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Correction de l’examen de Physique statistique du 17 mai 2021

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

Christophe Texier

L3 et Magist` ere de physique fondamentale, DLMP & ENS-PSay

Correction de l’examen de Physique statistique du 17 mai 2021

cf. cours 4/ − ∂T ∂J = ∂T

k

B

T ln Ξ

= k

B

ln Ξ−k

B

T ∂T ln Ξ = k

B

ln Ξ+k

B

β ∂β ln Ξ = k

B

ln Ξ−k

B

β E − µN g =

E

g

−µN

g

−J

T = S g . Qed.

Attention : ´ ecrire S et T sont conjugu´ ees donc S = − ∂T ∂J est une d´ emo de thermo, pas de phystat.

2 Capacit´ e calorifique du soleil et sa stabilit´ e

1/ Convertissons la temp´ erature de cœur, T coeur = 15 × 10 6 K, en eV : k

B

T coeur = 1.38 × 10 −23 × 1.5 × 10 7 /(1.6 × 10 −19 ) ≈ 1.3 keV, ce qui est petit devant m e c 2 = 511 keV, et encore plus devant m p c 2 = 938 MeV. Ni les protons ni mˆ eme les ´ electrons ne sont dans un r´ egime relativiste puisque ε cin ∼ k

B

T mc 2 .

2/ On peut faire les calculs dans le cadre de n’importe quel ensemble puis utiliser l’´ equivalence entre les ensembles ` a la limite thermodynamique.

3/ Dans le cadre classique, les micro´ etats sont les coordonn´ ees et les impulsions des particules

~ Γ = (~ r 1 , · · · , ~ r N ; ~ p 1 , · · · , ~ p N ). La distribution canonique est ρ c ( ~ Γ) = C e −βH( ~ Γ) o` u C est une normalisation (∝ 1/Z ).

4/ On ´ ecrit la moyenne

* Γ i

∂H ( ~ Γ)

∂Γ j

+

= Z

d 6N ~ Γ ρ c ( ~ Γ) Γ i

∂H( ~ Γ)

∂Γ j

= − C β

Z

d 6N ~ Γ Γ i

∂ e −βH( ~ Γ)

∂Γ j

(1) on fait une I.P.P sur Γ j

Z +∞

−∞

dΓ j Γ i

∂ e −βH( ~ Γ)

∂Γ j

= h

Γ i e −βH( ~ Γ) i Γ

j

=+∞

Γ

j

=−∞ − Z

dΓ j

i,j

z}|{ ∂Γ i

∂Γ j

e −βH ( ~ Γ)

En admettant que H( ~ Γ) → +∞ si Γ j → ±∞, les termes de bord s’annulent, d’o` u finalement

*

Γ i ∂H ( ~ Γ)

∂Γ j +

= k

B

T δ i,j (2)

Appelons cette relation le th´ eor` eme d’´ equipartition g´ en´ eralis´ e. La beaut´ e de la relation est que nous n’avons fait aucune hypoth` ese suppl´ ementaire sur la forme de H (contrairement au cas du th. d’´ equipartition qui s’applique aux hamiltoniens quadratiques).

5/ Premi` ere application : Γ i → une impulsion. D

~

p i · ∂H( ∂~ p ~ Γ)

i

E

= 3k

B

T or ∂H( ∂~ p ~ Γ)

i

= m 1 p ~ i . On d´ eduit P N

i=1

D

~

p i · ∂H( ∂~ p ~ Γ)

i

E

= P N i=1

~ p i 2

= 2 E cin c . Le th´ eor` eme (2) nous donne donc 2 E cin c =

3N k

B

T . Le th´ eor` eme contient le th´ eor` eme d’´ equipartition, et donc le g´ en´ eralise. Joli !

