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La zone des cols entre Rhône et Grande-Eau (suite)

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Academic year: 2022

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Article

Reference

La zone des cols entre Rhône et Grande-Eau (suite)

SARASIN, Charles

SARASIN, Charles. La zone des cols entre Rhône et Grande-Eau (suite). Archives des sciences physiques et naturelles, 1915, vol. 4e période, t. 40, p. 400-419,pl.I-II

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:146031

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1 / 1

(2)

LA ZONE DES COLS

E.NTnE

RHÔNE ET GRANDE -EAU

PAR

li

«ries SARA SIX

(Suite

1)

B.

La

nappe de

la

Brèche

Les

caractères stratigraphiques

de la série du Chamossaire suffiraient déjà absolument pour lui donner un caractère

tout

à fait

étranger

au milieu des formations qui

l'encadrent.

Ses caractères tectoniques confirment le fait,

démontrant

qu'elle est

partout

en chevauchement mécanique sur ce qu'elle re- couvre

et

qu'elle est de nouveau chevauchée par ce qu'elle

supporte, sans avoir de liaison synclinale ni avec le pli sous- jacent, ni avec le pli sus-jacent. Nous avons vu que vers le N.-W. la série du Chamossaire recouvre le Flysch du pli

III

et commence à sa base

par

des calcaires dolomitiques

et

des

cornieules du

Trias;

vers

l'E.

le Flysch sous-jacent

s'amincit

et

diparaît

à peu près complètement

pourtant

il en subsiste

des lambeaux, ainsi dans la

fenêtre

de Conches et dans le ver- saut S. de la Chaux-Ronde, une écaille de Flysch est prise

entre

deux zones de Trias,

par

suite, évidemment,

d'une

imbri- cation.

Dans son ensemble, la masse des calcaires du Chamossaire forme une grande dalle, faiblement incurvée en synclinal et

') Voir Archives, t. XL, p. 291.

(3)

s'abaissant,

comme du

reste

tous les plis de

la

zone des Cols, vers le

N.-E.

Les formations

triasiques et

liasiques y sont en

série

normale

leur épaisseur

varie dans des

proportions

consi-

dérables et

parfois

très brusquement,

comme cela se passe dans un complexe

intensément

laminé

et

peu plastique le

Trias

de la base,

très

épais

par

places,

manque ailleurs

com-

plètement. Entre

le bois du Tomelet

et Vers-l'Eglise,

le com-

plexe du Chamossaire

n'apparaît

nulle

part,

quoiqu'il doive

normalement s'y trouver entre

les

anticlinaux III et

IV il

peut

y

exister

sous forme de zone

très

amincie, cachée

par

le

Quaternaire,

mais il

est

plus

probable qu'il est

complètement déchiré

par

laminage.

La série du Chamossaire forme une masse

principale,

qui comprend le Chamossaire, la Chaux-Ronde

et

les environs du

lac

des Chavonnes.

Cette

masse

présente

plusieurs ondulations,

sur

lesquelles il

n'est

pas nécessaire

d'insister

ici au S. de

Bretaye

elle

est

coupée

par

une ligne de

fracture très nette, suivant

laquelle les deux

rochers,

formés de calcaire du Cha- mossaire, de l'Aiguille

et

du Roc-à-1'Ours se sont affaissés rela-

tivement

à la masse

principale.

Plus

à

l'E.,

on trouve une zone de calcaires du Chamossaire

dans

le

haut

du bois du Tomelet jusqu'au-dessusdu

chalet

de Crozet.

Cette

zone

raccorde pour

ainsi dire la masse princi-

pale

de ces

calcaires

avec de gros affleurements des mêmes formations qui

apparaissent

au N. de

Perches et

à

l'W.

de

Lavanchy elle passe

entre

le Dogger de

notre anticlinal III et une série chevauchante

de Dogger

et

de Flysch qui forme la

crête

du Veysevey-de-Perches

et appartient à l'anticlinal

IV.

Dans la région

entre

Perches

et

Lavanchy. les gros bancs de calcaires du Chamossaire

s'enfoncent au S.-E.

sous une série

chevauchante très

laminée, formée de

Trias,

de Lias, de Dogger

et

de Flysch qui

appartient

au même pli

IV.

Le même

chevauchement

se

retrouve

plus au S., au S. de

Perches, sur

l'arête

qui relie la Chaux-Ronde à

l'Encrenaz,

avec

cette

diffé-

rence

que,

sauf

un

petit paquet

de cornieules pris dans le plan de chevauchement,

c'est

la Brèche polygénique du pli IV qui couvre

directement

le calcaire du Chamossaire.

