UTILISATION DE LA BETTERAVE «DANOISE
»DANS L’ALIMENTATION DU PORC EN CROISSANCE
II.- VARIATIONS DU PLAN DE RATIOiB!EMEiBT ET DU I’OIDS D’ABATTAGE
A. RÉRAT Y. HENRY
E. ENGRAND H. BOUSQUET
Station de Recherches sur
l’élevage
des PorcsCentri’ rtational de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (.Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Une
expérience
portant sur l’utilisation de betteraves il haute teneur en matière sèche, dites« danoises », dans l’alimentation du porc en croissance, suivant le
système
LFBMnNrr, a été réalisée dans le but d’étudier lapossibilité
d’accroître la part des betteraves dans la consommation totalependant
lapériode
de finition.L’allongement
de lapériode d’engraissement
de go à 110kg depoids
vif entraîne une
augmentation
de la consommation totale de betteraves de l’ordre de 80 p. 100. Legain
moyenjournalier
et l’indice de consommation ne sont pas modifiés d’une manièresigni-
ficative ; il en est de même de laqualité
des carcasses, tandis que le rendement en viande netteaugmente avec le
poids d’abattage.
Par ailleurs, une réduction del’apport d’orge complémentaire
de i 600
g à
r zoo g parjour
au delà de 60kg depoids
vif ne provoquequ’une légère augmentation
de la consommation
journalière
de betteraves ; il en résulte une diminution sensible de la consom-mation
journalière
de matière sèche, accompagnée d’unedépression
de la vitesse de croissance.Ces effets sont surtout marqués
lorsque
les animaux sont abattus v gokg ;
laqualité
des carcassesest améliorée, mais au
prix
d’uneaugmentation
du coût de transformation de la nourriture. Par contre chez les animaux abattus ioo kg depoids
vif, l’indice de consommation et lacomposition corporelle
sont peu affectés par une réduction de laquantité d’orge pendant
lapériode
de finition.INTRODUCTION
L’utilisation des betteraves « danoises n dans l’alimentation du porc en croissance suivant le
système
LEHMANN a faitl’objet
d’une séried’expériences
antérieures(RÉ
RAT
etHENRY, 19 6 4 ),
au cours delaquelle
il a été montré enparticulier qu’un apport
de 325 g d’un concentré azoté renfermant 40 p. 100 de matières azotéesdigestibles
et i 600gd’orge,
encomplément
de betteraves à volonté àpartir
de 30kg
de
poids vif, permet
d’obtenir sensiblement les mêmesperformances qu’un
alimentconcentré
complet équilibré.
La consommation debetteraves,
selon ce mode derationnement,
est relativement faible au début de la croissance et ne devientimpor-
tante
qu’à partir
de 60kg
depoids vif,
tandis que leur utilisation est meilleure durant cettepériode (RÉ RA’f
etHENRY, 19 6 5 ). Compte
tenu des observationsprécé- dentes,
onpeut
se demander s’iln’y
aurait pasavantage
à accroître lapart
des betteraves dans la consommation totalependant
lapériode
definition,
tout en maintenant le niveau desperformances
et sans nuire à laqualité
des carcasses. Pourcela,
deuxpossibilités
sontoffertes,
selonqu’on
réduitl’apport d’orge complémen-
taire
(à partir
de 60kg
depoids vif),
ouqu’on allonge
lapériode d’engraissement (de
go à 110kg
depoids
vif parexemple).
Laprésente
étude a pourobjet
depréciser
ces deux
points.
TECHNIQUES EXPERIMENTALES
ETMATÉRIEL UTILISÉ
Quarante
porcs de raceLa!!F/M! (zz
mâles et i8femelles),
d’unpoids
moyen initial de 30kg,sont
répartis
par coupleshomogènes
(même portée, même sexe, mêmepoids)
et soumis au schémaexpérimental rapporté
dans le tableau i.Jusqu’à
60 kg depoids
vif, tous les animauxreçoivent quotidiennement,
suivant lesystème
LEHMANN, 35o g d’un concentré azoté renfermant 47 p. 100de matières azotées brutes et i 600 g
d’orge
à IOp. ioo de matières azotées( 1 ).
Au delà de 60kg,la
quantité d’orge
est maintenue à i 600 g ou réduite à i 200g à l’intérieur dechaque couple,
tandisque les animaux sont abattus à go
kg
ou l10kg. Les betteraves, de variété Huns6alle, sont distribuées à volonté à l’état de cossettes. Les modalitésexpérimentales
ont été décrites dans unepublication
antérieure
(RÉRAT
et HENRY,19 6 4 ).
( 1
) Composition du concentré azoté p. 100 : farine de poisson du Pérou, iz,5 ; farine de viande, zz, 5;
levure
de distillerie, io ; tourteau du soja cuit, 22,5 ; tourteau d’arachide, zz,5 ; mélange minéral et vita-minique, io (RÉRAT et HENRY, 1964).
