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tournée vers ses divinités païennes, la transformation est moins consciente.

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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En Biélorussie (actuelle Belarus) des chercheurs en ethnologie se sont penchés sur l’étude et l’analyse des traditions associées à l’Astronomie populaire.

Sur la base de sources folkloriques et ethnographiques du 19e et 20e siècle, complétées par d’autres documents rassemblés lors de collectes plus récentes, la connaissance traditionnelle sur les étoiles en Biélorussie s’avère exceptionnelle. La raison ? Il semblerait que les habitants des villages, de régions plus ou moins reculées, aient su préserver jusqu’à nos jours les astrononymes (noms des étoiles) et les croyances qui y sont rattachées.

Cette lecture populaire du ciel se fait à la lueur de la religion chrétienne et d’un attachement fort à l’agriculture, deux thématiques récurrentes de la littérature orale Biélorusse.

Passant de nombreuses fois de la Russie à la Pologne, la situation historico-confessionnelle de la Biélorussie se construit entre le 10e et 20e siècle, avec à son commencement (Rus’de Kiev) une élite convertit à l’orthodoxie qui devient un marqueur de conscience, là ou la paysannerie, constituée de la majorité de la population, est de confession païenne. Sur le territoire Biélorusse se constitue un panthéon de divinité païennes, accompagnant le Biélorusse tout au long de sa vie et entretenant avec lui un rapport à la fois intime et sympathique.

Puis la religion catholique apparait dans le paysage confessionnel Biélorusse, entrainant une conversion progressive (vers 1251 et l’intégration au Grand-duché de Lituanie). Mais pour la paysannerie,

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tournée vers ses divinités païennes, la transformation est moins consciente.

S’ensuit une période de conversion massive (1569 union du Grand-duché de Lituanie et de la Couronne Polonaise) .

L’intégration de la Biélorussie à l’empire Russe (traité de Tilsit en 1807) induit une persécution du catholicisme en même temps qu’une forte imprégnation de la religion orthodoxe.

Ses nombreuses perturbations confessionnelles font naitre des conséquences sur les conceptions religieuses et sur la vision du monde des paysans biélorusses, couche de la population majoritaire et la plus opprimée.

Dans l’impossibilité de pouvoir s’identifier à une religion stable, une fusion symbiotique du Biélorusse avec sa terre natale, mêlée aux bases des sermons de l’Eglise, construit une « religion paysanne » originale, très présente dans les contes du quotidien mis par écrits au 19e et 20e siècle.

Le travail mené récemment sur les noms et croyances folkloriques en Astronomie permet d’arriver à des conclusions sur la genèse populaire, et de dégager par le biais des récurrences et de leur répartitions géographiques les influences qui l’ont ensemencée.

En revanche, le peu d’informations émanant d’autres pays européens comme la France, ne permet pas pour le moment de comparaisons ou de reliances, et par la même de saisir les contours d’une histoire du ciel plus collective, transcendant nos frontières.

Mélissa Abes et Mathieu Ader pour l'AstroNews N°2 de Stellarius

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Du fait de sa forme, elle est un panier ou une charrette (Voz). Le Saint Ilia associé au prophète Elie s’y déplace dans le ciel et les âmes des défunts y sont transportés, le long de la route du ciel jusqu’à l’autre monde. Koliada, dieu païen des fêtes et de la paix, arrive dans ce charriot le soir de Noel. Et avant la fin du monde l’Antéchrist en personne séduira les justes montés dans cette charrette. Il est dit aussi que la charrette est attelée à un cheval ou à un ours.

Et elle est, de par la comparaison du ciel avec un champ de blé, le pole de soutien au centre d’une botte de foin.

La position de la Grande Ourse permettait de déterminer l’heure de la nuit :

« Au nord, une charrette se dirige vers le Sud. Le matin est proche ».

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Comme dans sa représentation gréco-romaine, la figure du Bouvier reste dans le folklore biélorusse attachée au travail agricole. Ici il prend les traits d’un laboureur (Rataj).

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Appelé Zorki, zory, zviozdy ou gviazdi (de gwiazda, une étoile en Polonais), les étoiles étaient des lumières allumées et attachées à un ciel solide par Dieu.

Mais les étoiles étaient aussi des âmes humaines, dont le nombre était en proportion de celui des habitants de la Terre, et chaque étoile possédait son propre nom.

Associées à la vie et à la mort, Dieu, ou un ange, allumait une étoile lors d’une naissance, apportant fortune, amour et bonheur, et inversement, éteignait une étoile lors de la mort.

Pour certains, les étoiles sont des maisons d’anges. Quand les étoiles brillent la nuit, ce sont les anges qui ont leurs fenêtres ouvertes. Pour d’autres, les étoiles sont des bougies allumées par les anges tous les soirs.

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Pour les commerçants qui prenaient la route de la Mer Noire en hiver, la Voie Lactée servait à déterminer la direction.

Comparée à une vache laitière dont le lait « flotte » sur le chemin, elle est aussi le lieu de séjour des troupes du ciel. Et bien sur la « Voie des morts ».

Associée aux constellations d’Orion et de l’astérisme des Pléiades, elle est le chemin qui mène les trois vieilles femmes (ceinture d’Orion) aux « tondeuses » (les pléiades) du champs des étoiles.

Il est dit qu’à la création du monde, Dieu avait interdit au Diable de boire une seule goutte de lait, et que la Voie Lactée serait née des gouttes renversées de la bouteille que ce dernier vola à un paysan.

Elle est le « Chemin des Oies », astronyme attachée aux saisons et à l’observation de la migration de ces oiseaux.

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