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Solution constructive, 1998-12-01
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Comment éloigner l’eau des façades en maçonnerie
Maurenbrecher, A. H. P.
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Cet article montre comment l’absence de rejets d’eau efficaces peut influer sur
l’apparence et la performance des façades en maçonnerie. Il contient des
recom-mandations pratiques concernant les moyens à prendre pour éviter les problèmes.
La maçonnerie est connue pour sa durabilitéet le peu d’entretien qu’elle exige. Mais, pour profiter au maximum de ces avantages, il faut concevoir les façades de bâtiment de façon à réduire le ruissellement de l’eau sur celles-ci. Les plus importantes dispositions, sur ce plan, son t les saillies et les larm iers – d ébord s d e toit, cou ron n em en ts, ap p u is d e fen être et gou ttières – qu i p rotègen t les su rfaces verticales.
Les p roblèm es cau sés p ar l’eau p eu ven t être su rtou t d ’ord re esth étiqu e – tach es, efflorescen ces, d évelop p em en t d e m icro-organ ism es et d e végétation s –, m ais l’eau
p eu t au ssi en d om m ager les m atériau x : effritem en t d es élém en ts d e m açon n erie sou s l’effet d u gel ou corrosion d es con stitu an ts m étalliqu es d u m u r. Les risqu es d e p roblèm es d ép en d en t d es p rop riétés d es m atériau x d on t est fait le m u r et d e la qu an tité d ’eau qu i l’attein t. Ce d ern ier facteu r est lié au clim at, à l’exp osition d e la façad e, à la con cep tion , à la qu alité d e l’exécu tion et à l’en tretien . Les p récip itation s mouillent les murs directement ou in d irectem en t. Dan s le p re-m ier cas, ce son t les su rfaces h orizon tales qu i son t le p lu s lavées (m ajeu re p artie d e la p lu ie, glace et n eige fon d u es) et les su rfaces verticales qu i le son t le m oin s (p lu ie battan te, qu i m ou ille d avan tage la p artie su p érieu re et les an gles d u bâtiment). Dans le cas du mouillage indirect, l’eau p rovien t d e p oin ts p lu s élevés d u bâtim en t et l’im p ortan ce d u ru issellem en t d ép en d d e la
textu re d u p arem en t, d e sa cap acité d ’absorber l’eau et d es d isp osition s servan t à recu eillir et à rejeter celle-ci.
Effet des dispositions constructives sur le s m urs e n m a ç onne rie
Les con cep teu rs p eu ven t tirer d e bon n es leçons en observant attentivement les façades d es bâtim en ts, n otam m en t en exam in an t les dispositions constructives pour voir comment elles influent sur le ruissellement de l’eau et com m en t celu i-ci p eu t n u ire à l’ap p aren ce d u p arem en t et p rovoqu er sa d égrad ation . Leu r objectif d evrait être d ’éviter les ru is-sellem en ts localisés et d e réd u ire le tem p s d e m ou illage. Les ru issellem en ts localisés peuvent tacher et saturer la maçonnerie. Plus u n e su rface d em eu re m ou illée lon gtem p s, p lu s il y a d e risqu es d e d évelop p em en t d e m icro-organ ism es et d e végétation s, d e corrosion d es con stitu an ts m étalliqu es et d e satu ration d u p arem en t. Les su rfaces les p lu s lavées son t les su rfaces h orizon tales ou in clin ées et les su rfaces verticales su r lesqu elles ru isselle l’eau p roven an t d e p arois p eu absorban tes faites p ar exem p le d e m étal, d e verre ou d e vin yle (com m e les fen êtres et le bard age). Elles d evraien t être p rotégées p ar d es cou ron n em en ts et d es solin s im p erm éables, qu i éloign en t l’eau d e la m açon n erie.