RESULTATS
i. Croissance et consommation
Les résultats moyens de croissance et de consommation pour chacune des
pé-
riodes
30 -6 0 kg, 6o-go kg
et oc-nokg
depoids
vif sontrapportés
dans le tableau 2.La consommation de matière sèche de betteraves a été mesurée à
partir
desdosages
effectués sur des échantillons moyens
hebdomadaires ;
les teneurs moyennes, respec- tivementi6,5-i6,o
et 15,7 p. 100pour les 3périodes,
fontapparaître
une diminutionde la concentration en éléments nutritifs au cours de la
conservation,
ainsi quenous l’avons observé antérieurement
(RÉ RA T
etHENRY, 196 4 ).
Entre 30 et 60
kg
depoids vif,
les animaux ont réalisé ungain
depoids
moyenjournalier
de l’ordre de 600 g. La consommation effective d’aliment concentréa été
légèrement plus
faible que celleprévue
dans leprotocole ( 1 , 770 kg contre
1,950kg),
certains animaux
n’ayant
pas consommé la totalité de leur ration d’aliment concentréau
départ
del’expérience. L’ingestion journalière
de betteraves est alorsinsigni-
fiante et
représente
àpeine
2 p. 100 dupoids
vif.L’administration
d’unequantité d’orge
réduite(i
zoo g au lieu de i 60o g parjour)
provoque, entre 60 et gokg
depoids vif,
un net ralentissement de la vitesse decroissance, correspondant
à une diminution sensible de la consommationjourna-
lière de matière sèche et un accroissement de l’indice de consommation
(exprimé
en
kg
de matière sèche parkg
degain).
Il est à remarquer que durant cettepériode
la réduction de
l’apport d’orge ( 3 6 0
g de matièresèche)
estpratiquement
sans effetsur la consommation
journalière
de betteravesqui, exprimée
en matièresèche,
aaugmenté
de 60gseulement ;
deplus,
cette dernière est extrêmement variable d’un animal àl’autre,
de sorte que l’écart observé est loin d’atteindre le seuil designi-
fication.
Par contre, entre go et 110
kg
depoids vif,
les porcsréagissent
à une diminutionde la
quantité d’orge
enaugmentant
leur consommationjournalière
de betteraves de iq p. 100 ; la différence estsignificative
au seuil 0,10,malgré
une variation indi- viduelletoujours importante. Quoi qu’il
ensoit,
lacompensation
n’est pastotale ;
1 6
0 g de matière sèche de betteraves seulement se substituent à
3 6 0
g de matière sèched’orge,
de sorte que laquantité
totale de matière sèche consommée parjour
demeure
plus
faible dans le groupe restreint. L’indice de consommation estaugmenté,
mais la différence n’est pas
significative.
Sur l’ensemble de la croissance
(tabl. 3 ),
la réduction del’apport d’orge
àpartir
de 60
kg
depoids
vif se traduit par unallongement
de la duréed’engraissement
de 8
jours
et une diminution dugain
moyenjournalier, qu’il s’agisse
des animaux abattus à 90kg
ou 110kg.
La consommationjournalière
de betteravesaugmente,
mais nonsignificativement,
tandis que l’indice de consommation estplus
élevé.Par ailleurs
l’allongement
de lapériode d’engraissement
de 90 à nokg
depoids
vif entraîne une
augmentation
de la consommation totale de betteraves de l’ordre de 80p. 100 ; la vitesse de croissance estlégèrement
améliorée(+
5 p.ioo) ;
l’indicede consommation est un peu
plus
élevé(+
3 p.100 ),
mais ni dans un cas ni dans l’autre la différence n’estsignificative.
2
.
Com!osition corporelle
Si l’on considère les résultats de
composition corporelle (tabl. 4 ),
ons’aperçoit qu’une
diminution de laquantité d’orge
au delà de 60kg
depoids
vifproduit
deseffets différents selon le
poids
des animaux àl’abattage. Ainsi,
chez les ani-maux abattus à go
kg,
les carcasses obtenues sontplus maigres ;
par contre, chez les animaux abattus à nokg,
lesproportions
des morceauxmaigres
et gras ne sontpratiquement
pas modifiées. D’autrepart,
l’élévation dupoids d’abattage
se traduitpar une
augmentation significative
du rendement en viande nette, alors que larépar-
tition des morceaux
maigres
et gras dans la carcasse est sensiblement la même.DISCUSSION
Si l’on
rapproche
les résultats de laprésente
étude de ceux obtenus dans lesexpériences
antérieures(RÉ RAT
etHENRY, z96!),
on estfrappé
par des différencesimportantes
dans la consommation de betteraves.Exprimée
en matièresèche,
cettedernière
représente ainsi,
entre 30 et 60kg
depoids vif,
8 p. 100 seulement de la consommation totale de matière sèche au lieu de 12 p. 100 les annéesprécédentes
et 28 au lieu de 35 p. 100 entre 60 et go
kg
depoids
vif. Ces écarts d’une année surl’autre sont dûs en
grande partie
à unchangement
inévitable dans les conditionsexpérimentales (récolte
et conservation desbetteraves, climat)
ets’ajoutent
à unevariation individuelle
déjà importante.