Pour retrouver

au S. de la vallée des Ormonts des affleu-

(4)

rements de calcaire du Chamossaire, il

faut aller

à

l'E.

jus-

qu'au

rocher du

Truchaud,

à

l'W.

du village des Diablerets.

on voit ces calcaires former un chapeau sur une colline, dont

la partie

principale

est

constituée

par

du Dogger

et

du Lias du pli

III. Par

contre,

sur

le

versant droit

de la vallée,

les calcaires du Chamossaire forment une zone continue, qui

apparaît

vers les

Planards,

au-dessus de Vers-l'Eglise, et se

suit

ensuite, en

s'élevant

progressivement vers le N.-W. jus-

qu'au

pied du Chaussy, du côté de

l'W.

Ici je

n'ai

trouvé du

Trias au pied des rochers liasiques que sur un point,

vers

Oudioux, émergent un peu de cornieules.

Ainsi, de

tout

ce qui

précède,

il

résulte

que la série du Cha- mossaire, masse

étrangère

au milieu de la zone des Cols, se superpose

partout

à

notre anticlinal III et

joue,

relativement

aux formations de ce pli, le rôle que jouerait une

couverture

e normale. Vers le

S.-E.,

elle s'enfonce sous la masse chevau- chante de

notre

pli IV, suivant une ligne

passant

à peu

près par

Perches, Lavanchy

et

le village des Diablerets. Elle forme

ainsi

entre les anticlinaux

III et

IV de la zone des Cols, une sorte de cœur synclinal effilé, laminé et même complètement

déchiré

par

places.

C. Groupe des

plis

supérieurs

A plusieurs reprises déjà, à propos du pli

III et

de la nappe

du Chamossaire,

j'ai

eu l'occasion de

parler d'un

anticlinal

IV,

qui se superpose le plus souvent à la seconde, parfois, lorsque celle-ci est déchirée,

sur

le premier

sur

un point même, au

S.-E.

de

Vers-l'Eglise, cet

anticlinal se superpose directement

sur

le Flysch du pli

II par

suite du déchirement non seulement

de la nappe du Chamossaire, mais encore du pli

III.

L'anticlinal

IV est limité au S.-W.

par

une ligne

passant par

Coufin, au S. du Col de la Croix, Ensex, Perches

et

les Cha-

vonnes.

C'est

à lui

qu'appartient l'énorme

masse de Trias qui forme tous les abords du Col de la Croix

et

la montagne des Greys

et

qui se continue

par

le Col du Pillon. Ce Trias, qui

plonge

d'abord

au

N.-W.,

en

s'appuyant

sur le front du pli des

Diablerets,

s'incurve bientôt

synclinalement de façon à re-

(5)

monter

vers la ligne Ensex, le pied de la Tête de Meilleret et Ruvine. En même temps il

s'amincit très brusquement

jusqu'à

être réduit

à une faible zone discontinue de cornieules,. Nous avons vu déjà

qu'il

chevauche aux environs

d'Ensex sur

le dos

du pli

III,

un peu plus au

N., entre

Chaux-Ronde

et Encrenaz,

sur le calcaire du Chamossaire, qui

s'insinue entre

lui

et

le

pli

III,

à la Ruvine, au S. de

Vers-l'Eglise, sur

le

Flysch

du

pli

II.

Ce

Trias porte

une série de Lias

et

Dogger,

dont

l'épais- seur varie dans des

proportions

considérables

par suite

de

laminage et

qui est

surtout

bien développée dans les pentes

E.

de

la Tête

de Meilleret

et

plus au

N.,

dans les pentes de

la

Joux-Noire, au S. de

Vers-l'Eglise, tandis qu'elle paraît

man-

quer

complètement au-dessus

d'Ensex. Sur

ces couches juras- siques se

superposent d'abord

les schistes argileux

et

gréseux

du Flysch, puis les brèches polygéniques, qui forment tous les sommets des Velards, de la Crête

d'Ensex,

de la

Tête

de Meil-

leret,

de la

Truche, et tout

le

haut

des pentes qui

descendent

de là vers les Ormonts.

Le Dogger de la Joux-Noire, après avoir été caché sous les éboulis de Flysch,

reparaît

au N. de Lavanchy et, comme nous l'avons vu déjà, dans la région de Lavanchy

et

de

Perches

une série normale,

très

laminée, de cornieules, de Lias, de Dogger

et

de Flysch chevauche

sur

les calcaires du Chamossaire. Le Flysch du Veysevey-de-Perches est un lambeau de recouvre- ment

appartenant

encore à

l'anticlinal

IV.

Le chevauchement du pli IV

sur

le pli

III et

la nappe du

Chamossaire est donc évident

entre

le Col de la Croix

et

la vallée des Ormonts il

est

encore plus

net et prend

une plus

grande ampleur sur

le

versant droit

de

cette

vallée. Nous en commencerons

l'étude par

une coupe relevée le long du

torrent

du Plan, qui

remonte

du

hameau

du même nom dans la direc- tion d'Ayerne.

