30/11/2021
PLATE FORME DES OSCS POUR LE SOUTIEN A LA SANTE ET DE LA VACCINATION
Document de plaidoyer pour le recrutement des Agents de santé et les ReCo par la fonction
publique Guinéenne
d
Avec l’appui technique et financier du projet Accélérateur
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Table des matières
I. INTRODUCTION : ... 2
II. EVOLUTION ... 3
III. CONTEXTE GENERAL ... 4
1. Objectif du plaidoyer: ... 4
2. Résultats ... 4
3. Les défits ... 5
IV. RAPPELS DES ENGAGEMENTS DE L’ETAT ... 5
V. DOLEANCES ... 6
a. Sur le plan politique ET institutionnel ... 6
b. Sur le plan méthodologique et organisationnel ... 6
c. Sur le plan de la mobilisation des resources humaines et financières ... 7
VI. CONCLUSION : ... 8
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I. INTRODUCTION :
Le gouvernement guinéen a fait de l’accès équitable aux services de santé pour toutes les populations, quels que soient leur statut socio-économique et leurs lieux de résidence, une priorité nationale. Cette priorité s’est traduite par l’élaboration et l’adoption d’une politique nationale de santé communautaire dont la mise en œuvre constitue une étape fondamentale pour l’évolution vers la couverture sanitaire universelle.
En effet, au lendemain de l’Epidémie de la Maladie à virus Ebola (MVE) qui a mis en exergue l’extrême fragilité du système de santé guinéen, le pays a engagé d’importantes réformes qui ont permis de s’engager vers la couverture sanitaire universelle par le biais de la santé communautaire.
La santé communautaire constitue à cet effet une adaptation des soins de santé primaires aux réalités actuelles, à savoir l’impérieuse nécessité de la collaboration intersectorielle pour cerner et gérer les problèmes de santé des populations ainsi que la nécessité de développer les compétences des individus et des communautés en vue de faciliter leur implication effective dans la prise en compte de leurs problèmes de santé. C’est cela qui justifie l’utilisation des agents communautaires.
Ainsi, la stratégie des agents de santé communautaires comme éléments indispensables du dispositif de soins a été retenue en Guinée pour assurer une meilleure pénétration des services de santé au sein des populations, traduisant ainsi la proposition des Chefs d’Etats au sommet de l’UA à Addis Ababa en 2017, à savoir
« deux millions d’agents de santé communautaire pour l’Afrique »
La conférence internationale sur les soins de santé primaires tenue à Astana en Octobre 2018 à travers la « Déclaration d’Astana » a renforcé cet engagement de la Guinée pour la santé communautaire.
Ainsi, la Déclaration d’Astana, adoptée à l’unanimité par tous les États Membres de l’OMS a défini quatre domaines clés :
• Faire des choix politiques courageux pour la santé dans tous les secteurs ;
• Instaurer des soins de santé primaires durables ;
• Veiller à l’autonomisation individuelle et communautaire ;
• Aligner l’appui des parties prenantes sur les politiques, stratégies et plans nationaux.
Où en sommes-nous en Guinée par rapport à la déclaration d’Astana sur les soins de santé primaires ?
Face à ce nouvel engagement de la communauté internationale pour les soins de santé primaires en vue de la couverture sanitaire universelle, la Guinée a déjà élaboré et démarré la mise en œuvre d’une politique nationale de santé communautaire dont le principe majeur est la collaboration intersectorielle pour une appropriation communautaire. Il s’agit ainsi de s’assurer que la décentralisation des services au
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niveau le plus proche possible des bénéficiaires grâce à l’apport des agents de santé communautaires permet d’accroître de manière significative l’accès aux services pour une « couverture sanitaire universelle ».
II. EVOLUTION
Malgré les efforts du gouvernement et des PTF pour renforcer et améliorer la résilience du système de santé, la mortalité générale est encore élevée, et en particulier la mortalité maternelle et infanto-juvénile liée aux maladies prioritaires de santé communautaire, à la faiblesse du système de santé communautaire, des institutions communautaires décentralisées et à la faible autonomisation de la population active surtout chez les populations vulnérables comme les jeunes et les femmes.
• Faible performance du système de santé communautaire
o Faible accessibilité des services de santé de base de qualité, équitable et centrés sur la personne avec un paquet de services par niveau de soins ;
o Faible disponibilité en prestataires communautaires de qualité, non fidélisé et démotivé ;
o Faible financement communautaire ;
o Faible disponibilité en médicaments, équipements, infrastructures et autres technologies de santé dans les structures de santé communautaires ;
o Information sanitaire et bases factuelles de qualité non encore disponibles en temps réel.
• Faible gouvernance des institutions du système de santé communautaire :
o Faible couverture en institutions locales décentralisées ;
o Faible accès financier au paquet de services à base communautaire avec comme conséquence des dépenses catastrophiques élevées des populations rurales ;
o Absence de mécanisme de gestion de la CSU au niveau communautaire.
