• Aucun résultat trouvé

Préface. *.y*?-' te;jr

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Préface. *.y*?-' te;jr"

Copied!
10
0
0

Texte intégral

(1)
(2)
(3)

Préface Jorge Donn, c'est avant tout un visage d'enfant aperçu dans une salle de Danse il y a quatorze ans à Buenos Aires.

Petit, timide, avec des yeux doux comme une biche et tristes comme un enfant-clown qui a terminé son numéro et rêve de t l'écuyère pailletée qui voltige sur un cheval blanc.

Un enfant qui danse déjà très bien... (il a commencé la Danse à 4 ans... à Buenos Aires) et veut entrer dans la compagnie.

Il n'y a pas de place vacante et puis : il est si jeune...!

Notre tournée se poursuit encore des mois en Amérique du Sud, puis à travers le Mexique, et le sud de l'Europe.

Bruxelles - Un enfant têtu, la tête légèrement penchée sur l'épaule nous attend. Il est venu, sans argent, travaillant sur un bateau. Il veut danser. Il est là. Rien n'existe. Que son regard, sa décision, sa volonté, sa danse.

Mais... il n'y a pas de place vacante!

Il est là - Il attend - Il veut...

* £ .y*?-'

P te;jr

Dans quelques jours, nous allons partir au Festival de Baalbek... et c'est le miracle du destin, le "danseur malade qu'il faut remplacer d'urgence et l'enfant têtu qu'on emmène pour la première fois en avion.

Jorge Donn fait partie du Ballet du XXe Siècle, le petit clown a trouvé son Dieu : La Danse. Et l'enfant devient un arbre, immense, plein de fleurs et de fruits, un arbre qui chante la terre et sacre le printemps, un arbre vainqueur qui s'envole comme un cygne sauvage, un arbre fort comme un Chêne et doux comme un Saule...

Je me souviens...

Buenos Aires.

"Per la dolce memoria di quel giorno."

1 MAURICE BEJART

(4)

Avant propos

Aujourd'hui, l'Histoire de la Danse n'est plus une "histoire de danseuses". Dans la culture de l'audio-visuel, l'art chorégraphique s'inscrit aux côtés du Cinéma, de la Télévision. Les grands musiciens de notre temps, Stockhausen, Boulez, Berio se plaisent à collaborer avec les chorégraphes. Artaud, Camus ou René Char sont préférés à Charles Perrault et à ses Contes, arguments favoris des ballets classiques du passé.

A ce souci de recherche menée avec les foyers culturels vivants, répond une nouvelle généra- tion de danseurs lucides et curieux, exerçant avec sérieux leur "métier".

Jorge Donn est de ceux-là.

Principal Soliste de Béjart, Donn vit, en pre-

mière ligne, le message du créateur. A lui

incombe la redoutable tâche d'animer les

premiers rôles, ceux d'après lesquels on juge,

on apprécie ou dénigre une œuvre. Or, un

(5)

« CE QUE L'AMOUR ME DIT »

ballet n'est jamais "écrit" à l'avance. Il prend forme au contact direct des interprètes et, quand l'entente se fait profonde entre le chorégraphe et le danseur, l'Artiste qui dessine le mouve- ment dans l'espace nourrit en permanence l'imagination de l'Artiste qui crée.

A un moment capital de la carrière de Maurice Béjart, dans les années 60, Donn est au cœur de toutes les recherches esthétiques, philoso- phiques et humanistes du chorégraphe fran- çais, responsable du Ballet du XXe siècle de Bruxelles. "Roméo", "Nijinsky" révèlent à un large public international le rayonnement de ce beau danseur, modeste, secret, discret, devenu le messager du langage universel de Béjart.

Son aisance en scène le fait rechercher pour incarner devant les caméras "Le Danseur",

"Né à Venise",... Et bien qu'il continue encore pour de nombreuses saisons sa carrière de soliste, Jorge Donn se voit confier en mars 76, la co-direction artistique du Ballet du XXe Siècle et de la troupe d'essai Yantra.

Le pari est gagné.

Et récompensée justement la folle témérité de l'adolescent démuni quittant son Argentine natale pour tenter la grande Aventure de la Danse à Bruxelles. Là où travaille Béjart.

