MÉTABOLISME DU RAT « GERM-FREE »
TENEURS DES CONTENUS DIGESTIFS EN CERTAINS COMPOSÉS
AZOTÉS,
EN SODIUM ET EN POTASSIUM
TENEURS DE QUELQUES TISSUS EN ACIDES
NUCLÉIQUES
Étiennette COMBE Éliane PENOT, H. CHARLIERE. SACQUET
Jeanine WAGNER Noëlle BOURGEAUX Laboratoire d’Étude des Métabolisrrtes,Centre national de Recherches
zoolechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
Centre de Sélection des Animaux de Laboratoire,
Centre natiozzal de la Recherche
scientifique, Gif sur-Yvette (Seine-et-Oise),
SOMMAIRE
Cette étude menée
comparativement
chez des ratsgermjree
et chez différentes sortes de ratstémoins comporte les déterminations :
W des teneurs en acides aminés libres, urée,
ammoniaque,
azote, sodium etpotassium
descontenus de caecum ; 2
0 des
quantités
d’acidesnucléiques
(ADN, ARN) et des ribonucléotides acido-solubles de cer-tains tissus : intestin, foie, carcasse.
Nous avons pu ainsi vérifier le
développement
du caecum,principale caractéristique morpho- logique
desgerm-free ;
et observer dans le caecum de ces animaux, une teneur deux foisplus
élevéed’azote soluble, une
quantité
trèssupérieure
d’acides aminés libres et laprésence
d’urée, absentechez les témoins. Ces résultats conduisent à rechercher
pourquoi
l’excrétion fécale azotée estsupérieure
chez lesgerm-free
etquelles
sont lesorigines
de ces composés.La modification la
plus importante,
due à l’absence de microbes, porte sur les tissus encontact avec les contenus
digestifs,
le nombre total dej i moles
d’ADN du tissu intestinal des ratsgerm free
est inférieur de 20 p. 100 à celui des rats traditionnels recevant unrégime
à base de farine depoisson.
INTRODUCTION
Les rats
germ-free
vivant dans un milieubactériologiquement
stérile ont untube
digestif
ne contenant aucun microbe.Leurs
caractéristiques morphologiques principales portent
sur des modifications des tissus et des organesqui,
dans le cas des animauxtraditionnels,
sontparticu-
lièrement en contact avec les bactéries. Ainsi les villosités intestinales des animaux
germ-free
adultesgardent
unaspect
non ramifiéqui
ne se rencontre que chez le nou-veau-né des animaux traditionnels
(G ORDON
H.A., y 6i).
Le caecum estbeaucoup plus
volumineux chez le ratgerm-iree
comme l’a notéGusTn!sou,
alors que le tissulymphoïde
est moinsdéveloppé
et que leslymphocytes
sont moins nombreux.Les animaux
germ-free
constituent un matérielprécieux
pour l’étude desphé-
nomènes d’utilisation
digestive, puisque
se trouvent éliminées les bactéries du tubedigestif qui
interviennent normalement dans lasynthèse
et ladégradation
des subs-tances nutritives.
Nous avons abordé l’étude de l’état
métabolique
du ratgerm-jree
par des me-sures
globales (mesure
de bilanscomportant l’analyse
des carcasses, mesure des consommations etquelques
mesuresd’excréta).
Nous avons effectué ensuite desanalyses plus
fines sur des contenus de caecum et sur certains tissus(parois
de l’in-testin, foie, carcasse).
Les teneurs en acides
nucléiques
et en nucléotides acido-solubles nouspermettent d’apprécier
l’étatmétabolique
de ces tissus. I,aquantité
d’acidedésoxyribonucléique (ADN)
d’un tissu estproportionnelle
au nombre de noyaux(DAVtDSO!r,
1950, Du-RAND et
al., 19 6 5 )
si le taux depolyploïdie
est constant. Les acidesribonucléiques (RNA)
nousrenseignent
sur l’activité desynthèse protéique
des cellules.Les teneurs en nucléotides acido-solubles nous
renseignent
sur laprésence
descoenzymes et des
précurseurs
d’acidesnucléiques.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
MATÉRIEL
Nous avons étudié
comparativement
des ratsgerrra free
provenant del’élevage
du C. N. R. S.(Gif-sur-Yvette)
et des rats témoins recevant leur alimentation ad libitum. ’rous les lots sont cons-titués de rats mâles, suivis au cours de leur
période
de croissance.Rats Lobund «
gennjree
»Ils descendent des rats
importés
enjuin
1960, du Lobund Institute à l’étatgermjree.