Directement

au-dessus du

sentier

conduisant

des Diablerets à La Ville,

affleurent

des calcaires noirs en bancs separés

par

des lits

marneux,

que

j'attribue

au Dogger

de

l'anticlinal

III ensuite vient une zone de curnieules

et

de calcaires dolomitiques, puis

sur

ces couches se

superposent

deux

mètres

environ de calcaires spathiques du Sinémurien,

les schistes liasiques

et

une

puissante

série de calcaires

et

(6)

schistes du Dogger. Sur ce Dogger vient une nouvelle zone de

schistes liasiques, peu épaisse, qui est surmontée

par

un gros banc de cornieules. Cette coupe nous montre une série nor- male qui correspond à

l'antichnal

IV

et,

au-dessus, le jambage renversé

d'un

pli qui deviendrait

l'anticlinal

V. La série nor- male inférieure, dont le plongement à

l'E.

est très faible, doit

s'insinuer

vers l'W.

entre

les grès du Flysch qui affleurent aux environs de La Ville

et

les calcaires du Chamossaire qui se

trouvent

un peu au-dessous, vers les Planards elle doit, comme cela se passe plus au S.,

s'amincir

rapidement vers le

N.-W. jusqu'à

disparaître,

en sorte que le Flysch de sa cou-

verture

vient à reposer

directement sur

les calcaires du Cha- mossaire, ou à peu près, comme cela se passe

sur l'arête d'En-

crenaz.

Entre

les

Planards et l'éperon

S.-W. du Chaussy, le

contact

des calcaires du Chamossaire avec les formations sus- jacentes

n'apparaît

nulle

part,

mais

partout

on trouve, peu au-dessus des calcaires du Chamossaireles grès du Flysch, qui,

représentent

donc à peu près seuls

l'anticlinal

IV dans

cette

région. L'extension du

revêtement quaternaire

empêche du

reste

ici des observationsplus précises.

Quant à

l'anticlinal

V, je ne

l'ai

pas étudié en détail, mais on

peut

le suivre dans la direction du Col du Pillon, les deux

zones de Trias séparées

par

une zone de schistes jurassiques

représentent l'un

le pli IV,

l'autre

le pli V.

Le Flysch du Chaussy, de la Cape-au-Moine et de la

Palette-

du-Mont

représente

donc la

couverture tertiaire d'au

moins

deux plis, nos anticlinaux IV

et

V. Cette couverture

s'est

dé-

collée de son soubassement mésozoïque

et

a été

entraînée

beau-

coup plus loin que celui-ci vers le N.-W. elle a formé une vaste masse isoclinale, dans laquelle, la délimitation des unités tectoniques est très difficile.

D. Les relations desplis de

la

zone des Cols avec les fronts des plis haut-alpins

Dans la région qui nous occupe, les formations des Préalpes

internes entrent

en contact intime

et

compliqué avec celles qui forment le front de la nappe des Diablerets. Nous avons vu

(7)

déjà que le

Trias,

qui

relie

nos

anticlinaux II et III l'un à

l'autre,

s'enfonce en une pointe synclinale profonde sous

la

nappe des

Diablerets, pénétrant

jusque dans le

territoire

du

Pas-de-Cheville

et

de Derborence. Ce

Trias s'appuie

au

S.-E.

sur

la lame bien connue de Néocomien à Céphalopodes du

Pas-

de-Cheville qui, elle-même, recouvre le

front

du pli de Morcles

et qu'il faut considérer

comme

une vaste

lame de

charriage entraînée

dans le plan de

recouvrement

de la nappe des

Pré-

alpes

internes sur

les formations

haut-alpines.

Le

front

de la

nappe

des

Diablerets

comprend trois digita- tions, qui sont encapuchonnées

par

les formations de la zone

des Cols

l'une

qui

est

formée

essentiellement par

les grès de

Taveyannaz des Rochers-du-Van avec

un cœur crétacique

au- dessus de Solalex;

la

seconde,

dont

le Néocomien

et l'Urgo-

nien

recouvrent

les grès de Taveyannaz de la

première entre

les Rochers-du-Van

et

le Culand

et descendent

vers le N.,

pour

former une

charnière anticlinale plongeante entre

Chatillon

et

Taveyannaz

la

troisième,

dont

le jambage

renversé

de Num-

mulitique et d'Urgonien

forme le pied des parois du Culand

et

qui se

suit

du

versant

N. du Culand jusque dans le fond du Creux-de-Champ. Dans ces

trois digitations

on

constate la

même

tendance

des grès de Taveyannaz

à

se décoller de

leur

soubassement

pour s'avancer

loin au N.-W. en des

têtes

plon-

geantes et

effilées

c'est

ainsi que les grès de Taveyannaz de la

digitation inférieure forment

une masse isoclinale, qui des- cend depuis les Rochers-du-Van jusqu'au fond du cirque de Coufin, au

N.-E.

de Taveyannaz. Les grès de

Taveyannaz

de la

digitation

de Chatillon

descendent

dans les deux

versants

de

la Pointe d'Arpille,

soit vers Coufin, soit vers Culand

et

Moille-Rioudaz. Mais le fait est

surtout marqué pour

la

troi-

sième

digitation,

celle du

Culand;

ici, en effet,

l'anticlinal

néocomieu,

déjeté

au N. mais non

culbuté, n'est

pas profon-

dément ouvert et

on

peut admettre

que les

charnières

de

l'Urgonien et

des

calcaires nummulitiques n'étaient

ni cul-

butées,

ni effilées,

tandis

que les grès de Taveyannaz corres-

pondant

à

cette

digitation se couchent

d'abord

à peu

près

horizontalement

à la

Pointe

de

Préserman sur

un complexe

imbriqué

de formations

préalpines,

puis

s'enfoncent au N.-W.