Couronnements
Les couronnements (ou chaperons) débordants p osés su r la p artie su p érieu re d es m u rs, p arap ets et ch em in ées p eu ven t réd u ire les risqu es d e d om m ages attribu ables à l’eau . Dan s les région s où le m ercu re d escen d au -d essou s d u p oin t d e con gélation , les d om m ages p eu ven t être im p ortan ts; u n e ten eu r en h u m id ité élevée com bin ée au x cycles d e gel-d égel p eu t p rovoqu er
l’effrite-Comment éloigner l’eau
des façades en maçonnerie
Figure 1.Dommages dus au gel (le chaperon permet l’écoulement de l’eau sur le mur)
2
m en t d es élém en ts d e m açon n erie. Le m u r d ’escalier qu e l’on voit à la figu re 1 p ossèd e u n ch ap eron en béton m ais comme celui-ci ne déborde p as p ar rap p ort au m u r, rien n ’em p êch e l’eau d e ruisseler sur la maçonnerie. Le p roblèm e d evien t p lu s sérieux lorsque la neige qui se trou ve su r le ch ap eron fond pendant le jour et que l’eau gèle d u ran t la n u it; ce cycle p eu t se rép éter p en d an t p lu sieu rs jou rs. Ce m u r p résen te u n au tre p roblèm e : la briqu e d escen d ju squ ’au n iveau d u sol (façon d e faire qu i est d écon seillée). On y a observé d es d om m ages d u s au gel su ite à la p lu ie et à l’accu m u lation d e n eige fon d an te (les sels d e d églaçage ép an d u s d an s l’allée piétonnière aggravent la situ ation ). La briqu e d e la façade moins exposée de l’im m eu ble d ’h abitation n ’a su bi au cu n d om m age.
La figu re 2 fait voir u n im m eu ble avec p arap et en retrait. La partie inférieure com p orte u n ban d eau en béton su rm on té d ’u n cou ron n em en t m étalliqu e qu i est in clin é vers l’extérieur du mur et laisse cou ler l’eau d irectem en t su r la façad e (d ébord in su ffisan t). Un e p etite p artie d u p arap et, à la gauche de la photographie, n ’est p as en retrait et n e p résen te p as d e p roblèm e; le ch ap eron m étalliqu e p en ch e vers le toit et, su r la façad e, l’extrém ité form e u n rejet d ’eau en larm ier. Au n iveau d es balcon s, u n ch ap eron en béton d ébord e p ar rap p ort à la
briqu e m ais l’eau p eu t tou jou rs reven ir p ar en d essou s (absence de goutte d’eau) et par les jonctions d u ch ap eron . Il en résu lte u n e efflorescen ce con sid érable p en d an t les m ois les p lu s froid s d e l’an n ée.
On peut réduire sensiblement les dommages en utilisant des chaperons qui débordent par rap p ort à la façad e, en d isp osan t en tre le ch ap eron et le m u r u n solin m étalliqu e en saillie, ou en op tan t p ou r u n e m açon n erie résistan t très bien au gel (ce qu i n ’évite p as n écessairem en t les tach es). Les observation s in situ in d iqu en t qu e les larm iers ayan t u n d ébord d ’au m oin s 25 m m p ar rap p ort au n u d u m u r son t efficaces. Les ch ap eron s en béton ou en p ierre d oiven t com p orter u n coupe-larme pour empêcher l’eau de revenir sou s la face in férieu re, tan d is qu e les ch a-p eron s m étalliqu es d oiven t se term in er en larmiers (voir diagramme). Les jonctions des ch ap eron s d evraien t être con çu es d e façon à ce que l’eau ne puisse s’y infiltrer, sinon il fau t d isp oser en d essou s u n solin d ébord an t p ou r in tercep ter l’eau . On observe sou ven t, dans la pratique, des taches sous les jonctions.
Appuis de fenêtre
Les ap p u is d e fen être en briqu e n e son t gén éralem en t p as recom m an d és à m oin s qu ’on veille à ch oisir d e la briqu e et d u m ortier d u rables (p articu lièrem en t d an s les région s où le m ercu re d escen d au -d essou s d e zéro). Ils p eu ven t être accep tables d an s les région s sèch es d u p ays ou d an s le cas d ’im m eu bles d e faible h au teu r avec d ébord d e toit. Si on ch oisit d e con stru ire l’ap p u i en briqu e, il fau t d isp oser u n solin im p er-m éable et con tin u ju ste au -d essou s. Le solin d oit d ébord er p ar rap p ort à la façad e, ce qu i lu i p erm ettra d ’in tercep ter l’eau traversan t l’ap p u i, gén éralem en t p ar d e p etites fissu res se trou van t à l’in terface briqu e-m ortier. La figu re 3 m on tre u n ap p u i en briqu e qu i laisse p asser l’eau , p rovoqu an t d es efflores-cen ces au -d essou s. La figu re 4 fait voir les orifices d e ven tilation d ’u n garage d e sta-tion n em en t où les ap p u is en briqu e son t d an s l’align em en t d e la façad e, ce qu i cau se d es tach es et la form ation d e glace. En d is-p osan t su r l’ais-p is-p u i u n solin m étalliqu e d ébord an t, on au rait évité ce p roblèm e. Figure 2.Efflorescences
(le chaperon permet l’écoulement de l’eau sur le mur)
Figure 4.Taches et glace sous les orifices de ventilation d’un garage (appuis dans l’alignement du mur)
Figure 3.Efflorescences (l’eau migre à travers l’appui en brique)
Le profil du coupe-larme peut varier mais le côté le plus éloigné du mur doit être vertical.