L’étatgerm-free
est caractérisé par l’absencerigoureuse
demicro-organismes
vivants décelables. Ceci est réalisé dans les isolateurs deReyniers
maintenusbactériologiquement
stériles. Cesappareils
sontstérilisés par la vapeur sous
pression,
le vide permet d’éliminer l’humidité résiduelle à la fin de la stérilisation ; l’air est filtré sur laine de verreaprès
avoir été amené à 40 p. 100 d’humidité et2 i,i o
C. Les aliments et tous les
objets
introduits dansl’appareil
sontégalement
stérilisés.Différents lots de rats
germ-free
mâles, ont été utilisés, au cours de ces études :- le
premier
lot(A)
était constitua de 6 rats installés dans des cages individuelles dès le sevrage.On a mesuré
quotidiennement
leur consommation et leur croissancepondérale pendant
50jours.
On les a sacrifiés à
l’âge
de 71jours
et on aprocédé
à diversesanalyses
sur l’ensemble des carcasses et sur certains organes. Lesexpériences
et les différentesanalyses
sont résumées dans le tableau i.- le second lot (B) était constitué de 12 rats groupés deux par deux dans les cages dès le sevrage. On a
quotidiennement
mesuré leur consommation et leur croissancepondérale pendant
30
jours.
Ils ont été sacrifiés àl’âge
de 67jours ;
- on a étudié par la suite deux autres lots de rats
germ-free :
lot(C)
= 6 individus etlot
(D)
= 10 individus, afin decompléter
les résultats relatifs aux contenus de caecum et auxtissus de l’intestin.
Rats témoins On a
disposé
deplusieurs
sortes de témoins :Rats Lobund « conventabnnalisés », nés et sevrés à l’état
gerrrt free,
mais vivant dans un milieunon
aseptique.
La floredigestive
de ces animaux leur a été inoculée paringestion
desuspension
de matières fécales de rats traditionnels.
On a utilisé un lot de 6 rats Lobund cc conventionnalisés
» (lot
E) installés dans des cages indi- viduellesidentiques
à celles utilisées pour les ratsgerm-free.
Les animaux ont été sevrés à 21jours,
leur croissance
pondérale
et leur consommation ont été suiviespendant
35jours, puis
on les a sacri-fiés. On a effectué différentes mesures et analyses (tabl. i).
Afin de
préciser
etcompléter
les résultats obtenus au cours despremières analyses
on a utiliséun deuxième lot de 5 rats a conventionnalisés
(lot
F).Rats albinos « traditionnels », élevés dans la raterie du C. N. R. Z. Ces rats ont reçu le même aliment stérilisé que les rats
germ f y ee
et les cc conventionnalisés »après
avoir été sevrés à 21jours puis placés
en cages à bilans. Au bout d’une semaine(considérée
commepériodepré-expérimentale)
on a effectué les mesures
d’ingestats,
d’excrétats et de croissancechaque jour pendant
quatre semaines. Les résultats ne sont donnés que pour un groupe(lot G)
de 3 rats, les autres individus ayant été éliminés par suite de leur mauvaise croissance consécutive à un refroidissement.Un autre lot recevait un
régime
à base de farine depoisson ;
8 individus furent sacrifiés àl’âge
de 52jours
(lotH)
et5 à l’âge
de 70jours (lot
I).MÉTHODES a) Prélèvements
On
prélève
l’intestin sous anesthésieaprès ligature
de ses extrémités(au
niveau dupylore
et de l’entrée du caecum) et
injection
d’acidetrichloracétique (ATC)
10p. 100 à o°C. On rince la lumière intestinale à l’ATC,puis
l’intestin estcongelé
dans l’azoteliquide. (Les
intestins de tous les rats d’un même lot sont tous traités ainsi, lesopérations
et lesanalyses
suivantes portent sur l’ensemble des intestins d’un même lot).Le caecum
ligaturé
à ses deux extrémités estpesé,
son contenu est fixé dans l’éthanol 95p. 100bouillant, puis
immédiatement refroidi. Les contenus des caecums d’un même lot de rats serontanalysés
ensemble.Le foie est
prélevé,
rincé à l’ATC etjeté
immédiatement dans l’azoteliquide.