(2)

6/ Seconde application : d’apr` es l’expression de l’hamiltonien, on trouve la force exerc´ ee sur la i-` eme particule F ~ i = − ∂H( ∂~ r ~ Γ)

i

= − P

j (6=i) Gm i m j ||~ r ~ r

i

−~ r

j

i

−~ r

j

||

3

. Petite manipulation

N

X

i=1

~

r i · F ~ i = − X

i, j (6=)

Gm i m j

~

r i · (~ r i − ~ r j )

||~ r i − ~ r j || 3 = − X

i, j (6=)

Gm i m j

||~ r i − ~ r j || 3 1

2 [~ r i · (~ r i − ~ r j ) + ~ r j · (~ r j − ~ r i )]

o` u la somme a ´ et´ e sym´ etris´ ee. On reconnaˆıt pr´ ecis´ ement l’´ energie potentielle

N

X

i=1

~

r i · F ~ i = − 1 2

X

i, j (6=)

Gm i m j

||~ r i − ~ r j || = E G (3) C’est une propri´ et´ e li´ ee ` a la nature des forces en loi de puissance.

On moyenne

E G c =

N

X

i=1

h~ r i · F ~ i i = −

N

X

i=1

*

~

r i · ∂H ( ~ Γ)

∂~ r i

+

= −3N k

B

T (4) d’apr` es (2). Finalement on peut ´ ecrire (th´ eor` eme du viriel sous la forme donn´ ee par Clausius)

E G c = −2E cin c (5)

7/ On d´ eduit donc l’´ energie totale et la capacit´ e calorifique E c = E cin

c + E G

c = −E cin c C

def

= ∂E c

∂T = − 3N k

B

2 < 0 (6)

8/ Dans le cours, on a vu que la positivit´ e de la capacit´ e calorifique, i.e. la convexit´ e de l’´ energie libre (ou la concavit´ e de l’entropie), est une propri´ et´ e essentielle pour justifier la stabilit´ e des ´ echanges thermiques. N´ eanmoins, ce r´ esultat repose sur la propri´ et´ e d’extensivit´ e. Or, ici l’´ energie potentielle n’est pas extensive ` a cause de la force de gravitation ` a longue port´ ee.

A premi` ` ere vue, une capacit´ e calorifique n´ egative semble bizarre... Mais nous allons voir que cela joue un rˆ ole important pour expliquer la stabilit´ e du soleil....

9/ Stabilit´ e du soleil : Dans le soleil, il y a un flux d’´ energie entrant, l’´ energie inject´ ee par les r´ eactions de fusion, caract´ eris´ ee par la puissance P f , et un flux d’´ energie sortant, la luminosit´ e de l’´ etoile L. Le soleil est dans un ´ etat stationnaire (c’est une observation) mais donc hors de l’´ equilibre. Il doit donc y avoir parfaite compensation, dt d E = P f − L = 0. Comment cela se fait-il ?

Supposons que le cœur soit soumis ` a une fluctuation de temp´ erature δT coeur > 0, les r´ eactions de fusion sont alors favoris´ ees δP f ' α δT coeur > 0. La luminosit´ e n’a pas le temps de changer (la diffusion de l’´ energie vers les couches externes est tr` es lente). Donc une telle fluctuation conduit ` a une augmentation de l’´ energie δE ' ∆t δP f > 0, o` u ∆t est la dur´ ee pendant laquelle s’´ etablit la fluctuation de temp´ erature.

La capacit´ e calorifique est un coefficient qui caract´ erise la ”r´ eponse” de la temp´ erature ` a une variation d’´ energie : δT ' δE/C < 0. Ici il s’agit d’une r´ etroaction de la temp´ erature.

R´ esumons : une fluctuation δT > 0 augmente le taux de r´ eaction de fusion et donc l’´ energie inject´ ee δE > 0, mais en r´ eponse la temp´ erature est abaiss´ ee δT ' δE/C < 0, ce qui r´ eduit la production d’´ energie par fusion, etc. Ainsi est expliqu´ ee la stabilit´ e de l’´ etoile.