L’effet
dépressif
sur la croissanceprovoqué
par une réduction de laquantité d’orge
de 1 600 à i 200 g au delà de 60kg
depoids
vif montre que le volume des betteraves constitue alors le facteur limitant du niveaud’ingestion
de matière sèche Cet effet est surtoutmarqué lorsque
les animaux sont abattus à c!okg. L’adiposité
des carcasses est certes
plus faible,
mais le coût de transformation de la nourriture étantplus élevé,
iln’y
a pas lieud’appliquer
une restriction aussi sévère del’apport
d’aliment concentré durant cette
période.
Par contre, entre go et 110kg
depoids vif,
le porc est en mesure d’accroître d’unefaçon
sensible sa consommation de matière sèche de betteraves relativement à la matière sèche totale(soit
4o p.100 ) lorsqu’on
réduit la
quantité
d’alimentconcentré,
et sans pour cela que le coût de transformation de la nourriture soitaugmenté
d’une manièresignificative.
Si l’onajoute
à cela quele rendement de la carcasse est
amélioré,
pour uneadiposité pratiquement identique,
on
peut
concevoir l’intérêt d’abattre les animaux à nokg
depréférence
à gokg.
En
fait,
le choix duplan
de rationnement et dupoids optimum
àl’abattage
est dicté avant tout par des considérations d’ordre
économique,
enparticulier
lerapport
deprix
entre les céréales et labetterave,
letemps d’occupation
de la por-cherie,
le coût de transformation de lanourriture,
letype
d’animal demandé par lemarché,
laplus
value accordée pour une amélioration de laqualité
des carcassesCompte
tenu de l’incidence de ces différents facteurs sur la rentabilité del’engraisse
ment, on pourra donner la
préférence
à l’un ou l’autre des critèresenvisagés,
soitla vitesse de
croissance,
l’indice de consommation ou lacomposition corporelle.
Bien
entendu,
la solutionproposée
sera différente d’une situation àl’autre,
mais dans la mesure où le coût deproduction
de la betterave estplus
faible que celui descéréales,
onpeut
faire valoir lesarguments précédents
pourpréconiser
un allon-gement
de lapériode d’engraissement
de go à iiokg
depoids
vif. En outre, si l’on recherche une économieplus importante
sur l’alixnentconcentré,
onpeut prévoir
une réduction
progressive
de laquantité d’orge complémentaire
de r 60o g entre 30 et 6okg
depoids
vif à i zoo g au delà de 60kg ;
la consommation de matière sèche de betteravereprésente
alors 30 p. 100environ de la consommation totale de matière sèche.Re f
u pour
publication
enjuillet
1965.SUMMARY
USE OF DANISFI FODDER I3EET FOR FEEDING GROWING PIGS.
2. VARIATIONS IN TIIE PLANNING OF RATIONS AND IN SLAUGIITER WEIGHT
An
experiment
on the use of Danish fodder beet forfeeding growing pigs
on the LEHMANNsystem was done to study the
possibility
ofincreasing
theproportion
of total intakesupplied by
fodder beet during the finishing
period.
For this, 4 groups of 9 and i I Large-li’hitepigs
of initialliveweight
30kg weregiven
fodder beet toappetite,
35o g of aprotein
concentrate with .!! p. 100crude protein and I600 g
barley daily
up to 60kg liveweight. From 60kg thedaily
allowance ofbarley
remained at i 600 g or was reduced to J 200g, andpigs
were killed at 90or J 10 kg.When the
fattening period
was lengthened from go to mo kg there was an increase in total intake of beet of the order of 80 per cent. Averagedaily gain
and intake per kggained
were notsignificantly
affected, nor wasquality
of the carcase ; absoluteyield
of meat increased withslaughter weight.
The reduction of
barley
from i 60o to i Zoo gdaily
after 60 kgliveweight
gaveonly
a smallincrease in the
daily
intake of fodder beet, and as a result intake ofdry
matter decreased conside-rably,
with acorresponding
reduction ingrowth
rate. These effects were more marked in thepigs
killed at go kg.
Quality
of carcase wasimproved,
but at the cost of an increase in feed per unitgained. On the other hand, for the pigs killed at i to kg the reduction of the amount of
barley
duringthe
finishing period
had little effect on carcasequality
or feed per unitgained.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
RÉ
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