; seulement, elles sont plusabondantes , disposées quel- quefoisen séries longitudinaleset plus souvent groupées en amas, qui déter-minent une
augmentation d’épaisseur des parois et font saillie, soitdu
côté de la cavitédu
vaisseau, soit au dehors (pl. I, fig. 3 a). Prisesen
elles-mêmes,
ces granulations graisseuses sont jaunâtres, à centre brillant, à contour net et foncé.Le
plus souvent elles sont sphériques et varient envolume
depuis 1 jusqu’à k millièmes de millimètre. Quelquefois les plus grosses, accumuléesou
non, sont polyédriques;on
peut les dissoudre parl’éther, mais seulement après avoir attaqué les parois
du
capillaire par l’a- cideacétique.Dans
lestumeurs
colloïdesnon
cancéreuses, dans lestumeurs
fibro-plastiquesetépidermiques, dansleshypertrophiesglandulaires, surtout celles des
muqueuses
, M.Robin
a trouvé lesmêmes
altérations. Je repro- duis, d’aprèscetanatomiste,une
figuredecapillaires ainsi altérés, pris dansune tumeur
colloïde (pl. I, fig. I). L’altération est surtout très-prononcée dans les parties de cestumeurs
qui offrent quelquefois desépanchements
sanguins. Toutefois les granulations graisseuses sont pluspetitesque
chezles individus apoplectiques; elles sont soit isolées, soit en séries longitudi- nales,comme
les grains d’un chapelet (fig. 1 c, c, d), soit enamas
occu- pantlequartou
la moitiédela largeurdu
cylindre (fig. 1 e, e).Cette altération se rencontre aussi dans les
tumeurs
cancéreuses, mais habituellement les granulations ysont plusrarement accumulées
; elles sont éparsesdansl’épaisseurdes paroisdu
capillairedanslesinterstices desnoyaux
et généralement de
volume
inégal. J’ai fait reproduireun
dessin de l’anato- misteque
je viens de citer, qui représente quelques-unes des particularitésmorbides que
jeviens de décrire (pl. II, fig. 3).Les altérations précédentes s’observent aussi sur les capillaires des
deuxième
et troisième variétés, danslesmêmes
cas etavec des particularités analogues danschacun
d’eux. Toutefois, c’est latunique ànoyaux
transverses qui, ainsique
danslesmodifications séniles, enestprincipalementattaquée.Les gouttes y sont habituellement plus grosses, en
amas
plus considé- rables, demanière que
faisant saillie, soit en dedans , soit en dehors, des—
16granulations volumineuses semblent devoir se détacher facilement
au moindre mouvement brusque
de pression surlecapillaire. Toutefois, elles sont encore assez fortement adhérentes, et quellesque
soient les oscillations qu’on fasse éprouver aux lamelles recouvrant les préparations,on ne change
en rien l’état des granulationsou
gouttelettes accumulées.Plus souventque
dans les capillaires dela première variété, les granulations sont ici polyé- driques, irrégulières, et quelquefois alors réfractent la lumière
non
simple-ment
en jaune, mais en luidonnant une
teinte rougeâtre.La
composition de ces matières grassesn’apu
être exactement précisée, maison
trouvera dans le Traitéde chimieanatomique deMM.
Ch.Robin
etVerdeil (1) les faits qui portent à penserque
la cholestérine, l’oléine, lamargarine et la stéarine en sont les principes constituantsfondamentaux
,comme
dans les concré- tions ditesathéromateuses des artères.Lésions anévrysmatiques.
—
Virchow, aupointdevuedesaltérationsde forme, distingue l’ectasie des vaisseauxen
simple (dilatation générale et uniforme), variqueuse (dilatation générale mais inégale), ampullaire, disséquante, ca- verneuse. M. Gailliet, dans son excellente thèsesur ce sujet, repousse avec raison cesdeux
dernières formes,comme
se rattachant à l’étude des lésions des dernières ramifications des artères et des veines etnon aux
capillairesproprement
dits.Dans
l’ectasie simple, la plus fréquente, les capillaires se dilatent d’unemanière
plusou moins
uniforme; siun
des points de la circonférence cède plus facilement, il seforme un
sac latéral, d’unvolume
variable :on
a alors l’ectasie variqueuse.Ou
bien toutela circonférencedu
vaisseauen un
point limité, se dilateen ampoule
: ectasieampullaire. Cetteampoule, aulieud’être régulièrementarrondie, peutêtre fusiforme,
ou
bien encoreun même
vais- seau peut présenterune
série de dilatations latérales. J’ai entendu professer àM.
Robinque
cetteforme
d’ectasie étaitcommune
dans les nævi-materni etdans lestumeurs
ditesérectiles de la peau et desmuqueuses
, sans parler de la dilatation générale des capillaires,et de leurs flexuosités ordinaires dans ces productions morbides. Ces déformations peuvent,comme on
le voit,offrirune
assez grandevariété.Elles peuvent dépendre,
comme
dansles artérielles, de l’altération athé- romateuse préalable de la paroidu
capillaire.Au
niveau de la dilatation la(1)Ch.RobinetVerdeil
, Traitéde chimie anatomique oudesprincipes immédiats ducorps de l'homme,etc. Paris1852, in-8°, t.III
,p.20 et suivantes.