Les foies d’un même lot sont traités ensemble par la suite. Les carcasses sontégalement congelées.
b)
Analyses
Les méthodes
d’analyse
des acidesnucléiques (ADN, ARN)
et des nucléotides acido-solublessont décrites par DURAND et al.
( 19 6 5 ).
Nous avons effectué par ailleurs des
analyses
de contenu de c2ecum en cequi
concerne diffé-rentes fractions azotées, les acides aminés libres ainsi que le sodium et le
potassium.
Les contenus de cxcums sont soumis à trois extractions successives à l’éthanol 80 p. 100
( 3
broyages
et 3centrifugations)
à o°-2°C. Ensuite on détermine dans celui-ci :- l’azote total par la méthode
Kjeldahl,
- l’azote ammoniacal à l’aide de
l’appareil
ParnasWagner
à pH 9 à 100°C,- l’azote
uréique
par transformation enammoniaque grâce
à l’uréase,- les acides aminés par
chromatographie quantitative
surpapier (FAUCONNEAU
et PIOrr,rg62),
- le sodium et
potassium
auphotomètre
de flammeEppendorf.
RÉSULTATS
1
. Alimmts et covcsommation
Nous utilisons deux
régimes
dont lescompositions
sont décrites dans les ta-bleaux 2 et 2 bis.
L’aliment
stérilisé estprésenté
sous forme decylindre (hauteur
8 cm, diamètre34
mm) pesant
en moyenne 100g. Lesmangeoires
sontéquipées
d’unpetit plateau qui permet
de réduire de 5,4à 1,2p. 100lespertes
pargaspillage.
Les
quantités
consommées et les croissancespondérales
sontrapportées
dans letableau 3.
Pour les différents lots recevant le
régime stérilisé,
les croissances moyennes varient de 4 à 5,5 g parjour
dans lapériode
observée.L’azote fixé dans la carcasse
peut
être calculé :- par
l’analyse corporelle
des animaux en find’expérience
et déduction del’azote contenu dans les animaux en début
d’expérience,
calculé en fonction de leurpoids
à cette date(RÉ RAT
etal., ig62) ;
§- par la méthode des bilans
(N ingéré-N
excrétépendant
toute lapériode
expérimentale) .
Le coefficient d’utilisation de l’azote
(N fixé/N ingéré)
estégal
à 32 et 33 pour lesgerm-free
et 32pour les « conventionnatisés ».Pour les rats traditionnels le
rapport
est de 37 avec lerégime poisson
et3 8, 5
avec le
régime
stérilisé. Lasignification
des résultats est étudiée dans la discussion.2
.
Composition corporelle
Les résultats relatifs à la
composition globale
de la carcasse sontrapportés
dans le tableau q..
Nous avons noté le
développement
du tractusdigestif beaucoup plus important
chez les
gevm-fvee,
que chez les différents témoins.Le
poids
carcasseexprimé
en p. 100dupoids
vif oscille entre les valeurs7 8
et 86pour les
ge y m-free
alors que pour les témoins traditionnels il estsupérieur
à go. On obtient des valeurs intermédiaires pour les témoins « conventionnalisés » :87,6
et
90 ,8.
Le
développement
du caecum chez lege y m-frce
estparticulièrement important.
Les résultats relatifs au
poids
de caecumplein
et vide de ratsgerm-free
et de rats«
conventionnalisés
» sont donnés dans le tableau 5. En moyenne lepoids
de caecumd’un rat
gevm-free
est 5 à 6 foisplus important
que celui d’un rat « convention- nalisé» âgé
de 7ojours
environ.Les
compositions
brutes de carcasses sontcomparables ;
les carcasses des germ-free
semblent avoir une teneur en matières minéraleslégèrement plus
élevée( 3 , 5
et3
, 7
)
que chez les témoins( 3 , 1
et3 , 4 ),
mais il faut tenircompte
dupoids
de carcasserespectif.
3.
