Indice de rotation d’une courbe simple.
Dans tout ce probl`eme, T d´esigne un r´eel strictement positif.
1 Premi` ere partie
On note U l’ensemble des nombres complexes de module 1. On note F
Tl’ensemble des applications T -p´eriodiques et continues de R `a valeurs dans U et F
T1l’ensemble des applications T -p´eriodiques de classe C
1de R `a valeurs dans U . On appelle rel` evement de u ∈ F
Tune fonction continue f : R → R telle que u = e
if.
1. Montrez que si u ∈ F
T1, et si f est un rel`evement de u que l’on suppose de plus d´erivable, alors f
′= − i¯ uu
′.
Montrez que, r´eciproquement, tout u ∈ F
T1admet un rel`evement f qui est de classe C
1et qui est une primitive de − i¯ uu
′.
2. Montrez que si f est un rel`evement de u et g est un rel`evement de v, alors f + g est un rel`evement de uv.
3. Montrez que si z ∈ U est de partie r´eelle positive, alors z = e
iArcsiny, o` u y est la partie imaginaire de z, puis que si u ∈ F
Tv´erifie k u − 1 k
∞≤ √
2, alors u admet un rel`evement f ` a valeurs dans [ − π/2, π/2].
4. Montrez que pour tout u ∈ F
T, il existe w ∈ F
T1tel que k u − w k
∞≤ √ 2/2.
Montrez que w ne s’annule pas et que v = w/ | w | v´erifie k v − w k
∞≤ √ 2/2 et k
uv− 1 k
∞≤ √
2. D´eduisez-en que tout u ∈ F
Tadmet un rel`evement.
5. Montrez que si f et g sont deux rel`evements d’un mˆeme u ∈ F
T, alors f − g
est une fonction constante, ´egale ` a un multiple entier de 2π. D´eduisez-en
que si u ∈ F
T1et si f est un rel`evement de u, alors f est de classe C
1.
2 Deuxi` eme partie
6. Soit u ∈ F
T, soit f un rel`evement de u et soit a un r´eel. On pose d
T(u) = 1
2π (f (a + T ) − f (a)) (1)
et on appelle ce nombre le degr´ e de u. Montrez que d
T(u) est un entier et ne d´epend ni du choix du rel`evement f , ni de a.
7. Soient u ∈ F
Tet k ∈ N tels que | d
T(u) | ≥ k. Montrez que pour tout z
0∈ U et tout r´eel a l’´equation u(t) = z
0admet au moins k solutions distinctes dans l’intervalle [a, a + T [.
8. Que vaut d
T(u) si u n’est pas surjective ?
9. Montrez que pour tous u, v ∈ F
Ton a d
T(uv) = d
T(u) + d
T(v) et d
T(u/v) = d
T(u) − d
T(v).
10. Montrez que si u, v ∈ F
Tet si k u − v k
∞< 2, alors d
T(u/v) = 0, puis que d
T(u) = d
T(v).
11. Montrez que si u ∈ F
Test de classe C
1par morceaux alors pour tout r´eel a on a
d
T(u) = − 1 2π
Z
a+T aiu
′(t)¯ u(t) dt.
12. Montrez que si u ∈ F
2πest de classe C
1par morceaux alors d
2π(u) = X
n∈Z
n | c
n|
2,
o` u (c
n)
n∈Zd´esignent les coefficients de Fourier de u.
13 . Soit u ∈ F
T1et soit f un rel`evement de u. Soit z ∈ U et F = { t ∈ [a, a + T [ | u(t) = z } .
Montrez que si F est fini et si pour tout t ∈ F on a f
′(t) 6 = 0, alors d
T(u) = p − q, o` u p = Card { t ∈ F | f
′(t) > 0 } et q = Card { t ∈ F | f
′(t) < 0 } .
3 Troisi` eme partie
On appelle homotopie entre u ∈ F
Tet v ∈ F
Tune application continue ϕ : [0, 1] × R → U
(λ, t) 7→ ϕ
λ(t) telle que, ϕ
0= u, ϕ
1= v, et
(i) ∀ s ∈ [0, 1], ϕ
λ∈ F
T, (ii) ∀ λ
0∈ [0, 1], lim
λ→λ0
k ϕ
λ− ϕ
λ0k
∞= 0.
S’il existe une homotopie entre u et v, on dit que u est homotope `a v.
14. Montrez que si ϕ satisfait la condition (i) ci-dessus et est lipschitzienne sur [0, 1] × [a, a + T ], o` u a est un r´eel arbitraire, alors la condition (ii) est v´erifi´ee.
15 . Montrez que si ϕ est une homotopie entre u ∈ F
Tet v ∈ F
T, alors d
T(u) = d
T(v).
16. Montrez que pour tout nombre complexe z tel que | z | < 1, l’application M
zd´efinie pour t ∈ R par
M
z(t) = z − e
it1 − ze ¯
itappartient ` a F
2π, puis que d
2π(M
z) = 1. (Indication: on pourra consid´erer les applications M
λz, o` u λ parcourt l’intervalle [0, 1].)