(8)

dans la direction de

l'Eau-Froide,

où ils se

terminent

en une

tête

culbutée, complètement encapuchonnée

par

ces mêmes sédiments préalpins.

Autour de ces digitationshaut-alpines, nous trouvons

d'abord l'important

complexe de

Jurassique,

de Crétacique

supérieur

et

de Flysch que nous avons déjà signalé depuis Solalex,

par

la

Chaux-d'Eu-Haut

et les pentes boisées

entre

Sodoleuvraz

et

(9)

Taveyannaz. Ce complexe, sous-jacent aux grès de Taveyannaz de la digitation

haut-alpine inférieure,

est formé en

majeure partie par une

série normale de

Trias,

Lias, Dogger, Oxfor-

dien,

Crétacique

supérieur et

brèches nummulitiques du Flysch. Le Crétacique

supérieur et

le Flysch y sont

inten-

sément laminés

et

pour ainsi dire broyés

l'un

avec

l'autre

puis,

sur cette

/.one de broyage, qui est

très uettement

visible le long du chemin de

Chaux-d'En-Haut

à Taveyannaz, vient

une

écaille, formée d'Oxfordien

et

de Crétacique

supérieur,

qui

paraît n'avoir qu'une

extension limitée

et supporte

les schistes à grains noirs associés aux grès de Taveyannaz sup-

périeurs. Cette

série normale de

Chaux-d'En-Haut

me

paraît

devoir

être

envisagée comme un lambeau du jambage

renversé

des

Préalpes internes,

qui a été renversé une seconde fois lors

de son encapuchonnement autour du front de la nappe des

Diablerets.

L'extension

des éboulis

et

de la moraine aux environs de Taveyannaz

et

dans les bois de Confin, ne

permet

pas de se

rendre

compte jusqu'à quel

point

les formations

préalpines pénètrent entre

les deux digitations haut-alpines des Rochers- du-Van

et

de Chatillon mais ce qui est

certain, c'est

que ces deux

digitations

réunies sont complètement encapuchonnées

par

les sédiments préalpins.

L'arête

occidentale de la

Pointe d'Arpille et

les pentes qui en descendent, soit vers le S., soit vers le N., sont absolument

démonstratives

à

cet égard.

La

Pointe d'Arpille

est, en effet, formée de schistes gréseux du Flysch

probablement

déjà préalpins qui se moulent

sur la

digi-

tation

plongeant au N.-W. des grès de Taveyannaz. Au milieu de ce Flysch

pointent

plusieurs lentilles laminées de

Créta-

cique supérieur on y trouve aussi

intercalé

un gros amas de Brèche polygénique

et

une zone

importante

de schistes

et

cal- caires du Dogger, qui affleure soit

entre

Coufin

et

le Col de la

Croix, soit plus au

N.-E.,

dans le

ravin

du ruisseau

d'Arpille.

Cet ensemble plonge au N.W, sous le

Trias

du Col de la Croix,

c'est-à-dire

de

notre anticlinal

IV il ne

représente

plus le

jambage

renversé

simple de

la

nappe des

Préalpes internes,

mais une zone imbriquée de

structure

compliquée

et très

va-

riable

suivant les points.

(10)

Dans la chaîne de Présermann comprise

entre

le Creux-de-

Champ et le fond de Culand, le profil est plus

caractéristique

encore. Les grès de Taveyannaz de la digitation de Châtillon, affleurent, soit dans le fond du cirque de Culand, soit au-des- sus de Vert-Champ, tandis que les grès de Taveyannaz de la digitation du Culand, forment

l'arête

de

Présermann

et plon- gent ensuite, comme nous l'avons vu, vers le N., soit vers le confiuent de la Grande-Eau

et

de

l'Eau-Froide. Entre

ces deux

zones,

s'intercale

un vaste coin de Flysch, auquel la présence de brèches polygéniques donne un

caractère nettement

pré- alpin

et

dans lequel

s'intercale

une grosse lame de Crétacique supérieur. Cet ensemble est le prolongement de la zone imbri- quée d'Arpille il

disparaît

vers le bas sous la moraine, mais

on est forcé

d'admettre qu'il

encapuchonne la charnière plon- geante de grès de Taveyannaz, car on retrouve

le

même Flysch avec une lame

toute

semblable de Crétacique

supérieur sur

les

grès de Taveyanuaz, un peu au-dessous de la Layaz vers

l'E.