Étude
des contenusNous avons trouvé que les teneurs en azote des fèces de
gevm-fvee
étaientplus
élevées que celles des fèces des animaux ordinaires recevant la même alimentation
(5 4
,5
mgN/g
matière sèche chez lesgevm-fvee
et 44 mgN/g
matière sèche chez lestémoins).
-Dans l’étude du contenu du caecum nous avons
analysé
différentes formes d’azote ainsi que le sodium et lepotassium.
Les résultats sontrapportés
sur le tableau 6,exprimés
d’unepart
par animal et d’autrepart
pour 100g de contenu frais.Des différences très
importantes apparaissent
entre ratge y m-free
et rat « con-!!M<t’OMM!M6 » : :
- il y a environ 10 fois
plus
d’azote total soluble par animal chez lesgerm-free
que chez les témoins « conventionnalisés » ; ;
-
exprimé
pour 100 g de contenu, nous trouvons q.i,7 et 55,4 mg d’urée chez lesgerm-f y ee
et aucune trace d’urée dans les caecums des « conventionnalisés » ; ;- par animal il y a autant
d’ammoniaque
chez lesgerm-free
que chez les « con- ventionnalisés » alors que pour 100g de contenu il y en a 10fois moins chez les germ-f ree ;
- les teneurs en acides aminés libres sont données dans le tableau 6 bis. Pour chacun des modes
d’expression (%
de la somme des acides aminés et, par gramme de contenufrais)
on aajouté
enparallèle
les teneurs en acides aminés libres dans leplasma
de sang de rat(Sw!NDS!rr
etal., 19 6 2 ).
On remarquequ’il
y a beau- coupplus
d’acides aminés libres dans le contenu de caecum desgevm-free ( 1 8
à 42 mg paranimal)
que dans celui des témoins( 0 , 074
mg paranimal),
etqu’ils
sont consti-tués par une
proportion beaucoup plus importante ( 4 fois)
d’acides aminésessentiels ;
- il y a autant de
potassium
dans les contenus de caecum degevm-free
quedans ceux de « conventionnalisé » mais il y en a 4 et 5 fois moins chez les
ge y m-free,
exprimé
en mg pour 100 g de contenu ;- les
quantités
de sodium par animal sont 6 à 8 foisplus
élevées chez les germ-free
maisexprimées
en mg pour 100 g de contenu elles sontéquivalentes.
Études biochimiques
des tissus.Nous comparons les résultats trouvés pour les
germ-jree
à ceux trouvés pour les rats traditionnels soumis au mêmerégime
stérilisé et à ceux trouvés pour les rats traditionne!s soumis aurégime
à base de farine depoisson.
Pour ces derniers eneffet,
D U RA
ND et al.
( 19 65)
ont effectué une étudesystématique
des teneurs en acidesnucléiques
de certains tissus au cours de la croissance. I,’étude des teneurs en nucléo tides acido-solubles aégalement
étéentreprise,
mais lesanalyses
sont laborieuses et les résultats actuels sont moins nets que pour les acidesnucléiques.
Intestin, - Voir tableau 7.
Il y
a 20à 30 p.
100de moins d’ADN total dans l’intestin desgerm-jree que dans celui
des témoins traditionnels. La différence est moins
grande
entre l’intestin des germ-free
et celui des rats « c?nveniionnalisés ».Exprimées
engnioles
par gramme secdégraissé,
les teneurs en ADN sontplus
faibles dans les intestins des rats
germ-jree
que dans ceux des témoins traditionnels.La différence est de 5 à 10 p. 100 si on compare l’ADN de l’intestin
germ-iree
à celuides témoins « conventiovtnaLisés »
(lot F) ;
elle atteint 20p. 100si on compare l’ADN de l’intestin desgerm-iree
à celui des témoins traditionnels recevant lerégime poisson (lots
N etI).
Le
rapport
matièreazotée/ADN
estplus grand
chez lesgerm-jree
que chez les témoins. La différence est assez faible entregevm-fvee
et témoins du lot G( 9 , 3
contre8,
9
àpoids
de carcassecomparable),
elle estplus marquée
entregevm-fvee
et témoinsdes lots H et 1
( 9 , 3
contre7 ,6).