Pente >15 ° dans le cas d'un appui
Solin (non nécessaire si l’appui est imperméable et continu)
Couronnement en béton ou en pierre Couronnement métallique Larmier
≥10 mm
Les gran d es su rfaces et les p arois in clin ées en vitrage au gm en ten t con sid érablem en t le ruissellement de l’eau (figure 5). En l’absence d ’ap p u i d ébord an t, à la base d e la fen être, l’eau a m acu lé la façad e, ce qu i se voit d ’au tan t m ieu x qu e la m açon n erie est p âle. Dan s le cas d e gran d s vitrages in clin és, il se p eu t qu e l’on d oive fixer à 50 m m le d ébord m in im u m d e l’ap p u i; sin on , on p ou rrait p oser u n e gou ttière p ou r recu eillir l’eau . Ch aqu e extrém ité d ’ap p u i d evrait com p orter u n e barrière em p êch an t l’eau d e s’écou ler su r le m u r (sou ven t u n e p artie su rélevée p erm ettan t d e rejeter l’eau vers l’avan t). La figu re 6 fait voir les cou lu res typiques qui se produisent lorsqu’il n’existe pas de barrières de ce genre. Dans la mesure
d u p ossible, les ap p u is d evraien t
être d ’u n seu l ten an t, qu estion d ’éviter les jon ction s (figu re 7). Lorsqu e celles-ci son t in évitables, il fau t con cevoir et réaliser les appuis de façon à ce que l’eau ne s’infiltre pas p ar les jon ction s; sin on , il fau t d isp oser en dessous un solin débordant qui éloigne l’eau d e la façad e. Il se p eu t qu e le m ortier et les mastics utilisés pour réaliser les joints con-viennent à court terme mais pas à long terme.
Dispositions au niveau du toit
L’eau ru isselan t abon d am m en t su r les toits à versan ts, il fau t l’écarter d es m u rs ou la recu eillir à l’aid e d e gou ttières. Dan s le cas d e toits d e form e com p lexe, cela n ’est p as tou jou rs facile. En observan t la m aison d e la figure 8, on constate qu’une partie de l’eau ru isselan t su r le toit est d irigée vers u n en d roit qu i n ’est p as p ou rvu d ’u n rejet ad équ at. Le p roblèm e se trou ve aggravé d u fait qu ’u n e p artie p late d u toit (situ ée d e l’au tre côté d u faîte) rejette d e l’eau su r la façade. L’eau mouille la brique qui se trouve en partie haute du mur et au niveau du sol – d an s ce d ern ier cas, il s’agit p rin cip alem en t d ’éclabou ssu res. Il im p orte d e rem éd ier p rom p tem en t au x p roblèm es d e ce gen re. La m eilleu re solu tion , d an s ce cas, serait d e p oser u n e gou ttière avec tu yau d e d escen te.
Autres dispositions
Lorsqu ’u n m u r d e m açon n erie est su rm on té d ’élém en ts en béton ou d ’u n bard age en aluminium ou en vinyle, il faut poser un solin au p oin t d e jon ction p ou r écarter l’eau d e la m açon n erie. La figu re 9 fait voir u n im m eu-ble d ’h abitation à bard age en alu m in iu m . À ch aqu e étage, d es larm iers agissen t com m e coupures de ruissellement. Cependant, le solin qu i se trou ve au -d essu s d u rez-d e-ch au ssée en m açon n erie n e d ébord e p as p ar rap p ort à celle-ci. Un e gran d e p artie d e l’eau lon ge le solin ju squ ’à ce qu ’elle atteign e u n e jon c-tion , d an s laqu elle elle s’in sin u e, tach an t la p artie d u m u r situ ée au -d essou s.