J'ai

ainsi démontré l'encapuchonnement des trois digitations inférieures de la nappe des Diablerets

par

une zone de forma-

tions préalpines, formée en

partie par

le jambage renversé de

la

nappe des Péalpes internes, en

partie par

un système com-

pliqué d'écailles laminées. Mais je crois pouvoir

aller

plus loin

et

pouvoir

démontrer

aussi que notre anticlinal

III n'est qu'un

vaste encapuchonnement de la nappe des Diablerets, il est vrai décollé de son soubassement

et

effilé vers le N.-W.

Pour cette

déduction,

je

me base sur le fait que notre synclinal

II/III

cor-

respond exactement

à

l'enfoncement des formations préalpines

entre

les plis de Mordes

et

des Diablerets

et

que le plan de chevauchement de notre anticlinal

III sur l'anticlinal II,

pro- longe exactement vers

l'extérieur

le plan de chevauchement du pli des Diablerets.Il est, du reste, normal que les formations,

des Préalpes

internes,

qui se sont enfoncées au S.-E.

entre

les

deux nappes haut-alpines inférieures, aient formé de même un anticlinal couché au N.-W. devant le front de la nappe des Diablerets

et

il est normal aussi que cet anticlinal

ait

pris la forme effilée que nous lui voyons.

Du

reste,

je crois pouvoir

admettre

des relations toutes sem- blables

entre la

nappe Mont Gond-Wildhorn

et notre

anticli-

(11)

nal IV. Voici pourquoi Le

Trias

du Col de la Croix

est

le même que celui du Col du Pillou qui couvre le

front

de la nappe du Wildhorn,

tandis qu'il

ne se

relie directement

ni à celui de Gryon, ni à celui de la Basse-Gryonne. A ce propos,

je

dois

signaler

un

fait important,

qui

n'avait pas

encore

été constaté. Sur

la rive

droite

de

l'Eau-Froide,

un peu en

amont

de son cône de déjection,

apparaissent

trois gros

paquets

de

calcaire nummulitique,

qui

marquent

une zone

importante

se

prolongeant sur

600 m. environ, jusqu'à

l'E.

de

l'Essert.

Ce

Nummulitique

est séparé

du

Trias par une

mince zone de schistes argileux il

est nettement intercalé,

avec un plonge-

ment

au N. W.

entre

le

Trias

du pli IV

et la

zone imbriquée de

Flysch

et

de Crétacique qui encapuchonne les grès de Taveyan- naz. Il

est

formé

par

un

calcaire pétri d'Orthophragmines, absolument

semblable à celui

qu'on

trouve au niveau du Pria- bonien dans

la

nappe du

Wildhorn;

de plus il se place exacte-

ment

dans le

prolongement

de la

tête

de la

digitation

infé-

rieure

de

cette nappe,

au N. du Creux-de-Champ. Il

n'y

a donc

aucun

doute

que

la tête

de la nappe du Wildhorn

vient

s'insi-

nuer entre

le

Trias

de

notre anticlinal

IV

et

les éléments plus

profonds des

Préalpes internes,

de même que, du

reste,

plus à

l'E., c'est la nappe

du Wildhorn qui

porte

les plis

supérieurs,

seuls visibles, de

la

zone des Cols.

Puisque la nappe du Wildhorn

porte

le bord

radical

des plis

supérieurs sur toute leur longueur,

puisque

d'autre part

le pli

IV prolonge

pour

ainsi dire

au

N. W. le chevauchement de la nappe du Wildhorn, il est logique

d'admettre

que ce pli pré- alpin

est

un contre-coup de la

grande

nappe haut-alpine, dont il

formait

le

revêtement

au moment ou elle

s'est

formée et qui

l'a

poussé vers le N.

Je

considère même comme

probable, par

analogie, que

plusieurs

des plis couchés

supérieurs

de

la

zone

des Cols, doivent

être

des contre-coups des

principales

digita- tions de la nappe du Wildhorn, mais je

n'ai pas

suffisamment

étudié

encore la question pour avoir une opinion

arrêtée. En tout

cas, je crois pouvoir

arriver

à la conclusion que

toute

la masse qui forme la zone

Ormonts-Niesen,

avec les plis supé-

rieurs

de la zone des Cols,

représente

une

vaste

masse chevau-

chante,

qui recouvre les plis

inférieurs

des

Préalpes internes et

(12)

la lame des calcaires du Chamossaire

et

qui a été amenée dans

sa position actuelle

par

la poussée de la nappe du Wildhorn.

Le pli IV

étant

correspondant à la

digitation

frontale de la nappe du Wildhorn et le pli

IIIencapuchonnant

pour ainsi dire

le front de la nappe des Diablerets, on

pourrait admettre

que

le pli

II

est un contre-coup de la nappe de Morcles, mais ici le

fait est

moins clair

et l'allure

relativement

tranquille

de la lame de Néocoinien à Céphalopodes se concilierait mal avec

cette hypothèse;

il

paraîtrait

donc plus probable que la coulée au N. des

anticlinaux

I

et II

a été provoquée

plutôt par

la pous-

sée des éléments sus-jacents.