Exprimés
par gramme secdégraissé,
il y a moins de nucléotides acido-solubles dans l’intestin desgerm-jree
que dans celui des témoins traditionnels recevant lerégime
depoisson ( 17
à 19,5!Lmoles/g
secdégraissé
pour lesgevm-fvee
et 23W moles/g
sec
dégraissé
pour lestémoins).
La différenceporte
surtout sur lescomposés
de l’adé-nosine et de la
guanosine. Rapportée
àl’ADN,
la somme des nucléotides acido-solubles estidentique
chez lesgerm-jree
et ches les témoins traditionnels.Cependant
pour lesgerm-irec,
la somme descomposés « guanosine
dérivés» rapportée
à l’ADN estsupé-
rieure à celle trouvée pour les témoins et la somme des
composés
« uridine dérivés »et NAD.
(nicotinamide-P-P-ribose-adénine) rapportée
à l’ADN est inférieure à lasomme
correspondante
trouvée chez les témoins.Foie. - Les résultats sont donnés dans le tableau 8.
Le
poids
moyen de foie fraisexprimé
en p. 100 dupoids
vif chez lesgerm-jree
est
légèrement plus
faible que chez les animaux témoins traditionnels. Si onexprime
le
poids
de foie sec parrapport
à la carcasse, la différencedisparaît, compte
tenu des variations des différents lots.Le nombre total de
u.moles
d’ADN des foies de ratsgevm-fvee
est inférieur de 6 à10 p. 100 à celui des foies de rats
témoins ;
en outre, lerapport ADN/g
sec estplus petit
chez lesgevm-fvee.
Rapporté
aupoids
de résidu de foie secdégraissé,
il y a moins de nucléotides acido-solubles totaux chez lesgerm-jree ( 3 g,z 1 ymoles
dans le lot degerm-irec
depoids
de carcasse moyen 239
g)
que chez les témoins( 39 ,6 umoles/g
sec pour les témoins depoids
de carcasse moyen25 8 g).
I,es nucléotides totaux
rapportés
à l’ADN sontidentiques
chez lesgerm-free
etchez les
témoins,
mais il y adavantage
d’ « Uridine-dérivés» (UDP
sucre et UDP- A.
G.),
d’ « Adénosine-dérivés » et de NAD chez lesgerm-Irec.
Enrevanche,
cesderniers contiennent moins de «
cytidine
dérivés » et de ccguanosine-dériaés
» que les témoins.Carcasse. - Les résultats sont résumés dans le tableau 9. Les études de DURAND et al. montrent que la teneur en ADN des carcasses est fonction de
l’âge,
donc du
poids
de celles-ci. Ceci nouspermet
de dire que les teneurs en ADN des car-casses des rats
gevm-fvee
sont inférieures de 5 p. 100environ à celles des rats témoins des lots H et I. Cette différence diminue à 4p. 100si on compare les carcasses des ratsg-!M-/!e
à celles des témoins du lot G.I,e
rapport,
matièreazotée/ADN,
calculé pour les carcasses des ratsgevm-fvee
est
supérieur
de 20 p. 100 environ à celui des carcasses des rats témoins des lots H etI,
mais cette différence tombe à z5p. 100si on utilise comme témoin le lot G.DISCUSSION
Malgré
les difficultés de mesure sur les animauxgevm-fvee,
lespremières expé-
riences
(lots
A et Epuis
lots G etI)
nous ontpermis
d’étudier la croissance et lecomportement
nutritionnel des animaux en mesurantquotidiennement
leur crois-sance et leur consommation. I,es mesures ont été effectuées dans les isolateurs
grâce
à une balance Roberval.
De
plus
nous avons mesuré la consommation individuelle totale des animaux des lotsA, E, G,
I(les
animaux du lot B n’étant pas en cageindividuelle)
au cours dela
période expérimentale
parpesée
de l’aliment au début et à la fin del’expérience.
Les résultats trouvés sont
légèrement supérieurs ( I
à 2 p.100 )
auxquantités
réelle-ment consommées du fait du
gaspillage.
La matière sèche de l’aliment enfermé dans des boîtes
d’aluminium,
n’a variéque de i p. 100 au cours de la
période expérimentale.