• Faible couverture en prestataires communautaires de santé de qualité en particulier les agents de santé communautaire:
o Faible performance des institutions de formation ;
o Absence de mécanisme de fidélisation des agents de santé communautaire.
• Faible autonomisation des populations vulnérables en particulier les jeunes et les femmes :
o Faible emploi des jeunes et des femmes au niveau communautaire ;
• Insuffisance de mécanisme local de gestion des activités génératrices de revenus.
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III. CONTEXTE GENERAL
De nos jours, les besoins en termes de couverture sanitaire sont calculés sur la base d’un relais communautaire (ReCo) pour 650 habitants et un agent de santé communautaire pour 10 relais communautaires.
Ainsi pour une population guinéenne estimée à 12.218.357 habitants en 2019, le nombre requis de relais communautaires est de 18.800 et de 1.880 agents de santé communautaires soit un nombre total de 20.680 agents communautaires (toutes catégories confondues). Ces deux catégories d’agents communautaires seront formées aux compétences nécessaires définies par l’OMS et seront utilisés aux niveaux appropriés définis dans la politique nationale de santé communautaire, à savoir : Relais communautaires utilisés exclusivement dans les villages et agents de santé communautaires qui constituent leurs superviseurs, pour 80% du temps dans les villages et 20% dans les structures de santé. En tirant les leçons des tristes expériences de bénévolat dans le passé, il a été retenu que ces deux catégories d’agents seront des contractuels de la commune qui devra bénéficier à ce titre des ressources nécessaires à leur prise en charge salariale à raison de 450.000 GNF par ReCO et 1.200.000 GNF par ASC.
Sur cette base, les besoins annuels en ressources financières se présentent comme suit :
Désignation Nombre Salaire mensuel (GNF)
Salaire annuel (GNF)
Salaire annuel (USD) Relais
communautaires 19.858 450.000 107.233.200.000 10.723.340 Agents de santé
communautaires 1.986 1.200.000 28.598.400.000 2.859.840
Total 135.831.600.000 13.583.160
Il faut noter qu’à ce jour 218 communes sont opérationnelles en matière de santé communautaire sur les 367 que compte le pays.
Ainsi pour combler ce déficit, les organisations de la société civile intervenant dans le domaine de la santé ont décidé de porter ce plaidoyer en faveur de nos communautés.
1. Objectif du plaidoyer:
Amener l'Etat à prendre en charge les salaries des 19.858 RECO et 1.986 ASC dans le budget national d'ici fin 2022:
2. Résultats
l'Etat s'est engagé à intégrer la prise en charge des 19.858 RECO et les 1.986 ASC dans le budget national d'ici fin 2022.
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3. Les défits
• L’appropriation et l’alignement de toutes parties prenantes sur la stratégie de santé communautaire afin de couvrir l’ensemble des communes (rurales et urbaines) du pays ;
• La pérennisation de la prise en charge salariale des Agents de Santé Communautaires et des Relais Communautaires par le budget de l’Etat dans le cadre de la fonction publique locale.
IV. RAPPELS DES ENGAGEMENTS DE L’ETAT
Tous les gouvernants de la Guinée ont pris des engagements constitutionnels en faveur de la couverture sanitaire universelle. Beaucoup ont déclaré que l’amélioration de la santé à toutes les étapes de la vie et la performance du système national de santé est indéniablement une priorité.
Cependant, il faut signaler que les engagements pris par nos gouvernements ne sont pas suivis par l’action d’investissements effectifs. Dont entre autre :
1. En Juillet 2017 les chefs d’Etats et de gouvernement ont approuvé le recrutement, la formation et le déploiement de 2 000 000 de travailleurs communautaires à travers le continent afin de remédier à la pénurie de personnel de santé et renforcé le système de santé en renforçant les capacités humains (Sommet de l’Union Africain référence DSA/GM/H/30/460-20)
2. Lettre circulaire du Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation du 05 Juin 2020 No 0051/MATD/CAB
3. Procès-verbal de la réunion interministériel élargie aux partenaires du 02 Juin 2020 (Ministère de la Santé, MATD, UNICEF, PNACC ANAFIC). Relative à la prise en charge des RECO et ASC dans les PDL dans les collectivités
Pour y parvenir, il faudrait que convergent l’investissement et la volonté politique. Le recrutement des RECO et des ASC dans le dispositif sanitaire de la santé
communautaire ne devrait pas être perçue comme un coût supplémentaire dans l’effort mené par le gouvernement pour relever le défi du développement sanitaire en Guinée. Au contraire, il faut le voir comme un élément fondamental pour le résoudre ODD3 « donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être à tous les âges » d’ici 2030.