Rencontre miraculeuse d'un créateur et de son interprète : première étape d'une réussite exemplaire façonnée sur le chemin solitaire de la dure discipline quotidienne.

La gloire silencieuse... Quelques posters ven- dus dans les drugstores de New York, sur les quais de la Seine, en province.

Mais,

Dans la Nuit magique de la Mémoire, depuis dix ans, autour de sa silhouette aux proportions idéales, serpente la farandole mouvante des visages de milliers de jeunes qui peuplent, à chaque représentation du Ballet du XXe Siècle, les Palais des Sports, les Théâtres en plein air, les Stades de Paris, de Bruxelles, de Montréal ou de New York.

Une jeunesse pour laquelle Jorge Donn est le

lumineux symbole de la Danse de son siècle,

le XXe.

(6)

Donn de lumière

Un soir de juin 75, à Venise, sur le campo du Ghetto Novo, un soldat napolitain en dolman azur se régale d'une copieuse assiette de spaghettis. Penchés aux fenêtres, les voisins du Campo déjà en tenue de nuit, suivent attentivement cette scène du nouveau ballet de Maurice Béjart; c'est la "prima assoluta", la création mondiale d'Acqua A/ta, un caprice sur l'Eau et la Cité en hommage à Venise.

Neuvième tableau.

"Apocalypsis... ma non troppo!" vient de décréter le soldat napolitain.

Par l'une de ces volte-faces familières à la commedia dell'arte, rejetant les visions traumatisantes de pollution et de raré- faction de l'Eau vitale, Donn s'élance. Bottes noires conqué- rantes, torse nu, sa crinière blonde de jeune lion de Saint- Marc éclaboussée par les projecteurs, il exécute sa danse dionysiaque sur un air connu. Cette joie barbare, cette frénésie apparemment débridée, dévoilent l'image la plus authentique de Venise, saisie par Béjart : son sensualisme universel, éclatant dans la danse et la chanson populaire.

Dans l'élan de sa jeunesse, Donn n'est-il pas, cette nuit, le meneur de jeu des premières Rencontres Internationales de la Danse? Nées des volontés conjuguées de la Monnaie de Bruxelles, de Béjart, de l'Unesco et des autorités italiennes;

de tous ceux que préoccupe l'avenir incertain de la vieille Cité des Doges. Comment mieux aider à sa survie qu'en y donnant une Fête mondiale de la Danse — cet art lui aussi sans âge, lui aussi composite, menacé, dégradé par trop d'artifices, mais renaissant sans cesse avec une vigueur décuplée?

Bientôt, les houles de bravos frénétiques dévalent les façades altières ou lépreuses du vieux Ghetto. Ce comédien, ce danseur — ils ne savent plus très bien, peu importe — les Vénitiens découvrent qu'il est des leurs; en quelques minutes, il a su faire monter jusqu'à eux les ondes bienfaisantes d'une chaude fraternité.

Mais, tout en bas, sur la place, le public international des

"premieres", s'est laissé décontenancer par cet aspect nouveau du talent de Jorge Donn. Sagement massés en rangs compacts, autour du podium rudimentaire calé au-dessus des puits gothiques du Campo, ces spectateurs avertis que Béjart n'a pas hésité à réunir dans ce lieu sans grâce, à l'écart des splendeurs architecturales; eux aussi mêleront leurs applaudissements sincères au plébiscite du quartier.

AU CARREFOUR DE L'HISTOIRE, A SAN MICHELE.

A quelques jours de ce feu d'artifice triomphal, dans le silence de l'lie San Michele — le cimetière de Venise — je retrouvai un visage plus familier de Donn, pensif auprès des tombes voisines de Stravinsky et de Diaghilev, au pied du mur rouge que caresse le clapotis familier de l'eau salée de la Lagune.

Arrivé bien avant l'équipe de la Télévision française venue tourner pour Béjart "Né à Venise", Jorge Donn a erré longuement dans le Carré des Grecs, touché au hasard de sa flânerie par la forme gracile de Sonia, la jeune morte sculptée en robe et chignon de la Belle Epoque, par la pure nudité de la large pierre rectangulaire où se lit seul le nom de Stravinsky.

Troublant à peine la douce torpeur de l'été vénitien, au milieu des lauriers-roses, des figuiers sauvages, des hautes tiges de marguerites dominant les touffes d'herbes folles, les techni- ciens s'apprêtent à filmer Donn, héros du film, sous la direc- tion de Maurice Béjart.