Par contre, lespellets
con-sommés par les témoins « conventionnadisés » n’ont pas été stockés en boîtes et ont
perdu
3à 4
p. 100de leurpoids
au cours del’expérience ;
nous avons dû effectuerune correction pour le calcul de la matière sèche et de l’azote
ingérés
dans ce cas.Les
quantités
consommées sont très variables suivant les individus comme le montre le tableau suivant :Malgré l’imprécision
des mesureseffectuées,
les études de bilan nous montrent que lerapport
Nfixé/N ingéré
est inférieur chez les ratsgerm-jree
a celui trouvé pour les témoins traditionnels. Eneffet, quelle
que soit lapériode
de croissance observée(de
4o à 2z4g au lieu de 113 à27 8 g),
lerapport
Nfixé/N ingéré
X 100varie de 32 à 33 pour les ratsgerm-free
alorsqu’il
atteint 37 et3 8, 5
pour les rats témoins tradi- tionnels(période
de croissance de 60 à 195 g et de 66 à 282g).
Le lot de témoins« convezationnalisés »
présente
unrapport
voisin de celui des ratsgevm-fvee
cequi pourrait indiquer
une actioncaractéristique
de sa flore et(ou)
de l’étatgerm-jree
parlequel
il estpassé.
Les
analyses
des carcasses nous montrent peu de différences entre ratsgerm-tree
et rats tvr!ditionnels. Les matières minérales sont
plus
fortes pour les ratsgerm-jree (3,54
et3, 7 )
que pour les témoins( 3 ,z
et3 , 4 ).
Enrevanche,
si on compare lespoids
de carcasse et les
poids vifs,
il ressort que les viscères ont uneimportance plus grande (
15
à 21 p.100 )
chez les ratsgerm-free
que chez les témoins « conventionnalisés » outraditionnels
(8
à 10 p.100 ).
Ceci est surtout dû audéveloppement caractéristique
du coecum chez les rats
germ-free (tabl. 5 ).
Notons que les variations individuelles de la taille du caecum sontimportantes : S m
= i pour lesgerm-iree
et o,ig pour les« conventionnalisés ».
Étude
du contenu du c!ecumPlusieurs auteurs ont
rapporté
des résultats relatifs à l’azote fécal de rats germ-free comparativement
aux teneurscorrespondantes
chez les animaux témoins :- LEVENSONet TENNANT
( 19 6 3 )
donnent des résultats de bilan azotéquotidien
moyen
(mg). L’excrétion
fécale d’azote des ratsgerm-free
atteint le double de celle des ratstémoins,
à tous les niveauxd’ingestion protéique ( 2 , 3 quand
les rats sont àjeun,
2, 1 et 2,2pour desingérés
azotés moyens etélevés).
- HOET et al.
( 19 6 4 )
ont confirmé ces résultats : chez les ratsgerm-free
l’excrétion fécale d’azoterapportée
àl’ingesta,
est 2 foisplus
forte que chez les témoins.- LUCKEY
( 19 6 3 )
trouve des différences moins fortes : l’excrétion fécale d’azote est 1,4 foisplus importante
chez les ratsgevm-fvee
que chez leurs témoins.Nos résultats sont
également
de cet ordrepuisque
nous trouvons 30 p. 100 deplus
d’azote fécalrapporté
à la matière sèche desexcréta,
chez les ratsgevm-fvee
que chez les témoins traditionnels recevant le même
régime
stérilisé.Ces résultats sont de
prime
abordsurprenants :
eneffet,
l’azote fécal des ratsayant
une flore intestinale banale estdû,
pour lamoitié,
à l’azote fécalbactérien,
orcette fraction d’azote n’existe pas chez les rats
germ-free.
Nous avons ainsi été amenés à étudier différentes formes
d’azote,
non pas dans lesfèces,
mais au niveau du caecum où l’onpeut
considérer que ladigestion
enzyma-tique
desprotéines
alimentaires est terminée. Dans les contenus de caecum des germ-free
nous avons trouvé des concentrations d’azote soluble deux foisplus
élevées que dans ceux des témoins traditionnels. Unepartie
de cette différence est due à l’azote de l’urée et à celui des acides aminés libres que l’on trouve enbeaucoup plus grande quantité
chez lesgerm-free
alors que chez ces animaux les concentrations en azote ammoniacal sont 5 à 10 foisplus
faibles.Les
quantités importantes
d’urée dosées dans le caecum des ratsgevm-fvee
sont àrapprocher
des résultats de P. HOET et al.(rg6.!) qui
trouvent 13,2 mg d’urée par gramme de fèces chez les rats!evm-fvee
et n’en trouvent pas chez les témoins.L’urée
constituel’étape
finale du métabolisme des acides aminés chez les mammifères : elle ne peut êtredégradée
que par les bactéries du tubedigestif (Koxrrs!xG
et
DAV I E S , I gj 4 ) .
