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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00206566

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206566

Submitted on 1 Jan 1967

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Les dislocations dans la structure du tellure

J. Di Persio, J.C. Doukhan, G. Saada

To cite this version:

J. Di Persio, J.C. Doukhan, G. Saada. Les dislocations dans la structure du tellure. Journal de

Physique, 1967, 28 (8-9), pp.661-666. �10.1051/jphys:01967002808-9066100�. �jpa-00206566�

(2)

LES DISLOCATIONS DANS LA STRUCTURE DU TELLURE

Par

J.

DI

PERSIO, J.

C.

DOUKHAN,

G.

SAADA,

Institut de Physique, Faculté des Sciences de Lille

(1).

Résumé. 2014 Les auteurs étudient d’un

point

de vue

théorique

les

propriétés

des dislocations les

plus

stables de la structure du tellure. Ils montrent que des considérations

simples d’énergie permettent

de

comprendre

les

propriétés mécaniques

du tellure et

suggèrent quelques

effets

des dislocations sur le

comportement plastique

et

électrique

du tellure et du sélénium.

Abstract. 2014 The

properties

of dislocations in the tellurium structure are studied from a

theoretical

point

of view. Plastic

properties

are

explained

with

help

of

simple

energy conside- rations. Some effects of dislocations on the

plastic

and electrical behaviour of tellurium and selenium are

suggested.

1. Introduction. - La structure du tellure peut etre d6crite comme une assembl6e

p6riodique

de

chaines h6licoldales

r6parties

selon un motif

hexagonal,

la structure de

chaque

chaine se

reproduisant perio- diquement

tous les trois atomes

[1],

comme

indique

sur les

figures

1 a,

b,

c.

Les liaisons entre atomes d’une meme chaine sont

(1)

Faculte des Sciences, Boite

postale

36, 59-Lille,

France.

covalentes. Il est donc raisonnable de consid6rer que les atomes d’une meme chaine sont fortement lies tandis que les atomes de chaines distinctes sont peu lies. Ceci est en accord avec le fait que le tellure se

clive suivant les

plans prismatiques,

ce

qui indique

une

6nergie superficielle

faible suivant ces

plans.

Dans ce

qui suit,

nous allons 6tudier d’un

point

de

vue

th6orique

les

consequences

de cette structure en

chaine et de

1’anisotropie

des liaisons sur la creation

et le mouvement de dislocations.

FIG. 1.

a)

Maille cristalline du tellure.

b) Representation

d’un

plan

de base.

c) Representation

d’une chaine.

Dans cette

figure

et les suivantes, les

points repr6sentent

le reseau de Bravais, les cercles les

posi-

tions des atomes.

Tellure a = 4,44693

A ;

c = 5,91492 A Sélénium a = 4,35517

A ;

c = 4,94945 A.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01967002808-9066100

(3)

662

Nous examinerons successivement : les dislocations

parfaites (§ 2),

les d6fauts

d’empilement (§ 3),

les dis-

locations

imparfaites (§ 4),

et conclurons

au §

5.

2. Les dislocations

parfaites.

- Les dislocations

parfaites susceptibles

d’exister sont celles

qui

ont

1’energie

la

plus

faible

[2],

c’est-h-dire celles

qui

ont

les

plus petits

vecteurs de

Burgers.

Nous consid6rerons donc les trois cas suivants :

- Dislocations de vecteur de

Burgers +

c que nous

appellerons

dislocations c ;

- Dislocations de vecteur de

Burgers +

a que nous

appellerons

dislocations a ;

- Dislocations de vecteur de

Burgers ±

a ± c que

nous

appellerons

dislocations a + c ;

ou a est l’un

quelconque

des vecteurs I

a1 =:t a2 =:t

a3

joignant

deux atomes du

plan

de base et c le vecteur

joignant

deux atomes

homologues

le

long

d’une chaine.

Notons que toutes ces dislocations admettent les

plans prismatiques

comme

plans

de

glissement

et que les dislocations a + c peuvent resulter de l’interaction de dislocations a et c.

Notons

6galement

que pour toutes ces dislocations le

glissement

dans des

plans

ne passant pas par l’axe c

implique

la rupture et le recollement successifs de liaisons covalentes. On s’attend donc a ce que, tout au moins a une

temperature

relativement

basse,

le mouvement des dislocations s’effectue

beaucoup plus

facilement dans des

plans parall6les

a 1’axe c.

Parmi ces

plans,

les

plus

denses

[3],

c’est-a-dire les

plans prismatiques,

seront les

plus

favorables au

glissement.