Il faut aussi faire dévier l’eau qui ruisselle d es accessoires et d es élém en ts d écoratifs (p . ex. lu m ières, in scrip tion s et ap p u is d e
3 Figure 6.Taches sous les fenêtres (pas
de barrières aux extrémités des appuis)
Figure 7.Taches sous une jonction d’appui de fenêtre
Figure 8.Détrempage du mur sous l’effet de l’eau qui ruisselle du toit
Figure 9.Taches sous une jonction du solin, en retrait par rapport au mur
Figure 5.Taches sous un vitrage (pas d’appui débordant par rapport à la façade)
m ât) qu i d ébord en t p ar rap p ort à la façad e, p ou r éviter les tach es. Celles-ci p eu ven t être cau sées p ar les salissu res, p ar la ch au x p résen te d an s les élém en ts en béton ou en calcaire, ou p ar les p rod u its d e la corrosion d u fer ou d u cu ivre. On p eu t éviter les tach es qu e l’on ap erçoit à la figu re 10 en d isp osan t u n solin se term in an t en larm ier en tre le lu m in aire et le m u r, ou en
m én agean t u n esp ace en tre ceu x-ci. Les sorties d es h ottes d e cu isin e et d es sécheuses doivent être conçues de façon à ne pas diriger l’air directement sur la façade – n i su r les m u rs ad jacen ts (figu re 11).
Ent re t ie n
Il im p orte d e rép arer san s tard er les rejets d ’eau , en p articu lier les gou ttières et les tuyaux de descente (il faut enlever régulière-m en t les d ébris, p ar exerégulière-m p le les feu illes p roven an t d es bran ch es d ’arbres situ és à proximité). La figure 12 montre ce qui peut arriver quand on néglige de le faire. La brique d e cet im m eu ble p osséd an t u n e bon n e résistan ce au gel, elle n ’a su bi qu e d es d om m ages m in eu rs. L’en d om m agem en t d e l’ap p u i d e fen être en béton est d û à la cor-rosion d e l’arm atu re (qu i n ’est p as d irecte-ment liée à la rupture du tuyau de descente).
Ré sum é
L’u n e d es m eilleu res façon s d ’accroître la d u rabilité d e la m açon n erie est d e p orter u n e atten tion p articu lière au x d isp osition s con stru ctives qu i réd u isen t la qu an tité d ’eau atteign an t les façad es, en p articu lier au x rejets qu i em p êch en t les ru issellem en ts localisés. Il fau t exam in er le ch em in em en t d e l’eau d u h au t d e l’im m eu ble ju squ ’au
n iveau d u sol. Dan s la m esu re d u p ossible, l’eau p roven an t d es rejets n e d evrait p as m ou iller accid en tellem en t la p artie d u m u r qu i se trou ve au -d essou s.
Le c t ure s c om plé m e nt a ire s
1. Effet d e la p lu ie p ou ssée p ar le ven t su r les bâtim en ts. G. Robin son et M.C. Baker. Division d es rech erch es en bâtim en t, Con seil n ation al d e rech erch es, Docu m en t tech n iqu e no445, 1975. 2. The Interaction of Design and Weathering
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3. Perform an ce of Materials in Bu ild in gs. L. Ad d leson et C. Rice. Bu tterw orth -Hein em an n , 1991, 588 p .
3. Brick Mason ry Details. Brick In d u stry Association (É.-U.), n otes tech n iqu es 36 et 36A, 1988.
A .H.P. Ma ure nb re che r, Ph .D., est agen t d e rech erch e au sein d u p rogram m e En velop p e et stru ctu re d u bâtim en t, à l’In stitu t d e rech erch e en con stru ction d u Con seil n ation al d e rech erch es. Figure 11.Gel sur le mur autour
d’une sortie pour sécheuses
Figure 12.
Accumulation de glace sous un tuyau de descente brisé
Figure 10.Taches sous un luminaire (ruissellement de l’eau)
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