LEVENSON et al. ont confirmé ces résultats en utilisant de l’uréemarquée
chez des animauxgevm-fvee.
L’urée retrouvée dans le caecum des
gevm-fvee pourrait provenir
du métabolismegénéral,
ellepourrait également provenir
de l’activité propre du tubedigestif.
Bien que la
précision
des méthodes dedosage
utilisées pour lachromatographie quantitative
de laplupart
des acides aminés ne soit que de 10 à z5 p. 100(la
sommehistidine-arginine
est l’une desquantités
connue avec le moins deprécision
± 20p.
100 ),
elle estsuffisante,
en raisondes grandes
différences observées.Exprimés
par 100g de contenu, nos résultats varient du
simple
au double entre les deux sériesgevm-fvee.
Ces échantillons ont étéprélevés
à des dates distinctes maiscependant
ilsont été traités de
façon pratiquement identique.
Nous devons remarquer que dans le lot où l’on trouvequantitativement plus
deglutamine
on trouve moinsd’NH 3 ,
deplus
la somme acide
glutamique
-f-glutamine exprimés
en p. 100de la somme totale des acides aminés est moins différente entre les deux lots( 1 8
p. 100et 19p.100 )
que les résultatscorrespondants
deglutamine (4,5
et6,3).
En
revanche,
il y a une bonne concordance entre lesquantités
d’acides aminés libres calculées en pour cent de leur somme dans les deux lotsgevm-f vee,
enparticu-
lier on trouve : 41,4p. 100et 40p. 100d’acides aminés libres
indispensables pour les germ-free
contre 12 p. 100 pour les témoins tvaditionnels.Les
proportions
d’acides aminés libres trouvés dans leplasma
par Sw!vDS!Vet al.
( 19 6 2 )
sont très différentes( 2 8, 9
p.100 ).
D’ailleurs larépartition
des acidesaminés libres de l’extrait
alcoolique
de caecum de ratgerm-jree
est assez voisine decelle d’un
hydrolysat
deprotéines animales,
sauf en cequi
concerne lalysine
et lasérine.
Ces
composés
azotéspourraient provenir,
soit desproduits d’hydrolyse
de pro- téines(résidus alimentaires, desquamations
et enzymesdigestives),
soit desproduits
de sécrétion
(sucs digestifs)
et de filtration en provenance duplasma sanguin.
La concentration en azote ammoniacal est
plus
faible dans le contenu de caecumde
germ-jree
comme nous l’avonsconfirmé;
nous pouvons supposer que sa concentra- tion dans le sangporte
doitégalement
êtreplus
faible. Les résultats de K. WARRt.,z et !’V. NEwTON(ig 5 g)
sur descobayes germ-fvee
montrentqu’il
y aquatre
fois moinsd’ammoniaque
dans le sangporte
desgerm-free
que dans celui des témoins.Les concentrations en
potassium
trouvées dans les contenus de caecum de ratsgerm-free
sontégalement plus
faibles que celles trouvées chez les témoins. Les con-centrations en sodium sont
identiques
dans les contenus de caecum de rats!revm-fvee
et dans ceux des témoins. Ces résultats
pourraient
être l’illustration du passage de certains métabolites à travers lesparois
du caecum des ratsgerm-jree.
Élude
des tissus Foie.Le foie
présente
cetteparticularité
d’unepolyploïdie
assezélevée, qui augmente
au moins
jusqu’à
un certainâge (E NE sco, rg62) ;
le nombre degnioles
d’ADN nepeut
donc être utilisé comme un indicateur du nombre de noyauxqu’à partir
d’uncertain
âge.
Intestin.
Les teneurs en
ADN/g
secdégraissé, plus
faible dans laparoi
intestinale desgevm-fvee ( 20
p.100 ),
est àrapprocher
des résultats d’ABRAMs( 19 6 3 )
faisant état d’un renouvellementplus
lent des cellules intestinales et de ceux de GoxDOV et al.(ig6i) qui
ont montré que la surface del’épithélium
intestinal desgevm-fvee
est infé-rieure à celle des témoins
correspondants.