Pour en savoir plus : cf. article de R. Balian,

Pourquoi le soleil n’explose pas, ou les

bienfaits d’une chaleur sp´ ecifique n´ egative

, Reflets de la physique, vol. 10, p. 14-15 (2008),

https://doi.org/10.1051/refdp/2008015 (voir les r´ ef´ erences de cet article).

(3)

3 Interaction ferromagn´ etique versus anti-ferromagn´ etique

Consid´ erons deux spins d’Ising d´ ecrits par l’hamiltonien

H(σ 1 , σ 2 ) = −J σ 1 σ 2 − B (σ 1 + σ 2 ) (7) A. Cas J = 0

1/ Les spins sont ind´ ependants, Z 0 = z spin 2 = [2 ch(βB)] 2

2/ L’aimantation (l’observable) est donn´ ee par une d´ erivation par rapport au param` etre conjugu´ e, M c = − ∂F ∂B = 2 th(B/T ) (je fais k

B

= 1).

3/ On applique la d´ efinition g´ en´ erale (χ

def

= ∂M ∂B

c

B=0 ) au cas sans interaction. On trouve la loi de Curie χ 0 (T ) = 2/T . La d´ ecroissance avec T traduit l’effet de l’entropie (les spins se d´ esalignent du champ en allant vers les hautes T).

B. Interaction ferromagn´ etique J > 0 1/ Il y a quatre ´ etats, d’´ energies :

E ++ = −J − 2B (le fondamental si B > 0), E −− = −J + 2B et E +− = E −+ = +J.

|++>

2

4 B 0

|+−>, |−+>

|−−>

E

J

D’o` u

Z = 2 e βJ ch(2βB) + 2 e −βJ = 2 e βJ h ch(2βB) + e −2βJ i (8) (on v´ erifie que l’on retrouve Z 0 pour J = 0, grˆ ace ` a ch 2y + 1 = 2 ch 2 y).

2/ Par sym´ etrie on a σ 1 c = σ 2 c = 1 2 M c . Posons m

def

= 1 2 M c , on trouve

m = sh(2βB)

ch(2βB) + e −2βJ (9)

(on retrouve m = th(βB) si J = 0 ; Ok).

3/ On d´ eduit facilement la susceptibilit´ e (faire un d.l. pour B → 0) χ = χ 0

2

1 + e −2βJ (10)

• Dans la limite de haute temp´ erature, T J, l’interaction ne joue que peu de rˆ ole, χ ' χ 0

• Dans la limite de basse temp´ erature, T J, on a χ ' 2χ 0 , la r´ eponse au champ est augment´ ee (l’aimantation M c ' χB est plus grande ` a J > 0 que ` a J = 0).

4/ ´ Etudions la corr´ elation C

def

= σ 1 σ 2 c − σ 1 c × σ 2 c .

a ) Dans ”l’´ etat paramagn´ etique”, les spins sont ind´ ependants, donc C = 0.

b) Z (B) est une fonction paire de B (comme l’´ energie), donc m(B) est une fonction impaire et m = 0 si B = 0 (sauf s’il y a une transition de phase... mais pas avec deux spins !).

c) ` A B = 0 on a donc m = σ 1 c = σ 2 c = 0 (donc l’aimantation n’est pas une ”bonne”

observable). Si les spins sont align´ es (corr´ elation Ferro), on a C = σ 1 σ 2 c > 0.

Si les spins sont anti-align´ es (corr´ elation Anti-Ferro), C = σ 1 σ 2 c < 0

(4)

5/ Le poids canonique est P c1 , σ 2 ) ∝ e −βH ∝ e βJ σ

1

σ

2

, d’o` u σ 1 σ 2 c = 1

β

∂J ln Z = − ∂F

∂J (11)

(pour la mˆ eme raison que M c = σ 1 + σ 2 c = − ∂F ∂B car P c1 , σ 2 ) ∝ e βB(σ

1

2

) ) 6/ La d´ erivation de ln Z donne

σ 1 σ 2 c = e βJ ch(2βB) − e −βJ

e βJ ch(2βB) + e −βJ (12)

on retranche m 2

C = 1 − e −4βJ

[ch(2βB) + e −2βJ ] 2 (13)

(si J = 0 on a bien C = 0).