17. Montrez que si u ∈ F
Tet d
T(u) = 0, alors u est homotope `a l’application constante ´egale ` a 1.
18. Montrez que u, v ∈ F
Tsont homotopes si et seulement si d
T(u) = d
T(v).
4 Quatri` eme partie
On note A
Tl’ensemble des arcs param´etr´es de classe C
2et T -p´eriodiques de R dans R
2identifi´e ` a C , r´eguliers ` a l’ordre 1 en chaque point, c’est-`a- dire dont la d´eriv´ee ne s’annule pas. On dira que Γ ∈ A
Test simple si la restriction de Γ ` a [0, T [ est injective.
Si Γ ∈ A
T, on appellera application tangente de Γ l’application − → T
Γ∈ F
Td´efinie par
−
→ T
Γ(t) = Γ
′(t)
| Γ
′(t) | , pour t ∈ R . On appellera indice de Γ ∈ A
Tl’entier
i
T(Γ) = d
T( − → T
Γ).
19. D´eterminez i
2π(Γ
n), o` u n ∈ Z et Γ
n(t) = e
int.
20. On pose Γ(t) = cos t + i sin(2t), et on d´esigne par − → T
Γson application tangente. Montrez que pour tout r´eel t on a − → T
Γ(t) 6 = i, puis que i
2π(Γ) = 0.
21 . Montrez que si Γ ∈ A
Test param´etr´ee par l’abcisse curviligne, alors 2πi
T(Γ) est l’int´egrale de la courbure de Γ entre 0 et T .
On suppose ` a pr´ esent que Γ ∈ A
Tet que de plus Γ est simple. Pour tous (x, y) ∈ R
2tels que (x − y)/T / ∈ Z , on pose
S
Γ(x, y) = Γ(x) − Γ(y)
sin
Tπ(x − y) ,
et pour tout y ∈ R et tout k ∈ Z on pose S
Γ(y + kT, y) = ( − 1)
kT
π Γ
′(y).
22. Montrez que l’application S
Γest bien d´efinie sur R
2, ne s’annule pas, et que pour tous x, y ∈ R on a S
Γ(x + T, y) = S
Γ(x, y + T ) = − S
Γ(x, y) et S
Γ(x, y) = S
Γ(y, x).
23. Soit U = { (x, y) ∈ R
2| | x − y | < T } . Montrez que la fonction F d´efinie pour (x, y) ∈ U , x 6 = y par F (x, y) =
x−ysin
(
Tπ(x−y)) se prolonge par continuit´e sur U en une fonction de classe C
1.
24. En ´ecrivant Γ(x) − Γ(y) comme un reste int´egral, montrez que la fonction d´efinie pour (x, y) ∈ R
2, x 6 = y par G(x, y) =
Γ(x)−Γ(y)x−yse prolonge par continuit´e en une fonction de classe C
1sur R
2.
25. Montrez que S
Γest de classe C
1sur l’ouvert U d´efini `a la question 23, puis sur R
2. Montrez que S
Γest lipschitzienne sur R
2.
26 . Montrez qu’il existe un r´eel a tel que Re(Γ(a)) = min
t∈RRe(Γ(t)), et que pour un tel a le nombre complexe S
Γ(a, a) est imaginaire pur. On supposera dans la suite de cette partie que a = 0 convient.
27. Soit P
0: [0, T ] → R
2l’application d´efinie par
P
0(t) = (max(0, 2t − T ), min(T, 2t)) .
Soit u
0l’application T -p´eriodique de R dans U dont la restriction `a [0, T [ est
|SSΓΓ◦P◦P00|.
Montrez que u
0(T ) =
|SSΓΓ◦P◦P00(T)(T)|et que ∈ F
T.
28. Montrez u
0(0) ∈ {− i, i } , que la partie r´eelle de u
0est positive sur [0, T /2]
et que pour tout t ∈ [0, T /2] on a u
0(t + T /2) = − u
0(t).
29 . D´eduisez de ce qui pr´ec`ede que la fonction f : [0, T ] → R d´efinie par f (t) =
( Arcsin(Im(u
0(t)) si t ∈ [0, T /2[,
2 Arcsin(Im(u
0(T /2)) − Arcsin(Im(u
0(t)) si t ∈ [T /2, T ] est un rel`evement de u
0sur l’intervalle [0, T ]. Montrez que f(T ) − f (0) = 2f (T /2) − 2f(0), puis que d
T(u
0) ∈ {− 1, +1 } .
30 . Pour tout t ∈ [0, T ] on pose P
1(t) = (t, t), et pour tout λ ∈ [0, 1] on pose P
λ= λP
1+ (1 − λ)P
0. Montrez que l’application X(λ, t) = P
λ(t) est lipschitzienne sur [0, 1] × [0, T ].
Soit ϕ
λl’application T -p´eriodique de R dans U dont la restriction `a [0, T [ est
|SSΓ◦PλΓ◦Pλ|