Une émotion intense saisit les rares témoins de ce face à face exceptionnel : Stravinsky, Diaghilev et Béjart, Donn.

Dans notre mémoire s'esquisse l'entrelac des mille liens mystérieux qui unissent les deux gisants glorieux au grand chorégraphe de notre temps et à son interprète, figés dans un hommage silencieux.

« CE QUE L'AMOUR ME DIT »

(7)

Les correspondances entre ces quatre stinées atteignent un tel nombre qu'ici, la vérité historique surpasse en puissance magique les légendes les plus dorées! A cinquante ans de distance, deux Compagnies de premier ordre, les Ballets Russes de Serge de Diaghilev et le Ballet du XX e Siècle de Maurice Béjart ont déclenché deux révolutions capitales dans l'art chorégraphique : le renouveau du ballet classique sous l'impulsion du génial impresario et découvreur de talents, Diaghilev, et l'invitation à participer à la Fête de la Danse, lancée par Béjart au public de tous âges, dont la réponse est venue, positive, massive et à l'échelon planétaire.

Béjart et les chorégraphes de Diaghilev se sont abreuvés à la même source : Stravinsky. Les mêmes œuvres "Le Sacre du Printemps", "L'Oiseau de Feu", dans des versions chorégraphiques différentes, ont électrisé les foules avant la Grande-Guerre comme de nos jours. Il en fut de même pour

"Renard", "Noces", "Pulcinella", ballets inscrits au réper- toire des deux Compagnies.

Sortilège de Venise, terre de rencontre : Béjart la filme, Donn y danse, Stravinsky voulut y reposer, Diaghilev y mourir et Nijinsky, l'Etoile des Ballets Russes, baigneur détendu du Lido peint par Bakst, y eut la révélation du

"Sacre du Printemps", joué pour la première fois par Stravinsky sur le piano droit du Grand Hôtel des Bains!

A 24 ans, NIJINSKY, FOU DE DIEU

Nijinsky et Donn, tous deux d'origine slave. Si Jorge Donn a été l'Elu du Sacre, Vaslav Nijinsky en fut le premier chorégraphe en 1913...

Nijinsky, c'est aussi pour Donn, l'une de ses plus éclatantes prises de rôle, le fabuleux "Nijinsky, clown de Dieu", réglé par Béjart en 1971. Dans ce spectacle fortement coloré, Donn, âgé de 24 ans, révèle au monde un talent d'acteur prodigieux, capable de traduire les sentiments complexes de l'âme changeante du danseur russe, happée peu à peu par la folie.

Déjà, les critiques se plaisent à louer sa technique sûre, sa grâce, son allure féline. A Nijinsky, on reconnaissait des aptitudes identiques sur lesquelles s'établissent sa renom- mée et sa légende.

(8)

Sans jamais tomber dans l'anecdote, Béjart a tracé au-delà de l'aventure du danseur Nijinsky une certaine évolution de l'Homme par rapport à l'Histoire et à Univers.

"Nijinsky des Ballets Russes", "Nijinsky de Dieu" : dans les deux parties de ce ballet "baroque", Donn — silhouette dénudée, un maquillage de cirque où se dessinent deux larges pommettes blanches, soulignées à grands traits — assume l'angoisse du Christ. Corrida de la Mort et de la Folie. Chacun se souvient de la dernière image bouleversante de Donn-Nijinsky englouti par la masse des danseurs, d'où n'émerge plus qu'une main pathétique tendue vers Dieu.

Nijinsky, clown de Dieu, Fou de Dieu. Comme l'était le Jongleur de Notre-Dame, ce saltimbanque de la chanson médiévale devenu moine qui ne savait adorer Dieu et la Vierge qu'en dansant :

"Du cœur, du corps, des pieds, des moins.

A midi, sur le campo brûlant de San Polo, la plus vaste place de Venise après Saint-Marc, un baladin moulé d'écarlate s'apprête à danser sur le fil tendu au-dessus de la place;

Donn, l'Homme en Habit rouge de la chanson de Barbara, bondit sur le sol bosselé du Campo.