Onpeut
se demanderquelle
est lapart
de l’étatgerm-irce
et celle durégime
dans cephénomène :
les rats « conveaat-ionvaalisés »recevant le
régime
stérilisé et les rats soumis à unrégime
à base degluten (par
Du-RAND et
al.)
ont des intestins contenant des concentrations très voisines d’ADN(ioo,g ymoles/g
secdégraissé
pour ceux recevant lerégime gluten).
Si comme l’a montré
E NESCO ,
il y a peu depolyploïdie
dans le tissuintestinal,
nous pouvons
exprimer
nos résultats ainsi : l’intestin du ratgevm-fvee
a moins decellules
( 20
p. 100 de moins d’AI)Ntotal)
mais elles seraientplus grandes
si on serefère au
rapport
Matièreazotée/AI)N plus important
de r5p. 100chez lesgevm-fvee.
CONCLUSION
Complétant
les travaux antérieurs relatifs à l’excrétion azotée fécale accrue chez les ratsgevm-fvee
nous avons montré que, au niveau du caecum, la fraction azo-tée soluble était
responsable
enpartie
de cetteaugmentation.
Nous avons montréen outre, que dans cette fraction azotée des
germ-fvee,
les acides aminés libres aug- mentent considérablement et l’uréeapparaît
enquantité importante.
De
plus,
nous avons trouvé desgrandes
différences dans l’étatmétabolique
del’intestin. Cet organe aurait sa structure modifiée : la
quantité
d’ADN total estplus
faible et sa concentration est inférieure à celle trouvée dans l’intestin des rats témoins.
Ce
phénomène
sembleexister, plus faiblement,
au niveau du foie etpeut
être de lacarcasse.
Reçze
pourpublicatian
en décembre i96I.REMERCIEMENTS
Nous remercions
particulièrement
G. DURANDdont nous avons utilisé les résultatsd’analyses
relatifs aux tissus de rats traditionnels recevant le
régime
à base de farine depoisson,
ainsi que R. PioNqui
a bien voulu se charger del’analyse
des acides aminés des aliments.SUMMARY
METABOLISM IN tt GERM-FREE » RATS. SOME NITROGENOUS COMPOUNDS, SODIUM AND POTASSIUM IN THE CONTENTS OF THE DIGESTIVE TRACT.
NUCLEIC ACID IN SOME TISSUES
With
« germ-free
» rats it ispossible
tostudy
metabolism in the animalitself,
and not thecombined metabolism of the host animal and its
symbiotic
flora.The study of the metabolism of the tt
germ-free
» rat has beenapproached through
generalmeasurements of growth and of balance. More detailed
analyses
have then been made of intestinal contents and of some tissues. The scheme of these studies is shown in table I.The main results show that :
The sterilized feed to which the rats had access
completely
satisfied theirrequirements
foramino acids (table 2
bis).
Growth of «
germ-free
» rats was asgood
as that of controls and reached about 5 g perday
(table 3). Inspite
of the lack ofprecision
of the balance methods, the coefficient of utilization ofnitrogen was lower for «
germ-free
» rats than for rats reared in the normal way,though
it was closeto that for animals which had been born and weaned in tt
germ-free
» conditions and then main- tained in the normal way.Comparing
the concentrations of differentcompounds
in the contents of the cecum of germ- free » rats with those of controls,(a)
there was twice as much soluble N ;(b)
there was 50to 100times as much free amino acids and theproportion
of essential amino acids washigh (tables
6 and 7) ;(c)
there was a great deal of urea and very little ammonia N.The
origin
of the differentnitrogenous compounds
is considered. Biochemicalanalysis
of theintestine showes that there was 5to 10per cent less total
deoxyribonucleic
acid(DNA) (table
7)in that of the tt
germ-free
» rats than in the normal controls. The concentration of DNA per gdry
tissue was also less,
by
10 per centcompared
with rats weanedtt germ-free
» thenkept normally
and
by
20 per centcompared
with normal controls.Differences in
analyses
of liver and carcass were found also, but these were less marked(tables
8and
9).
The