E.

Zone imbriquée de

la

vallée inférieure

de

la

Grande

Eau

Sur la

bordure

externe des Préalpes

internes,

on trouve dans le

versant

gauche de la vallée inférieure de la Grande-Eau, de-

puis les Planches en face du Sépey jusqu'au

Torrent

du Tantin, une zone de

structure

extrêmement compliquée, qui s'insinue

entre

le

bord

des Préalpes médianes

et

le pli inférieur de la

zone des Cols. Cette zone a déjà été étudiée soit

par

M.

Jeannet,

soit

par

M.

Fr.

Jaccard

j'y

ai fait moi même quelques coupes.

On y trouve mêlés, sans ordre aucun, du Flysch schisteux sans brèches polygéuiques, des grès

quartzeux

associés à des cal- caires siliceux, qui ont pté

attribués par

M.

Jeannet et

M.

Jaccard

au Jurassique, tandis que je serais plutôt

tenté

de

les assimiler au Flysch, des Couches Rouges, des calcaires compacts, gris ou un peu jaunâtres, en gros bancs, qui pour-

raient être

du Malm ou du Néocomien de la région

externe

des

Préalpes

médianes, des calcaires spathiques

et

échinoder-

miques, qui ressemblent au Lias inférieur des Préalpes mé- dianes, des cornieules et du gypse

triasique.

Cette zone est à mon avis un amas

d'écailles

laminées et broyées, qui sont restées prises dans le plan de chevauchement de la nappe des Préalpes médianes ces écailles comprennent des formations, qui

rappellent

beaucoup

plutôt

la région

externe

des Préalpes médianes que les Préalpes internes

c'est

pourquoi je les considère comme

arrachées

du front de la

(13)

nappe des

Préalpes

médianes

pendant

la poussée au N. de celle-ci.

J'estime

du

reste

que

la

question de

cette

zone est loin

d'être

éclaircie au point de vue soit tectonique, soit

strati-

graphique.

CONCLUSIONS

Si nous cherchons à

résumer

les

principaux

faits qui résul-

tent

de nos observations d'abord au point de vue stratigra-

phique,

nous

constatons

en

première

ligne que

tout

indique

que le Flysch du Niesen est

identique

à celui de la zone des

Cols

et qu'il représente

une

couverture stratigraphique trans-

gressive

sur

les formations mésozoïques de

cette

zone. Aucun indice ne nous a permis de

reconnaître

dans le Flysch des élé- ments plus anciens que le

Lutétien.

En

second lieu, nous avons pu

établir

le

caractère tout

à fait

aberrant

que

présente la

série des calcaires du Chamossaire au milieu de la zone des Cols, qui ne

permet

pas

d'établir

comme

le faisait Renevier, des raccords simples

entre

ces calcaires

et

le Dogger de cette zone; en outre les calcaires spathiques et

brèchiformes du Chamossaire

appartiennent

au Lias

et

non au Dogger, comme le croyait Renevier. Nous avons

constaté par contre

une analogie

frappante entre

les calcaires du Chamos-

saire et

ceux du système de la Brèche inférieure du Chablais

et

de la Hornfluh.

Quant à

la série mésozoique de

la

zone des Cols, elle com- prend des cornieules et des gypses au niveau du Trias, des calcaires en

partie

spathiques à Arietites au niveau du Siné- murien, des schistes argileux noirs au niveau du Lias moyen

et supérieur,

des calcaires à Zoophycos

alternant

avec des schistes au niveau du Dogger, des schistes foncés avec bancs de cal- caires gris, compacts au niveau de POxfordien

et,

au niveau

du Malm, des calcaires compacts, en gros bancs, à Calp. alpina, qui

n'existent

du

reste qu'à l'etat

d'écailles de

petites

dimen- sions

entre

Rhône

et Grande-Eau.

Dans

cette

même région, le Crétacique

n'est représenté

dans la zone des Cols que dans

la zone de

contact

avec les plis

haut-alpinspar

des calcaires gris

à globigérines analogues aux faciès gris des Couches Rouges.

(14)

Au point de vue tectonique nous avons distingué

d'abord

un groupe de trois anticlinaux couchés

et

laminés, qui forment le soubassement du Chamossaire. De ces trois anticlinaux, le plus élevé

peut être

considéré comme une sorte d'encapuchonne- ment de la nappe des Diablerets, les deux

autres

sont dûs

très probablement

à la poussée au N. de cette même nappe. Nous avons reconnu ensuite l'existence

d'un

groupe

supérieur

de plis couchés, qui commence à

apparaître

dans le

triangle

com- pris

entre

le massif du Chamossaire, le Col de

la

Croix et le

village des Diablerets, pour

prendre

son principal développe- ment au N. de la Grande-Eau. Ce système de plis

s'est

déve-

loppé en relation étroite avec la nappe du Wildhorn, il est étendu à la zone de Flysch

Ormonts-Niesen,

qui doit

être

considérée comme une nappe digitée, au front plongeant vers

le

N.-W.