Nous allons maintenant examiner les

propri6t6s particuli6res

a chacun des trois types de dislocations.

DISLOCATIONS a. - La creation de dislocations a

purement

vis ne pose aucun

probl6me particulier.

Par contre, pour la creation de dislocations a

poss6-

dant une

composante coin,

deux cas peuvent se

pr6-

senter : si le

plan

de

glissement

de la dislocation est un

plan prismatique,

la criation de la dislocation ne

nécessite pas la

rupture

de liaisons covalentes. Dans le cas

contraire,

il est n6cessaire de créer des liaisons covalentes non satur6es

(sin /a

par unite de

longueur

pour une dislocation faisant

l’angle §

avec son vecteur

de

Burgers

et situee dans le

plan

de

base).

DISLOCATIONS c. - Ni la creation ni le mouvement

d’une dislocation c vis

n’impliquent

la

rupture

des liaisons covalentes.

La creation d’une dislocation c a

composante

coin

n’implique

pas forc6ment la

rupture

de

chaines,

il

suffit de

prendre

comme surface de coupure le

plan

de

glissement

de la

dislocation;

les meme consid6ra-

tions

s’appliquent

au mouvement de la dislocation dans son

plan

de

glissement.

Notons,

en outre, que la

répartition

des atomes dans

le coeur

depend

de l’orientation de la dislocation par

rapport

a 1’axe c. I1 y a la un terme

d’6nergie supple-

mentaire difficile a 6valuer et

qui

stabilise sans doute

les dislocations

parall6les

a 1’axe c.

DISLOCATIONS C + a. - Les memes remarques permettent de montrer que les seules dislocations c + a dont la creation n’entraine pas la

rupture

de chaines

sont celles

qui

sont situ6es dans le

plan prismatique

contenant leur vecteur de

Burgers.

Il en est de meme

pour leur mouvement.

3. Ddfauts

d’empilement.

- Nous allons définir deux types de d6fauts

plans correspondant

a une

rupture de la

periodicite

sans rupture des liaisons covalentes. De tels d6fauts doivent avoir une

6nergie

relativement faible.

DEFAUTS D’EMPILEMENT DES PLANS PRISMATIQUES. - Considérons un ensemble de deux cristaux de

tellure,

accol6s selon un

plan prismatique

et décalés

de ± 1

c ;

la situation dans un

plan

de base est

representee figure

2. On peut

egalement consid6rer,

par

analogie

FIG. 2. - D6faut

d’empilement

P.

a)

Section du

plan

de base.

b)

Section d’un

plan prismatique.

(4)

avec les situations d6crites dans d’autres

syst6mes,

que l’on a affaire à un cristal de tellure contenant un

d6faut

d’empilement

que nous

appellerons

d6faut P.

Notons que ce d6faut s’obtient en

déplaçant

les

chaines les unes par rapport aux autres sans modifier les liaisons covalentes.

Nous consid6rons maintenant des d6fauts que nous

d6noterons par

B,

situ6s dans le

plan

de base et

resultant de la

suppression

ou de l’insertion d’un ou deux

plans atomiques supplémentaires,

selon les sch6-

mas des

figures

3 a, b.

L’énergie

de ces d6fauts

correspond

a

1’energie

n6cessaire pour faire tourner les liaisons covalentes.

FIG. 3.

a )

Def aut

d’empilement

B.

b)

Defaut

d’empilement

B.

FIG. 4.

a)

Dissociation d’une dislocation vis c dans un

plan prismatique

selon la reaction

(2).

Representation

dans le

plan

de base. - Nous n’avons pas fait

figurer

les atomes voisins des dislocations vis.

(5)

664

b)

Dissociation d’une dislocation vis c dans trois

plans prismatiques. fquilibre

instable et

representation schematique

de la dissociation

(2).

c) Representation sch6matique

de la dissociation

(2). fquilibre

stable.

d )

Def aut en

zigzag.

(6)

Les relations entre ces deux types de d6fauts vont nous

apparaitre

de manière

plus

claire au

prochain paragraphe.

4. Dislocations

imparfaites.

- 4.1. DISSOCIATION

DES DISLOCATIONS C. - Les dislocations c peuvent se dissocier selon les reactions :

La seconde reaction est

énergétiquement plus

favo-

rable,

mais les

dislocations 3 2

c peuvent

e g alement

exister. 3

Notons deux

particularites importantes

des dis-

locations 1 locations c.

3 c.