A Maurice Béjart, cinéaste, Venise a prêté pendant un mois la splendeur de ses palais, l'eau de sa lagune, l'animation de ses quartiers populaires. Chorégraphe, homme de théâtre, Béjart a transposé dans "Né à Venise" — film couleur d'une heure et demie — certaines visions chères qu'il évoquait dans son dernier livre "L'Autre Chant de la Danse", dédié à Jorge Donn : la Dame Mystérieuse, la Rose et l'Islam spiritualiste dont Venise est l'avant-port avec ses palais d'Orient, aux façades rythmées de colonnettes arabes, les coupoles de ses églises, les campaniles élancés comme des minarets.

Pour traduire fidèlement sa pensée, Béjart a choisi des interprètes qui n'ont aucune peine à suivre ses directives.

Il met devant la caméra ses propres danseurs du Ballet du XXe Siècle et une amie de longue date, la chanteuse fran- çaise Barbara.

Jorge Donn est mêlé aux deux aspects du film, le réel et l'imaginaire. Sa présence magnétique en fait un acteur parfaitement romantique dans les costumes féeriques de Thierry Bosquet, le décorateur de la Monnaie.

Sur le Campo, la voix sensuelle de Barbara accompagne la danse de Donn :

"De cristal et de feu, comme un ciel éclaté Comme /'Aurore et. la Lumière, Fabuleux, il marchait S'avançant comme un soleil L'Homme en Habit rouge."

Entre deux scènes, Donn part à la recherche de son long fume-cigarettes fétiche. Ce matin, il sera une fois encore miraculeusement récupéré par Thierry Bosquet sur la mar- gelle du puits sculpté de San Polo.

Un minuscule chaton échappé de l'imposant contingent félin, que Venise nourrit complaisamment depuis des siècles, vient se frotter contre les bottillons pourpres de Donn, qui lui rend ses câlineries en le prenant au creux de son bras.

Dans ce quartier populeux, les passants nullement intrigués ou dérangés dans leurs habitudes par la présence des cinéastes, sillonnent en tous sens la place et traversent sans hâte le champ des caméras. Flegmatiques Vénitiens!

(9)

« CHANT DU COMPAGNON ERRANT »

LE BALLET DU XXe SIECLE Fondé en 1960

34 danseurs 8 30 danseuses - 17 nationalités représentées.

200 représentations par an tant à Bruxelles qu'à l'étranger

Equipe en tournée : 64 danseurs

- Maurice Béjart, directeur artistique Equipe technique :

1 régisseur + 1 directeur de scène 1 éclairagiste + 1 adjoint aux éclairages 1 assistant à la Direction artistique 3 directeurs artistiques adjoints (Robert Den- vers, Jorge Donn, Daniel l,ommel) 1 chef habilleuse

1 chef du seat «h 1 adjoint au son 2 professeurs de danse (José Parès, Jacques Sansht)

I pianiste

| 1 Administrateur (Mme Aime Lotsy)

!, 1 Secrétaire (Mme SoMa Mmtdet) i

MAQtmnm PHILIPPE DE SWeTSGHIN

(10)

Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement

sur un support imprimé, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres Indisponibles du XXe siècle.

Cette édition numérique a été réalisée à partir d’un support physique parfois ancien conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.

Elle peut donc reproduire, au-delà du texte lui-même, des éléments propres à l’exemplaire qui a servi à la numérisation.

Cette édition numérique a été fabriquée par la société FeniXX au format PDF.

La couverture reproduit celle du livre original conservé au sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.

*

La société FeniXX diffuse cette édition numérique en accord avec l’éditeur du livre original, qui dispose d’une licence exclusive confiée par la Sofia

‒ Société Française des Intérêts des Auteurs de l’Écrit ‒ dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012.

Références

Documents relatifs

[r]

O debate sobre a nova economia diz respeito principalmente aos Estados Unidos, na medida em que o crescimento europeu se explica muito bem pelos argumentos tradicionais, sem falar

[r]

Universit´e de Paris X Nanterre vendredi 13 janvier 2006 Licence MMIA deuxi`eme ann´ee.. enseignant

Cela fait en tout 28 nombres qui comptent chacun

Un joueur qui dit "je ne sais pas" indique que toutes les formes présentes une seule fois dans son tableau quant à son paramètre personnel ne conviennent pas (car sinon,

(Indication : par exemple, en utilisant les formules de Cramer) Tourner la

[r]