Entre

ces deux groupes de plis,

s'intercale

la masse

étran-

gère du Chamossaire, dont nous avons relevé l'analogie avec le système de la Brèche du Chablais

Hornfluh.

Il nous

reste

à

voir

maintenant,

si l'assimilation de ces deux complexes en une même unité tectonique est possible (voir, pour ce qui

suit,

la planche

II).

Pour

que les calcaires du Chamossaire puissent

appartenir

à la nappe de la Brèche, il faut que celle-ci, avec la nappe des

Préalpes

médianes, déjà en place

sur

la nappe des

Préalpes internes,

au moment se sont formés les plis de

la

zone des

Cols et du Flysch du Niesen, aient encapuchonné nos plis supé-

rieurs,

en

s'enfonçant entre

ceux-ci et les plis inférieurs. La

chose

n'a

en soi rien d'impossible, ni même d'improbable l'on

s'accorde

en général pour

admettre

que les nappes supérieures ont commencé les premières leur grand mouvement vers le N.

et

si, en effet, les nappes préalpines

étaient

déjà empilées, lorsqu'au-dessous

d'elle s'est

effectuée la formidable poussée de la nappe du Wildhorn, il

est

absolument normal que la

partie interne

des nappes préalpines inférieures

ait

déferlé

par

dessus les nappes sus-jacentes.

Le fait qu'on ne trouve sous le Trias

et

le

Jurassique

du Chamossaire aucun reste de la nappe des Préalpes médianes,

n'est

pas un obstacle à cette hypothèse, car

sur

bien des

(15)

points, soit en Chablais, soit dans la région de la Hornfluh, on

constate

une semblable lacune, qui a déjà été expliquée

par

M. Lugeon comme due à une

déchirure

de la nappe des

Préalpes

médianes.

Ces prémices une fois admises, il

n'est

pas difficile de cons-

truire

un profil qui satisfasse aux conditions de

notre

hypo- thèse. Il

faut

supposer que le bord

interne

des

Préalpes

mé- dianes, renversé sur lui-même, qui suit la vallée de la

Grande- Eau

et se continue

par

le Mont-d'Or,

s'incurve anticlinalement autour

des

têtes

des plis

inférieurs

des

Préalpes

médianes,

pour s'enfoncer entre

ces plis

inférieurs et

les plis

supérieurs;

mais

avant

de

pénétrer

dans ce synclinal effilé, la série des

Préalpes

médianes a

disparu par déchirure et a

cédé

la

place à la nappe

supérieure

de la Brèche, qui elle-même est

fortement

laminée.

Le jambage

renversé

de ce faux synclinal de Brèche,

n'existe

pas les plis

supérieurs

des

Préalpes internes

chevauchent di-

rectement par

une série normale

sur

la

série

normale de la

Brèche

et

pour

retrouver la

continuation des nappes de

la

Brèche

et

des

Préalpes

médianes, il

faut aller

jusqu'aux envi- rons de

l'Etivaz et

à

l'extrémité

occidentale de la chaîne de la Gummfiuh. Là, dans

l'arête

de la Coumattaz, on voit une

série

normale, formée

d'abord seulement

de

Trias,

puis devenant

bientôt

complète du

Trias au

Flysch ces couches, du

type

des

Préalpes

médianes,

recouvrent

le Flysch du Niesen; elles

s'en-

foncent au N.-W. avec un plongement qui

s'accentue

en pro-

fondeur,

de façon à devenir

bientôt verticales et

même à se re-

tourner.

Sur

cette

série,

s'appuie

vers le N. W. une succession

normale

de

Trias et

de Brèche, qui s'effile vers

l'W., devant

l'arête

de Coumattaz, mais

prend bientôt

un

grand

développe-

ment

dans le

versant

N. de la Gummfluh. M.

Jaccard

dessine

pour

ces deux complexes superposés au Flysch du Niesen, deux

charnières

frontales

indépendantes,

toutes deux culbutées

et

se

fermant

chacune sur elle-même.

Je

crois que

rien n'empêche

de

renoncer à cette interprétation et de se représenter la nappe

des

Préalpes

médianes

enveloppant

ici

par

une

charnière anti-

clinale renversée, le Flysch du Niesen

et

la nappe de la

Brèche faisant

de même

autour

de la

charnière

des formations des

Préalpes

médianes (voir fig. 3, pl. II). Cette

charnière

se rehe-

(16)

rait

par le plan de chevauchement du Flysch du Niesen avec la pointe du coin synclinal des calcaires du Chamossaire.Enfin ce que nous admettons pour la chaîne de la Gummfluh, rien

n'em-

pêche de

l'étendre

vers

l'E.

jusqu'aux Spielgerten. Quant à la

zone du Rubli, du Fluhwald

et

du Niederhorn, elle

représente

vraisemblablement une zone de

têtes

anticlinales culbutées,qui se raccordent

par

des synclinaux renversés

entre

elles

et

avec la

zone de la Gummfluh

et

des Spielgerten

et

qui

n'ont

aucune con-

nexion directe avec la zone

anticlinale

du

Laitmaire et

des Gastlosen. Le jambage renversé des Préalpes médianes de la vallée de la

Grande-Eau

inférieure

et

du

Mont-d'Or

est ici caché en profondeur, ainsi que

la charnière

que nous avons

admise

autour

des plis inférieurs de la zone des Cols,

par

suite de la plongée générale de tous les éléments tectoniques vers le N. E.