7/ Consid´ erons le r´ egime de forte interaction (Ferro), i.e. βJ 1 : on obtient C ' 1/ ch 2 (2βB).

Soit le champ est nul, et les corr´ elations sont de nature Ferro C = +1, soit β|B | 1 et les corr´ elations disparaissent C 1.

C’est en fait un peu trompeur, d’apr` es le spectre, l’´ etat fondamental est E ++ (si B > 0) caract´ erisant un ”´ etat Ferro”... (cf. remarque finale)

C. Interaction anti-ferromagn´ etique J < 0 : Le sch´ ema des niveaux d’´ energie est maintenant

|J| 0

|−−>

|++>

E

2

|+−>, |−+>

4 B ou ` a fort champ :

E

0

|J|

|−−>

|++>

|+−>, |−+>

4 B 2

1/ On peut tout simplement reprendre les expressions pr´ ec´ edentes en faisant J = −K < 0.

m = sh(2βB)

ch(2βB) + e +2βK et C =

1 − e +4βK [ch(2βB) + e +2βK ] 2

2/ ` A basse temp´ erature (β|B| 1 et βK 1), on peut ´ ecrire ch(2βB) ' | sh(2βB)| '

1 2 e 2β|B| .

(a) |B| > K, alors m ' sign(B ) et C ' 0 (le champ domine l’interaction Anti-Ferro) (c) |B| < K , on trouve m ' 0 et C ' −1 (l’interaction Anti-Ferro domine). La transition entre (c) et (a) correspond au passage du fondamental de E ±∓ ` a bas champ ` a E ±± ` a fort champ (cf. diagrammes).

(b) Sur la ligne de transition entre les deux comportements, |B | = K, on trouve m ' 1

3 sign(B ) et C ' − 4

9 (14)

[hybride entre (a) et (c)].

L’explication du m = ±1/3 est simple : la transition ` a |B| = |J | correspond au croisement

de niveaux (cf. sch´ emas). Il y a trois ´ etats d´ eg´ en´ er´ es | +− i, | − + i, | + + i (pour B > 0) ;

ils sont tous ´ equiprobables mais un seul porte une aimantation (le dernier).

(5)

D. Conclusion : Dessinons un ”diagramme de phases” dans le plan (B, J) pour caract´ eriser l’´ etat ` a T → 0. Si on base notre crit` ere sur C , on a

B

=0

=0 =0

J

=+1 =0

=−1

Il pourrait sembler que les corr´ elations Ferro n’existent que sur la ligne B = 0.

Mais comme on l’a remarqu´ e, le cas de l’interaction Ferro est un peu trompeur : mˆ eme ` a B 6= 0, l’´ etat fondamental d’´ energie E ++ est de type ”Ferro” ; on a C ' 0 car σ 1 = σ 2 = 1 (pour B > 0) ne fluctue pas ! Il est plus judicieux de dessiner le diagramme suivant, o` u l’on repr´ esente l’´ etat fondamental dans les diff´ erentes r´ egions :

B J

PARA PARA

|+−> ou |−+>

|−−> |++>

|++>

|−−>

Remarque : corr´ elations et ind´ ependance Cet exemple montre que

”spins ind´ ependants” ⇒ C = 0, mais la r´ eciproque n’est pas toujours vraie

pour une paire de variables al´ eatoires ! Dans ”l’´ etat Ferro” ` a B 6= 0, on a C = 0 pour une raison

triviale, car σ 1 = σ 2 = sign(B), mais les spins ne sont pas ind´ ependants (ils valent la mˆ eme

chose).

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