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V. DOLEANCES
Au regard de nos investigations, il est apparu que le développement local durable ne peut se faire sans difficultés. Dans ce cadre, tenant compte du constat sur l’utilité des RECO et ASC à couvrir sur la chaine des localités les plus éloignées des structures sanitaires sur le terrain, nous formulons des suggestions suivantes pour relever les défis :
a. Sur le plan politique ET institutionnel
• Réactualiser le Plan National de Développement Sanitaire et la Politique Nationale de la Santé Communautaire en incluant les RECO et ASC comme fonctionnaires du ministère de la santé affiliés aux centre ou poste de santé au niveau déconcentré ;
• Créer un cadre de concertation entre les départements ministériels, les PTF et la société civile, en renfonçant le niveau de compréhension et la nécessité de recruter au compte de la fonction publique ceux qui sont certes considérés comme le maillon faible du ministère de la santé mais dont leur rendement reste inestimable pour sauver des milliers de vie dans nos communautés ;
• Elaboration et adopter de la Loi des finances relative à la prise en charge des RECO et ASC dans la nomenclature budgétaire du ministère de la santé ;
• Prendre en compte les RECO et les ASC dans les listings du personnel du ministère de la santé ;
b. Sur le plan méthodologique et organisationnel
A ce titre, nous formulons des recommandations à deux niveaux à savoir : Niveau local
Ce niveau prend en compte toutes les collectivités du pays :
• Aux collectivités locales de prendre en compte dans les PDL/PAI la prise en charge des RECO et ASC de leur localité conformément aux engagements pris par l’Etat et les partenaires;
• Aux DRS et DPS de veiller au payement effectif des RECO et ASC conformément à la planification budgétaire dans les PAI approuvés ;
• Mettre en place un cadre de concertation local tripartite (Autorités locales, collectivités et société civile) pour veiller et suivre l’effectivité du payement des salaires des RECO et ASC par le service habilité (Structure déconcentrée de l’Etat ou la collectivité locale).
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Niveau national
Ici les recommandations formulées visent par des axes concrets à matérialiser le recrutement à la fonction publique des RECO et des ASC afin que la couverture sanitaire universelle en Guinée soit une réalité d’ici 2030 du rendez-vous des ODD :
• Au Ministère de la Santé de préparer, présenter et défendre au CNT/Assemblée Nationale la proposition de l’exposé de motif relatif à la nécessité de recruter les RECO et les ASC maintenant ;
• Développer un plan de communication pour une diffusion et une vulgarisation des documents relatifs à la nécessité de recruter les RECO et les ASC per l’Etat ;
• Au Ministère de la Fonction Publique d’organiser les concours de recrutement et délivrer les arrêtés d'engagement aux RECO et ASC engagés ;
• Au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation de déployer en collaboration avec le ministère de la santé des RECO et ASC sur le terrain engagés sur le terrain ;
• Au Ministère des Finances et du Budget d’exécuter la Loi des finances relative à la prise en charge des RECO et ASC engagés ;
c. Sur le plan de la mobilisation des resources humaines et financières A ce titre, des recommandations sont formulées à deux niveaux qui sont :
Niveau local :
• Créer une caisse locale de soutien au niveau des centres et postes de santé qui sera alimentée par les sociétés minières, les mairies, les PTF du milieu, les ressortissants et autres bonnes volontés pour soutenir les RECO et ASC sur le terrain ;
• Prendre en compte dans les plans de développement local des Communes Rurales et Urbaines la ligne prise en charge des RECO et ASC dans les lignes directrices des fonds alloués aux différentes collectivités.
Niveau national
• Augmenter le budget alloué à la santé à au moins 15% conformément aux engagements pris par l’Etat Guinéen à ABUJA ;
• Revoir à la hausse dans le budget du Ministère de la Santé, la part alloué à la Direction Nationale de la Santé Communautaire et de la Médecine Traditionnelle ;
• Créer un fonds national de soutien au RECO et ASC, basé sur une politique de planification et de gestion efficace à l’image de FODEL, piloté par la Société Civile.
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VI. CONCLUSION :
En se référant au contenu des résultats des projets expérimentés, et en lien avec les résultats obtenus sur le terrain, nous pouvons affirmer l’effectivité d’une efficacité dans la prise en charge des patients des zones inaccessible au sein des communautés par les RECO et les ASC. Précisément dans les zones déjà couvertes par les partenaires.
De nos jours, il faut noter qu’en Guinée, pour des raisons d’accès, de coût, et de distance les RECO et ASC reste encore largement tributaire des acquis des services rendus dans les zones les plus défavoriser sur la carte sanitaire.
Ils sont à cheval entre les populations et les structures sanitaires pour jouer le rôle du premier plan à travers les conseils d’orientation, le suivi des calendriers vaccinaux des femmes enceintes et des enfants, et la prise en charge des maladies asymptomatiques au premier degré.
En somme, l’engagement à la fonction publique des RECO et des ASC doit être perçu avant tout comme un succès. Il permet de sauvé la vie à des milliers d’enfant de moins de 5 ans et des femmes enceintes, pour atteindre la couverture de santé universelles en Guinée d’ici 2030, à l’horizon des ODD.