Dislocations vis : Elles

glissent

sans difficult6 dans

n’importe quel plan prismatique.

Notamment la reac- tion

(2)

peut se

produire

soit dans un

plan prismatique,

soit dans trois comme

indique

sur les

figures

4 b et c.

Une situation

analogue

a ete decrite dans les

syst6mes cubiques

centres

[4], [5]

et montre que la

configura-

tion 4 c

correspond

a un

équilibre

stable. Les dislo-

cations -

3 c limitent alors les d6fauts P. Noter

qu’il n’y

q y

a pas de dislocation a l’intersection des d6fauts P sur

des

plans prismatiques

distincts. Ceci permet de

pr6-

voir l’existence de d6fauts P en

zigzag

comme sur la

figure 4 d,

ou meme en tubes.

Notons

egalement qu’un

d6faut P peut etre limit6

par un defaut B comme

indique

sur la

figure

5.

- Dislocations coin : Elles limitent un d6faut B dans le

plan

de base. Leur mobilite dans le

plan prismatique

est donc li6e a la

possibilite

de

d6placer

de

plan

en

FIG. 5. - Def aut P limite par un def aut B.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 28. N°a 8-9. AOUT-SEPTEMBRE 1967.

FIG. 6. - Defaut B limite par une dislocation coin.

plan

la liaison covalente mal

orientée,

c’est-a-dire le d6faut

B ( fig. 6).

Des considerations

analogues s’ap- p 1. Iquent

aux

dislocations 2

c.

pq 3

4.2. INTERACTION DES DISLOCATIONS. - 4.2.1. Dis- locations

imparfaites

et dislocations

parfaites.

- La r6action

Des considerations

analogues

aux

pr6c6dentes

mon-

trent que les dislocations ainsi cr66es limitent un

d6faut P si elles sont

paralleles

a c et un d6faut B

si elles sont

perpendiculaires

a c. On d6crirait de meme la reaction d’une dislocation a + c sur les

dislocations 1

c

2 2 C.

3 3 3 c.

Notons

qu’une

dislocation a

glissant

dans un

plan prismatique

peut couper un d6faut P suivant le schema

represente figure

4 d. La situation est

analogue

pour une dislocation c + a.

4.2.2. Riactions de

jonction.

- Il peut se

produire

des reactions de

jonction [6]

entre deux dislocations de

type

a, selon un m6canisme

d6jA

decrit pour les solides

ioniques [7]

et les métaux

cubiques

a faces

centr6es

[8], [9].

4.2.3. Crans. - La formation des crans peut avoir dans la structure du tellure des

consequences parti-

culi6res. Considérons par

exemple

une dislocation coin de

type

a

glissant

dans un

plan prismatique

et

coupant

une dislocation vis de type a dans un autre

plan prismatique.

Le cran forme sur la dislocation coin peut

glisser

avec

celle-ci,

mais il doit pour cela couper des liaisons

covalentes,

ce

qui

a pour effet de freiner son mouvement

[6].

5. Conclusion.

- Jusqu’ici,

les dislocations ont sur- tout ete observees a 1’aide de

techniques

de

figures

43

(7)

666

d’attaque [6], [10], [11],

ce

qui

ne permet pas de v6rifier les

previsions pr6c6dentes.

De

meme,

1’etude de la

plasticite

n’a ete faite que dans des cas

particuliers [6] qui permettent

de confir-

mer

qu’h temperature plus

basse ou

6gale

a 3000K

le

glissement

s’ effectue sur les

plans prismatiques

selon

les directions a. I1 ne semble pas que d’autres

plans puissent

servir de

plan

de

glissement.

De

meme,

la

géométrie

tres

particuli6re

utilis6e

[6]

n’a pas

permis

de mettre en evidence de

glissement

selon des sys- t6mes c ou c + a.

De

meme,

il

n’y

a pas eu d’6tude du

comportement

plastique

a des

temperatures sup6rieures

a l’ambiante.

Les considerations que nous avons

d6velopp6es

per- mettent de

pr6dire qu’h

relativement haute

temp6-

rature,

T >

200

OC,

ce comportement doit etre tres différent du comportement a basse

temperature.

Enfin,

la creation de liaisons non satur6es soit du fait de la

presence

des

dislocations,

soit du fait des d6fauts

ponctuels

cr66s par les

impuret6s,

doit influencer la conductivite

electrique

du tellure. Ce

point

a 6t6

6tabli

expérimentalement [12].

Manuscrit reçu le 16 février 1967.

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