On

peut

objecter à

l'interprétation

tectonique que je viens de donner, que nulle

part

on

n'a

signalé un enveloppement du Flysch des plis inférieurs de la zone des Cols

par

le Trias du

Mont-d'Or;

mais à cette objection je puis répondre que

l'argu- ment

est

purement

négatif

et

que jusqu'ici la zone du Niesen

a

été explorée si peu en

détail

que la présence

d'une

zone proba- blement

très

laminée et

étroite

de

terrains

mésozoïques, a

fort

bien pu échapper à l'observation.

Du côté du S. W., il est plus difficile de suivre le profil que nous avons établi pour la région des Ormonts (voir fig. 1, pl. II).

A

l'W.

du Rhône, les plis de la zone des Cols, presque complè-

tement détruits par

l'érosion, sont

réduits

à quelques écailles enfoncées

entre

le Flysch

haut-alpin et

la nappe des Préalpes

médianes celle-ci manque elle-même sur de

grandes

étendues,

par

suite

d'un

vaste déchirement. En outre il se produit, à peu près dans

l'axe

de la vallée du Rhône, une torsion brusque des plis qui, de la direction

N.-E.-S.-W., passent

à une direction presque W.-E. en subissant des modifications importantes.

Cette érosion profonde de la zone des Cols à

l'W.

du Rhône

et cette

torsion des plis préalpins vers

l'W.,

me semblent

être

toutes deux en relation avec le brusque épaississement du

Flysch dans la série autochtone

et

dans la nappe de Mordes, dans le

territoire

du Val d'Illiez.

(17)

Les publications de MM.

Schardt et

Lugeon,

ont

mis claire- ment en lumière le

fait

que,

tandis

que dans

la

vallée de

la Grande-Eau

le

bord interne

de la nappe des

Préalpes

médianes est

redressé et

renversé, de

l'autre

côté du Rhône,

entre

Vionnaz

et

Prévenense, ce bord

interne

plonge

tranquillement

au N.

W., entre

la Molasse rouge autochtone

et

la nappe de

la

Brèche. M. Lugeon

a

expliqué

cette

dissymétrie

par

la pous-

sée exercée

par

la nappe des Diablerets.

Par

comparaison avec

ce que

j'ai

observé dans

la

région du Chamossaire, j'arrive à une idée différente.

D'après

les profils de M. Lugeon, le

Trias

des

Préalpes

mé- dianes,

après être

descendu de

l'arête

de Tréveneuse à Vion- naz,

s'incurve

en synclinal près de

cette

localité, se relève assez

brusquement

au N. W. et chevauche dans

cette

direction sur le synclinal de Flysch du Col de Recon. Or ce synclinal prolonge à

l'W.

celui de Leysin et, comme celui-ci il est bordé

par un jambage

renversé

et

laminé qui le sépare du Trias le

Trias

de

la

Grande-Eau est

donc le prolongement exact de celui qui s'élève de Vionnaz vers le N. W. Ce

dernier

forme un

anticlinal

déjeté

et

effilé,

tandis

que le

Trias

de la

Grande-Eau

forme une série simple,

intercalée entre

les formations des

Préalpes internes et

le synclinal de Leysin mais nous avons vu que

tout

nous pousse à

admettre

que le

Trias

de

la Grande-Eau

devait

s'incurver anticlinalementautour

des

charnières

des plis infé-

rieurs

de la zone des Cols, pour

s'insinuer

au S. E.

entre

ces

plis

et

la nappe des calcaires du Chamossaire. Il est donc lo- gique de voir dans

l'anticlinal

déjeté au N. de Vionnaz, le pro- longement de cet

anticlinal

supposé

et,

une fois ce prolonge-

ment

admis, on

arrive

forcément

à

voir dans le complexe des calcaires du Chamossaire avec

leur

position

largement

syncli- nale, le prolongement exact de la Brèche de la Pointe du Cor-

beau et

du Pic de Cholonge,

c'est-à-dire

de

la

Brèche du Chablais.

Vers le N.

E., cette vaste

masse de Brèche du Chablais

et

du Chamossaire, intercalée

entre

nos plis inférieurs

et

nos plis

supérieurs, disparaît

en profondeur. Les masses de Brèche

qu'on retrouve

dans la région du

Rubly-Gummfluh,

de la Hornfluh

et

du Fluhwald, des Spielgerten, sont superposées à

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